Ankou:Un premier qui pense à Rogue
Lunenoire : et de deux...
Dumati : beaucoup de monde avait tenu ce pari là, personne n'a parié sur Sirius. On se demande pourquoi... Mais rassures-toi. Tu vas bientôt retrouver le trio...
Shinia Marina : encore quelqu'un pour rogue. ma parole, c'est vraiment un sex symbole!
papoubalou : si tu penses vraiment connaître la suite, ne la lit pas . merci quand meme pour ta review.
phénix20 : la suite...
Philippe gryffondor : encore quelqu'un qui tiens pour rogue....
MAry cooper : et une de plus pour rogue. Mais qu'a donc fait sirius? Ron et hr arriveront...
gaelle griffondor : ca veut dire quoi 'toji' ?
bonne lecture à toutes et à tous pour un chapitre qui va donner les bases de ce monde dans lequel Harry arrive...
Harry Potter et le temps des bonnes intentions
(ou : La dernière tentation de Harry Potter)
Chapitre quatre
Le monde tel que nous le connaissons
Harry regarda son beau-père, Severus Rogue, se tenant dans l'office, lui souriant. Il aurait du réaliser. Ce bruit de pas lourd qu'il avait entendu la nuit d'Halloween… Harry et Hermione l'avait vu arriver, dans la pensine. Rogue et Barty Croupton Jr avaient transplané sur les collines où Harry avait été aujourd'hui, quand le réveil portauloin l'avait emmené, et après que Croupton ait lancé le Cruciatus sur Rogue, il avait désarmé Croupton et couru vers la vallée, entendant en chemin le bruit inquiétant du sort de Voldemort rebondissant sur bébé Harry, réduisant le mage noir à moins qu'un esprit…
Lui et Hermione avaient vu Rogue courir dans le jardin, prendre le corps sans vie de sa mère dans ses bras et pleurer sur elle, tandis que le Garçon Qui Vivait se tenait à proximité, en couches, le doigt dans la bouche et du sang coulant sur son visage de sa nouvelle cicatrice, pleurant comme n'importe quel autre bébé de la planète.
Mais cette fois, réfléchit Harry, Rogue devait avoir trouvé sa mère vivante, pleurant la mort de son époux. Elle avait pu dire à Rogue immédiatement que Peter Pettigrew les avait trahi, et non Sirius… Et maintenant, Severus Rogue était son beau père. Il se tourna vers Harry maintenant, ayant l'air plus jeune et joyeux que la dernière fois que Harry l'avait vu. Ses cheveux étaient coupés court, et sa barbe était rasée de près. Il donna à Harry un authentique sourire quand il se tourna et le vit, le premier que Harry se souvienne jamais avoir reçu de lui.
« Elle t'a envoyé m'aider, hé ? » Harry acquiesça et son beau-père lui fit un clin d'œil de conspirateur, puis secoua la tête. « La porcelaine de sa grand-mère » Il tenait une tasse pour exemple. « Tu penserais que l'un de nous pourrait la réparer d'un coup de baguette magique si elle se cassait, mais elle dit qu'elle saurait encore qu'elle aurait été cassée, et que ce ne serait plus la même… »
Il soupira et regarda Harry. Harry réalisa maintenant que les couleurs de ses frères étaient de lui, pas de Sirius, et bien qu'il soit légèrement déçu, il se souvint avoir vu Rogue et sa mère dans la pensine, quand ils avaient seize ans. Ils avaient semblé amoureux en ce temps. Et il était là pour elle juste après l'attaque de la nuit d'Halloween…
Sa mère essaya d'aplanir ses cheveux, mais ils ne voulaient jamais. Elle abandonna et essaya à la place de faire se tenir Jamie tranquille pour lui peigner ses boucles sombres, et les rassembler dans un ruban sur sa tête. Il avait seulement trois ans et demi, et sa sœur avait presque deux ans. Sa mère était habillée d'une belle robe en brocard couleur ivoire, avec une bordure rouge et or autour de l'ourlet, le long du devant, et au bout des manches et au col. Elle portait des lys de la vallée dans ses cheveux de flamme, et ses yeux émeraude brillaient d'excitation.
« Allez, vous deux… Vous irez bien. » Sa voix était un peu nerveuse. Harry regarda autour de l'antichambre de la salle municipale, où ils attendaient leur signal. Sa mère prit Jamie et la porta sur sa hanche, et de son autre main prit celle de Harry. Ils allèrent aux portes centrales. De la musique se fit entendre et une main invisible ouvrit les portes. Le hall avait des sièges de chaque côté de l'allée centrale, et la musique semblait familière. Un air à la trompette. Sa mère commença à descendre l'allée centrale, portant sa fille et accompagnée par son fils, marchant vers Severus Rogue, qui portait une robe très formelle et vert sombre et se tenait au bout de la salle, devant un petit sorcier portant un chapeau melon et tenant un livre dans ses mains. Lucius Malfoy se tenait à côté de Severus Rogue. Il était aussi habillé formellement. Harry se tourna ? Il vit son parrain parmi les invités. Il vit aussi la femme de Malfoy, Narcissa, se tenant en face de son mari. Elle était la témoin de sa mère.
Il laissa son esprit vagabonder durant la cérémonie, regardant autour dans la salle, voyant finalement un autre garçon de son âge. Il avait des cheveux blond argent qui avaient été collés à sa tête tellement qu'ils ne bougeaient pas du tout quand il bougeait. Quand il vit Harry le regarder, il lui tira la langue. Harry le lui rendit, puis réalisa qu'il pourrait être pris, et rentra hâtivement sa langue dans sa bouche.
