Auteur : Flojiro

Kou : Naaaannnnnnnnnnn !!! TT

Siiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !! #sourire plein de crocs faisant trois fois le tour du visage#

Base : Gensomaden Saiyuki.

Disons que cette histoire peut se passer à peu prés n'importe quand : soit entre les deux saisons de l'anime, soit après la fin de la 2ème... Ca n'a pas beaucoup d'importance... Par contre, c'est un peu beaucoup AU en fait, comme me l'a gentiment fait remarquer SeaGull... Parce que l'explosion de Raset', ce serait pas passé inaperçu dans la série quand même...

Titre : Pierres qui roulent... (Pas douée pour les titres, moa... D'ailleurs le titre du chapitre est bien entendu de SeaGull-chan... J'aurai bien cherché moi-même mais il est tard et j'ai qu'une envie : loader et dodo !! x.x)

Genre : Heeeeuuuu... ben c'est du Saiyuki, quoi... déconne, baston, clopage, coups de baffeur, yaoi...etc... Et pis, bien sûr, légère (juste c'qui faut, quoi...) torture de persos innocents (ou presque) sinon, c'est pas drôle... niarck!!

Une précision : Kougaiji est mon perso préféré, donc cette fic est pas mal centrée sur lui!!

Kou : Joie... ==

Couples : Ben... rien de très original... Kou/Doku, Gojyo/Hakkai, Goku/Sanzo... et du GojyoxSanzo aussi, mais ça logiquement, si vous avez lu les chapitres précédent vous avez pas pu le louper... #sifflote innocemment#

Hakkai : Je vais la tuer !

Gojyo : OO

Kou : Hé ! Ça c'est MON texte !!

Bla-bla d'auteuse : Je sais, je sais : vous l'attendiez plus ce chapitre... Gomeeennnnnnn !! Je m'excuse platement, je suis en dessous de tout, je recommencerai pluuuuus !! TT

Gojyo : Elle s'avance là, non ?

Kou : Je dirais même qu'un pas de plus et elle tombe dans le précipice sans fond du mensonge caractérisé...

Gojyo : ....C'est quoi cette vanne de premier de la classe ?! C'est ringard !

Kou : La ferme, analphabète !

Hakkai : Non Goku, ça ne se mange pas...

Goku : Ha ?

Sanzo : #baf#

Kou : ...On reconnaît sa valeur à celle de ses ennemis, hein..? #va chercher une corde# ==

Auteuse : Hoooo ! Faudra que je la ressorte celle-là !! #note#

Avertissements : Ce chapitres m'a un peu beaucoup fait chi...galérer, et ça se sent un peu je pense...

Kou : #ton dégoulinant d'ironie Pense-tu...# A part le fait que tu te sois vengée sur moi et que je me retrouve OOC à mort je vois vraiment pas pourquoi tu dis ça... ==

Gojyo : J'ai pas mal écopé aussi j'te signale, Mr L'univers-entier-tourne-autour-de-moi...

Kou : #hausse un sourcil# De quoi tu te plains ? Tu fais chier le monde d'un bout à l'autre du chapitre... T'es pile dans ton rôle.

Gojyo : Désolé, aniki mais tu vas te retrouver veuf...

Doku : ...#chope Kou et le retient tant bien que mal derrière son dos# On n'est pas encore mariés tu sais... #==#

Gojyo : Ça c'est parce que t'as encore jamais eu le cran de lui sauter dessus... T'es sûr qu'on est frères ? Parce que là tu me fais honte...

Doku : Gojyyooooooo !!! ####

Bref ! De l'OOC donc, z'êtes préviendus ! Et puis aucune action, rien, nada ! Juste de la discut' autour d'une table... et de quelques verres... #sifflote d'un air chaste pur et innocent#

Le dico japono-français à l'usage des débutants :

(...et absolument pas garanti 100% juste, loin de là... Mais comme j'aime bien mettre des petits mots jap' par-ci par-là pour l'atmosphère...)

Saru = singe

Hanyou= métis d'humain et de youkai

Oji-san= monsieur (au passage : t'avais raison SeaGull-chan ! ne relève pas l'air supérieur du piaf Oji pour oncle (et donc monsieur...) et ouji pour prince... prend note)

Yatta= Ouais ! Super !

Baka= crétin / con / abruti

Demo= mais

Harahetta= j'ai faim !

Urusai = Ta (vos) gueule(s) ! Silence !

Harisen= le sacro-saint baffeur...

Onegai shimezu = S'il vous plait version polie (Une bonne âme pour me dire si l'orthographe est juste ? é.è)

Arigato gozaimesu = Merci beaucoup (Idem é.è)

Namaguza bouzu = bonze pourri / bonze pervers...

Teme= connard / bâtard ... je sais pas exactement, m'enfin c'est un mot doux quoi...

Iee= non

Aniki = frangin (dans le sens "grand frère")

Gaki= sale gosse

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In Vino Veritas

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"Hoi, saru, jamais tu t'arrêtes de bouffer ?" Lança Gojyo par-dessus le bord de son verre, "Ça fait plus d'une heure qu'on a terminé, nous !"

"Nee", commença Gokû tout en enfournant une nouvelle bouchée, "On est coincé ici et la bouffe est géniale, autant en profiter !"

"Heureux les simples d'esprit..." marmonna le kappa, qui se demanda vaguement à quelle occasion Hakkai la lui avait balancée celle-là... sûrement un soir où il philosophait fille, jeux de cartes et alcool... Il haussa les épaules tout en saisissant une paire de baguettes qu'il fit artistement tournoyer entre ses doigts, s'apprêtant à piquer un truc ou l'autre dans l'assiette du gamin.

