Chapitre 34: Le destin est tracé Séverus…
Les semaines commencèrent à défiler sans autre nouvelle de la part de la sorcière qui aiderait Séverus à sortir Ilyas de sa situation. Mais il gardait l'espoir qu'elle le contacte. Il savait qu'elle le contacterait. Noël allait arriver à grands pas et les vacances débutaient le jour suivant. Isolde et Dorian passeraient les vacances chez eux et pas chez les Serpentards. Julia était heureuse de retrouver ses "bébés" avec elle et cela lui passait l'envie d'en vouloir un nouveau, au comble de la joie pour Séverus. En attendant, il avait son dernier cours avec ses enfants justement et il avait prévu de leur faire faire une potion de rétrécissement. Potion assez facile à préparer. Il leur avait déjà donné des devoirs pour les vacances, pas la peine de les achever avec une potion délicate le dernier jour avant les vacances.
- N'ajoutez la poudre de salamandres qu'à la fin de la préparation.
Isolde leva la main à ce moment, assez timidement. Séverus l'interrogea du regard et elle le regarda, l'air penaud.
- Qu'est-ce que ça fait si on l'ajoute avant ?
Séverus ferma les yeux un instant, se doutant qu'elle s'était encore une fois précipitée et s'approcha de son bureau.
- Évidemment, tu n'écoutes jamais les consignes ! Est-ce que j'ai indiqué sur le tableau qu'il fallait mettre la poudre pendant la préparation ? Non.
- Mais j'ai crû…
- Tu as crû ? Dans mon cours, on ne croit pas, on sait ! Tu me recommences tout et tu resteras après la classe si tu n'as pas fini !
Séverus fit disparaître le contenu de son chaudron et s'éloigna sans un regard pour sa fille. Isolde le regarda s'éloigner et baissa la tête en laissant ses larmes couler sur ses joues silencieusement. On ne pouvait pas dire qu'elle se révélait très douée pour la préparation des potions, même après quatre mois passés en cours. Et son père ne lui faisait pas de cadeaux. Dorian était à l'aise dans cette matière mais il adorait surtout le cours de métamorphose. Il était passionné par cette matière. Mais il appréhendait la suite des cours à cause du départ d'Hermione qui se déroulerait dans quatre mois en raison de sa grossesse. Il aimait bien les cours qu'elle donnait et espérait qu'elle reviendrait rapidement. En attendant, c'est sa sœur qu'il regardait du coin de l'œil. Elle ne faisait pas attention à ce qu'elle faisait à cause des larmes qui ruisselaient sur ses joues et allait encore faire une erreur. En tout cas, elle l'aurait faite si Owen n'était pas venu à sa rescousse. Dorian le regarda d'un mauvais œil donner un pot de poudre de sa propre table en lui souriant. Il faisait attention de ne pas se faire prendre par Séverus qui avait le dos tourné à ce moment là. Isolde le regarda et lui sourit à travers son visage humide et prit le pot. Owen lui dit comment faire en chuchotant et se recula lorsque Séverus se retourna.
- Black ! Peut-on savoir ce que vous faites ?
- Mais rien professeur ! Je finissais ma potion !
Séverus se rapprocha de la table du Gryffondor et regarda le contenu de son chaudron.
- Où est passé votre pot contenant la poudre d'Orens ?
Dorian vit Owen mordre sa lèvre mais il vit également Isolde qui utilisait sa baguette pour faire léviter le pot sur le coin de la table d'Owen, de l'autre côté de celui où se trouvait Séverus.
- Il est là professeur ! Lui dit Owen en lançant un rapide coup d'œil à Isolde.
Séverus regarda le pot et se tourna vers sa fille en plissant les yeux. Il se tourna à nouveau vers Owen et s'éloigna.
- Excepté Isolde, votre potion devrait être terminée d'ici cinq minutes. Vous me déposerez les fioles de votre mixture sur mon bureau et nettoierez votre place avant de sortir.
Les cinq minutes s'écoulèrent rapidement et les élèves rangèrent leurs affaires et déposèrent leurs fioles sur le bureau de Séverus avant de quitter la salle de classe. Dorian semblait attendre sa sœur mais Séverus le fit sortir comme les autres élèves. Il ne resta bientôt plus qu'Isolde avec lui. La fillette était plongée dans la préparation de sa potion et n'entendit pas sa mère entrer dans la salle de classe discrètement. Séverus était en train de reposer un flacon sur l'étagère derrière son bureau. Julia avança sur la pointe des pieds et plaça ses mains sur les yeux du sorcier, le faisant sursauter un instant.