Très soudainement, à ce qu'il sembla, la cérémonie été finie, et sa mère et son nouveau beau-père s'embrassaient, et la musique jouait à nouveau, et ils remontaient l'allée, Jamie encore sur sa hanche, son bras autour de celui de son mari, qui était maintenant le beau père de Harry. Son beau-père lui tenait gentiment la main, lui chuchotant en chemin « Cela te dérange que je sois ton père, Harry ? »
Il secoua sa tête. Il ne se souvenait pas de son père. Il connaissait cet homme, cependant, qui était très, très grand et qui le soulevait souvent pour le porter sur ses épaules, et riait aux plaisanteries de sa mère, et lui en racontait qui la faisaient rire. Et Harry savait que quiconque faisait rire sa mère au lieu de la faire pleurer était quelqu'un de bien, car lorsque sa mère disait qu'elle pensait au père de Harry, tout ce qu'elle faisait était de pleurer…
Et puis, lors de la fête qui avait suivi, lui et sa sœur avaient été confiés à une femme que le garçon blond appelait nounou Bella. Le garçon blond était déjà avec elle. Nounou Bella l'appelait Draco. Ils avaient voyagé par portauloin jusqu'à un très grand manoir que le garçon blond avait dit être sa maison. Quand ils étaient arrivés dans sa chambre, elle était remplie des jouets les plus merveilleux que Harry avait jamais vu… Il avait presque oublié qu'il était ici parce que sa mère venait de se remarier. Il avait passé les plus merveilleuses après-midi et soirée de sa jeune vie, jouant dans cette nurserie bien équipée avec son nouvel ami, Draco. Il avait plus tard été bordé dans un grand lit confortable par la femme appelée Nounou Bella dans une chambre qu'il avait pour lui tout seul, et il avait été bercé jusqu'au sommeil. Il n'avait pas l'habitude de dormir dans un lit. Habituellement, il dormait dans un lit de bébé dans la même chambre que sa sœur, qui avait son propre lit. Il se pelotonna dans le lit luxueux, écoutant le chant, pensant à son nouveau père et à son nouvel ami, et se demandant ce que le lendemain allait lui apporter…
Ils finirent d'empaqueter la porcelaine, son père bavardant facilement avec lui de Quidditch. Il était surpris de réaliser que non seulement il aimait parler à Severus Rogue comme cela, mais aussi que cela était complètement naturel, et qu'il y avait une absence totale de tension entre eux. Spécialement comparée à la tension que Harry avait ressenti entre lui et sa mère…
Tandis qu'il lui parlait, Harry donnait des réponses automatiques, réalisant que lorsqu'il essayait de penser vraiment à retrouver des informations sur sa vie, c'était plus difficile que de simplement laisser l'information remonter à la surface de sa conscience. Quand ils eurent fini avec la porcelaine, il traversa la salle à manger et le couloir avec son beau-père et se tint en bas des escaliers. Son père, car maintenant il était habitué à penser à lui de cette façon, appela les autres. « C'est l'heure de déjeuner ! Nous devons manger avant que les carrosses n'arrivent ! »
Harry regarda sa sœur et ses frères dévaler l'escalier, tandis que leur mère descendait avec dignité, les admonestant simplement avec son silence distant. Ils traversèrent tous l'office vers la grande vieille cuisine, avec son immense four de fonte, sa cheminée où l'on pouvait se tenir debout, l'évier en pierre avec les longs égouttoirs en bois inclinés, les piles d'assiettes au-dessus de cela, et de nombreux vaisseliers anciens avec une grande variété d'aliments et de vaisselle. Le plafond s'élevait à vingt bons pieds au-dessus du sol en briques, les lourds rondins noircis par le temps et la fumée de la cuisine. Un grand canapé en cuir était poussé contre le mur sur l'un des côtés du foyer. Il y avait un fauteuil couvert par une tapisserie et un repose-pieds à côté. Même si c'était au milieu de l'après-midi, et que le soleil brillait dehors, ils avaient besoin que deux douzaines de chandelles flottent au-dessus de la table pour éviter de manger dans la pénombre.
Harry s'assit à la table de travail centrale surdimensionnée avec sa famille, son esprit exacerbé, bien qu'ils ne pensent clairement rien de ce simple repas de famille dans l'énorme cuisine. Rien n'était nouveau ou différent pour eux. Harry s'assit au bout de l'un des deux grands côtés de la table. Sa sœur alla près de lui et les jumeaux en face, tandis que ses parents s'asseyaient au bout de la table. Il baissa les yeux vers la table bien nette, confus, car elle était complètement vide de nourriture.
Sa mère regarda calmement son mari. « Que penses-tu Severus, simplement des sandwichs et de la salade ? » Il acquiesça, sa mère tapa deux fois impérieusement dans ses mains, et avant qu'il ait compris ce qui se passait, un elfe de maison apparut avec un fort 'crack !' derrière sa chaise et commença à disposer les plats garnis de sandwichs et de grands saladiers remplis de différentes sortes de salades au milieu de la table. Il mit ensuite des assiettes individuelles et des coupes à leurs places, bougeant presque trop vite pour être vu. Quand l'elfe fut à sa place, Harry l'arrêta brièvement en mettant sa main sur son petit bras brun.
« Merci, Tunny. » dit-il à l'elfe surpris, dont les grands yeux ambre s'élargirent encore plus. Il disparut avec un autre fort 'crack !' Au moment où il avait réussi à arrêter l'elfe un instant, Harry avait pu voir qu'il portait un lourd sac de course en canevas avec une image de fruits et légumes variés dessus (à l'envers, car il y avait un trou coupé dans le fond pour sa tête, et ses bras passaient par des trous sur les côtés). Les poignées du sac pendaient sous les genoux de l'elfe. On aurait dit qu'il heurtait ses tibias contre les poignées à chaque pas.