Non pas qu'il ait réellement faim, pas du tout même, mais il commençait à mortellement s'ennuyer ! Et surtout à ne plus supporter l'atmosphère d'une lourdeur de plomb qui régnait à leur table... Qui avait régné durant toute cette journée en fait, depuis que la pluie, redoublant d'intensité, les avait contraint à repousser leur départ à une échéance indéterminée. Ce qui n'avait rien fait, bien entendu, pour améliorer l'humeur de Sanzô, dont les balles s'étaient faites plus dangereusement rasantes encore que d'habitude, les contraignant, lui et le singe, à un calme relatif qui avait finalement eut raison de la résistance de Gokû, lequel avait pionçé pendant une bonne partie de la journée. Sanzô s'était plongé dans son journal et n'en avait plus relevé le nez. Gojyo était persuadé qu'il connaissait la moindre annonce immobilière par cœur, maintenant...

Quant à Hakkai... Il était désespérément... Hakkai. Ses petits rires discrets, ses habituels et doux sourires qui n'atteignaient jamais son regard. Rien d'inhabituel, et pourtant... Pourtant le demi-sang avait senti un reproche informulé sourdre du moindre de ses gestes. Et cette impression l'avait franchement agacée ! Autant que l'énervait son propre sentiment de culpabilité... Bon sang, ils ne s'étaient pourtant jamais rien promis! Ne s'étaient même jamais rien dit, jamais rien fait... Et pourtant il ne s'était même pas senti le droit de proposer à l'ancien humain une de leurs habituelles parties de poker, comme si quelque part il l'avait trahi...

Poussant un grognement sourd il termina son verre d'un trait et le reposa sèchement sur la table. Décidément, l'inactivité ne lui réussissait pas ! Raffermissant sa prise sur ses baguettes, il s'apprêtait à remédier à cet état de fait en dérobant au saru son dernier nem – acte sacrilège entre tous ! - lorsque la porte de l'auberge s'ouvrit en grinçant, attirant son attention. Sur le seuil se tenaient deux silhouettes revêtues de longues capes aux capuches rabattues dissimulant leur traits et dont les pans dégouttaient sur le sol, commençant déjà à former une petite flaque autour de chacun d'eux. Au-delà de l'ouverture béante, le rideau de pluie assombrissait encore le crépuscule alors que son martèlement accentuait l'impression d'étrangeté dégagée par les nouveaux venus.

Après un instant d'immobilité, sans doute le temps pour eux de s'accoutumer à la lumière de l'intérieur, la plus petite des deux silhouettes s'avança d'un pas alors que la seconde se retournait et refermait la porte sur l'orage nocturne. Venant se placer au côté de l'autre, elle rabattit son capuchon, révélant le visage d'un homme pouvant avoir vingt-cinq ou trente ans, aux courts cheveux noirs bataillant en tout sens et dont l'oreille était ornée de deux fins anneaux argentés. Ses yeux bruns parcoururent la salle et s'arrêtèrent soudain lorsqu'ils croisèrent un regard écarlate. Un sourire de biais naquit sur le visage de l'inconnu qui adressa au demi-sang un clin d'œil moqueur... Et reconnaissable entre mille ! Les yeux de Gojyo s'arrondirent de surprise alors que l'homme se penchait vers son compagnon, lui glissant quelques mots avant d'indiquer leur table d'un bref mouvement de tête. La forme encapuchonnée tourna vers eux un regard indiscernable dans l'ombre où restait plongé son visage, tandis que l'homme aux cheveux noirs échangeait quelques mots avec l'aubergiste venu les accueillir. Des clefs changèrent de mains, puis le brun lança un coup d'œil interrogateur à l'autre arrivant, lequel lui répondit d'un hochement de tête. Tout deux se dirigèrent alors vers la table occupée par le sanzo-ikkou.

Le semi-youkai les regardait s'approcher, ses baguettes toujours serrées dans sa main, lorsqu'il perçut un léger mouvement à sa droite, juste avant que ne s'élève la voix d'Hakkai, teintée de surprise polie :

"Kougaiji-san ? Dokugakuji-san ?"

À ces mots, Gokû se redressa soudain, abandonnant son assiette pour se retourner d'un bond, suivant la direction du regard vert, tous ses gestes empreints d'une joyeuse excitation. À côté de lui, Sanzô tournait lentement la tête d'un air dégoûté, son flingue déjà en main. Le gamin laissa échapper une courte exclamation étonnée lorsque le plus petit des deux hommes découvrit à son tour un visage encadré de courtes oreilles arrondies.

"Kou... gaiji...?"

Gojyo se serait volontiers foutu de l'air ahuri du saru si lui-même était parvenu à poser sur son frère autre chose que ce regard stupide. Le frère en question élargit d'un cran son sourire railleur avant de lancer d'une voix faussement vexée :

"Hé ben, bonjour l'accueil ! Ça fait plaisir..."

Un cliquetis métallique de mauvais augure lui fit dresser un sourcil et lever rapidement ses deux bras, paumes ouvertes de part et d'autre de sa tête.

"Hoi, Hoi, du calme ! On est juste là pour discuter, évitons les fusillades dans les lieux publiques..."

Hakkai laissa échapper un petit rire avant de se lever pour se diriger vers une table inoccupée, à quelques pas de la leur. Il revint quelques secondes plus tard, une chaise dans chaque main. Il en déposa une au bout de la table qu'il occupait avec Sanzô avant de s'approcher de Goku et de lui tendre la deuxième avec un irrésistible sourire. Deux yeux dorés pleins de candide interrogation se levèrent sur leur conducteur attitré dont le sourire se fit légèrement embarrassé.

