Mary Copper : merci beaucoup, voilà la suite, pour ton bon plaisir
Lunenoire : c'est justement le sujet de l'histoire...
Sathina : Merci beaucoup pour ta review


Il ne voulait définitivement pas que sa sœur soit après Draco Malfoy. Ou que Draco Malfoy soit après sa sœur. Elle n'était pas au courant de ses nombreuses 'conquêtes'. Et Harry ne voulait pas qu'elle devienne l'une d'elles. Elle n'aurait même pas quinze ans avant février ! Puis il se souvint que Voldemort lui avait dit qu'elle devait naître en mars. Bien, pensa-t-il, elle a du naître un peu plus tôt. Quand était-ce ? Il essaya de vider son esprit des pensées étrangères. Février… Le 21. C'était cela. L'anniversaire de sa sœur. Il se tourna vers sa sœur, essayant de la voir vraiment. Il regarda son profil pur dans la lumière de la torche réfléchie par la fenêtre, son nez tacheté, ses yeux verts brillants, ses cheveux châtain. Draco ne savait probablement pas qu'elle existait, de toutes façons, raisonna-t-il. Il pense probablement à elle comme à une sœur, essaya de se rassurer Harry.


Puis il se demanda pourquoi Niamh Quirke était préfète en chef l'an dernier ? Mais il sut immédiatement. Alicia Spinnet n'avait jamais été à Poudlard. Elle était née de moldus. Elle ne savait probablement pas qu'elle était une sorcière. Harry repensa à Hermione, regardant les carrosses en bas, espérant contre toute attente qu'elle serait là, même si c'était contre toute logique.


La plupart des carrosses avaient déversé leur cargaison humaine, et Harry et Jamie refermèrent la fenêtre et quittèrent le bureau de leur beau-père pour descendre dans la grande salle. Avait-elle idée de quel coureur était le meilleur ami de son frère ? se demanda Harry. Pas que Draco se sente jamais insulté par une telle étiquette. Il rirait et la porterait fièrement. Il ne laissait pas de telles choses se mettre en travers de chemin de son plaisir. Cela faisait à la fois reculer Harry, et aussi envier quelque peu son ami pour sa capacité à se déconnecter… Non, non se rappela-t-il. Je ne veux pas être comme cela.


Ils arrivèrent dans le hall d'entrée, encore plein d'élèves. « Draco ! » appela Jamie, sa main levée, sa voix portant par-dessus le vacarme ambiant. La tête gris argent jaillit en entendant son nom, il fit un sourire charmeur. Harry pouvait voir que cette réponse faisait fondre sa sœur. Cette année, il allait y avoir des problèmes, il le sentait. De très gros problèmes. Draco Malfoy alla vers eux à travers la foule. Jamie se jeta sur lui et il lui rendit l'accolade, son nez dans ses épais cheveux brillants, ses bras s'attardant dans le dos de sa sœur plus longtemps que ce que Harry souhaitait.


« Hey, Draco » dit-il, essayant d'avoir l'air désinvolte quant à cela. Son ami lui sourit, et puis Harry remarqua que Mariah était venue avec lui. Il vit que maintenant, elle portait aussi un badge de préfète. Peut-être que les choses vont changer, pensa Harry plein d'espoir. Peut-être qu'il va avoir une petite amie stable…


« Allons-y ! » dit maintenant Draco à eux trois. « Prenons de bonnes places ! » Il traversèrent la foule, et une fois dans la grande salle, Harry suivit sa sœur et son meilleur ami à l'une des longues tables, et seulement après s'être assis, il remarqua où il était, et son cœur bondit dans sa gorge. Non, pensa-t-il, son souffle devenant rauque. Cela ne peut pas arriver. Ce n'est pas possible…


Il regarda de l'autre côté de la salle vers l'endroit où Ron Weasley et sa sœur étaient assis. Neville Londubat était à côté d'elle, et Seamus Finnigan était de l'autre côté de la table. Katie Bell était assise à quelques élèves de Seamus, et il y avait quelques autres élèves qui n'étaient pas nés de moldus que Harry reconnut de son autre vie qui étaient à Griffondor. Le problème était qu'il n'était pas à Griffondor.


Il regarda les gens autour de lui.


Non, pensa-t-il. Je ne le suis pas. Je ne le suis pas…


Je le suis.


Je suis un Serpentard.