Harry leva les yeux pour voir toute sa famille le regarder, et Jamie lui siffla dans un souffle « Qu'est-ce que tu fais Harry ? Depuis quand remercies-tu les elfes de maison ? »
Il eut un flash soudain où il avait environ dix ans, avec Jamie à huit ans et les jumeaux à six ans, tous les quatre aidant leur mère à faire et à décorer les gâteaux de Noël, riant comme ils se couvraient tous de farine et de sucre étincelant vert et rouge (il changeait de couleur lorsqu'on mangeait les gâteaux). Il se souvint d'avoir quitté la cuisine en désordre avec sa famille et un plat de gâteaux à l'air hilarant, et d'avoir vu un petit elfe en colère dans l'ombre, attendant discrètement de pouvoir nettoyer le bazar…
Il déglutit. Il se souvint de son autre vie que Dobby était complètement accablé quand il était apparut dans la chambre de Harry à Privet Drive et que Harry lui avait demandé de s'asseoir sur son lit : les sorciers ne demandent jamais aux elfes de s'asseoir.
« Je, heu.. »
Mais ses petits frères semblaient avoir décidé de s'occuper de lui comme il avait menacé de leur lancer un sort plus tôt. « Elle est bonne, Har ! Il va penser que tu deviens fou… ou il le pense déjà ! » dit l'un d'eux, et ils pouffèrent tous deux de la même façon. Sa mère avait l'air singulièrement de ne pas être amusée. Elle secoua sa serviette et ce qui semblait être un geste plein de sous entendus, et après l'avoir disposée avec soin sur ses cuisses, elle prit un sandwich du plateau immédiatement devant elle et le tendit à Harry, sur sa droite, lui donnant ce regard en vrille auquel il n'était toujours pas habitué.
Bon, pensa-t-il. Nous vivons dans une maison de cette taille, bien sûr que nous avons des elfes de maison. Et bien sûr que les sorcières et les sorciers ne remercient pas les elfes de faire les choses… Bon sang, Hermione va vraiment me crier dessus quand elle…
Hermione.
Il se souvint du Boxing Day, quand il essayait de prendre les chiffons aux elfes, leur faisant ce discours, et puis quand Hermione l'avait embrassé dans la grande cuisine de Poudlard, et que Dobby avait été surpris quand il les avait vu…
C'était la première fois qu'il y avait pensé depuis qu'il s'était éveillé dans cette étrange nouvelle vie. Où était Hermione dans sa vie ? Il fouilla dans son cerveau, essayant de se souvenir d'elle, mais tout ce qu'il pouvait se représenter était Hermione dans son ancienne vie. Pourquoi était-ce ainsi ? Peut-être est-elle à Serdaigle maintenant, pensa-t-il, au lieu de Griffondor…
« Alors » dit son beau-père à sa mère, « J'ai compris qu'il va y avoir plus de vingt cinq première année aujourd'hui. »
Sa mère leva les sourcils. « C'est le plus grand nombre depuis des années. Cela va faire beaucoup d'un coup. Est-ce que Minerva a ajusté l'emploi du temps en fonction ? »
Il acquiesça. « Cela ira bien… Tu auras seulement deux maisons à la fois dans les donjons, de toutes façons. Ils ne peuvent pas te surcharger sans ajouter des postes de travail… »
Harry fronça les sourcils en mâchant son sandwich. Le donjon de potions ? Oui, répondit son nouveau cerveau. Maman est la professeur de potions…
Il regarda Rogue du coin de l'œil. Et il enseigne aussi ? Qu'enseigne-t-il ?
« Si elle veut me donner tous les première année ensemble pour les Forces du Mal, il n'y a rien qui pourra l'arrêter. J'ai essayé de lui rappeler que lorsqu'elle enseignait la métamorphose, elle n'avait jamais qu'une maison et une année à la fois, mais c'est tombé dans une oreille sourde… » Il fronça les sourcils en regardant son sandwich avant d'en prendre une bouchée.
Sa femme soupira. « Bien sûr, il n'y avait pas de pénurie de main d'œuvre alors… »
Forces du Mal. Ainsi, Rogue enseignait la Défense contre les Forces du Mal, finalement. Et il avait dit une fois à Harry que sa mère était l'élève la plus brillante en potions que l'école ait jamais vue. Mais qu'est-ce que son père voulait dire par 'quand elle enseignait la métamorphose' ?
« Minerva a sa propre méthode, Severus. Chaque directeur ou directrice doit faire fonctionner l'école comme il l'entend. Elle a beaucoup de contraintes… »
Ok, pensa Harry. MacGonagall est la directrice. Alors où est-ce que cela nous laisse Dumbledore ? Et qui enseigne la métamorphose ?
Sa tête recommençait à lui faire mal, mais il décida de ne pas demander à sa mère, dans son rôle de professeur de potions, un remède contre le mal de tête. Il se leva avec les autres quand ils eurent fini leurs sandwichs, leur salade et leur jus de citrouille. Il commença à porter son assiette et son gobelet à l'évier en pierre, quand Jamie mit sa main sur son bras, disant doucement « Arrête cela, Harry ! ». Il lui fronça les sourcils, puis baissa les yeux vers ce qu'il avait dans les mains et le remit à la hâte sur la table. Il le faisait encore. Certaines choses étaient des réflexes de cette vie, et d'autres choses étaient des réflexes de son autre vie. Il espérait qu'il ne ferait pas trop souvent le mélange. Les elfes de maison nettoieraient la table.
Il resta en arrière des autres comme ils quittaient la cuisine, attendant un autre signe de l'elfe qu'il avait mortifié plus tôt en lui disant merci, mais il ne le vit nulle part. Leurs malles étaient mystérieusement apparues dans le couloir de devant, et la porte était ouverte. Combien d'elfes de maison avons-nous ? se demanda-t-il. Deux carrosses sans chevaux de l'école se tenaient dans l'allée en forme de U devant la maison.
« Harry ! » lui dit soudain sa mère. Il se tourna, se sentant automatiquement coupable sans qu'aucune raison ne lui vienne immédiatement à l'esprit. Ce doit être la force de l'habitude, pensa-t-il.
