Message : Voilà la suite après presque ( bah si, tiens ) un mois d'absence. Je suis désolée pour le retard et j'espère que, malgré tout, il me reste quelques lecteurs. Je ne répondrai pas aux reviews du dernier chapitre par manque de temps, et j« ,en suis désolée également. Je me rattraperai, promis. Oh, et... si la fin ne vous plaît pas... Attendez la suite! Elle viendra vite, promis. Bisou!
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Et s'il y avait encore de l'espoir ?
Je devins espion, un agent double. Voldemort croyait que je continuais à amasser des renseignements pour lui alors que, malgré les apparences, c'était tout le contraire. Avec l'aide de Rogue et la mienne, l'Ordre put, et cela à de multiples reprises, sauver la vie d'innocents. Des dizaines de Mangemorts furent arrêtés et certains furent condamnés au Baiser du Détraqueur, grâce à quelques rares d'entre eux qui étaient toujours avec nous. Les autres furent enfermés à Azkaban à perpétuité.
La guerre faisait rage mais Poudlard était toujours, heureusement, un endroit sûr. La population de l'école s'accrut. Entre les murs du collège, nous étions tous en sécurité.
Je participais aux réunions de l'Ordre à Londres. Potter y assistait également en tant que témoin muet. Pendant qu'il était au 12, Square Grimmaurd, son regard était encore plus hanté que de coutume. McGonagall finit par m'apprendre que l'endroit était l'ancienne demeure de Sirius Black, parrain de Potter, qui avait perdu la vie deux ans plus tôt. Je n'en su pas plus, mais cela me suffit amplement.
Malgré tout, je ne pouvais m'empêcher de le surveiller. Et je savais bien qu'il en était conscient, même s'il ne m'en parlait pas. Pendant ces réunions où nous étions assied face-à-face, je lui jetais des coups d'oeil que je voulais discrets. Quant à lui, il me souriait. Je fus d'abord surpris. Les autres également, mais il n'en tenait pas compte.
Il ne parlait à personne et semblait parfois bouillir littéralement sur place. Je devinai très vite que son inactivité dans cette guerre ne lui plaisait guère. On ne le laissait sortir de l'enceinte de Poudlard que lors de ces rencontres, et encore, avec difficulté.
- J'ai l'impression d'être un prisonnier de guerre, m'avoua-t-il un jour.
Dumbledore rencontrait tous les anciens et nous avions été gentiment priés de quitter la pièce. Je l'avais suivis jusqu'à l'étage et avais pénétré à sa suite dans une chambre éclairée dans laquelle était paresseusement couché un grand hypogriffe qui se leva lorsqu'il nous vit. Je le reconnu immédiatement.
- Il ne te fera rien si tu lui montre du respect, me dit le Survivant. Viens plus près.
Je m'approchai lentement et, avec prudence, m'inclinai. L'animal fit de même et je soupirai de soulagement. Potter caressait tendrement l'encolure de la bête, le regard lointain. Nous ne nous étions pas retrouvés seuls depuis l'épisode des cachots. C'était deux mois plus tôt. Mars se terminait.
- C'est à qui parviendra à m'avoir. Bien sur, Tom veut me tuer, mais il aimerait largement plus que je me joigne à lui. Je préfère la mort au déshonneur.
Je vins près de lui et le regardai conjurer le cadavre d'un rat mot qui vola jusqu'à nous. Buck n'en fit qu'une bouchée.
- Les rangs de Voldemort s'amenuisent. La guerre ne durera pas indéfiniment, lui rappelais-je.
- Tu as raison, je suppose.
- Que comptes-tu faire, ensuite ?
- Ensuite ? Répéta-t-il, fonçant les sourcils.
- Oui, comme profession, continuais-je. Tu voulais devenir Auror, non ? Je te verrais plutôt comme attrapeur professionnel.
- C'est un compliment ? S'enquit-il, un brin sournois.
Je haussai les épaules.
- Prends-le comme tu veux. Mais tu voles très bien sur un balai, personne n'osera prétendre le contraire. Et tes piqués... comment tu fais ?
- Je n'ai pas peur de toucher le sol. ( Clin d'oeil inconscient, j'ai écrit ça il y a un bail! )
Il se remis à caresser l'animal qui posa sa tête sur son épaule.
- J'ai reçu des offres pour jouer dans plusieurs équipes professionnelles. L'Angleterre m'a déjà envoyé plusieurs demandes.
- Et ?
- J'ai refusé.
- Mais pourquoi ? M'étais-je étonné. Tu adores le Quidditch, non ?
- Bien sur. Mais ce n'est qu'un jeu.
- Alors que feras-tu ?
- Me reposer.
Il me fit un sourire et je me sentis lui répondre par la pareille.
