Chapitre 46 : Rien ne va plus…
- Voilà, on y est. Je vais t'installer dans la chambre
d'Isolde. Ne t'en fais pas, elle n'est pas adepte de la couleur rose si ça peut
te rassurer !
- Ca ira, ne t'inquiètes pas. Je pouvais aussi bien dormir sur le canapé.
- Quand même, tu seras plus à l'aise dans la chambre d'Isolde.
Julia montra la chambre de sa fille à son invité, Drago, qui allait passer les
derniers jours avant la cérémonie chez Séverus et elle. Il déposa son sac sur
le sol et regarda rapidement l'intérieur.
- Ca ira parfaitement. Tu sais, même dans le lit de Dorian, ça aurait été.
- Ilyas a un sommeil assez agité. Je ne voudrais pas qu'il te réveille.
- Il va falloir que je passe pas mal de temps avec lui de toute manière. Où est
sa chambre ?
- En face.
- Je vais me mettre là. Le Cristal doit être sur lui et surveillé le plus
possible. Où est le professeur Rogue ?
- Tu sais, tu peux l'appeler Séverus. Il ne te diras rien si tu l'appelles
comme ça.
Julia lui sourit et sortit de la pièce. Drago la suivit.
- Il est partit voir si tout allait bien avec Minerva et les professeurs. Il
sera là pour quatre heures je pense.
- Cruuunchyyyy !
- Oh non ! Pas cette horreur dans la maison Ilyas !
Ilyas venait d'apparaître et courait après son raton laveur en riant. Drago le
regarda faire d'un air amusé.
- Il a un raton laveur ? S'étonna-t-il en le voyant attraper l'animal.
- Oui. Grogna Julia.
- Regarde Drago ! C'est Crunchy ! Lui dit le petit garçon en venant lui
présenter le raton laveur.
- Où l'as-tu eu ?
- Dehors, dans le parc.
- Vraiment ?
- Tu veux jouer avec lui ?
- Peut-être plus tard. Dis-moi Ilyas, est-ce que ça te dirais de porter ça
autour du cou ? Lui demanda Drago en lui présentant le cristal accroché à une
fine chaîne.
- Baaaaah ! C'est pour les filles les colliers !
- Oui mais celui-là, il a des pouvoirs magiques tu sais ?
- Ah oui ? Et qu'est-ce qu'il fait ? Demanda Ilyas, soudain très intéressé.
- Et bien, il te fait voir des choses que tu ne vois pas normalement. Mentit
Drago.
- C'est vrai ?
- Bien sûr que c'est vrai.
- Ouais !
Drago lui tendit le collier et dès qu'Ilyas l'eut prit entre ses doigts, le
cristal se mit à briller.
- Tu vois, il brille déjà !
- Drago… Appela Julia, inquiète.
Drago lui fit signe que tout allait bien. Ilyas écarta la chaîne et l'enfila
par la tête pour l'avoir autour du cou. Il le laissa reposer sur son torse et
baissa la tête pour le regarder.
- Ca fait rien ! Y'a rien qui a changé ! Lança Ilyas.
- Ca viendra. Tu ne l'enlèves pas d'accord ?
- D'accord. Lui dit Ilyas, peu ravi de ne rien voir de nouveau devant lui.
Il s'éloigna, emmenant Crunchy avec lui et laissa sa mère et Drago seuls.
- Il ne va rien lui arriver de bizarre avec ça ? Lui demanda Julia, inquiète.
- Pas pour l'instant. Il… va devoir rester allongé jusqu'à la cérémonie à
partir de ce soir.
- Tu ne connais pas Ilyas. Il sera incapable de tenir en place plus de cinq
minutes dans son lit !
- Il ne sera pas vraiment lui.
- Quoi ?
- Ne te fais pas de soucis, il ne va pas souffrir. Il va juste être
inconscient.
- Mon petit garçon va être dans le coma et tout ce que tu trouves à me dire
c'est de ne pas paniquer ? Vociféra Julia.
Drago leva les mains devant lui pour lui demander de se calmer, toujours
serein.
- Je te dis qu'il n'y a aucun danger. Il sera comme lorsqu'il dort, c'est tout.
- Et quand allons-nous savoir qu'il doit s'allonger ?
- Dans la soirée. Il faut laisser le temps au cristal d'agir. Je t'assures que
tout se passera bien.
- Je l'espère pour toi.
Drago lui tendit un sourire rassurant et se tourna vers la baie vitrée qui
donnait sur le jardin privé.
- Je ne savais pas qu'il y avait un jardin de ce côté du château.
- Les enfants adorent y jouer.
- Dis-moi, tu avais prévu d'avoir une famille nombreuse ?
- Pas vraiment. Séverus plaisantait dessus au début de notre relation, mais à
croire que le ciel l'a écouté pour que nous ayons bientôt quatre enfants ! Et
je dois dire que je suis heureuse d'avoir tous ces enfants. Et toi ? Tu n'as
jamais pensé à avoir une famille ?
- Moi ? Non. Je préfère ma liberté. Et puis je ne suis pas d'un naturel très
protecteur envers les femmes, je suis plutôt du genre dominateur. Je ne pense
pas que ce soit vraiment ce qu'une femme recherche.
- Moi je te trouve très protecteur… spécialement avec les enfants. Tu as tort.
- La seule femme avec qui j'aurais voulu construire ma vie n'a pas voulu de
moi, je ne souhaite pas en chercher une autre…
Julia ferma les yeux et le regarda.
- Drago. Nous en avons déjà discuté l'autre jour. Arrête de te faire souffrir !
J'aime mon mari et la vie que j'ai actuellement. Je n'aurai jamais pu rêver
mieux. Je n'en changerai en aucun cas. Tu es juste un ami et cela compte
énormément pour moi.
Drago continuait de fixer l'extérieur à travers la fenêtre sans rien dire.
- Je ne peux t'offrir que mon amitié. Lui dit Julia en posant sa main sur le
bras de l'ex-Serpentard, avant de s'éclipser pour aller préparer le dîner.
Pendant ce temps, Séverus revenait du bureau de McGonagall, où il avait expliqué
ce qui s'était passé la veille. La directrice sembla comprendre la situation et
lui demanda si les enfants avaient été traumatisés. Apparemment, ils ne
l'étaient pas ou plus et cela rassura McGonagall. Rejoignant les cachots, il
vit que ses enfants avaient vite retrouvé leurs habitudes. Mauvaises habitudes.
- Dorian, je te préviens, si tu jettes cette bombabouse sur ces élèves, tu
passeras la semaine prochaine en détention.
Dorian lâcha tout et se retourna. Il fit un sourire hypocrite à son père et s'enfuit
à toutes jambes.
- A peine arrivés, vous reprenez vos mauvaises habitudes. Lança Séverus à
Isolde, restée seule.
- Ils nous ont provoqué, on a fait que répondre.
- Vous pouvez utiliser d'autres façons pour leur répondre.
- Pfff. Ils comprennent pas. Papa ?
- Hum ?
- Tu rentres à la maison ?
- Non, je dois aller préparer quelque chose pour ta mère.
- Je peux venir ?
