Merci à Mary Cooper, Mystical, Patty, Philipe Gryffondor, Elava, gaelle gryffondor et Falyla pour leur reviews. Je viens d'entamer la traduction du chapitre 18 (plus que 5 chapitres et environ 150 pages... ouf). Merci pour vos encouragements.et bonne lecture pour la suite du chapitre 1...


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Le dimanche matin, Harry fit attention d'être très, très silencieux quand il descendit les escaliers. Il avait plutôt surpris Mrs Figg samedi matin, sortant de sa chambre en robe de nuit, mais sans robe de chambre. Elle ne s'était pas attendue à ce qu'il soit debout si tôt. Il lui avait expliqué son habitude de courir (se sentant légèrement coupable, comme si c'était une habitude de boire), et elle l'avait regardé avec suspicion à travers la fente de ses yeux, ayant l'air de penser que son but en se levant tôt était de la surprendre en robe de nuit.


Quand il retourna de sa course le dimanche, et se fut douché, il descendit dans la cuisine, se préparant à se payer son petit déjeuner. La veille, il s'était assis à la table de la salle à manger pendant vingt minutes avant qu'elle ne pousse la porte de la cuisine et lui dise que la nourriture n'allait pas venir dans la salle à manger puis dans sa bouche. Il s'habituait encore à être chez elle.


Il se débrouilla pour trouver un peu de pain légèrement rassis à tartiner, et mit la main sur le beurre, mais pas de marmelade ou de confiture. Le chat couleur crème le regardait, endormi, depuis le haut du frigo, tandis que le chat noir se promenait autour de ses jambes, l'obligeant à bouger avec précaution. Il avait peur en permanence de lui marcher dessus. Il regarda dans le frigo. Il ne semblait pas y avoir de jus de fruits, alors il remplit la bouilloire et la mit sur la cuisinière, se résignant à prendre un thé, s'il pouvait seulement trouver où elle cachait les sachets de thé…


« Que penses-tu que tu es en train de faire ? »


Harry sursauta, claquant la porte du placard qu'il avait tenue ouverte. Cela eut pour résultat de faire dégringoler une collection de cuillères décoratives qui tenait sur de très petits clous sur la porte, et de les faire s'éparpiller sur le plan de travail avec un bruit argentin. La question grinçante de Mrs Figg l'avait quelque peu décontenancé. Le chat noir s'enfuit de la pièce, et le chat couleur crème regarda depuis son observatoire, restant dans sa position de sphinx en haut du réfrigérateur.


« Maintenant, regarde ce que tu as fait ! Oh, ne t'en inquiète pas maintenant. Nous allons être en retard à l'église. Que cherchais-tu de toutes façons ? »


« Le thé. Que voulez-vous dire, l'église ? »


« C'est dans la boîte en haut du frigo » Cela prit un instant à Harry de réaliser qu'elle parlait du thé, et non de l'église. « Tu sais », continua-t-elle « cet endroit dans le village avec une tour assez haute, et les cloches qui ont fait tant de bruit ce matin. L'église. Je ne veux pas manquer le sermon de Mr Babcock. Je lui ai suggéré le sujet : 'Pourquoi les jeunes gens ne pensent pas que les règles s'appliquent à eux.' Je te recommande grandement d'y porter attention. Je te poserai des questions plus tard. »


Comme il prenait la boîte de thé à côté du chat, Harry se demanda brièvement quel texte des écritures pouvait être utilisé pour un tel sermon, mais il lui dit. « Je n'irai pas à l'église avec vous. » Il regarda dans la boîte de thé. Oh, enfer, pensa-t-il. Des feuilles de thé. Il grimaça et regarda autour d'une étrange manière. Mrs Figg soupira et lui jeta une boule de métal argentée avec des perforations tout autour. Il prit la boule à thé offerte et utilisa la cuillère dans la boîte de thé pour remplir à moitié la boule après l'avoir ouverte. Au moins, il n'y aura pas de feuilles de thé dans ma tasse, pensa-t-il…


« Tu ne viens pas, eh ? » dit-elle, menaçante, comme si elle cherchait à se battre avec lui à ce sujet.


