Chapitre 44 : Sauvetage (deuxième partie)

Je pense qu'il va être assez comique ce passage finalement après réflexion !

Séverus avança, un poids sur le c?ur après avoir vu le regard à la fois inquiet et déçu de Julia. Déçu de savoir qu'il avait peut-être tué quelqu'un froidement -alors qu'il n'en n'avait rien fait- mais Julia l'ignorait. Et il savait qu'il aurait à discuter de cela avec elle -si elle voulait lui parler après tout ça. Il ne pouvait en être autrement après ce qu'il allait accomplir : sauver leurs deux autres enfants.

Suivant l'ombre de Drago, à quelques mètres devant lui, il progressa dans les souterrains, s'habituant tant bien que mal au corps dont il venait de prendre l'apparence. Il n'avait encore jamais essayé le Polynectar pour se transformer en femme et cela était assez déroutant.

- Ne faites rien, les autres sont aux ordres d'Irène. Ils s'inclineront devant vous mais traitez-les comme des moins que rien. Je suis normalement le petit ami de leur maîtresse, ils me doivent donc le respect et me laisseront tranquille. Vous me suivrez, je vais nous conduire dans les cachots. Là où doivent être vos enfants. - Pourquoi faites-vous tout ça Drago ?

Drago ne répondit pas et se contenta de continuer de marcher. Séverus le rattrapa par le bras et l'obligea à se tourner.

- Pourquoi ? Lui demanda Séverus. - Parce que je ne veux pas voir Julia malheureuse. Et vos deux enfants n'ont pas à mourir à cause d'Erlès. - Qui est Erlès ? - Un démon. Le chef d'Irène en fait. C'est lui qui veut Ilyas. Irène n'était que son agent d'exécution qui devait lui ramener les enfants afin de les échanger contre Ilyas. - Comment l'élimine-t-on ? - Je ne sais pas si vous allez aimer cette partie. - Quoi ? Et pour quelle raison ? - Un baiser mortel. - Un baiser mortel ? Pas par moi j'espère ?

Drago le regarda et eu un petit sourire amusé.

- Irène est une spécialiste, enfin était une spécialiste pour « empoisonner » ses ennemis avec un poison qu'elle s'appliquait sur les lèvres, et qui terrassait n'importe qui. - Il est hors de question que. j'embrasse un démon ! - Je ne vais pas le faire à votre place ! - Vous n'aviez qu'à prendre la place d'Irène ! - Et vous seriez entré de quelle façon ? Je suis le petit ami d'Irène normalement, je peux donc aller où bon me semble. Il va juste falloir ruser. - Ruser ? Je croyais Irène douée pour ça ? - Justement, elle l'était. Il va donc falloir s'arranger pour que vous soyez seul avec Arlès et que vous l'embobiniez. si vous voyez ce que je veux dire. - Pardon ? - Allons. Ne me dites pas que Julia ne sait pas être convaincante lorsqu'elle veut un câlin ? - QUOI ? Non mais vous êtes malade ? Il est hors de question que j'allume ce démon ! - Jouez juste le jeu et tout ira pour le mieux. Vous voulez sauver vos enfants ? Je ne peux qu'occuper les autres membres du groupe pendant que vous serez avec Arlès. - Je rêve. Ca ne peut être que ça ! Qu'est-ce que vous allez me demander après ? De promener Arlès en laisse, de le demander en mariage, d'organiser des dîners spectacles avec les autres membres de la communauté ? - Rien de tout ça. Juste l'occuper pendant que je fais sortir les autres du repère et que l'accès aux cachots soit libre. - Et qu'est-ce qui vous prouve que cet Arlès va tomber dans le panneau ?

Nouveaux regard et sourire amusés de la part de Drago.

- On arrive aux appartements d'Irène. Vous n'avez qu'à vous changer, il y a tout ce qu'il faut pour faire plaisir à Arlès. Vous n'aurez qu'à passer par le passage dans le mur, il suffit de bouger le livre sur la droite et vous serez dans le repère d'Arlès. Le rouge à lèvre empoisonné se trouve sur sa coiffeuse. C'est un tube vert. Je vous laisse ici, j'ai à faire. On se donne rendez-vous dans une demi-heure, le Polynectar aura cessé de faire effet.

