Patty : merci, grâce à touts vos reviews, je trouve le rab de courage qui me manque parfois
gaelle griffondor : je continue, promis
Ankou : déjà tenté de connaître la tentation ? Elle arrive assez vite...
Kinou : t'aime pas dunkirk ? oh...
Padmacho : les deux autres tomes ont évidemment été écrits après le premier. Le troisieme devrait bientôt être terminé en VO, ainsi que le 1bis (l'équivalent de l'episode 1 pour la guerre des étoiles, même si ce ne sera pas une trilogie)
Matt, Dumati : la suite...
*****
Harry s'allongea sur l'herbe avec contentement, sentant le soleil réchauffer son torse nu. Il avait prit un bon déjeuner (Le couple au numéro sept Magnolia Crescent les nourrissait plutôt bien) et il se sentait en paix. Il aimait travailler avec Nigel, Trevor et Sam, transformant les jardins à l'arrière, sur les côtés et devant la maison en paradis tropicaux (ou aussi près de ce que l'on pourrait avoir dans le Surrey).
Nigel et Trevor étaient
frères, vingt-deux et vingt-quatre ans.
Malgré le
fait qu'ils aient l'air presque identiques et que Trevor
ne soit l'aîné de Nigel que de deux ans, il avait
un air d'autorité que son frère n'avait
pas. Ils avaient des cheveux et des yeux noirs, et leurs sourcils
étaient si sévèrement archés qu'on
aurait dit qu'ils étaient tous les deux perpétuellement
surpris. Sam était le plus vieux de tous, quelque part dans
les trente ans, mais taciturne, et clairement pas intéressé
pour être le patron. Il avait des cheveux bruns roux et les
yeux marron, ainsi qu'une collection étonnante de
tatouages sur sa poitrine, ses bras, ses mollets… et
probablement sur d'autres endroits de son corps que seule sa
petite amie Vera voyait (son nom était sur son avant-bras).
Des choses qu'il disait, et que Trevor et Nigel disaient, Harry
avait compris qu'il avait récemment été en
prison.
Harry n'avait en fait pas vu Dick depuis qu'il avait commencé à travailler. Trevor était le responsable de ce chantier. Dick en supervisait un autre dans les environs de New Stokington. Lors de son premier jour, Harry s'était présenté à Trevor qui l'avait présenté aux propriétaires de la maison, Bobbie et Tery Galbraith. Ils possédaient plusieurs boutiques à Londres et dans la banlieue qui vendaient des vêtements de surplus militaire provenant du monde entier, et modifiés par Bobbie pour être davantage dans le style du 'look d'aujourd'hui. (Le design était de Bobbie. La couture était faite par des filles immigrées d'une vingtaine d'années selon Nigel). Harry avait l'impression que cela avait déjà été fait avant, mais il ne le dit pas à Mrs Galbraith qui payait pour redesigner sa propriété, pas pour qu'on la critique dans ses affaires.
Trevor avait frappé à la porte ce premier matin, sa main sur l'épaule de Harry, quand Bobbie Galbraith avait répondu, portant un pantalon de treillis et un blazer bleu taillé par-dessus un gilet qui avait l'air d'un gilet pare-balles. Elle portait aussi des chaussures de combat avec de hauts talons.
« B'jour, M'dam. Voici Harry Potter, un nouveau gars. Y va bosser avec nous sur vôt' chantier. »
Elle l'avait regardé de la tête aux pieds, évaluatrice. « Bien, d'accord. Terry et moi devons aller à Londres. Nous rentrerons tard. »
« Très bien, M'dam. » avait répondu Trevor. Harry avait eu un moment très dur pour ne pas superposer une peau verte et de grands yeux protubérants à Trevor, car il avait le même nom que le crapaud de Neville Londubat, et c'était tout ce à quoi Harry pouvait penser à chaque fois qu'il lui parlait.
