La ballade d'Aurikal:
le chant de Ran
Troisième rêve: Souviens-toi de Gaïa...
Disclaimers : pas à moi. Enfin, si la plume et quelques personnages !
Fanny sortit de la maison son sac de patinage sur le dos et ses patins encore à la main. Sa mère courut après elle.
"Fanny matte!"
"Oka-san..."
"Explique moi cette lettre! »
Elle tenait à la main une lettre qu'elle avait écrite le matin même. Les cartes lui avaient dit que ses relations avec les autres n'évolueraient pas si elle restait ici, et que si elle partait elle ne serait pas à l'abris du centre. Elle avait beau se rendre invisible, rien n'y faisait. Alors fatiguée de tout cela, elle avait décidé de disparaître, mais elle avait encore quelque chose à achever aujourd'hui avant de se suicider, pour ne pas partir sur une défaite totale.
"Oka-san atashi..."
« Ne me dit pas que tu es sérieuse! je croyais que tu étais heureuse ses derniers temps que Aya passe aussi souvent à la maison. Je ne te comprends pas. »
Comment lui dire que si Aya venait si souvent, c'était parce qu'elle aimait Ethan. Comment lui dire qu'elle avait beau être doué aussi bien en sciences qu'en sport, elle n'avait jamais été acceptée et que seuls Ethan et Leila lui avaient jamais parlé comme à une personne normale. Et que dire des garçons qui ne s'intéressaient qu'à son corps et pas à ce qu'elle était. Elle soupira et lui arracha la lettre des mains.
« Ne t'inquiète pas Oka-san, je n'en ai pas le courage de toute façon. Et j'ai plein de chose à accomplir dans ma misérable vie. »
Elle sourit à sa mère qui la regarda d'un air inquiet.
« Oka-san! c'est juste le stress de la compétition! »
« Tu ne veux vraiment pas que ton frère où moi nous t'accompagnons? »
« Non, je vais bien tu sais. C'est juste un malaise passager, j'ai mal dormi cette nuit. Mais l'infirmière a pris rendez-vous pour moi. »
« Si jamais tu es encore fatiguée, tu appelles! »
« Je... » elle hésita, mais voyant le visage crispé de sa mère, elle finit par acquiescer de la tête. Sa mère se détendit alors, puis sur un ton plus joyeux lui demanda:
« C'était quoi la lettre de ce matin? »
« Je ne sais pas, je ne l'ai pas encore ouverte. Sans doute la carte d'anniversaire de tante Hitomi, » lança-t-elle en descendant la cote balayée par le vent. Ses cheveux tourbillonnaient autour d'elle et elle pensa qu'elle allait devoir les couper.
Yukari la regarda partir inquiète, mais Ethan vint lui poser les mains sur les épaules pour la réconforter. C'est vrai qu'ils entreraient au lycée d'ici deux mois, mais elle avait soudain l'impression d'avoir perdu Fanny.
Fanny attendit d'être hors de la vue de sa mère pour glisser ses patins dans son sac et courir vers le temple que l'épaisse forêt cachait. Elle entra cette fois par la grande porte et chercha l'homme. Elle se rappela soudain qu'elle connaissait ce nom et qu'il devait être exorciste.
La jeune fille marcha quelques instants le long des bâtiments, ayant ressenti du mouvement un peu plus loin. Elle arriva dans un jardin au milieu duquel trônait un magnifique cerisier en fleur. Elle s'approcha fascinée par sa magnifique couleur et posa sa main sur l'écorce.
Elle sentit alors le contact d'un esprit assoiffé de sang, puis d'un second qui semblait tempérer le premier. Elle brisa le contact et s'écarta violemment pour butter contre Subaru qui s'était approché d'elle; Elle se retourna et le dévisagea. Lui aussi l'observait de son unique oeil bleu valide. Il semblait jeune, mais accablé de tristesse. Il ne sembla pas étonné de la voir.
« Je t'attendais, veux-tu venir t'asseoir quelques instants pour que nous parlions. »
Il sourit mais Fanny eu un mouvement de recul.
« Cet arbre qu'est-ce qu'il a? »
Subaru parut stupéfait et elle vit les changements dans le regard qu'il lui porta.
« Tu as vu l'esprit du cerisier? »
« Parce qu'il n'y en a qu'un? » s'écria-t-elle surprise.
« Tu en as vu plus? »
« Deux, mais je pense qu'il y en avait plus. »
« Tu as un don puissant. »
Elle rougit, se rendant compte de ce qu'elle venait de dire avec une telle franchise qui risquait de lui causer les pires ennuis s'il décidait d'en parler aux autorités.
« Tu peux parler sans crainte. Le centre n'a aucun pouvoir ici, ce lieu dépend de l'institut Clamp. »
À ces paroles, elle se détendit.