Il sentit les larmes perler derrière ses paupières. Il déglutit parcourant la salle du regard. Je suis à Serpentard. Comment cela s'est produit ?


Mais maintenant, il y avait d'autres changements à l'école à considérer. A la table des professeurs, le professeur MacGonagall était assise là où le professeur Dumbledore aurait dû être, pensa Harry. Elle était entourée par le professeur Vektor (qui était assise à l'ancienne place de MacGonagall, alors Harry pensa qu'elle était directrice adjointe maintenant), et son beau-père, le professeur Rogue. Harry s'habituait encore à sa nouvelle apparence, ses cheveux courts et propres, sa moustache et sa barbe bien entretenues, et le fait qu'il arborait généralement une expression plaisante sur son visage. Sa mère n'était pas assise à côté de son père. Elle était plus loin, à côté d'une chaise vide.


Les autres membres de l'équipe étaient familiers. Il y avait Sinistra, Flitwick, Trelawney (Harry remarqua cela avec une grimace). Il vit mesdames Bibine, Pince et Pomfresh, un homme inhabituel avec des cornes que Harry pensait avoir vu pour la dernière fois au ministère de la magie, quand il avait été au procès de Lucius Malfoy (qui n'était jamais arrivé maintenant). A côté de l'homme avec les cornes se tenait le professeur Binns.


Le professeur Binns?


Binns avait été à la table des professeurs pour des choses comme l'annonce du Tournoi des Trois Sorciers et la Coupe des Maisons, mais le Professeur Binns n'était jamais venu manger à cette table durant toutes les années que Harry avait passées à Poudlard. Bien sûr, durant tout ce temps, il avait été un fantôme, et les fantômes n'ont pas besoin de manger. Cependant, ce professeur Binns avait besoin de manger.


Il était vivant.


Harry ferma sa bouche grande ouverte avant que quelqu'un n'y jette un cognard dedans. Le professeur Binns n'était pas mort. Quelques soient les circonstances qui l'avait conduit à expirer près du feu dans la salle des enseignants, elles ne s'étaient pas produites en ce monde, et Harry vit son professeur d'histoire de la magie aux couleurs de la vie pour la première fois, corpulent et à la tête rouge, ayant l'air de vouloir beaucoup que la fête commence, et ayant aussi l'air porteur d'un ennui colossal. Harry grogna intérieurement. La seule chose intéressante en histoire de la magie avait été quand Binns entrait à travers le tableau au début de la classe, et clairement, cela était maintenant hors de question.


Puis Harry remarqua le professeur aux cheveux noirs à la droite de son beau-père. Il reconnut immédiatement le joli visage rieur, qui écoutait attentivement le professeur Chourave, de l'autre côté. C'était son parrain, Sirius Black, qui enseignait maintenant les métamorphoses. Ce n'était plus le fugitif essayant d'avoir toujours un pas d'avance sur les détraqueurs, ou même un animagus illégal non enregistré. Il avait correctement été enregistré depuis des années, et avait repris les cours de MacGonagall depuis qu'elle avait été nommée directrice par le bureau des gouverneurs, après le renvoi de Dumbledore. Sirius … professeur Black… était maintenant le responsable de Griffondor, se souvint Harry. Il aurait été bien d'avoir son parrain comme responsable de maison. Son beau-père était responsable de Serpentard, comme toujours. Bien, pensa Harry, c'est déjà quelque chose. Je suis encore en bon termes avec mon responsable de maison.


Mais il trouvait ce confort faible, en fait, remarquant comme leur nombre était réduit sans les élèves nés de moldus, pensant à tous les gens qu'il devrait voir et qui n'étaient pas là. Pas de Dean Thomas, réalisa-t-il, ni sa sœur, Jamaïca. Il avait déjà réalisé que Justin ne serait pas ici, et il vit que Ruth Pelta n'y était pas non plus. Il voyait Tony Perugia à la table de Griffondor, et Harry remarqua son badge de préfet. Encore une autre chose identique. Mais aucun des Griffondors nés de moldus en première année l'an dernier n'était assis ici en tant que deuxième année. En fait, il réalisa, aucun des premières années qui n'était pas né de moldus n'était là non plus. Il parcourut la salle du regard. Il ne reconnut personne qui avait l'air d'être plus jeune qu'en quatrième année. Il y avait des élèves qui semblaient avoir le bon âge pour être en deuxième et en troisième année, mais aucun d'eux n'avait un visage familier pour Harry.