Soudain, Mr Galbraith était apparu, poussant sa femme pour passer et saluant de la tête Trevor et Harry, et appelant son épouse par-dessus son épaule. « Dépêche toi, mon amour ! Le trafic est sensé être pourri… »
Elle s'était engouffrée devant eux, claquant la porte derrière elle. Les Galbraith avaient marché à grandes enjambées vers l'allée et étaient montés dans leur grosse voiture allemande. Terry avait enfilé des gants de conduite. Harry n'avait jamais vu personne avant utiliser de tels gants. La voiture avait démarré rapidement et fluidement, et en un clin d'œil, ils étaient partis. Harry était assez certain qu'ils allaient bien au-delà de la limitation de vitesse de Magnolia Crescent.
Harry aimait ce que Trevor avait dit à Bobbie. C'était un des gars maintenant. Il aimait travailler avec Sam, Nigel et Trevor. Ils étaient faciles à vivre et cela ne les dérangeait pas de travailler dur. Ils l'acceptaient sans poser de questions et ne lui posèrent aucune sur sa cicatrice. A midi, tous les jours, ils allaient dans la cuisine de Galbraith, où on leur laissait de la nourriture dans le réfrigérateur, en plus d'une bouteille de bière brune pour chacun. Harry déclina la sienne et but simplement de l'eau le premier jour. Trevor parla à Bobbie, et après cela elle fournit à Harry du Coke.
« Elle pensait que tu avais dix-huit ans, vraiment » lui dit Trevor avec un petit coup de coude et un clin d'œil. Harry rougit à l'idée de Mrs Galbraith le considérant comme un adulte. Elle lui rappelait une version brune d'Alicia Spinnet (sauf pour ses goûts légèrement bizarres en matière de vêtements).
« Alors » avait dit Nigel à Harry pendant qu'ils déjeunaient, un éclat espiègle dans ses yeux. « T'as une caille, Harry ? »
Harry allait lui dire qu'en fait il avait une chouette des neiges quand il réalisa que Nigel parlait d'une petite amie. Il pensa à Hermione, l'imaginant dans la cour de sa maison, prenant le soleil, peut-être dans son bikini… et il se sentit encore rougir. Nigel rit.
« Est-ce que je dois comprendre que ce rouge écarlate est un 'oui', Harry ? »
Il rit avec eux, prenant une autre bouchée de son sandwich, acquiesçant.
« J'ai pensé que tu devais en avoir une. Sans les lunettes, j'ai plutôt l'impression que tu dois les repousser avec un bâton. »
« Avec quel bâton, ça c'est la question ! » coupa Trevor, donnant encore un petit coup de coude à Harry.
Il se sentit chauffer depuis le cou une fois de plus. Trevor et Nigel eurent un rire entendu, échangeant des regards malicieux, tandis que la protestation calme de Sam « Allez, allez. » passa inaperçue.
« Bien, heu, en fait j'ai pensé que quelques filles pouvaient m'aimer, mais ce n'était pas vraiment le cas, elle faisaient juste semblant parce que… bien, c'est vraiment dur à expliquer… »
« Oh, je vois. » dit Trevor, et pendant un instant, Harry fut paniqué qu'il le voie vraiment. « C'était un pari, n'est-ce pas ? »
« Quelque chose comme cela. »
« Ca c'est dur, Harry, vraiment » le plaignit Nigel. « Vraiment dur pour l'ego d'un homme. »
« Mais ta caille est pas comme ça, pas vrai Harry ? » poursuivit Sam. Harry pensa un instant à Hermione, six mois durant sous l'effet de cette potion…
« Non, non, Sam. Hermione n'est pas comme cela. »
« Her-mi-oh-ne » chanta Nigel. « Mon Dieu, mon Dieu. Elle a un sacré nom. Tu as fait ton affaire avec 'Her-mi-oh-ne' Harry ? »
Harry vira immédiatement au rouge foncé. Nigel rit, mais Trevor dit « Nigel ! C'est pas tes oignons ! Fous-lui la paix ! »
« Allez, Trev, est-ce qu'un gars ne peut pas vivre par procuration ? »
« Nigel, tu sais même pas ce que ça veut dire. »
« Sûr que si. Et je viens juste de l'utiliser bien, pas vrai Harry ? »
« heu.. » dit Harry la bouche pleine.