"Goku... Si tu pouvais laisser ta place à nos invités et aller te mettre en bout de table... si ça ne te déranges pas, bien sûr..."

Gojyo ricana silencieusement en voyant le moine assis à côté de lui tiquer devant le terme "invités", tandis que le saru hochait vigoureusement la tête en prenant la chaise des mains de l'ancien humain.

"Ça me dérange pas, Hakkai !"

Ce dernier gratifia le jeune youkai d'un sourire de remerciement avant de se diriger vers la chaise qu'il avait posée pour lui-même à l'autre bout de la table. Ce faisant, il adressa un sourire engageant à leurs invités, désignant d'un signe de tête les deux places à présent vacantes en face de Gojyo et Sanzô.

Sans un mot, Kougaiji vint se laisser tomber en face du demi-sang alors que son lieutenant prenait place à son côté, face au moine, non sans que son frère ne remarque le regard inquiet dont il gratifia son prince. Si par hasard il avait eu conscience de cette inquiétude à son sujet, ce dernier ne le montra pas, se contentant de se débarrasser de sa cape trempée, la laissant négligemment choir sur le sol avant de passer une main dans ses longs cheveux humides avec une moue dégoûtée. Gojyo fronça légèrement les sourcils en voyant son frère se tourner vers Hakkai - qui venait de lui poser une question que le demi-sang n'avait pas saisie - avec un air de préoccupation teintée de tristesse. Pour qui se prenait ce soi-disant prince pour se croire le droit de mettre son aîné dans cet état sans même daigner apparemment s'en apercevoir ?

Secouant la tête, le hanyou tenta de repousser cette soudaine indignation, dont il s'apercevait bien qu'elle était totalement hors de proportion et sans doute bien davantage liée à la quantité certaine d'alcool qu'il avait déjà ingurgitée en ce long et lourd début de soirée... Mais il ne parvint pas à éloigner beaucoup cette antipathie irraisonnée qu'il éprouvait depuis le début pour le youkai aux cheveux d'une teinte si étrangement proche de la sienne... [1]

Quittant ses pensées, il vit son frère lever la main pour attirer l'attention de l'une des serveuses. Une petite brune à l'air affairé et au sourire amical vint immédiatement s'incliner devant leur table.

"Messieurs ?"

Dokugakuji lui adressa un sourire interrogateur :

"Il vous est encore possible de nous trouver un truc ou l'autre à manger à cette heure-ci ?"

La jeune femme se redressa fièrement.

"Bien sûr, oji-san ! Nous préparons et servons à manger jusqu'à la fermeture ! Que souhaitez-vous..?"

Une exclamation ravie la coupa brusquement :

"Yattaaa ! Justement je commençais à avoir faim !"

Il eut à peine le temps de terminer avant que son visage ne manque s'incruster dans la table sous l'impact d'un coup de baffeur particulièrement violent.

"Tu viens juste de finir ta cinquième portion, baka saru !"

"Demo Sanzou, harahetta ! "

"Urusai !"

Le harisen entra pour la seconde fois en action et le youkai aux cheveux noirs laissa échapper un petit rire avant de se tourner de nouveau vers la serveuse, qui regardait la scène en hésitant manifestement entre amusement et consternation – comme d'habitude, la façon très personnelle qu'avait Sanzô de porter l'habit de moine faisait sensation...

"Apportez-nous ce que vous avez sous la main... Pour trois personnes !"

La brunette hocha la tête et s'apprêtait à quitter leur table lorsque Hakkai éleva à son tour poliment la voix :

"Quelque chose à boire serait aussi le bienvenu, onegai shimezu."

Le kappa hocha la tête d'un air approbateur tout en finissant son verre. La jeune femme s'inclina une nouvelle fois avant de se diriger vers les cuisines.

Le silence régna quelques secondes durant lesquelles les prunelles améthyste se déplacèrent rien moins qu'amicalement d'un youkai trempé à l'autre, en ayant terminé avec un saru plongé dans l'heureuse attente de l'arrivée de sa nourriture. Le bonze finit par prendre la parole de son habituel ton polaire :

"OK. Qu'est-ce que vous foutez là tous les deux ?"

Le hanyou vit un demi-sourire jouer sur les lèvres de son frère et il aurait parié son dernier paquet de clope qu'une réplique du genre : "Voyons, depuis quand faut-il une raison pour venir boire un coup entre vieux ennemis ?", devait lui démanger le bout de la langue. Mais ce fut son soi-disant prince qui répliqua, son air de désintérêt suprême ne le cédant en rien à celui de son interlocuteur. Est-ce que l'option "tirer la tronche en permanence" était montée de série sur tous les types qui se prenaient pour des leaders ?

"On vient avec vous."

Dire que Gojyo trouvait l'atmosphère plombée quelques minutes plus tôt... Le silence était maintenant tel qu'on pouvait entendre le crépitement des éclairs fusant entre les deux regards violets. Même le saru se la fermait ! Le demi-sang entendit son frère se racler la gorge, manifestement mal à l'aise. Les sourcils écarlates se froncèrent : où se croyait ce prince à la manque ? Devant de stupides youkai prêts à obéir au moindre de ses caprices sous prétexte qu'il était le fils de son père ? Décidemment, il n'aimait pas ce gars !

