Harry Potter et le temps des bonnes intentions


(ou : La dernière tentation de Harry Potter)


Dumati,gaelle griffondor : merci

Mystikal : peut-être pas physionnomiste?

Mary Cooper : il fait souvent des coups en douce...

Philippe Gryffondor : tu es autorisé à dire que je suis LE meilleur si tu veux, mais 'le', par pitié.


Et maintenant, place au deuxième chapitre. Bonne lecture.


Chapitre deux


En rêves.


« Aberforth? »


L'homme sourit largement à Harry, ses yeux bleus ridés sur les côtés. « Oui, Harry. Je m'attendais à ce que tu remarques quelque chose quand je t'enseignais… »


« Mais… ça ne m'est jamais venu à l'esprit… Je pensais, que Dick… Vous, je veux dire… vous étiez… un moldu. » Harry avait l'impression qu'il ne savait plus parler anglais. Il jeta un œil à Nigel et Sam, à quatre pattes dans le jardin de devant. Ils ne semblaient pas écouter. Trevor était allé à sa voiture, il irait à l'autre chantier à New Stokington maintenant. Harry savait qu'il le verrait plus tard, quand il reviendrait chercher son frère pour le ramener à la maison.


Malfoy avait l'air très content de lui. « Tu ne l'as pas découvert la première fois que tu as eu sortilège avec lui, Potter ? »


Harry foudroya Malfoy. Il ne s'était jamais douté que Mrs Figg était une sorcière non plus. Je suis très observateur, pensa Harry sardoniquement. Il ne se sentait pas particulièrement brillant. Je devrais juste suggérer à Hermione de se trouver un petit ami qui n'est pas légèrement moins intelligent que, disons, ce caoutchouc…


« Maugrey a dit que vous viviez dans le monde des moldus parce que vous aviez un, heu…'problème philosophique' » dit doucement Harry. Aberforth- non, Dick- non, Aberfoth lui sourit à nouveau. Harry avait la tête qui tournait.


« En fait, ce qui est arrivé est que je suis tombé amoureux. »


Malfoy ne put tenir sa langue. Il avait un éclat malicieux dans les yeux. « Était-ce une chèvre par hasard ? » demanda-t-il, clairement incapable de résister.


Aberforth rit fortement, faisant se retourner Sam et Nigel dans leur direction. « Non, une vraie humaine, une vraie moldue… qui est maintenant, tristement, ma défunte femme depuis ces quinze dernières années… » Malfoy eut la bonne grâce de rougir et de prononcer des excuses doucement. « C'est bon. Tu ne savais pas. Elle n'était pas très à l'aise à l'idée de vivre dans le monde des sorciers, alors nous ne l'avons pas fait. J'ai réservé la magie pour les urgences, en partie pour honorer sa mémoire, et en partie parce que je me suis habitué à vivre comme cela. Je vis encore parmi les moldus la plupart du temps, et j'utilise rarement la magie. Cela ne me manque pas. J'ai une vie agréable, je me relaxe pendant des mois quand il fait mauvais, et quand il fait beau, j'ai le privilège de travailler dehors et de faire pousser les choses. Même ce qui ne devrait pas pousser en Angleterre. Je confesse que j'utilise la magie pour être légèrement au-dessus des autres jardiniers. Je suis probablement le seul gars des îles Britanniques qui peut faire pousser tous les types de plantes tropicales ici, par exemple, même en hiver. » Ses yeux bleus scintillaient.


Harry sentait qu'il avait un million de questions pour lui, mais Aberforth le coupa. « Bien, maintenant tu sais Harry. Nous devrions travailler, ne penses-tu pas ? Je te prends Draco. Tu peux m'aider près de la rue, à mettre la nouvelle bordure. Au fait, pour Nigel et Trevor, je suis Dick Abernathy, propriétaire de Abernathy jardins. Appelez-moi Dick, pas Aberforth. »


Maintenant, Harry sentait son pouvoir d'observation revenir. « Vous avez dit 'à Nigel et Trevor'. Et pour Sam ? »


Ses yeux scintillèrent encore. « Penses-tu que je t'aurais laissé travailler ici sans protection magique, Harry ? Sam est un sorcier. Il sait tout sur vous deux, bien sûr. »


« Sam est quoi ? » Harry commença quelque peu fort, puis il baissa son ton.