- Devine qui est rentrée plus tôt et qui a ses vacances de Noël ?
- Je ne sais pas… Serait-ce la mère Noël ? Lui lança Séverus d'une voix ironique.
Julia s'approcha de son oreille et lui susurra quelques mots.
- Pourquoi ? Tu aimerais voir la Mère Noël dans ton lit ?
Il se retourna et l'enlaça avant de lui chuchoter à l'oreille à son tour.
- Si elle est aussi sensuelle et belle que toi, pourquoi pas ?
Julia se mit à rire et l'embrassa rapidement. Séverus libéra son étreinte et regarda sa fille.
- Où en es-tu ?
- Je ne sais plus s'il faut mettre les poils de licorne avant ou après les cœurs de rat… Lui dit-elle en lui tendant un regard suppliant.
Séverus ferma à nouveaux les yeux comme à chaque fois qu'elle lui donnait ce genre de réponses et s'avança de son bureau dangereusement.
- Encore ratée ! Ca ne m'étonne pas ! Et bien, tu vas la recommencer jusqu'à ce que tu y arrives !
- Mais papa…
- Je te rappelle qu'ici, je suis ton professeur et que je te demande de me refaire cette potion !
- Mais ça fait la deuxième fois que je la refais !
- Et bien comme on dit, jamais deux sans trois ! Ironisa-t-il. Dépêche-toi !
Il effaça à nouveau le contenu de son chaudron et s'éloigna sous le regard désapprobateur de sa femme. Isolde se remit à pleurer devant la sévérité de son père.
- Quoi ? Demanda Séverus en voyant l'expression de sa femme.
- Tu ne penses pas être trop sévère par hasard ?
- Pardon ? Ecoute, je ne te demande pas ton avis concernant ma façon d'enseigner. Isolde a fait une erreur et elle doit la réparer.
- Et bien moi je n'apprécie pas ta façon d'agir. Tu agis avec ta fille comme avec le pire de tes élèves ! Bravo !
Julia se dirigea vers la place qu'occupait sa fille et s'assit à ses côtés en la consolant. Isolde sanglota contre sa mère et Julia lui caressa la tête.
- Tu veux donner les cours à ma place peut-être ?
- C'est à réfléchir ! Vu la façon dont tu traites ta propre fille !
- Bon, j'ai donné pour les insultes, débrouilles-toi avec elle et sa potion. Moi j'ai à faire !
Et il sortit en emportant des parchemins avec lui. Isolde et Julia le regardèrent partir aussi étonnées l'une que l'autre.
- Idiot ! Lança Julia. Ne t'en fait pas ma chérie, je vais t'aider à la faire ta potion. Je dois bien me souvenir de quelques petites choses en potion !
Julia aida donc sa fille à préparer la potion. Elles durent s'y prendre à trois fois après avoir fait un philtre d'amour, une potion d'incandescence et une potion de calfeutrage. Julia n'était plus aussi à l'aise avec les potions que pendant sa scolarité. Il fallait dire que les cours avec son époux étaient assez perturbants quand elle l'avait comme professeur ! D'ailleurs, Isolde en profita pour parler avec sa mère.
- Maman, pourquoi est-ce que tu es tombée amoureuse de papa ?
- Pourquoi, tu n'aimes pas ton père ?
- Si… mais il est strict, et ce n'est pas vraiment ça que je rechercherais si je voulais me marier avec quelqu'un…
- Il n'était pas strict ou sévère avec moi. Je dois dire qu'il était assez gentil même !
- C'est vrai alors…
- Quoi donc ?
- Que tu allais le voir le soir pour prendre des cours…
- Isolde. Ne fais pas attention à ça. C'est vrai que nous avons commencé à nous voir pendant ces cours de potions privés mais c'était des rendez-vous amoureux pas d'obsédés, comme les autres l'ont dit. J'aimais et j'aime toujours ton père passionnément et ce n'est pas son caractère qui m'a plu, on peut le dire ! Mais il était très mystérieux et j'aime ce côté sombre chez lui.
- T'as des drôles de goûts !
- Pourquoi, quels sont tes goûts à toi ?
