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Chapitre 25 : Pensées perdues
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Dans la forêt, les ténèbres étaient épaisses, plus tangibles, entourant les professeurs comme un brouillard. Le groupe d'adultes se rassemblait, se rassurant du fait qu'ils étaient en nombre. Les arbres les entouraient, pointant vers le ciel, essayant d'échapper au massacre dans leurs profondeurs. Les gouttes d'eau tombaient sur les branches comme des larmes, mouillant leurs cheveux, et leurs robes, et sifflant sur le bout de leurs baguettes.
Lupin sauta lorsqu'il marcha sur une racine, rentrant dans Gus, qui poussa un petit cri, un cri de terreur. Snuffles regarda vers eux, avec des yeux sombres rieurs, montrant un grand amusement face à leurs peurs apparentes.
« Est-ce que vous allez vous calmer ? » murmura Arabella, sa voix humaine rassurante parmi la cacophonie de hululements et de cris. « Nous sommes sept, et armés jusqu'aux dents. Ce qui nous attaquera sera maté. »
« Tu ne dis jamais 'tuer' ou 'mourir' ? » demanda le nouvellement transformer Sirius, époussetant sa robes.
« Pas si je peux l'éviter, je pense que ce sont des termes négatifs. Je croyais que tu allais rester en chien ? »
« Je ne peux rien sentir en dehors du sang, et de l'eau, et cela m'empêche de penser. C'est bien mieux lorsque je suis dans ma forme normale. »
Un gémissement haut perché empli les ombres, criant dans l'air avant de prendre fin abruptement. Fangs gémit et se retourna, s'enfuyant parmi les arbres, retournant dans le terrain ouvert de Hogwarts.
« Trouillard. » Hagrid soupira, levant son ombrelle rose avec une main, et sa lanterne avec l'autre.
« Oh, comme je souhaite être ce chien. » se dit McGonagall, découvrant par la suite qu'elle était observée par les yeux brillants de Dumbledore.
« Minerva, ma chère, il n'y a rien à craindre. Vous ne vous souvenez pas de la fois où les jumeaux Weasley avaient mis des Wailers (des objets gémissants) dans la Grande Salle ? Combien nous étions terrifiés ! Je suis pratiquement sûr que ce que nous découvrirons aura un aboiement pire qu'une morsure. »
« Est-ce que je peux avoir une garantie écrite ? » demanda Gus, entrant dans la faible lumière autour d'eux, et sifflant à la vue des traces de griffes profondes dans un tronc d'arbre.
« Il n'y a aucun animal ici qui ferait des marques comme celles-ci. » dit Hagrid. « Cette chose ne fait pas partie de ce lieu, peu importe ce que c'est. »
Un vent chaud et fétide leur passa dessus, transportant la mort et le sang, comme un monstre qui aurait posé leur souffle sur eux.
« Urgh c'est dégoûtant. » cria Lupin, souhaitant être n'importe où sauf ici.
Entourant le groupe d'adultes, se trouvait un paysage sanglant et vil. Des corps d'animaux tapissaient le sol, souvent démembrés ou déchiquetés en plusieurs morceaux. Il n'y avait aucun animal particulier dans les victimes, c'était tout ce qui avait un coeur et que le monstre avait pu trouver.
« Cette chose est en train de tuer les animaux par pur plaisir, et non pour la nécessité de se nourrir. » dit Dumbledore, ses yeux hagards face à cette terrible vue.
« Oui Monsieur, mais cela ne nous aide pas à découvrir ce que c'est. » fit remarquer Gus, faisant de son mieux pour ne pas se cacher derrière la grande stature de Hagrid.
« En fait Mundigus, je crois que cela nous aide, vous voyez, les animaux eux-mêmes ne tuent que pour le territoire ou la nourriture. Donc cela nous dit que ce qui a fait ça… » Il passa une main par dessus le carnage, « a une motivation, et en conséquence, c'est un penseur logique. »
« Vous voulez dire que c'est humain ? » demanda Arabella, hagarde face aux possibilités qu'une personne de leur espèce puisse tuer aussi violemment.
« Humain ou démon. » clarifia le directeur.
« Si c'est un humain, c'est un puissant sorcier ou sorcière. Si c'est un démon, alors, il ne connaît rien de mieux que la brutalité. »
« Donc nous faisons apparemment face à un humain invisible ou à un démon. » McGonagall trembla, tout en levant sa baguette et en regardant autour d'elle.