« Nigel » dit doucement Sam. « même si Harry n'a été avec sa caille qu'une fois, il a vu plus d'action que toi lors de ces trois dernières années… »
« Quatre » le corrigea Trevor en souriant.
Sam pouffa de rire, et puis tous les autres, même Nigel succombèrent au rire contagieux. Après avoir fini de manger, ils se retirèrent à l'arrière du jardin pour profiter du soleil. D'abord, Harry avait trouvé difficile de ne pas penser à Hermione à ces moments là. Mais aujourd'hui, il trouvait difficile de ne pas se rappeler de l'homme torturé dans le bois (et cependant, il souhaitait mieux pouvoir voir son visage…). Il fut content lorsque ce fut l'heure de reprendre le travail, qui était une distraction bienvenue.
Quand il eut dit au revoir à ses collègues ce soir-là, il alla jusque chez Mrs Figg, un pâté de maison après Arden Circle. Il rentra avec la clé qu'elle lui avait donnée et appela. « Bonjour ? Mrs Figg ? C'est Harry Potter. J'ai fini de travailler. » Il y eut le silence pendant trente secondes. Un chat rayé d'orange se frotta contre ses jambes, et il s'accroupit pour le gratter derrière les oreilles, le faisant émettre un gros ronronnement. Puis une porte claqua à l'étage, et il entendit Mrs Figg dévaler le couloir de l'étage, descendre en courant les escaliers vers Harry. Le chat eut l'air alarmé et s'enfuit vers la cuisine.
« Chut ! » lui siffla-t-elle en colère. « Que penses-tu faire, en rentrant ici en criant comme cela ? Conduis-toi comme un humain civilisé, au lieu d'un homme élevé dans une grotte. »
« Bien, en fait… » commença-t-il, puis il y repensa. Il avait failli la corriger, lui dire que ce n'était pas tant une grotte qu'un placard sous les escaliers. De plus, c'était elle qui avait fait peur à son chat.
Mais il lui dit humblement « Oui, madame. ». Elle mit soudain sa main contre sa poitrine, et Harry s'étonna de cela. Allait-elle bien ? Elle était arrivée en descendant les escaliers assez vite. Ce qui lui semblait étrange maintenant qu'il y pensait. Il ne l'avait jamais vue aller plus vite qu'en traînant des pieds nonchalamment. Mais mettre la main sur sa poitrine semblait en quelque sorte… forcé. Elle n'avait pas l'air à bout de souffle. Essayait-elle de susciter sa sympathie, ou de le faire se sentir coupable de l'avoir fait courir ? Il n'était pas sûr. Il commença à monter les escaliers, mais elle était sur son chemin. Il alla à gauche et elle fit pareil. Il glissa à droite et elle bougea encore pour le bloquer.
« Heu, après le travail, j'ai habituellement besoin d'une douche » essaya-t-il d'expliquer. Elle fit un pas de côté et le laissa passer mais comme il montait les escaliers, elle le suivit de près. Quand ils atteignirent la salle de bain, Harry lui expliqua sans conviction « Je crois que je vais y aller seul. »
Elle fit un pas en arrière, comme si elle avait oublié qu'elle avait pratiquement marché sur ses talons pendant tout le chemin jusque là. « Je ne veux pas que tu oublies » lui dit-elle sèchement, agitant un doigt devant la figure de Harry « que la salle de couture et la salle de bain sont les seules pièces où tu peux rentrer ici. Compris ? »
Harry regarda le couloir dans la direction des portes fermées, qui semblèrent soudain assez menaçantes. La salle de couture, où il restait, était l'équivalent de la chambre de Dudley dans la maison des Dursley. La chambre de Mrs Figg était la même que celle de son oncle et sa tante. Il ne savait pas ce qu'il pouvait y avoir dans les deux autres chambres, et maintenant, naturellement, il ressentait un besoin ardent de savoir. Il ne souvint pas qu'elle lui ait barré l'accès à ces pièces quand il était plus jeune, mais peut-être qu'elles avaient été simplement fermées, et qu'elle avait été confiante qu'il ne rentrerait pas dedans. Elle pensait certainement que Harry-le-délinquant avait un large éventail d'outils de serrurerie ou de choses similaires.