Puis il pensa à quand Jamie était née. Fin février 1982. Elle avait été conçue en mai 1981… mais Harry ne reconnaissait pas beaucoup des autres quatrième année. Finalement, il comprit : 31 octobre 1981. Tous les élèves conçus après cette date n'existaient plus. Le monde était complètement différent après ce jour. Et même si un couple avait conçu un jour plus tard ou plus tôt, ou même décalé d'une heure ou d'une minute par rapport à l'autre ligne temporelle, il n'avait pas la possibilité de créer la même personne. Harry pensa à la famille Weasley. Les mêmes deux parents avaient conçu sept personnes complètement différentes (neuf, si l'on comptait les sœurs disparues, mais il ne les connaissait pas). Pour que l'un d'entre nous naisse, il faut une chance sur un milliard, pensa Harry, ne connaissant pas vraiment les chiffres, mais cela ne lui semblait pas une mauvaise approximation. Il parcourut la table des Griffondors à la recherche de quelqu'un qui ressemblerait à Will Flitwick, espérant qu'il se trompait, mais il ne vit personne qui pourrait y ressembler. Tous les élèves plus jeunes lui étaient complètement étrangers.


Harry parcourut la table des Serpentards. De nombreux visages familiers, mais quelques personnes manquaient ici aussi. Ses frères bavardaient ensemble avec animation, comme si la bagarre dans le hall d'entrée n'avait pas eu lieu. Où étaient Crabbe et Goyle ? se demanda-t-il. Sûrement qu'ils étaient nés…


Il se tourna et essaya discrètement de vérifier les tables de Serdaigle et Pouffsouffle. Ah, les voilà. Ils étaient à Pouffsouffle. Pourquoi donc ? se demanda-t-il un moment, avant de se rappeler qu'il avait lu dans la Gazette du Sorcier que leurs deux pères avaient été pris en train de lancer le sort de Cruciatus sur quelqu'un et avaient été envoyés à Azkaban. Était-ce il y a six ou sept ans ? Peut-être que sans l'influence de leurs pères, ils étaient devenus un peu différents… Puis il ne vit pas Padma Patil à la table des Serdaigles. Attends… Je l'ai vue deux fois à la table de Griffondor. Non, se corrigea-t-il. L'une est Parvati. Alors maintenant, les deux jumelles Patil sont dans la même maison. Et l'une d'elle portait un badge de préfet. Cela devenait très confus…


Le silence se fit dans la grande salle. Le professeur Vector se leva et alla au centre de la pièce, le bruit de ses pas résonnant sur les murs de pierre. Harry leva ses yeux au plafond enchanté. Le ciel était parsemé d'étoiles et la lune formait un croissant parfait. Pas un nuage ne dérivait devant le spectacle céleste. Vector ouvrit calmement une des énormes portes vers le hall d'entrée, sortit et la referma derrière elle. L'école entière attendait. Après quelques minutes, les deux portes s'ouvrirent avec un BANG ! et le professeur Vector revint, conduisant les nouveaux première année derrière elle, petits et nerveux, et pas une sorcière ou un sorcier né de moldu parmi eux.


A la fin de la ligne des garçons et des filles de onze ans, marchait homme râblé, musclé et aux cheveux roux portant des pantalons de cuir marron usés, un gilet de cuir assorti par-dessus sa chemise simple, et une longue robe de sorcier de cuir vert écailleux accrochée à sa gorge avec une broche d'argent, comme une cape. Il portait de lourds gants en peau de dragon, et les bottes assorties, vert sombres et couvertes d'écailles, comme sa robe. Il enleva ses gants et traversa à grandes enjambées la grande salle derrière les première année. Harry reconnut immédiatement Charlie Weasley. Ses cheveux étaient légèrement humides, et Harry réalisa qu'il devait être celui qui devait avoir amené les nouveaux élèves à travers le lac sur les bateaux.


Harry se renfrogna. Où était Hagrid ? Attends. Maintenant, il se souvenait. C'était devenu connaissance commune que Hagrid était un demi-géant il y a des années, avant même que Harry rentre en première année. Dumbledore était parti lors du bannissement des élèves nés de moldus, et Hagrid avait sommairement été renvoyé de ses fonctions de garde-chasse durant l'année suivante. Depuis ce temps, Charlie avait servi de garde-chasse, et étant donné que l'ancien professeur était parti sept ans plus tôt, il avait aussi enseigné les soins aux créatures magiques. Mais le professeur Weasley, Harry le savait, dormait dans l'aile des enseignants. La cabane où vivait Hagrid avait été condamnée et abandonnée pendant des années. Le Professeur Charles Weasley prit la chaise vide à côté de la mère de Harry.