« Est-ce qu'il est possible pour les démons de personnifier les émotions ? » demanda Lupin, repensant au livre sur l'épée de Gryffindor. « N'ont-ils pas la faculté de projeter leur rage par exemple contre leur propre échec, en quelque chose comme de la colère et par-dessus tout, invisible ? »
« Ils peuvent faire de vrais dommages, mais il n'y a pas de source apparente. »
Dumbledore acquiesça, souriant légèrement en voyant l'intuition du jeune homme. « Nous allons considérer toutes les possibilités, Remus, mais pour l'instant, nous devons continuer à chercher, et éliminer la possibilité d'un ennemi invisible. »
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Snape suivit Harry, s'assurant que chacun de ses pas soit silencieux, alors que le garçon courrait vers la bibliothèque, et levait la trappe, la laissant ouverte derrière lui dans sa hâte pour gagner l'accès à la salle bleue. Severus fixa ses yeux sombres sur la faible lueur au bout de sa baguette, loin devant lui, et suivant ses progrès dans le couloir serpentin, gardant une distance suffisante pour apercevoir la faible lumière.
Alors que Harry entrait dans la grande pièce circulaire, il ralentit. Quelque chose à propos de la paix, parfaite, et toujours contenue à l'intérieur de ses murs, calmait sa colère et sa frustration, la transformant en détermination. Silencieusement, il se plaça à côté d'un coffre en bois indescriptible, et souleva le couvercle, ignorant son reflet dans le miroir du Rised alors qu'il tendait une main vers les baguettes.
Un frisson dû au choc parcourut le garçon alors qu'un souvenir lui revenait à l'esprit, le miroir avait été brisé en morceau par le démon au début de l'année. Tout ce qui en restait, c'était le contour, avec de petits morceaux de verre dans les coins intérieurs.
Son reflet le fixait avec colère avec des yeux monotones, et leva un sourcil de façon sarcastique, alors qu'il sortait des contours et se plaçait à l'opposé de sa contrepartie réelle. Il était entièrement gris, ou en réalité, il y avait des couleurs, se trouvaient du noir et du blanc mélangés. Même la peau était laiteuse et pâle, avec la marque des Ténèbres clairement définie sur son avant bras. Des yeux émeraude rencontraient des gris, alors que Harry reculait légèrement, incapable de croire ce qu'il voyait.
« Est-ce que tu penses être vraiment prêt pour ça, Harry ? » La voix de son reflet était plate et sans émotion.
Harry resta silencieux pendant quelques secondes, avant de secouer sa tête, et de se pencher vers le coffre ouvert, Il devait imaginer des choses…
« J'ai dit, est-ce que tu es prêt ? » La main grise se tendit, refermant le couvercle sur les doigts de Harry, faisant gémir le garçon sous la douleur.
« Je ne parle pas à moi-même, » gronda le garçon, libérant ses doigts ensanglantés et fixant l'intrus. « Qui es-tu ? »
« Je suis toi Harry, je suis une partie de toi. Ne te sens-tu pas étrange depuis peu de temps, un peu plus de colère, irresponsable, frustré ? » Le reflet renifla. « Est-ce que tu t'es regardé dans un miroir récemment ? »
« De quoi parles-tu ? »
« Je parles de toi Harry, le Garçon qui a Survécu, et qui vit encore, mais qui vit différemment de tous les autres. Je t'avertis, est-ce que tu sais ce qu'il se passe lorsqu'un démon affecte la Némésis d'un Seigneur des ténèbres, qui porte également la marque d'allégeance de son ennemi, qui a survécu au sortilège que personne d'autre n'a pu surmonter ? »
« Non. »
« Non, et personne d'autre non plus ne le sais. C'est pourquoi tout le monde met de côté tes humeurs 'd'adolescent', c'est pourquoi tu es en train de faire face à ton propre reflet, c'est la raison pour laquelle les choses dans la forêt meurent. Tu as éclaté. »
Harry grimaça alors qu'il réfléchissait, incrédule, essayant de rassembler les morceaux qui lui avaient été donnés.
