Chapitre 33 : Petite promenade dans l'Allée des Embrûmes.

Julia n'avait jamais été aussi heureuse depuis quelques jours. Elle ne cessait de sourire en répétant "ma petite fille m'aime". Cela commençait même à taper sur le système de Séverus. Bien sûr, il était heureux de la voir sourire à nouveau mais il ne pouvait s'empêcher de repenser à ce qu'il avait entendu dans la chambre d'Isolde. La voix qui avait parlé -celle de Krwi comme l'avait dit Ilyas- avait demandé à Isolde de redevenir gentille, comme si c'était une simple constatation, alors qu'il aurait fallu des semaines de traîtement pour qu'elle redevienne comme avant. Se pouvait-il que cet esprit puisse aider les personnes tout en prédisant l'avenir ? Mais cela n'était pas à prendre en compte, Ilyas devait être libéré de ce poids qui lui pesait sur les épaules sans l'avoir demandé.

Il était dans la salle des professeurs quand la porte s'ouvrit, laissant entrer Sirius. Séverus eut l'éternel rictus qu'il lui réservait à chaque fois.

- Tu sais que ta fille s'est fait embêtée par des filles de Serdaigle ? Lui dit Sirius en s'asseyant à son bureau.

Séverus releva la tête de ses papiers et le regarda.

- Et devine qui leur a fait ravaler leurs langues de vipère ? Continua Sirius en sortant ses affaires.

- Laisse moi deviner… le cher Black junior…

- On peut dire que ta fille a été contente de le trouver là !

- Moi je dirais plutôt que c'est ton fils qui aime bien la suivre pour lui attirer des ennuis… après tout c'est dans ses gênes. Luidit Séverus en se remettant à écrire.

- Ne sois pas aussi mesquin ! Mon fils est un garçon très bien qui aide les autres quand ils en ont besoin. Ce n'est pas de ma faute si ta fille est toujours dans des situations périlleuses !

- Ne parle pas de ma fille sur ce ton Black ! C'est de la faute de ton fils si Isolde a été emmenée à Ste Mangouste ! Lui lança Séverus en le dévisageant.

- Owen n'y est pour rien ! Ta fille avait ces Ficilias avec elle bien avant ! Et elle te les auraient peut-être montrés si tu l'avais laissée parler !

Cette fois Séverus se leva et se dirigea vers Sirius qui se levait aussi.

- Ne me dis pas comment je dois élever mes enfants ! Je suis certainement un meilleur modèle que toi !

- Oh oui ! Un ancien Mangemort qui a couché avec une de ses élèves ! Quel modèle !

- Certainement meilleur qu'un ancien prisonnier d'Azkaban !

Cette fois, la fureur se lut dans les deux regards. Sirius lui envoya son poing dans le nez et Séverus tituba en arrière.

- Tu ne vaux pas mieux que moi ordure ! Je n'ai jamais servi Voldemort je te signale !

- Tu aurais dû, j'aurais eu encore plus de raisons de te détester ! Lui dit Séverus en se jetant sur lui.

Les deux sorciers commencèrent à se battre en se renvoyant des coups qui devenaient un peu moins précis –ils n'avaient plus vingt ans ! Ils en étaient à un œil au beurre noir pour Sirius et une lèvre fendue (en plus du nez ensanglanté) pour Séverus quand la porte s'ouvrit laissant paraître une McGonagall totament épouvantée.

- Mais avez-vous perdu la tête ? Professeurs ! Hurla-t-elle en approchant.

Mais les deux hommes se tenaient toujours par le col de leurs robes de sorciers et en étaient à se donner des coups de genoux dans l'estomac.

- Rogue ! Black ! Faut-il que je fasse comme à l'époque où vous étiez mes élèves ?

Elle tira Sirius vers l'arrière avec une force incroyable (vu son âge !) et resta entre eux, les fusillant du regard.

- Où vous croyez-vous ? Et quel âge pensez-vous avoir ? Franchement vous me décevez ! Si vous ne pouvez vous contrôler, je vais être obligée de sévir !