Comme les enfants approchèrent le Choixpeau sur son petit tabouret à quatre pattes, Harry était de tout cœur avec eux. Il avait été simplement terrifié quand il avait été réparti lors de son ancienne vie. Maintenant, une déchirure s'ouvrit près du bord, comme une gueule de goule, et le chapeau commença à chanter la chanson qu'il avait composé pendant une année entière.


Je ne vaux pas le coup d'œil

Mais l'apparence ne fait pas tout

J'ai tellement de cervelle

Alors écoutez cette chanson :


Des chaussures enchantées peuvent faire un danseur

Des gants magiques un virtuose du piano

Mais je fais de vous un élève de Poudlard

Quand vous ME mettez sur votre tête !


Toutes les pensées que vous avez dans votre esprit

Sont un livre ouvert pour moi.

Je regarde en vous et vous dit la vérité,

Quelle maison est pour vous, gratuit !


Appartiendrez-vous à Griffondor,

Avec d'autres braves héros ?

Traverserez-vous le feu et la glace,

Pour sauver votre ennemi ?


Ou irez vous à Pouffsouffle,

Cette équipe fidèle et laborieuse ?

Votre patience et votre loyauté

Montreront vos vraies couleurs.


Mais vous pourriez être un Serdaigle,

Intelligent et plein de jugeotte,

Si vous montrez votre esprit et votre érudition

Dans des problèmes qui importent.


Ou finalement à Serpentard

Vous pourriez encore trouver une place

L'ambition et un esprit rusé

Se cachant derrière votre visage.


Alors asseyez-vous et enfilez moi !

Je ne mords jamais ni ne donne des coups

Cela ne durera pas longtemps, je vous le promets,

Alors jetez vous tous à l'eau !


Harry grogna. Le Choixpeau ne s'était certainement pas amélioré pour faire les chansons. Le reste de l'assemblée éclata en applaudissements, et Harry s'y joignit un peu à contrecœur. Le Choixpeau s'inclina, reconnaissant pour les acclamations, et puis se réinstalla sur le tabouret une fois de plus, ressemblant à n'importe quel autre vieux chapeau de sorcier cabossé.


Harry vit quelques un des première année chuchoter entre eux. Il se demanda quelles histoires hautes en couleurs quelques uns d'entre eux avaient entendu au sujet de la cérémonie de répartition. Harry se souvint que dans son autre vie, Fred avait dit à Ron qu'il allait devoir se battre contre un troll. Harry avait eu peur de devoir lancer un sort, et Hermione avait pensé à cette possibilité aussi. Hermione. Elle continuait à venir dans son esprit… Comment pouvait-elle ne pas être là ? Mais ensuite, la chanson du Choixpeau lui rappela sa cérémonie de répartition dans cette vie…


Harry se tordait les mains dans sa robe d'école neuve. Tout ce qu'il pouvait voir était l'arrière de la tête de Draco. Le professeur Vector les avait conduit dans la salle, et ils avaient tous patiemment attendu pendant que le Choixpeau chantait sa terrible chanson, applaudissant poliment avec tous les autres. Il s'était tenu là, nerveux, la sueur faisant glisser ses lunettes le long de son nez, attendant son tour pour aller sur la chaise.


« Abbot, Hannah ! » appela le professeur Vector. Harry connaissait Hannah de l'école du village à Pré-au-Lard. Ses couettes blondes rebondissaient comme elle allait vers la chaise. Le Choixpeau lui tomba devant les yeux. Cela prit seulement un instant avant qu'il ne crie « POUFFSOUFFLE ! »


La table des Pouffsouffles éclata en cris de bienvenue, et Hannah fut accueillie par sa nouvelle famille, souriant et rougissant comme elle allait vers eux. Après cela, Susan Bones devint aussi une Pouffsouffle, et Terry Boot et Mandy Brocklehurst devinrent Serdaigles.