« Non. Je vais à Privet Drive m'occuper du jardin. J'ai promis à ma tante que je le ferais. Je ne lui ai pas promis que j'irais à l'église. » Harry mit la boule à thé dans la vieille théière brune posée au milieu de la table de la cuisine. Il s'assit pour lire le journal du dimanche qu'il avait ramené, attendant sa salve suivante.


« Je vois » fut tout ce qu'elle dit, et Harry fut un peu surpris qu'elle semble un peu blessée. Il la regarda par-dessus la page du journal qu'il tenait devant son visage. Elle avait l'air distraite et, il réalisa, assez vieille. Quel âge avait-elle ? se demanda-t-il. Il se sentit soudain assez honteux de lui. Peut-être voulait-elle simplement de la compagnie pour descendre au village pour l'office, et remonter, pour ne pas avoir à s'asseoir seule sur son banc…


Mais il se débarrassa de ce sentiment. Si j'y vais aujourd'hui, elle va vouloir que je le fasse le reste de l'été. Il vaut mieux commencer sur un bon pied.


Quand l'eau fut assez chaude, elle remplit la théière et prit un peu de crème dans le réfrigérateur. Le chat noir était de retour maintenant, se frottant contre sa jambe avec amour maintenant qu'elle avait le pot de crème dans sa main. Elle le repoussa du pied. Harry la regardait en essayant de ne pas en avoir l'air. Il avait seulement six ans de plus depuis la dernière fois qu'il avait mis les pieds dans cette maison. Pourquoi est-ce que cela lui semblait si différent ? Peut-être parce qu'à dix ans, il n'avait pas la même autonomie qu'à presque seize ans. J'ai presque seize ans, pensa Harry. Dans juste un peu plus de trois semaines. Il se sentit soudain très heureux à cette idée.


« Vous savez » lui dit-il, alors qu'il beurrait sa tartine, « Dans environ trois semaines, j'aurai seize ans… »


Elle releva sa tête, les yeux grands ouverts, comme si elle avait oublié quelque chose.


« Anniversaire ! » dit-elle soudain. Harry fronça les sourcils. Qu'y avait-il avec elle ?


« Oui, mon anni- »


« Reste à l'écart ! »


« Quoi ? » il la fixa. Elle ne s'était pas éloignée de lui, et il n'avait pas avancé vers elle. De quoi parlait-elle ?


« La maison. Aujourd'hui. Prends autant de temps que tu veux dans le jardin de Pétunia. Ne reviens pas ici avant quatre heures. »


Il fronça ses sourcils. « Pourquoi ? »


« Ne t'en soucies pas ! » dit-elle en colère, sa voix montant d'un ton. « Contente toi de rester à l'écart ! »


Cela devenait de plus en plus étrange, pensa-t-il. Bien, j'irai dans la maison quand j'en aurai fini avec le jardin. Je pourrais regarder la télévision ou jouer sur l'ordinateur de Dudley.


L'ordinateur de Dudley.


Harry grimaça. Non, une chose qu'il ne voulait pas faire était d'aller dans la chambre de Dudley. Il y avait pensé de nombreuses fois, avoir accès à tous ces merveilleux jouets et gadgets que sa tante et son oncle avaient dispensés à leur fils mais pas à lui. De ce qu'il savait, ils n'avaient rien changé dans la chambre de Dudley, elle serait tout comme Harry s'en rappelait. Mais maintenant…


« M'as-tu entendu ? » demanda-t-elle, tirant le journal cachant son visage d'elle. Il acquiesça.


« Oui. Oui. Je resterai à l'écart. »


Quand ils eurent fini de manger et de nettoyer, il l'aida à remplir les gamelles des chats d'eau et de nourriture. Puis ils quittèrent ensemble la maison, marchant dans des directions opposées. Il sifflait en se rapprochant de Privet Drive. Sa tante et son oncle (et Dunkirk) ne seraient pas à la maison, il pourrait travailler dans le jardin pendant qu'il ferait frais, le matin, puis décider ensuite de comment il pourrait passer le reste de sa journée jusqu'à quatre heure.


