Et si… (leur rencontre s'était passée autrement)
La vie à Grimmauld: chapitre 3/ ?
Lorsque Harry rentra chez lui, cette nuit-là, il était plus de quatre heures du matin. Il était fatigué et il savait qu'il devrait se lever tôt le lendemain matin, pour préparer leur petit déjeuner à son oncle et sa tante, mais il était heureux. Heureux d'avoir rencontrer son parrain. Il aurait préféré que leur rencontre ne se finisse pas comme cela, mais il ne pouvait rien faire si Sirius se sentait coupable. A moins, peut-être, qu'avec assez de persévérance, il arrive à le faire se rendre compte que ce n'était pas de sa faute. Enfin, il aurait le temps de réfléchir à cela un autre jour. Pour l'instant, il devait dormir…
Quand il se réveilla, le lendemain matin, il se demanda pendant une bref seconde si tous les événements de la nuit passé avaient été un rêve mais lorsqu'il aperçut la lettre de Sirius sur son bureau il sut que cela s'était réellement passé. Il n'arrivait pas a y croire. Il avait retrouvé son parrain, quelqu'un avec qui il pourrait parler. Quelqu'un qui s'occuperait de lui.
Mais il n'oubliait pas que Sirius était évadé de prison. C'était une des premières choses qu'il lui avait dites. Alors comment feraient-ils ? Ils devraient faire attention pour se voir. Ils ne devaient pas être pris. Mais une chose est sûre, il fallait qu'ils réussissent à garder le contact.
Et c'est ce qu'ils firent. Durant la première semaine après leur rencontre, Harry revint plusieurs fois à Grimmauld Place pendant la nuit. Ils discutaient de tout et de rien. Surtout de Poudlard. Sirius lui raconta beaucoup de choses, ce qu'il s'était passé durant sa scolarité. Il lui parla de ses parents et aussi de Rémus. Il lui raconta comment est-ce qu'ils avaient découvert que leur ami était un loup-garou, comment est-ce qu'ils étaient devenus animagus pour cette raison. Harry découvrit aussi que son parrain connaissait très bien son cher professeur de potions et qu'ils étaient très loin d'être les meilleurs amis du monde.
Mais deux semaines avant la fin des vacances, la routine se modifia.
- Harry, je voulais te demander une chose ?
- Oui, quoi ?
- Est-ce que tu voudrais passé un peu plus de temps ici…. Je ne sais pas, une semaine entière. Tu demanderais l'autorisation à ton oncle et ta tante…
- C'est vrai !
Harry était heureux comme il ne l'avait jamais été. Passer une semaine chez Sirius ? ce serait tellement génial ! Mais en fait, pourquoi une semaine et pas jusqu'à la fin des vacances ? c'était la question qu'il se posait et il en parla à Sirius.
- Parce que toute la communauté sorcière croit que j'ai pour but de te tuer. Le ministère va sûrement envoyer quelqu'un te chercher pour t'amener à la gare. Si tu n'es pas chez toi, tu aurais des problèmes immenses.
Harry hocha la tête. Il comprenait très bien. Il fallait maintenant qu'il retourne chez lui et essaie de convaincre son oncle et sa tante. Mais il avait déjà une petite idée de ce qu'il allait leur dire.
Le lendemain matin, Harry se réveilla lorsque sa tante l'appela. Quand il entra dans la cuisine, son oncle et sa tante y étaient tous les deux et il se dit que c'était le bon moment pour faire sa demande. Il espérait qu'il n'aurait pas besoin d'utiliser son argument le plus convainquant mais il en doutait réellement.
- Oncle Vernon, Tante Pétunia, j'ai quelque chose à vous dire.
- Qu'est-ce qu'il y a ? lui répondit agressivement son oncle.
- J'ai un… ami qui demande que je passe cette semaine chez lui alors est-ce que je pourrais y aller ?
- Si tu dois revenir ensuite, c'est non !
Harry soupira. Il n'avait pas envie d'utiliser la menace mais il ne voyait pas que faire d'autre pour pouvoir arriver à ses fins. Et puis, cela ne ferait de mal à personne.
- Alors ça, c'est dommage parce que cet ami est majeur, donc il a le droit d'utiliser la magie et il vient de sortir de prison.
- Pourquoi était-il en prison ?
Harry avait remarqué que sa tante avait pali et que son oncle semblait moins bien assuré qu'avant.
- Oh, pour meurtre… enfin, ce n'est pas grave, je lui dirais que vous ne voulez pas…
- Mais non, voyons, j'avais dit cela pour rire. Bien sûr que tu peux y aller. Quand est-ce que tu reviendrais ?
