Et si… (leur rencontre s'était passée autrement ?)
Promenade nocturne : chapitre 13/18
Harry était assis en tailleur sur son lit et observait la carte du Maraudeur, essayant de voir les divers passages de l'école et les personnes qui s'y trouvaient. Il n'arrivait pas à dormir, alors autant qu'il s'amuse un peu en attendant le matin.
Sur la carte, il voyait Dumbledore, dans son bureau, entrain de faire les cent pas. Il se rappela ce qu'avait dit les jumeaux, quand il lui avait donné la carte. C'est à dire, ce que cela arrivait souvent au directeur de se comporter ce cette façon.
Il y avait aussi Rusard, qui avait l'air de se diriger vers la tour d'astronomie, sûrement pour voir s'il arrivait à dénicher un ou deux élèves désobéissant au règlement. Il n'avait aucun mal à deviner Miss Teigne, sa chatte, qui devait marcher à ses côtés, reniflant pour sentir où se trouvaient les petits rebelles qui se promenaient pendant la nuit. Ils vont être véritablement déçus, songea Harry quand il remarqua qu'il n'y avait aucun élève dehors.
Il voyait par contre, dans les cachots, le Professeur Rogue. Harry ne se serait pas étonné de voir qu'il se trouvait derrière un chaudron fumant, préparant une quelconque potion pour sa réserve personnelle. Cet homme, avait-il l'impression, passait son temps à concocter des philtres.
Il n'y avait pas réellement quoi que ce soit sortant de l'ordinaire dans la château, cette nuit-là. C'était du moins ce qu'il pensait jusqu'à ce que ses yeux se posent sur un autre nom, un nom qui n'aurait pas dû apparaître sur cette carte.
Son cœur fit un bon dans sa poitrine.
- Peter Pettigrow, murmura-t-il.
C'est ce moment-ci que choisit Ron pour se réveiller en sursaut et murmurer des paroles sans queue ni tête, à propos d'araignée et d'un numéro de claquette. Harry s'empressa de le rassurer en lui disant qu'il n'était pas obligé de faire ce numéro, qu'il n'avait qu'à leur dire qu'il n'avait pas envie.
Rassuré par ces sages paroles, le rouquin se recoucha et se rendormit aussitôt, sous le rire étouffé de son meilleur ami. Ron pouvait être très divertissant, sans même le vouloir, parfois.
Harry regarda plus attentivement la carte et repéra le couloir dans lequel se trouvait Pettigrow. Il fallait absolument qu'il le retrouve. Comme cela, se serait la preuve, pour le monde entier, que Sirius Black était innocent de tous les crimes dont on l'accusait.
Une fois qu'il sut où se trouvait le traître, il se releva, sans faire de bruit, et enfila ses chaussures, puis sortit du dortoir sur la pointe des pieds.
Il parcourut les couloirs de l'école, silencieux, le regard fixé sur la carte qu'il éclairait grâce à un charme qui avait allumé une lumière bleue au bout de sa baguette.
Il finit, au bout d'un moment, par se retrouver où il le voulait et il vit sur la carte les deux points qui le représentaient lui et Pettigrow, l'un en face de l'autre. Ils se rapprochaient de plus en plus. Son cœur battait la chamade à présent, et, sous les protestations véhémentes des personnages des tableaux qui essayaient de dormir, il éclairait les alentours le plus qu'il le pouvait.
Quand il vit le point qui représentait Pettrigrow passer juste à côté de lui, il fit un demi-tour rapide et sursauta en voyant quelque chose, ou plutôt quelqu'un, juste en face de lui, soupirant en hochant la tête quand il réalisait qu'il se trouvait face à un miroir et qu'il n'avait rien d'autre devant lui que son reflet.
Malgré le fait qu'il était extrêmement déçu de ne pas avoir pu retrouver Pettigrow, pour pouvoir aider Sirius, il ne put s'empêcher de se sentir soulager. Comment est-ce que Pettigrow aurait réagit s'il avait été devant lui ? Aurait-il pu s'en sortir ?
Enfin, cela n'avait plus d'importance. Et de toute façon, Harry était sûr que l'on finirait par retrouver Pettigrow un jour ou l'autre. Sirius ne pouvait tout de même pas passer sa vie à fuir le ministère de la magie.
