Alors, si je suis mon idée, il ne devrait plus rester beaucoup de chapitres, enfin moins de dix ! lol On verra bien, parce que me connaissant, il va encore y avoir des délires !
Et en attendant dans ce chapitre, on commence en délire, mais je vous préviens que la suite est beaucoup moins drôle...




Séverus surveillait la potion qu'il avait préparée pour Ilyas quand on vint frapper à la porte de son bureau.

- Entrez !

La porte s'ouvrit et Isolde entra, l'air préoccupé.

- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Rien. Je venais juste te voir...

La fillette s'assit sur la chaise qui était en face du bureau de son père et le regarda s'activer devant son chaudron.

- Tu as l'air bien soucieuse. Qu'est-ce qu'il t'arrive ?
- C'est Dorian.
- Dorian ? Qu'est-ce qu'il a fait ?
- Il veut pas que Owen joue avec nous.

Séverus ne montra pas à sa fille le large sourire qui se dessinait sur ses lèvres (hypocrite !) .

- Et pourquoi ne veut-il pas qu'il joue avec vous ? Lui demanda-t-il, le plus innocemment du monde.
- Parce qu'il dit qu'il est bête. Mais c'est pas vrai, il est marrant !
- Aussi marrant que son père, j'en ai peur...
- Papa ?
- Oui...
- Pourquoi est-ce que tu n'aimes pas le professeur Black ?

Professeur Black. Il avait horreur d'entendre ça. Black n'avait vraiment pas un nom assez sérieux pour être professeur.

- Ce sont des histoires entre lui et moi quand nous étions étudiants.
- Qu'est-ce qu'il t'a fait ?
- Des blagues...
- Oh ! Je comprends pourquoi tu n'aimes pas quand on fait des blagues avec Dorian.

Séverus se retourna et regarda sa fille.

- Exactement. Tiens, puisque tu es là, peux-tu m'apporter l'extrait de limace sur mon bureau ?

Isolde se retourna et regarda les fioles qui étaient sur le bureau.

- C'est laquelle ?
- Nous l'avons déjà vu en cours...

Séverus se tourna et devant l'air perdu de sa fille, il capitula.

- C'est la jaune.

Isolde prit la fiole dans les mains et l'apporta à son père.

- Qu'est-ce que tu prépares ?
- Quelque chose pour Ilyas.
- Pour l'aider ?
- Oui.
- Quand est-ce qu'il va être débarrassé de son don ?
- Normalement à la prochaine pleine lune. C'est pour ça que je dois faire cette potion.

Il y eut un instant de silence et Séverus le rompit.

- Alors, comment s'est passée ta journée ?
- Oh, j'ai eu un seize en enchantements. Et puis aussi un dix-huit en DCFM. Et Hermione m'a même donné vingt points aujourd'hui !
- C'est très bien.
- Papa ?
- Oui.
- Pourquoi est-ce que tu fais toujours l'amour avec maman si tu ne veux plus d'enfants ?

Séverus regarda droit devant lui en arborant une expression figée. Il lui fallut bien quinze secondes avant de pouvoir parler.

- Qu... quoi ?
- Bah oui, si tu ne veux plus d'enfants, ce n'est pas la peine de continuer, ça ne sert à rien.

Allez expliquer à une gamine de onze ans la raison pourquoi son père passe la plupart de son temps sur sa mère toutes les nuits si ce n'est pas pour procréer !

- Tu verras ça quand tu seras plus grande. Maintenant, tu m'excuseras, mais je dois terminer ça ce soir pour que cela fonctionne.
- T'es vraiment pas drôle. Pour une fois que je réussis à parler de quelque chose d'autre que l'école avec toi !
- Ce n'est pas une conversation pour une petite fille !
- Je ne suis plus une petite fille ! Je suis une jeune fille maintenant ! Lui dit Isolde d'un air fier.

Séverus se tourna vers sa fille et la dévisagea. C'est vrai qu'elle n'avait plus tout à fait ce visage enfantin qu'elle avait auparavant. Elle grandissait si vite. Trop vite. D'ici quelques années, elle deviendrait aussi belle que sa mère si ce n'est plus et cela l'effrayait. Il prenait conscience que bientôt ses deux aînés n'auraient plus besoin de lui et qu'ils se débrouilleraient tous seuls. Quoique d'un autre côté, ça a ses avantages... Non, pour l'instant, il s'inquiétait de voir ses enfants grandir et s'éloigner un peu plus de lui à chaque fois.