« Brown, Lavender ! » appela le professeur Vector. Quand elle devint la première Griffondor, cette table fit un bruit du tonnerre, et Harry remarqua que deux garçons roux qui apparaissaient être jumeaux étaient définitivement les plus bruyants. Millicent Bulstrode devint une Serpentard. Harry n'était pas du tout surpris. Il la connaissait aussi de l'école du village. Maintenant c'était leur tour d'accueillir leur nouvelle camarade de maison. Personne n'avait jamais applaudi Millicent pour aucune raison, Harry le savait. Elle avait l'air très contente, essayant de ne pas sourire comme elle penchait sa tête et marchait aveuglément vers le bruit.


« Crabbe, Vincent! »


Un garçon de forte carrure s'assit maintenant sur la chaise. Il semblait possible qu'elle ne le supporte pas, mais ses pattes résistèrent. Le Choixpeau resta sur ses épaules pendant quelques instants avant de proclamer « POUFFSOUFFLE ! » . Le garçon enleva le Choixpeau avec un soupir de soulagement, et s'avança vers la table de Pouffsouffle, où ils semblaient aussi heureux de l'avoir lui que les autres qui avaient déjà pris place là.


Puis Seamus Finnigan fut placé à Griffondor (les jumeaux roux continuèrent à faire les fous), et Grégory Goyle alla à Pouffsouffle, où il s'assit avec Crabbe. Ils semblaient se connaître. Neville Londubat marcha avec dignité jusqu'à la chaise lorsque son nom fut appelé, et quand il devint un Griffondor, cette table devint encore plus déchaînée.


« MacDougal, Morag ! » devint une Serpentard, et Harry entortilla sa robe autour de ses mains. Son meilleur ami était le suivant. Et s'ils n'étaient pas répartis dans la même maison ?


Draco s'avança vers la chaise, confiant, quand son nom fut appelé. Il n'avait pas plus tôt mis le Choixpeau sur ses épaules que celui-ci criait avec impatience « SERPENTARD », comme si c'était tellement évident qu'on n'aurait pas dû le déranger. Draco enleva le chapeau et se leva, regardant Harry. « Nott » et « Parkinson » devinrent aussi des Serpentards, puis les filles jumelles appelées Patil devinrent toutes les deux des Griffondor. Après, « Perks » alla à Serdaigle, et Harry entendit finalement :


« Potter, Harry! »


Personne ne le remarqua. Tout le monde attendait la fête. Ils voulaient juste que la répartition s'achève. Aucune des tables des maisons ne semblait intéressée pour qu'un garçon si décharné et pâle avec des lunettes et des cheveux désordonnés ne vienne chez elle. Harry mit le Choixpeau sur sa tête, le sentant glisser jusqu'à ses maigres épaules. Il fixait l'obscurité.


« Hmmm » fit la voix désincarnée, lui semblant très forte, bien qu'il n'ait rien entendu sinon les noms des maisons quand les autres avaient porté le Choixpeau. Alors il était assez confiant sur le fait que personne d'autre ne pouvait entendre ce que lui disait maintenant le chapeau. « Intéressant. Un bon esprit, un très bon esprit. Courageux, je peux le voir. Du talent à économiser, Oooh. De l'ambition. C'est bon, très bon. Et tu ne te couches pas lorsque l'on t'insulte. Je peux voir cela.. Une combinaison très intéressante. Où devrais-je te mettre ? Hmmm… »


Harry sentit le bois rugueux sous ses mains comme il se cramponnait à la chaise. Mon meilleur ami est allé à Serpentard, pensa-t-il. Et mon papa est responsable de la maison.


« Serpentard. Oui, un choix excellent. Tu es aussi assez brave et talentueux pour Griffondor… »


Serpentard, Serpentard. S'il vous plait.


« … mais tu ferais de grandes choses dans les deux maisons, et Serpentard peut t'aider à cela, sans aucun doute… »


Harry attendit le jugement du Choixpeau, se demandant s'il allait se faire taper dans le dos par ces jumeaux roux à l'aspect terrifiant de la table des Griffondors. Ce ne serait pas si terrible, essaya-t-il de se dire. Mon père et ma mère étaient à Griffondor. Je verrais encore beaucoup Draco…


« SERPENTARD ! » proclama le chapeau. Harry était surpris. C'était fini. Il était dans la même maison que Draco. Il enleva le Choixpeau de sa tête, et alla à la table des Serpentards, souriant, et Draco lui tapa dans le dos quand il arriva et commença à le présenter aux autres membres de la maison qu'il venait juste de rencontrer.


Harry était maintenant un Serpentard.