« Oui. Il a eu quelques problèmes à trouver un boulot depuis qu'il est sorti d'Azkaban, il y a cinq ans, alors Albus me l'a envoyé il y a quatre ans, et il travaille pour moi depuis lors. »


« Azkaban! »


« C'est une longue histoire. Oui, il a été envoyé à Azkaban pour dix ans, parce qu'il avait enfreint les lois de la sorcellerie. Non, ce n'est pas un mage noir. Et, bien sûr, ce n'était pas un sortilège impardonnable, sinon il aurait eu une condamnation à vie. Il est encore un peu chatouilleux sur tout cela. S'il veut vous le dire, il le fera. Jusqu'à ce qu'il le fasse, gardez vos nez ailleurs. » Soudain, il semblait aussi sérieux que son frère pouvait l'être, parfois. « Il est de se mettre au travail » dit-il ensuite, reprenant le ton de Dick. Harry réalisa soudain que Aberforth avait un accent différent de Dick. Il se sentait si confus…


Les deux garçons acquiescèrent. Puis Aberforth conduisit Malfoy jusqu'à la rue, tandis que Harry retournait travailler sur les caoutchoucs. Très souvent, Harry jeta un œil sur Sam. Une fois, Sam leva la tête, croisa son regard et lui fit un signe de la tête presque imperceptible avant de se remettre au travail.


Ils mangèrent le déjeuner dans la cuisine de Galbraith sans Aberforth ('Dick' devait souvent se rappeler Harry), qui avait dû aller à Nex Stockington pour régler un problème avec un conducteur de camion livrant de l'engrais. Quand ils prenaient le soleil dans le jardin de derrière après, comme d'habitude, Malfoy enleva vaillamment sa chemise comme les autres, et Harry du essayer de ne pas rire aux remarques qu'il reçut de Nigel pour sa pâleur, se souvenant de l'été dernier quand la même chose lui était arrivée. Mais ensuite, Sam remarqua les hématomes, et la Marque des Ténèbres.


« Qu'est-ce que c'est ? » demanda-t-il, montrant la Marque des Ténèbres. Harry regarda son visage. Il ne savait vraiment pas. Harry se souvint de Sirius mystifié sur le pourquoi de Karkaroff essayant de montrer à Rogue quelque chose sur son bras, quand Harry était en quatrième année. Clairement, le fait que les Mangemorts portent la Marque des Ténèbres n'était pas connaissance commune, même parmi ceux qui, dans le monde des sorciers, étaient allés à Azkaban (peut-être même parmi ceux qui avaient vu cette terrifiante marque dans le ciel). Azkaban, pensa encore Harry. Il frissonna à l'idée de Sam devant y vivre jour et nuit, revivant les pires moments de sa vie, à cause des détraqueurs.


Harry entendit une voiture et leva les yeux. Aberforth rentrait de New Stokington. Il sortit de sa voiture et ferma la porte avec soin. Harry pensa qu'il était possible que la voiture tombe en morceaux si cela était mal fait. Il marcha vers eux comme Malfoy et Sam continuaient leur conversation.


Malfoy regardait son bras et marmonnait « Oh, ce n'est rien. C'était une sorte de défi… » Sam acquiesça, mais n'eut pas l'air convaincu. Il devait savoir que c'était la Marque des Ténèbres, pensa Harry, même s'il ne savait pas que Voldemort pouvait l'utiliser pour appeler les Mangemorts. Pour quelque raison, il ne lui était jamais venu à l'esprit avant que cela signifiait que Malfoy avait aussi une connexion à Voldemort. Harry se demanda ce qui arriverait si les Mangemorts étaient appelés. Il commencerait probablement à se tenir sa cicatrice, et Malfoy commencerait à se tenir le bras, et Nigel penserait que les deux deviendraient fous.