- Très bien, tu veux savoir ?
- Oui...
- Et bien c'est pour... c'est pour...

Voilà qu'il ne trouvait plus les mots pour lui parler. Il n'était pas spécialiste pour ce genre de conversations aussi !

- Pour ? Attendait Isolde.
- Pour prouver qu'on s'aime toujours.
- Drôle de façon de le montrer ! Pourquoi tu ne lui offres pas des chocolats ?
- Offrir des chocolats ? Et où je gagne en plaisir moi ? Se dit Séverus.

Il était vraiment étonné que sa fille lui pose des questions sur ce thème. Il avait au moins la notion du plaisir entre un homme et une femme à son âge pour l'avoir du moins étudié. (oui, ils étudient des drôles de matières en primaire sorcière ! lol) .

- Est-ce que tu te paies ma tête ? Lui demanda-t-il.
- Moi ? Non, pourquoi ?
- Parce que à onze ans, il me semble que l'on n'est pas totalement ignorant des choses de l'amour et de ce qui concerne le plaisir !
- Ouais... Murmura Isolde en sautant presque de joie.
- Pardon ?
- Non rien...
- Je ne sais pas pourquoi mais j'ai l'impression que tu te joues de moi jeune fille !
- Mais non ! Pourquoi tu dis ça ? Je voulais juste savoir pour quelle raison tu es tout le temps comme ça avec maman ! Moi tout ce que je sais c'est que l'homme et la femme couchent ensemble pour pouvoir avoir des enfants, c'est pas écrit qu'ils doivent le faire tous les soirs pour... rien !
- On ne le fait pas pour rien ! Et maintenant ça suffit ! Si tu as des questions du genre à poser, va voir ta mère, elle est plus avancée que moi pour te répondre ! Et je te l'ai déjà dit, tu es trop jeune pour te poser ces questions ! Tu auras bien le temps de t'en préoccuper (et le plus tard sera le mieux).
- Bon, d'accord. Je te laisse à ton chaudron. Une dernière question.
- Quoi ?
- Comment ça s'appelle quand une fille ou un garçon crie pendant qu'ils font l'amour ?

Cette fois-ci, Séverus vira au rouge brique et prit sa fille par le bras avant de la mettre dehors.

- Je ne sais pas ce qui te passe par la tête mais tu as intérêt à changer ma fille ! Lui dit-il avant de fermer derrière lui.
- M'en fiche, j'ai gagné !

Entendit-il au travers de la porte. Il fronça les sourcils et rouvrit. Il vit Isolde s'éloigner, bientôt rattrapée par son frère en riant.

- Mais qu'est-ce que... Commença-t-il.

Mais ils étaient déjà loin et il ne les vit plus au bout d'un moment.

- Qu'est-ce qu'ils m'ont encore fait ? Lança-t-il en allant éteindre le feu sous le chaudron.

Il rangea ses affaires et sursauta quand il sentit les mains de sa femme se poser sur ses hanches alors qu'il était de dos. Elle l'embrassa sur la joue et Séverus se tourna vers elle.

- Ah ! Tu tombes bien !
- Vraiment ? Lui dit-elle, un sourire malicieux sur les lèvres.
- Oui. Figure-toi que ta fille sort à l'instant de mon bureau après m'avoir posé tout un tas de questions pour le moins... étranges. Et je trouve qu'elle est bien trop jeune pour me les poser ou se les poser d'ailleurs !
- Comment ? Quelles questions ?
- Des questions comme pourquoi est-ce que l'on faisait encore l'amour si on ne veut plus avoir d'enfants et comment cela s'appelle quand un homme ou une femme crie pendant l'amour... Non mais je te jures, elle m'inquiète !

Julia ne disait rien mais l'écoutait en exorbitant les yeux.

- Tu pourrais lui parler ? Tu es plus douée que moi pour ce genre de conversations. A son âge, je savais au moins ce qu'était la notion de plaisir mais là, elle pose littéralement la question ! Va lui dire que je passe toutes mes nuits sur toi uniquement pour monter au septième ciel !
- Il fallait lui dire comme ça, je suis sûre que c'est ce qu'elle aurait voulu entendre... comme ça elle aurait gagné encore plus de bonbons... Lui dit Julia qui réprimait un fou rire.
- Quoi ? Lui demanda Séverus en la regardant avec perplexité.
- Nos enfants... ont fait... un pari sur le... fait que... tu dirais certains mots... du langage de l'amour... Un des deux devait... t'interroger pour.... t'en faire dire... un maximum et... tu es tombé.... dans le panneau !