Cela lui semblait étrange que la maison de Mrs Figg ait exactement la même disposition que celle des Dursley, étant donné qu'elle avait l'air si différente. Il se retrouva à apprécier pour la première fois l'esthétisme spartiate de sa tante. Leur maison était toujours propre et ordonnée, tandis que celle de Mrs Figg en était l'opposé polaire.
« Je vais seulement dans la salle de couture et la salle de bain. J'ai compris. Je vais prendre ma douche maintenant… »
« Fais vite ! Le dîner sera prêt dans quarante minutes. Je ne vais pas te le garder au chaud si tu es en retard ! »
« Oui, madame » dit-il encore doucement, rentrant dans la salle de bain.
Pour dîner, il y avait du poulet sec, des légumes bouillis au point d'être virtuellement dissouts, des pommes de terre bouillies riches en féculents et de la limonade à laquelle manquait du sucre. La moussaka semblait être la seule chose qu'elle pouvait bien cuisiner, et elle ne semblait pas encline à en faire souvent. Harry avait trop faim pour faire attention à la qualité de la cuisine. La quantité était tout ce qui importait. Il s'était fait un bon appétit en travaillant.
Après le dîner, Mrs Figg se retira dans le salon pour regarder un programme dont les Dursley étaient assez amateurs : Qui veut avoir l'air stupide devant tout le pays pour une chance de devenir riche ? Sa tante et son oncle riaient eux-mêmes bêtement pendant ce spectacle, malgré le fait qu'ils connaissaient rarement les réponses, même aux réponses les plus simples. Mrs Figg semblait en fait savoir pas mal de choses.
« Quelle œuvre de Dickens met en scène le personnage de Miss Havisham ? Oh, pour l'amour de Dieu, quel loubard ! Les grandes espérances ! Pas le maudit mystère D'Edwin Drood ! Comment t'en sortirais-tu dans un incendie ? » Le plaisir principal de Mrs Figg semblait de venir à parler des candidats, en pointant leurs évidentes insuffisances mentales. Elle aimait aussi suggérer des carrières variées qui pourraient être appropriées pour une personne si peu intelligente, comme testeur de grenades pour l'armée (en acceptant de se faire sauter).
La mention de Dickens donna à Harry une idée. Il avait apprécié de lire un peu de Dickens dans son Anthologie de la Littérature Moldue, mais il ne pouvait pas vraiment s'asseoir dans le salon et lire un livre avec ce titre, alors il lui dit qu'il allait monter dans sa chambre pour lire.