- Et toi ? Demanda-t-il.
- Partir en voyage. Loin de l'Angleterre, si possible. Et puis prendre du bon temps sous les palmiers.
- Tu sais faire ça, toi ? Me taquina-t-il.
- Tu serais étonné, Potter. Qu'est-ce que tu crois ? Je suis un vilain garçon... Et si tu n'es pas convaincu, tu n'as qu'à venir avec moi... On apprendrait à mieux se connaître, qu'est-ce que tu en dis ?
Mais qu'est-ce que je racontais ?
- Ce serait bien, dit-il à ma plus grande surprise.
Il administra une dernière caresse à Buck et se tourna vers moi.
- Il se fait tard. Que dirais-tu de rentrer ?
J'acquiesçai et nous descendîmes. Alors que j'allais ouvrir la porte du grand salon dans lequel se trouvait les membres de l'Ordre, il posa sa main sur mon avant-bras, juste sur la Marque des Ténèbres, invisible sous mon pull à manches longues. Je l'interrogeai du regard, contenant un frisson.
- Je suis content que tu sois avec nous, Drake.
Je passai outre le surnom, assez agréable soit dit en passant, et ne me préoccupai que de l'expression de son visage que je n'arrivais pas à traduire. Il exerça une dernière pression sur mon bras et passa devant moi pour rejoindre Dumbledore qui nous attendait, souriant étrangement.
Apprendre ce qu'est la guerre
La remise des diplômes arriva enfin, ou déjà selon les avis. Le mien, cela va sans dire. Je ne voulais pas quitter le château qui m'apparaissaient comme un havre de paix.
Mais la cérémonie ne fut pas joyeuse, contrairement aux attentes de beaucoup de mes condisciples. Alors que Dumbledore faisait son discours, une vague de froid intense s'abattit sur nous. De la forêt interdite sortirent des centaines de Détraqueurs qui, par je ne sais quel miracle, avaient réussi à franchir les barrières de sécurité magique de l'école.
Les élèves les plus vieux restèrent tandis que les autres entraient rapidement à l'intérieur, entourés des préfets. Je me rappelle encore cette sensation de malaise et de désespoir qui nous happait tous. Certains, confrontés aux plus horribles moments de leur existence, pleuraient ou hurlaient, et le reste des combattants reculaient face aux anciens gardiens de prison qui avaient pour l'occasion enlevé leurs masques, montrant à tous la chaire putride et grisâtre de leur visage, ainsi que leur cavité buccale dont ils désespéraient de se servir sur ces âmes à portée d'eux...
Alors que je plongeai à mon tour dans l'abîme, la foule se fendit soudain, s'écartant sur le passage d'un énorme et magnifique cerf argenté. De ses bois puissants, il anéanti des dizaines de créatures à lui seul avant que n'apparaissent enfin d'autre patronus. Les enseignants conjuraient eux aussi et, au bout d'une demi-heure, nous étions fin seuls. Je rejoignit Harry et le reste de l'Ordre, tous présents.
Réunis en cercles, les Serpentard, parlaient à voix basse. Comme moi, eux n'avaient pas été prévenus de l'attaque et la colère et le ressentiment se lisaient sur leurs visages. Ils vinrent vers nous et nous déclarèrent que cette guerre était désormais la leur également. Le fait que Voldemort ne se soucie que de la victoire et non pas de leurs vies les révoltait. Bien que la raison de leur engagement n'était pas pour ainsi dire la meilleure, nous les acceptâmes dans nos rangs. Le désir de vengeance, tel un parfum capiteux, flottait autour de nous.
Et alors que nous parlions d'éventuelles représailles, Harry tomba à genoux, gémissant de douleur. Je me suis précipité mais avant que je n'ai pu le toucher, il a relevé la tête. Ses yeux étaient devenus rouge sang et leurs pupilles horizontales. McGonagall poussa un petit cri et le visage du Survivant se déforma d'un horrible rictus malsain. Ses lèvres bougèrent et, d'une voix froide, il ricana :
- Il semblerait que l'heure soit venue de régler nos comptes.
Puis, ses yeux sont revenus verts et je l'ai attrapé juste avant qu'il ne s'écroule sur le sol. J'ai serré son corps flasque contre moi en me tournant vers Dumbledore.
- Que s'est-il passé ?
- Voldemort, a murmuré Harry contre mon torse.
- Repose-toi, ai-je murmuré.
- Plus tard.
Il a regardé le vieux mage.
- Il nous attends. Tout près du manoir Jedusor.
- Saurais-tu nous y conduire ? A demandé l'homme qui ne paraissait soudain plus frêle du tout.
Harry a hoché positivement la tête.
- Bien, je vais prévenir les autres.
Avec Dumbledore à sa tête, la petite foule s'est dirigée vers le château, nous laissant seuls.