Cette fois, Julia éclata de rire, surtout devant l'air ahuri qu'il prenait.

- Quoi ? C'était un pari ? Où est-ce qu'ils ont été pêcher cette idée stupide ?
- Mais c'était pour s'amuser avec leurs amis !
- Avec les Weasleys ? Ils m'ont ridiculisé devant les Weasleys ? Ils ne vont pas s'en tirer comme ça ! Lui dit-il en commençant à avancer.
- Non, attend ! Reprit Julia en le rattrapant par la main.
- Et tu étais au courant et tu ne leur a rien dit !
- Je viens juste de surprendre leur conversation ! Ils ont de l'imagination ces enfants ! Jamais je n'aurais fais ça à leur âge ! Remarque, je ne peux pas dire que mes parents étaient aussi "amoureux" que nous le sommes !
- Tu te rends compte de l'embarras dans lequel je me suis mis pour détourner ses questions ? Je savais qu'elle se payait ma tête. Ils vont m'entendre !
- Laisse-les !C'est de leur âge de se poser des questions !
- Des questions de ce genre, je suis désolé mais je ne trouve pas vraiment que ça leur soit approprié ! Isolde est peut-être plus avancée que Dorian mais ils ne restent pas moins des enfants !
- Des enfants qui sont différents de leur papa... N'oublie pas que tu as été un solitaire pendant longtemps et que tu ne connaissais pas grand chose à l'amour...
- Merci de me le rappeler, je t'assures que ça me fait plaisir ! Lui dit-il sur un ton glacial avant d'aller vers son chaudron.

Julia s'approcha derrière lui et posa sa tête sur son dos en passant ses bras autour de ses épaules.

- Et je t'ai déjà dit il y a longtemps que cette attente t'avais été bénéfique... Et moi je ne veux pas savoir si tu étais un solitaire, un idiot ou une terreur avant de me connaître, je n'aime que l'homme qui est mon mari et le père de mes enfants. Peu importe qu'il soit froid parfois car il sait me parler avec douceur et passion quand nous sommes ensemble et je ne m'étonne pas que ses enfants viennent le voir pour lui poser des questions dans un domaine où il excelle en la matière !

Séverus ne dit rien et Julia pouvait l'entendre respirer. Elle caressa ses bras et se releva.

- J'aimerais que tout recommence comme au début... Dit-il, toujours tourné vers son chaudron.
- Comment ça au début ?
- Quand on s'est connu et que tu étais mon élève... la première fois qu'on a fait l'amour... quand je t'ai emmené avec moi dans la montagne...
- Quand les enfants n'étaient pas encore nés et que cela prouvait que la vie ne s'écoulait pas aussi vite que maintenant ? Termina Julia pour lui.

Elle le fit se tourner et le regarda. Elle vit qu'il avait les yeux brillants et cela la fit sourire.

- Notre vie ne passe pas aussi vite que ça. Regarde, notre quatrième enfant n'est même pas encore arrivé et Ilyas en est encore aux questions enfantines. Quand à Isolde et Dorian, bien sûr qu'ils ont grandi, c'est inévitable, mais ils restent tes enfants, nos enfants. Ils ne te repousseraient pas si tu venais les bercer quand ils font un cauchemar. N'es-tu pas heureux de voir comment ils sont aujourd'hui ? Plein de vie, drôles, curieux... Toi qui n'appréciait pas les enfants auparavant, vois un peu comment ils ont réussi à te changer ! Tu ne te reconnaîtrais pas si tu revenais en arrière ! Et même si tu trouves que la vie passe vite, je serais toujours à tes côtés et je t'aimerais toujours autant ! Bon, peut-être un peu moins passionné quand je serais avec un déambulateur mais je t'aimerais toujours autant ! Et tes enfants aussi, j'en suis sûre !
- J'ai aimé chaque seconde passée à tes côtés et je ne pourrais jamais m'en lasser. Mais l'avenir m'effraie.
- L'avenir t'effraie ? Toi, le terrible professeur Rogue, qui fait trembler les élèves ? TU ne dois pas. Tes enfants construiront leur avenir à leur tour mais ils te garderont toujours dans leur cœur. Tout comme moi.

Julia avança ses lèvres et les posa sur celles de son époux.

- Dites-moi professeur Rogue, est-il trop tard pour me donner une leçon particulière ce soir ? Je crois que j'ai dosé mon aphrodisiaque un peu trop fort l'autre soir sur mon petit ami ! Lui dit Julia d'une toute petite voix de collégienne.
- Je crois que je pourrais remédier à ce désagrément Miss... Lui dit-il en fermant la porte à clé à l'aide de sa baguette.