- Si tu veux. Mais je te préviens que tu risques de t'ennuyer, ce n'est qu'une
potion.
- Pas grave.
Séverus lui sourit brièvement et ils descendirent tous les deux en direction
des cachots. Arrivés là-bas, Isolde s'installa dans le fauteuil de son père et
s'amusa à tourner sur elle-même. Séverus ne releva pas et se contenta d'aller
vers son chaudron.
- C'est pour quoi faire la potion ? Demanda Isolde en s'amusant à jongler avec
un presse papier.
- Pour les nausées de ta mère. Drago m'a donné la liste des ingrédients.
- Il est gentil Drago.
- Tu trouves ? S'étonna Séverus, trouvant soudainement que la voix d'Isolde
semblait rêveuse.
- Oui. Il reste chez nous pendant longtemps ?
- Quelques jours, jusqu'à la cérémonie qui va libérer Ilyas.
- Ah. Et il va manger avec vous ?
- Bien sûr qu'il va manger avec nous. Pourquoi cette question ?
- Pour rien. Est-ce que je pourrais rester à la maison jusqu'à ce qu'Ilyas soit
libéré ? On sait jamais, il voudra peut-être jouer avec moi…
Cela sentait le mensonge a plein nez mais Séverus ne dit roen.
- Et peut-on savoir pour quelle raison tu souhaites jouer avec ton petit frère
à présent ?
- J'ai toujours joué avec Ilyas !
- Oui en le repoussant à chaque fois qu'il veut venir avec ton frère et toi !
Drôle de façon de jouer avec lui !
- Mais je peux rester ? Au moins ce soir ? Je peux manger à la maison ?
Séverus se retourna et la regarda. Elle attendait sa réponse impatiemment et
Séverus la trouva drôlement enthousiaste.
- D'accord.
- Chouette ! Merci papa !
Nul doute qu'Isolde avait un petit faible pour le blondinet qui vivait chez eux
actuellement. Des coups frappés à la porte du bureau firent sortir Séverus de
ses pensées.
- Entrez !
La porte s'ouvrit et une élève de première année apparut, l'air paniquée.
- Qu'est-ce que vous voulez Lewis ?
- Professeur, Dorian et Owen… ils sont en train de se battre !
- Quoi ?
Isolde sauta de son siège et se précipita au dehors, son père la rattrapant
rapidement. L'élève qui était de chez Gryffondor les conduisit jusqu'au hall
d'entrée, où des élèves s'étaient rassemblés autour des deux garçons qui
s'échangeaient des coups féroces.
- Partez d'ici ! Vociféra Séverus à l'ensemble des spectateurs.
Tous se poussèrent pour le laisser s'avancer vers Owen et Dorian, qui recevait
un coup de poing dans le ventre avant de se jeter sur Owen. Séverus attrapa le
col de la robe de sorcier de son fils et le tira vers l'arrière.
- Debout Black ! Et plus vite que ça !
Séverus lâcha son fils et le regarda d'un air glacial. Owen se releva et essuya
le sang qui coulait de sa lèvre fendue.
- On peut savoir ce qu'il vous prend à tous les deux ?
- C'est lui qui a commencé ! Lancèrent automatiquement les deux garçons en se
pointant mutuellement du doigt.
- Owen !
Sirius arrivait en courant et se précipita vers son fils pour s'agenouiller
devant lui et l'observer sous toutes les coutures.
- Black, tu ferais mieux de surveiller ton fils un peu mieux, il a tendance à
sauter sur les élèves et leur dire sa façon de penser par la violence.
- Eh ! Je crois que ton fils n'est pas étranger à chaque fois ! Lui lança
Sirius en le pointant du doigt.
- Vraiment ? C'est pourtant lui que je viens de voir donner un coup de poing
dans l'estomac de MON fils !
- C'est sûr qu'il ne doit pas plus supporter les coups que son père ! Ricana
Sirius.
Séverus s'avança sans prévenir et lui assena un puissant coup dans le visage
(et c'est repartit pour un tour ! mdr), ce qui fit tituber Sirius qui s'écroula
magnifiquement sur son postérieur.
- Ne confonds pas avec toi s'il te plaît ! Lui lança Séverus avant de se
retourner et de s'éloigner en emmenant Dorian avec lui.
Bien évidemment, Sirius ne se laissa pas faire et il se releva rapidement, se
mit à courir derrière le professeur de potions et lui sauta dessus. Dorian se
poussa aussi vite qu'il le pu et se plaça à côté des élèves qui regardaient
leurs deux professeurs se battre.
- Vas-y papa ! Fais-lui mordre la poussière ! Lança-t-il.
- Dorian ! Il faut les faire arrêter ! S'indigna Isolde qui regardait la scène
horrifiée.
- Papa ! Tape-lui dans le nez ! Participa activement Owen qui se rapprochait.
- C'est ton père qui devrait s'en prendre une dans la tronche ! Lui lança
Dorian.
- Ah ouais ? Et toi alors ? Il faudrait te le refaire ton nez !
- Tu vas voir que c'est le tien que je vais refaire ! Lui dit Dorian avant de
se jeter à nouveau sur lui.
Les élèves assistèrent donc à un double combat, mêlant d'un côté les deux
professeurs, et de l'autre leurs deux fils qui s'assenaient la même correction
–en un peu moins fort tout de même.
- BLACK ! ROGUE ! RELEVEZ-VOUS TOUT DE SUITE AVANT QUE JE NE VOUS ENVOIE UN
SORTILEGE IMPARDONNABLE DANS LE DERRIERE !
Les élèves se poussèrent une nouvelle fois en voyant arriver la directrice,
aussi rouge qu'une tomate, qui s'avançait vers les combattants. Sirius et
Séverus étaient tous deux à terre, à quelques centimètres l'un de l'autre,
complètement essoufflés et essuyant le sang qui coulait de part et d'autre de
leur visage. Owen et Dorian continuaient de se battre et McGonagall se dirigea
vers eux. Elle les tira violemment vers l'arrière et les sépara. Elle ne les
ménagea pas et les laissa tomber à côté de leurs pères respectifs.
- Je veux vous voir dans mon bureau dans cinq minutes. Tous les deux !
Vociféra-t-elle en direction de Sirius et Séverus. Serpentards et Gryffondors,
vous perdez soixante points chacun.
Puis elle se retourna et s'éloigna d'un pas énervé et disparut de la vue de
tous.
- Owen, on rentre. Lui dit Sirius.
- Mais 'pa !
- J'ai dit on rentre !
Sirius se releva et le poussa en avant et ils s'éloignèrent du hall d'entrée.
- Papa… Appela Isolde en tendant une main tremblante vers Séverus.
- Va dire à ta mère que je serais en retard. Lui dit Séverus d'une voix
tremblante de nervosité.
- Tu es sûr que ça va ?
- Tu m'as entendu ? Lui hurla-t-il.
Isolde exorbita ses yeux et resta figée devant l'air furibond que venait de
prendre son père –tout comme les autres élèves. Elle paniqua et s'éloigna en
courant jusque chez eux.
- Toi tu rentres à la maison et tu restes dans ta chambre. Lança-t-il à son
fils en le pointant du doigt.