Drago partit sans un mot de plus et laissa Séverus devant une porte. Séverus le regarda partir, la bouche bée après ce que son ancien élève venait de lui dire et pour ce qui l'attendait. Il ouvrit néanmoins la porte et entra dans les appartements d'Irène. Tout était décoré dans une ambiance assez torride, révélateur de l'esprit de cette folle. Séverus en eut même des sueurs froides tant il était mal à l'aise. Tout sentait la luxure dans cette pièce et donnait mal au c?ur à force. Il se secoua et avança jusqu'à l'armoire où il fouilla pour trouver une autre tenue.

- C'est dans un bordel qu'elle aurait dû aller. Se dit Séverus en retirant les tenues plus ou moins (en vérité pas du tout) habillées de la penderie. Il en prit une qui lui semblât un peu moins ouverte avec dégoût, et se déshabilla pour l'enfiler.

Il se regarda dans la glace et vit le corps d'Irène le regarder, la tenue lui allant parfaitement et la rendant plus que sensuelle.

- Merlin, ce qu'il ne faut pas faire. Qu'on ne me parle plus de tenues sexy.

Il se tourna et vit la coiffeuse avec tout le maquillage d'Irène. et le fameux tube de rouge à lèvre vert. Il s'en approcha et le prit dans sa main. Il dévissa le bouchon et sentit immédiatement l'odeur amer du poison. Son nez était extrêmement sensible face aux odeurs de poison -à force d'en préparer- et il su lequel elle utilisait. Un poison puissant qui, dès un simple contact avec quelque chose se répandait aussi rapidement que de l'eau qui coule sur un corps. Mais il fallait un contre poison pour qu'il ne le tue pas lui-même en l'appliquant sur ses lèvres.

- Bon sang, où est-il ? Répéta-t-il en fouillant parmi le monticule de produits de beauté.

Il le trouva complètement enfoui sous le tas de maquillage et le prit en souriant. Un sourire diabolique en vérité.

- Très bien, allons embrasser cet Arlès. Se dit Séverus.

Il appliqua le baume et posa ensuite une couche de rouge à lèvres.

- Parfait. Allons-y.

Il se dirigea vers le mur du fond, là où il pouvait voir une étagère avec des livres et posa la main sur le dernier sur la droite. En le baissant vers lui, le mur se mit à pivoter et un passage s'ouvrit. Il pénétra à l'intérieur et avança dans un petit couloir avant d'arriver devant une paire de rideaux en velours rouge. Il prit une profonde inspiration et souffla. Il poussa ensuite les rideaux pour entrer. Il arriva dans une immense salle sombre, éclairée par des centaines de bougies, où reposait un lit rond en son centre, un large buffet accolé au mur de droite et un bureau de style gothique dans le fond de la pièce. Séverus avança et parcourut la pièce du regard.

- Tiens, serait-ce ma voyante préférée ? Murmura une voix gutturale derrière lui.

Séverus se retourna et vit celui qu'on dénommait Arlès. Enfin, plutôt la chose qui s'appelait Arlès. Car ce n'était pas vraiment un visage qu'il avait mais plutôt une tête d'animal imaginaire assez repoussante. Séverus en eut même un rictus de dégoût.

- Allons, tu ne me salues donc pas ? Tu as pourtant réussis à me ramener les deux gosses avec brio.

Arlès s'approcha de Séverus et l'enlaça. Séverus lui aurait déjà donné un coup de poing pour avoir osé s'approcher de lui et de le serrer de la sorte, mais il ne devait en aucun cas montrer de la résistance.

« Embrasse-le.. Allez ! » Se dit-il avec vigueur.

Facile à dire mais avoir un tel monstre en face de lui -qui plus est du même sexe que lui- était assez déstabilisant.

- Tire-moi les cartes. Lui murmura Arlès à l'oreille. - Quoi ? Demanda Séverus. - Je veux savoir ce que me réserve l'avenir à présent que je vais avoir le Krwi. - Justement. le Krwi te le dira. Attends un peu ! Lui dit Séverus, d'une voix peu assurée. - Oh oh ! Serais-tu aussi impatiente que ça de me montrer tes talents que j'apprécie un peu plus chaque fois en toi ? - Tu ne peux pas t'imaginer. Murmura Séverus entre ses dents. - Très bien, tu me les tireras après. Allonge-toi.

