Et si… (leur rencontre s'était passée autrement ?)
Prophétie : chapitre 14/18
Harry et Ron étaient tous les deux à moitié couché sur leur table, regardant d'un air blasé la boule de cristal remplie de fumée, placée entre eux et se demandant, pour la vingt-et-unième fois depuis le début du cours, pourquoi diable est-ce qu'ils avaient choisi d'étudier la divination ?
Ils furent, heureusement ou malheureusement, sortis de leur état de demi-sommeil par le Professeur Trelawney qui vint se placer juste devant eux, leur demandant de lui décrire ce qu'ils voyaient dans leur boule de cristal. Etaient-ils sensés y voir autre chose qu'un épais brouillard ?
- Je peux essayer ? demanda Hermione, sauvant ainsi ses deux meilleurs amis d'avoir à répondre.
Le professeur fit un geste de la main en direction de la jeune fille, histoire de lui dire qu'il n'y avait absolument aucun problème.
- Je vois… le sinistros, lâcha-t-elle sur le ton le plus sérieux qu'elle réussi à prendre, provoquant ainsi les rires de ses camarades.
- Ma pauvre chérie, dès que vous êtes entrée dans cette pièce, j'ai tout de suite sentit que vous n'aviez pas le Don. Vous êtes encore très jeune mais pourtant votre cœur est déjà celui d'une vieille fille. Votre âme est aussi sèche que les pages des ouvrages dans lesquels vous vous plongez avec acharnement.
Trelawney avait dit cela sur le ton de la conversation, en tenant une des mains d'Hermione dans les siennes, mais la jeune fille la retira aussi sec dès qu'elle eut fini sa tirade. Elle était vraiment furieuse. Elle se remit debout brusquement, prit son sac et balaya d'un coup de bras la boule de cristal qui fit son chemin hors de la salle en roulant au côtés des pieds de la jeune femme, puis dévala l'escalier.
- Aurais-je dit quelque chose ? demanda stupidement la professeur.
Oh, oui, vous avez dit quelque chose, grogna Harry en pensée, et c'est pour cela que je me trouve ici, maintenant.
En effet, arrivé au bas de l'escalier, Harry et Ron avaient retrouvés la boule de cristal que leur amie avait lancée et Harry s'était proposé pour aller la ramener à sa propriétaire. Il se tenait maintenant au beau milieu de la salle, sans que le professeur ne soit nulle part en vue.
Arrêtant finalement de l'appeler, Harry se résigna à simplement poser l'objet qu'il ramenait sur la table où il allait et voulut s'en aller. Mais avant qu'il ne détourne les yeux, il vit clairement quelque chose à l'intérieur, alors il se rapprocha et se concentra pour voir ce que c'était.
En y regardant bien, il finit par voir le visage de Sirius, qui murmurait son nom. Harry fronça les sourcils. La boule de cristal était sensée montre son avenir à quiconque la regardait. Cela voulait-il donc dire qu'il allait bientôt revoir Sirius ? Cela lui semblait être une bonne chose, tant que cela n'était pas derrière les barreaux d'une prison, cela allait de soi.
Mais il n'eut pas réellement le temps de chercher plus longtemps l'interprétation possible de se message car une main crispée se posa sur son épaule, le faisant sursauter. Il se retourna vivement et se retrouva face au Professeur Trelawney. Mais elle n'était pas dans son état habituel.
Sa respiration était saccadée, ses yeux révulsés, et elle semblait totalement désorientée, comme si elle ne se rendait pas compte qu'elle était dans sa classe.
- C'est pour cette nuit, déclara-t-elle d'une voix qui n'était pas la sienne. Cette nuit, le serviteur qui pendant douze ans s'est caché, brisera enfin ses chaînes et retournera auprès de son maître. Le sang de l'innocent sera versé et celui dont tout le monde craint le nom reviendra. Il va revenir…. Hoqueta-t-elle finalement avant d'être prise d'une brutale quinte de toux.
Une fois qu'elle se fut reprise, elle se retourna vers Harry et sembla être prise de remord.
- Excusez-moi, je ne vous ai pas entendu. Vous avez dit quelque chose ?
