La ballade d'Aurikal
le chant de Ran
Second rêve: Souviens-toi de Terra...
Disclaimers : pas à moi. Enfin, si la plume et quelques personnages !
Le soleil illuminait le velux de la chambre de Fanny, ce qui pourtant ne la réveillait pas. Il faut dire que la veille, elle avait brillamment achevé sa compétition de Kendo. Elle avait réussi à prendre la seconde place derrière Leila de trois ans son aînée. C'était un doublet pour la famille Susumu. La fierté d'Amano qui dirigeait la fédération sportive du Japon s'en trouva décuplée. Ils avaient fêté cela tout la soirée, mais pas autant qu'ils l'auraient voulu. Fanny et Ethan devaient passer le test d'Athlétisme qui leur donnerait l'opportunité d'entrer dans n'importe quel lycée du Japon. Et malheureusement pour Fanny, les sélections de patinage avaient lieu le soir même. Seul bon de la journée ? les cours s'achevaient à midi.
Yukari appela du rez-de-chaussée.
« Fanny-Chan? Debout! Tu ne vas pas pouvoir prendre ta douche si tu continues! »
Fanny se retourna dans son lit et lâcha les deux plumes qu'elle avait dû tenir toute la nuit à en juger les crampes qu'elle avait dans les doigts. Elle avait eu le sommeil agité. Son réveil sonna alors. Elle envoya valdinguer son oreiller sur celui-ci ce qui le réduit instantanément au silence. Elle se blottit sous sa couette et s'apprêtait à se rendormir quand la sonnerie se déclencha au creux de son oreille. Elle sursauta et hurla.
« Ethan! Fiche moi la paix! » s'écria-t-elle alors qu'il lui arrachait sa couette.
« Ah zut, tu portes ton pyjama ce matin, j'ai perdu mon pari! »
« Qu'est-ce que t'as encore parié en douce? » gloussa-t-elle en lui sautant sur le dos et lui pinçant affectueusement les joues. « Ouah! Mais t'es trempé! »
« Anta Baka, je sors de la douche. »
« Tu m'y emmènes? »
« Heureusement que tu n'es pas trop lourde! »
« Quoi! » cria-t-elle alors qu'il l'emportait en courant vers la salle de bain.
Une jeune fille aux cheveux châtains tirant sur le rouge et aux grands yeux bleus, émergea de sa chambre se frottant la tête et les yeux, embrumées de sommeil.
« Y'en a qui dorment ici ! » hurla-t-elle.
« Oups! » s'écrièrent en cœur Ethan et Fanny qui descendit de son dos pour se précipiter sous la douche.
Amano apparut alors dans le haut de l'escalier. Il regarda son fils de quinze ans sévèrement et demanda:
« Mais qu'est-ce qui se passe encore ici? »
« Otosan, rien, juste une scène normale entre tes trois petits monstres. »
« Tu es le monstre, Fanny et moi nous sommes des anges. »
Il rit et courut se changer dans sa chambre.
Les pétales de cerisiers voletaient tout autour de la colline où ils habitaient. L'air était chaud et l'on pouvait sentir le parfum de la mer toute proche. Le printemps était bien entamé. Ethan attendait patiemment Fanny devant la grille de la maison. Leila passa dans son uniforme crème et marron de Kamazaki, et sauta sur son vélo pour dévaler la pente. Au moment de tourner au coin de la rue, elle lui lança un regard, puis leva sa main et tendit son pousse vers le haut en signe d'encouragement. Il inclina la tête pour toute réponse, ses cheveux châtains clairs lui tombant dans les yeux. Il allait falloir les couper, d'ailleurs Fanny devrait bientôt y aller aussi, des mèches platines commençant à éclaircir ses cheveux du même châtain. Fanny arriva en courant et sauta les trois marches du peyron. Elle le dévisagea alors d'un air songeur.
« Alors? »
« Ben je ne sais pas. Elles disaient grand changement, mais rien de plus précis. »
« Zut. C'est rare que les cartes soient aussi floues. »
« Avec l'âge je perd peut-être ma bizarrerie? » répondit-elle souriante.
« Fanny! » appela Yukari.
« Okasan? »
« Tiens vous oubliez encore vos goûters. Et il y a cette lettre pour toi. »
« Tu te dépêches ou on va louper le bus! » cria Ethan qui descendait déjà la rue.
« J'arrive! » répondit-elle en jetant son sac de sport sur son épaule et glissant négligemment la lettre dans sa poche.