« Alors dit moi ce qui t'amène jeune Ran. »
"Fanny, Fanny Kanzaki Susumu!"
« Les flammes m'auraient trompé? »
« Vous faîtes de la divination par le feu! Cool, moi je lis dans les cartes. »
« C'est vrai? alors comparons nos dons. Je vais tirer les cartes et je te dirai ce que je vois. »
Elle hésita, mais curieuse de regarder comment quelqu'un d'autre tirait les cartes, elle lui tendit la main et la serra. Il l'entraîna dans la salle de cérémonie du thé.
« Sur qui allons nous prédire l'avenir? » demanda-t-elle.
« Sur toi, comme cela nous vérifierons ce qu'ont dit les flammes. »
Elle tira le jeu de son sac et fit tomber la lettre qu'elle n'avait pas encore lue.
« Je pense que cette lettre sera la preuve de ce que nous allons lire. »
Surprise, elle la déposa à coté du jeu. Subaru le prit et le mélangea, puis il étala les cartes, se concentra et les retourna une à une par lévitation. Fanny ne s'étonna pas et se concentra sur ce que les cartes dévoilaient. L'homme commença à parler d'une voix lointaine mais ferme.
Enfant illégitime, Fanny eu lors la vision de sa tante Hitomi et d'un homme dont elle avait les yeux et les cheveux, puis il parla de la perte d'être cher et d'un retour au calme. Il parla ensuite du présent, de cette lettre qui allait changer sa vision des choses et la mener sur les traces de son passé. Sa quête déciderait du futur.
Fanny recula violemment et saisit son collier auquel étaient attachées les plumes. Elle eu alors la vision de son père, son vrai père, ses ailes déployées, lui tendant la main pour s'envoler par la fenêtre de la maison pour rejoindre son frère et sa mère. Puis vinrent les flammes et le retour à la réalité.
D'une main tremblante elle saisit la lettre et l'ouvrit. À l'intérieur se trouvait un collier avec une gemme bleu mauve et ces quelques mots:
" Pour ma petite fille que je n'ai pas su protéger, Ran .
Souviens-toi de ton pays, souviens-toi de Gaïa.
Hahaue: Hitomi Kanzaki "
À ces mots, une partie des scellées de son esprit se brisèrent et des souvenirs douloureux réapparurent. Elle se souvint qu'elle avait un frère, de trois ans son aîné, et de son père, mais leurs visages restaient flous. elle se souvint du pourquoi des deux cicatrices qu'elle portait sur ses homoplates, du jour où sa mère l'avait confiée à Yukari et où elle était devenue Fanny Kanzaki Susumu. Et elle pleura.
Puis se calmant au prix d'efforts considérables, elle demanda déterminée à Subaru de retourner les cartes qui concernaient le futur. Le dragon: courage, la tour: grand voyage et la mort inversée. Elle le regarda alors et dit d'un ton ferme bien que sa gorge soit serrée:
« Je veux devenir votre disciple, pour que je puisse maîtriser mon don et protéger mon monde. »
« J'avais de toute façon décidé de te le proposer. » déclara-t-il avec un sourire songeur. « Ton don à l'état sauvage doit t'avoir provoqué pas mal de problèmes dans tes relations avec les autres, et il est bien trop puissant pour le laisser indompté, il te rendrait folle. Je vais t'apprendre une certaine discipline, ainsi que certains sorts dont tu auras besoin. Je suppose que tu n'as peur de rien puisque tu es Aurikalienne, une guerrière Atlante. »
« Au contraire j'ai peur, mais je ne dois pas le montrer. »
« Bien nous allons immédiatement commencer par les sortilèges de protection. Mais avant tout... Tu pourrais m'avoir des places pour le patinage ce soir? »
« Yaaaaarrgh! »
Fanny recula, creusant la terre de ses pieds, mais elle repoussa le Shiki, les mains crispées devant elle. Elle haletait, sa tête enfoncée entre ses épaules, les sourcils froncés de concentration. Subaru se tenait debout face à elle et d'une main tenait Shiki, l'oiseau esprit.
Il tendit le bras et l'animal magique s'éleva dans les airs, puis piqua sur Fanny. Elle l'esquiva en sautant sur le coté, puis courut le long des bâtiment espérant récupérer un peu d'énergie mentale.
Sautant, elle attrapa le bord du toit, puis se servant de son corps comme d'une balancier, elle se trouva bientôt debout sur le toit. Elle se retourna et vit que Shiki était déjà sur elle. D'un mouvement brusque elle sauta en arrière et dessina du bout des doigts le caractère sacré qui lui permettait d'invoquer la barrière.