- Sévir ? En faisant quoi ? En nous mettant en retenue ? Franchement Minerva, je ne pense pas que vous ferez quoi que ce soit… Lui dit Séverus en sortant de la salle des professeurs.

Il était vraiment à bout de nerfs et ne voulait pas subir les remarques du professeur de Métamorphose. Il avançait dans le couloir pour regagner le hall d'entrée et aller dans son bureau quand il entendit la voix de son fils au loin.

- Mais écoute ! Je ne voulais pas le faire mais tu t'es mise devant moi ! On n'a pas idée de faire peur aux gens quand même !

L'instant d'après, Séverus vit débouler une fillette de Serpentard, un épais liquide bleuâtre dégoulinant sur sa tête. Elle avança en pleurant et passa à côté du professeur de potions sans le voir. Quelques secondes plus tard, Dorian arrivait à sa suite. Il se stoppa net quand il vit son père.

- Oy !

Il fit rapidement demi tour pour s'éloigner mais Séverus le ratrappa par le col de son uniforme.

- On peut savoir ce que tu as encore fait ?

- Mais j'y suis pour rien 'pa !

Séverus fit tourner son fils devant lui et le fusilla du regard. Dorian le regarda et écarquilla les sourcils.

- Qu'est-ce qui t'es arrivé ? Lui dit-il.

- On ne parle pas de moi mais de toi. Qu'as-tu fait à ta camarade ?

- Mais c'est un accident ! Elle est sortie de derrière un couloir et on s'est rentré dedans ! Elle a juste reçu du… de…

- Qu'a-t-elle sur elle ? S'énerva Séverus.

- De la Bave colorante…

- De la b… Où as-tu eu ça ? Vociféra Séverus.

- Bah… on me l'a donnée…

- Donnée ? Laisse-moi deviner… Weasley ? Je t'ai déjà dis de ne pas trainer avec eux ! Hurla Séverus.

Il était déjà énervé et le comportement de son fils ne l'arrangeait pas.

- Retourne dans ta salle commune ! Tu auras une retenue demain soir ! Maintenant file avant que je ne m'énerve vraiment ! Ce n'est pas le moment !

Dorian le regarda avec effroi et déguerpit en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Séverus le regarda s'éloigner et avança dans le hall.

- Arrête !

- T'es une trouillarde !

Séverus avait bien reconnu la voix de sa fille… et celle du garçon qui l'accompagnait. Ou plutôt lui courait après. Il vit Isolde courir en direction du parc en hurlant, suivie par Owen Black qui essayait apparemment de lui donner (ou plutôt de lui imposer) quelque chose. C'était un jeu assez amusant pour eux. Cette fois c'était trop pour Séverus qui bouillait de rage. Il regagna les cachots en pestant et s'enferma dans son bureau. Après quelques minutes enfermé là, il entendit de faibles coups frappés à la porte de son bureau.

- Papa !

Séverus fronça les sourcils en reconnaissant cette voix. Il se leva et alla ouvrir.

- Ilyas ? Mais qu'est ce que tu fais ici ? Tu devrais être avec ta grand-mère !

- Je sais, mais je voulais te voir… Pourquoi t'as du sang sur la lèvre ?

- Ce n'est rien. En attendant, tu n'as pas à être ici. Je dois donner mon cours dans quelques minutes.

- Mais papa !

- Il n'y a pas de mais, je te ramène chez nous…

- Mais c'est Krwi qui m'a dit…

- Krwi ?

Séverus s'agenouilla devant son fils et le regarda gravement.

- Qu'est-ce qu'il t'a dit ?

- Bah que je devais te dire qu'il fallait qu'on aille se promener…

- Se promener ? Où ça ?

- Là où il y a la dame… la méchante dame…

- La méchante dame ? Celle de l'autre fois ? Mais pourquoi veut-il qu'on aille là-bas ?

- Il a dit qu'il fallait que tu lui parles.

- Il n'a rien dit d'autre ?