Dorian ne demanda pas son reste et préféra partir.
- Et vous, retournez dans vos salles communes ! Vociféra-t-il sur les élèves
présents.
Les élèves sursautèrent une nouvelle fois et s'éclipsèrent en discutant entre
eux sur ce qu'il venait de se passer. Séverus regarda le hall se vider, le sang
pulsant à ses tempes. Il se tourna vers la fenêtre et d'un geste vif, son pied
vint frapper contre le mur. Il sentit à peine la douleur. La rage la remplaçant
amplement.
Il s'éloigna et monta les escaliers en direction du bureau de la directrice.
Quand il arriva là-bas, Sirius s'y trouvait déjà, sa main appuyant sur son œil
boursouflé avec un sachet de glace. Ils se jetèrent un regard aussi glacial que
le paquet qu'avait Sirius dans la main.
- Vous ne pensez pas que vous en avez assez fait ? Intervint McGonagall.
Séverus la regarda. Ce regard noir qu'elle lui tendait ! Il ne l'avait jamais
vue aussi énervée.
- Assis. Ordonna-t-elle.
Séverus se plaça dans le siège voisin à celui de Sirius en s'écartant un peu.
McGonagall s'avança et se dirigea vers la fenêtre, leur tournant le dos.
- Trois fois. Cela fait la troisième fois que vous vous battez cette année. Et
nous ne sommes même pas à la moitié du terme ! Vous rendez-vous compte de
l'image que vous générez aux élèves ? Que vous sépariez vos deux fils,
d'accord. Mais que vous, deux professeurs d'une école de sorcellerie anglaise,
vous vous mettiez à vous rendre des coups, je ne l'admet pas. Et je ne
l'admettrai jamais. J'avais espéré que vous vous calmeriez et que vous
parviendrez à établir une trêve entre vous ! Cela fait assez longtemps, je
pense, que vos histoires ont le mérite d'être oubliées et surtout laissées de
côté. Vous êtes adultes par Merlin et vous agissez encore comme des
adolescents. Exactement comme le font vos deux fils ! Pourquoi pensez-vous
qu'ils agissent comme vous le faites ? Vous leur avez transmis votre propre
haine mutuelle ! Quelle sera la prochaine étape ? Tendre un piège à l'autre ?
- Ou l'envoyer se promener sous un saule cogneur… murmura Séverus.
Sirius lui lança un regard meurtrier et McGonagall se retourna vivement.
- Apparemment, vous n'avez pas compris Séverus.
- Oh si j'ai parfaitement compris. Mais il est hors de question que je pardonne
quoi que ce soit à cet imbécile qui a joué avec ma vie plus d'une fois durant
notre scolarité à Poudlard. Si lui et ses amis ne m'avaient pas choisi comme
tête de turc, je lui aurai peut-être pardonné mais je suis rancunier sur le
fait qu'on ait profité de ma faiblesse en étant seul contre eux tous. La fine
équipe des Maraudeurs bien sûr ! Trouver le petit Rogue et s'amuser avec lui
jusqu'à ce qu'il implore pour qu'on le laisse tranquille ! Vous pouvez dire
tout ce que vous souhaitez, je ne ferais rien du tout qui ait un rapport avec
lui pour oublier ce que LUI m'a fait ! C'est lui le fautif dans cette histoire
! Ce n'est pas moi qui le persécutait pour m'amuser.
- Tu n'étais pas le dernier pour nous lancer des sort dès qu'on avait le dos
tourné je te rappelle ! Et qui nous a rendu tous malades pendant une semaine
avec ses potions ? Etudiant et déjà empoisonneur ! Et qui a fait en sorte qu'on
soit tous en retenue pendant un mois parce qu'on a crû que c'était nous qui
avions mis le feu à la salle de classe du prof de DCFM ? Hein ? Tu l'as oublié
ça !
- Je n'ai fais que me venger de ce que vous m'aviez fait dans le réfectoire !
Tu croyais peut-être que j'allais laisser passer la fois où je me suis retrouvé
avec la tenue de clown pendant que je rentrais ?
Sirius allait répliquer mais au même moment, McGonagall eut un rire étouffé.
Ils tournèrent la tête tous les deux vers elle et elle se calma.
- Vous trouvez ça drôle Minerva ? Vous trouvez drôle d'être la risée de toute
l'école et d'entendre les mêmes rires que vous venez de faire ? Vous ne savez
pas combien de temps ces rires m'ont hanté ! Vous pouvez rêver pour que je lui
pardonne un jour pour tout ce qu'il m'a fait.
Sur ce, il se dirigea vers la porte et l'ouvrit à la volée et sortit, claquant
la porte avec violence derrière lui. Il descendit les marches presque en
courant et se dirigea vers les cachots. Le seul endroit où il voulait se
retrouver. Il arrivait dans le couloir menant à son bureau quand il entendit
Julia l'appeler.
- Séverus !
Il ne s'arrêta pourtant pas et continua sa progression. Julia se mit à courir
après lui et le rattrapa par le bras. Elle fit le tour de son époux et le
regarda d'une expression peinée en reprenant son souffle.
- Mon dieu Séverus, il faut te soigner ! Tu as des pl…
- Laisse-moi tranquille. Lui dit-il en la poussant.
Julia resta bouche bée devant son attitude mais n'abandonna pas pour autant.
Elle le suivit une nouvelle fois et retint la porte avec la main quand il la
referma derrière lui après être entré dans son bureau.
- Séverus…
- Retourne là-haut et occupe-toi de Dorian. Et n'oublie pas de le féliciter
d'avoir donné une leçon au fils de Black.
- Est-ce que tu t'entends parler ? Tu encourage ton fils à se battre !
- Ecoute, j'ai déjà eu assez avec Minerva, je n'ai pas envie d'entendre tes
leçons de morale également.
Séverus se laissa tomber dans son fauteuil et plaça sa tête entre ses mains.
Julia avança alors doucement vers lui et s'agenouilla devant lui. Elle posa ses
mains sur les siennes et attira sa tête contre elle. Séverus se laissa tomber
de son siège et se blottit contre elle en l'enlaçant. Il ne bougea plus et resta
simplement appuyé contre son cou. Il releva la tête au bout de quelques minutes
et la regarda. Julia passa la main sur son front et poussa les mèches qui lui
collaient au front.
- Laisse ta rancœur de côté et vis ta vie. Laisse ton passé derrière toi.
Il acquiesça faiblement et Julia lui sourit. Elle s'avança vers lui et caressa
ses lèvres des siennes.
- Je t'aime. Lui dit-elle en lui souriant.
Il lui sourit et se laissa embrasser et pousser sur le sol. Julia continua de
l'embrasser et commença à lui déboutonner sa veste fermée jusqu'au col.
- Les enfants sont tous seuls… Lui souffla-t-il sous son baiser.
- Drago les surveille.
Elle termina de déboutonner la veste et la lui ôta. Elle resta à califourchon
sur lui et de son doigt, effleura à peine les boutons de la chemise de Séverus
et celle-ci s'ouvrit. Séverus écarquilla un sourcil en voyant cela et reporta
son regard vers sa femme.