(Bon on passe la scène, je pense que tout le monde sait ce qu'il se passe !)


Ils étaient en train de se rhabiller quand ils entendirent des pleurs et des cris provenant du couloir.
- C'est Ilyas ! Lança Julia en commençant à paniquer.

Séverus se précipita vers la porte et ouvrit celle-ci juste quand Ilyas arrivait devant, les larmes coulant abondamment sur ses joues et gémissant fortement. Séverus le prit dans ses bras et l'observa sous toutes les coutures.

- Ilyas, est-ce que ça va ?
- Il voulait me manger...Gémit Ilyas.
- Quoi ? Qui voulait te manger ? Lui demanda Julia en s'approchant de son fils qui tendit les bras vers elle.
- Peeves !
- Quoi ? Le fantôme ?
- Oui il m'a dit qu'il allait me transformer en brochette et qu'il allait me faire cuire !

Séverus et Julia se regardèrent et se mirent à rire.

- C'est pas drôle ! Lança Ilyas en s'énervant.
- Peeves ne va pas te manger ! Il aime bien faire des blagues, c'est tout ! Le rassura sa mère.
- Mais il avait des fourchettes dans les mains !
- Bon, on va rentrer à la maison et on va aller dire à ce méchant Peeves de ne pas t'embêter, tu es d'accord ? Lui dit Julia en le reposant sur le sol.

Ilyas lui donna la main en acquiesçant et ils sortirent tous les trois du bureau. En voyant Séverus arriver, Peeves commença paniquer. Surtout que le Barron Sanglant n'apprécierait pas cette farce sur le fils du directeur des Serpentards.

- Si jamais tu refais un coup de ce genre Peeves, je te jures que je demande au Baron Sanglant de t'étriper ! Lança Séverus.
- Les Rogues sont bien des idiots ! Ils ne prennent aucune blague à la légère ! Bougonna Peeves en s'éloignant, renversant au passage un vase avec son pied.
- J'l'aime pas Peeves ! Lança Ilyas en donnant la main à son père cette fois alors qu'ils rentraient chez eux.
- Maman ! Maman !

Julia et Séverus se retournèrent et virent Dorian et Isolde arriver, complètement débraillés et les cheveux en bataille, tous essoufflés.

- Qu'est-ce qu'il vous arrive ? Leur demanda Julia.
- A quel âge tu as rencontré papa ?
- Vous n'allez pas recommencer avec vos questions ! Lança Séverus.
- Mais non, on veut juste savoir ! Dis-nous !
- Et bien j'avais 20 ans pourquoi ?
- Vingt... Mais qu'est-ce que tu faisais encore à l'école à 20 ans ?
- Parce que je voulais juste passer mon examen et que j'avais eu des cours particuliers chez moi auparavant. Mais pourquoi voulez-vous savoir ça ?
- En fait tu en savais des choses... Lança Dorian plus à se sœur qu'à sa mère.
- Pardon ? Demanda Julia.
- Non rien... Bon, on a ce qu'on voulait, merci !

Dorian et Isolde repartirent en sens inverse et Julia et Séverus les entendirent hurler –certainement aux Weasleys :

- Elle était pas mineure ! Vous nous devez six Chocogrenouilles !

Séverus regarda sa femme et partit rapidement vers l'endroit où se trouvaient ses deux enfants. Quand ils le virent arriver, l'air peu ravi, les Weasleys détallèrent et les jumeaux regardèrent leur père avec appréhension. Il les amena dans un coin et se posta devant eux.

- Vous avez l'intention de dire encore beaucoup de choses sur votre mère et moi à tout le collège ?
- Mais on ne fait que parier...
- Tu veux que je parie avec toi combien de retenues tu peux effectuer dans mon bureau pour nettoyer tous les bocaux ? Vous vous conduisez vraiment comme les pires enfants que je n'ai jamais vu ! Vous n'avez pas à dire à qui que ce soit de renseignements sur vos parents, est-ce clair ?
- Mais on voulait juste...
- Est-ce clair ?
- Oui papa.
- Isolde ?
- Oui papa...
- Et vous êtes privés de bonbons jusqu'à nouvel ordre ! Parier sur le dos de vos parents, on aura tout vu ! Retournez dans votre salle commune maintenant avant que je ne change d'avis et que je ne vous colle en retenue !