- Moi j'aime personne… J'ai pas de goûts…
- Pas même pour le petit Black ?
- Maman ! Je ne l'aime pas, c'est dégoûtant !
- Mouais… on verra ça quand tu auras quelques années de plus et que lui aussi sera devenu un séduisant jeune homme !
Julia se mit à rire devant les joues rougissantes de sa fille.
- Allez, on ferait bien de terminer cette potion ou ton père va penser que je n'y connais plus rien !
Les cours étaient terminés depuis longtemps et Séverus avait regagné ses appartements, mais avec l'esprit peu tranquille. Que pouvait faire sa femme avec leur fille ? Cette potion ne demandait pas autant de temps que ça pour être réalisée !
- Papa !
- Oui ?
- Est-ce que le père Noël va m'apporter des trucs bizarres comme t'as dans ton bureau ?
L'idée avait bien effleuré l'esprit d'offrir à son fils un nécessaire à potions en faisant croire que c'était cette espèce de bonhomme hideux (imagination des moldus, une fois de plus) qui les lui auraient apporté, mais Julia n'était pas dupe. Et il aurait droit à une scène de sa part pour vouloir forcer leur fils à partager sa passion.
- Je ne sais pas Ilyas. Ca m'étonnerait, tu es trop petit.
- Oh ! Lui dit le petit garçon, déçu.
- Mais peut-être que l'année prochaine, tu en auras un.
- C'est vrai ? Hibou !
- Hibou ? Demanda Séverus en écarquillant un sourcil.
- Bah on dit tout le temps chouette, alors moi je dis hibou ! Lui dit Ilyas en commençant à s'éloigner vers le salon.
Séverus ne put s'empêcher de rire devant sa remarque cinglante et à la fois innocente. Il l'entendit éclater de rire dès qu'il fut dans le salon. Il revint quelques secondes plus tard, un large sourire sur les lèvres.
- Papa ! Viens voir ! Maman et Isolde elles jouent aux Shtroumpfs !
- Les quoi ? Lui demanda Séverus qui ne connaissait rien aux bandes dessinées moldues que Julia lisait à leur fils.
Ilyas ne s'expliqua pas plus et s'éloigna en riant de plus belle. Séverus se leva et alla le rejoindre au salon. Il ne put retenir un éclat de rire lorsqu'il vit sa femme et sa fille devant lui. Elles étaient recouvertes d'une espèce de boue visqueuse et bleue qui dégoulinait depuis leur tête jusque sur leurs chaussures.
- Qu'est-ce que c'est que ça ? Leur demanda-t-il en essayant de cacher son fou rire qui menaçait de sortir d'un moment à l'autre.
- Et bien, je crois qu'on a inventé une nouvelle potion qui va faire un malheur dans les magasins de farces et attrapes.
- Ouah ! Maman elle a fait la potion Shtroumpf ! Lança Ilyas en s'approchant d'elle pour toucher la texture bleuâtre.
Julia éclata de rire et Isolde ne mit pas longtemps à la rejoindre. Séverus se rapprocha de sa femme et lui essuya les gouttes qui coulaient sur son visage.
- Je me demandais pourquoi cela vous prenait tant de temps à préparer cette potion. Je vois que tu essaie de créer de nouveaux produits !
- Je crois surtout que je ne suis plus aussi douée pour préparer les potions que tu m'apprenais auparavant !
- Je le vois ! Isolde, va te laver avant que cela ne déteigne sur ta peau…
- Quoi ? Ca déteint ? Lui demanda la fillette, paniquée.
- Je le crains !
- Attends, je viens avec toi, il va falloir que je me lave aussi ! Lui dit Julia en la suivant.
Elles partirent dans la salle de bain pour se nettoyer et Séverus retourna dans son bureau en secouant la tête, amusé. Ilyas le suivit et s'assit dans le siège devant le bureau, bien trop bas pour lui et qui ne laissait dépasser que le haut de sa tête au-dessus du bureau. Séverus se replongea dans la correction de ses copies et releva la tête au bout d'un moment, sentant le regard pesant de son fils. Il posa sa plume sur le bureau et plaça ses mains croisées sous son menton en regardant son fils. Ilyas se redressa et prit la même pose que son père, ce qui donnait un tableau assez drôle, tant ils se ressemblaient.
- Qu'est-ce que tu veux faire ? Lui demanda Séverus.
- Je veux jouer avec toi !