Malfoy commença à poser des questions à Sam sur ses différents tatouages. Un travail compliqué et détaillé sur le bas de ses jambes donnait l'impression qu'il portait des guêtres en côte de maille. Des tresses celtiques ornaient le haut de ses bras, et un lion rampant qui ressemblait remarquablement à celui de Griffondor était en travers de sa poitrine et de son estomac. Le nom 'Vera' était écrit en lettres enluminées sur son avant-bras gauche. Un grand aigle avec la tête tournée et les ailes étendues ornait son dos. C'est ce que Malfoy admirait le plus.


« J'ai pensé à me faire faire un dragon, » dit-il à Sam. « Ou plutôt, j'avais. Je suis fauché. »


« Bien, économise ton argent et dans quelques semaines si tu veux, je pourrai te prendre chez mon copain. Il fait de belles œuvres. Il pourrait cacher ces bleus par exemple… » Malfoy regarda ses bras, fronçant les sourcils. Harry pouvait dire que les hématomes magiques étaient une grande source de contrariété pour lui. Il se souvint de Malfoy les montrant au jury lors du procès de son père…


« Sam » l'avertit Aberforth, assis sur un seau retourné et buvant un peu de café d'un gobelet en carton, « Draco vient juste d'avoir seize ans, et tu lui proposes de l'amener se faire faire des tatouages… »


« Bien, est-ce que ses parents vont s'en plaindre ? » Aberforth était silencieux, un trait à la place de ses lèvres. « C'est ce que je pensais. J'ai dit que s'il voulait avoir un tatouage, il pourrait en avoir. Il en a déjà un, alors il sait que les aiguilles ne font presque pas mal. » Malfoy ouvrit ses yeux en grand.


« Heu, je n'avais rien vraiment décidé encore… »


Nigel rit et Sam aussi. « Je te fais juste marcher, Draco. » Malfoy sourit faiblement, et retourna prendre le soleil, l'air encore un peu nerveux à l'idée de se faire tatouer. Harry se souvint de la nuit de Noël sur les falaises de Douvres…


C'était le dernier jour qu'ils travaillèrent avec Nigel. Aberforth le transféra au chantier de New Stokington, ainsi, maintenant, à l'insu des Galbraith, il y avait quatre sorciers qui travaillaient dans leur jardin. Harry peinait habituellement en compagnie de Sam, tandis que Aberforth prenait Malfoy en main. Il était surprenament docile pour apprendre son nouveau métier, acquiesçant à tout ce que 'Dick' lui disait, et essayant vaillamment de bouger des plantes et des pierres qui étaient bien trop lourdes pour lui. Une fois, quand Aberforth était parti à sa voiture chercher quelques plans, Malfoy luttait pour bouger un gros sac de terre très lourd. Et Sam était occupé à mettre un arbre dans le jardin de devant. Harry quitta l'endroit où il creusait des trous pour les fleurs à bulbe, et hissa le sac sur son épaule pour le garçon maigre et blond.


« Où essayais-tu de porter cela, Malfoy ? » Il montra en silence un endroit à environ dix pieds de là où ils se trouvaient. Harry y alla et demanda « Ici ? ». Malfoy acquiesça et Harry le posa, puis retourna à ses bulbes. Malfoy donna un regard perplexe au sac, puis à Harry.


« Comment peux-tu faire cela, Potter, et pourquoi ne puis-je pas ? »


« Parce que j'ai couru presque tous les jours de l'année passée. C'est ce pourquoi j'ai commencé en fait. Tu es sensé soulever avec tes jambes. C'est pourquoi je voulais les rendre plus fortes. »


Malfoy eut l'air pensif. « A quelle heure vas-tu courir le matin ? »


« A… attends une minute Malfoy. Tu ne vas pas venir courir avec moi. »


« Pourquoi pas ? Ce serait plus sûr. Tu ne serais pas seul. »


« Oui, tu vas surveiller mes arrières. Bien sûr Malfoy. »


« Écoute, tu… »


« Je ne veux pas aller courir avec toi, et c'est tout. »


Malfoy fit la tête, puis commença à déchirer le sac de terre, utilisant une petite pelle pour la répartir dans une série de seau en métal, pour pouvoir ajouter les substances nutritives en quantités précises qui donneraient au sol différents niveaux de pH pour des plantes variées. Harry pouvait voir à quel point cela plaisait à Malfoy. Ce n'était pas si différent des potions.


