Et si…(leur rencontre s'était passée autrement ?)
Révélations : chapitre 15/18
Après un bon moment de lutte contre l'arbre frappeur, où tous les trois ramassèrent plusieurs coups qui allaient sûrement former de jolies ecchymoses, ils parvinrent enfin à l'entrée qui se trouvait au-dessous et l'empruntèrent, arrivant dans un passage sinistre. Les deux jeunes filles jetèrent des regards inquiets vers leur compagnon.
Hermione se décida finalement à parler.
- Où croyez-vous que cela mène ? demanda-t-elle.
- A la cabane hurlante, informa Harry. Et non, ne t'en fais pas, elle n'est pas du tout hantée, s'empressa-t-il de rajouter en voyant le regard horrifié de son ami.
Ginny savait déjà cela, connaissant aussi bien que Harry les frasques des Maraudeurs et les ballades nocturnes de ceux-ci les soirs de pleine lune.
- Comment tu le sais ?
- Ne t'en fais pas, je te le dirais, mais je ne pense pas que c'est le meilleur moment pour le faire.
De toute façon, il allait avoir beaucoup de chose à expliquer, puisque Sirius se trouvait en ce moment-même avec Ron. D'ailleurs, lui aussi allait devoir éclaircir certains points, notamment la raison pour laquelle il avait entraîner Ron là-dedans.
Harry prit les alors les deux filles par la main te les mena au travers du chemin. Aucun mot ne fut échangé pendant un long moment, jusqu'à ce que Ginny finisse par prendre la parole, quand elle finit par trouver le silence trop pesant.
Et de plus, une question la turlupinait depuis qu'elle avait vu le calme avec lequel Harry prenait toute cette situation.
- Harry ? Est-ce que c'est… Padfoot ? finit-elle après un temps d'hésitation, pendant lequel elle avait réfléchit à la façon dont elle devait appelé le parrain de son ami.
- Oui, c'est bien lui.
Hermione se posait des questions, mais elle préféra ne rien demander maintenant, sachant que Harry lui répondrait à nouveau qu'il expliquerait tout plus tard. Elle savait qu'il le ferait, et qu'il répondrait à toutes les questions que Ron et elle lui poserait. Seulement, comment est-ce que cela se faisait que Ginny, elle, soit au courant de quelque chose qu'ils ignoraient ?
Normalement, c'était elle et Ron qui suivaient Harry dans toutes ses aventures, à qui il se confiait quand quelque chose le préoccupait. Est-ce qu'ils s'étaient éloignés autant que cela cette année ?
Mais c'est vrai qu'ils passaient tout leur temps à se disputer depuis avant la rentrée. Cela ne devait pas être intéressant pour Harry de les écouter et il s'était, par conséquent, rapproché de Ginny.
Pendant que les pensées d'Hermione lui trottaient dans l'esprit, tous les trois arrivèrent à l'étage supérieur de la cabane, où ils virent Ron, assis sur un petit lit, tenant Croutard tout contre lui, l'air complètement terrifié.
Tous les trois se précipitèrent vers lui et Harry ne prit même pas la peine de regarder où se trouvait Sirius, trop préoccupé par l'état de son ami.
Seulement, Hermione, elle, gardait ses idées bien en place.
- Où est le chien ?
- C'est un piège ! s'exclama Ron, d'une voix de l'hystérie. Le chien c'est lui ! C'est un animagus !
Tous les trois se retournèrent et suivirent des yeux les traces de pattes boueuses qui maculaient le sol de la cabane et qui aboutissaient derrière une porte, là où se tenait Sirius Black.
Ginny, voyant l'apparence de l'homme, ne put qu'étouffer une exclamation. Bien sûr, elle savait que ce n'était pas réellement un meurtrier, mais il faisait peur à voir. Elle plaqua ses mains sur sa bouche tandis que Hermione, elle, eut une toute autre réaction.
Elle se plaça devant Harry, baguette levée, faisant bouclier de son corps.