La serveuse mit un terme tout à fait involontaire à cet affrontement silencieux, déposant en souriant son plateau au milieu de la table sans se douter du danger qu'elle encourait en se tenant en plein champs de tirs visuels. Kougaiji tressaillit légèrement alors que Sanzo se donnait une contenance en baffant violemment le saru qui venait de prélever adroitement une impressionnante bouchée de nouilles sur un des plats.

"Attends au moins qu'on te les pose sur la table, baka !"

Un rire clair résonna alors que la jeune fille se déchargeait du contenu de son plateau avant de le remplacer par les bouteilles et plats vides encombrant la table. Avant de repartir elle s'enquit, d'une voix où perlait encore un amusement à peine contenu :

"Y'a-t-il là tout ce que vous désiriez, oji-san ?"

"C'est parfait mademoiselle. Arigato gozaimesu."

Le gentil sourire appuyant ses mots fit monter un très joli rouge aux joues de la jeune femme, qui se détourna en gloussant.

Et allez ! Encore une victime du charme irrésistible du beau brun aux yeux verts... Tu triches Hakkai ! La drague c'est MON truc !

Gojyo s'apprêtait à lancer ce genre de protestation tout haut, histoire de relâcher la tension encore nettement perceptible autour de la table, lorsqu'il croisa une seconde les prunelles émeraude... Et perdit instantanément toute envie de faire de l'humour. Est-ce qu'il était réellement parvenu à perdre trois années d'amitié, d'intimité, de complicité en cédant une nuit à l'appel de ses hormones ?

Baka ! S'énerva-t-il tout seul, sans vraiment savoir si c'était à Hakkai ou à lui qu'il adressait le qualificatif... Aux deux peut-être bien. Il se saisit rageusement d'une des bouteilles posées devant lui... au moment même où une main hâlée se refermait sur cette dernière.

Presque heureux d'avoir une occasion de passer sa frustration sur quelqu'un, il tourna un regard brûlant vers celui qui s'attribuait le titre de prince des youkai... et se figea brusquement. Il ne s'attendait pas à ça. Au chaos de sentiments qui donnait au regard sombre affrontant le sien des allures d'océan déchaîné. Et par-dessus tout cela, il y avait cette autorité innée, la même qui traversait parfois le regard de Sanzo, mais avec quelque chose de plus violent, de plus sauvage... Avant qu'il ne se rende compte de ce qu'il faisait, sa main s'était desserrée.

Lorsqu'il se reprit enfin, ce fut pour voir Kougaiji reposer la bouteille et porter son verre à ses lèvres, ses yeux fixés droit devant lui, ignorant superbement le hanyou. Ce dernier crispa les poings. Lui, Sha Gojyo, venait de se laisser dominer par ce... ce prince à deux balles aux allures de gamin gâté ?

Décidément, c'est pas ma journée !

Le demi-sang rafla la bouteille en lançant d'un ton lourd de sarcasme :

"Si ton altesse le permet..."

Un sourcil couleur de flammes se haussa dans sa direction tandis qu'un verre de nouveau vide se posait sur la table. Un sourire ourla les lèvres du métis : sa revanche se présentait à lui. Il allait reprendre l'avantage sur le prince d'opérette, sur son terrain... Appuyant ostensiblement chacun de ses gestes, Gojyo emplit son verre avant de poser le goulot sur le bord de celui du youkai. Faisant s'écouler lentement l'alcool, il chercha à nouveau le regard violet, accentua son sourire narquois lorsqu'il le rencontra. Il constata avec amusement le froncement de sourcil et la crispation de la main refermée autour du verre. Cheveux de feu acceptait son défi, hein ? La soirée risquait de s'avérer plus amusante que prévue, en fin de compte...

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Dokugakuji jeta un nouveau regard inquiet à son prince. Kou n'avait quasiment pas ouvert la bouche depuis qu'il était revenu à lui. Il s'était contenté de saisir les rênes, dirigeant leur dragon vers l'auberge dans laquelle les avait laissés le sanzo-ikkou quelques jours auparavant puis, de là, en droite ligne vers l'ouest. Bien sûr, se déplacer par voie aérienne était bien plus rapide qu'en jeep, mais se poser à proximité de chaque village et en fouiller les divers établissements en quête du groupe leur avait fait perdre pas mal de temps. Cela faisait plus d'une journée qu'ils avaient quitté la forteresse, à présent.

Une journée que le regard crépuscule fixait le vide sans jamais daigner croiser le sien. Une journée qu'il cherchait le moyen de faire sortir son prince de cette insensibilité alarmante. Une journée que sa main s'immobilisait au-dessus de l'épaule vêtue de noir sans oser s'y poser. Ces gestes qui lui étaient devenus si familiers depuis toutes ces années : ébouriffer moqueusement les courtes mèches rougeoyantes, passer affectueusement son bras autour des fines épaules... Voilà qu'ils lui semblaient soudain tout à la fois dérisoires et trop chargés de sens. En ces circonstances où Kou avait plus que jamais besoin de son soutien, il ne parvenait plus à le lui apporter. Ne savait pas de quelle façon s'y prendre. Tout simplement parce qu'il avait peur ! Peur de cette immense douleur qui couvait derrière la froideur affichée par son prince. Peur de ne rien pouvoir faire. Sûr de ne rien pouvoir faire. Kou venait de perdre la personne qui comptait le plus pour lui. Non, davantage... Sa raison de vivre ? En tout cas sa raison de se battre et aussi l'espoir qui l'avait soutenu durant 500 ans.