Arlès le lâcha et Séverus dû se contraindre à s'allonger sur le lit. Arlès se retourna et quelques secondes après, il fit demi-tour à nouveau et Séverus vit qu'il avait modifié son apparence, pour devenir un homme jeune au physique plus qu'avantageux.

- Revoici notre ami John ce soir. « John ? Qui c'est celui-là ? » Se demanda Séverus en voyant Arlès s'avancer vers le lit. - Et bien, d'habitude tu me sauterais dessus pour avoir choisi cet homme attirant dont tu as gardé le souvenir. - Oh ! Oui.

Séverus se mit à genoux et s'approcha de l'homme. Arlès s'assit et ouvrit ses bras, l'attendant. Séverus -toujours aussi dégoûté- se logea entre ses bras et le regarda. Arlès -enfin le nouvel homme a qui il ressemblait à présent- le regarda à son tour en fronçant les sourcils.

- Qu'as-tu ce soir ? Tu me sembles bien sage. Et ton. ton regard est différent. Où est passé ma tigresse d'hier soir ? - Je suis là. mais je voudrais essayer de. te faire languir. Lui dit Séverus en essayant de prendre une voix suave et sensuelle. - Je ne suis pas patient, tu devrais le savoir.

Puis sans un mot de plus, Arlès repoussa Séverus -enfin Irène- sur le lit et se coucha sur lui.

« Bon sang ! Embrasse-le ! Il va aller plus loin sinon ! »

- Charmante ! Lui dit Arlès en commençant à lui délasser sin corsage. - Pourquoi ne m'embrasses-tu pas ?

Séverus reçut une gifle pour cette question. Il se tint la joue -c'est fou ce que les coups prennent une ampleur autre en étant une femme- et le regarda, sentant que les larmes montaient d'elles-mêmes.

- Je t'ai déjà dis que tu ne m'embrasseras jamais. Tu m'as comprise ? Je ne suis pas un idiot. Je sais que tu peux user de ruse pour essayer d'avoir le pouvoir sur mes serviteurs. Ne me redemande jamais ce genre de choses. Je ne voudrais pas abîmer ton joli visage. Lui dit-il en caressant ses joues et son menton.

Il se pencha ensuite sur son cou et se mit à l'embrasser et à le sucer. Séverus ne pouvait empêcher la grimace se former sur ses lèvres et tout son visage contracté.

« Je tue Malefoy en sortant d'ici. Si j'y arrive. »

Arlès parvint à lui bloquer les bras le long de son corps de femme et l'emprisonna. Il avait une poigne de fer et Séverus ne parvenait pas à se libérer.

- Tu peux te débattre, tu n'avais qu'à pas mettre cette tenue. Tu sais que j'ai horreur quand tu es trop habillée, je n'aime pas perdre mon temps à enlever tout ton attirail.

Il lâcha une des mains et d'un geste vif, arracha le devant de la nuisette.

- Je préfère nettement cette vue. Lui dit-il dans un sourire sournois, avant de se pencher sur la poitrine à présent dénudée d'Irène (alias Séverus. Mdrrrr !).

Il l'embrassa longuement, donnant des frissons à Séverus, qui aurait aimé pouvoir sortir de la poigne d'Arlès. Sentant un instant de faiblesse de la part de son tortionnaire, il le poussa un peu et réussit à le faire basculer sous lui, se retrouvant à cheval sur le torse du démon.

- Tu as retrouvé ta fougue ? Plaisanta Arlès en l'observant attentivement. - Exact. Lui dit Séverus en souriant ironiquement.

Il se pencha vers lui et posa ses lèvres dans le creux de son cou.

« Merlin, aide-moi à faire ça. » Se dit-il.

Il remonta lentement vers le menton et arriva au niveau des joues du démon. Il attrapa les mains de ce dernier et les serra fortement dans les siennes. Il se rapprocha du coin des lèvres mais Arlès tourna la tête.

