Mary Cooper : et maintenant la réponse à ta question....
Mystikal : allez, les paris sont ouverts : la réponse ci-dessous
lilou : l'histoire est en effet pleine de surprises...
Philippe Griffondor : merci beaucoup !
Shinia Marina : encore une parieuse. Quelle va être la forme de l'animagus ?...
bonne lecture à tous
Les élèves acquiescèrent nerveusement. Harry pensa qu'il était probablement prêt, mais ensuite il douta. Et si dans cette vie, il avait une peur différente ? Et si ce n'était pas un détraqueur ? Il essaya de se dire d'être préparé à quoi que ce soit qu'il verrait, et il essaya de se souvenir de toutes les choses qu'il avait apprises pour le Tournoi des Trois Sorciers et le club de duel. Concentre-toi, se dit-il. Et souviens-toi... C'est juste un épouvantard. Quoique cela semble être, cela ne l'est pas en fait.
Severus Rogue mit sa main sur le bouton de la porte et il se prépara à tirer le loquet. Il tendit ensuite le bras, et prit au hasard Pansy Parkinson par le bras et la tira vers la porte.
« Tu seras la première. Tous les autres, reculez. Laissez-lui le champ libre. Quand je vous appelle, venez devant pour l'affronter. N'hésitez pas. Vous allez perdre vos marques si vous le faites. Je jugerai votre travail sur votre rapidité et sur l'adéquation de votre réponse. Je ne suis pas ici pour juger vos peurs. Maintenant laissez de l'espace à Parkinson. » Il lui fit un signe de la tête. « Prête ? » Elle avait l'air à deux doigts de pleurer. « Trop tard. C'est le moment. »
Harry pensa que c'était un peu dur, mais soudain, la porte s'ouvrit et son beau-père se recula avec les autres, laissant Pansy se tenir seule devant l'entrée de la réserve, regardant dans l'obscurité. Rien ne se produisit. Ils attendaient tous.
« Bon… Bonjour ? » demanda-t-elle, incertaine, dans le silence.
Soudain, un yeti rugissant apparut dans le polygone irrégulier de lumière de la porte. Pansy hurla et s'enfuit par l'escalier menant aux cuisines. Le professeur Rogue soupira.
« Fawcett! »
Fiona s'avança, nerveuse mais aussi déterminée. L'épouvantard se transforma immédiatement en loup-garou, les crocs dégoulinant de bave, les yeux rouges et regardant dans le flou. Elle prononça un sort, et transforma le bout de sa baguette en un éperon au bout d'argent, et poignarda vicieusement la bête dans la poitrine. Harry était secoué. Il ne la connaissait pas bien, mais il ne l'aurait jamais crue capable de violence, même en self défense. Puis elle recula (son beau-père souriait et lui fit un signe de la tête) et Millicent Bulstrode prit sa place. L'épouvantard était maintenant un troll des montagnes de douze pieds de haut, et Harry se souvint avec émotion de comment, lui, Ron et Hermione étaient devenus amis en première année…
Il laissa son esprit vagabonder et ne vit pas comment Millicent gérait son troll, mais elle se décalait maintenant pour Ernie MacMillan, qui faisait face à une bête à cinq pattes couverte de poil rouges et brun. Elle avait une balafre en guise de bouche, de nombreuses dents acérées, et chacune de ses cinq jambes (qui sortaient de sa tête comme une araignée à cinq pattes) se terminait par un pied en forme de massue. Ernie cria son sort et la bête se transforma immédiatement en écossais, avec l'équipement complet, le kilt, le sporran, les chaussures, le béret et la cornemuse. L'écossais avait l'air assez confus.
On fit signe à Ernie de se pousser et Susan Bones prit sa place. L'écossais était partie remplacé par un poisson marbré sphérique se tenant sur deux pattes qui se terminaient en pieds palmés. Susan lui lança une malédiction et laissa sa place à Hannah. Le poisson disparut et devint un petit rocher gris et lisse. Hannah se tint face à lui, la sueur apparaissant sur son front, sa baguette sortie, quand finalement des jambes poilues apparurent en-dessous et il se leva. Il avait à peine un pied de haut. Hannah cria « Stupéfix ! » et il tomba immédiatement à la renverse. Draco s'avançait maintenant. Le rocher inconscient se métamorphosa en un chat, qui ressemblait remarquablement à Pattenrond selon Harry. Gros, orange et agressif, le chat sauta à la figure de Draco. Il cria et pointa sa baguette dessus en criant « Expelliarmus ! ». Harry grimaça. Ce stupide chat n'était pas armé. Qu'essayait-il de faire ? De lui enlever les griffes ? Il regarda son père qui fit signe à Draco de se pousser.