« Eclaté ? »
« Un garçon comme toi à quatre côtés. Le bon, le mauvais, le vrai, et le reflet. Tes quatre côtés ont été séparés. Le mauvais est une force invisible dans la forêt, le bon repose dans l'épée, et j'ai quitté le miroir pour marcher à tes côtés. »
« J'ai perdu le fil. » murmura Harry, secouant sa tête, et fermant les yeux, il n'y avait aucune possibilité pour que cela arrive.
Lorsqu'il les rouvrit, la vision grise était partie, le laissant seul dans les profondeurs océanes de la pièce saphir. Il se sentait étrangement nauséeux, et malade, comme s'il s'était évanoui pendant quelques secondes. Ecoutant avec attention, il n'entendit rien, et trembla, même ici, les terribles bruits de la forêt avaient été audibles, mais là, ils s'étaient arrêtés, et le silence régnait. Il ignora la voix paniquée dans sa tête, lui criant une liste de 'Et si' et sera fermement sa baguette dans sa main.
En ouvrant le coffre, il vit son sang sur la bordure, prouvant que cela n'avait pas été une hallucination abstraite. Ignorant le fluide visqueux et écarlate, il tendit une main vers l'intérieur, sentant le doux tissu de velours sur sa peau avant que le bois lisse ne touche ses doigts. Serrant les trois baguettes dans sa main droite, il aligna leurs bouts pour qu'elles soient au même niveau, et sentit les puissants morceaux de bois suinter, puis brûler dans ses mains. Prenant une profonde inspiration, il se prépara. Durant les prochaines secondes, il pourrait très bien cesser d'exister, ou bien il pourrait atteindre un autre niveau de puissance qui pourrait l'aider à détruire l'Apprenti et le Seigneur des Ténèbres une fois pour toute. Ignorant les grondements de son estomac, il ouvrit ses lèvres, et articula le sortilège.
« Virgan Coniungere. »
Les trois baguettes semblèrent fondre dans ses mains, tournant les unes autour des autres de façon intrigante, coulant comme du liquide, alors qu'un gémissement se fit entendre dans la pièce, se réverbérant et s'amplifiant jusqu'à ce qu'il n'y ait plus qu'un son qui puisse être entendu. Des larmes tombaient de ses yeux, alors que la peau sur sa main brûlait et saignait et que son bras le lançait sous une perpétuelle agonie.
Alors que la chaleur s'intensifiait, il ouvrit ses yeux, voyant ainsi des rayons de lumière blancs sortant de son poing, s'élevant, puis tombant en vague, aveuglant sans merci ses yeux. Alors que chaque pic de puissance se faisait, il sentait sa propre force disparaître, quitter son corps, le faisant ainsi tomber sur ses genoux, n'étant plus capable de rester debout. Sa gorge commença à brûler, et sa tête à pulser, alors qu'une lumière couleur diamant brûlait le doux saphir. Très lentement, la réalité commença à se dissoudre, et ses yeux se fermèrent. Sa respiration se fit difficile, alors que le feu des baguettes consumait son corps.
Alors que sa silhouette tombait sur le sol, inconsciente, sa main se desserra, et une baguette complète et parfaite roula sur le sol. Sa main était brûlée et ensanglantée, mais, malgré la blessure, la brillance de la marque de la Terre qui lui avait été donnée l'année précédente, se montrait triomphalement, avant de disparaître de vue.
Severus Snape sortit des ombres, incapable de croire aux évènements qui s'étaient déroulés durant ces dernières minutes. Il avait vu le spectre gris de Harry, mais avait été incapable de comprendre les mots qui avaient été dit. Il l'avait vu disparaître dans le néant, mais avant qu'il n'ait pu bouger, Harry avait déjà commencé la cérémonie, un procédé qui, si Snape l'interrompait, les tuerait tous les deux.
Se plaçant rapidement auprès du garçon, écroulé, il mit son doigt sur son cou, cherchant son pouls. Il sentit ainsi le battement erratique de sa jugulaire. Prudemment, il couvrit sa main avec sa robe, et remit la nouvelle baguette dans la main de Harry, qui cessa de remuer. Très doucement, Snape plaça ses mains sous le corps de Harry, murmurant 'Leviosa'. Le corps se leva, jusqu'à ce que Snape puisse le porter, et le guider en haut des escaliers, vers la bibliothèque.
Alors que ses pieds touchèrent le tapis, le garçon grogna, sa peau devenant cireuse, alors que ses yeux s'ouvraient.