- Jouer ? A quoi veux-tu jouer ?
- Aux soldats ! Attend, je vais les chercher !
Ilyas descendit de son fauteuil et courut jusque dans sa chambre, vraiment ravi que son père veuille jouer avec lui. C'était bien une de ces rares fois où il jouait avec lui car on ne pouvait pas dire qu'il était un très grand "joueur". Il entendit la porte d'entrée se fermer et une silhouette passer rapidement devant son bureau pour filer directement dans le couloir.
- Dorian Rogue ! Je te trouve bien pressé ce soir ! Lança Séverus en se replaçant dans son fauteuil.
Il entendit les pas de son fils s'arrêter pour repartir peu de secondes après. Il fronça les sourcils et se leva. Il entendit ensuite les cris de consternation d'Ilyas dans le couloir. Il arriva à sa hauteur et le vit qui essayait d'ouvrir la porte.
- Ilyas ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Dorian veut pas me laisser entrer ! Il m'a jeté dehors ! Papa ! Dis-lui d'ouvrir !
Séverus avança et frappa à la porte.
- Dorian ? Ouvre cette porte…
- Non.
- Pardon ? Tu vas regretter d'avoir dit ça !
Séverus sortit sa baguette et ouvrit la porte. Ilyas voulut entrer mais quand Séverus vit Dorian allongé sur son lit et lui tournant le dos, il lui demanda de rester dehors.
- Mais papa ! T'as promis que tu allais jouer avec moi !
- Plus tard ! Je dois parler avec ton frère.
- Mais… Ohhhh ! C'est pas juste ! …'toujours avec Dorian ! Lança Ilyas en traînant des pieds et s'éloignant dans le couloir.
Séverus referma la porte et s'avança dans la chambre. Il s'assit sur le lit de son fils et l'observa de dos.
- Que s'est-il passé ?
- Rien.
- Rien ? Tu te mets à bouder sans raison maintenant ?
- Je t'ai dis que j'avais rien ! Je suis fatigué, c'est tout.
- Je sais très bien que tu mens. Je te connais… comme si je t'avais fait ! Ironisa Séverus.
Dorian se contenta de secouer la tête. Cela permit à Séverus de voir quelques traces rouges sur l'oreiller de son fils. Il fronça les sourcils et avança sa tête au-dessus de celle de Dorian.
- Dorian ? Lève-toi !
- Non.
- Je t'ai dit de te lever ! Regarde-moi !
Dorian souffla et finit par relever sa tête de son oreiller. Il la tourna et Séverus vit alors d'où provenait le sang. Dorian avait la lèvre fendue et une marque à l'œil. Il prit son menton et le regarda intensément.
- Tu t'es battu ? Contre qui ?
Dorian tourna la tête et ne répondit pas. Mais Séverus savait être très persuasif et il ne laisserait pas tomber aussi facilement.
- Qui ? Réponds-moi tout de suite !
Dorian souffla et donna sa réponse.
- Black.
- Le fils de Black ?
- Bah oui, pas le prof ! Lui dit-il sur un ton reprochant.
- Parle-moi sur un autre temps s'il te plaît ! Explique-moi pourquoi vous vous êtes battus.
- Parce qu'il me cherchait.
- Il te cherchait ? Comment ça ?
- Il me cherchait, c'est tout ! Lui dit Dorian en se levant et en allant croiser les bras dans un coin de la pièce.
Séverus se leva et alla à ses côtés.
- Écoute, tu sais que je n'aime pas les Blacks, alors s'il y a bien une personne qui peut te comprendre, c'est moi ! Dis-moi ce qu'il s'est passé que j'aille dire ma façon de penser à cet idiot de Sirius…
Dorian le regarda et tourna à nouveau la tête vers le mur.
- Il… tourne autour d'Isolde.
- Quoi ?
- Il l'a aidée pendant ton cours et tu ne l'as même pas vu ! Il la rend complètement… bête ! Comme lui !
Séverus le regarda un instant et éclata soudainement de rire, à la grande stupeur de son fils. Il le regarda et éclata encore plus de rire en voyant sa tête.
- J'ai dit quelque chose de drôle ? Lui demanda Dorian, ne comprenant pas du tout ce qu'il lui prenait.
- Je suis vraiment ravi que tu aies défendu ta sœur ! Black ne mérite pas Isolde ! Il est hors de question qu'il s'en approche et tu as bien fait ! Je suis vraiment heureux que tu reprennes le flambeau !