« Bien » cracha-t-il. « Tout cela pour avoir été amis lorsque nous étions enfants… »


Harry sentit une montée de culpabilité puis se secoua. Je ne vais pas me laisser manipuler par Malfoy, se dit-il. Il pensa encore à courir avec Malfoy et recula devant l'idée. Il ne pouvait simplement pas le supporter. Mais pourquoi précisément ? Il était allé courir avec Dudley l'été précédent, et c'était quelque chose qui les avait aidé à devenir amis. Il essaya de s'imaginer courant avec l'autre garçon, se dirigeant vers le village, s'arrêtant au cimetière…


Là. C'était cela. « Malfoy » dit-il avec pondération. « C'est juste que… lorsque je vais courir le matin, je m'arrête à la tombe de Dudley et à celle de mes parents. Je doute que tu veuilles faire cela. »


Malfoy haussa les épaules. « Je pourrais me reposer et t'attendre, n'est-ce pas ? »


Harry déglutit. « Je suppose… »


Alors Malfoy commença à courir avec lui le matin, s'appuyant contre le portail de pierre de l'entrée du cimetière tandis qu'il attendait Harry. Ils couraient en silence, tous les deux concentrés sur le chemin. Après quelques semaines de soleil et de course, Malfoy commençait à avoir l'air en forme et fort, et Harry se trouva à froncer les sourcils quand il vit le changement en lui. Ginny en resterait sans doute bouche bée quand elle le verrait, pensa-t-il. L'idée ne le ravissait pas.


Le samedi avant son anniversaire, Harry et Sam travaillaient côte à côte dans le jardin de derrière, aucun ne parlant. Quand ils eurent fini de creuser leur trou à la taille voulue, ils mirent leurs pelles de côté et Sam s'assit sur un gros rocher. Malfoy et Aberforth étaient dans le jardin de devant. Sam sortit un paquet de cigarettes. Harry s'assit sur le sol, le regardant. Sam ne regardait pas Harry, mais un point à l'horizon. Il souffla la fumée, et Harry essaya de tousser aussi discrètement de que possible quand un peu lui rentra dans le nez, pour ne pas sembler critiquer. Pas que Sam le remarque. Ou du moins, c'est ce qu'il pensait.


« Je devrais probablement arrêter. J'ai commencé quand j'avais quatorze ans. » expliqua Sam, et Harry réalisa qu'il parlait des cigarettes. « Je suis de parents moldus. Mes meilleurs amis à la maison avaient alors commencé, alors je l'ai fait aussi, pour rentrer dans le moule. Étant un sorcier et ailleurs à l'école la plus grande partie de l'année, je voulais faire comme les autres de toutes les manières possibles. Je n'ai jamais dit à aucun d'eux que j'étais un sorcier. »


Harry était silencieux, regardant la fumée s'élever depuis la cigarette de Sam, se demandant ce qu'il ferait s'il avait été amis avec d'autres enfants de Little Whinging quand il était petit, et s'il avait encore été ami avec eux après son onzième anniversaire. Leur aurait-il dit qu'il était sorcier ? Aurait-il même autorisé à cela ? Il ne savait pas. Le silence restait à nouveau en suspend entre lui et Sam.


« Tu veux savoir ce que j'ai fait, n'est-ce pas ? » dit soudain Sam, se levant et écrasant le mégot de la cigarette sous son talon. Il se pencha et ramassa les morceaux de papier et de feuilles de tabac, puis le jeta dans son café froid, posé sur un seau retourné depuis ce matin. Harry le regarda en silence, sa voix prise dans sa gorge. Il acquiesça bêtement, se demandant ce qu'il entendrait. Sam se rassit et regarda Harry comme s'il jugeait qu'il pensait qu'il pourrait le supporter.