Perdre sa mère, cela il pouvait le comprendre. Mais ce que cela signifiait pour Kou... Non, ça il ne pouvait qu'essayer de l'imaginer.

"Dokugakuji-san ?"

L'interpellé sursauta légèrement avant de tourner la tête sur sa droite, croisant un œil vert interrogateur.

"Peut-être pourriez-vous nous expliquer ce qui se passe ?"

Doku ne répondit pas au sourire accompagnant cette requête polie. Pourquoi lui demandait-il ça à lui ? Il n'était que le "bras droit"... Il se tourna vers Kou. Ce dernier portait lentement un verre à ses lèvres, son regard crépusculaire vissé sur quelque chose que lui seul semblait voir. OK. Sous-fifre ou non, il devait paraître bien plus abordable que son prince, voilà pourquoi...

Alors qu'il les reportait sur Hakkai, ses yeux s'attardèrent un instant sur les plats intacts, devant Kou. Il ne semblait pas décidé à y toucher alors même qu'il n'avait rien mangé depuis la veille, refusant sans un mot de partager les vivres achetés par son garde du corps dans l'un des multiples villages qu'ils avaient traversés. Doku n'avait pas insisté alors – il n'avait pas osé, là non plus... Mais il l'aurait fait ce soir, n'eut été la présence de leurs quatre ennemis. Mais jouer les mères poules inquiètes devant eux... Il entendait déjà les moqueries de son frère s'il s'y risquait ! Et, si lui-même s'en fichait royalement (quitte à remettre le morveux en place en menaçant de divulguer de honteux secrets d'enfance...), il savait pertinemment à quel point ce ne serait pas du goût de Kou... Aussi poussa-t-il un léger soupir avant de plonger de nouveau ses yeux dans ceux de l'ancien humain (du moins dans le seul qui était visible...) :

"Je te préviens : ça risque d'être long..."

Le craquement d'un briquet se fit entendre en face du youkai brun, avant que ne s'élève une voix froidement sarcastique :

"Et alors ? T'es attendu quelque part peut-être ?"

Le garde du corps déplaça son regard sur celui du moine et manqua sourire en pensant qu'il y avait quelque chose de l'impatience butée de Kou dans les prunelles améthyste. Il hocha négativement la tête en réponse puis entama distraitement une assiette de nouilles sautées tout en réfléchissant à la meilleure façon de présenter les récents événements. [2]

Le récit demanda bien plus de temps que Doku ne l'avait pensé. Hakkai était un interlocuteur attentif, qui posait de temps à autre une question forçant le youkai à entrer dans des détails que lui-même jugeait insignifiants. L'ancien humain se montra particulièrement curieux au sujet de la pierre de Domination, de ses différents usages et de la façon dont Gyokumen s'y était prise pour éveiller ses pouvoirs et les contrôler. Le youkai répondit du mieux qu'il le pouvait, fouillant sa mémoire à la recherche du moindre détail concernant l'artefact. L'unique fois où Sanzo ouvrit la bouche, ce fut pour rétorquer un "Ch' !" dédaigneux à un Dokugakuji le mettant en garde contre l'usage principal auquel la pouffiasse destinait la Pierre.

"Qu'elle essaye, si ça l'amuse..." marmonna le moine tandis qu'Hakkai laissait s'élever un petit rire amusé devant le terme choisi pour désigner la souveraine.

Le regard brun lança à l'ancien humain un vibrant appel à l'aide. Il fallait que le bonze comprenne ! Si Gyokumen obtenait le sutra, elle aurait gagné ! Mais ce dernier ce contenta de lui accorder un sourire rassurant tout en secouant doucement la tête. On ne discutait pas avec Sanzô...

"Continuez votre histoire, Dokugakuji-san. Nous aurons tout le temps de nous pencher sur ce problème plus tard..."

Alors il continua. Il ne parla pas de Rasetsunyo. Ce n'était pas à lui de le faire. Quelque part, il n'en avait pas le droit... Il raconta que Kou s'était dressé contre sa belle-mère. Et que celle-ci l'avait battu grâce à la puissance de la Pierre. Que leurs soldats s'étaient rangés du côté de la souveraine. Qu'ils avaient dû fuir, en laissant derrière eux Ririn et Yaone. Il eut le plus grand mal à persister dans son mensonge – ou du moins, son omission d'une partie de la vérité – sous le feu des questions du youkai aux yeux verts. Ce dernier se doutait qu'il lui cachait quelque chose, Dokugakuji le sentait, et pourtant, le sourire en face de lui restait amical, comme si l'autre comprenait que le secret n'appartenait pas au garde du corps. Il en fut reconnaissant à l'ancien humain. C'est sans doute pour cela qu'il répondit franchement à la question – l'accusation, plutôt – qui jaillit des lèvres du moine, au moment même où le youkai finissait son récit :

"Et qu'est-ce que vous êtes venus foutre ici, toi et ton maître ?!"

Doku se renversa sur le dossier de sa chaise, se sentant soudain épuisé, autant physiquement que moralement. Sa voix était lasse lorsqu'il répondit :

"Nous sommes là parce qu'il nous faut garder un œil sur le sutra du ciel maléfique. Parce que vous êtes les seuls à constituer réellement un obstacle aux plans de Gyokumen. Et parce qu'il serait stupide de mener le même combat chacun de notre côté sans unir nos forces. Voilà à peu près résumé ce que pense Kou...gaiji." se reprit-il à temps. Le diminutif affectueux lui semblait un peu déplacé en cette circonstance...