Ils coururent à toute allure, mais ils virent le bus tourner à l'angle de la grande rue, sans les attendre. « Rezut! » marmonna Ethan, « j'aurais voulu faire quelques tours de pistes avant de courir. On va être juste. »
« On a qu'à couper par la vieille route et passer par le temple. »
« Mais tu as une peur bleue de cet endroit! »
« Et j'ai encore plus peur de louper les qualifications, alors on y va! »
Ils suivirent donc la route principale tout d'abord en marchant. Puis ils bifurquèrent et entrèrent en courant dans le bois. Celui-ci était sans doute à l'abandon depuis le grand cataclysme, près de quinze ans plus tôt. Ethan connaissait le chemin pour avoir souvent été en retard cette dernière année de collège. Il cria à l'intention de sa sœur:
« Gaffe à la barrière! »
Il la sauta avec grâce, comme le faisaient les anciens coureurs de Steep, sauf que son sac s'accrocha à une branche qui traînait. Il manqua de l'étrangler et s'assomma à la réception. Fanny se précipita pour le relever, mais il avait perdu connaissance. Elle l'adossa péniblement à la barrière et courut au temple chercher de l'aide. Elle entra dans la salle de l'idole et appela:
« S'il vous plait aidez-moi! mon frère est blessé et je ne peux pas le bouger. »
Personne ne répondit et une brise glaciale souffla, rendant les lieux encore plus sinistres. Ethan se moquait d'elle parce qu'enfant, elle lui avait dit qu'elle sentait la présence de nombreux esprits dans ces lieux, qui lui parlaient et l'effrayaient. Elle entendit leurs murmures, mais elle ne se démonta pas pour autant et serrant d'une main les deux plumes qu'elle portait autour du cou, elle ferma les yeux et scruta les lieux de sa vision intérieure. Elle se retourna alors et prenant une position de défense, elle dévisagea la personne qui avait surgi derrière elle.
« Hé bien. Je vois qu'on a quelques notions. Cela fait bien longtemps, mais allons plutôt voir ton frère. »
Fanny acquiesça de la tête, mais elle ne put prononcer mot devant l'imposante présence. Ils trouvèrent Ethan toujours inconscient. L'homme se baissa et posa une main sur son front. Fanny crut la voir briller mais Ethan ouvrit les yeux.
« Hein?! Fanny? Mais qu'est-ce que? »
« Tu as été imprudent jeune homme et ta sœur était morte d'inquiétude. »
« Ah! Ethan on est en retard! » s'écria Fanny regardant sa montre tandis qu'il palpait son cou.
« De combien? » demanda-t-il en sautant sur ses pieds et ramassant son sac.
« Dans 3 minutes, on sera en retard! »
« Alors on file! Je vous remercie de votre aide et je viendrais vous voir, mais nous devons partir immédiatement. »
« Merci beaucoup euh... »
« Suméragi, Subaru Suméragi. Je veille sur le mont des cerisiers. »
« Merci beaucoup monsieur Suméragi, » cria-t-elle en suivant son frère à travers la forêt. Subaru se releva à son tour et murmura: « tu avais raison grande soeur les hommes nous réservent bien des surprises et de jeunes dragons à découvrir et éduquer. »
Ils arrivèrent en courant tel des léopards vers le stade en contrebas de la forêt. Il ne leur restait plus que les escaliers. Ethan glissa habilement sur la rambarde tandis que Fanny sautait au dessus des marches. Elle trébucha à la réception, mais Ethan lui attrapa le bras et l'entraîna à sa suite. Il la regarda intensément dans les yeux, interrogateur. Elle lui répondit d'un bref mouvement de tête et le suivit lui tenant la main.
« Les filles sont dans le gradin en tenue Ethan! »
« Ne t'inquiète pas, elles doivent toutes mater Aki. »
« Tu rêves, elles n'ont d'yeux que pour toi ! »
« Lui dit pas ou il va me tuer! »
« Et moi, elles vont me détester encore plus si tu ne lâches pas ma main. »
Ils éclatèrent de rire se séparant, Ethan courut vers le groupe de garçon qui entourait le coatch. Il repensa tirage qu'avait fait sa sœur le matin même. Il n'avait jamais compris pourquoi sa mère ne l'encourageait pas à pratiquer son don de lecture du futur, sauf peut-être lorsqu'elle avait annoncé un accident et qu'il s'était réellement produit. Pour lui s'était anecdotique, du moins voulait-il le croire.
Mais il était vrai que depuis le premier cataclysme où l'on avait fait la découverte que le Japon était dirigé grâce à une liseuse de rêve, ce genre de don n'était plus aussi recherché que par le passé. Sauf par le centre qui étudiait les sujets exceptionnels et soit disant les dressaient.