Shiki buta alors contre un mur invisible. À deux reprises, il essaya de l'enfoncer et à sa seconde tentative il le fit voler en éclat propulsant Fanny en bas.
Elle resta allongée, haletante. Elle se tenait le poigné gauche douloureux depuis le matin. Sa sueur se mêlait à la poussière qui lui collait aux mains. Elle s'appuya finalement sur le coude et releva la tête vers Subaru. Il la regardait sévèrement et lui montra du bout du doigt son poignet: « En vrai combat ce genre de blessure non traitée peut te coûter la victoire et s'aggraver. »
Voyant le regard sombre de Fanny, il lui tendit la main. Mais elle refusa son aide et sauta vivement sur ses pieds. Le mouvement fut trop rapide et prise de vertige, elle oscilla un instant avant de reprendre ses esprits et de se stabiliser.
« Tu es vraiment douée, j'ai mis plusieurs jours avant de créer ma première barrière. Tu sais au niveau où tu es plus, besoin de dessiner le caractère. Remarque, à voir tes réflexes on croirait difficilement que tu n'es pas amazone. »
« Le kendo et la capoera donnent de bonnes bases, » répondit-elle distraitement, « et tout dépend de l'instant. »
« Il parait que les Aurikaliens sont les guerriers protecteurs du savoir d'Atlantis. »
« Peut-être... » souffla-t-elle.
Elle souleva la pierre bleue qui pendait à son cou et la regarda un instant dans le soleil. Elle se sentie tout à coup apaisée. Elle la cacha finalement sous son pull et réajusta son uniforme. Puis s'inclinant devant Subaru: « Arigato Sumeragi-sempaï."
« Subaru s'il-te-plait. Maintenant, file voir ton médecin. On se verra après le patinage. J'aimerais également voir tes parents pour parler de tes études. »
« Je suis sensée entrer à Kamazaki, » répondit elle en s'essuyant la figure.
« Tu as besoin de contrôler tes dons le plus rapidement possible car tu es dans les années difficiles où il se développe. Il va te falloir un emploi du temps aménagé pour continuer à étudier. Je pense que l'institue Clamp serait la plus appropriée. »
« Mais c'est le lycée le plus coté du Japon, et peut-être même du monde. Et mon collège refusera de présenter ma candidature alors que des éléments bien meilleurs que moi y ont été refusés. »
« C'est parce qu'ils ne possèdent pas de dons remarquables ou pas la volonté de développer leurs capacités. Sans volonté on ne peut pas entrer à L'institue Clamp. »
« Mais je... »
« Je connais bien les directeurs. J'y étais étudiant et parfois professeur. De plus les élèves sont hors de portée de tout organisme tel que le centre. »
« Je dois en parler avec Ethan et Papa. »
« Très bien, alors à ce soir. »
Il lui fit un clin d'oeil. Surprise et ne sachant que répondre, elle se contenta de sourire, rougissant légèrement. puis elle saisit son sac et se dirigea vers l'hôpital. Leila va m'en vouloir si je vais là-bas... Et Oto-san va me tuer! pensa-t-elle en réfléchissant à sa possible intégration de l'institut Clamp. Mais son instinct la poussait à croire en Subaru. Elle sentait qu'il la préparait à quelque chose de terrible et que son don ne serait pas le seul talent qui lui poserait problème.
Fanny attendait que les candidates aient terminé leur passage. Le sort avait décidé qu'elle passerait la dernière. Elle avait ainsi eu tout le temps de réfléchir à sa journée.
Il était étrange, avec tout ce qui lui était arriver aujourd'hui qu'elle veuille achever cette compétition, alors que le matin même, elle aurait voulu mettre fin à ses jours. Mais elle avait un but à présent, une chose pour laquelle elle était prête à endurer toutes les humiliations.
Ce serait sûrement ses adieux à la glace. Les médecins avaient décelé une anomalie dans son sang et une faiblesse cardiaque. Ils faisaient à présent des analyses complémentaires.
Et pour couronner le tout, elle s'était engueulée avec ses parents. Parce que son père n'avait pas été mis au courant de sa défaillance à l'école et parce qu'elle leur avait annoncé qu'elle comptait entrer à l'institut Clamp.
Depuis qu'ils étaient petits, avec Ethan et Leila, leur rêve avait été d'entrer à Kamazaki et de voir leurs records inscris près de ceux de leur père en sport, et ceux de leur mère en relationnel. Elle n'avait pas oublié cela, mais le poids des autres qui la regardaient comme un phénomène de foire lui avait trop pesé et elle n'avait continué jusque là que pour ses frère et sœur. Et à présent elle se rendait compte qu'ils n'étaient pas de son sang.