Dorian et Isolde s'éclipsèrent en boudant et Séverus retourna chez lui, Ilyas et Julia ayant déjà avancé.

- Je n'arrive pas à le croire ! Quels genres de jeux ont nos enfants, tu peux me le dire ? Lança-t-il à Julia alors que celle-ci donnait son repas à Ilyas.
- Les mentalités changent...
- Désolé, mais moi je ne suis pas très heureux de savoir que mes enfants s'intéressent de trop près à un sujet qui les dépassent encore !
- Je te signale que sur ce sujet, Dorian a l'air de s'y intéresser de très près... Lui dit Julia en versant de l'eau dans le verre de son fils.
- Comment ?
- Tu me croirais si je te disais qu'il était en train de "draguer" une de ses camarades quand je suis rentrée tout à l'heure ?
- Dorian ? Mais il est trop jeune !
- Moi je peux t'assurer le contraire ! J'ai l'impression que beaucoup de filles ne sont pas indifférentes à son charme... Tu sais qu'il est beaucoup moins réservé que sa sœur. Je ne m'étonnerais pas s'il sortait avec une fille avant la fin de l'année !

Séverus la regardait avec consternation.

- J'en ai assez entendu. D'abord Isolde, ensuite Dorian, et après, qu'est-ce que ça sera, Ilyas qui va m'en parler ?
- Qu'est-ce que je vais dire moi ? Demanda Ilyas qui rechignait à manger ses pâtes en en versant les trois-quarts à côté de son assiette et qui écoutait la conversation.
- Rien... Rien du tout. Lui répondit son père.
- J'ai plus faim. Lança le petit garçon en repoussant son assiette.
- Tu n'as rien mangé mon chéri. Lui dit Julia en venant s'asseoir en face de lui à la table de la cuisine.
- J'ai plus faim... Je peux avoir un yaourt ? (typique des enfants qui n'ont plus faim ! lol)
- Tu manges ton assiette ! Lui lança son père qui ne cédait à aucun de ses caprices (à vérifier ! )
- Mais c'est pas bon !

Julia écarquilla les sourcils et goûta le plat.

- Mais si c'est très bon. Tu aimes ça d'habitude !
- Bah j'aime plus.
- Oui et bien on se fiche de savoir si tu aimes ça ou pas alors tu manges ! Lui lança son père en lui rendant l'assiette.
- Mais j'ai mal au ventre !
- Arrête avec tes comédies et mange !
- Je vais vomir...
- Ilyas...
- Maman, j'ai mal à la tête...

Julia fronça les sourcils et tâta le front de son fils.

- Séverus, il est chaud. Où est-ce que tu as mal mon poussin ?
- Je suis pas un poussin ! S'énerva Ilyas.
- Bon, où as-tu mal ?
- Au ventre. Je veux aller aux toilettes... Lui dit Ilyas en descendant de sa chaise.

Julia emmena Ilyas dans la salle de bain et s'occupa de lui tendis que Séverus se rendait dans le salon.

- Ca va ? Entendit-il à travers la porte de la salle de bain.

Quelques secondes plus tard, Ilyas sortit, l'air patraque et déshabillé.

- Séverus, tu peux le mettre en pyjama ?

Ilyas avait vite blanchi et ses yeux brillaient, signe de la fièvre qui l'habitait. Séverus le prit dans ses bras et le conduisit dans sa chambre, sentant la tête de son fils se caler contre son cou. Il passa la main dans son dos et remonta celle-ci sur sa nuque pour lui soutenir la tête.


- J'ai mal... Gémit Ilyas.
- Où as-tu mal ? Lui demanda Séverus, qui commençait sérieusement à paniquer.
- A la tête...

Séverus l'assit sur le lit et l'habilla pour la nuit. Julia arriva et lui apporta une fiole avec un gobelet, qui lui ferait passer la douleur.

- Tiens mon chéri. Bois ça, tu te sentiras mieux après. Lui dit Julia en lui donnant le verre.

Séverus aida Ilyas a vider le verre et le coucha.

- Ca va aller ? Lui demanda-t-il.

Ilyas hocha doucement la tête en mettant son pouce dans la bouche.

- Je vais rester à côté de lui cette nuit... Lança Séverus à Julia.
- Tu ne veux pas que je le fasse plutôt ?
- Non, tu as besoin de sommeil. Je t'ai dit que je vais m'en occuper. Ne t'en fais pas.
- Très bien. Mais viens manger avant...