Mais la fraîcheur matinale n'était pas si fraîche. Il avait déjà assez chaud rien qu'en parcourant les quelques blocs jusqu'à sa maison. Quand il n'y était pas tout à fait, il décida qu'il avait commis une erreur en mettant un jean au lieu de mettre un short. Alors il fit demi-tour et revint chez Mrs Figg. Elle m'a dit de ne pas rentrer avant seize heure, mais elle ne sera pas là, raisonna-t-il. Elle ne saurait jamais.


Il rentra et se figea immédiatement. De la musique descendait dans le couloir de l'entrée depuis le premier étage. Quelqu'un s'est introduit dans la maison, pensa-t-il. Pour écouter la radio ? répondit rationnellement son cerveau. Il baissa le parapluie qu'il avait pris dans le porte parapluie à côté de la porte d'entrée. Il était ridicule. C'était probablement un radio réveil. Mrs Figg avait probablement oublié qu'elle l'avait programmé pour cette heure-là. Ou bien un de ses chats avait marché sur le bouton marche. Le chat aux rayures oranges vint encore se frotter contre sa jambe. Il l'avait déjà baptisé 'le chat d'accueil'. Il l'ignora cette fois.


Il tenait encore le parapluie comme il montait les escaliers vers la musique, mais il le tenait plus comme un parapluie fermé que comme une arme de guerre. Puis il réalisa que la musique provenait d'une des chambres interdites de l'étage. Maintenant, que fais-je ? se demanda-t-il. Il grimaça. Finalement, il en arriva à la conclusion qu'il devait mettre son short et partir. La musique s'arrêterait certainement. Il n'y avait aucune raison d'aller dans la pièce centrale, celle qui était la chambre d'ami chez lui.


Il se força à aller dans la salle de couture et à se changer, à ignorer la musique provenant de derrière la porte fermée. Mais quand il sortit et commença à descendre les escaliers, il entendit un son indiscutablement humain derrière la porte de la salle interdite d'où venait la musique.


« Aïe ! » fut tout ce qu'il entendit, après un bruit de choc étouffé. Quelqu'un avait marché dans quelque chose et s'était fait mal. Un intrus s'était introduit dans la maison. Évidemment, les gens font des casses et entrent dans les maisons dans le but d'écouter la radio. Harry souleva le parapluie dans sa main droite. Il s'était préparé à le remettre à sa place en bas, mais maintenant, comme il approchait de la porte close, souhaitant que ce soit plutôt avec sa baguette, son cœur battait fort et douloureusement.


Il fixa le bouton de la porte. Il le prit lentement dans sa main, et essaya de le tourner. Il ne bougea pas. La porte était fermée. Il enleva à nouveau sa main. Concentre-toi, pensa-t-il. Tu peux faire cela… Il ferma ses yeux, concentrant toute son énergie sur la porte. C'est un sort assez simple. Dumbledore fait des choses sans baguette. C'est juste un sort de déverrouillage… Il rouvrit ses yeux et tint sa main à l'air, à environ trois pouces au-dessus du bouton. « Alohomora ! » dit-il avec force, ses yeux transperçant la porte.


Cela marcha. La porte s'ouvrit, plus lentement que s'il avait utilisé une baguette pour lancer le même sort, mais elle s'ouvrit. Harry vit immédiatement qui s'était cogné le tibia et avait dit « Aïe. » Il se tint la bouche grande ouverte, clignant des yeux d'incrédulité. L'autre personne était également choquée, le regardant bouche bée et silencieux.


Harry rentra dans la pièce, tenant encore son parapluie un peu comme une arme. Ils tournèrent l'un autour de l'autre, toujours aussi choqués. Finalement, Harry baissa son parapluie et déglutit, son cerveau essayant de traiter les ramifications de cette surprenante découverte. L'autre personne retrouva finalement la capacité de parler à nouveau.