Au plus profond de son coeur, un nouveau rêve s'était éveillé ou plutôt réveillé lui rappelant un devoir sacré inscrit au plus profond de son corps. Machinalement elle porta la main à son pendentif, comme si sa place avait toujours été là, avec la plume noire de ses propres ailes et la blanche dont elle ne connaissait pas l'origine mais qui lui était aussi importante, un cadeau de sa mère.
Hahaue... soupira-t-elle. Elle savait maintenant pourquoi elle était si attachée à ses plumes. La pierre avait un effet apaisant sur elle, en même temps qu'elle était la preuve de son héritage, comme le dragon tatoué depuis son enfance dans son dos et ses cheveux presque blancs qu'elle cachait depuis tout ce temps.
On l'appela sur la glace et tous ses soucis s'évaporèrent. Ce soir, elle allait s'envoler sous les projecteurs. Elle était habillée d'un robe dont le tissus simulait un agréable dégradé de bleu et blanc, et des voiles lui permettaient de simuler des ailes. Ironie, elle avait choisi de patiner sur Perfect World, une chanson qui avait de changement de rythme pour lui permettre d'audacieuses combinaisons de sauts et pirouettes.
Et ce soir elle réussissait à tout placer, des combinaisons de sauts aux petits pas qui sont la frayeur des patineurs. Même les saltos qu'elle exécuta avec une aisance nouvelle. Elle ne glissait plus sur la glace, elle la survolait. Mais la chanson s'acheva et elle reprit pieds sur la glace, acclamée par la foule.
Les notes tombaient alors qu'elle enfilait ses chaussures de sport et défaisait ses ailes. Un triomphe! Ethan se dirigea vers elle, espérant l'atteindre avant les journalistes. L'alarme se déclencha alors.
Le feu!
Une panique générale s'empara de la patinoire. Les journalistes se précipitèrent pour appeler leurs agences respectives, les spectateurs affolés prenaient la direction que Subaru et Amano indiquaient. Fanny attrapa son sac et courut à travers la foule rejoindre sa mère et Leila. Elle et Ethan l'appelaient, mais dans la foule, elle fut bousculée et ballottée.
Des mains la saisirent et l'entraînèrent dans un passage à l'écart. Elle hurla, mais ses cris furent couverts par ceux de la foule. De hautes flammes s'élevaient à présent sur le complexe sportif.
« tu es sûre que c'est elle? » demanda un homme qui la regardait de face.
« Regarde ses yeux, ils sont rouges. »
« Mais elle pourrait être albinos comme les précédentes. »
« Elle est comme le fils du dragon le prétend. Ramenons-là, de toute façon elle pourra au moins l'amuser. »
Ils enfoncèrent dans son cou une aiguille et lui injectèrent un tranquillisent. Elle eut alors un réaction violente et s'arracha à leur bras, mais le tranquillisant agissait déjà et elle tomba face contre terre. Une voix lui souffla alors à l'oreille:
« Souviens-toi de Gaïa... »
« Mère, » murmura-t-elle, « je veux disparaître mais avant je veux me souvenir... je veux rentrer chez moi! » hurla-t-elle tout en serrant dans sa main la pierre qui se mit à vibrer et briller.
Une colonne de lumière l'entoura et la souleva vers le ciel.
« Fanny! » hurla Yukari alors qu'elle voyait la colonne s'élevée.
Amano la rattrapa de justesse. Elle était tombée inconsciente. Leila éclata en sanglot tandis qu'Ethan courait désespérément vers la colonne. Subaru perché sur le toit du batiment administratif, Shiki sur son épaule la regarda s'élever.
La colonne de lumière la déposa en pleine forêt, loin de toute agitation. Le sédatif fit alors totalement effet, elle n'eut que le temps de voir la terre flotter près de la lune avant de perdre connaissance, sa main crispée sur son pendentif et les plumes. Dans sa tête résonnait le chant qui autrefois la calmait mais aujourd'hui résonnait comme une terrible prophétie.
"Souviens-toi des temps passés,
ceux où sans crainte tu volais,
où sous l'eau tu nageais,
souviens-toi de ton aisance,
souviens-toi...
Souviens-toi de l'enfance,
de l'amour de tes parents,
de ses instants sans souffrance,
souviens-toi de l'innocence,
souviens-toi...
...................."
Notes de l'auteur
Voilà, la situation sur Terre est en place. Quant à celle de Gaïa, à vous de me suivre…
Merci à Hiroko pour son petit mot d'encouagement. Tu veras que cette fic est truffée de clin d'oeil
Dans le prochain épisode
Machinalement il caressa le pendentif mauve qu'elle lui avait confiée peu de temps avant de mourir.
(...)
-Elle t'a tapé dans l'oeil, dit-il d'un ton graveleux, et bien je te l'offre, il lui tapa dans le dos.
(...)
-Un dragon, s'exclama-t-il le souffle coupé;