Malgré cela, il lui demandait souvent de tirer les cartes, et elle les tirait aux autres filles. Rares occasions où elle n'était pas seule. Ses camarades la questionnaient invariablement sur leur avenir sentimental, ce qui exaspérait la jeune fille au plus haut point et lui avait finalement value d'être haïe, car elle ne mâchait pas ses mots. Mais elle s'en fichait ou du moins le prétendait. Elle avait des joies simples comme le kendo, la capoera qu'elle pratiquait en secret depuis deux ans et surtout le patinage et la course. En courant et glissant sur la glace, elle retrouvait des sensations de l'enfance. Elle oubliait.
« Hye, Ethan-sempaï! » s'écria l'une des plus jeunes recrues de l'équipe.
« Susumu! » cria le coatch, « tu te crois au dessus des sélections pour arriver à cette heure! »
« J'ai une excuse valable cette fois monsieur. »
Il écarta son col, montrant son cou brûlé par la lanière de son sac. Le coatch ravala son sermon tout prêt et grogna.
« Bon tu va courir la dernière série mixte avec ta prétentieuse de soeur. »
« Bien monsieur. »
L'entraîneur se dirigea alors vers les jeunes de 6ième qui attendaient avec impatience le spectacle des dernières années. Bien qu'ayant 10 mois d'écart avec Fanny, ils avaient toujours été dans la même classe et s'était son plaisir que de courir près d'elle. Aki approcha de lui et murmura:
« Alors? »
« Pyjama, c'est perdu, et Aya? »
« Idem! à charge de revanche! »
« Sur la piste vous deux! » leur cria le coacth.
Fanny s'approcha elle aussi sous les regards noires des autres filles, qui auraient tout donné pour courir dans cette série où se trouvaient les sempaï de leur collège. Elle se plaça au couloir 6. Cool! pensa-t-il en la regardant s'installer. Elle terminait d'attacher ses longs cheveux dont quelques mèches semblaient blanchir à vue d'oeil. Le coiffeur devenait urgent. « Alors lequel de vous deux battra mon record, » lança Aki, « tu n'oublies pas que si tu perds tu te soumets à mes volontés pendant une semaine Fanny! »
« Tous les deux! » répondit la jeune fille sans un regard.
« Je te laisserai pas exercer tes talents pervers sur ma soeur Aki. »
« Pourtant je suis sûr qu'aucune fille ne refuserait mes faveurs. »
« Dans tes rêves play-boy! » cria Ethan.
Fanny leva discrètement huit doigts à l'adresse d'Ethan. 80% nota-t-il mentalement, on sera au dessous du record de Papa, cool! Le public avait grossi, sûrement parce que tout l'établissement connaissait la rivalité entre Ethan et Aki, et que tous rêvaient de voir Fanny se ridiculiser en présence de son frère.
Le coup de feu retentit, tous décolèrent sauf Fanny. Quelqu'un courait devant elle, basquettes rouges , short blanc et cheveux châtains clairs courts. La vision s'effaça et elle décolla à son tour, avec trois mètres de retard. Ethan regarda en arrière, mais elle avait déjà rattrapé son retard et se trouvait presque à sa hauteur. Il se tourna alors face à la piste et fonça.
« Susumu Ethan vainqueur en (gloups) 9'97, suivis de Susumu Fanny en 10'40 et Aki Mikage en 10'61. »
Un mouvement d'étonnement parcouru la foule. Puis Aya sauta au cou de Fanny.
« Je le savais! Tu l'as fait ! Vous êtes géniaux! »
Mais Fanny tituba et tomba . Mais elle ne sentit pas la douleur. Ses yeux étaient fixés sur la piste où une colonne de lumière emportait la jeune fille vers un autre monde. Elle perdit alors connaissance.
« Fanny! » Hurla Ethan s'arrachant au groupe de filles qui le congratulaient. Il la souleva dans ses bras et courut vers l'infirmerie tandis que Aya récupérait leurs affaires, aidée de Aki, son jumeau.
Fanny rouvrit les yeux en sursaut, reprenant sa respiration, se sentant émerger de l'eau. Après plusieurs inspirations, elle regarda autour d'elle. Elle reconnut une salle d'arme, comme celle où elle pratiquait le Kendo. Sur le mur était accrochée une tapisserie représentant un dragon blanc entouré d'êtres ailés. Elle voulut caresser le tissu, mais sa main passa au travers.
Elle entendit alors le bruit de sabres qui s'entrechoquaient. Elle se retourna, surprise, et vit un jeune garçon aux cheveux noirs et reflets bleutés, désarmé, face à une homme aux cheveux grisonnants, sans doute de l'âge de son père, qui le tenait à distance de la pointe de son sabre. Le jeune homme ruisselait de sueur alors que le vieillard haletait à peine. Du plat de la main, il éloigna d'un geste excédé la lame et lui tourna le dos.