- Bah non. Il veut juste qu'on aille là-bas.

Séverus se mit à réfléchir à toute allure. Julia n'était pas là et il était trop tard pour lui faire part de ce que venait de dire Ilyas. Krwi lui avait dit de se rendre sur l'Allée des Embrûmes et il n'y avait pas une minute à perdre.

- D'accord, on va y aller. Je vais aller dire à Minerva que je m'en vais. On va aller chercher tes affaires.

- Ouais ! On va se promener ! Lança Ilyas, ravi de sortir de chez lui.

Séverus le regarda s'éloigner, le petit garçon se retournant pour l'attendre et finit par avancer à sa suite. Ils passèrent à l'appartement où Séverus retrouva Emilia paniquée et à la recherche de son petit fils, mais Séverus la rassura en lui disant qu'il l'emmenait sur lez Chemin de Traverse. Elle en fut surprise mais ne chercha pas à comprendre. Après être passé au bureau de McGonagall, sans éprouver de la rancœur devant elle après ce qu'il venait de se passer, Séverus et son fils sortirent du collège avant qu'il ne les fassent transplaner jusque sur le Chemin de Traverse.

- Papa ! Je peux avoir une glace ?

- Pas maintenant Ilyas.

- Oh ! Dit le petit garçon en faisant la moue.

Séverus lui tint la main serrée dans la sienne et le conduisit jusque dans le côté sombre de la rue. L'Allée des Embrûmes se dessina devant eux.

- Papa, est-ce qu'il y a des trucs comme dans ton bureau là-bas ? Demanda Ilyas, heureux de se retrouver de ce côté là.

- Je ne sais pas… Lui répondit Séverus, peu attentionné à discuter des substances qui trônaient dans les bocaux sur les étagères dans son bureau.

Ils arrivèrent dans la même rue où Séverus avait rattrapé la vieille sorcière et ils s'arrêtèrent devant le magasin où elle voulait l'emmener.

- C'est là… Annonça Séverus en regardant la façade de la boutique.

- Qu'est-ce qu'il y a là-dedans ? Demanda Ilyas en regardant par la vitrine.

- Je ne sais pas… Viens…

Il lui donna à nouveau la main et ils entrèrent dans la boutique. Un tintillement de clche retentit alors qu'ils refermaient la porte derrière eux. C'était un magasin d'objets à l'aspect peu ragoûtant, issus de Magie Noire pour la plupart.

- Est-ce que je peux vous aider ? Leur fit une voix derrière eux.

Séverus se retourna, Ilyas en fit autant et la sorcière écarquilla de grands yeux.

- Par Salazar ! C'est LUI ! Ervina ! IL est là ! L'Elu est ici !

La sorcière s'éloigna en levant les bras au ciel et courut vers l'arrière de la boutique.

- Papa, pourquoi elle est comme ça la dame ?

- Elle a un grain… Répondit simplement Séverus, un sourcil écarquillé, plus pour lui que pour son fils.

Il se demandait finalement si c'était une bonne idée de se trouver ici. Une folle de plus ne pourrait pas les aider. La sorcière revint le sourire aux lèvres, suivie de la même sorcière qui avait tenté d'emmener Ilyas avec elle. Elle était plus âgée que l'autre mais avait beaucoup d'énergie. Elle s'approcha d'eux, poussée par son amie.

- C'est LUI Ervina ! IL est là !

- Je le vois Gerina ! Je ne suis pas aveugle !

La sorcière prénommée Ervina s'agenouilla devant Ilyas.

- A-t-il la marque ? Demanda-t-elle en continuant d'observer le petit garçon.

Séverus savait que la question lui était destinée, mais il hésitait à répondre. Que se passerait-il s'il le lui disait ? La sorcière leva les yeux vers lui et planta son regard dans le sien.

- Oui… Lui répondit-il.

- Où est-elle située ?

- Dans le cou.

La sorcière passa derrière Ilyas et Séverus écarta le col de la cape de son fils.