Le Choixpeau avait fini, et le professeur MacGonagall se leva. Elle s'éclaircit la gorge et parla froidement. « Bienvenue ! » dit-elle. « Bienvenue pour une nouvelle année à Poudlard ! Je vais maintenant vous faire part de quelques notes… »


Mais les 'quelques notes' durèrent et durèrent. Il y avait l'habituelle interdiction d'aller dans la Forêt Interdite, la liste des articles de contrebande (bien que Harry n'ait pas proprement saisi le nom du concierge, ce n'était pas Rusard), l'annonce du premier match de Quidditch dans à peu près un mois, entre Serdaigle et Serpentard (applaudissements des Serpentards quand ils étaient mentionnés et huées des Serdaigles, applaudissements des Serdaigles quand ils étaient mentionnés et huées des Serpentards). Il y avait des avertissements sur quitter l'enceinte de l'école sans autorisation, et un rappel pour ceux qui en quatrième année devaient retourner leur autorisation signée pour les sorties à Pré-au-Lard lors des week-end prévus. (Ils doivent avoir élevé la limite de la troisième année, pensa Harry.).


Et cela continuait. Le professeur Vector avait été publiée, le professeur Sinistra avait découvert un nouvel amas d'étoiles. Harry s'appuya la tête contre sa main. Tout cela commençait à ressembler à « bla, bla bla… ». Il fixait son assiette vide. A manger. A manger. A manger. Peut-être que s'il y pensait assez fort, les elfes de maison lui enverrait de quoi se nourrir avant qu'elle ait fini de parler.


Finalement, il entendit « Merci ! » et la directrice s'assit. Les applaudissements et les cris étaient incroyables. Jamais foule ne fut plus reconnaissante qu'un orateur ne se soit tu. Soudain, la table était remplie de nourriture, et Harry et Draco commencèrent à remplir leurs assiettes tandis que Jamie leur adressait un regard réprobateur. Tandis qu'il mangeait, Harry entendit les commentaires des autres Serpentards autour de lui sur 'cette vieille chauve-souris' et 'Je ne peux pas croire qu'elle ait finalement décidé de la boucler'. Était-ce comme cela que les élèves de Serpentard parlaient de Dumbledore avant son départ ? se demanda Harry. Il n'avait jamais entendu de conversations si peu respectueuses à la table de Griffondor.


Puis il entendit quelqu'un plus loin à table, de son année, pensa-t-il, disant, 'Et regarde donc Evans. Aussi chaude que jamais… Il me tarde les potions…' et tandis que le garçon assis à côté de lui acquiesçait, il suggéra de faire quelque chose à sa mère qui fit s'étrangler Harry. Il se leva en colère et pointa le doigt sur lui.


« Zabini ! Retenue ! »


La table de Serpentard devint silencieuse, tout le monde fixant Harry. L'autre garçon lui fronça les sourcils.


« Quoi ? »


« Tu ne parles pas comme cela d'un professeur. » dit Harry entre ses dents, se souvenant que ce garçon ne savait probablement pas que le professeur Evans était sa mère. Zabini ricana.


« Tu ne peux pas me donner de retenue, Potter. Tu n'es pas préfet. »


Oh oui, pensa Harry. Damnation ! Quand j'étais préfet, je n'ai jamais voulu faire cela, et maintenant…


« Mais je le suis » fit la voix traînante de Draco, qui se leva lentement. Il regarda Zabini avec malveillance. « Retenue demain soir, avec le professeur. Je lui dirai la raison de la détention, aussi. Tu sais qu'il ne tolère pas l'insubordination contre aucun professeur. » Harry regarda avec gratitude son meilleur ami. C'était peut-être lui-même un coureur, mais Draco n'allait pas supporter que l'on insulte la mère de Harry. Harry suspectait que Draco respecte Lily Evans encore plus que Narcissa Malfoy. Il pensa aussi à son beau-père qui serait probablement très intéressé de savoir ce que Zabini avait dit de sa femme…