« Reprend ton arme jeune dragon! »
« Vous n'admettrez jamais que je ne sois pas un dragon comme vous. »
« Que tu sois un dragon ou non ne t'empêchera pas de régner un jour, et ce jour-là même face à un vieillard tel que moi, tu devras protéger ton royaume et ceux qui te sont cher. »
« Comme vous avez protéger ma mère! » hurla-t-il ses yeux étant devenus d'un bleu intense.
Le silence s'installa entre eux, ils se dévisageaient. Le vieillard se mordit les lèvres, mais ni l'un ni l'autre ne détournèrent le regard. Finalement le jeune garçon ramassa l'épée et la rangea au mur. Puis il se tourna vers son père et dit:
« De toute façon je ne suis pour vous qu'un héritier, vous ne m'avez jamais accepté comme fils. Sayonara Chichiue! »
Il sortit calmement, mais Fanny sût qu'il retenait un sanglot. Elle l'avait vu lorsque leurs regards s'étaient croisés et qu'il avait essayé de lui sourire. Une petite voix l'appela et il s'éloigna en courant. Le vieillard soupira, les yeux plein de tristesse et murmura:
« Lairïa, toi tu as accepté finalement, mais Ryûki ne veut pas comprendre. Il est seul, sans doute plus que je ne l'étais à son âge... »
Fanny voulut sortir de la salle, mal à l'aise, quand le vieillard se tourna brusquement vers elle et cria:
« Qui est là? »
Fanny se figea pensant qu'il ne la verrait pas et retint sa respiration. Elle entendit le bruit de l'épée fendant l'air à sa recherche. Elle s'apprêta à la bloquer et à contre attaquer les yeux fermés quand son poing s'abattit sur le visage d'Ethan, dont la tête tomba sur ses genoux.
« Yaaaahhhh! Ethan! »
Il souleva son visage et d'une main se massa la joue qu'elle venait de frapper.
« Hé ben, t'y va pas de main morte quand tu frappes. Ouch! »
« Mais où est la salle d'arme, et le vieillard? » s'écria-t-elle en regardant autour d'elle.
« Hein? »
« Ah te voilà enfin réveillée, commença va? » demanda Aya en écartant le rideau qui entourait son lit. « Ca fait deux heures que tu dors! »
« Aya je... »
« Allez ouste vous deux! » hurla l'infirmière, « vous faîtes trop de bruit pour qu'elle reprenne ses esprits. »
Ethan grimaça, mais Aya le prit tendrement par la main et l'entraîna dehors. L'infirmière tendit alors à Fanny un papier.
« Qu'est-ce que c'est? » demanda Fanny.
« Une ordonnance, tu viens d'établir un record pour quelqu'un de ton âge et tu t'es écroulée après sans raison apparente. Et je sais que tu ne prends rien d'illicite. Donc je t'envoie à l'hôpital cet après-midi. »
Fanny prit le papier et le lut surprise. Puis elle le glissa dans son sac et quitta l'infirmerie. Elle arriva au pied de l'escalier où discutaient Ethan, Aya et Aki, le frère et la soeur se battant comme d'habitude.
« Te voilà enfin! » s'écria Aki. « Tu nous as fait peur. »
« Juste parce que tu as perdu ton pari, » lança Ethan acide.
« On y va? » demanda Aya impatiente en tirant Ethan par la main. Il n'arrivait pas à se débarrasser d'elle malgré plusieurs refus.
Souviens-toi... murmura le vent au creux de l'oreille de Fanny. Elle se retourna pour voir qui lui parlait.
« Qu'est-ce qui ne va pas? » demanda Ethan inquiet.
Elle le regarda incrédule puis cria:
« Haaaa! j'ai oublié manqué le dernier épisode de Réincarnation! »
Tous en tombèrent par terre face à l'expression contrariée et insouciante de la jeune fille.
Notes de L'auteur :
J'suis contente, je pensais pas avoir de review pour ce premier chapitre (au passage j'espère que vous aviez bien pensé à lire le prologue avant de lire cette fic !)
Nous faisons un bon dans le temps, pour suivre une seconde génération de héros. J'espère que vous aimerez ! Les personnages d'escaflowne premier du nom ne sont pas oubliés !
Widad – lol moi cool que tu me donnes une chance ^^
Fleurette – merci ^^ bah euh… Je ne dis rien sur Van Hitomi ^^ tu découvriras !