- Elle est déjà bien ancrée. Vous avez bien fait de nous l'ammener. Nous allons réunir les autres et procéder à la cérémonie.

- La cérémonie ? Quelle cérémonie ?

- Pour que nous puissions parler avec notre Maître…

- Comment ça "parler" ? Je ne suis pas ici pour que vous parliez avec votre soi-disant Maître, mais pour le faire sortir du corps de mon fils ! S'énerva Séverus.

La sorcière se plaça devant lui et le regarda d'un air mauvais.

- Il n'est pas votre fils. Il est l'Elu et doit nous montrer l'avenir !

Là, Séverus étant déjà assez énervé n'en n'écouta pas plus.

- Je n'ai rien à faire de votre Communauté et je ne vous laisserais pas vous servir de mon fils pour vos espèces de réunions ! Si vous ne pouvez pas enlever ce Krwi du corps de mon fils, j'irais voir par moi-même comment le faire ! Ilyas, on s'en va !

Il tendit la main à son fils et l'attrapa.

- Ecoutez ! L'Elu porte celui qui nous dira l'avenir et nous ne pouvons pas le faire sortir.

- Si ! Annonça une voix derrière le groupe de sorciers.

Ils se tournèrent vers la nouvelle arrivante et la sorcière souffla de mécontentement.

- On ne t'as pas demandé ton avis Ludmina.

- Ma sœur, je le donne quand même !

Elle était plus jeune que les deux premières sorcières et semblait plus aimable que celle qui parlait avec Séverus. Elle s'approcha sous l'œil mauvais de sa sœur et se présenta à Séverus.

- Je suis Ludmina McErnie. Je suppose que ces deux folles ne se sont pas présentées ! Ervina et Gerina sont mes sœurs "aînées".

- Surveille tes paroles ! Nous sommes exactement tes aînées. Alors laisse-moi régler ça !

- Certainement pas ! Tu sais parfaitement que nous pouvons empêcher Krwi de dépasser ce petit garçon ! Mais ton orgeuil et ton égoïsme t'empêchent de voir la réalité !

La vieille sorcière se tut et préféra s'éloigner en jetant un regard meurtrier à sa sœur.

- Ne vous en faites pas, elle est juste folle.

- Je l'avais remarqué. Vous dites que vous pouvez aider mon fils ?

- Nous le pouvons. Mais cela sera pénible pour lui, je vous préviens.

- Comment ça ?

- Il va falloir que nous réunissions la Communauté mais j'ai peur que beaucoup soient réticents.

- Pourquoi le seraient-ils ? Vous allez avoir votre Maître, ils seront comblés !

La sorcière le regarda et sourit.

- Non, nous ne l'aurons pas. Si nous faisons sortir Krwi de votre enfant, l'esprit s'en ira.

- C'est pour cette raison que votre sœur…

- … vous a dit que nous ne pouvions rien faire pour votre fils. Elle n'aura jamais son don de voyance extrèmement développé comme prévu si Krwi s'éloigne.

- Mais vous pourrez le rappeler !

- Oui… mais c'est très long et il faudra patienter dix années avant de pouvoir le faire. Et ma sœur pense qu'elle ne sera plus de ce monde d'ici là !

- Et bien désolé pour votre sœur, mais il est hors de question que mon fils soit un pantin entre les mains de sorciers peu recommandables comme elle.

- Je le sais. Il m'a semblé entendre qu'il, comment s'appelle-t-il ? Demanda la sorcière en montrant Ilyas.

- Ilyas.

- Donc, il m'a semblé entendre qu'Ilyas portait la marque ?

- Oui dans son cou.

- Puis-je ? Lui demanda-t-elle en se déplçant derrière Ilyas.

- Oui, votre sœur l'a déjà fait cependant.

- Oui mais elle n'est pas la Prêtresse.

- Vous êtes la Prêtresse ? Il y a une Prêtresse dans votre cercle ?

- Bien sûr ! Alors, voyons où en est cette marque…

Elle examina le cou d'Ilyas et passa son doigt dessus.

- Ouille ! Dit Ilyas en fronçant les sourcils.