« Pourquoi ne peux-tu pas lire en bas ? » dit-elle sèchement. Il ne pouvait bien sûr pas lui expliquer qu'il ne voulait pas qu'elle voit un livre avec le mot moldu dans le titre, et elle sauta à la conclusion, assumant qu'il ne voulait pas aller en haut pour lire, mais pour 'abuser' de lui-même. Harry rougit, pensant plutôt en colère que tout le monde pensait que c'était tout ce à quoi les adolescents pensaient. Oh oui, se souvint-il. C'est vrai. Tous les adolescents y pensaient…
Il soupira, résigné, parcourant du regard le salon. Le chat aux rayures oranges était roulé en une boule compacte près des pieds de Mrs Figg, tandis qu'un chat noir avec un menton et des pattes blanches se nettoyait près de la table avec la télévision. Puis il remarqua que Mrs Figg semblait avoir une assez belle sélection de livres s'alignant sur les étagères, qui étaient proprement rangés par ordre alphabétique. Il découvrit quelques nouvelles de Dickens qu'il pouvait choisir, se décidant pour Oliver Twist, qu'il n'avait jamais lu. Quand il ouvrit le livre, il découvrit que les pages n'avaient jamais été coupées. Chaque livret avait encore le haut de ses pages plié sur la bordure extérieure du livre. Il pouvait prendre un coupe-papier dans son bureau, il supposait, et couper chaque page au fur et à mesure qu'il aurait besoin de les lire. Il avait appris d'un professeur qu'il avait eu plus jeune qu'il ne devait pas utiliser quelque chose de trop coupant, afin d'avoir un beau bord sur chaque page. Mais d'une manière ou d'une autre il ne se sentait pas l'envie d'un tel travail juste pour avoir quelque chose à lire ? Il remit Oliver Twist sur l'étagère et choisit 'Loin de la foule déchaînée' de Thomas Hardy. Il avait plutôt aimé Tess d'Ubervilles (bien qu'il soit un petit peu déprimant). Il commença à ouvrir le livre, seulement pour voir que celui-ci aussi n'avait jamais été lu et que les pages n'étaient pas coupées. Il se tourna et regarda Mrs Figg par-dessus son épaule.
« Un autre génie ! » déclara-t-elle sarcastiquement. « Monte Carlo ne peut pas être la troisième plus grande ville d'Italie ! Ce n'est pas en Italie, idiot ! Tiens. Un futur employé d'une firme automobile. Il peut s'asseoir dans les voitures qui subissent les crash-tests. Ils ont besoin de plus de réalisme de toutes façons… »
Harry prit discrètement un exemplaire de Fierté et Préjudice d'une étagère. Pages collées. Mon Antonia, Robinson Crusoe, Shane, le bossu de Notre-Dame, Don Quichotte, Anna Karenine, le tour du monde en quatre-vingt jours, le vieil homme et la mer, Elmer Gantry…
Peu importait le pays d'origine ou si le livre avait été à l'origine en anglais ou bien traduit. Aucun de ces livres n'avait les pages coupées. Ils n'avaient jamais été lus. Pas un.
Bien, pensa Harry. Ce sont juste un décor. Il revint à son choix initial, posant Oliver Twist à côté d'un chat gris fumée à l'air dédaigneux, sur une table recouverte de napperon, et alla dans la salle à manger pour chercher un coupe-papier dans le bureau de Mrs Figg. Il ouvrit un tiroir, qui grinça immédiatement bruyamment.
« Que veux tu faire ? » dit-elle soudain, l'appelant depuis le salon. Harry ferma coupablement le tiroir, regardant le chat couleur crème dormant dans la baie vitrée de la salle à manger. Il cligna des yeux, le regardant avec un œil ambre et l'autre vert. Harry retourna vers la porte du salon. « J'allais lire ce livre » dit-il, le montrant où il était posé sur la table, sous la patte du chat gris. « Mais les pages n'étaient pas coupées. Je cherchais un coupe-papier dans le bureau. »
« Tout d'abord, ne t'approche pas de mon bureau ! Ensuite, ne soit pas ridicule. Je l'ai lu de nombreuses fois. Bien sûr que les pages sont coupées. Les pages de tous les livres sont coupées ! »
Harry fronça les sourcils. Il alla à la table et prit le livre avec soin, soulevant la patte du chat. Le bord extérieur et le haut des pages étaient maintenant dorés, ce dont il ne se souvenait pas. Il feuilleta les pages. Elle s'ouvrirent toutes en un arc blanc et or, chaque bordure proprement coupée. Il tira furtivement des étagères quelques autres titres qu'il avait vu avant. Tous avaient les pages séparées et prêtes à être lues, beaucoup avaient les bordures dorées ou argentées.