« Qu'est ce que vous faîtes ici ? » demanda-t-il au professeur avant d'ajouter. « Monsieur ? »
« J'étais ici pour empêcher quelque chose d'arriver, mais il semblerait que j'ai échoué. »
Des voix provenant de la Grande Salle provoquèrent le glissage de la baguette dans sa poche par Harry, alors qu'il se retournait pour faire face à la porte, secouant rapidement sa tête avant d'aller vers la rampe, et de se pencher pour examiner le groupe en dessous.
Ron et Hermione s'étaient visiblement réveillés plus tôt, et demandaient anxieusement des réponses.
« Vous ne l'avez pas laissé partir avec vous, n'est-ce pas ? » demanda Hermione à Arabella, qui secoua sa tête.
« Non, bien sûr que non, il a déclaré qu'il allait faire fusionner sa baguette avec celle de ses parents, mais avec un peu de chance, Snape l'a arrêté. »
Le maître de Potions échangea un regard avec Harry, tous d'eux grimaçant légèrement.
« Je pensais que cela pouvait le tuer, Harry faisant fusionner les baguettes je veux dire. »
« Cela se pourrait, très facilement. » dit Dumbledore, levant ses yeux bleus vers la rampe où Snape et Harry se tenait. « Cependant, quelque chose me dit que Severus a échoué et que Harry a réussit. » La colère dans les yeux du directeur était réelle et effrayante, faisant ainsi reculer Harry, et essayer de s'enfuir.
« Oh non, vous ne ferez pas ça. » Severus attrapa son bras. « Vous n'allez pas me laisser prendre le blâme, Mr Potter. »
« Je vais voir Madame Pomfrey, je ne me sens pas très bien. » murmura Harry.
« Plus tard, Mr Potter. Pour l'instant, vous allez me suivre dans mon bureau, » dit Dumbledore, alors qu'il dépassait les deux personnes, se dirigeant vers la gargouille qui bloquait l'entrée.
Le groupe passa les escaliers en silence. Ron et Hermione étaient partis aux cuisines avec Gus. Tous les trois ayant décidé qu'une fois que la guerre était terminée, le chocolat chaud était une nécessité. Dumbledore se tenait devant Harry, Harry entre lui et Lupin. Snuffles était assis aux côtés de son ami, grognant comme pour réprimander Harry. Arabella et McGonagall fermant la marche, conscientes de la tension grandissantes entre les trois hommes et le garçon.
Dès qu'ils entrèrent dans le bureau du Directeur, Sirius se transforma et sauta sur le garçon, le secouant fortement par les épaules. « Que pensais-tu faire, bon dieu, nous mettre face à un tel choix comme ça, et ensuite faire quelque chose que nous t'avions absolument interdit ? »
Harry considéra vaguement vomir sur la robe de son parrain irrité, mais décida que ce n'était sans doute pas la meilleure chose à faire. A travers ses dents serrées, il dit. « Si vous ne me laissez pas faire quelque chose, alors nous n'aurons aucune chance contre Voldemort, la préparation est dangereuse, mais c'est une chance que nous devions prendre, et j'ai survécu, n'est-ce pas ? »
« A peine si je te regarde bien. » dit Lupin de sa chaise.
« Tu as été très irresponsable, Harry, ce n'est pas le genre de comportement qui t'est habituel. » La réprimande de Dumbledore était douce, mais bien placée, et Harry se sentit tout petit. « Quarante points en moins de Gryffindor pour cette terrible action, et tu ne pourras pas aller à Hogsmeade dans le futur proche. »
Harry acquiesça solennellement, regardant désespérément autour de lui, à la recherche d'un sceau vide. Arabella devait avoir remarqué sa peau devenir légèrement verte. « Passes cette porte, et prends à gauche. »
« Cours et n'essayes même pas de vomir sur le sol. » lui cria Sirius. « Et reviens directement ! » Il s'assit à côté de Lupin, alors que le garçon fonçait dehors et soupira. « Quand est-ce qu'il s'est mis à causer autant de problèmes ? »
« Il pourrait être pire. » fit remarquer McGonagall. « Il pourrait être comme Mr Malfoy, ou il pourrait prendre des drogues comme Popple, ou bien, il pourrait être complètement hors de contrôle. Là, il est simplement un peu défiant, c'est tout. »
« Pourquoi est-ce que tu défends tant ce garçon ? »
« Je le ne défends pas. Je suis simplement inquiète. Severus, est ce que quelque chose d'étrange est arrivé ? »
Snape détourna son regard de la fenêtre, et le concentra sur les adultes qui le regardaient.