- C'est un nouveau truc que j'ai appris dans un livre.
- Je ne veux même pas savoir le nom de ce livre. Lui dit-il en reposant sa tête
sur le sol.
Julia lui sourit et plaça ses mains dans son dos afin de faire glisser la
fermeture éclair de sa robe. Elle la fit ensuite glisser le long de ses épaules
et apparut en soutien gorge devant lui. Elle sentit que Séverus commençait à
apprécier le spectacle qu'il avait devant lui et redescendit un peu pour
s'attaquer aux boutons de son pantalon. Elle l'ouvrit et glissa la main à
l'intérieur de son boxer, le prenant par surprise. Il sursauta et la regarda
pleinement alors qu'elle commençait des mouvements de va et vient avec sa main.
Elle s'abaissa ensuite devant lui et sa bouche prit le relais de ses mains.
Séverus haletait et cherchait à trouver une prise sur quelque chose, le plaisir
commençant à le submerger de plus en plus. Il attrapa un des pieds de son
bureau et le serra avec force, Julia accentuant ses sussions de plus en plus
fortement. Elle le libéra quand il eût atteint son orgasme, hurlant presque, et
remonta sur lui, poussant légèrement sa robe pour pouvoir se positionner sur
lui. Séverus n'eut pas un instant de répit car Julia commençait déjà se
balancer sur lui en plaçant ses mains à côté de ses jambes, vers l'arrière. Il
l'attrapa par la taille et la regarda s'activer sur lui. La dernière fois
qu'ils étaient restés entièrement dans cette position, il était sous l'effet de
l'aphrodisiaque, mais cette fois il n'avait rien prit et qui sait ce qu'il
pourrait arriver s'ils continuaient ? Séverus sentait que cela le brûlait de
plaisir et il se retenait pour ne pas la prendre une nouvelle fois avec
violence. Il s'agrippa encore plus à sa taille, plantant ses ongles dans sa
peau et faisant sursauter Julia à ce niveau.
- Tu veux… changer ? Demanda-t-elle, saisie par le plaisir qui naissait en
elle.
- N… Non…
Julia lui sourit et se pencha vers lui pour l'embrasser. Séverus attrapa cette
fois les fesses de sa femme et la poussa plus profondément en lui, ce qui fit
gémir Julia. Elle accentua bientôt ses mouvements de bassin et quelques minutes
plus tard, ils gémirent leur plaisir qui avait fini par les submerger et ils
s'embrassèrent violemment.
- Bon écoute Rogue, je vais pas y aller par quatre chemins, c'est Minerva qui
m'envoie ne t'en fais pas et… et… et… je vous laisse…
Séverus et Julia tournèrent la tête précipitamment vers Sirius qui venait
d'entrer et sortit presque aussitôt en les voyant dans cette position.
- Tu n'avais pas verrouillé la porte ? Lui demanda Séverus.
- J'ai oublié…
Ils se regardèrent et éclatèrent de rire. Julia finit par se relever et se
rhabilla, Séverus en faisant de même.
- Ta braguette… Lui dit-elle en la pointant du doigt.
Séverus baissa la tête et nota qu'il ne l'avait pas refermée. Il la zippa et
passa sa robe de sorcier sur les épaules.
- Je pense que Sirius souhaite te parler. Lui dit Julia.
- Celui-là, qu'il aille au diable. Je ne lui parlerai pas.
- Séverus ! Comment veux-tu que cela s'arrange entre vous si…
- Je n'ai pas envie que cela change entre nous. Je ne le supportes pas et je le
hais. Je ne vois pas pourquoi j'aurais à lui présenter des excuses alors que
c'est lui qui m'a fait toutes ces crasses !
- Et toi, ne lui en as-tu jamais fait ?
- Seulement pour me venger de celles qu'il m'avait faites. Je ne suis pas un de
ses Maraudeurs qui s'amusaient à faire des blagues sur moi pour passer le temps
!
- Le temps a passé justement !
- Le temps ne changera jamais rien et n'essaie pas de me faire changer
d'opinion. Black est un idiot et il le restera toute sa vie ! Maintenant viens,
on rentre à la maison.
- Pas avant que tu parles avec Sirius.
Séverus la regarda d'un air énervé et finit par quitter son bureau. Il eut la
mauvaise surprise de trouver Sirius qui attendait justement dans le couloir,
les bras croisés sur le torse, l'air pensif.
- Encore là ? Lui lança Séverus, sarcastiquement.
- On a fini ? Lui dit Sirius, sur le même ton.
- Oui et je vais te dire une chose, si tu n'étais pas arrivé on y serait encore
!
- Désolé d'avoir interrompu le programme de monsieur !
- Si tu es venu pour me lancer tes éternelles vannes, tu peux rentrer chez toi,
j'ai assez vu ta face aujourd'hui.
- D'accord… Je suis venu pour essayer de trouver une solution à notre…
mésentente.
- Mésentente ? Tu appelles ce que vous m'avez fait subir, toi et tes copains,
une mésentente ? Je suis désolé mais moi je n'appelle pas cela une simple
mésentente !
- Ecoute, on était jeune et…
- Et tu en vois souvent des jeunes qui envoient un élève sous un saule cogneur
pour essayer de le tuer ?
- Tu ne vas pas recommencer avec ton saule cogneur !
- Oh si je vais recommencer. Ce n'est pas toi qui a failli y rester ce soir-là
! Toi tu profitais bien du spectacle !
- Et qui t'as sauvé ? James. C'est sûr qu'on était vraiment la pire espèce de
sorciers ! Mais nous on est tout le temps restés du bon côté. On n'a pas été
voir du côté d'un certain Mage Noir !
- Ah oui ? Et Pettigrow ? Il est resté du bon côté lui ? Quel bel exemple de
trahison que celui-ci ! Moi au moins, j'étais du mauvais côté depuis mon
enfance ! Mais lui, avoir été l'un des célèbres Maraudeurs et terminer comme
loque de Voldemort, cela me fait bien rire !
- Ne me parle pas de lui ! Je t'interdis !
- Tu m'interdis hein ? Et pourquoi ne profiterais-je pas du point sensible du
célèbre Black ? Un de ses amis qui passe chez leur ennemi et qui les trahi !
Quelle joie j'ai ressentie ce jour-là !
- C'est sûr qu'un Mangemort comme toi ne pouvait qu'apprécier ce genre de
tournures ! Au fait, est-ce que tu as dis à ta famille que tu en étais un
Mangemort ? Je ne sais pas s'ils ont déjà vu ta marque des Ténèbres sur le bras.
- Ma femme le sait et elle le comprend très bien étant donné que je ne suis
plus du côté des forces du mal. Mais toi… quelle preuve a-t-on que tu n'as pas
réellement été l'assassin de James et Lily Potter ?
- Je vais te tuer…
- Arrêtez !
Julia s'interposa et se plaça entre les deux sorciers qui allaient recommencer
à s'échanger des coups.
- Vous ne comprendrez donc jamais rien tous les deux ! A quoi cela sert-il que
vous vous battiez éternellement ? Vous êtes du même côté bon sang !