C'est étrange, pensa Harry. Est-ce que j'ai fait cela avec de la magie spontanée ? Il ne l'avait pas voulu.
Il s'assit pour lire le livre. Immédiatement, le chat gris se mit en boule sur ses cuisses ronronnant. Harry chancela lorsque les griffes aiguisées les piquèrent, laissant échapper un soupir de soulagement comme l'animal s'installait et mettait sa propre patte sur sa truffe. Après avoir lu plusieurs chapitres, il s'arrêta. Il trouvait l'histoire simplement trop improbable, et il était aussi trop fatigué pour garder plus longtemps ses yeux ouverts. Écouter les ronronnements du chat le berçait vers le sommeil…
« Minsk ! » cria Mrs Figg à une pauvre âme qui venait de se discréditer devant tout le pays, réveillant Harry et le chat. Le chat gris bondit sur le sol et sortit de la pièce avec indignation, cherchant probablement un endroit plus calme où dormir. En fait, Harry était content d'être à nouveau réveillé. Il avait revu l'homme se faire torturer dans la forêt…
« Et tu te dis professeur ! » dit Mrs Figg, accusatrice. Harry ne se disait pas professeur, alors il était assez confus. Cela lui prit un moment pour réaliser qu'elle parlait du pauvre homme de la télévision qui devait de toute évidence avoir dit 'Minsk' à la question qui lui avait été posée. « Si c'est comme cela que la plupart des professeurs sont de nos jours, cela explique certainement beaucoup de choses. » dit-elle, glissant ses yeux vers Harry, le cherchant largement.
Harry essaya d'étouffer un bâillement et se leva pour partir. « Je monte. Je dois aller travailler demain. »
« Eh ? Un samedi ? »
« Bien, les clients veulent que l'on travaille sur leur chantier six jours sur sept, alors nous prenons chacun un jour libre différent. J'ai pris le mercredi, afin de ne pas avoir à travailler pour mon anniversaire. » Trevor aussi avait prit ses mercredis, alors Dick était le chef le mercredi. Harry ne le verrait probablement pas à moins de changer de jour.
« Je n'avais pas réalisé que tu travaillais le samedi… »
Harry fronça les sourcils. Elle semblait penser que c'était une bonne chose. Puis elle remarqua qu'il la regardait, et elle se renfrogna.
« Et quand vas-tu faire quelque chose pour mon jardin ? J'aimerais le savoir. »
« Je peux faire quelque chose quand je rentre du travail. Bonne nuit. »
Elle ne répondit pas, mais retourna à la télévision. Mrs Figg lui faisait regretter vraiment, vraiment beaucoup de ne plus avoir Sandy à qui parler. Il avait eu à expliquer de très nombreuses choses à Sandy qui étaient innées pour la plupart des gens, mais au moins, elle était toujours civile. Il sourit à cette idée. Les serpents étaient en fait des créatures très civiles, en plus d'avoir le Don. Qui l'eut cru ?
Il monta les escaliers et se prépara à se mettre au lit. Quand il émergea de la salle de bain après s'être lavé les dents, il pensa qu'une des portes du couloir de l'étage venait juste de se fermer rapidement. Il fixa les portes des deux autres chambres. Non, se dit-il. Je suis juste fatigué.
Mais comme il s'endormait, il pensa. C'est drôle. Le tiroir du bureau de Mrs Figg, celui qu'il avait ouvert pour chercher un coupe-papier… Il se souvint un instant de ce qu'il avait vu là. Comme c'était étrange…
Il y avait plusieurs bouteilles d'encres de couleurs différentes, des parchemins chamois de haute qualité, et plusieurs belles plumes qui semblaient provenir d'une queue d'aigle…
Mais il était très, très fatigué, et bientôt, il oublia cela et s'endormit profondément…