Ses sourcils blonds quasiment à angle droit, une ride verticale creusant son front, le moine s'apprêtait manifestement à exprimer le fond de sa pensée quant à cette idée de fusion de groupes... Lorsqu'un rire manifestement aviné et une voix à l'avenant le coupèrent avant qu'il n'ait eu le temps de desserrer les lèvres :

"Hé hé hé ! Reconnais ta défaite, prince de mes fesses !"

"Dans tes rêves, bâtard d'oreilles rondes !" [3]

Un silence. Le temps pour trois regards exprimant un étonnement plus ou moins lisible de se croiser, avant de se tourner dans un bel ensemble vers l'autre extrémité de la table. Vers un amoncellement de bouteilles vides au-dessus desquelles s'affrontaient violet et écarlate, et dissimulant presque une tête châtain reposant sur le bois, et se soulevant au rythme de ronflements erratiques.

"T'es plus capable de remplir correctement ton verre !"

"Tu t'es regardé avant de parler ?!"

"J'ai commencé à boire avant que t'arrives !"

"C'est ça, cherche-toi des excuses, looser..." [3]

Le regard de Dokugakuji allait et venait entre son frère et son prince, suivant l'échange de répliques cinglantes, hésitant entre incrédulité totale et amusement incontrôlable. Le claquement sec du harisen interrompit ce dilemme en retentissant sur une chevelure rouge sang.

"Héééé ! Qu'est-ce qui te prend encore, namaguza bouzu ?!"

L'interpellé ne répondit au regard embrumé du hanyou que par un nouveau coup de baffeur avant de ranger ledit accessoire au fond de sa manche et de repousser sa chaise d'un geste rageur.

"Combien de fois je t'ai dit de pas laisser boire Goku ?"

Sans attendre de réponse le moine se leva et se dirigea vers le bout de la table sur lequel le jeune youkai était affalé.

"Ho, comme c'est attendrissant... Maman bonze s'inquiète pour son petit..."

Une détonation. Quelques mèches rouges ébouriffée par le souffle du projectile. Un cri étranglé.

"Psychopathe !"

Un haussement d'épaules dédaigneux sous une robe blanche. Puis le blond souleva le saru dans ses bras et se dirigea sans un mot vers les escaliers menant aux chambres. Et Doku aurait parié sa place auprès de Kou que son incorrigible (et totalement ivre...) petit frère allait de nouveau ouvrir sa grande gueule...

"Nyooo ! Kawaii, Sanzo-chan !"

Le coup fut précis cette fois. Juste entre les deux yeux rouge sang. Un silence choqué plana quelques secondes...

"Temeeee! Les baffeurs sont fait pour baffer pas pour lancer, j'te l'ai déjà diiiiit !"

Dokugakuji se tourna vers Hakkai :

"C'est toujours aussi... animé ?"

Un petit rire secoua le youkai aux yeux verts.

"Iie. Là c'est plutôt calme : il n'y a eu qu'un seul coup de feu..."

Le garde du corps répondit par une grimace railleuse.

"Je vois... Au fait, rassure-moi : tu te fais payer les heures de baby-sitting ?"

L'ancien humain n'eut pas le loisir de répondre, coupé par une voix aussi moqueuse que triomphante :

"Je le savais que t'étais fini ! Alors, c'est qui le looser, princesse ?"

Au moment où Doku se retournait, Kougaiji, dont la tête reposait un instant auparavant sur ses bras repliés, se redressait tant bien que mal pour tenter de planter sur le demi-sang un regard meurtrier.

"Urusai ! Je ne perdrai pas face à toi !"

Sa main se tendait vers son verre lorsque celle de Dokugakuji se referma sur le poignet hâlé.

"Tu ne crois pas que tu as assez bu pour ce soir, Kou ?", interrogea ce dernier d'une voix partagée entre désapprobation et rire contenu.

Les yeux violets tentèrent de se focaliser sur lui, sourcils écarlates froncés.

"Ne me dis pas ce que j'ai à faire !" siffla-t-il en se redressant brusquement, arrachant son poignet de l'étreinte de son garde du corps. "Tu prends son parti parce que c'est ton frère, hein, c'est ça ?!"

Le youkai aux cheveux noirs resta coi devant le ton blessé de son prince, tandis qu'en arrière plan s'élevait le ricanement ravi de Gojyo. C'est la fatigue qui lui faisait voir les choses en noir ou bien ils ressemblaient vraiment à deux gosses en train de se disputer un jouet ?

"Kou..." commença-t-il d'une voix soudain lasse avant de s'interrompre en voyant son prince chanceler.

Il referma ses bras sur lui à l'instant où il s'effondrait complètement. Un soupir amusé lui échappa.

"Et maintenant, tu m'écoutes si je te dis que le mieux à faire est d'aller te coucher ?"

Ne recevant d'autre réponse qu'un grognement vague, il passa un des bras du youkai de feu par-dessus son épaule, enserrant sa taille pour le soutenir. C'est à ce moment que retentit une nouvelle fois la voix de son petit frère, emplie d'une feinte et excessive désapprobation :

"Aniki... Ne vas pas profiter de son état pour abuser de lui..."

Kou réagit plus vite que lui : son bras se tendit et une petite flamme jaillit de sa main, fusant en direction du hanyou, lequel l'évita de justesse en disparaissant à demi sous la table avec un cri étranglé. Dokugakuji éclata de rire tout en parcourrant des yeux la salle déserte, s'assurant que nul humain n'avait pu être témoin de la scène. Resserrant son étreinte autour de Kougaiji, il se tourna à nouveau vers son frère, un sourire narquois aux lèvres :

"Je t'ai toujours dis que tu savais pas t'arrêter, gaki!", son regard remonta légèrement avant qu'il n'ajoute d'un ton désinvolte, "Tu devrais les éteindre... A moins que le style monacal te tente..."