- Je t'ai prévenue. - Je ne vais pas t'embrasser, cela fait partie du jeu. Laisse-toi faire ! Lui dit Séverus d'un ton amusé.

Arlès tourna à nouveau les yeux vers lui -enfin vers elle- et lui sourit.

- Ferme juste tes yeux. Et dis-moi si tu arrives à deviner ce que je dessine avec ma langue. (reprendre un de leurs jeux avec Julia allait peut- être l'aider après tout). - Ta langue ? D'habitude, j'apprécie plus ce que me fait ta langue à un endroit beaucoup plus bas que mon visage. mais si tu veux.

Séverus sourit et se pencha à nouveau vers les joues d'Arlès qui venait de fermer les yeux. Séverus ferma les siens et imagina une autre personne à la place du démon. Une personne qu'il aimait par-dessus tout et qu'il aurait souhaité serrer dans ses bras en ce moment, plutôt que ce démon. Il fit glisser sa langue sur les joues et dessina un S.

- C'est un « S » ? - C'est ça. Voyons voir si tu devines la prochaine lettre. Lui dit Séverus en souriant toujours.

Il se pencha sur l'autre joue et dessina cette fois-ci un R.

- Hummm. Un « Q » ? - Non. Réfléchis bien.

Il recommença à tracer la lettre R avec sa langue sur la joue et Arlès trouva.

- Un R. - Tu es doué. Bravo. Voyons maintenant si tu devines le mot que je vais écrire. - Un mot ? Vas-y.

Séverus accentua son sourire et se pencha cette fois vers son front. Il traça cette fois « Bye ».

- Je n'ai pas tout compris. J'ai trouvé le B, mais le reste.

Séverus recommença et alors qu'il terminait ses lettres, il sentit que son corps commençait à changer d'apparence.

« Pas maintenant. » Se dit-il - B Y E . Bye ? Tu me dis au revoir ? - Exact. Lui dit Séverus qui venait de retrouver sa voix suave et doucereuse mais dangereuse.

Ce qui alarma Arlès. Il ouvrit les yeux, mais trop tardivement pour voir Séverus, le véritable Séverus Rogue cette fois, penché au-dessus de lui et posant ses lèvres sur les siennes. Arlès se débattit en voulant dégager les lèvres qui l'emprisonnaient mais il ne pu rien faire. Le poison commençait déjà à pénétrer les lèvres et se frayait un chemin dans son sang.

- Tu ne pensais pas que j'allais te laisser me prendre mes enfants ? Lui dit Séverus en se relevant et en le regardant agoniser, les yeux roulant dans leurs orbites.

Le démon retrouva son apparence hideuse et tendit sa main vers Séverus, mimant qu'il voulait le tuer de ses propres mains. Mais il ne pu rien faire d'autre. SA main retomba lourdement et son corps cessa de s'agiter. Arlès était mort empoisonné.

- Tu salueras ta petite amie en enfer pour moi. Lui dit Séverus en s'éloignant du lit.

Il arriva au niveau du rideau, au moment où Drago revenait et entrait. Il détailla son professeur de haut en bas en écarquillant un sourcil et en souriant narquoisement.

- Vous n'avez pas intérêt à raconter ça à qui que ce soit. Je vous préviens. - Je n'ai rien dit. Vous feriez mieux de vous changer. vos enfants vous attendent. Mais nous devons nous dépêcher.

Séverus reprit sa baguette qu'il avait laissée dans la chambre d'Irène et refit apparaître son costume noir. Il appréciât de retrouver ses vêtements.

- L'accès aux cachots est libre. Lui dit Drago en passant devant lui.

En effet, le passage était libre, hormis les corps jonchant le sol, mai au moins, ils pouvaient accéder aux cachots en toute tranquillité.

- Vous auriez pu aller les chercher si vous avez éliminé tous les gardes. Lui dit Séverus en enjambant un nouveau corps. - Et vous gâcher le plaisir d'aller les chercher ? Après être passé sous Arlès ?

Drago se mit à rire devant l'air sombre de Séverus. Ils arrivèrent devant l'entrée des cachots et Séverus entendit au loin des sanglotements.