- Qu'est-ce que vous lui avez fait ? Demanda Séverus, peu enjoué de voir cela.

- Du calme ! Je ne lui ai rien fait. Mais c'est un signe qu'il faut agir rapidement. Krwi est déjà bien ancré, tout comme cette marque, dans le corps de votre fils. Je vais demander aux autres de se réunir le plus vite possible.

- Quoi ?

- Vous auriez dû amener votre fils plus tôt. Est-ce qu'il a prédit quelque chose qui s'est déroulé tout de suite après ou dans la journée qui a suivi ?

- Oui… Oui, il a prédit que ma fille se ferait mordre et c'est arrivé le lendemain dans la nuit.

- Prédictions d'un jour… Je vais tâcher de faire au plus vite en essayant de les convaincre. Et au pire même si nous ne sommes que deux, nous pourrons faire sortir Krwi. Encore faut-il que quelqu'un dans le cercle accepte de le faire partir…

- Y a t-il un sorcier de votre clan qui est une once d'humanité ? C'est de la vie d'un garçon de six ans dont nous parlons. Comment peuvent-ils être aussi égoïstes ?

- Je sais ce que vous pouvez ressentir. Mais je vous l'ai dit, je vais tenter d'en ramener le plus possible. Les plus jeunes n'y verront certainement pas d'inconvénients, mais les anciens râleront. Je vous contacterais pour vous dire quand nous pourrons nous réunir. Vous pouvez me donner votre adresse d'habitation, que je vous envoie un hibou de confirmation.

- Oh ! Oui… Séverus Rogue à l'école de Sorcellerie de Poudlard.

- Vous êtes professeur ?

- Oui, Maître des potions.

- Mon papa il a plein de trucs bizarres dans son bureau !

La sorcière se mit à rire et regarda le petit garçon.

- Vous avez raison, il faudrait vraiment ne pas être humain pour vouloir laisser un petit garçon comme lui contrôlé par un esprit aussi puissant que Krwi.

- Il l'est réellement ?

- Oh oui ! C'est le plus puissant devin que le monde de la sorcellerie connaîtrait si il venait parmis nous. Il va passer son chemin cette fois mais nous l'invoquerons dans dix ans ! Essayez de ne pas créer un autre enfant au moment où nous l'invoquerons !

- Merci, j'ai assez donné dans les enfants. Des jumeaux turbulants et un garçon qui prédit tout ce qu'il voit me donnent assez de travail.

- Je vous comprend. Mais ne dites jamais "jamais".

Elle se baissa vers Ilyas et lui sourit.

- Dis-moi, est-ce que tu veux un bonbon ?

Ilyas regarda son père, ne sachant pas s'il pouvait dire oui. Séverus acquiesça, ce qui fit sourire le petit garçon.

- Viens ! Je vais t'en donner. Lui dit la sorcière en lui donnant la main.

Elle l'emmena avec elle dans l'arrière boutique et Séverus avança, juste pour surveiller. Il entendit la voix de l'autre sorcière qui hurlait sur sa sœur.

- Il faut qu'il nous révèle l'esprit du Maître ! Tu ne comprends pas !

- Oh ! Tais-toi vieille bique ! Cet enfant ne fera rien du tout. Nous appellerons Krwi un autre jour.

- Hors de question !

L'instant d'après, Ilyas hurlait et Séverus se précipita vers l'arrière boutique.

- Ervina ! Lâche le garçon ! Tu sais que tu le regrettras !

- Il doit nous montrer notre Maître !

- Lâche mon fils vieille chouette ! (puré, elle passe de bique à chouette, quelle transformation ! lol)

- Papa ! Elle me fait mal !

Séverus pointa sa baguette sur la sorcière, celle-ci prit peur.

- Ervina, je vais le laisser te frapper avec un sortilège si tu ne le lâches pas ! Tu es peut-être ma sœur mais je n'hésiterais pas ! Tu as dépassé les limites !

- C'est l'Elu que nous avons attendu ! Lui dit Ervina en pleurant comme une hystérique.