« Aberforth a dit… »


« Dick » dit rapidement Sam, l'interrompant. « Appelle-le Dick. N'oublie plus. »


« Hum. Dick a dit que tu as été à Azkaban… je veux dire en prison, pendant dix ans. »


Sam regarda à nouveau l'horizon. « Oui. »


« Et tu es sorti il y a cinq ans. »


Encore « Oui. »


« Alors… » Harry pensa rapidement « tu es allé en prison il y a quinze ans. »


« Exact. »


Harry déglutit. Ses parents étaient morts il y a quinze ans. Sirius était allé en prison il y a quinze ans. « As-tu connu Sirius Black en prison ? »


Sam secoua la tête. « Black était condamné à perpétuité. Je n'ai pas lancé un sort impardonnable. J'étais avec les autres, ceux qui ont des condamnations limitées. Les condamnés à perpétuité étaient tous isolés. Nous étions quatre gars dans une cellule de dix pieds carrés. Pas vraiment spacieux. Par moment, j'ai pensé tuer un de mes camarade de cellule, afin d'être condamné à vie. Au moins, j'aurais eu assez d'espace pour respirer. Mais je ne l'ai jamais fait, bien sûr. J'étais déjà responsable de la mort d'une personne… et les détraqueurs font remonter cela à la surface en plus. On en arrive au point où l'on peut sentir l'angoisse et le désespoir de tous ses camarades de cellule dans sa tête, aussi… »


« Que… qu'est-ce qui s'est passé ? » Harry pouvait à peine parler.


« Tu veux dire qu'est-ce que j'ai fait pour être envoyé en prison ? » Harry acquiesça. Sam avait les lèvres comme une ligne. « A cause de moi, quelqu'un est mort c'était accidentel. Je n'essayais pas de tuer, mais c'était quand même ma faute… »


« Accidentel ? Et tu as cependant du aller en prison ? »


« Accidentel ou pas, la personne est quand même morte. C'est à cause du sort que j'ai lancé. Ce n'était pas le sort mortel, mais il a cependant tué. C'est tout ce qui a compté. »


« Quel était-il ? »


Sam soupira. « Le sort de désarmement. J'y ai mis trop d'énergie dedans, je suppose. J'étais tout remonté. Si l'on n'y fait pas attention, on peut vraiment envoyer quelqu'un voler avec cela. On peut vraiment se faire mal. Ou mourir. »


« Mais… mais si tu désarmais quelqu'un, n'était-ce pas de l'autodéfense ? »


Sam haussa les épaules. « Je suppose que j'aurais pu déclarer cela. Mais je n'en ai pas eu envie. »


« Quoi ? Tu n'en as pas eu envie ? Tu n'as pas eu un procès ? »


« Non. Pas besoin. »


« Pas besoin ? » fit écho Harry. « Pourquoi ? »


« Parce que je l'ai confessé. Si le ministère a une confession signée, ils n'ont pas besoin de faire un procès. »


« Mais pourquoi… »


« Harry. » Harry s'arrêta de bafouiller et fixa Sam, qui avait l'air d'être la personne la plus triste qu'il ait jamais vue. « Harry » dit-il encore. « C'était ma femme. J'ai tué ma femme. Je l'aimais beaucoup. Je l'aime encore. S'il-te-plait… recommençons à travailler. »


Harry décida que Sam devait être plus vieux que ce qu'il avait d'abord cru, s'il avait eu une femme quinze ans plus tôt. Harry avait pensé qu'il devait avoir la trentaine, mais il était probablement plus proche de trente-cinq quarante ans. Il remarqua maintenant les petits cheveux gris bouclés mélangés à ses cheveux auburn autour de ses tempes. J'ai tué ma femme. Mais s'il avait eu à la désarmer… était-elle une Mangemort ? se demanda Harry. Aberforth avait dit que Sam n'était pas un mage noir (et il lui faisait confiance pour veiller sur Harry), mais si sa femme avait été impliquée dans de la magie noire ? Harry ne pouvait commencer à imaginer à quel point ce devait être terrible de découvrir que quelqu'un de si près de vous était passé de l'autre côté…


Harry pensa au tatouage 'Vera' sur le bras de Sam. Était-ce le nom de sa femme ? se demanda-t-il. Il n'osait pas demander maintenant. Ils reprirent leur travail, tout à leur affaire maintenant, et c'était comme s'ils n'avaient jamais eu cette conversation sur Azkaban et la mort de sa femme.