Lui et Draco se rassirent. Harry regarda autour de la table des Serpentards. Jusqu'à ce qu'il ait défié Zabini, personne ici n'avait sourcillé que l'on parle de sa mère ainsi. Il regarda les Griffondors avec envie. Juste comme il faisait cela, Ginny Weasley s'était tournée et regardait dans sa direction. Elle croisa son regard et sourit. Harry était choqué. Il ne pouvait pas détourner ses yeux d'elle. Elle se retourna vers les Griffondors. Harry remarqua pour la première fois qu'il y avait un garçon à la table des Griffondors qui avait une ressemblance extraordinaire avec Neville Londubat, mais il semblait être un peu plus jeune. Et puis Harry se rappela que l'un des première année s'appelait Rupert Londubat, mais il avait été réparti à Pouffsouffle et non à Griffondor. Il avait remarqué que Neville s'était renfrogné tandis que les Pouffsouffles applaudissaient. Alors, en plus d'avoir l'air, très, très sûr de lui, Neville avait aussi deux frères. Est-ce que cela signifiait que ses parents n'étaient pas à Ste Mangouste ? se demanda Harry. Travaillaient-ils encore comme Aurors ? Si oui, cela semblait être une autre bonne chose dans cette vie…


Soudain, Harry sentit le froid percer sa poitrine, et il se tourna pour voir le Baron Sanglant s'asseoir à côté de lui. Il retint son souffle. Quand il expira à nouveau, il put voir un petit nuage de buée devant son visage, tellement l'air était devenu froid autour de lui. Les yeux sombres et dérangeant fixaient Harry. Harry se sentait paralysé par la peur. Il se sentit complètement seul, malgré les gens qui l'entouraient.


« Ce n'est pas bien » lui siffla le fantôme, faisant claquer des dents à Harry. Tout le monde autour ignorait cet échange. « Rétablis-le. »


« Quoi ? » Harry luttait pour parler à travers ses frissons. « Que voulez-vous dire ? »


Le Baron fixa Harry avec un regard sérieux et entendu. « Tu sais. Tu as fait cela. C'est mal. Ce n'est pas comme ce devrait être. »


Harry se sentit glacé jusqu'aux os. « Comment savez-vous ? Qui d'autre sait ? »


« Seulement ceux d'entre nous qui se déplacent entre les mondes. Elle sait aussi. Mais elle ne sait pas qu'elle sait. » Il montra la table des professeurs, et Harry se tourna. Le Baron semblait indiquer le professeur Trelawney, qui regardait dans le vide, mangeant son pudding sans aucune expression sur le visage, ses grandes lunettes reflétant les lumières des nombreuses chandelles qui flottaient au-dessus des tables et des torches sur les murs.


« Mais… Je… Je ne sais pas comment le rétablir… » bégaya-t-il, se retournant vers le fantôme. Il se recula comme le Baron approchait sa bouche très près de son oreille.


« Trouve un moyen. »


Soudain, il s'envola et monta, à travers le plafond avec son ciel enchanté, et il était parti. Harry vit Nick quasi-sans-tête assis près de Ron à la table de Griffondor. Nick se tourna pour le regarder.


Rétablis-le fit-il, sur ses lèvres, à Harry.


Harry regardait la table de Pouffsouffle maintenant. Le Moine Gras le regardait, ses yeux sombres terrifiants au lieu d'être amicaux, comme d'habitude. Il secoua tristement sa tête et se détourna de Harry. Les fantômes savaient. Ils n'aimaient pas cela. Ce n'était pas bon. Harry déglutit, saisissant cet étrange monde que lui, et Voldemort, avaient créé.


Le problème était que pour tenter de faire de la magie de cette amplitude, il ne connaissait que trois personnes qui seraient capables de l'aider. L'une était Voldemort lui-même. Salement improbable. Il avait voulu que les choses tournent de cette façon. Une autre était Albus Dumbledore, qui n'était plus directeur, qui n'approuvait pas de changer le temps, qui pouvait être n'importe où à faire n'importe quoi, et qui ne savait même pas qui Harry était, à part le fils d'un des ses anciens élèves. Si Harry lui disait ce qui était arrivé, il doutait qu'il le croirait.


La troisième personne qu'il savait pouvoir l'aider était quelqu'un qui ne le connaissait pas, ou plutôt qui ne le connaissait plus. Elle était probablement la sorcière la plus intelligente d'Angleterre et ne savait même pas qu'elle était une sorcière. Elle vivait quelque part, comme une moldue, complètement oublieuse de ses propres pouvoirs magiques pourtant considérables. Harry savait ce qu'il devrait faire s'il devait jamais rétablir l'ordre du monde. Il allait redresser le tort qui avait résulté de l'essai de redresser le tort de la mort de sa mère. Si cela pouvait jamais être réparé…


Il avait désespérément besoin de trouver Hermione Granger.


* * * * *