Merci pour vos reviews Elava, Lunenoire, Mary Cooper, Philippe gryffondor, Nash et Kinou

Cette nuit, il eut encore les rêves. Et la nuit d'après, et encore celle d'après. Harry pensait qu'il ne devait pas dormir plus de deux heures par nuit. Il se sentait crispé et cassant avec les gens. Il avait téléphoné à Hermione au milieu de la nuit, et prit une volée de bois vert de sa part sur l'utilisation de son bon sens et ne pas réveiller les gens à trois heures du matin. Elle ne le grondait pas habituellement, mais il se dit que c'était parce qu'il l'avait réveillée d'un sommeil profond. Un sommeil profond… cela semblait merveilleux, mais il avait oublié à quoi cela ressemblait.


Il avait commencé à écrire à Ron une nuit, et il avait pensé lui demander ce qu'il voulait lui dire le jour de son anniversaire. Mais il n'y avait eu aucune chouette de Ron. Pas même Coquecigrue ne s'était montré à sa fenêtre avec un parchemin attaché à sa petite patte décharnée. Harry déchira la lettre qu'il avait commencé. Si Ron a quelque chose d'important à dire, laissons le dire, pensa-t-il. J'attendrai.


Il se sentait un peu affolé au travail aussi. Pendant quelques jours, Malfoy n'avait pas pris le soleil après le déjeuner, comme Harry et Sam. Le samedi, il le fit à nouveau, et Harry fut choqué par ce qu'il vit lorsque Malfoy enleva sa chemise. Il avait porté des sweat-shirts pour aller courir le matin, et maintenant, Harry savait pourquoi.


Il avait un tatouage spectaculaire sur le dos qui ressemblait au dos écailleux d'un dragon, puis sur ses bras, il ressemblait à des ailes de dragon déployées. Les couleurs bleues vertes qui avaient été utilisées avaient rendu impossible à voir les hématomes que son père lui avait infligé. Il a dû se le faire faire la veille de mon anniversaire, pensa Harry, quand il était sensé dîner avec Sam. Il dut admettre que c'était un chef d'œuvre, et il se demanda ce que Ginny dirait quand elle le verrait. Cela déprima encore plus Harry…


Avant qu'il ne réalise, l'été était presque fini, et Dumbledore s'était arrangé avec les Weasley pour que Harry et Malfoy aillent au Terrier pour une paire de jours. Ils feraient leurs achats avec Mrs Figg, au Chemin de Traverse, puis prendraient toutes leurs affaires chez les Weasley. Sirius allait venir les chercher en voiture, après avoir pris Hermione et sa malle. Harry était désolé de devoir dire au revoir à Aberforth et Sam, et même à Mrs Figg. Mais il n'était pas désolé à l'idée de dormir à nouveau dans un vrai lit. Il avait commencé à blâmer le sofa de la salle de couture pour ses insomnies. Au Terrier, Mrs Weasley avait donné la vieille chambre des jumeaux à Ron, et Harry y dormirait aussi. Malfoy serait dans l'ancienne chambre de Ron, et Hermione serait encore dans celle de Ginny, comme Bill était dans celle de Percy. Charlie était retourné à ses dragons en Roumanie, mais pouvait revenir au moment où on lui dirait si le besoin s'en faisait sentir.


Avant d'aller au Chemin de Traverse, Percy avait envoyé un hibou à Malfoy pour l'informer qu'il était le premier récipiendaire de la Bourse Scolaire Pénélope Deauclaire. L'argent dont il aurait besoin pour ses affaires de classe et ses dépenses courantes avait été déposé sur un compte à son nom à la Gringott. Les lèvres de Malfoy étaient réduites à l'état d'une ligne. Il avait l'air d'être contrarié d'être du côté de la réception pour la charité, et aussi comme si c'était vraiment son argent pour commencer. Une étrange combinaison, pensa Harry. Malfoy échangea les livres qu'il avait gagnées en travaillant pour Aberforth comme ils étaient à la banque, et il grommela sur les taux de change des gobelins et leurs frais le restant de la journée. Puis, quand ils prenaient l'argent dont ils avaient besoin de leurs voûtes respectives, Harry put dire au visage de Malfoy quand il revint dans la voiture que Malfoy avait vu les piles d'or et d'argent dans la voûte de Harry. Il essaya de ne pas le regarder durant le reste du temps des achats.