- Erreur, moi j'ai toujours été du bon côté. Je n'ai pas servi Voldemort. Je ne
sais pas comment on peut pardonner à un homme dans son genre. Lui vociféra
Sirius.
- Moi je lui ai pardonné ses erreurs. Séverus était peut-être un Mangemort mais
il est revenu du côté de la Magie Blanche. Il a aidé à la destruction de
Voldemort et pour cela, je lui pardonnerai toutes ses erreurs. Comme il dit, il
a été habitué aux mauvais côtés et à la Magie Noire depuis son enfance et pas
par volonté, et ce que vous lui avez infligé pendant toute sa scolarité à
Poudlard n'a certainement pas amélioré sa façon d'être et de penser. Si vous
aviez cessé d'en faire votre souffre-douleur, il aurait peut-être été du bon
côté depuis le début ! Mais au lieu de ça, il suffisait de s'en prendre à lui
au lieu de lui proposer votre aide !
- Je ne voulais pas de leur aide et encore moins de leur pitié. Je les
détestais depuis le début et je ne les apprécierais jamais. Lui dit Séverus.
- Séverus, j'essaie de t'aider, ce n'est pas la peine d'être aussi sarcastique
à mon égard.
- Même sa femme n'arrive pas à le changer, ça prouve la mentalité… Lança
Sirius.
- Toi je ne t'ai pas demandé ton avis Médor. Julia m'a apporté les seules
choses que je n'ai jamais eues et ce n'est pas un minable dans ton genre qui
l'insultera ! Tout ce que vous m'aviez fait, elle seule a réussi à me les faire
oublier avec le temps.
- Elle n'a pas réussi à t'enlever ta Marque ni tes sarcasmes !
- Sa Marque est peut-être toujours là mais elle n'est visible que lorsqu'il est
énervé et je me fiche de cette Marque. Et il ne serait peut-être pas aussi
sarcastique si on ne le cherchait pas comme tu le fais ! Et tu disais que tu
voulais trouver une solution à vos querelles ? Mais je vais t'en dire une moi :
Laisse-nous et évite de croiser notre chemin à nouveau ! Lui lança Julia.
Séverus la regarda à la fois étonné et fier. Elle osait dire à Sirius de ne
plus les approcher, elle qui venait de dire le contraire juste avant.
- Très bien. Au fait Rogue, j'ai un message qui vaut pour nous deux, de la part
de McGonagall. On a une semaine de suspension et un blâme sur nos dossiers.
Donc si tu espérais avoir un Ordre de Merlin pour ton ancienneté en tant que
professeur, tu peux continuer de rêver ! Je vous laisse à vos… affaires !
N'oubliez pas de nettoyer, on risque de relancer les rumeurs à votre sujet si
on voit des traces suspectes sur vous…
Sirius s'éloigna en serrant les poings et quitta les cachots. Séverus se tourna
vers Julia et l'enlaça. Mais elle le repoussa. Il la regarda et la vit avec le
visage crispé.
- Lâche-moi ! Regarde un peu ce que j'ai fait ! Je t'ai encouragé alors que je
voulais que vous arrêtiez de vous chamailler comme deux vulgaires gamins ! Tu
vas aller le trouver et présenter tes excuses !
- Quoi ? Hors de question.
- Fais-le ou je te jures que je fais un malheur. Et que tu passeras le reste de
tes nuits sur le canapé.
- Tu as perdu la raison ? Il est hors de question que j'aille m'excuser ! Je
n'ai rien à m'excuser de toute façon.
- Tu es idiot ou tu le fais vraiment exprès ? Je t'ai entendu depuis le début
et c'est toi qui a commencé ! Il était là pour faire une trêve et toi tu l'as
envoyé balader ! Quand cela va-t-il finir Séverus ? Je commence vraiment à
saturer là. Toujours entendre les mêmes rengaines, Black est un idiot, Black
est un pauvre fou qui devrait être à Ste Mangouste, Black-ci, Black par là…
J'en ai marre, tu m'entends ? Si tu me fais encore un coup comme ça, je te fais
prendre une potion qui te rendra impuissant jusqu'à la fin de tes jours ! Alors
je te conseille d'aller le voir et de faire la paix !
Julia le regarda une dernière fois et s'éloigna en fonçant, telle une furie,
hors des cachots.
- Ce n'est vraiment pas le moment pour que j'aille jouer le chien-chien à son
maître qui vient s'excuser après avoir fait une bêtise ! Lui lança-t-il. On a
d'autre priorités je te rappelle !
- Tu n'auras qu'à aller le retrouver après la libération d'Ilyas ! Là tu
n'auras plus de priorités ! Lui dit-elle avant de complètement disparaître des
cachots.
Séverus regarda le sol, perdu dans ses pensées et finit par avancer à son tour
pour quitter les cachots, n'ayant pas aperçu la paire d'yeux sombres, les
larmes stagnant au coin, qui le regardaient s'éloigner, dissimulé derrière l'un
des piliers dans le couloir.
Arrivé chez lui, Séverus trouva Drago assis dans le canapé occupé avec Ilyas.
Il leva la tête vers son ancien professeur et lui fit signe d'aller dans la
cuisine.
- Elle est là… Souffla-t-il.
Séverus s'y dirigea alors et trouva Julia, le dos tourné, occupée à peler des
pommes de terre d'un geste vif.
- Ecoute…
- Non toi écoute ! Lui dit Julia en le pointant avec son couteau que Séverus
regarda avec appréhension.
- Tu as l'intention de me planter avec ça ?
- Je pourrais m'en servir pour te couper autre chose si je voulais. Lui
dit-elle en le regardant dans les yeux.
Séverus écarquilla les sourcils et préféra reculer. Il tomba assis sur une
chaise de la cuisine.
- Tu vas me faire le plaisir d'aller lui parler et d'enterrer la hache de
guerre. Ca en devient vraiment stupide !
- J'irais ! Mais pas maintenant. Nous avons d'autre soucis que celui-ci et qui
sont plus importants.
Julia le regarda et posa les mains sur les hanches, le couteau toujours dans sa
main.
- Bien ! Mais dès que tout ça est terminé, tu vas le voir.
- Oui ! Lui dit Séverus d'une voix excédée. Et arrête de me parler comme à un
gamin.
- C'est parce que tu ES un gamin.
Julia retourna alors à son occupation et le laissa sans voix.
- Tu veux bien aller voir Dorian ? Je l'ai soigné tout à l'heure mais je
voudrais m'assurer qu'il n'a pas tourné de l'œil. Il s'est prit un mauvais coup
dans l'œil.
- J'y vais…
Séverus se leva et sortit de la cuisine. Drago était toujours là, en train de
jouer avec Ilyas et Crunchy. Il le regarda passer et reporta son attention sur
l'enfant. Séverus avança et se dirigea vers la chambre de son fils.
- Dorian ? Demanda-t-il en frappant.
Aucune réponse. Séverus entra et scruta la chambre.
- Do…
- Pardon. Le coupa la voix de son fils, peu aimable.
Dorian passa à côté de son père et entra dans la chambre et s'allongea sur son
lit, en lui tournant le dos.
- Où est-ce que tu étais ? Tu aurais dû rester ici pour te reposer.