« Potter ! »


Harry secoua sa tête et le fixa. « Malfoy… »


« Que fais-tu ici ? »


« Qu'est-ce que je fais ici ? Qu'est-ce que tu fais chez Mrs Figg ? C'est une moldue ! Je croyais que tu devais aller chez ton ancienne nounou ! Est-ce que Dumbledore a fait cela ? » Le visage de Malfoy était une parade d'expressions perplexes.


« Nounou Bella est mon ancienne nurse. Mrs Figg ? Qui est Mrs Figg ? »


Nounou Bella. Mrs Figg. Harry torturait son cerveau. Bella. Figg. Arabella. Arabella Figg. Quelque chose que Dumbledore avait dit il y a un an au sujet de l'ancienne équipe…


Il regarda Draco Malfoy. « Ta nounou Belle et Mrs Figg sont la même personne. »


Malfoy haussa ses sourcils. « Pardon ? »


« Tu m'as entendu. Ce doit être cela. Cela expliquerait beaucoup… pourquoi Dumbledore a laissé les Dursley l'utiliser pour me garder, spécialement quand j'étais petit. Elle n'est pas moldue, c'est une sorcière ! »


« Tu n'as jamais su que c'était une sorcière ? » Malfoy avait l'air dédaigneux.


« Je ne savais même pas que j'étais un sorcier avant mon onzième anniversaire, Malfoy. Et jusqu'à il y a quelques jours, la dernière fois que j'avais vu Mrs Figg remontait à quand j'avais dix ans. Je ne savais même pas que le monde de la sorcellerie existait la dernière fois que je l'ai vue. »


Malfoy s'assit sur le lit, se renfrognant sombrement. « Oui, bien, en parlant d'anniversaire, aujourd'hui c'est le mien. Youpi. Joyeux anniversaire à moi. » Il rappelait Bourriquet à Harry.


« Vraiment ? Le sept juillet, c'est ton anniversaire ? Le septième mois et le septième jour. »


« Né à la septième heure aussi. Ma mère n'était pas heureuse. Elle s'est toujours plaint que je l'avais tenue toute la nuit avant que je daigne naître. Je me sentais coupable avant. Je pense que j'ai décidé de ne plus y faire attention maintenant. » Il sourit avec un air triste. « Alors, depuis combien de temps es-tu là, Potter ? »


« Depuis vendredi. Les Dursley sont partis en croisière. Le jour, j'ai été au boulot, cependant. »


« Au travail ? » Malfoy avait l'air étrangement intéressé. Harry se serait attendu à ce qu'il considère que travailler était avilissant.


« Oui. Tu sais. Le travail manuel qui est si abaissant. »


Malfoy grimaça. « Qui se soucie de s'abaisser à ce niveau ? Je suis fauché, Potter. J'ai besoin d'un peu d'argent. Même de l'argent moldu. Je pourrai toujours le changer à la Gringott. »


« Dis-tu que tu veux que je t'aide à trouver un travail ? »


« Bien, le chat est sorti du panier maintenant, n'est-ce pas ? Je sais que tu es ici, tu sais que je suis là. Et nous sommes sortis de la piste. Il y a quelques questions que nous ne sous sommes pas posées, comme pourquoi cette vieille chauve-souris m'a fait rester matin, midi et soir dans cette pièce depuis la fin du trimestre ? Pourquoi elle ne t'a pas dit que j'étais là, et pourquoi ne m'a-t-elle pas dis que tu étais là ? Quel est la situation ? Et pourquoi ne pas t'avoir dit qu'elle est une sorcière ? »


« Bien, je crois savoir que lorsque j'étais jeune, l'idée de Dumbledore était que cela ne me tourne pas la tête. A cause de tout… tu sais… »


Malfoy acquiesça. « D'accord. La célébrité. Et elle veillait sur toi, je suppose. S'assurait que tout allait bien. »


« Je suppose. Elle aurait pu être un peu plus plaisante avec. Je suppose que c'était sa couverture, mais bon… »


« Alors tu me dis qu'elle vit dans cette maison depuis des années ? Dans le monde des moldus ? » Il avait encore l'air de ne pas y croire.