- Lâche-le. Nous en appellerons un autre, ne t'en fais pas !

- Non ! Je vais mourir ! Je sais je l'ai vu !

- Et après, qu'est-ce que ça t'apportera d'avoir un pouvoir alors que tu ne seras plus de ce monde ? Lui dit sa sœur en approchant d'elle.

- Mais Ludmina… nous avons attendu tant d'années…

- Et crois-tu que la vie de ce petit garçon mérite que nous la sacrifions pour avoir un esprit qui ne t'apporteras que quelques mois de pouvoirs ? Lui dit Ludmina en posant son bras sur le sien.

Elle libéra la pression du bras de sa sœur sur Ilyas et libéra ainsi le fils de Séverus qui se précipita dans les bras de son père.

- Ca va ? Lui demanda Séverus en l'observant sous toutes les coutures.

- Pourquoi elle est méchante la dame ?

- Pour rien, elle n'est pas contente c'est tout.

Ludmina conduisit sa sœur en pleurs hors de la pièce et revint quelques instants après. Séverus avait son fils dans les bras et le rassurait.

- Je suis désolée pour ce qu'il s'est passé. Elle devient de plus en plus folle. Tiens mon bonhomme… Dit-elle en tendant quelques friandises à Ilyas dans un large sourire.

- Merci… Lui répondit ce dernier d'une voix enrouée et faible.

- Je vous contacte le plus rapidement possible.

- D'accord. Merci de nous aider.

- Il n'y a pas de quoi. Je vous comprend et franchement, je ne tiens pas à ce qu'il arrive quoi que ce soit à un aussi mignon petit garçon ! Lui dit-elle en souriant à Ilyas.

Elle conduisit Séverus et son fils hors de la boutique et les salua. Ilyas lui fit un faible signe de main pour lui dire au revoir et ils partirent son père et lui dans l'Allée des Embrûmes pour repartir vers Poudlard. Séverus était rassuré maintenant qu'il savait qu'on pouvait sauver son fils de l'esprit de Krwi.

Le soir venu, il fit part à Julia de ce qui venait de se passer, non sans recevoir une rasade d'insultes pour avoir emmené son fils là-bas sans avoir consulté sa femme. Après lui avoir expliqué que tout pourrait s'arranger, Julia s'interressa au fait qu'il avait des marques de coups sur le visage, ayant sauté le sujet quand Séverus lui avait parlé d'Ilyas.

- Tu t'es battu avec Black ? Et tu es fier de toi ? Tu donnes un bon exemple à tes enfants, tu sais ?

- Bien sûr, j'aurais dû me défiler alors qu'il m'insultait ! Je ne suis pas de ce genre là moi ! Et son gamin qui tourne autour d'Isolde commence à m'énerver…

- Quoi ? Isolde a un amoureux ?

Séverus la regarda avec horreur.

- Ah non ! N'emploie pas ce terme avec ce petit idiot de Black ! Il est hors de questin qu'elle le fréquente !

Julia le regarda avec amusement et se mit à rire.

- Oh non ! Alors là ! Si tu crois que tu vas pouvoir empêcher ta fille d'avoir des petits copains, je crois que tu es mal partis ! On n'empêche pas les gens de s'aimer ! Et si jamais tu fais quelque chose contre… tu auras à faire à moi.

- Tu défends le fils de Black maintenant ?

- Je ne l'ai jamais accusé de quoi que ce soit. Je te rappelles que c'est toi qui le critiques ! Si Isolde l'aime bien, je ne vois pas où est le problème…

- Il est hors de question qu'elle reste avec cet idiot ! Je ne veux pas voir de Black à ses côtés ! Il est comme son père, aussi arrogant et il attire les ennuis, il se moque des Serpentards…

- La preuve que non puisqu'il aime bien Isolde…

- Ca suffit, je ne veux pas qu'il la voie et j'irais lui dire ses quatre vérités demain !

Julia secoua la tête en souriant. Elle se rapprocha de lui et l'enlaça en le regardant dans les yeux.