« Où sont tes robes ? »
Il fronça les sourcils. « Dans ma malle, bien sûr. J'ai tout empaqueté, promis. »
Elle se tenait avec les bras croisés, un sourcil soulevé, tapant du pied, attendant clairement une autre réponse, et quand elle ne l'obtint pas, et regarda intentionnellement en direction de ses habits. Ooh, pensa Harry. Zut ! J'étais supposé garder une robe dehors pour porter au château…
Harry eut la bonne grâce de rougir quand il alla à sa malle et retrouva une robe de l'école plutôt froissée qui avait fini écrasée sous le contenu qui était précédemment sur son bureau. Sa mère pouvait aussi maintenant voir qu'il avait tout mis sans faire attention à l'organisation. Il avait vu comment elle avait fait ses paquets : tout était si serré que cela ne bougerait jamais d'un millimètre durant le transport.
Il secoua la robe. Elle sentait un peu l'encre. Une fois qu'il l'eut sortie, il essaya de la brosser avec les mains, mais elle avait encore l'air d'avoir dormi avec lui. Ajouté à cela, il pouvait voir dans le miroir pendu derrière la porte d'entrée que ses cheveux étaient en désordre (et comme ceux de son père) comme toujours. Il essaya de les plaquer avec sa main, sans succès. Sa mère le surveillait, avec critique, puis laissa échapper un soupir exaspéré et se détourna de lui. L'estomac de Harry se noua en lui, et ce qui semblait être une vieille pensée familière jaillit dans sa tête.
Il n'y a rien qui lui fasse plaisir.
Elle laissait clairement tomber son cas pour le moment. Sa mère et son père utilisaient maintenant leurs baguettes pour faire voler les males dans les carrosses, après quoi, ils embarquèrent tous. Severus Rogue guida ses fils dans un carrosse, tandis que la mère de Harry lui faisait signe avec sa sœur, et ils grimpèrent dans l'autre.
Comme ils traversaient le village de Pré-au-Lard, Harry regarda sa mère et sa sœur, assises en face de lui. Il pouvait voir maintenant que Jamie était tout le portrait de sa mère, les mêmes traits, les mêmes yeux, mais avec des cheveux châtain qui étaient un mélange de ceux de son père et de sa mère. Sa mère n'était plus une jeune fille délicate, mais un jolie femme solide, et Harry doutait sérieusement qu'elle laisse passer grand chose à ses élèves, spécialement à ses propres enfants.
Il pensa au déjeuner dans la grande et vieille cuisine. Quelque chose que sa mère avait dit l'avait dérangé, quelque chose sur les vingt-cinq première année. Ce nombre semble bas, pensa-t-il. Et elle a dit qu'il était élevé. Pourquoi dirait-elle cela ? Mais comme il pensait à cela, un autre souvenir d'enfance revint au galop, comme si c'était hier…
Harry attendait avec impatience la fête de Noël chez les Malfoy chaque année. Ses parents le prenaient, lui, sa sœur et ses frères au manoir Malfoy de temps en temps, et Harry était autorisé à demander à ce que Draco vienne à sa maison, mais cela n'arrivait pas aussi souvent que chacun des deux garçons aurait aimé. Ils auraient pu se voir plus souvent si Mr Malfoy avait cru bon d'envoyer Draco à l'école. Mais même si la pénurie de main d'œuvre signifiait que Draco était sans tuteur pour de longues périodes de temps, son père n'avait pas encore perdu sa résistance quant à envoyer son fils dans l'une des écoles qui éduquait les enfants des sorciers avant qu'ils soient assez âgés pour Poudlard.
L'année des sept ans de Harry, le manoir Malfoy était décoré pour les vacances de sa manière habituelle et élaborée. Il semblait qu'il y avait un énorme arbre dans chaque pièce du manoir : le grand hall d'entrée, la salle des portraits, le bureau, la salle à manger, la salle de bal, et même la nurserie à l'étage, où les enfants jouaient avec les nombreux jouets de Draco. Il y avait aussi des sapins de Noël dans toutes les chambres. Harry s'attendait à moitié à en trouver dans les salles de bain.
Les grands portraits peints des Malfoy des anciens temps étaient tous aussi dans l'esprit des vacances, chacun entonnant son chant de Noël favori, les chants se superposant, et parfois créant une véritable cacophonie si les peintures étaient trop proches. Harry redoutait de devoir passer devant le portrait de deux sœurs âgées qui chantaient en dehors de la chambre d'ami où Mrs Malfoy le mettait habituellement. Les Malfoy du portrait chantaient la même chanson tous les ans : 'The Holly et the Ivy'. Le problème était qu'elles ne pouvaient pas chanter du tout, ou même rester dans le même ton (et elles essayaient de s'harmoniser).
Dans chaque pièce, l'arbre était décoré pour s'accorder au décor, de telle sorte que la salle à manger rouge sang avait un arbre avec des rubans au rouge profond, des lumières de fées rouges et des ornements tout aussi écarlates. Et la salle des portraits, qui était décorée d'un motif suédois bleu glace, avait un arbre avec des ornements en flocons de neige bleu et des lumières de fée bleutées.
Avant d'aller à la fête chaque année, Harry adorait regarder sa mère descendre l'escalier de devant au bras de son père, ayant elle-même l'air d'un sapin de Noël soigneusement décoré (dans le bon sens du terme), avec des lumières de fée dans ses longs cheveux roux et sa longue robe de velours vert avec du vrai houx sur l'ourlet. A la fête, Nounou Bella était sensée garder les enfants sous contrôle dans la nurserie de jour, mais une fois qu'assez d'invités lui avaient confié leurs enfants, ils échappaient rapidement à son contrôle. Harry, Draco et Jamie ne pouvaient jamais résister à l'envie de jouer des tours à Crabbe et Goyle, désespérément lents et dépourvus d'imagination, qui étaient quelque fois trop idiots pour arriver à réaliser qu'ils étaient les dindons de la farce (ce n'était naturellement pas aussi amusant que lorsqu'ils le réalisaient).