« Oui. Je la voyais tous les jours quand j'allais à l'école. Elle avait l'habitude de porter ce panier avec une paire de chats dedans… » Soudain, Harry eut un flash dans sa mémoire. Il allait à l'école, petite silhouette maigre ployant sous le poids de ses livres dans son sac à dos, et elle était toujours trente pieds derrière, à ce qu'il semblait, allant aussi au village, et ayant toujours l'air remarquablement impassible quand Dudley et son gang venaient sur lui et commençaient à la maltraiter. Il ne s'était jamais senti particulièrement protégé en allant à l'école, considérant qu'elle ignorait ses ennuis. Mais maintenant, il réalisait qu'elle l'avait protégé d'une menace d'une autre sorte.


« Tu as dit des chats ? » dit nerveusement Malfoy, passant sa tête par l'ouverture de la porte, regardant nerveusement le couloir de l'étage.


« Oui, Malfoy. De petits chats mortels avec leurs méchantes griffes aiguisées et leurs ronronnements de tueur. » Harry secoua la tête devant lui. « C'est une chose de ne pas être une personne à chat, c'en est une autre que d'avoir peur. Il ne sont pas si gros, ou quoique ce soit. Ils sont en fait assez gentils. Assez étrangement, ils ne semblent pas l'aimer beaucoup, mais je ne peux pas dire que je les blâme. »


Il revint dans la pièce. « Peu importe. » Il scrutait Harry maintenant, cherchant dans ses habits. « Qu'allais-tu faire aujourd'hui ? »


« Travailler dans le jardin de ma tante. J'ai dit à Mrs Figg que j'avais promis de faire cela, mais pas d'aller à l'église. A ce sujet… » Il regarda sa montre. C'était seulement onze heures. « Bon. Elle ne va probablement pas rentrer avant une heure. L'office devrait durer environ une heure, puis un peu de bavardage avec les autres grenouilles de bénitier, puis le temps qu'elle revienne du village. »


« Tu as dit l'église ? Elle va à l'église ? »


« Hé bien, ce serait étrange si elle ne le faisait pas, par ici. A son âge. Mon oncle et ma tante n'y allaient et ne nous prenaient que pour Noël et Pâques, mais toutes les vieilles femmes d'ici y vont régulièrement. Toutes se demanderaient probablement pourquoi elle ne viendrait pas si elle ne venait pas. Je suppose que cela fait partie de sa couverture. »


Malfoy secoua sa tête, n'en revenant toujours pas. « Je ne peux pas croire que je vais passer l'été dans la même maison que toi. »


« Tu ne peux pas le croire ? Au moins tu savais que c'était une sorcière ! » Et soudain, il se souvint de l'encre, du parchemin et des plumes qu'il avait vu dans son bureau… Et ensuite il y avait les pages des livres dans le salon… Il ne les avait pas changé, il réalisa. Elle l'avait fait. Il se frappa la tête avec sa main. Malfoy le fixa. « Quoi ? »


« Oh… rien. Je me sens juste complètement idiot de ne pas y avoir pensé plus tôt. »


« Oui, hé bien ne me laisse pas t'arrêter si tu te sens bête. Continue. »


« Merci beaucoup, Malfoy. »


« A ta disposition. »


Ils se regardèrent un peu maladroitement, la radio encore allumée. Harry s'avança vers elle et l'éteignit. « Bien, il n'y a plus de raison que tu restes en haut plus longtemps, n'est-ce pas ? Tu ferais bien de descendre. Je crois que nous aurons besoin de parler à Mrs Figg quand elle rentrera. Je pourrai travailler dans le jardin de tante Pétunia une autre fois. »


Malfoy acquiesça, suivant Harry en bas, dans le salon. Mrs Figg avait apparemment déjà donné à Malfoy son déjeuner dans sa chambre. Au moins, elle ne le laisse pas mourir de faim, pensa Harry. Mais pourquoi nous garder séparés ? Pourquoi me garder dans l'ignorance qu'elle était une sorcière ?