- J'étais partis voir les Weasleys.
- Tu pouvais attendre.
Séverus le regarda avec attention. Dorian ne bougeait pas.
- Tu veux discuter de ce qu'il s'est passé ?
- Non.
- Je ne voulais pas me battre, je sais que j'aurais dû éviter devant vous…
- Ca fait rien. Tu peux sortir s'il te plaît ? Je voudrais dormir un peu avant
de manger.
- D'accord. Tu m'appelles si tu as un problème.
Dorian ne répondit rien et Séverus sortit. Il vit la porte d'Isolde se refermer
rapidement et il fronça les sourcils. Il frappa à celle-ci.
- Isolde ?
- Mmhhh. Quoi ? Lui dit la voix de sa fille, peu rassurée, à travers la porte.
- Est-ce que ça va ?
- Euh… oui ! Pourquoi ?
- Tu ne veux pas m'ouvrir ?
- Je suis pas habillée là.
- Et qu'est-ce que tu fais nue à cette heure ?
- Je me change pour manger.
- Encore une nouveauté ?
- On a un invité, il faut bien que je me change !
Séverus écarquilla un sourcil et chercha une réponse à lui dire.
- Très bien…
Décidément, il ne comprenait rien au comportement de sa fille. C'était bien la
première fois qu'elle se changeait pour passer à table. Il se dirigea vers la
salle de bain et s'y enferma pour prendre une douche. Quand il fut prêt, il
alla dans la chambre et y trouva Julia qui fouillait dans la commode.
- Tu cherches quelque chose ? Lui demanda-t-il.
- Oui, tu n'aurais pas vu mon soutien gorge ? Tu sais celui qui amplifie les
formes ?
- Que veux-tu que je fasse de ça ? Je préfère le voir sur toi !
- Il a disparu. Je suis sûre qu'il était là ce matin !
- Et pourquoi veux-tu mettre celui-là ce soir ? Parce qu'on a un invité aussi ?
- Quoi ? Pourquoi est-ce que tu me dis ça ?
- Isolde s'est mis dans la tête de se changer pour le dîner parce qu'on a un
invité ! Ta fille m'inquiète.
- Oh ! Tu sais, je crois qu'elle a un petit faible pour Drago. Elle a été
incapable de lui dire quoi que ce soit quand elle est arrivée ici tout à l'heure.
- Il est un peu vieux pour elle, tu ne crois pas ? Comment peut-elle lui
trouver quelque chose ? Et elle est trop jeune !
- Séverus, un de ces jours je te ferais un cours sur le fonctionnement des
filles à son âge…
- Elle était tout à fait bien quand on était chez lui ! Elle ne lui trouvait
rien ! Je ne sais pas ce que tu vas t'imaginer ma chérie.
- Tu verras ce que je te dis… Enfin, ça ne me dit pas où il es passé mon
soutien gorge en attendant. (gnarf gnarf mdrrrr)
- Tu n'as qu'à pas en mettre, moi ça me convient.
- Ca risque de faire négligé à table.
Séverus s'approcha derrière elle et se mit à fouiller dans le tiroir. Il en
sortit un ensemble qu'il tendit à sa femme.
- Tiens, celui-là !
Julia l' examina attentivement et fit une moue amusée.
- Ca m'aurait étonné. Toujours le même. Je me demande à quoi il sert vu ce
qu'il cache…
- Justement. Moins il y en a, meilleur c'est !
- Obsédé !
- Non, juste amateur du corps de ma magnifique femme. Lui dit-il avant de
l'embrasser.
- Va donc proposer un apéritif à Drago, il doit arriver à saturation avec
Ilyas.
- Où est-ce que tu l'as installé au fait ?
- Il veut dormir dans la chambre des garçons. Pour garder un œil sur Ilyas.
- De toute façon Dorian retourne dans son dortoir après le repas.
- Tu l'as vu ? Il allait bien ?
- Il était sortit sans nous le dire. Il avait envie de dormir avant de manger.
- Ah ? Etrange. J'espère qu'il n'a rien de sérieux après cette bagarre. Tu
pourras lui donner une retenue quand il ira mieux. Ca lui apprendra à se
battre.
- C'est prévu.
- Mais toi aussi tu vas avoir une retenue pour t'être battu, ne t'en fais pas.
- Pardon ?
- Oui. Tu vas rester une semaine sans travail, je me trompe ? Et bien tu vas
pouvoir t'occuper de la maison pendant ce temps là ! Le ménage a grand besoin
d'être fait !
- J'appellerai les elfes de maison.
- Non, c'est interdit ! C'est ta punition.
- Quoi ? Et quoi encore ?
- Oh, et deuxièmement, pendant cette semaine… petite diète.
- Diète ? Diète de quoi ?
- A ton avis ? Lui dit-elle en esquissant un sourire ironique.
Séverus la regarda et ouvrit la bouche.
- Ah non ! Hors de question !
- Pardon ? Mais, c'est ta punition pour avoir été un mauvais garçon ! Tu
dormiras dans la chambre d'Isolde et tu ne me toucheras pas avant que cette
semaine ne soit terminée. Et cela prend effet dès la semaine prochaine !
- Tu ne peux pas me faire ça ! Julia !
Julia sortit en ondulant des hanches –rien que pour l'énerver- et le laissa là.
Séverus sortit à son tour et alla rejoindre Drago dans le salon. Ilyas avait finalement
été appelé par sa mère pour prendre son repas et se trouvait dans la cuisine.
- Un whisky ? Proposa Séverus à Drago en allant vers le bar.
- Ce n'est pas de refus.
Séverus servit donc deux verres et en donna un à Drago avant de s'asseoir dans
le fauteuil.
- Alors, votre fils s'est battu avec Black ?
- Et il a bien fait…
- Séverus !
Séverus leva les yeux au ciel et Drago esquissa un sourire.
- C'est amusant de voir à quel point vous avez changé grâce à Julia.
- Mais il y a toujours des personnes qui cherchent à me voir redevenir comme
avant… Lui dit-il d'un air pensif.
Ils discutèrent un moment en buvant leur alcool et finirent par passer à table
lorsque Julia les appela.
- Dorian ! Isolde ! A table !
Julia s'installa en face de son époux, Drago en bout de table comme à chaque
fois qu'ils recevaient un invité. Dorian arriva bientôt et s'assit à côté de sa
mère en gardant son regard porté vers son assiette, l'air boudeur.
- Oh allez ! Ce n'est pas grave, tu l'auras la prochaine fois ! Lui dit son
père.
- Séverus !
Dorian continua cependant de bouder et commença à jouer avec des miettes de
pain.
- Où est Isolde ? Demanda Julia.
- Elle n'a pas fini de se préparer ? Ironisa Séverus.
- Isolde !
- Oui j'arrive ! Ca va ! Pas la peine de hurler !
- Je te prierai de parler à ta mère cor…rec…te…
Séverus fut incapable de dire la suite quand il vit arriver Isolde qui s'assit
à ses côtés. Tous avaient le regard porté vers elle en exorbitant les yeux au
maximum. Drago, lui avait un sourire amusé en coin et regardait la fillette
avec amusement.