- Le flambeau ?
- De mon antipathie pour Black ! Allez, viens là, je vais te soigner ta lèvre. Il va falloir trouver quelque chose à dire à ta mère où elle va encore me faire une crise ! Attends, ne bouge pas…
Il pointa sa baguette sur son fils et lui lança un sortilège de guérison, assez réussi. Pour l'œil il ne pouvait rien faire par contre.
- Tu n'auras qu'à dire que tu t'es pris une porte pour ton œil.
- En espérant que maman me crois !
- Je la convaincrais…
Ils sortirent de la chambre et découvrirent Ilyas qui lançait ses soldats d'un air peu enjoué dans le couloir. Dorian passa son chemin et alla dans la cuisine, tendis que Séverus s'agenouillait auprès de son autre fils.
- A quoi joues-tu ?
- Qu'est-ce que ça peut te faire ?
- Je vais finir par croire que tous mes enfants ont envie de se rebeller contre leur père ce soir !
- T'as pas envie de jouer avec moi, comme d'habitude !
- Mais si je vais jouer avec toi…
Séverus s'assit dans le couloir et se mit à jouer avec son fils aux soldats, pour la plus grande joie d'Ilyas. (Si si, je vous assure qu'il joue aux soldats Sévi ! C'est même… assez comique ! lol)
Isolde passa dans le couloir, toute rincée du liquide bleu qu'elle avait eu auparavant. En passant aux côtés de son père, celle-ci se mit à glousser avant d'aller dans sa chambre.
- Il n'y a pas matière à rire jeune fille ! Et je te défends de répéter ça à tes camarades !
- C'est pas pour ça qu'elle rigole, c'est à cause du bébé… Lui dit Ilyas en continuant de jouer à ses soldats.
Séverus tourna vivement la tête vers son fils et le regarda.
- Ilyas ? Qu'est-ce que tu viens de dire ?
- De quoi ? Lui demanda Ilyas en se tournant vers son père.
- Tu parlais du bébé. Quel bébé ?
- Un bébé ? Je sais pas… c'est pas sa poupée ?
- Tu ne te souviens pas de ce que tu viens de me dire ?
- J'ai rien dit moi !
Non, ça n'allait pas recommencer ! Ilyas se remettait à prédire des choses sans s'en souvenir. Un doute l'assaillit et il se dirigea vers sa chambre. Julia s'y trouvait et se rhabillait. Elle lui fit un sourire quand il entra.
- Tu n'as pas quelque chose à me dire par hasard ? Lui demanda-t-il.
- Quoi ? Quelle chose ? Lui demanda-t-elle en le regardant, surprise.
- Ilyas vient de me dire quelque chose d'assez troublant. Tu sais qu'il a une assez bonne idée des choses à venir… Comme des accidents, des rencontres, des naissances… Lui dit-il en insistant bien sur le mot "naissance".
Julia cessa de sourire aussitôt. Une mine inquiète apparut sur son visage à la place de son air enjoué. Séverus baissa la tête en la secouant.
- Tu ne pouvais vraiment pas attendre ! Tu y tenais tellement que tu n'as pas pu patienter ! Tu te fiches de mon opinion concernant l'idée d'avoir un autre enfant !
- Écoute Séverus ! Je n'y suis pour rien ! C'était un accident !
- Un accident ? Après ce que tu m'avais dis, à quel point tu voulais un quatrième enfant ? Je t'avais pourtant bien dit que je voulais attendre ! Tu ne te rends pas compte de ce qu'il se passe ici ? Tu ne trouves pas qu'il y a assez d'ennuis avec Ilyas ? Et tu veux avoir un autre enfant ? Mais bon sang ! Tu recommences comme au début de notre relation ! Tu étais sensée prendre des précautions !
- Et bien les précautions vont être faciles à prendre si tu le souhaites ! J'irais faire enlever le bébé et nous ferons chambre à part ! Comme ça nous ne risquerons pas d'avoir un quatrième enfant ! Et encore mieux, j'irais vivre chez ma mère comme ça, on n'aura aucun risque d'avoir un autre bébé !
Le ton était monté si rapidement entre eux que les trois enfants s'étaient rapprochés de la chambre, écoutant ce que se disaient leurs parents. Séverus s'approcha de sa femme qui se mettait à ranger des affaires frénétiquement dans la commode. Il l'attrapa par le bras et la fit se tourner.