Ensuite, la veille de son anniversaire, Harry prenait le soleil, dans le jardin de derrière après le petit déjeuner, lorsque sa cicatrice commença à encore faire mal. Derrière ses paupières, il voyait Voldemort et son héritier, côte à côte. Il ne pouvait les voir que de dos, mais d'une manière ou d'une autre, il savait que c'était eux. Leurs baguettes étaient pointées vers un lion. Il était dans une cage, et ils étaient dans un bois. Puis Harry vit Queudver à proximité. Les bandes de lumières qui reliaient leurs baguettes au lion bondissaient en craquant, et l'animal se contorsionnait, à l'agonie et rugissait de douleur. Quand il arrêta finalement, la grande bête s'effondra au fond de la cage, l'air abattue, comme si la mort serait bienvenue.


« Harry Potter aime devenir un lion animagus » la voix de Queudver s'insinua dans le cerveau de Harry. « Le symbole de Griffondor. »


« Si je me souviens bien, Queudver, » maintenant, il entendait la voix froide de Voldemort. « tu as couru à travers la forêt pour y échapper… dans l'ensemble, ce n'était pas un choix mal considéré. Un animagus… Cela rend les choses très intéressantes… très intéressantes en vérité… »


Les images s'estompaient. Harry pensa au pauvre lion qu'ils avaient capturé et torturé par jeu. Il s'agrippa convulsivement à l'amulette du basilik que Ginny lui avait offerte, essayant de se calmer. Il vacilla. Sa cicatrice le lançait légèrement, et il en était légèrement conscient, mais il ne se sentait plus agonisant. Cela lui rappelait quand il mettait parfois ses doigts sur le côté de sa gorge après avoir couru, vérifiant son rythme cardiaque, étant conscient du rythme de son propre cœur, le sang coulant dans son corps. C'était comme si la cicatrice était devenue un autre organe, avec son propre rythme de pulsation, comme son cœur et ses poumons. Il détendit sa main afin de simplement couvrir son amulette au lieu de s'y agripper. Pourquoi ai-je une cicatrice ? se demanda-t-il. Pourquoi Dumbledore ne l'a pas guérie quand j'étais un bébé ? Pour quoi est-elle faite ?


Le train de ses pensées dérailla à cause des voix alentour. Il identifia aisément celles de Sam et de Malfoy. Il pouvait sentir la cigarette de Sam, et entendre la voix de Malfoy grogner comme il faisait quelque exercice. Des traction, au bruit qu'il faisait, selon lui. Malfoy était devenu compulsif pour cela, et travaillait graduellement la partie supérieure de son corps.


« Combien cela coûte-t-il de toutes façons ? »


Ils devaient déjà être en train de parler quand Harry avait mal à sa cicatrice.


« Tu as décidé que tu voulais après tout ? »


« Peut-être. »


« Bien… considérant que tu viens d'avoir ton anniversaire, et que tu n'as rien eu, je pourrais appeler cela un cadeau d'anniversaire. C'est pour moi. »


« Hum, est-ce que Dick ne va pas t'en vouloir ? Tu te souviens la première fois qu'il a entendu ? Je ne voudrais pas te causer des problèmes. »


Sam rit. « Es-tu sûr d'être le fils de Lucius Malfoy ? »


« Si je pouvais le nier, crois-moi, je le ferais. On m'a traité de bâtard plein de fois, mais maintenant, je souhaiterais que ce soit littéralement vrai. »


Sam exhala bruyamment, et Harry eut des difficultés à prétendre qu'il dormait quand un peu de fumée remonta droit dans sa narine. Bien, pour ma part, je te dirais que je ne me serais jamais attendu à être assis ici avec le fils de ce monstre. Mais ensuite, je n'aurais jamais cru que son fils fasse ce que tu as fait non plus. J'aurais aimé voir cela, crois-moi. Mais Dick a dit que je ne devrais pas aller au procès. Je voulais juste avoir ma revanche, causer du désordre, et arrêter qu'il ressemble à une victime et que la sympathie de tout le monde aille vers lui. Et je n'étais pas excité à l'idée de revoir les détraqueurs de nouveau de toutes façons. Alors je suis resté à l'écart… »


« Revanche ? Une revanche pour quoi ? »


Harry entendit Sam faire une pause et prendre une aspiration très audible sur sa cigarette. « Tu es sûr que tu veux savoir ? »


Malfoy fit une pause. Harry pouvait l'entendre taper son pied, un de ses tics nerveux. « Oui. » dit-il finalement. Sam soupira.