- Je sais que tu veux protéger ta fille mais tu la perdras si tu diriges sa vie amoureuse. Il n'y a a pas de pire façon que celle-là pour perdre son enfant. Et puis entre nous, je pense qu'elle est trop jeune pour réellement penser à tomber amoureuse pour le moment.

Elle l'embrassa avant qu'il ne réponde et ressera son étreinte.

- Et entre nous, je préfère que l'on s'occupe de notre vie amoureuse plutôt que de celle d'une petite fille de onze ans… Lui dit-elle à l'oreille en l'embrassant dans le cou.

Séverus sentit la chaleur monter rapidement face à ses baisers et l'allongea sur le lit. Il la regarda dans les yeux et vit son regard pétiller de plaisir, ce qui le fit sourire. Il l'embrassa dans le cou à son tour et Julia le caressa dans les cheveux avant de le faire passer sous elle. Elle le regarda en souriant toujours et le déshabilla. Elle remonta vers lui alors qu'il faisait disparaître les vêtements de sa femme d'un coup de main. Elle s'approcha de son oreille et lui susurra des mots en lui mordillant le lobe de l'oreille.

- Et puis je me disais… qu'on pourrait… essayer de… faire… un autre… bébé…

Séverus retrouva rapidement ses esprits et écarquilla les sourcils.

- Ah non ! Pas un autre ! Lança-t-il en essayant de la relever.

- S'il te plaît ! Je te jures qu'il ne prendra pas de place… Il sera aussi sage qu'une image… Lui dit-elle en l'embrassant dans le cou.

- Non ! Julia ! Tu vois bien que les aînés sont trois fois trop perturbants et Ilyas est sous l'emprise d'un esprit qui le rend plus doué pour la voyance qu'un voyan en général et qui est en danger… Alors pour les enfants, j'ai donné !

Julia se releva et le regarda dans les yeux. Elle était en colère, cela allait sans dire et elle s'enleva de lui. Séverus ferma les yeux et se rassit pendant que sa femme passait sa chemise de nuit. Il se rassit et tenta de lui parler.

- Julia…

- Non, je ne veux pas te parler…

Elle se leva et sortit de la chambre pour aller se chercher un verre d'eau. Elle revint dans la chambre, son verre d'eau dans la main et le vida avant de se coucher en se tournant sur le côté. Séverus la regarda en soufflant.

- Julia…

- Tu n'en veux pas, c'est parfait !

Séverus entendit bien au son de sa voix qu'elle était en train de pleurer. Il se rapprocha d'elle et posa sa tête au creux de son cou.

- Ecoute… je ne sais pas si je veux encore un enfant. Après tout je n'ai plus trente ni quarante ans et un autre enfant sera beaucoup de travail pour nous deux. Ilyas n'est pas assez autonome et les jumeaux…

- Sont perturbants je sais ! Tu ne disais pas ça la dernière fois que je suis tombée enceinte et tu devrais te préparer à l'accueillir si… je ne l'avais pas perdu !

Elle éclata en sanglots et Séverus la fit se tourner vers lui pour la consoler. Il savait que sa femme gardait encore au fond d'elle le poids de la perte de leur enfant.

- Plus tard, d'accord ? Nous essaierons d'en faire un… mais plus tard. Ca te va ?

Julia le regarda au travers de ses yeux embués de larmes. Il lui sourit et lui essuya les larmes qui coulaient sur ses joues. Il l'embrassa avant de la caler contre lui.

Et voilà qu'il se retrouvait avec un autre problème sur les bras. (il a pas de bol qd même ! mdr)Il venait de promettre à sa femme qu'ils auraient un autre enfant par la suite, lui qui s'était juré de ne plus en avoir après tous les problèmes que lui causaient les autres. Mais devant les larmes de sa femme, il ne pouvait rien refuser, c'était bien le seul moyen pour le destabiliser. Il s'endormit en espérant que sa femme ne prendrait pas sa promesse à cœur trop rapidement…