- Pourquoi tu refuses de comprendre ? Pourquoi est-ce que tu ne veux pas d'autre enfant ? Lui dit-elle avant qu'il ne parle.
- Je te l'ai déjà dit !
- Ce n'est pas seulement à cause d'Ilyas et les jumeaux ! Il y a autre chose ! Quoi, tu as peur d'être trop vieux pour avoir un autre bébé ? Et moi, tu y penses à moi ? Je suis encore en âge d'en avoir ! Et je ne pense pas qu'il y a quelques années, tu ne voulais pas d'une famille nombreuse ! C'est toi-même qui m'y poussais !
- C'était des paroles en l'air !
- Des paroles en l'air ? Et quand tu disais que tu m'aimais, c'était des paroles en l'air aussi ? Et la proposition en mariage, et la promesse de m'aimer jusqu'à la mort pour notre mariage, aussi ?
- Mais tu ne comprends vraiment rien !
- Quoi ? Qu'est-ce que je ne comprends pas ?
- Est-ce que tu penses à la suite ? Que diras-tu si le quatrième se retrouve possédé par un autre esprit, ou qu'il est je ne sais pas moi…
- Tu as peur que le bébé ait les mêmes problèmes qu'Ilyas ? Mais tu sais bien que c'est exceptionnel ! Il a été conçu juste quand cette Communauté s'est réunie ! Il n'y est pour rien là-dedans !
- Et après ? Que sais-tu de ce qui peut arriver au bébé ?
- Et toi ? Que sais-tu de plus ? Arrête d'être aussi pessimiste !
Séverus s'effondra sur le lit. Il ne pouvait expliquer le sentiment qu'il ressentait. Il avait peur, c'était vrai, de l'avenir de cet enfant. Que lui arriverait-il à lui ? Il serait le chef d'une bande de sorciers assoiffés de pouvoirs ? Télépathe en sursit ? Il posa sa tête au creux de ses mains et souffla. Il sentit deux mains se poser sur son bras, mais pas les mains de sa femme. Celles-ci étaient plus petites. Il découvrit sa tête et regarda Ilyas qui se tenait devant lui, Julia derrière lui.
- Pas maintenant Ilyas.
- Papa… Krwi il dit que tu dois pas crier avec maman. Il dit que ma petite sœur elle doit venir…
- Ah ? Pourquoi ? Elle a un destin spécial ta sœur ? Lui dit Séverus en sentant la colère monter en lui.
- Oui.
Séverus leva les yeux vers Julia et secoua la tête.
- Ecoute Ilyas. Je n'ai pas envie de parler avec ton ami Krwi pour le moment et je dois dire que tu ne m'aide pas en me disant que ta "sœur" a un destin spécial ! Alors tu retournes jouer dans ta chambre et tu me laisses tranquille.
- Mais papa… elle…
- J'ai dis tu retournes dans ta chambre et tu me laisses tranquille ! MAINTENANT !
Ilyas sursauta et se mit à pleurer.
- Bravo ! Merci de lui parler comme ça Séverus ! Lui lança Julia.
- J'en ai assez ! Je vais faire un tour.
Séverus se leva et sortit de l'appartement devant les regards médusés des jumeaux. Il passa la soirée dans Pré au Lard, aux Trois Balais. C'était bien la première fois qu'il restait dans ce bar aussi longtemps. Et surtout qu'il se servait encore et encore en bierraubeurre. Cela promettait de le rendre assez "flou" par la suite. Il était près de trois heures du matin quand il décida de rentrer à Poudlard. Enfin, il mit près d'une heure de plus à retrouver le chemin du retour, se perdant en chemin et se cognant aux lampadaires au passage. (Un Sévi ivre, c'est quelque chose ! lol)
Quand il rentra chez lui, il était passé quatre heures et demi et tout était paisible dans la maison. Il se cogna contre la table basse du salon et s'étala par terre.
- Bordel ! Ilyas je t'ai déjà dit de ranger tes jouets ! Grogna-t-il en se mettant assis.
Il entendit du bruit provenant du couloir. Il releva la tête et observa attentivement le couloir sombre.
- Qui s'est ?
Personne ne répondit. Mais l'instant d'après, il vit une personne de petite taille s'approcher de lui.