Séverus se leva, s'assurant une dernière fois qu'Ilyas s'endormait paisiblement et alla prendre son dîner avec son épouse avant de venir s'allonger aux côtés de son fils et de le caler contre lui. Vers onze heures, Ilyas se mit à pleurer sans raison et à gesticuler.

- Ilyas... Ilyas... Où as-tu mal ? Dis-moi où tu as mal...
- A la tête... Aïe ! Lança-t-il en posant sa main sur sa nuque.

Séverus fronça les sourcils et pencha sa tête au-dessus de celle d'Ilyas et la lui souleva pour voir son cou.

- Qu'est-ce que c'est que ça ?

La marque que portait Ilyas –l'œil du savoir- se mettait à remuer sur la peau, des couleurs apparaissant tout autour de celui-ci et tournant autour du symbole. La marque était brûlante et semblait battre comme... les battements d'un cœur.

- Ilyas... est-ce que tu as mal dans le cou ?
- J'ai mal partout... Lui dit Ilyas en fronçant les sourcils.

Il se mit soudainement à crier et à pleurer en se mettant en position fœtale. Séverus se plaça à ses côtés et tenta de le calmer.

- Mon dieu, qu'est-ce qu'il y a ? Demanda Julia en accourant dans la chambre.
- Je n'en sais rien... mais sa marque le brûle.
- Qu'est-ce que ça veut dire ? Demanda-t-elle en s'approchant de son fils pour le prendre contre elle.
- Je vais tâcher d'aller trouver cette sorcière pour lui demander ce qu'il a. Essaye de le calmer et prends la potion pour la nuit sans songe.
- Mais c'est trop fort pour lui.
- Il n'y a que ça qui le calmera. Je fais aussi vite que je le peux.

Séverus sortit rapidement de l'appartement et transplana jusque dans l'Allée des Embrumes pour se diriger vers la boutique des trois sorcières. Il frappa lourdement contre la porte en criant.

- Ouvrez ! Ouvrez bon sang ! Je sais qu'il y a quelqu'un !

Il frappa pendant au moins deux minutes jusqu'à ce que de la lumière se fasse à l'intérieur. La femme qu'il avait vue en premier vint lui ouvrir, vêtue de sa robe de chambre.

- Que se passe-t-il monsieur ?
- Mon fils... sa marque le brûle et le rend malade...
- Quoi ?
- Où est votre sœur... celle qui m'a parlé l'autre fois ?
- Elle ne peut pas vous parler, elle se prépare pour la cérémonie... elle est en transe !
- Quoi ? Et qu'est-ce que je fais moi ? Mon fils se tord de douleur, je ne vais pas le laisser souffrir ! Qu'est-ce qu'il faut lui faire pour que ça s'arrête ?
- Venez, Ervina pourra peut-être vous renseigner.

Séverus entra dans la boutique et attendit que la sorcière s'éloigne pour revenir quelques minutes plus tard, accompagnée de son autre sœur, l'antipathique.

- Votre fils se fait dépasser par le pouvoir ! Voilà ce qui arrive quand on veut empêcher le Krwi de rester là où il est !
- Ce Krwi comme vous dites a dit à mon fils de venir ici l'autre fois, alors je ne pense pas que votre Krwi veuille rester dans son corps ! Et pour l'instant mon fils souffre. Dites-moi ce que je dois faire ! Lui hurla Séverus.
- Vous ne pouvez rien faire. A la pleine lune Krwi sera là et votre fils ne sera plus !
- La ferme vieille folle ! Lui dit Séverus en l'agrippant par le col de sa robe de chambre.
- Monsieur, non ! Arrêtez ! Elle n'a plus toute sa tête, ce n'est pas sa faute !
- Que dois-je faire pour que la douleur s'arrête ? Lui dit-il de sa voix caverneuse.
- Il me semble... Il me semble que Ludmina nous a laissé une note avant de se mettre en transe... Oui.. Attendez, je vais voir. Lui dit Gérina.

L'autre sœur restait à ses côtés, gémissant et murmurant des paroles incompréhensible. Pas de toute, elle était vraiment folle à lier. Gérina revint quelques minutes plus tard, un flacon dans les mains.