- Isolde ?Appela-t-il. Isolde ? C'est papa ! Je suis là. - Papa ? - Papa ! On est là ! S'écria Dorian en secouant les barreaux derrière lesquels ils étaient enfermés.

Drago et Séverus se précipitèrent vers le bruit métallique qu'ils entendaient avec Dorian qui frappait dessus. Ils étaient dans une cellule tout au fond des cachots. Ils arrivèrent devant et Séverus vit ses deux enfants derrière les barreaux. Il passa sa main au travers, uniquement pour les toucher. Isolde était complètement en pleurs et paniquée -comme il l'avait prévu- et s'accrochait à lui de toutes ses forces.

- Papa ! Fais-nous sortir. Lui dit Dorian.

Il allait pour sortir sa main en dehors des barreaux mais Isolde s'accrochait à lui avec désespoir.

- Isolde ! Lâche-moi. Lui dit Séverus le plus calmement possible, afin de ne pas la troubler plus. - Ne nous laisse pas ici. Pleura la fillette. - Non. Je vais vous sortir de là, mais il faut que tu me lâches.

Mais Drago l'avait déjà devancé et pointait sa baguette sur la poignée de la porte et l'ouvrait.

- Alohomora.

Mais la porte ne s'ouvrit pas.

- Ils avaient des clés. C'était la fille qui les avaient. - Irène ! Je vais aller la fouiller. Restez avec eux, je reviens. Lui dit Drago.

Déjà il s'éloignait, laissant le professeur de potions avec ses deux enfants, toujours bloqués derrière les barreaux.

- Papa. je veux rentrer chez nous. Implora Isolde en continuant de lui triturer le bras avec ses mains. - Je vais nous ramener à la maison. Mais il faut attendre que Drago soit revenu avec les clés. Calme-toi, je suis là maintenant. - Qu'est-ce qu'ils nous veulent papa ? - Ils en veulent à Ilyas. Ils voulaient vous échanger contre lui. - Ilyas ? C'est à cause de lui ? C'est à cause de lui qu'on est ici ? Parce qu'il le veulent ? - Dorian. ne parle pas de ton petit frère comme ça ! Il n'y est pour rien ! - Tout est de sa faute ! Il attire les ennuis ! - Dorian ! Ilyas n'y est pour rien. Il est habité par un esprit que beaucoup de sorciers veulent contrôler. Ils ont cru qu'en vous enlevant, nous vous échangerions contre lui. - Mais. - Dorian. Je ne veux pas que tu accuses ton frère de quoi que ce soit. Il ne sait même pas ce qui lui arrive. - Papa ! Je veux rentrer ! Continua Isolde, toujours autant paniquée et s'accrochant aussi désespérément à son père. - Isolde. Isolde calme-toi. Ca ne sert à rien de pleurer. Je vais vous ramener là-bas.

Drago revint avec un jeu de clés dans la main et passa toutes les clés dans la serrure de la cellule, jusqu'à trouver la bonne -la dernière,bien entendu. Il ouvrit la porte et Dorian se rua dehors, se jetant dans les bras de son père. Séverus l'accueillit avec plaisir mais il ne pouvait pas le serrer totalement dans ses bras, vu qu'Isolde était toujours autant accrochée à lui, de l'autre côté des barreaux.

- Isolde. Viens ! La porte est ouverte ! - Non, je ne veux pas que tu me laisses ici ! Continua la fillette en pleurant toujours. - Mais viens ! Fais le tour, la porte est ouverte. Lâche mon bras !

Drago vint à la rescousse du professeur de potions, bloqué par les barreaux et les mains de sa fille. Il l'aida à se libérer de la puissante poigne d'Isolde qui hurla alors qu'on l'enlevait du contact de son père. Séverus se releva et se précipita à l'intérieur de la cellule pour aller la prendre dans ses bras.

- Papa. Pleura Isolde en se serrant contre lui aussi fort qu'elle le pu. - Ca va. C'est terminé. On rentre à la maison maintenant. - Je veux voir maman. Continua Isolde en pleurant contre son cou. - Nous allons la voir.

Dorian s'accrocha à la cape de son père et Isolde resta dans les bras de ce dernier. Ils rebroussèrent chemin, Séverus cachant la vue des corps tombés à terre à sa fille -Dorian ne perdant rien du spectacle par contre et ajoutant ses petits commentaires :

-Wouah ! Elle est où sa têt.