- Isolde. Tu es sûre que ça va ? Lui demanda sa mère.
- Oui, pourquoi ?
- On peut savoir ce qu'il t'es passé par la tête ? Lui demanda son père.
- Bah quoi ? Y'a rien !
Séverus allait répliquer mais Julia lui fit signe de ne rien dire en
s'empêchant de rire. Et il y avait de quoi rire. Isolde avait mis une de ses
robes d'été à la mode moldue et qu'elle adorait par-dessus tout. Elle s'était
maquillée assez fortement –sans l'avoir remarqué- et s'était coiffée d'une
façon assez étrange. Une sorte de natte qui se terminait en queue de cheval un
peu folle. Mais le plus drôle était surtout au niveau de sa poitrine. Elle qui
n'avait rien du tout à cet endroit-là habituellement se retrouvait dotée de
deux bosses trop imposantes pour sa petite taille et qui avaient l'air assez «
boursouflées ». Et tout était assez regroupé vers le centre, comme si elle
possédait un soutien gorge qui amplifiait le tout. Seul Dorian explosa de rire
en la regardant.
- Je crois que t'as un mouchoir qui dépasse de ton mmmmm….
Julia venait de mettre sa main sur la bouche de son fils pour le faire taire et
lui fit signe de ne rien dire.
- Isolde… heu… tu n'as pas quelque chose à nous dire ? Lui demanda Séverus, un
peu mal à l'aise.
- Ouah ! Isolde elle a mis des nénés pour faire comme maman ! Lança Ilyas qui
arrivait et qui voyait sa sœur pour la première fois.
Le rouge monta rapidement aux joues de la fillette qui baissa la tête au dessus
de son assiette.
- Dis donc, c'est pour plaire à Drago que tu mmmmmm… Lança Dorian avant d'être
une nouvelle fois arrêté par sa mère.
Les lèvres d'Isolde formèrent un rictus signalant qu'elle n'allait pas tarder à
pleurer. Elle avait déjà les yeux brillants.
- Isolde elle aime Dragoeuh ! Chantonna Ilyas.
Cette fois, Isolde se leva et courut se réfugier dans sa chambre.
- Isolde ! Non ! Merci Dorian. Lança Julia avant de se lever à son tour pour
aller voir sa fille.
Dorian la regarda s'éloigner en continuant de ricaner.
- Dorian arrête ! Lança Séverus.
- Bah quoi ? Elle est bête de s'être déguisé aussi. Elle est complètement
ridicule comme ça.
- Moi je l'ai trouvée très jolie. Lui dit Drago.
- Bah c'est ce qu'elle voulait apparemment. Mais elle ressemble plus à un clown
qu'à autre chose.
- Dorian, tais-toi. Je crois que tu as fait assez de gaffes ce soir.
- Je crois qu'il y en a un qui a fait plus que des gaffes ici… Murmura Dorian
en regardant son verre.
Séverus et Drago le regardèrent en fronçant des sourcils.
- Qu'est-ce que tu as dis ? Demanda Séverus.
- Rien.
- Dorian. Qu'est-ce que c'était supposé dire ?
- Rien ! S'énerva Dorian.
- Dorian, je te préviens que si tu me caches quelque chose…
- Quoi, tu vas me lancer un Doloris ? Remarque ça te rappellerait des souvenirs
en tant que Mangemort !
Dorian lui avait dit ça en le regardant avec toute la haine qu'il pouvait avoir
dans le regard. Il se leva de table et s'enfuit hors de l'appartement. Séverus
échangea un bref regard avec Drago et se leva pour partir chercher son fils.
- Dorian ! L'appela-t-il quand il le vit au loin dans le couloir.
- Laisse-moi !
Séverus se mit à courir après lui et le rattrapa. Dorian se débattit quand son
père le saisit par les bras mais Séverus tint bon.
- Non ! Laisse-moi ! Je ne veux plus te voir ! Tu es un assassin ! Lâche-moi !
Assassin. LE mot qu'il n'aurait jamais voulu entendre dire par ses propres
enfants. Assassin. Voilà comment Dorian le voyait à présent. Comment l'avait-il
su ?
- Ecoute-moi !
- Non ! Je te hais !
Dorian se débattait dans ses bras mais Séverus ne le lâchait pas.
- Tu as… torturé et… tué… s'effondra Dorian en pleurant.
Il arrêta de s'agiter mais se laissa aller à ses sanglots. Séverus s'agenouilla
devant lui et le cala contre lui pour essayer de le réconforter.
- Pourquoi ? Pourquoi est-ce que… t'as menti ? Pourquoi tu étais avec Voldemort
? Pourquoi est-ce que je suis TON fils ?
Il recommença à s'agiter et à frapper le torse de son père.
- Tu peux me haïr mais tu ne peux pas m'empêcher de t'aimer.
- Aimer ! Tu ne sais pas ce que c'est qu'aimer ! Les Mangemorts ne connaissent
pas ce mot !
- Alors comment expliques-tu que j'aime ma famille plus que tout au monde ?
Vous êtes tous ce qu'il m'est de plus cher ! Je ne suis pas un Mangemort. Je ne
le suis plus. Tu n'étais même pas né que j'avais déjà cessé d'agir pour
Voldemort !
- Pourquoi est-ce que tu étais avec lui ? Je ne veux pas être le fils d'un
assassin ! Hurla Dorian.
- Parce que je n'avais plus de vie ! Je n'étais rien ! Je croyais qu'en allant
le rejoindre, je trouverai un groupe auquel j'appartiendrai ! Mais je m'étais
trompé. Vous êtes la seule famille que je n'ai jamais eue. Oui j'ai tué, oui
j'ai torturé mais j'ai racheté mes fautes et cela n'a pas été sans souffrir à
mon tour ! Et je pourrais tuer à nouveau si on s'en prenait à vous. Je l'ai
déjà fait hier soir en tuant un démon pour venir vous chercher. Je ne suis pas
blanc comme neige mais j'ai appris à revivre et à me conduire comme un sorcier
normal. Grâce à ma femme et à mes enfants. Tu n'es pas le fils d'un assassin.
Tu n'as rien à voir avec cette période là.
Dorian le regarda et baissa les yeux, toujours autant de tristesse dans le
regard.
- Je te promets que je ne suis plus du côté de la Magie Noire. Je n'ai plus
rien à voir avec Voldemort et ses Mangemorts. C'est vous maintenant mon avenir.
Et je ne le changerai pour rien au monde.
Dorian ne dit rien mais il posa ses mains sur l'avant-bras de son père.
- Est-ce que tu l'as encore ?
Séverus ferma les yeux et acquiesça. Il releva sa manche et présenta sa baguette
au-dessus.
- Reveletum Esacaries.
Aussitôt après, la Marque des Ténèbres apparût, aussi noire et nette qu'au
début. Il avait réussi à trouver ce charme pour la dissimuler, ne laissant
qu'une infinie petite partie de la tâche qui pouvait la faire passer pour une
tache de naissance. Seule Julia en connaissait réellement la véritable forme.
Et Dorian à présent. Ce dernier approcha ses doigts de la Marque et fit suivre
son doigt le long du serpent.
- Pourquoi est-ce que tu ne l'as pas enlevée ?