- Ça va ? Lui ai-je demandé.
- Aide-moi seulement à me relever, dit-il.
Je me suis exécuté. Il chancelait, aussi laissai-je un bras autour de sa taille.
- Que s'est-il passé ? Demandai-je.
- Il a prit possession de moi.
- Quoi ?
- Ça ne me fait pratiquement rien, parce que mon corps n'accepte pas sa présence et la rejette. Il ne parvient qu'à rester que pendant très peu de temps, mais chaque fois, cela me choque. Ça passera.
- Sûr ?
- Certain.
Il a levé les yeux vers le ciel qui s'assombrissait, le soleil disparaissant lentement à l'horizon.
- Il fera bientôt nuit, constata-t-il.
Il se retourna vers moi et je constatai alors à quel point nous étions proches.
- Et toi, ça va ?
- T'inquiète pas.
Il serra mon bras.
- Beaucoup mourrons.
- Je sais, ai-je hoqueté, la gorge serrée.
- Ce sera dur.
- Nous allons gagner.
- J'aimerais partager ton assurance. Comment savoir ce que nous réserve demain ?
- J'ai confiance en toi. Et cela vaut toutes les certitudes.
Je l'attirai dans une étreinte, le serrant de toutes mes forces. Il me répondit autant qu'il le pu.
- Tu es un grand sorcier, Harry. Plus puissant que Lui, malgré les apparences.
- J'ai peur, avoua-t-il. Je ne veux décevoir personne.
- Je serai fier de toi, et ce quoi qu'il arrive.
Il s'écarta légèrement et me regarda dans les yeux.
- Tout se passera bien, ajoutai-je encore.
Il n'a rien dit, baissant la tête et fermant les yeux.
- Ton père sera là-bas, me dit-il finalement. Tu arriveras à lui faire face ?
- Il n'est plus mon père. Il est l'ennemi. J'ai une nouvelle famille qui vaut mille fois l'ancienne.
Il m'a sourit et a posé son front contre mon épaule, se nichant au creux de mon cou.
- Je suis si fatigué... a-t-il soupiré.
- Ce sera bientôt fini.
- Oui...
- Et tout de suite après, je te kidnappe.
- Vraiment ?
- Bien sur, je t'emmène sur une île déserte et je te force à te reposer.
Il rit contre ma peau, me faisant frissonner.
- Je ne t'ai jamais remercié...
- Pourquoi ? Demanda-t-il.
- Pour tout. Sans toi, je ne serais pas ici.
- Tu aurais fini par t'apercevoir que Voldemort manipulait ses fidèles.
- Mais qui sait quelles horreurs j'aurais pu commettre auparavant. Tu as sauvé mon âme.
Il s'est de nouveau redressé et, de son pouce, a caressé ma joue. J'ai saisit sa main dans la mienne, me logeant contre elle.
- Après la bataille, il faudra que l'on parle, murmurai-je.
Une larme coula, quittant son lac d'émeraude.
- Harry ?
Je voulu effacer l'intruse mais n'en eu pas le temps. Il saisit mes lèvres entre les siennes et je répondis automatiquement à son baiser. D'abord fougueux, il devint progressivement doux lorsque nos langues se rencontrèrent. Je ne saurais dire combien de temps nous restâmes ainsi, enlacés au milieu de parc, mais maintenant, même l'éternité me paraît éphémère si c'est avec lui qu'elle s'écoule.
Lorsque nous nous séparâmes, nos fronts demeurèrent collés l'un contre l'autre. Il posa un dernier baiser sur mes lèvres.
- Sois fort.
Il m'entraîna à l'intérieur et nous avons rejoint les autres pour nous préparer. Nous nous sommes armés d'amulettes protectrices et avons enfilé des tuniques spéciales qui rendaient faciles les mouvements, bien utiles lors des combats. Tandis qu'en équipe nous nous jetions des sorts de protection, Dumbledore demanda à parler à Harry et l'entraîna à l'écart. Il lui remit une grande épée incrustée de pierres précieuses.
- C'était celle de Godric Griffondor, dit le vieil homme. Il est normal qu'elle revienne a son héritier.
Harry prit l'arme blanche par sa garde et leva la lame étincelante à la hauteur de ses yeux. Il mit sa paume sur son côté tranchant et l'y fit glisser. Lorsqu'il l'en a retirée, le métal était teinté de rouge, de son sang. Autour de nous, les gens se réunissaient. Ils le regardaient tous, semblant attendre de sa part un quelconque signal. Il le perçut.
- Allons-y, dit-il.