« La seule chose de vraiment inhabituelle fut la présence d'un spectre gris de Harry dans la pièce bleue. Ils ont parlé mais je ne sais pas ce qu'ils se sont dits. »
« Harry a un fantôme ? » demanda Lupin. « Mais il n'est pas encore mort. »
« Je ne pense pas que c'était un vrai fantôme. Il semblait être plutôt solide, » répondit Snape, regardant le professeur. « Je pense qu'il a un peu énervé le garçon. »
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Harry essuya sa bouche, et tira la chasse, se sentant un peu mieux. La salle de bain était magnifique, et il était plutôt soulagé de ne pas avoir souillé le sol de marbre blanc. La baignoire était énorme, exactement comme dans celle des préfets. Elle était de la taille d'une petite piscine, avec de nombreux robinets sur la bordure. Résistant à l'envie de voir ce que chacun faisait, il alla vers le lavabo à la place, et commença à le remplir d'une eau bleue, douce, et iridescente. Retirant ses lunettes, il éclaboussa son visage, et rinça sa bouche, avant d'arrêter, laissant les gouttes tombées.
Au point où la petite bulle s'était formée, dans l'eau, dans un clair reflet, se trouvait une image. En y regardant de plus près, Harry vit, en clignant des yeux, la licorne de Minuit se pavaner au bout d'une corde, avec Charlie Weasley la tirant. « Doucement, mon garçon, tu ne vas rien sentir, je le promets »
Derrière lui se tenait un homme, sans rien sur le torse, avec une cagoule sur le visage. Dans ses mains se trouvait une hache aiguisée, brillant de façon irréelle. Avec un bruit vicieux, la hache coupa le cou de la licorne, envoyant la tête et le corps sur des routes séparées.
Avec un cri, Harry s'éloigna du lavabo, et attrapa une serviette, séchant son visage avant de remettre ses lunettes. C'était trop. Revenant rapidement vers le bureau du Directeur, il dit rapidement. « Je suis désolé d'avoir fait ce que vous m'avez interdit. »
« Excuses acceptées, mais s'il te plait, parles avec nous dans le futur, plutôt que de nous mettre face à face avec un ultimatum. Nous promettons d'être plus compréhensif, » l'assura Dumbledore, se renfrognant, perplexe. « Snape nous a parlé d'une image grise de toi dans la salle bleue, te parlant. Est ce qu'elle a dit quelque chose de particulier ? »
Hermione et Ron qui étaient arrivés quelques secondes plus tard avec leurs chocolats chauds regardèrent le visage de leur ami. Il semblait absolument mal en point, comme s'il avait vu un fantôme.
« Elle n'a pas dit beaucoup de choses, simplement quelque chose à propos d'un éclatement et … » En cherchant dans son esprit, Harry réalisa que, alors qu'il en parlait, le souvenir disparaissait, mais dès qu'il s'arrêtait, il revenait en grande force. « C'était quelque chose sur la façon dont je réagissais différemment face à quelque chose qui est arrivé aux autres, et qui m'arrive maintenant. »
« Est-ce que tu peux te rappeler ce que c'était ? »
« Je le peux, mais si j'essaye de le dire, je l'oublis. » Harry serra sa tête misérablement. Il était si fatigué, ses mains picotaient à cause de la brûlure, et au fait d'avoir serré les baguettes, et il souhaitait que cela disparaisse simplement. S'écroulant dans une chaise entre Ron et Hermione, il ferma ses yeux. Souhaitant qu'il y ait un moyen pour en finir. Ron et Hermione fixèrent le miroir qui était accroché au dessus de la cheminée. Ils y étaient clairement réfléchit, ainsi que l'était Sirius et Remus, qui étaient en train de discuter entre eux à voix basse. Cependant, entre eux, il n'y avait rien. Dans le miroir, la chaise restait vide, alors qu'en réalité, elle était occupée par la silhouette torturée de Harry.
Une brève image passa dans le miroir, et pour une seconde, l'Apprenti fut assis entre eux, un sourire cruel sur son visage, avant que l'image ne disparaisse.
Et entre un battement de paupière, et le suivant, des yeux émeraude brillant devinrent d'un blanc monotone, avant que la couleur ne revienne.