- Si vous voulez le tuer, il faudra nous tuer d'abord ! s'exclama-t-elle.
- Hermione, coupa Harry, prenant la parole pour la première fois. Personne ne mourra ce soir.
Il écarta gentiment Hermione de son passage et se jeta sur Sirius…
… pour le serrer dans ses bras, sous les regards complètements médusés de Ron et Hermione qui ne semblaient pas arriver à articuler autre chose que « mais, mais » et qui furent encore plus surpris quand ils entendirent Sirius s'adresser à Harry sur le ton qu'emploierait un père pour parler à son fils.
- Comment ça va, gamin ? demanda-t-il en ébouriffant les cheveux déjà désordonné de son filleul.
- Ça va, répondit le jeune homme avec un sourire, sans détacher son regard de l'homme.
- Bonsoir, Sirius, salua calmement Ginny, une fois qu'elle eut recouvert de son choc.
Sirius se retourna vers elle et lui offrit un sourire.
- Tu dois être Ginny, toi ?
Elle hocha la tête et s'approcha alors que Sirius s'écartait de son filleul, pour venir lui faire un galant baise-main qui lui mit le feu au joue.
- Je vois que mon filleul ne choisit pas des amies seulement intelligentes, mais aussi très mignonne. Je suis ravie de faire ta connaissance.
- Moi de même.
Ce fut cela qui sortit Ron de son état de transe, dans lequel il était plongé depuis que Harry avait enlacé Sirius.
- Ginny ! Ne t'approche pas de lui ! Et toi Harry, qu'est-ce qu'il te prend ? Tu sais au moins qui c'est ?
- Oui, Ron, merci. Je sais que c'est mon parrain…
- Quoi ? hurla à son tour Hermione. Mais tu nous as dit qu'il voulait te tuer.
- Erreur ! Je vous ai dit que le père de Ron m'avait dit qu'il voulait me tuer, mais je n'ai jamais dit que c'était vraiment le cas. Mais je sais qu'on a tout de même beaucoup de chose à vous expliquer, alors on ferait mieux de s'asseoir.
- Harry, gronda Sirius. Je veux en finir tout de suite.
- Je sais Siri', mais ils ont tout de même le droit de savoir ce qu'il se passe, tu ne crois pas ? Après tout, maintenant ils sont aussi mêlé à cette histoire.
- D'accord, explique-leur la vérité, mais dépêche-toi !
Le jeune homme hocha la tête. Il savait bien que son parrain était impatient. Il demanda à ses deux amies de s'asseoir au côté de Ron, sur le lit, et Sirius s'assit par terre, comme cela Harry se trouvait exactement entre eux.
- Bon, et bien je suppose qu'il me faut commencer par ce qu'il s'est passé durant l'été, puisque c'est là que ça a commencé.
- Pendant l'ét ? s'exclama Hermione.
- Oui, mais si cela ne dérange personne, je préférerais pouvoir faire ce récit sans interruption.
- Désolée…
- C'est pas grave, sourit Harry. Bon alors voil
Harry commença alors le récit. La lettre de Sirius, les souvenirs de la pensine, les différentes rencontres, la semaine de vacances passé à Grimmauld Place, l'autorisation de sortie, la découverte de Ginny et tout ce qui concernait cette affaire.
Quand les autres étaient bouche-bée par le fait que Harry et Ginny aient pu cachés quelque chose de pareil, même à Dumbledore, et en même temps ils ne savaient pas trop que penser. Ils n'étaient pas tout à fait convaincu que Sirius soit réellement innocent. Il aurait pu faire croire cela à Harry sans que cela soit vrai.
Ils restèrent tout de même silencieux pendant un moment, jusqu'à ce que le claquement d'une porte ne les fasse sursauter. Sirius, voulant se retourner pour voir qui entrait, tomba à la renverse mais fut soulagé de voir qui se tenait devant lui.