Mais le plus amusant de tout était de jouer à la chasse aux papiers à travers la maison sans que les adultes ne réalisent ce qui se passait. (C'était un sacré défi pour un paquet d'enfants de jouer le rôle d'une meute de chiens de chasse sans que leurs parents ne le découvrent.) La mère de Harry avait enseigné ce jeu moldu à ses enfants, et Harry l'avait appris à Draco et aux autres enfants des sorciers et des sorcières qu'ils rencontraient aux grandes fêtes organisées par les parents de Draco.
Harry adorait être le renard que les chiens pourchassaient. Il se glissait agilement dans les pièces, sortant des bouts de parchemin de sa poche, laissant un indice ici et là pour que la meute puisse le suivre, mais essayant de ne pas rendre cela trop facile pour eux. On devait vraiment ouvrir ses yeux pour voir où Harry mettait les morceaux déchirés. Un pouvait être sur un livre sur une étagère, à huit pieds du sol, ou directement sur les cuisses d'une vieille sorcière ayant une conversation animée avec une autre sorcière sur le ministère de la magie. Draco s'était plaint de nombreuses fois de Harry quand il avait été le renard, mais il avait aussi du admettre que Harry jouait cependant en suivant complètement les règles.
Il se réjouissait encore une fois d'être le renard, courant dans les salles publiques, s'accroupissant sous les bras des adultes portant de délicats verres en cristal à leurs lèvres, les bulles magiques brillant dans les bouches des personnes qui riaient, tandis que l'orchestre jouait et que Harry traversait la salle de bal comme une flèche, entendant la meute rentrer bruyamment, risquant d'être découvert. Il avait toujours un temps d'avance sur eux, et était bien trop discret pour que les adultes ne saisissent. Personne ne faisait un meilleur renard que Harry. Il se glissa dans le bureau de Mr Malfoy après avoir quitté la salle de bal et coupé par la salle à manger, où la table brillait d'or, d'argent et de platine posé à chaque place, les lumières de fées suspendues aux murs et aux lourds chevrons en plus de décorer le sapin. Harry allait laisser un bout de parchemin sur une chaise dans le bureau quand il entendit des bruits de pas et il s'accroupit derrière le grand sapin de Noël à côté de la cheminée. C'était Mr Malfoy, son père et sa mère. Sa mère avait l'air contrarié, et Mr Malfoy essayait de la calmer.
« Allons, allons, Lily, s'il vous plaît, faisons cela dans un endroit moins public. Venez dans mon bureau. Vous aussi, Severus. Peut-être que vous pourrez m'aider à lui faire voir le sens de tout ceci… »
Harry déglutit et se pressa dans le coin derrière le sapin. Si sa mère l'attrapait ici, elle aurait une attaque. Il triturait nerveusement les bouts de parchemin dans sa poche, espérant que les autres ne pourraient pas suivre la piste qu'il avait laissée afin que personne ne déboule dans la pièce.
« Du sens ? Du sens ? Y aurait-il un univers dans lequel cette politique idiote aurait un sens ? » Harry reconnut que sa mère était prête au combat. Elle ne reculait jamais quand elle était comme cela. Il remarqua que son père était silencieux, ne se disputant pas avec elle, ni ne la soutenant.
« S'il-vous-plait, asseyez vous Lily. Severus… » Harry entendit les trois s'asseoir sur les canapés de cuir usé. Les canapés de cuir sont très bruyants lorsque l'on s'y assoit dessus, réalisa-t-il.
« Juste parce que je m'assoie ici ne signifie pas que je suis d'accord avec cela. A quoi pensaient les gouverneurs ? »
« A quoi pensaient-ils ? Bien, je peux vous dire ce à quoi certains pensaient… et je veux dire ceux qui sont opposés au Seigneur des ténèbres. Ils essayent de protéger les enfants nés de moldus, ainsi que leurs familles. Ils pensent que c'est mieux pour eux de ne pas même savoir qu'ils sont magiciens, alors n'essayez pas de blâmer pour cela ceux qui parmi nous… essayent de maintenir quelques standards. Arthur Weasley était le leader pour cela. C'était son idée de ne plus accepter les nés de Moldus à Poudlard. Peut-être devriez vous lui en vouloir à lui. »
« Oui, mais son argument est que cela protègerait les gens, pas que je sois d'accord, tandis que votre argument tend à contenir le mot 'Sang-de-bourbe'. Avez-vous oublié que je suis née de Moldus ? »
« Lily, Lily… sûrement qu'en étant quelqu'un né de Moldus, vous pouvez évaluer à quel point c'est important de garder l'existence du monde de la sorcellerie secrète ? Cette nouvelle politique va protéger la communauté magique autant que les enfants nés de Moldus et leurs familles… »
« Vous vous répétez, Lucius. »
« Je n'étais pas convaincu que vous m'aviez entendu la première fois. Vous ne vous comportez pas comme si c'était le cas. » Il y avait un ton méchant dans sa voix, et Harry sentit la colère monter en lui pour le compte de sa mère, ses mains formant de petits poings durs dans ses poches, son rythme cardiaque s'accélérant.