Harry, plus pâle que la mort, secoua négativement la tête avant de sortir à reculons de classe, continuant de fixer sa professeur qui n'y comprenait rien du tout, puis il dévala en courant les escaliers.
Cher Sirius,
Il s'est passé quelque chose de très important et je ne sais pas du tout quoi en penser. Ma professeur de divination, Madame Trelawney, m'a fait une prédiction alors que j'étais seul dans sa classe. Je sais qu'elle me dit toujours des tas de choses qui ne se produisent jamais, mais là elle était vraiment bizarre. Elle ne semblait pas être elle-même et puis, quand elle a eut fini, elle ne se souvenait même pas qu'elle avait dit quelque chose.
Ce qu'elle m'a dit que le serviteur qui avait passé douze ans cachés allait briser ses chaînes avant minuit se soir et qu'il rejoindrait Voldemort. Celui-ci, d'après elle, reviendrait à la vie. Qu'est-ce que cela veut dire d'après toi ?
Sinon, je veux te dire quelque chose qui s'est passé avant-hier. J'observait la carte des Maraudeurs (je t'avais dit que je l'avais, au fait ?) et j'ai vu Pettigrow dessus. C'était en pleine nuit alors je me suis levé et j'ai voulu allez le chercher, mais j'ai pas réussi à le retrouver.
Je t'en supplie, ne m'engueule pas pour le manque de jugement dont j'ai fait preuve, j'ai déjà eu droit à ce discours là de la part du Professeur Lupin. (d'ailleurs, tu avais raison, il sait vraiment comment faire pour que les gens se sentent coupable)
Enfin, à part cela, j'espère que tu vas bien et que tu arrives à trouver à manger là où tu es. N'oublies pas que tu peux me demander de t'envoyer quelque chose, si tu veux.
Bon, je dois te laisser, à présent
Avec tout mon amour
Harry
Harry descendit rapidement à la volière et demanda à Hedwige, car il savait qu'elle ferait vite, de porter l'enveloppe à Sirius, le plus vite qu'elle pouvait. Son parrain allait lui passer un savon pour avoir utiliser sa chouette, mais cela ne serait pas grave.
Il regarda s'envoler la chouette puis fut rejoint par Ginny, qui apparemment venait le chercher. Il n'avait pas vu le temps passer et il était plus de sept heures.
- Harry, est-ce que tu viens ?
- Venir ? Où ça, Gin' ?
Elle le regarda avec de grands yeux.
- Tu ne vas pas me dire que tu as oublié qu'on doit aller avec Ron et Hermione à la cabane de Hagrid.
- Non, non, bien sûr. Je n'ai pas oublié, j'avais simplement la tête ailleurs. Viens, allons-y !
- Tu es sûr que ça va ? s'inquiéta la jeune fille.
- Oui, ne t'en fais pas, je t'expliquerais après.
Ginny hocha la tête, faisant confiance au jeune homme et tous les deux se mirent en route pour rejoindre leurs deux amis qui étaient déjà en chemin, juste à la sortie du château.
Ils passèrent devant le bourreau qui soignait sa lame avec application, mais ils essayèrent de l'ignorer. Mais quand ils arrivèrent au devant du chemin qui menait à la cabane de leur ami, ils virent Malefoy flanqué de ses deux acolytes, Crabbe et Goyle.
- Et mon père a dit que je pourrais garder la tête de l'hypogriffe. Je vais la suspendre dans la salle commune des Griffondors.
C'est à ce moment-là qu'il prit conscience des quatre amis qui le regardaient avec un air dégoûté.
- Alors, vous venez admirer le spectacle.
- La ferme, espèce de salle vermine répugnante ! rugit Hermione et se saisissant de sa baguette.
Elle avança jusqu'à plaquer Malefoy contre le mur, sa baguette pointée sur sa gorge.
Celui-ci ne riait plus du tout. Même s'il ne l'aurait jamais avoué à voix haute, il savait que Hermione était une sorcière puissante et intelligente. Elle serait tout à fait capable de lui jeter un sort, sans même qu'il puisse faire quoi que ce soit pour l'en empêcher.