Finalement, le jour vint pour eux d'aller au Terrier. A sa surprise, Mrs Figg les prit dans ses bras et les embrassa tous les deux avant de les laisser monter dans la voiture des Granger, où Sirius attendait au volant. Ils avaient déjà dit au revoir à Aberforth et à Sam la veille. Malfoy avait demandé le siège de devant sans que Harry le lui dispute. Harry regarda silencieusement le paysage. Il n'était jamais allé au Terrier comme cela, une façon presque normale, dans une voiture avec ses quatre roues sur le sol (il souriait encore en pensant à Ron et aux jumeaux venant le prendre après sa première année, dans la vieille Ford Angelina volante de son père). Le Magicobus ne pouvait certainement pas compter comme normal. Il avait fait cela deux fois. Et la poudre de cheminette était probablement la chose la plus éloignée de la normalité, selon Harry. C'était étrange de simplement rouler jusqu'au Terrier, de klaxonner, de voir Hermione et les Weasley sortir par la porte… Harry avait le sentiment de bouger au ralenti, ou d'être sous l'eau comme ils le saluaient, qu'il y avait des bisous, des embrassades et des tapes dans le dos de partout. Harry ne pouvait pas se souvenir de la dernière nuit où il avait bien dormi. Un vrai lit, pensa-t-il. Il ne pouvait plus attendre…


Le matin suivant, Ron voulut jouer au Quidditch, alors Harry descendit avec son Éclair de Feu, tandis que Malfoy avait sur l'épaule son nouveau Brossdur, la seule chose qu'il avait pu se permettre à la Boutique du Joueur de Quidditch. Il regarda avec envie les Nimbus 2001 de Ron et Ginny. C'était un samedi, alors Percy avait généreusement laissé aux jumeaux la journée libre, et ils étaient venus au petit déjeuner avec Angelina et Lee, créant un tapage de la part de tout le monde qui aida Harry à se réveiller un peu. Il n'avait pas mieux dormi dans un lit que chez Mrs Figg.


Étant donné qu'ils étaient assez nombreux pour jouer à quatre de chaque côté, Hermione n'eut pas à se joindre à eux, au soulagement évident de Bill (il jouait mais pas Lee, qui s'était porté volontaire pour les commentaires). Ron avait choisi Ginny comme gardienne, pour l'entraîner davantage, Harry comme attrapeur et Fred comme batteur. Il jouait poursuiveur. George était batteur, et Malfoy attrapeur, avec Angelina poursuiveuse et Bill gardien.


« Comment dois-je appeler les équipes ? » voulut savoir Lee. Mr, Mrs Weasley et Hermione volaient alentour sur des balais pour regarder, étant donné qu'ils n'avaient pas de gradins pour s'asseoir et qu'ils n'auraient pas pu voir grand chose du sol.


« Bien » suggéra Hermione, « Pourquoi pas les dragons du côté de Malfoy, et les griffons de celui de Harry et Ron. » Elle sourit à Harry. Elle n'avait pas lâché le fait qu'il était un animagus griffon d'or, mais parfois, elle le rendait nerveux. C'était comme si parce qu'elle était fière de lui, elle voulait que le monde entier le sache. Il ne lui avait pas parlé de sa métamorphose devant Dunkirk pour lui faire peur. Autrement, elle lui aurait fait la morale sur le respect de la loi…


« D'accord, alors ! » Lee Jordan commença, après avoir magiquement amplifié sa voix. « Et les griffons ont la main. Weasley prend le souaffle, et traverse le terrain, la poursuiveuse des dragons, Angelina Johnson le poursuit. Le gardien Weasley est en position, prêt à arrêter le poursuiveur Weasley… Angelina, si tu te maries à ce gars, ne change pas de nom… et le poursuiveur Weasley marque contre le gardien Weasley ! Les griffons sont en tête, dix à zéro ! »