Il se transforma en farfadet pour Goyle, et en feu pour Morag (qui utilisa correctement le sort de Fluvius pour lancer de l'eau dessus depuis sa baguette). Puis son beau-père cria « Potter ! » et Harry s'avança nerveusement, se demandant ce qu'il verrait. L'épouvantard sentit une nouvelle présence, une nouvelle peur, et il se changea.
C'était un détraqueur.
Harry lâcha un soupir de soulagement. Il le foudroya du regard, se battant contre le froid qui voulait s'insinuer dans ses os, dans son âme. Il rassembla ses pensées les plus heureuses (qui impliquaient toutes Hermione) et cria « Expecto Patronem ! »
Immédiatement, un cerf blanc jaillit du bout de sa baguette, courant autour du détraqueur, le repoussant dans la réserve. Avant qu'il se soit complètement retiré, son père le tira de côté et cria « Crabbe ! »
Le garçon trapu et à l'air confus s'avança et le détraqueur se changea en une douzaine d'elfes de maison, flottant autour de Crabbe, apparaissant et disparaissant bruyamment autour de la tête du garçon. On aurait dit qu'il allait pleurer. Comme Pansy, il remonta les escaliers en courant, seulement pour redescendre immédiatement, criant « Il y en a encore plus là-haut ! »
Les élèves rassemblés trouvèrent impossible de ne pas rire (Harry essaya de se retenir, mais c'était simplement trop dur). Au milieu des rires, son beau-père cria « Riddikulus ! » et l'épouvantard éclata en petits morceaux, comme des bouts de verre, et ces bris de glace, se brisaient aussi, de plus en plus petits, jusqu'à ce qu'il ne reste rien qu'une fine poudre sur le sol déjà poussiéreux du couloir en dehors des réserves.
Le professeur Rogue souriait et leur faisait signe à tous. Ils remontèrent les escaliers jusqu'aux cuisines, Crabbe essayant encore d'éviter les elfes de maison, puis les quittèrent et remontèrent dans le hall d'entrée. Une fois là, il se tourna pour parler à la classe.
« Bien, la plupart d'entre vous se sont très bien débrouillés. J'ai vu quelques faiblesses que nous pourrons aborder, mais c'est juste le premier jour du trimestre. Nous aurons du temps pour tout cela. Je suis désolé que vous n'ayez pas eu une possibilité, Nott et Zabini, » dit-il aux deux autres garçons de Serpentard « mais après tous ces rires » et ses yeux scintillaient en fait sur Crabbe, « l'épouvantard n'allait juste pas survivre plus longtemps. Nous avions assez joué avec lui. Fin du cours. »
C'était juste quelques minutes avant le déjeuner, et les sixième année de Serpentard et Pouffsouffle rentraient dans la grande salle avec soulagement, parlant avec excitation des pourquoi et des comment de leurs peurs variées.
« Qu'était cette chose, Ernie ? » lui demanda Hannah.
« C'est ma mère qui me l'a raconté. Je n'ai pas réussi à l'oublier. Sa famille est du nord de l'Écosse. C'est un Quitapode, aussi appelé MacBoon le Poilu. Mais c'est en fait un écossais métamorphosé. C'est une longue histoire… »
« Harry » lui dit doucement son père, avant qu'il ne puisse suivre Draco dans la grande salle. Harry se retourna vers son beau-père, se demandant ce qu'il voulait lui dire et qui lui valait de se faire appeler par son prénom à un endroit où les autres pouvaient entendre. Le sorcier alla jusqu'aux portes d'entrée et les ouvrit. Harry le suivit. Après avoir refermé les portes, son beau-père s'assit sur la dernière marche de l'escalier d'entrée, et Harry s'assit à côté de lui. Il regarda le profil de Severus Rogue pendant une minute, puis se tourna pour regarder la route vers Pré-au-Lard, et l'horizon familier au loin, les toits de chaume et de tuiles, le clocher de la salle municipale. La maison. Le soleil était presque au zénith, mais pas tout à fait. Il y avait encore un peu d'ombre pour protéger la peau sensible de son beau-père.