Heureusement, ses trois amis l'empêchèrent de faire une bêtise qui aurait pu causer son renvoi et elle abaissa sa baguette. Au moment où elle se retourna, elle entendit Malefoy la traiter de Sang-de-Bourbe, et elle perdit réellement son sang-froid.
Elle se tourna vivement et envoyé un violent coup de poing sur le nez de Malefoy, qui tomba à terre sous le choc de l'impact. Il eut vite fait de se relever et de filer alors que Hermione affichait un sourire.
- ça fait du bien, affirma-t-elle calmement alors que ses trois amis la regardaient avec admiration.
- A nous aussi, assura Ron, beaucoup de bien.
Bientôt, les trois jeunes furent dans la cabane de Hagrid à discuter. Le demi-géant était ravi de voir que Ginny s'était jointe à eux. Il aimait beaucoup la petite sœur de Ron et appréciait de pouvoir passer un peu de temps en sa compagnie.
Puis, Ron eut la joie de revoir Croutard, son rat, que Hagrid avait recueillit. Pour la plus grande exaspération de Ginny et Harry, cela faillit se terminer en dispute quand, au lieu de s'excuser auprès d'Hermione, le jeune homme déclara qu'il demanderait pardon à Pattenrond aussitôt qu'il le reverrait.
Heureusement, la discussion coupa court lorsqu'un vase explosa à l'intérieur de la cabane.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda Hagrid.
Mais avant qu'ils ne puissent réagir, Harry sentit quelque chose lui tomber sur la terre. Il se retourna pour voir ce que c'était, il vit Fudge accompagné de Dumbledore et du bourreau.
- Hagrid !
Quand le demi-géant vit les nouveaux arrivants, il fut prit de panique. Il ne devrait pas permettre à des élèves de venir lui rendre visite alors qu'il faisait presque nuit, surtout quand l'un d'eux était Harry Potter.
Il se dépêcha alors de faire sortir ses jeunes élèves et ceux-ci se précipitèrent, incognito, derrière les citrouilles du jardin. Hermione crut entendre quelque chose derrière elle, mais ne voyant rien, elle laissa tomber. Ils allèrent ensuite tout en haut du chemin, où ils s'arrêtèrent pour voir le bourreau lever sa lame bien haut et l'abaisser d'un coup sec, causant l'envol des corbeaux alentours.
Harry, Ron, Hermione et Ginny s'enlacèrent tous les quatre mais le moment de silence, brisé seulement par les larmes d'Hermione, fut brisé lorsque Croutard, que son propriétaire tenait encore dans ses mains, le mordit au doigt. Ron, surpris, le lâcha en poussant une exclamation de douleur.
- Il m'a mordu, murmura-t-il avant de courir à la poursuite de son rat, l'appelant.
Les trois autres le suivirent en courant, l'appelant pour le faire s'arrêter mais il ne daigna rester en place que lorsqu'il eut rattraper le fugitif.
- Je n'aime pas ça, murmura Harry en s'arrêtant.
- Vous avez vu sous quel arbre il s'est arrêt ? demanda Hermione.
- Ron ! Fait attention ! lui cria sa sœur.
Le jeune garçon se retourna vers elle, mais il perdit aussitôt toutes ses couleurs et tendit un doigt dans leur direction.
- Faites attention ! leur hurla-t-ils alors que les autres se retournaient. C'est le sinistros !
Effectivement, un énorme chien noir se trouvait derrière eux et, quand il chargea dans leur direction, tous les trois eurent un mouvement de recul, même Harry qui savait pourtant que ce n'était pas le sinistros.
Car ce n'était autre que Sirius ! Hedwige n'avait pas mis longtemps à atteindre Pré-au-Lard, qui était très proche de Poudlard. Seulement, Harry n'eut rien le temps de faire que, déjà, Sirius sous forme canine attrapa la jambe de Ron dans sa gueule et le traîna au-dessous du Saul Cogneur, disparaissant dans un passage secret, sous le regard horrifié des trois Griffondors.
Mais qu'est-ce que tu fais, Sirius ?