Les yeux écarlates s'écarquillèrent avant de se hausser dans leurs orbites, lorgnant les deux fines mèches – ses antennes, comme les appelait le saru... – nettement rétrécies, et au bout desquelles dansaient joyeusement deux petites flammes... Un genre de couinement échappa au demi-sang qui s'empressa d'étouffer le feu entre ses doigts. Dokugakuji entendit le rire discret d'Hakkai se mêler au sien tandis qu'il se détournait, portant plus qu'il ne soutenait un prince des youkai moins d'à demi conscient.

Quelque chose me dit que cette collaboration va être... fatigante...

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Dokugakuji contemplait son prince, qu'il venait d'étendre délicatement sur le lit d'une des chambres qui leur avait été donnée. Ses yeux se posèrent un moment sur les paupières mi-closes, la bouche entrouverte, la poitrine se soulevant au rythme d'une respiration irrégulière. Il secoua la tête, un petit sourire incrédule aux lèvres. Il avait déjà vu Kou ivre, c'est vrai... Ho, pas souvent... Et jamais à ce point ! Mais il fallait dire qu'à chaque fois, lui-même atteignait un état proche du black-out alors que le youkai de feu parvenait à peine à celui de la véritable ivresse... Oui, il s'était aperçu à ses dépens que Kougaiji avait une impressionnante résistance à l'alcool, malgré les apparences... [5]

Mais même le prince des youkai avait ses limites... Voilà à peine quelques jours qu'il avait été blessé à mort par son propre lieutenant, ne devant la vie sauve qu'à l'intervention de l'un de ses ennemis. Plus ou moins remis, il avait vu sa mère détruite sous ses yeux avant de gaspiller ses forces en combattant un pouvoir bien trop grand, même pour lui. Et pour couronner le tout il n'avait rien avalé depuis pratiquement vingt-quatre heures... Rien d'étonnant à ce que l'alcool ait eu plus d'effet sur lui que d'ordinaire !

Celui qui avait été Sha Jien fronça les sourcils : le crétin qui lui servait de petit frère allait en entendre parler, il pouvait compter là-dessus ! Enfin, au moins il ne s'inquiétait plus de savoir si son prince parviendrait à dormir cette nuit... Un petit rire de dérision lui échappa à cette pensée et il se pencha sur le lit, retirant l'une après l'autre les bottes de Kou qu'il laissa tomber au petit bonheur sur le plancher. Se redressant, il s'approcha de la tête du lit avant de soulever légèrement le corps du fils de Gyumao et de faire glisser la courte veste le long des épaules de ce dernier. Dokugakuji sentit le rythme de ses battements de cœur s'accélérer sensiblement tandis que sa main frôlait la peau brûlante... La voix goguenarde de son frère revint flotter dans son esprit alors qu'il se détournait, lançant le vêtement sombre sur une chaise.

"Aniki... Ne vas pas profiter de son état pour abuser de lui..."

"Baka gaki..." marmonna-t-il alors que ses yeux revenaient se poser malgré lui sur la poitrine nue de son prince. Il eut un sursaut soudain en s'apercevant que sa main la parcourait inconsciemment, en une caresse distraite, tandis que son corps s'inclinait de plus en plus vers le youkai de feu. Il stoppa net son mouvement, son cœur battant la chamade au creux de sa poitrine.

Que... Qu'est-ce que t'avais l'intention de faire, là ?!

Son esprit n'eut pas le temps de lui fournir la réponse – évidente – à sa question : en face de son visage, bien trop proches, deux paupières venaient de se soulever, dévoilant deux iris violets embrumés par l'alcool. Une voix au timbre voilé s'éleva :

"Doku ?"

Il n'eut pas le temps de suivre son impulsion première de se relever rapidement comme un gamin pris en faute : deux bras nus s'enroulèrent autour de ses épaules, le maintenant dans une position parfaitement équivoque. Le garde du corps cilla, avalant nerveusement sa salive.

"K...Kou?"

Pour toute réponse, l'étreinte sur ses épaules s'accentua alors que son prince l'attirait soudain vers lui, le faisant basculer totalement sur le matelas. Il n'eut pas le temps de réagir autrement qu'en tentant tant bien que mal d'amortir sa chute, basculant à demi sur son flanc pour éviter de porter tout son poids sur Kougaiji. Il eut encore moins celui de revenir de sa surprise qu'un corps chaud venait se coller contre le sien, son prince encerclant son torse d'une étreinte farouche tandis que son visage venait se loger au creux de son cou. Sa voix s'en éleva, étouffée, tremblante :

"Reste... S'il te plait. Ne... me laisse pas..." Un sanglot étranglé, alors que Kougaiji se pressait un peu plus contre lui, "Ne me laisse pas tout seul !"

Le timbre rauque se brisa sur ces mots et il sentit de longs sanglots parcourir le corps lové contre le sien. Le youkai aux cheveux sombres demeura un long moment interdit. Incapable de réagir face à ce comportement plus qu'inattendu... Mais après tout, c'est ce qu'il avait redouté depuis qu'ils avaient quitté Houtou, non ? Que la douleur de son prince ne finisse par s'exprimer... Juste qu'il n'avait jamais imaginé qu'elle s'exprimerait... à ce point ! Se laisser aller ainsi était tellement peu dans le caractère de Kou. Du moins, quand il n'avait pas une dose appréciable d'alcool dans le sang... Mais, après tout, peut-être que ce n'était pas une si mauvaise chose...