Court récit d'une bataille
Flashback
Pov Draco
La bataille fait rage. L'aube naît lentement à l'horizon. Depuis l'aurore, nous combattons. L'épuisement est là, bien présent, mais nous le repoussons. Nous n'avons pas droit à l'erreur. Les sorts fusent et les corps dans vie jonchent le sol. Beaucoup sont stupéfixiés, Mangemorts essentiellement. Car eux ne s'embarrassent pas.
Des éclairs multicolores travaillent le ciel, mais ce sont les verts que je guette le plus. Qui sait qui ils atteindront.
Je contourne un corps, ne prenant même pas garde à son identité. Dans la mort, les rôles sont-ils toujours importants ? Une victime est une victime, un cadavre de plus à ensevelir au final.
Un coup d'oeil me permet de voir que l'Ordre et ses paires gagnent du terrain. Les Mangemorts commencent à reculer, certains s'agenouillant en guise de soumission. Aucun d'entre eux ne porte l'une de leurs habituelles cagoules, comme s'ils revendiquaient ainsi leur fierté d'être les monstres sans pitié qu'ils sont. Qu'ils n'ont pas peur... Ils m'écoeurent.
J'ai dû essuyer et éviter plusieurs sorts depuis notre arrivée. Ma trahison n'a pas plu. Et ce n'est pas terminé. La haine est visible sur le visage de Lucius Malfoy tandis qu'il s'avance vers moi.
- Traître, siffle-t-il.
Il lève sa baguette vers moi mais je le prends de vitesse, lançant un Expeliarmus qui le désarme. J'attrape sa baguette au vol et le menace de la mienne. Il me regarde, moqueur.
- Me tueras-tu, Draco ? M'enlèveras-tu la vie comme tu as renié ton sang ?
- Les êtres tels que vous ne méritent pas la mort. Ils croupissent au fond d'une geôle.
- Mon maître me sauvera. Et il te tuera.
- Il mourra, Voldemort ne survivra pas. C'est la fin, père, comprenez.
Il sourit ironiquement.
- Le Seigneur des Ténèbres gouvernera notre monde, fils. Quant à ceux qui sont de race inférieure ou qui ne veulent reconnaître sa supériorité, il les annihilera, les massacrera jusqu'au dernier.
Je le regarde proférer et en moi, l'enfant pleure. Il pleure pour ce qu'est devenu son père, pour ce qu'un autre a fait de lui. Pour le pardon d'un homme condamner à la folie éternelle.
- Regardez autour de vous, dis-je en secouant la tête. Nous vainquons. Nous vous défaisons. Ce sera bientôt terminé.
- Peut-être dis-tu vrai, Draco. Mais nous ne partirons pas avant d'avoir combattu... Et à ce propos, aurais-tu vu ce cher Survivant, récemment ?
L'étincelle dans ses yeux m'inquiète. Je jette un regard aux alentours. Lucius se met à rire démentiellement. La peur me contracte le ventre. Je stupéfie mon père et cris son nom. Aucune réponse ne me parvient.
Je me mets à courir en direction du boisé qui côtoie le versant sud du Manoir Jedusor. C'est comme si mon coeur savait et dirigeait mes pas. Je ne sais pas où je me dirige, mais je sais qui j'y trouverai.
Fin du Flashback
Vous avez déjà ressenti ce déchirement dans l'âme, cet affreux sentiment qu'on vous arrache ce que vous avec de plus précieux ? C'est atroce. Je halète et ai envi de hurler, de pleurer. Je me maudis de ne pas avoir remarqué auparavant sa disparition, de ne pas avoir su ce qu'il projetait de faire. Ou du moins de tenter.
C'est à cet instant que j'ai compris. Que j'ai tout compris. Les regards, les paroles sans parcelles de futur, la larme solitaire et finalement son baiser, dernier au revoir avant que nous ne partions combattre. Il avait tout prévu. Je l'ai su, tout simplement, comme dans un flash de conscience, et je me suis mis à courir encore plus vite. Chaque minute comptait. Pourquoi n'avais-je pas compris tout cela bien avant ? Pourquoi avoir eu si peur de reconnaître mes sentiments ? Et s'il était trop tard ?
Et soudain, alors que j'allais franchir la barrière des arbres, je suis tombé. Je ne pouvais plus bouger tellement la douleur était forte, pire encore qu'un Doloris, mais je luttai férocement pour m'en défaire. Quand enfin elle s'atténua, je compris soudainement. Je relevai la manche gauche de ma robe de combat pour découvrir la surface immaculée de mon avant-bras. La Marque des Ténèbres n'y était plus. Comme si elle n'y avait jamais été. Ma gorge se noua et je criai encore son nom tout en me remettant debout.
Je parvins dans la clairière, courant toujours, et comme jamais.
Et je le vis enfin, et me figeai d'horreur.
- Harry !
FIN DE L'ÉPISODE
Mouah ah ah ah ah!