« Il y a quinze ans, ton père a essayé de me recruter pour devenir Mangemort. Je travaillais avec la mère de Harry. Nous étions tous deux Aurors, et nous travaillions fréquemment sur les mêmes cas, bien qu'aucun Auror n'ait jamais de partenaire permanent. Ce n'est pas comme la police moldue. Pour des raisons de sécurité, ils font et défont les groupes en permanence. Tu vois pourquoi quand tu ne remarques pas que quelqu'un que tu vois tout le temps vire mal. Tu ne veux pas le croire, tu veux être aveugle devant cela. De cette façon, nous étions tous habitués à travailler ensemble, mais pas trop habitués, et il y avait moins de risques de fraterniser. Les seuls Aurors mariés que j'ai jamais connu étaient les Londubat… »


« Les Londubat ! Je suis avec un Londubat à l'école ! Ses parents étaient Aurors ? » Harry était surpris. Après que Maugrey l'ait révélé à la classe, les autres Griffondors n'avaient de toute évidence pas répandus l'histoire dans toute l'école. Ils avaient gardé leur langue (même Lavender Brown, que Harry tenait sans doute le moins en considération parmi tous ses camarades de classe).


« Neville. Je sais. Pauvre petit gars… »


« Que… »


« C'est pour une autre fois. Nous dévions. En tous cas, il en avait vraiment après Lily Potter, ton père. Alors il en a eu après quelques uns d'entre nous qui travaillions avec elle. Trois de mes copains Aurors étaient morts au moment où il s'est mis à tourner autour de moi. Mais je ne le savais pas encore. Nous ne savions pas ce qui leur était arrivé. A aucun. Un à la fois, ils disparaissaient simplement, et leur famille était tuée. L'une après l'autre. Des familles entières balayées, jour après jour, la Marque des Ténèbres dans le ciel… »


Draco Malfoy inspira bruyamment. « Et toi ? »


« Il ne s'en est pas pris directement à moi. Je connaissais ton père de l'école. Nous étions de la même année. Durant notre septième année, il était le capitaine de l'équipe de Quidditch de Serpentard, et j'étais celui de Griffondor. Il n'y avait pas d'amour perdu entre nous deux. Il a mis ma femme sous Imperius. Elle n'allait pas être recrutée. Elle était un moyen pour arriver à ses fins. J'avais rencontré Trina alors qu'elle était Barmaid dans un pub de sorcier à Birmingham, où nous habitions. Elle n'était pas ambitieuse. Elle aimait juste faire se sentir les gens à l'aise et comme à la maison. Quand cela est arrivé, elle n'avait pas travaillé depuis une paire d'années, suite à la naissance de notre fille. Trina l'adorait tout simplement et ne voulait pas quitter son côté, alors elle avait quitté son boulot. C'est pour cela que je n'ai simplement pas cru qu'elle allait blesser notre petite fille… »


« Quoi ? » La voix de Malfoy avait un ton un peu alarmé. Harry se demanda si l'un d'eux voulait vraiment entendre cela.


« Tu vois, c'est ce que ton père lui avait dit de faire. Elle était sensée me faire accepter, ou elle lancerait le Cruciatus sur notre fille. Katie avait seulement deux ans ! Et je me tenais simplement là, tandis que Trina me parlait de cette étrange voix. Elle n'avait pas l'air d'être elle-même. Et même lorsqu'elle a dit le sort, d'une manière ou d'une autre je n'ai pas cru qu'elle était sérieuse. Mais à la fraction de seconde où j'ai vu que Katie avait mal, j'ai désarmé Trina. Le problème fut que je n'ai pas tempéré le sort. Il a été très fort. Et je n'ai pas fait attention à ce qui était derrière elle… »


« Qu'est-ce qui était derrière elle ? »