Il y eut un moment de silence tendu, avant que Harry entende son père dire « Quand prendra-t-il effet ? »
« L'été prochain, les seuls enfants ayant onze ans en 1988 qui vont recevoir les lettres de Poudlard sont ceux qui ont au moins un parent sorcier. Les élèves nés de moldus qui sont en première année maintenant finiront leurs études dans sept ans, en 1994. Il n'y a pas de raison de leur demander de quitter l'école. Eux et leurs familles connaissent déjà l'existence du monde de la sorcellerie. Vous voyez, Lily ? Nous ne sommes pas des ogres. Il y a eu une proposition devant le bureau des gouverneurs pour expulser tous les élèves nés de parents moldus, mais elle a été rondement défaite. Et nous allons encore continuer à prendre les demi-sang. Je veux dire, dans ces familles, le mal est déjà fait avant que les enfants n'aillent à Poudlard. Il y a déjà des Moldus impliqués. Refuser l'admission de leurs enfants à Poudlard ne changerait pas cela… »
« Le mal est fait ? » bafouilla la mère de Harry, furieuse. « Peut-être que si vous aspiriez à être un ogre vous seriez plus poli, Lucius. »
« Lily… Je semble dire tout ce qu'il faut pour vous mettre hors de vous ce soir… Pensez à comment c'était lorsque vous étiez à l'école. Est-ce que vos parents ne se faisaient pas du souci pour vous ? Et n'étant pas des sorciers, ils n'avaient aucun moyen de vous protéger. C'est un instinct naturel des parents… »
Elle fit un « Hmpf ! » sceptique. « Si vous croyiez vraiment cela, alors vous me laisseriez… »
« Non ! » La voix de Severus Rogue était dénuée de doute. « Non, Lily, » dit le beau-père de Harry plus doucement. « C'est mieux ainsi. »
Maintenant Lucius Malfoy pouffait. « Est-ce que nous nous battons encore pour cela ? Cela fait six ans, Lily, et rien n'a changé. Le Seigneur des Ténèbres ne vous permettra jamais de devenir une Mangemort. Fin de l'histoire. Vous êtes née de Moldus ! Et une ancienne Auror ! Il ne vous fait pas confiance. Et je pense qu'il a raison. Écoutez-moi… Gardez votre bouche fermée ! Écoutez : Narcissa a demandé aussi, tout comme vous, de nombreuses fois. Il ne lui fait pas confiance non plus. Vous et Narcissa êtes les mères de Harry et Draco. Votre loyauté première, votre allégeance, ne serait jamais pour lui, et il le sait. Elle serait pour vos fils. L'instinct d'une mère pour protéger son enfant est juste trop… »
« Oh, arrêtez avec cela, Lucius ! Si cela était vrai, il n'y aurait aucune autre femme parmi les rangs des Mangemorts, et je sais qu'il y en a. »
« Ah, mais Lily, aucune d'elles n'a d'enfants qui font partie de la Prophétie. »
La voix de sa mère devint très basse et très dangereuse. « Vous voulez dire qu'aucune d'elles n'est suspectée de faire partie de la Prophétie. »
Lucius Malfoy se leva et alla vers le manteau de la cheminée, inconfortablement près de la cachette de Harry. Harry retenait son souffle, s'enfonçant dans l'ombre du coin. « Bien, nous ne savons pas encore, n'est-ce pas, Lily ? Blâmez-vous le Seigneur des Ténèbres de ne pas vouloir être au même endroit que vous, votre fils et le mien ? Pourquoi voudrait-il prendre ce risque ? » Il changea soudain de vitesse. « Quand est votre anniversaire ? » lui demanda-t-il.
Elle ne répondit pas. Harry imagina son visage : des yeux verts furieux et des lèvres pincées. Il l'avait vue comme cela assez souvent.
« Le huit avril. » Elle n'avait pas répondu. C'était son beau-père.
Harry put voir Mr Malfoy acquiescer, son profil étrangement souligné par quelques chandelles de l'autre côté de la pièce. « Vous voyez ? Vous pourriez facilement être la fille de la guerre aux cheveux de feu. Vous êtes bélier… »
« Comme un douzième des gens nés sur cette planète. Si la moitié sont des femmes, cela fait seulement un vingt-quatrième de la population de la Terre. Cela rétrécit vraiment l'éventail, Lucius. Brillant. J'ai aussi la même date d'anniversaire que Bouddha. Vous savez, le Bouddha. Est-ce que cela signifie que je vais fonder une religion majeure de ce monde ? »
Mr Malfoy sortit sa baguette et la pointa sur elle. Les mains de Harry étaient contractées en des poings si serrés que ses ongles entaillaient ses paumes. Ses dents étaient serrées si fort qu'elles lui faisaient mal à la tête. »
« Vous n'allez pas me parler ainsi ! Juste un mot de moi, et le Seigneur des Ténèbres va… »
Soudain, sa baguette s'envola de sa prise. Elle semblait attirée par le plafond par un très fort aimant (si les baguettes étaient aimantées). Elle ne toucha pas le plafond, mais flotta quelques pieds en dessous, ce qui la laissait encore à plus de dix pieds du sol et bien hors de portée pour Mr Malfoy. Il leva les yeux, la bouche ouverte. Puis il regarda en direction des parents de Harry, les fixant avec colère. Harry tremblait encore. Il pouvait sentir le sang sur ses mains là où il s'était coupé la peau avec ses ongles. Mr Malfoy avait ouvert la bouche pour parler encore, mais ce fut la voix douce et calme de son beau-père que Harry entendit.
« Pourriez-vous, s'il-vous-plait, nous laisser un peu en privé, Lucius ? J'aimerais parler à ma femme. »
Mr Malfoy les foudroyait encore du regard. Il jeta un œil à sa baguette flottant encore dans les airs. Harry déglutit et sentit la tension sortir de lui. Il s'effondra encore contre le mur et la baguette retomba au sol. Mr Malfoy se pencha et la ramassa, la remettant dans sa robe et sortant à grandes enjambées de la pièce sans un autre mot, la colère émanant de lui comme la chaleur.
Harry se décala légèrement afin de pouvoir voir son père et sa mère à travers les branches de l'arbre. Sa mère était assise sur le bord du canapé en cuir, l'air aussi tendue que Harry l'avait été. Son mari mit une main sur son épaule et la tira en arrière pour qu'elle se relaxe contre lui. Elle mit sa tête sur son épaule avec un soupir fatigué seulement un instant avant de rebondir avec une énergie nerveuse.
« Lily… »
Elle marchait de long en large, levant les bras au ciel. « Je sais, je sais, Severus. Je ne devrais pas le laisser… »
« Tu ne devrais pas le laisser te mettre en colère. » Leurs mots se superposèrent et elle sourit, enlaçant ses doigts autour de ceux de son époux.