- Ah ! Sa Seigneurie le voyant extralucide, j'ai nommé Rylias Ogue ! Dit-il en levant les bras au ciel.
- Papa… il fait pas que tu sois méchant ! Il faut que tu laisses ma petite sœur venir ! Il faut pas faire pleurer maman.
- Ca, c'est pas tes affaires ! Ta mère est une égoïste et elle pleure tout le temps de toute façon ! Va te coucher !
- Krwi me dit que non.
- Et pourquoi tu lui demandes pas de venir en personne à ton copain ? Hein ? Qu'il me dise ce qui va pas dans mon avenir ! Dis-lui de venir !
Séverus vit difficilement son fils s'asseoir en face de lui. L'instant d'après, il le vit tendre la main vers lui, le faisant reculer, et la bouche du petit garçon s'ouvrit pour parler. Seulement, ce n'était pas SA voix qui sortait de sa bouche, mais une voix étrangère et qui parlait dans une langue inconnue. Mais Séverus semblait captivé par ce que lui disait la personne qui parlait dans le corps de son fils. La main d'Ilyas se rapprocha de la tête de son père et au moment où il toucha la tempe de ce dernier, Séverus vit une lumière aveuglante devant ses yeux. L'instant d'après, il vit une scène qui se déroulait dans un endroit assez sombre. Un jeune garçon se tenait droit devant lui en lui tournant le dos. En face de lui, un être cauchemardesque qui pointait sa baguette sur le garçon. Séverus pouvait se déplacer autour d'eux et il s'approcha de lui. Il reconnaissait cette tête. Il l'avait déjà vue…pendant sept années. Mais elle avait un aspect différent. Ses cheveux étaient plus longs et plus disciplinés. Ses yeux remplis d'un vert sombre et pétillant. Son visage était plus anguleux mais à la fois doux et puissant.
- Tu ne peux pas détruire ton futur Séverus… Lui dit une voix à l'oreille.
Il se tourna et vit un homme qui lui ressemblait presque comme deux gouttes d'eau, excepté pour les lignes plus régulières qui contournaient son visage.
- Ilyas ?
- Ton destin était déjà tracé et tu ne peux pas l'empêcher de s'accomplir. Laisse-la venir dans notre monde…
Ilyas disparut et Séverus vit les couleurs et les personnages disparaître petit à petit. La lumière aveuglante revint devant lui et il se retrouva dans son salon, assit sur le sol, la main d'Ilyas qui se détachait de sa tempe. L'instant d'après, il vit Julia accourir à ses côtés, complètement paniquée.
- Séverus ! Qu'est-ce qui se passe ? Je t'ai entendu crier ! Où étais-tu passé ? Ilyas… Retourne te coucher, je m'occupe de papa.
Le petit garçon s'éloigna, l'air endormit et retourna dans sa chambre. Julia s'agenouilla aux côtés de son époux et passa ses mains autour de sa tête pour la déposer sur ses genoux.
- Qu'est-ce qu'il t'es arrivé ?
- Le bébé… Julia… Il faut le garder…
- Quoi ? Qu'est-ce que tu racontes ?
- Il faut la laisser venir…
Julia fronça les sourcils et aida Séverus à se relever. Il titubait encore sous l'effet de l'alcool et Julia dû l'aider à marcher jusque dans la chambre. Il eut soudain mal au cœur et Julia l'accompagna rapidement dans la salle de bain.
- Maman, qu'est-ce qu'il se passe ? Demanda la voix ensommeillée d'Isolde.
- Retourne te coucher. Ton père est malade ! Allez !
- Qu'est-ce qu'il a ? Demanda Dorian à sa sœur alors qu'elle sortait.
- Rien… il a un coup dans le nez…
- Isolde ! S'indigna Julia.
Elle aida son mari à se mettre au lit après l'avoir rafraîchi et se coucha à ses côtés. Elle était inquiète. Que venait-il de se passer ? Et pourquoi Ilyas se trouvait-il à côté de son père quand ce dernier avait crié ? Autant de questions sans réponses ce soir mais qui seraient peut-être révélées le lendemain (ou plutôt le matin même) par son mari.
Oui bon je sais, Sévi légèrement ivre ( et pas qu'un peu), c'est à voir. Je sais même pas si ça lui est déjà arrivé ! Mais à 1 heure et demi du matin, on a des idées assez loufoques quand on écrit !