Sam soupira. « Pas grand chose. C'est le problème. Derrière elle, il y avait des portes fenêtres qui s'ouvraient sur un petit balcon avec quelques pots de géraniums fixés sur le garde-fou. Nous vivions dans un appartement au quatrième étage d'une vieille rangée de maisons. Et le sol du rez-de-chaussée avait un jardin de promenade pavé de briques. Bien, plus de brique que de jardin en fait. Il y avait des pots de plantes sur le bord. Alors c'était comme si nous étions au cinquième étage. »


« Quand elle a volé en arrière, elle a frappé les portes-fenêtres, qui se sont ouvertes. Elle a basculé par dessus la rampe du balcon, emportant une paire de pots de fleur avec elle. Elle a atterri en tas sur les briques, cinq ont volé. Elle s'est rompue le cou. Morte lors de l'impact. » Sa voix était devenue très basse. Harry l'entendit grogner avant de se lever. « Et ça » dit-il, parlant encore très doucement tandis que Harry entendait qu'il écrasait sa cigarette « c'est ce pour quoi Sam est allé en prison pendant dix ans. »


Les yeux de Harry s'ouvrirent en grand, et il s'assit rapidement. Il abandonna avoir prétendu dormir. « Ton nom est Bell ? » s'exclama-t-il.


Sam et Malfoy se retournèrent, surpris. « Oui » confirma Sam.


« Tu es… tu es le père de Katie Bell ? »


Il eut l'air très triste. « Oui. C'est moi. »


« Alors… Alors quand tu rentres chez toi le soir, Katie est là. »


« Bien, pas en ce moment. Elle est en Amérique, chez des cousins. »


« Mais… Mais… »


Sam rit. « Parfois, Harry, tu me rappelles ce petit gars sortant sur le terrain de Quidditch à l'âge de onze, ayant simplement l'air terrifié à l'idée de jouer ton premier match… »


« Tu étais là ? » Soudain Harry comprit pourquoi Sam lui semblait quelque peu familier. Harry essaya de se le représenter dans les gradins autour du terrain, portant des robes de sorcier. Sam acquiesça. « J'ai été à tous les matchs de Katie depuis que je suis sorti, quand elle avait douze ans. Elle est devenue poursuiveuse, comme son vieux père. » Sa voix était devenue très douce à la fin de la phrase.


« Tu… Tu sais que l'une des charges retenues contre Lucius Malfoy était d'avoir mis l'Imperius sur Katie, n'est-ce pas ? »


Encore plus doucement « Je sais. »


Bien sûr, pensa Harry, il avait clamé que c'étaient Avery et Nott qui l'avaient fait, mais bon. Ils l'avaient fait à ses ordres. Ainsi, il avait été responsable d'avoir mis Katie et sa mère sous Imperius, et sa mère était morte parce que son père essayait de la désarmer.


Malfoy regarda Sam, puis Harry. « C'est assez pour maintenant, Harry, » dit-il. « La pause déjeuner est finie. Retournons au travail. Laisse Sam tranquille. »


Harry acquiesça et se mordit les lèvres, ramassant sa chemise et la mettant au-dessus de sa tête, cachant l'amulette du basilik comme il l'enfilait. Malfoy remit sa propre chemise. Puis, comme il se tournait pour prendre ses gants de travail, il pivota vers Malfoy. Fronçant les sourcils, il dit « Comment m'as-tu appelé ? »


Malfoy lui donna un sourire en coin. « Je sais. Mais ce sont Sam et Dick. Ca a l'air salement stupide pour nous d'être Malfoy et Potter. Je ne dis pas que cela va arriver sur une base régulière. J'essaye juste. »


Harry le regarda suspicieusement. « Je ne suis pas sûr que je t'appellerai Draco à chaque fois sous peu. »


Malfoy haussa les épaules. « Tu ne veux probablement pas que je t'appelle comme je le pense la plupart du temps… »


« Pourquoi pas ? »


« Okay. Tête de pioche, passe moi cette truelle s'il te plaît… Aaaah ! » il fit mine de pousser un cri alarmé comme Harry lui lançait le journal de Sam à la figure. Pendant une minute, ils rirent tous les trois en retournant travailler. Mais bien que Sam ait ri d'eux deux, remarqua Harry, il y avait encore une trace de tristesse derrière ses yeux. Il n'avait pas été avec sa fille depuis l'âge de deux ans à douze ans…


* * * * *