Ils se posèrent dans le salon, attendant qu'elle revienne. Le chat gris se mit encore sur Harry (il l'appelait dans sa tête le 'chat des cuisses'). Malfoy eut l'air dérangé par le chat noir jusqu'à ce qu'il voit qu'il n'allait pas essayer de s'asseoir sur lui. Ils regardèrent des extraits de programmes de télévision d'au plus trente secondes. Harry avait laissé à Malfoy la télécommande. Il était fasciné, changeant de chaîne presque aussitôt que Harry pouvait commencer à deviner quel programme ou quelle pub c'était… Malfoy avait un nouveau jouet, il réalisa. Il n'avait jamais vu une télévision avant.


Cela occupa un temps surprenant, et avant qu'ils ne le réalisent, la porte d'entrée était ouverte et ils entendaient ses pas dans le couloir. Le chat gris bondit des cuisses de Harry et se cacha derrière la chaise où il était assis. Harry mit son doigt sur ses lèvres et s'enfonça lui-même derrière le fauteuil.


« Draco ! » appela-t-elle dans les escaliers. « Je suis de retour ! »


« Par ici » dit-il de sa voix traînante juste assez fort pour être entendu à travers la porte. Elle ouvrit la porte du salon et entra rapidement.


« Draco ? Que fais-tu ici, en bas ? Tu regardais la télévision ? Est-ce que les voisins ont entendu ? J'allais te laisser descendre un peu pour ton anniversaire, mais maintenant je crois que j'ai changé d'avis ! Remonte immédiatement là-haut ! »


« Pourquoi devrais-je ? Pour pouvoir passer mon seizième anniversaire cloîtré ? Quel est le problème ? »


« Le problème est de te garder en sécurité. Ce que les gens ne savent pas, ils ne peuvent pas le divulguer aux mages noirs qui les mettent sous Imperius. »


« Si c'est cela qui vous inquiète » dit Harry se levant et se laissant voir d'elle, « je peux vous rassurer en ce qui me concerne. Je suis assez bon quant à résister à l'Imperius, sans me vanter… »


« H H Harry ! Je… Je t'avais dit de rester à l'écart jusqu'à plus tard… »


« Bonjour donc, Arabella Figg. C'est votre vrai nom, n'est-ce pas ? » Il fronça les sourcils avec ses bras croisés. Soudainement, elle porta vraiment son âge, et sembla plutôt énervée et confuse aussi. Il refusa de la laisser l'intimider encore. Il connaissait son secret maintenant.


Sa bouche bougeait, mais aucun son n'en sortait. Elle s'effondra dans une chaise, l'air défait. Puis elle dit doucement « Oh, Albus ne va pas être content… »


« C'est à cause de Dumbledore ? » couina presque Malfoy, bondissant sur ses pieds.


« Oh, tais-toi Draco ! » lui dit-elle d'un ton rogue, retrouvant son aplomb. « Et asseyez-vous. Tous les deux. C'est long et compliqué… »


Alors Harry s'assit et elle leur parla du travail que Dumbledore lui avait confié : veiller sur eux, deux des trois personnes de la prophétie. D'abord elle s'était débrouillée pour avoir l'emploi de nounou au manoir Malfoy quand Draco était un bébé (Elle avait été à Serpentard à l'école. D'une certaine manière, cela ne surprenait pas Harry). Au même moment, elle s'était établie à Little Whinging avec l'aide de Dumbledore, et elle s'était présentée au Dursley pour offrir ses services en tant que baby-sitter, à un prix si bas que bien sûr ils avaient bondi sur l'occasion. Elle n'était cependant pas appelée très souvent pour garder Harry, ce qui était une bonne chose car elle avait besoin de passer beaucoup de temps à transplaner entre sa maison du Surrey et le manoir Malfoy. Il y avait le problème de s'établir au sein de la communauté de Little Whinging, être vue à St Bede tous les dimanches, et, pas le moindre, échanger des potins avec le voisinage. C'était un dur travail de faire cela en même temps que de travailler comme nounou pour des employeurs aussi exigeants que les Malfoy. Ils ne passaient presque pas de temps avec leur fils.