Séverus le fit taire avec la main et lui fit signe de continuer sans parler.

- Il est bizarre lui ! Il est complètement à l'envers. - Dorian ! Le prévint son père.

Drago devançait les trois et arriva à la cheminée. Il entra à l'intérieur, la poudre de cheminette dans la main et prononça :

- Manoir des Malefoys.

Il disparut dans le même nuage de fumée qu'auparavant et Séverus fit entrer Dorian.

- C'est lui Malefoy ? Lui demanda Dorian. - Oui c'est lui Malefoy. - C'est drôle, je ne le voyais pas du tout comme ça. Tu crois qu'il va aussi nous donner des bonbons ? - Dorian. - Oui oui ! J'y vais !

Dorian prit la poudre de cheminette et la lança avant de disparaître à son tour. Séverus entra dans la cheminée à son tour, sa fille toujours dans les bras -celle-ci s'étant endormie- et jeta la poudre, faisant disparaître de ses yeux le repère d'Arlès.

Arrivé dans le salon de Drago, il porta délicatement Isolde au- dehors, là où devait se trouver Julia. Drago qui s'occupait de se débarrasser du corps d'Irène, encore étendue par terre.

- Maman ! Maman ! On est revenu ! Lança Dorian en ouvrant une porte, mais se trompant car il arriva dans un placard. - Par là. Lui dit Séverus en lui montrant la bonne porte.

Dorian ouvrit la porte et se rua dehors. Séverus le suivit, sentant Isolde remuer contre lui -sûrement réveillée par les bruits de son frère- et lui releva la tête.

- On va voir maman. Lui dit-il à l'oreille. - Maman ? Lui dit Isolde de sa voix endormie.

Elle releva sa tête et le regarda.

- Va la voir... Lui dit-il en souriant.

Il la déposa par terre et Isolde ne perdit pas une seconde. Elle se mit à courir hors du bureau et Séverus la suivit. Il vit Dorian dans les bras de sa mère, toujours à côté du canapé où dormait Ilyas. Julia releva la tête et vit sa fille courir vers elle.

- Maman ! - Ma chérie ! Mon bébé, viens ici ! Lui dit Julia en lui ouvrant les bras.

Isolde se réfugia dans les bras de sa mère, à côté de son frère, et pleura tout autant que le faisait sa mère.

- J'étais si inquiète mes trésors. Leur dit Julia en ne cessant pas de les embrasser.

Séverus s'approcha silencieusement et Julia releva la tête. Elle se leva, embrassant une dernière fois ses deux enfants et s'avança vers lui. Elle le regarda un moment avant de lui donner une gifle. Elle se remit à pleurer et se jeta à son cou.

- Je ne veux plus que tu me laisses ici alors que tu risques de te faire tuer. Pleura-t-elle contre lui. - Je suis désolé de ce que tu as vu. mais nous n'avions pas le choix.

Julia releva la tête et le regarda. Elle s'approcha de lui et l'embrassa passionnément. Ils furent interrompus par les jumeaux qui se collèrent à eux, demandant un peu d'attention également. Julia les serra contre elle à nouveau et essuya ses larmes. Séverus détourna son regard vers la porte et vit Drago, les bras croisés, le dos appuyé contre le montant de la porte. Il s'approcha de lui et tendit sa main. Drago le regarda un instant puis finit par tendre la sienne.

- Merci. Lui dit Séverus.

Julia arriva à son tour, et ni une ni deux, serra l'ancien Serpentard contre elle.

- Merci Drago. Merci. Lui dit-elle avant de se relever.

Drago se contenta de lui sourire en retour et regarda les jumeaux qui regardaient la pièce dans laquelle ils se trouvaient.

- Vous pouvez passer la nuit ici si vous voulez. Vos enfants ont besoin de repos. Il y a largement de quoi coucher ici.

Julia tenta un regard vers son époux et voyant qu'il ne protestait pas, fit un sourire à Drago.

- Je veux bien. Merci. - Je vais appeler l'elfe de maison. Il va te conduire aux chambres. Lusty ! Appela Drago.