Mais, soudainement, Harry se rendit compte qu'il y avait un autre point sur la carte, un point qui se rapprochait dangereusement de l'endroit où il était. Sévérus Rogue. Il allait avoir de sérieux ennui, son professeur n'attendait que de pouvoir le punir sous n'importe quel prétexte. Il sortit sa baguette et la pointa sur la carte.
- Méfait accompli. Nox !
La lumière du bout de sa baguette s'évanoui complètement, plongeant les alentours dans l'obscurité totale mais cela ne suffirait en aucun cas à le « sauver » puisque son professeur avait déjà entendu du bruit et qu'il alluma la sienne.
- Potter, commença-t-il d'une voix doucereuse. Encore entrain de vous promenez ? Votre père aussi passait son temps à se pavaner dans le château.
- Mon père ne se pavanait pas. Et moi non plus. Maintenant, si vous pouviez baisser votre baguette, demanda-t-il.
Il était vrai que la baguette de son professeur était juste devant ses yeux et que la lumière qui en émanait commençait réellement à l'aveugler. Heureusement, Rogue l'écouta et baissa sa baguette. Seulement, il avait repéré autre chose, dans sa poche.
- Videz vos poches.
Puis, voyant que Harry ne répondait pas et ne faisait toujours aucun geste pour obéir à sa requête, il la réitéra, mais en détachant bien tous les mots, comme s'il pensait que la raison pour laquelle le garçon ne faisait rien était qu'il n'avait rien compris du tout.
- Videz vos poches.
Harry poussa un soupir. Il savait que le Professeur Rogue ne le laisserait pas partir avant d'avoir vu ce qu'il cachait et que plus il attendrait, plus la punition serait terrible, alors il consentit à sortir la carte du Maraudeur.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Un bout de parchemin vierge.
Rogue le regarda d'une manière qui lui fit clairement comprendre qu'il ne le croyait pas du tout.
- Voyez-vous cela. Révèle tous tes secrets, articula-t-il distinctement en posant le bout de sa baguette sur la carte.
Harry regarda avec appréhension les mots qui commençaient à se former sur la page.
- Lisez.
Harry jeta un coup d'œil à ce qui était écrit. Il ne se sortirait pas de cette histoire-là vivant, il en était sûr. Il ne pouvait tout de même pas dire cela à un professeur ? Et en particulier, pas à Rogue ! Mais il n'avait pas l'air d'avoir le choix.
- Messieurs Moony, Wormtail, Padfoot et Prongs présentent leur respect au Professeur Rogue.
Il s'interrompit, incertain.
- Continuez, le pressa Rogue.
- Et lui demande de cesser une bonne fois pour toute de fourrer son énorme nez dans les affaires des autres.
- Sale petit insolent, gronda Rogue.
Mais il n'eut pas le temps de terminer sa phrase car une autre lumière s'alluma, révélant par la même occasion le Professeur Lupin. Si Harry ne montra aucun signe de soulagement, il n'en ressentait pas moins.
- Sévérus ?
- Tiens, tiens… Lupin. Vous faites une petite ballade au clair de lune ?
Harry leva les yeux au ciel. Est-ce que son professeur allait finir un de ces jours par arrêter de semer des allusions qui pourrait trahir la nature du loup-garou ?
- Oui, il faut bien que je profite quand elle n'est pas pleine. Tu n'es pas d'accord avec moi, Harry ?
- Tout à fait, Professeur, répondit le jeune homme en souriant à son enseignant.
Rogue était totalement éberlué. Potter savait donc ce qu'était réellement son professeur et il continuait quand même de le voir en tête à tête ? Ce garçon était vraiment fous, il en avait la preuve.
- Tout va bien, Harry ? finit par demander Lupin.
Avant qu'il n'ait eu le temps de répondre, Rogue lui arracha la carte des mains et la tendit à Lupin.
- Je viens de confisquer cet objet. Il me semble rempli de magie noire. Mais c'est vous le spécialiste, Lupin.
Une lueur d'amusement passa dans les yeux du professeur de défense quand il vit quel était l'objet que lui tendait son collègue et Harry eut peine à ne pas sourire.
- Vous croyez ? A mon avis, c'est tout simplement un parchemin ensorceler pour insulter quiconque essaie de le lire. Vous l'avez eu chez Zonko ? rigola-t-il en regardant Harry. Néanmoins, continua-t-il sur un ton plus sérieux, en voyant Rogue sur le point de reprendre la carte. Je vais pratiquer quelques tests pour en être certain. Après tout, vous l'avez dit vous même, c'est moi le spécialiste. Venez Harry.