- Quand tu l'as inscrite sur toi, c'est pour la vie. La mort de Voldemort n'a
rien changé. Je n'ai réussi qu'à la dissimuler. Tu vois à quel point je suis
fier d'avoir ce fardeau gravé sur ma peau.
Séverus rabaissa sa manche et le regarda. Il passa la main dans les cheveux de
son fils et lui sourit.
- Je ne veux pas que tu sois malheureux. Mon passé est trop sombre pour que tu
puisses le comprendre et comprendre les raisons qui m'ont poussées à rejoindre
Voldemort. Un jour je te dirais ces raisons. Mais pas pour le moment.
Il se releva et le regarda.
- Il vaut mieux rentrer. Ta soeur a quelque chose qui ne va pas non plus.
- Elle s'est juste entichée de Drago. Comme toutes les filles d'ailleurs.
- Pourquoi, Drago est venu dans votre salle commune ?
- Avec maman.
- Je comprends dans ce cas. Allez viens, on nous attend sûrement.
Ils repartirent à l'appartement, Dorian tout de même un peu déboussolé. Quand
ils arrivèrent, ils ne trouvèrent personne à table.
- Julia ?
Des sanglots leur parvinrent jusqu'aux oreilles et Séverus se précipita jusqu'à
l'endroit d'où ils provenaient –la chambre d'Ilyas et Dorian. Il trouva sa
femme à côté du lit d'Ilyas, les mains devant la bouche et les yeux
ruisselants. Drago était à côté d'Ilyas –couché dans son lit- et tâtait le
front du petit garçon.
- Julia ?
Julia tourna les yeux vers son époux et s'avança vers lui en pleurant avant de
se loger contre lui.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Lui demanda Séverus, inquiet.
- C'est le processus de déroulement avant la cérémonie. Ne vous inquiétez pas.
Lui dit Drago.
- Pourquoi est-ce que tu es dans cet état ? Demanda Séverus à sa femme.
- Ilyas… il est tombé… et maintenant, il… il ne se réveille plus !
- Julia, je t'avais dis que ça se passerait comme ça. Lui dit Drago.
- Il va bien ? Demanda Séverus en s'approchant du lit d'Ilyas.
- Oui, ne soyez pas inquiet. Il est juste dans une sorte de transe.
- Quand va-t-il se réveiller ?
- Après la cérémonie normalement.
- Normalement ? Pourquoi, il peut y avoir des exceptions ? S'impatienta Séverus.
- Ecoutez, je n'ai jamais eu de cas encore concret avec un possédé du Krwi. Je
ne peux pas vous dire quand il se réveillera mais il se réveillera. Il faut le
laisser maintenant.
Drago se dirigea vers la porte, les attendant pour qu'ils le suivent. Julia
s'approcha du lit de son fils et s'agenouilla à ses côtés. Elle lui prit la
main et l'embrassa sur le front.
- Maman est là mon trésor. Tu vas vite revenir avec nous, je te le promets.
Elle l'embrassa encore et encore jusqu'à ce que Séverus vienne la relever, lui
arrachant un gémissement de grande tristesse et de détresse.
- Viens…
Il la conduisit au dehors et alla l'aider à s'allonger. Elle ne pourrait pas
rester debout de toute manière. Quand il fut assuré qu'elle se reposait, il
rejoignit Drago dans le salon. Dorian était encore là.
- Tu as mangé ? Lui demanda-t-il.
- Oui. Répondit simplement Dorian.
- Tu ferais mieux de retourner dans ton dortoir.
Dorian acquiesça en regardant au loin et se leva. Il sortit de l'appartement
sans dire bonsoir et Drago et Séverus se retrouvèrent seuls. Seuls avec
Crunchy. (imaginez le tableau ! mdr) D'ailleurs le petit animal semblait
comprendre que son maître avait des soucis car il n'arrêtait pas de tourner en
rond en piaillant, l'appelant sûrement.
- Et Isolde… Comment va-t-elle ? Se rappela Séverus.
- Elle va mieux. Julia l'a consolée et elle a fini par s'endormir. Il ne faut
pas lui en vouloir. Beaucoup de filles de son âge font ce genre de… choses.
- Je ne m'attendais pas à ce qu'elle fasse ça en attendant.
Drago eut un sourire amusé et Séverus le regarda.
- Est-ce que tout sera prêt pour Ilyas ?
Drago le regarda.
- Ne vous inquiétez pas. Tous les membres de l'organisation sont prêts depuis
longtemps. La prêtresse va achever sa transe et elle nous contactera pour qu'on
lui amène Ilyas et l'autre partie du cristal. Vous ne pourrez pas assister à la
cérémonie par contre. Nous vous redonnerons Ilyas quand nous l'aurons libéré.
- Ilyas m'a dit quelque chose hier quand nous étions au manoir. Il a dit que
Krwi allait l'inviter chez lui et…
En voyant Drago fermer les yeux un bref instant, Séverus s'inquiéta.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Il a vraiment dit ça ?
- Oui. Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Il est juste dit dans le livre de la communauté relatif au Krwi, que lorsque
le « possédé » est contacté par le Krwi, l'informant qu'il va être en relation
directe avec lui, il est dit que l'élu devra passer les trois prochaines lunes
en transe.
- QUOI ? Vous voulez dire par là que mon fils va devoir rester dans le comas
pendant trois mois ?
- En résumé, oui. Je suis désolé. Je ne pensais pas que Krwi le contacterai de
ce côté-là. Il semblait avoir terminé ses communications directes avec Ilyas.
Séverus laissa sa tête retomber entre ses mains et resta dans cette position
jusqu'à ce qu'il sente la main de Drago sur son épaule.
- Je suis vraiment désolé. Mais Ilyas aura tout oublié quand il reviendra parmi
nous, ça je peux vous le garantir.
- Et en attendant, qui va le remplacer ? Personne. Nous ne verrons plus notre
fils pendant trois mois maintenant. On peut juste le regarder et ne rien faire.
- Estimez-vous heureux que le Krwi ne lui ait pas dit qu'il resterait avec lui
jusqu'à la fin de sa vie ! Il l'a épargné car il savait qu'un destin tragique
vous arriverais si Ilyas venait à disparaître. Ilyas vous l'a montré, je me
trompe ? Il vous a montré ce qu'il se passerait si jamais vous ne le conduisiez
pas à la cérémonie…
Aussitôt, les images de ce rêve prémonitoire assaillirent Séverus et la vision
de Julia mourrant de chagrin lui revinrent nettement. Il se leva, énervé, et
s'éloigna. Il se dirigea vers la chambre d'Ilyas et referma la porte derrière
lui. Il avança vers la lueur qu'émettait le cristal autour du cou du petit
garçon et s'agenouilla à côté de lui. Il lui prit la main –la même que Julia
venait de prendre à l'instant- et la serra entre les siennes.
- Patiente juste quelques temps. Bientôt tu reviendras parmi nous, je te le
promets.
Ilyas semblait juste endormi et son visage n'exprimait aucune expression. Séverus
s'approcha de lui et le serra dans ses bras, laissant ses larmes couler le long
du cou de son fils.