Harry dut se retenir de ne pas sourire. Cela avait vraiment été facile. Heureusement que sa langue n'avait pas fourché et qu'il n'avait pas dit que Sirius s'était évadé, sinon cela aurait créé de sacrés problèmes. Enfin, maintenant il avait l'autorisation d'aller chez son parrain au moins.
- Je pars ce soir et je reviens dans exactement une semaine. Merci beaucoup Oncle Vernon
Son oncle maugréa quelques mots, apparemment pas très content d'avoir du céder, et Harry se hâta d'aller empaqueter toutes ses affaires de magie. Il avait prévu de les emmener chez Sirius comme cela, il pourrait demander de l'aide à son parrain pour ses devoirs et si il avait des questions il pourrait les lui poser.
Quelques heures plus tard, il débarquait à Grimmauld Place, par le portoloin qu'il avait utilisé le premier soir, bagages en main. Il avait atterrit dans le salon mais, bizarrement, Sirius n'y était pas. Fronçant les sourcils, il posa sa valise sur le sol et se décida à aller chercher son parrain.
Il se rendit à l'étage, après avoir rapidement fait le tour des pièces du rez-de-chaussée. Il n'était encore jamais venu ici. Ils étaient toujours resté dans les pièces de l'étage inférieur. Il avançait doucement, sans faire de bruit, ouvrant chacune des portes pour voir si Sirius n'y était pas. Mais lorsqu'il ouvrit la dernière pièce, il retrouva son parrain.
Il était assis par terre, avec ce qui semblait être un livre. Il n'avait pas entendu Harry arriver et il ne l'entendit pas non plu s'approcher. Quand il fut assez près, Harry put voir que c'était un album photos. Il y avait des photos de ses parents, de Rémus, de Peter et d'eux.
- Sirius ? appela doucement Harry en plaçant une main sur son épaule et en secouant doucement.
Sirius se retourna et Harry put voir la douleur et la culpabilité dans ses yeux. Le jeune homme retira sa main et s'assit à ses côtés.
- Ils vous manquent, n'est-ce pas ?
- Tellement… tous les trois.
- Tu pourras bientôt revoir Rémus, dès que tu seras innocent
- Je suis sûr qu'il ne me pardonnera jamais d'avoir cru que c'était lui le traître, et d'avoir tué James et Lily.
- Tu ne les as pas tués bon sang ! Combien de fois est-ce que je vais devoir te le répéter pour que tu finisses par te le mettre dans la tête !
Sirius avait été surpris par l'éclat de voix de son filleul et le regardait avec des yeux ronds. Celui-ci sembla se rendre compte qu'il avait un peu élever le ton.
- Désolé, murmura-t-il, mais tu sais que je ne veux pas que tu dises ça…
- Ouais… bon ! on pourrait peut-être descendre et t'installer !
Harry afficha un immense sourire car Sirius semblait avoir retrouvé sa bonne humeur et tous les deux sourirent alors qu'ils retournaient au rez-de-chaussée pour mettre en place les affaires de Harry.
Ce soir-là, Sirius était allongé sur le lit de Harry et celui-ci avait sa tête posée sur son torse. Il se sentait tellement bien avec lui. Il avait l'impression de le connaître depuis toujours. C'était génial. Mais il faudrait, maintenant, qu'il trouve un moyen de faire comprendre au monde entier que Sirius était innocent et cela, il n'y avait qu'un seul moyen pour y arriver et c'était de retrouver Peter Pettigrow et il ne savait vraiment pas comment est-ce qu'il pourrait faire. Sirius ne lui avait pas encore parlé de lui et il ne voulait pas amener le sujet sur le tapis. Ils avaient autre chose à penser pour le moment…
- Sirius, demanda soudainement Harry, relevant légèrement la tête pour pouvoir regarder son parrain.
- Oui ?
- Je me demandais si… enfin si tu pouvais m'apprendre comment devenir animagus ?
- Je te demande pardon ?
- Ben oui… ce serait marrant et puis, comme ça, j'aurais un effet de surprise si jamais je me retrouve encore une fois en face à face avec un quelconque danger. Parce que crois-moi ça m'arrive souvent !
- Oui, ben t'as plutôt intérêt à être prudent cette année parce que je t'ai à l'œil, crois-moi ! Mais je veux bien t'apprendre…
- C'est vrai ! merci Sirius !
Sirius se contenta de sourire, songeant mentalement que son filleul était bel et bien entrain de suivre les traces des maraudeurs. Surtout que d'après ce qu'avait dit Harry, il avait dû hériter du don qu'avait James pour se fourrer dans les ennuis. Sans s'en rendre compte, il commença distraitement à jouer avec les mèches de cheveux désordonné du jeune homme, mais celui-ci se garda bien de s'en plaindre. Il avait l'impression d'avoir retrouvé un père.