Tout en saluant le Professeur Rogue, Rémus entraîna Harry jusqu'à sa salle de classe.
- Comment avez-vous eu cette carte ? Je croyais qu'elle avait été confisquée par Rusard ?
- C'était le cas. Les jumeaux, les frères de Ron, l'ont récupérée dans une boîte marquée « Objets dangereux » durant leur première année et ils me l'ont donnée lors du deuxième Week-end à Pré-au-Lard, pour me permettre de m'y rendre, vu qu'ils ne pouvaient pas savoir que j'avais l'autorisation.
- Cela faisait vraiment longtemps que je ne l'avais pas revue. Mais, au fait, je ne peux pas vraiment vous reprochez une petite ballade nocturne dans le château, quand on connaît mes… exploits de jeunesse, mais pourrais-je savoir ce que vous faisiez dans ce couloir ?
Harry soupira avant de raconter toute l'histoire depuis le début. Vu la manière dont le visage de son professeur s'était assombrit durant le récit, Harry sentit qu'il allait avoir droit à une belle engueulade, que Rémus ait plus de méfait que lui à son palmarès, ou bien pas.
Et il avait raison. A peine eut-il le temps d'achever son récit que Lupin commença à lui dire combien il avait été irresponsable de se lancer lui-même à la recherche de Pettigrow. Que celui-ci avait déjà tué plus d'une fois, et qu'il pouvait très bien recommencer quand il le voulait, ne manquant pas de lui rappeler au passage que c'était Sirius qui aurait été accusé de cela. Puis, il finit par lui dire que même si son père non plus ne faisait pas très grand cas du règlement, lui et Lily avaient tout de même donner leur vie pour sauver la sienne et que ce n'était pas une façon de les remercier.
- Maintenant, dépêchez-vous de retournez à votre dortoir, et ne faites aucun détour sinon, je le saurais, finit Rémus en désignant la carte.
- Oui, Professeur. Bonne nuit.
Les mots de son professeur l'avaient touché profondément, car ce n'était pas un enseignant comme les autres. D'une part, c'était quand même un ami proche de ses parents et de Sirius, et d'autre part, il l'aimait beaucoup et il avait tout fait pour ne jamais le découvrir pendant ses cours. Malheureusement, c'était tout de même arrivé et il s'en voulait.
Il allait atteindre la porte et sortir quand son professeur le rappela.
- Harry ! Ecoute… je suis vraiment désolé d'avoir dit cela de cette manière-là…. Je sais très bien que tu ne prends pas le sacrifice de tes parents à la légère et que tu n'avais pas vraiment réfléchit à la menace que pouvait représenter Wormtail, mais il faut que tu arrêtes d'agir sur des coups de tête. Surtout quand un meurtrier est en liberté. Si tu venais à mourir, compte combien de personne seraient triste…. Et tu peux déjà m'inclure dans le nombre.
Harry avait baissé la tête pendant le discours de son professeur mais il la releva quand il entendit la dernière phrase. Il pouvait lire dans ses yeux une totale sincérité. Cela lui réchauffa le cœur et il lui adressa un léger sourire.
- Merci…. Je vous promet de faire plus attention à l'avenir. Bonne nuit, Professeur.
- Bonne nuit, Harry.
Harry était assis à côté de Ron, derrière son chaudron, pour leur dernier cours de la journée. Heureusement, il allait bientôt toucher à sa fin. Pas que Rogue ait été spécialement pire que d'habitude, mais tout simplement égal à lui-même. Cela voulait dire, pas drôle du tout.
Mais tout au long de la période, Harry avait sentit le regard de son professeur le brûler. Il avait passé tout le cours à le regarder, essayant certainement de deviner ce qu'était l'objet qu'il avait eu dans ses mains la nuit passée. Et il alla certainement aller le demander à Lupin.
De ce fait, dès que la sonnerie retentit, alors que tous ses camarades sortaient précipitamment de la classe, il se dirigea vers le bureau de son Rogue, qui avait le nez plongé dans ses copies et ne l'avait pas entendu arriver.
- Si vous tenez à le savoir, c'était une carte de Poudlard, lui glissa-t-il avant de se retourner et de partir sans attendre la moindre réponse, laissant derrière lui un Rogue visiblement étonné.
Pourquoi Potter était-il venu lui dire cela, volontairement ? Surtout à lui…