Et son prince continuait de pleurer contre sa poitrine. Et de nouveau, il laissa échapper des paroles entrecoupées :

"Elle... Elle l'a détruite... Je n'ai... rien pu faire... Juste... regarder... Inutile... Je n'ai pas pu... la protéger... La sauver... Haha ue... Elle... est... Elle est morte !"

Le corps fin se crispa violemment.

"Morte ! Haha ue... HAHA UE !"

Appel. Révolte. Désespoir. Un cri qui eut enfin raison du saisissement de Dokugakuji. Il referma ses bras autour du youkai de feu, à présent agité de sanglots nerveux, convulsifs.

"Kou... Kou..."

La main du garde du corps se mit à parcourir doucement le dos nu de son prince en une longue caresse apaisante. Sa joue se posa contre la chevelure aux couleurs de flammes tandis que s'élevait sa voix douce. Une suite de mots irréfléchis, une litanie lénifiante, comme pour rassurer un jeune enfant qui aurait fait un cauchemar, ou approcher un animal blessé :

"Calme-toi Kou. Chut. Du calme. Tout va bien. Je suis là Kou. Tu pourras toujours compter sur moi. Je serai toujours là. Tant que tu me permettras de rester près de toi. Ça va aller. Elle paiera pour ce qu'elle a fait. Tu verras. Je la ferai payer. Pour toi. Parce que ma vie t'appartient. Autant que mon âme. Parce que je t'aime. Je t'aime, Kou. Et je ne laisserai personne te faire du mal. Je te protégerai. Toujours. Tout ira bien Kou. Je suis là."

Il laissait les mots s'écouler comme ils venaient. Sans y penser. Sans s'arrêter sur ce qu'il disait. L'important c'est que les sanglots s'espaçaient. Que le corps tremblant se détendait peu à peu dans ses bras...

Longtemps, il continua à le bercer ainsi, les yeux clos, le visage à demi enfoui parmi des mèches caressantes à l'odeur légèrement sucrée de résineux enflammés.

Dévidant distraitement les secrets de son âme au creux de la douleur de celui qui était son prince...

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...to be continued...

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[1] Oui, bon, je sais : cette idée que Gojyo ait du mal avec Kou, c'est franchement subjectif et en grande partie dû à certains délires msn en marge d'un certain JDR... #lorgne une certaine joueuse en découvrant ses crocs# Mais quelque part, Gojyo et Kou – au moins dans leurs attitudes – sont quasiment les antithèses l'un de l'autre... Ça me paraît pas si aberrant, moi, que la froide arrogance du prince des youkai tape sur le système d'un type comme notre kappa se la jouant dragueur insolent se fichant de tout... Et inversement d'ailleurs !

Bon, bref, tout ça pour dire que, effectivement, ça devient un thème récurrent dans mes fics en ce moment, mais je le fait même pas exprès !!

[2] Ben quoi ?! C'est pas parce qu'il est inquiet qu'il a pas faim ! C'est qu'il faut la nourrir, hein, sa grande carcasse !

[3] Me demande si je l'ai pas piqué dans Lance Dragon celle-là... ôo Et oui, OOC, oui... Ça vous pose un problème ? #grand sourire plein de crocs#

SeaGull-chan en plein bêtareadage à une heure avancée de la soirée (Pardon, mais j'ai pas pu résister à l'envie de le laisser là !! #grand sourire innocent à l'intention du piaf#) :

Ho, oui ! J'imagine très bien la scène ! Une auberge bondée creusée dans le tronc gigantesque d'un arbre à Solace… Un hanyou et un demi elfe en train de siroter tranquillement une bière devant un plat de patates épicées…

Gojyo : Ben merci bien ! Je m'en serai passé moi de tout savoir sur les dilemmes sentimentaux de Tanis demi-elfe ! La brune ou la blonde ! Kitiara ou Lauranna ! Nan mais franchement !

Hakkai : Et tu lui as répondu quoi ?

Gojyo : Qu'il avait qu'à se rabattre sur les beaux mecs aux yeux verts !

Hakkai #### #####

Tanis : effectivement, il est pas mal…

Gojyo : Bas les pattes ! Bâtard d'oreilles rondes !

Tanis : Toi-même !

SeaGull : Pendant qu'ils règles leurs comptes… je t'offre un verre, Kaikai ?

Hakkai : Volontiers !

Pendant ce temps, dans la salle de l'auberge, Raistlin (qui s'étrangle à chaque bouffée de cigarette de Sanzo) discute avec maman bonze des méthodes de matage respectives de saru et de kenders, tandis que Goku fait un concours de bouffe avec Caramon…

[4] Mais nooonnnn il est pas OOC : il est bourré, nuance... #air angélique#

Kou : Je la déteste encore plus que d'habitude là... ######

[5] Nee, SeaGull-chan ? ;) Et oui, je sais : il faudra que je pense à étudier la question dans un one-shot un jour.......

SeaGull-chan : J'attends toujours !!!!

bondit en l'air, toute hérissée Ôo ... Je pensais pas que tu l'attendais à ce point-là... (Par contre ça me rappelle que la suite de ta fic d'anniversaire tu l'attends toujours aussi... #amie indigne# TT)

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Booonnnnnnnnnnnnnnn... L'est très très... tôt là !! x.x Alors... Dodoooooooo !!! x.x #se roule en boule autour d'un panneau "Attention : reviews obligatoires !" qui traînait la#