« Tu finis mes phrases. La seule autre personne qui le faisait était… »
« Je sais. »
Elle avait ses lèvres pincées. « J'aimerais que nous n'ayons pas à prétendre que nous sommes amis avec ce… ce … Je ne peux même pas trouver de mot assez méchant pour le décrire. Et nous avons dû les avoir à nos côtés le jour de notre mariage ! Oh, Severus… »
« Bien, qui allait le faire sinon eux ? Tu ne parles pas à ta sœur, ou elle ne te parle pas, et je pouvais difficilement laisser les Mangemorts voir Albus se tenir à mon côté, n'est-ce pas ? Ou penses-tu que Sirius Black voulait être mon témoin ? Pettigrew aurait pu, je suppose, s'il n'avait pas reçu le Baiser… Dieu soit loué pour cela. Cela aurait été bien de savoir qui est la troisième personne de la prophétie, mais au moins il a été rendu inoffensif avant qu'il ne puisse le dire au Seigneur des Ténèbres… Regarde le bon côté, Lily : Lucius et Narcissa nous ont offert un très bel endroit où faire la fête après la cérémonie. »
Sa mère fit encore le « Hmph ! ». Harry l'entendit prendre quelque chose puis le reposer, avec un bruit sourd. « Oh, oui. Un cadre adorable. Dedans, tout était la quintessence de 'riche à en crever' »
« Lily… »
« Oui, oui. Tu n'as pas besoin de me le dire. Mais il est si… si… » Harry pouvait entendre la frustration dans sa voix.
« Allez. Vas-y. Ne le garde pas pour toi. »
« Un rebut. C'est ce qu'il est. Non,… un têtard dégénéré. Non,… Il devrait encore passer des millions d'années d'évolution vers une forme de vie supérieure pour être un têtard dégénéré… »
Harry sentit une crise de fou-rire arriver, mais il couvrit sa bouche pour éviter d'être découvert. Son beau-père rejeta sa tête en arrière, riant et souriant. « Ça c'est ma femme ! Un petit peu de destruction de Lucius créative est bon pour la santé. »
« Mais pas aussi satisfaisant que de lui lancer un bon maléfice dessus… Et pour ce qui est de le laisser me mettre en colère… je ne peux pas m'en empêcher. Je ne peux pas accepter que dans neuf ou dix ans, ils vont juste venir me prendre Harry, et que je ne pourrai rien faire. Je ne pourrai pas être là pour m'assurer qu'il est en sécurité… »
« Je serai là, Lily. Je prendrai soin de lui. Je l'ai toujours fait. »
Elle lui sourit encore. « Oui, c'est vrai. Je souhaite simplement… »
« Bien sûr que tu le souhaites. C'est tellement naturel. Ce qui est exactement ce pour quoi il ne te veut pas là-bas, et pareil pour Narcissa. Vous ne voudriez pas voir… » et il s'arrêta, déglutissant. Il sembla à Harry qu'il y avait quelque chose qu'il ne voulait pas dire, et voulait quand même dire à la fois. « Il y a des choses qu'il va devoir endurer, et des choses qu'il va devoir faire que tu ne devrais pas voir… »
Elle se tenait tranquille maintenant, tenant sa main. « Tu avais seulement dix-huit ans quand il t'a recruté. Qu'avais-tu à faire ? Qu'avais-tu à endurer ? » demanda-t-elle doucement. Il haussa les épaules.
« Je l'ai eu facile, comparé à la plupart. Recruter quelques personnes qui étaient des cibles faciles. Si je ne les avait pas approchées, ils auraient probablement commencé à demander aux gens dans tous les pubs de sorciers des Orkneys à la Manche comment on rejoignait les Mangemorts. »
« Et le fils de Barty Croupton. »
Son père acquiesça. « Et lui. Une bonne chose sur son recrutement cependant. Si je n'avais pas été proche de lui, il ne m'aurait jamais pris à Godric's Hollow cette nuit, et je n'aurais pas été là quand tu avais besoin de moi… »
« Mais il t'a lancé le Cruciatus dessus ! »
Il haussa les épaules. « Et je ne l'ai pas rapporté, alors il l'a cru, quand j'ai dit je te l'avais seulement dit parce que je t'aimais. Je n'ai même jamais été puni pour cela, étant donné que j'avais déjà subi le Cruciatus, et après six années, Croupton n'a encore aucune idée que je travaille pour Albus. Ce qui me permet de continuer à le surveiller. D'une manière ou d'une autre… Il y a des fois où il me paraît être plus dangereux que Lucius. »
« Il est mauvais à ce point ? »
Il acquiesça. « Il hait son père plus que tu ne peux l'imaginer. Je crois que ce qu'il aimerait vraiment faire serait d'être pris en train de faire quelque chose de très spectaculaire, lançant la Marque des Ténèbres dans le ciel après cela, et puis… un procès. »
Elle secoua la tête. « Ce serait la fin de la carrière de son père… Peux-tu imaginer ce que les gens feraient s'il s'avérait que le fils du ministre de la magie est un Mangemort ? »
« Oui. » La voix du père du Harry était calme et basse. Aucun ne continua sur le sujet. On aurait plutôt dit que son beau-père voulait arrêter la conversation. Sa mère se pencha et embrassa son mari sur la joue.