- Voilà, Ludmina a laissé une note, elle n'a pas eu le temps de vous prévenir qu'au premier quartier de lune, comme c'est le cas ce soir, votre fils risquait de ressentir des troubles qui lui laisseraient des séquelles s'il ne prenait pas cette fiole. Donnez-lui une cuillère en rentrant et une autre demain et ainsi de suite tous les soirs jusqu'à la pleine lune, avant de venir nous retrouver. Ne vous inquiétez pas, il sera vite sortit d'affaires. Nous avons réussi à regrouper plusieurs de nos membres. Par contre, le lieu du rendez-vous a changé. L'un de nos nobles membres a souhaité que l'on fasse la cérémonie chez lui.
- Et où devrais-je me rendre avec mon fils ?
- Au Manoir Malefoy.

Séverus regarda longuement la sorcière en fronçant les sourcils.

- Malefoy ? Il y a un Malefoy dans votre communauté ?
- Oui, le séduisant jeune homme, Drago, nous a rejoint le jour où l'esprit du Krwi est entré dans le corps de votre fils, pour son initiation.
- Malefoy fait partie de la société de l'œil du savoir ? Je ne peux pas le croire.
- Et bien pourtant, il est bien des nôtres ! Il est avide de savoir son avenir tout comme nous autres. Mais vous feriez mieux de repartir, votre enfant à besoin de cette potion avant minuit. Venez à onze heures le soir de la pleine lune avec la potion de Vireilz comme Ludmina vous l'a dit lors de votre rencontre dans le monde de méditation, et laissez-nous votre fils. Il vaut mieux le laisser combattre l'esprit seul, vous risqueriez de faire rater le processus.
- Comment ça combattre ? Ilyas ne va pas se battre, il est bien trop petit ! C'est un enfant !
- Oh, ce n'est pas un combat physique mais psychique. Dites-lui avant de venir qu'il doit faire en sorte de ne plus vouloir de Krwi en lui et qu'il devra tout faire pour le laisser s'en aller. Mais je ne pense pas qu'il aura beaucoup de mal à le faire sortir, si Krwi lui a dit le chemin qui vous a mené jusqu'à nous, c'est qu'il ne veut pas se l'approprier... Partez maintenant.

Séverus ne savait plus quoi penser ni quoi dire. La sorcière le raccompagna jusqu'à la sortie et referma derrière lui, le sorcier entendant les cris plaintifs de la vieille sorcière résonner dans la boutique, réclamant l'Elu pour qu'il se sacrifie. Il ne perdit pas plus de temps et s'éloigna dans l'Allée des Embrumes pour rentrer chez lui. Arrivé à son appartement, il n'entendit plus les cris d'Ilyas depuis la chambre, ni Julia qui essayait de le calmer. Il se dirigea d'un pas rapide jusqu'à la chambre et trouva Julia, son fils dans les bras, les larmes coulant sur ses joues. Elle semblait le bercer en chantonnant une berceuse, mais en voyant le bras pâle de son fils qui pendait le long de son frêle corps, Séverus comprit que la situation était pire que ça. Il s'accroupie aux côtés de son épouse et lui prit Ilyas de force dans les bras. Mais Julia s'accrochait à son fils, comme si on lui enlevait le dernier espoir de l'avoir encore dans ses bras.

- Julia, lâche-le ! Lui dit Séverus en essayant de lui faire lâcher prise.
- Non ! Laisse-moi mon petit garçon ! Il est partit, je veux le garder avec moi... Lança Julia en pleurant continuellement.
- Il n'est pas mort ! Il faut lui donner la potion ! Vite !

Rien qu'en entendant le terrible mot, Julia redoubla en pleurs et resserra son étreinte autour de son fils. Séverus jeta un rapide coup d'œil à sa montre et vit avec horreur qu'il ne lui restait plus que cinq minutes avant minuit.

- Bon sang Julia, il faut qu'il la boive avant minuit ! Il n'est pas mort ! Lui dit Séverus en forçant sur les bras de sa femme pour lui arracher le corps pratiquement inerte de son fils.

Il l'assit entre ses bras et lui tint la tête. Il déboucha la fiole avec ses dents et porta le goulot de celle-ci jusqu'aux lèvres de l'enfant. Les lèvres bleues et froides...

- Allez, il faut que tu la boives... allez... je sais que tu m'entends... reviens avec nous... allez... Ilyas.... Débita Séverus en faisant couler la potion dans la bouche du garçon, essayant de doser pour une cuillère.

Julia était effondrée sur le sol et pleurait toutes les larmes de son corps en agrippant les jambes de son fils.

- Ils m'ont prit mon bébé...
- Il est vivant Julia ! S'énerva Séverus en la regardant.

Il reporta son regard sur Ilyas qui ne réagissait toujours pas et s'inquiéta. Coup d'œil à sa montre : Plus que trois minutes avant minuit – à mois que sa montre ne retarde...