Puis, quand les Dursley l'ont embauché pour garder Harry, elle devait parfois s'occuper des deux garçons en même temps. Elle disait aux Malfoy qu'elle allait prendre Draco chez sa sœur. Cela ne les dérangeait pas. S'ils l'avaient voulu sous la main tout le temps, ils n'auraient pas engagé une nounou. Elle l'attachait alors solidement à elle, et elle venait en balai jusqu'à Surrey de nuit. Après que Harry et Draco aient joué ensemble toute la journée, elle leur lançait de très subtils sorts de mémoire, afin qu'ils ne se souviennent de rien d'autre que de l'avoir vue. Cela avait commencé à devenir bien plus compliqué quand ils avaient eu quatre ans environ. Ils étaient bien plus conscients à ce moment, et elle redoutait que l'un d'eux dise quelque chose à sa famille au sujet de l'autre garçon avec lequel il avait joué.


« Nous avons joué ensemble ? » dit Malfoy, incrédule.


« Vous étiez les meilleurs amis. Pas que vous vous en souveniez d'une fois sur l'autre. Sortilège de mémoire. Une précaution importante. Mais vous savez comment sont les petits enfants. Ils se rencontrent, et ils semblent penser, 'D'accord. J'ai quatre ans, tu as quatre ans, je suis un garçon, tu es un garçon, alors soyons amis pour la vie… »


« Amis pour la vie ? » bégaya Harry.


« Oh, vous voyez ce que je veux dire. A cet âge les enfants ne font aucune discrimination. »


« C'est le bon mot pour cela » grommela Malfoy, foudroyant Harry comme si c'était sa faute qu'il ne se souvienne de rien de cela.


« Pourriez-vous… » commença Harry, puis il s'arrêta, incertain.


« Quoi ? » lui dit-elle sèchement.


« Bien… serait-il possible maintenant de lever les sortilèges de mémoire ? Pour que nous nous souvenions ?Il n'y a plus de raison, sûrement, de nous bloquer l'accès à ces souvenirs. » même s'ils incluaient Malfoy, il pensa que ce serait bien d'avoir quelques souvenirs d'enfance agréables.


Elle grimaça. « Ce n'est pas une chose facile. Je vais regarder et m'occuper de vous. »


« Dans le même temps, » l'interrompit Malfoy, « j'aimerais pouvoir vivre un peu en dehors de cette fichue chambre, s'il vous plaît. Maintenant que je n'ai pas à me cacher de Potter. »


« Malfoy marque un point. » concéda Harry.


« Ce n'était pas juste de Harry que je voulais te tenir caché. Et est-ce toujours comme cela que vous vous appelez ? Potter et Malfoy ? »


Ils se regardèrent et haussèrent les épaules. « Nous l'avons toujours fait » dit faiblement Harry.


« Non. Vous vous appeliez l'un l'autre Draco et Harry. Peu importe. Cela va vous revenir si je peux me souvenir de ce que j'ai fait de ce livre sur les sorts de mémoire… » Soudain, cela fit rire Harry, et l'instant d'après, Malfoy saisit et se mit aussi à rire. Mr Figg avait l'air furieuse. « Quoi ? Qu'est-ce qui est si drôle ? »


« Vous avez besoin d'un sort de souvenir pour vous aider à trouver le livre sur les sorts de mémoire ! » hoqueta Harry avec délice, riant encore. Lentement, elle ébaucha un sourire, puis se joignit à eux dans leur rire. Harry réalisa qu'il ne l'avait jamais vue rire avant (il sentait que ricaner devant les gens de la télé ne comptait pas). Il avait l'impression qu'il ne pourrait jamais s'arrêter. Malfoy se tenait les côtes, plié en deux. Juste quand Harry pensait que sa vie ne pouvait pas être plus étrange, elle le devenait…