« Je vais aller jeter un œil sur les enfants. Je pense avoir vu des bouts de parchemin dans la salle de bal. Harry devait probablement encore être le renard. C'est un tel meneur. Je n'aurais jamais dû lui enseigner à jouer à la chasse aux papiers… »
« Allez, Lily. C'est un bon garçon. »
« Je sais, je sais. Mais Draco… tu penses qu'il a une bonne influence ? »
« Lucius a repris Bella après que le troisième tuteur de Draco soit parti, afin qu'elle puisse prendre soin de lui même quand il n'a personne pour lui enseigner. Tu sais envers qui elle est loyale autant que moi… et Albus lui fait une confiance totale. Je n'ai aucun doute qu'elle prend soin de Harry et de Draco quand ils sont ensemble, et parfois Lucius laisse Draco venir chez nous… »
« Bien, j'ai des doutes sur sa capacité à prendre soin d'un grand nombre d'enfants durant les fêtes. Je sais que j'ai vu cette fille Parkinson courir à travers la salle des portraits… »
Son mari rit et sourit. « Je suis sûr qu'ils vont bien, mais pourquoi ne vas-tu pas jeter un œil de toute façons ? Ils devraient bientôt être mis au lit, et tu pourrais leur souhaiter bonne nuit. »
Elle lâcha sa main à contrecœur, et alla à la porte. Quand elle fut partie, son beau-père s'appuya en arrière et mit ses mains derrière sa tête, disant calmement « Elle est partie. Tu peux sortir maintenant, Harry. »
Harry retint son souffle et se pressa contre les murs, dans le coin. Son père attendit une minute avant de parler à nouveau. « Continuer à prétendre que tu n'es pas dans le coin derrière le sapin de Noël ne fera rien de bon. » Harry respira et abandonna. Il se leva, passant contre les épines aiguës de l'arbre, marchant vers son beau-père qu le regardait sérieusement depuis le canapé. Harry fit de son mieux pour avoir l'air d'avoir du remord. Il trouvait qu'habituellement, cela aidait à raccourcir les sermons et les réprimandes.
Mais son père tapa le siège à côté de lui, disant « Assieds-toi, Harry. »
Harry s'assit regardant droit vers le feu, se souvenant de Mr Malfoy se tenant là, terrifiant et austère. Sans regarder son père, il dit « Comment as-tu… »
« Deux choses Harry. Un, tu as fait bouger quelques branches. Je l'ai remarqué juste quand ta mère disait qu'elle allait voir ce que tu faisais. Deux, je sais que je n'ai pas pris sa baguette à Lucius, je veux dire Mr Malfoy, et quand j'ai vu les banches de l'arbre bouger, j'ai réalisé que cela n'avait probablement pas été ta mère non plus, bien que je l'ai d'abord cru. Elle a probablement cru que c'était moi. Une fois que j'ai vu bouger les branches, j'ai réalisé que c'était plutôt la sorte de choses que tu pourrais faire. »
Harry grimaça. « Je ne voulais pas le faire. Il était juste si méchant avec maman… »
Son père passa son bras autour de ses épaules et Harry appuya sa tête sur son torse « Je sais. Tu as senti la colère monter en toi… »
« Oui » marmonna Harry, fermant ses yeux, voyant encore les flammes danser à l'intérieur de ses paupières.
Ils restèrent silencieux quelques minutes, avant que son père ne lui demande calmement. « De ce que tu as entendu, qu'as-tu compris, Harry ? »
Harry ouvrit ses yeux. « Heu… Je me suis endormi. Je ne me souviens pas vraiment de ce que vous disiez. » Il mentait. Son père le regarda suspicieusement.
« Tu ne te souviens pas. » L'homme avait l'air sceptique. Harry se tortilla. Son père avait un regard qui rendait le mensonge difficile pour Harry.
« Bien, sauf pour une paire de choses. Qu'est-ce qu'un Mangemort ? Qu'est-ce qu'une prophétie ? » Son père se mordit les lèvres et eut l'air très grave. Harry espérait qu'il allait le découvrir, mais il fut déçu. Son père ne répondit pas à ses questions.
« Je ne veux pas que tu répètes un seul des mots que tu as entendu dans cette pièce à quiconque. Compris Harry ? Personne. » Harry acquiesça, puis reposa sa tête et ferma les yeux. Ce qu'il avait entendu était trop confus, il ne voulait pas vraiment en parler à son père. Il pouvait se souvenir des mots, mais qu'est-ce qu'ils signifiaient, tous ensemble ? C'était très confus…
Il n'était pas sûr de combien de temps il était resté ici, appuyé contre son père avec les yeux fermés, mais soudain il sentit du mouvement et de grandes mains gentilles le prendre. Il appuya sa joue sur l'épaule de son père et sut qu'ils montaient au deuxième étage parce qu'il pouvait sentir les secousses à chaque fois que son beau-père mettait son pied sur une marche. Il pensa lui faire savoir qu'il était encore éveillé, mais il décida de continuer à feindre le sommeil à la place. Rien au monde n'était aussi merveilleux que ce moment pour Harry, d'être assez petit pour être porté au lit. Sa mère n'avait pas fait cela depuis un bout de temps, comme il avait fait une pousse l'an dernier, mais son père pouvait encore le faire. Il eut un léger mal au cœur lorsqu'il sentit qu'on le posait sur le lit de la chambre d'ami où il restait toujours, et puis Harry sentit qu'on enlevait ses chaussures et qu'on remontait la couette jusqu'à son menton. Les lèvres gercées de son père se pressèrent brièvement contre son front, puis Harry entendit les pas s'éloigner, la porte s'ouvrir… Mais elle ne se ferma pas.
« Lily ! » s'exclama doucement son père. « Chut ! Il est déjà endormi. »
« Où était-il ? » entendit Harry chuchoter sa mère.
« En bas. »
« Il était encore le renard, n'est-ce pas ? »
« Je pense. »
Harry entendit sa mère émettre un profond soupir. « La manière dont ils le suivent… Ce n'est pas comme une meute poursuivant un renard. C'est plutôt comme s'ils suivaient le joueur de flûte de Hamelin. »
Il entendit son père rire doucement. « C'est un meneur naturel, Lily. »
Il y eut une longue pause avant qu'il n'entende sa mère dire « C'est ce dont j'ai peur… »
Puis il entendit son bruit de pas se rapprocher, et combattit le besoin de retenir son souffle, au lieu de continuer à conserver sa respiration aussi calme que possible. Il sentit ses douces lèvres sur sa joue et sur son front, puis il sentit sa main repousser les cheveux de son front. Il l'entendit partir, et très bientôt, il ne faisait plus semblant de dormir…