- Non ! Ilyas, je sais que tu m'entends, reviens, allez... je sais que tu m'entends... Reviens avec nous ! Ne le laisse pas t'emmener ! Reviens vers nous...

Cela fit redoubler les pleurs de Julia et Séverus ne pouvait pas s'avouer plus fier que sa femme. Les larmes commençaient à couler sur ses joues qui étaient longtemps restées sèches –la dernière fois il s'était retenu- mais cette fois-ci, il ne put les refouler. La vie s'échappait du corps de son fils lentement alors qu'il aurait dû vivre.

- Je t'en prie... reviens...

Ne voyant toujours pas son fils réagir, Séverus le secoua par les épaules, la douleur et la rage prenant le dessus.

- Ilyas ! Ouvre les yeux bon sang !
- Ca ne sert à rien Séverus... Lui dit Julia en s'accrochant à son cou.
- Il n'est pas mort, tu m'entends ? Il ne PEUT PAS mourir ! Lui dit-il en se tournant vers elle, aussi effondré que sa femme. Ilyas... tu dois revenir, tu m'entends ? Tu ne peux pas partir comme ça... Je te promets que je serais plus souvent là... je t'en prie... Reviens ! Je t'aime...

Séverus se pencha sur le corps de son fils et sanglota contre lui en le berçant tout comme venait de le faire sa femme.

- a...a...

Séverus releva la tête et observa le visage blafard d'Ilyas.

- Ilyas...

Il les voyaient. Elles bougeaient, il en était sûr. Les lèvres d'Ilyas remuaient.

- Oui, c'est ça, reviens vers moi. Je suis là...
- Apa...

Séverus se mit à pleurer –de joie cette fois- et caressa le visage de son fils en portant le regard vers Julia. Celle-ci n'en croyait absolument pas ses yeux et ne savait trop si elle devait sauter de joie ou encore attendre qu'il soit complètement revenu à lui.

- Maman...
- Je suis là mon trésor... Lui dit Julia en prenant sa main dans la sienne et en l'embrassant.

Ilyas ouvrit les yeux lentement en les clignant et resta avec un regard vague pendant un instant, le temps que ses sens se réhabituent à l'environnement qui l'entourait.

- C'est bien Ilyas. Retrouve tes esprits... Fais-le doucement...
- Papa...
- Oui je suis là. Tu es revenus avec nous, ne t'inquiètes pas.
- J'ai fais un rêve tu sais ? Lui dit Ilyas, la voix enrouée et basse.
- Où est-ce que tu étais ? Lui dit Séverus, essayant de le ramener à la vie complètement.
- J'ai rêvé que je volais et que je nous voyais devant de l'eau avec Thaïs.
- Qui est Thaïs ?
- Ma petite sœur... Tu crois qu'on pourra l'emmener voir les licornes comme dans mon rêve ?
- Je te promets qu'on ira les voir... Lui dit Séverus qui n'en revenait toujours pas de l'entendre parler dans ses bras.

Ilyas voulut se rasseoir, son visage ayant récupéré des couleurs, et Séverus l'aida en lui maintenant le dos.

Julia prit son fils dans ses bras en pleurant encore plus fortement et en le serrant contre elle.

- Tu m'as fait si peur mon trésor...

Séverus regarda la marque qui était sur le cou d'Ilyas. Celle-ci était redevenue comme auparavant et les couleurs avaient disparu. Il passa sa main dans la chevelure sombre de son fils qui se retourna pour lui faire un sourire –tout de même un peu crispé de par la fatigue et ce qu'il venait d'endurer- et Séverus s'approcha de lui alors qu'Ilyas se calait contre lui.

- Il est revenu... Continua Julia en posant sa main sur sa bouche.

Séverus ne lui répondit pas. Il appréciait bien trop l'instant de serrer son fils bien vivant dans ses bras. Comment il était revenu jusqu'à eux, il ne s'en souciait pas –bien qu'il sache que la potion y soit pour grand chose dedans- et il préféra poser sa tête dans le creux du cou de son fils pour aller le recoucher avec lui dans le lit qu'il occupait avec sa femme, tous deux ne se lassant pas de le contempler en train de dormir.



Rigolez pas, j'ai les larmes aux yeux ! J'ai même eu la chair de poule ! Brrrr... Hou la vache ! Je l'avais pas prévu aussi mélodramaticomachin ce chapitre là ! Pffffou ! Une bouffée d'air vite !