Rémus, une baguette à la main, se tenait sur le seuil. Il avait préféré sortir sa baguette avant d'entrer puisqu'il savait que Pettigrow était aussi dans la pièce. Son regard se posa sur l'homme à terre et il s'avança jusqu'à lui. Ron et Hermione étaient pétrifié.
- Ton corps a fini par refléter la folie qui t'habite.
- Tu connais ça, toi, la folie qui habite quelqu'un, n'est-ce pas Rémus ?
L'homme ne répondit pas, mais abaissa sa baguette, avant de tendre sa main à l'ancien détenu pour l'aider à se relever et de le prendre dans ses bras, l'étreignant comme un vieil ami que l'on retrouve après des années de séparation, ce qui était bien le cas.
Mais Ron et Hermione virent par cette étreinte le mystère qui entourait la raison pour laquelle Harry croyait Sirius. Ils oublièrent ce qu'avait dit Harry sur son été, et qu'il avait confiance en son parrain depuis avant la rentrée.
- C'est à cause de lui que tu crois que Sirius est innocent ! s'exclama Ron et pointant le nouveau venu du doigt.
- Qu-
- Harry ! Il ne faut pas ! J'ai voulu garder le secret mais c'est un loup-garou ! C'est pour cela qu'il a loupé certain cours !
La calme tomba sur la pièce après cette déclaration et pendant quelques secondes plus personne ne parla. Le Professeur Lupin pâlit considérablement, mais ne dit rien. Il savait que le gens réagissaient comme cela avec ceux de son espèce. Puis, Harry recouvra ces esprits.
- Merci pour cette… information, Hermione mais je t'avouerais que je suis déjà au courant depuis un bon bout de temps. Et je croyais que tu serais au-dessus de ce genre de préjugé, compte tenu de la façon dont les gens te traite parce que tu es, selon certain, une Sang-de-Bourbe.
La jeune fille sentit le rouge lui monter aux joues en entendant cela. Elle avait cru qu'elle avait été la seule à découvrir ce que Rogue avait essayé de faire passer comme message. Elle avait gardé le secret, puis avait douté de la véracité de sa découverte quand elle avait vu le professeur au repas de Noël.
- Et si vous voulez savoir la vérité, Miss Granger, ce n'est pas moi qui ai convaincu Harry de l'innocence de Sirius, mais plutôt Harry qui m'a convaincu.
Quand il vit les yeux étonnés de la jeune fille, son ami rit.
- Tu ne vas tout de même pas me dire que tu n'as toujours pas comprit mon message codé.
- Quel message cod ? demanda Ron.
Harry se demanda brièvement si son ami n'avait pas de problème de mémoire. C'était lui-même qui lui avait demandé des explications ce jour-là.
- Tu sais Ron, le « Professeur, est-ce que vous pourriez transmettre un message à Monsieur Moony ? »
- Quoi ? s'exclama Sirius. T'as quand même pas fait cela ?
- Si, il l'a fait. Au repas de Noël, devant l'ensemble des professeurs !
Le Professeur Lupin avait l'air de trouver cela accablant mais Sirius, par contre, ne put rester sérieux et éclata de rire.
- Désolé, hoqueta-t-il, mais j'essayais seulement d'imaginer la tête que tu as dû faire à ce moment-là.
- Très drôle Sirius, vraiment très drôle, bouda le professeur de défense.
- Désolé, s'excusa Sirius en passant un bras autour des épaules de son ami.
Les quatre autres regardaient la scène d'un air ébahi, bien que relativement amusé et exaspéré chez Harry.
Mais ils ne s'amusèrent plus très longtemps car Croutard, toujours dans les mains de Ron, émit un couinement qui rapporta l'attention de Sirius sur lui.
- Il faut le faire maintenant, Rémus.
- Très bien…
Rémus leva sa baguette mais avant qu'il n'ait eu le temps de faire quoi que ce soit, une voix retentit.
- Expelliarmus !