Peu de secondes après, un elfe à l'apparence assez forte apparut, et se rapprocha de Drago en s'inclinant.

- Maître Drago à appeler Lusty. - Conduis cette jeune femme aux chambres d'invités. Leurs trois enfants resteront avec nous. - Bien Maître.

Lusty conduisit Julia à l'étage, portant Ilyas dans ses bras. Séverus resta un instant avec Drago avant d'aller la rejoindre.

- Vous pourrez rester ici jusqu'à la cérémonie si vous voulez. Lui dit Drago. - Les enfants doivent aller en cours. Nous ne pouvons pas rester. - Est-ce que c'est parce que les enfants doivent aller en cours ou bien est- ce que c'est le fait d'être logé par moi qui vous dérange ? - Je ne vois pas pour quelle raison je devrais être gêné d'être logé par vous. Mais je dois ramener les enfants là-bas. - Comme vous voudrez. Mais cela aurait simplifié pour jeudi. Vous vous souvenez que jeudi a lieu la cérémonie ? - Bien évidemment que je le sais. Mais je préfère rentrer chez moi. C'est très aimable de votre part de m'inviter, ma famille et moi, dans votre manoir mais disons que je préfère retrouver ma famille. Et je dirais aussi que c'est ma façon de vous remercier de m'avoir fait devenir Irène et avoir failli devenir l'amant d'un démon. Lui dit-il avant de s'éloigner.

Drago émit un sourire et le suivit dans les escaliers afin de gagner ses appartements. Séverus retrouva Julia dans une chambre, alors qu'elle refermait la porte de la chambre de leurs enfants.

- Ils dorment ? Demanda-t-il. - Oui. Isolde était exténuée. J'espère qu'elle ne va pas faire de cauchemar. - Je lui donnerais une potion si c'est le cas.

Séverus attrapa la taille de Julia alors qu'elle se dirigeait vers leur chambre et la tourna vers lui.

- Tu es toujours fâchée contre moi ? Lui demanda-t-il. - Je ne suis pas fâchée. Je suis juste déçue. - Déçue ? - Je ne voulais pas que tu tues cette femme. Il y avait certainement d'autres moyens de lui faire payer ce qu'elle a fait. Je ne voulais pas que tu retrouves tes côtés sombres. Je te l'avais dis. - Tu veux savoir ? Je n'ai pas tué Irène. C'était Drago. - Drago ? - Il l'a achevée. Je lui ai juste lancé le Doloris au début.

Julia écarquilla les sourcils et s'éloigna.

- Julia ! - Un Doloris ! Tu as raison, ce n'est pas important ! - Et tu voulais qu'on les laisse torturer nos enfants ? Tu voulais que ce soit Irène ou les enfants ? - Ce n'est pas. J'avais peur. - Peur ? Mais je t'avais dis que je les ramènerais. - Non pas peur de ça. Je savais justement que tu les ramènerais. Mais j'avais peur. que tu redeviennes comme avant. quand tu étais au service de Voldemort. Lui dit-elle en sanglotant. - Ecoute-moi. Julia, écoute-moi. Je ne serais plus jamais comme avant. C'est impossible. Pas après la vie que je mène à présent. Tout ce que tu m'as apporté, je veux le garder. Rien ne me fera changer. Bien sûr, j'ai tué un démon ce soir, mais j'étais obligé. Et tu aurais fais la même chose si tu avais été dans ma situation. Et encore, j'espère que ça ne t'arriveras jamais. - Un démon ? Il y avait un démon ?

Séverus la prit par la taille et la conduisit vers leur chambre, afin de lui raconter ce qu'il venait de se passer cette nuit. Julia écouta attentivement le passage du polynectar et surtout celui où Séverus se retrouva sous Arlès. Elle éclata de rire et n'arriva pas à se calmer. Pas avant qu'elle n'ait d'autres nausées qui l'obligent à aller dans la salle de bain. Ils finirent par se coucher tous les deux, dans le lit de la chambre d'invités du Manoir des Malefoys et laissèrent la nuit de cauchemar s'éloigner, les laissant se préparer à accueillir l'heure de la cérémonie qui libèrerait leur famille de toute cette histoire.