Quand Lee avait fait son commentaire sur Angelina épousant George, sa tête avait pivoté. Elle était en mouvement pour intercepter Ron, mais le fait qu'elle soit distraite signifia que le souaffle passe aisément dans l'anneau du milieu, comme Bill était aussi distrait à la suggestion du mariage. Harry regarda Mr et Mrs Weasley, qui foudroyaient Lee d'une manière distinctement inamicale. Ils avaient toujours semblé aimer Angelina avant, pensa Harry. D'un autre côté, elle et George vivaient ensemble maintenant, et Mrs Weasley en particulier ne semblait pas approuver cela…


« Harry! »


Il fut confus par le fait que c'était Malfoy qui l'appelait par son prénom, puis il vit la raison. Tandis qu'il regardait les Weasley, Il avait volé droit sur la route d'un cognard frappé par Fred. Avant de pouvoir penser, il avait frappé le manche de son balai, le secouant assez sévèrement pour qu'il soit désarçonné. Il se raccrochait par sa main gauche, pendant juste en dessous du balai, ayant l'impression que ses doigts glissaient du bois un à un.


Ron et Ginny volèrent rapidement vers lui, guidant son balai à une altitude assez basse pour que ses pieds touchent terre, et il se retrouva à nouveau sur le plancher des vaches. Puis, après un instant, il s'effondra sur le sol, et les autres atterrirent tous, inquiets, tandis que Mr, Mrs Weasley et Hermione volaient à un endroit à proximité. Hermione lâcha son balai et courut vers lui dès qu'elle fut au sol.


« Harry ? Harry ! Est-ce que tu vas bien ? Le cognard ne t'a pas frappé, n'est-ce pas ? »


Il ouvrit les yeux, ses lunettes étaient de travers sur sa figure, et le visage d'Hermione s'agitait, flou, devant ses yeux. « Non » dit-il, le mot pris dans sa gorge. « Je crois… Je crois que je suis juste un peu trop fatigué pour jouer maintenant. Je n'ai pas beaucoup dormi la nuit dernière… Je n'arrive pas à me concentrer. »


Mrs Weasley acquiesça et le remit sur pieds, puis passa son bras autour de lui. « Rentre à la maison et allonge-toi. Ils feront simplement sans toi. » Il acquiesça à son tour et s'appuya sur elle. Elle ne lui arrivait même plus à l'épaule maintenant. Hermione marchait de l'autre côté, portant leurs trois balais. Il entendit Mr Weasley dire aux autres qu'il était sûr que Harry irait bien, et que cela faisait des années qu'il avait joué au Quidditch pour la dernière fois…


Harry essaya de ne pas trop sourire à l'image mentale de Mr Weasley jouant au Quidditch. Quand ils atteignirent le Terrier, Mrs Weasley lui donna un somnifère et il grimpa les escaliers jusqu'à la chambre que lui et Ron partageaient, s'appuyant cette fois sur Hermione. Ses os lui semblaient faibles, c'était un miracle que le cognard ne l'ait pas précipité quarante pieds plus bas, vers une mort certaine. Il était d'habitude assez bon pour surveiller les cognards. Dormir, il avait juste besoin de dormir…


« Allez, Harry » lui dit doucement Hermione, le dirigeant dans la chambre de Ginny au lieu de celle où il avait dormi la nuit précédente.


« Que… »


« Ne discute pas. Je vais me coucher avec toi, cela devrait t'aider à dormir. Cela a toujours marché avant. Tu as eu des cauchemars, n'est-ce-pas ? C'est pour cela que tu m'as appelé cette fois là, n'est-ce pas ? »


Il acquiesça, la gorge serrée. Il aurait dû savoir qu'elle le comprendrait.


« J'ai écrit à Sirius sur quelque chose que j'ai vu avant même d'aller chez Mrs Figg, Mais cela a été bien pire depuis… »


« Chut ! Ne parle pas. »


Il s'allongea sur la couverture, et elle se pelotonna contre lui, sa tête sur son torse, son bras par-dessus lui. Il passa ses bras autour d'elle et ferma ses yeux, sentant le somnifère couler dans son cerveau, son cerveau si fatigué…


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A suivre dès mercredi...