Ce fut finalement Harry qui parla. « Tu veux savoir pour le patronus. »
« Oui. »
Harry haussa les épaules. « Il n'y pas grand chose à dire… »
« Bien, et pour cela : pourquoi as-tu plus peur des détraqueurs que de quoique ce soit d'autre ? »
Harry haussa encore les épaules. « Je suppose que ma plus grande peur est … la peur. »
Son père acquiesça. « Très sage. Et tu savais que c'était ta plus grande peur ? C'est pour cela que tu as appris à conjurer un patronus ? »
« Oui. » C'était une réponse complètement sincère. C'était une aptitude apprise dans une autre vie, mais on ne lui demandait pas où et quand il l'avait apprise, juste pourquoi. Son beau-père ne le pressa pas davantage sur le problème.
« C'était un sacré patronus. »
« Oui. »
« Il a prit une forme intéressante. »
Harry se tortillait maintenant. « Oui » dit-il plus doucement. Partiellement pour changer de sujet, partiellement parce qu'il voulait savoir, il demanda. « Qu'est-il devenu pour toi ? ».
Severus Rogue eut l'air surpris. « Il… aucune importance. » Harry se demanda si cela avait été un loup garou pour lui, comme pour Fiona. Il avait eut l'air très satisfait de sa réaction face à la créature. Harry se souvint de la pensine, regardant James Potter sauver sa vie…
Son beau-père se leva, brossant à nouveau quelque saleté inexistante de sa robe impeccable. « Aucune importance » répéta-t-il. « Allons manger. » dit-il simplement. Harry acquiesça et le suivit dans le château.
Il s'arrêta près des portes, après qu'elles furent fermées, regardant son père s'avancer à grand pas vers la grande salle. La cloche retentit et soudain Harry entendit un bruit sourd, et le sol où il se tenait commença à vraiment bouger comme presque toute la population de l'école descendait (ou pour certains montait) les escaliers du hall d'entrée, qui se remplit soudain d'élèves en robes noires de Poudlard, avec des sacs à dos volumineux. Harry se tint en arrière comme ils s'écoulaient dans la grande salle. En quelques minutes, ce fut à nouveau calme. Harry mit sa main sur son visage, sentant la progression de sa barbe depuis ce matin. Il regarda autour de lui, alla vers l'escalier du donjon, puis sortit sa baguette et commença à se raser. Il n'était pas allé très loin cependant, quand un fille qui était l'une des dernières à sortir du donjon de potions lui rentra dedans.
« Oh, je suis désolée ! » Elle ne l'avait pas regardé, mais plutôt sa camarade. Harry reconnut la fille qui s'excusait : Annika Olafsdottir. L'autre fille était Ginny Weasley. Sans une raison à laquelle il puisse penser, Harry se sentit rougir. Ginny lui sourit chaleureusement.
« Que fais-tu ici ? » demanda-t-elle d'un air taquin. Harry ne savait pas quoi penser.
« Je, heu… bien… cela peut sembler étrange, mais j'ai oublié de me raser ce matin. J'allais m'en occuper avant le déjeuner. »
Elle le regarda avec appréciation, et Harry frissonna. « Tu as l'air très bien pour moi. » Elle lui sourit encore par-dessus son épaule comme elle suivait Annika dans les escaliers remontant au hall d'entrée. Harry déglutit, la regardant. Suis-je fou ? se demanda-t-il. Où elle me fait des avances, avec de grandes lettres brillantes en néon ? Ou quoique ce soit que les sorciers utilisent à la place ? Ou peut-être que les sorciers ont découvert le néon en premier ? Ou… oh diable, pensa-t-il. Qu'est-ce qu'elle fait ?
Il se tourna et commença à redescendre les escaliers, et rentra directement dans sa mère. Il n'avait pas remarqué qu'elle n'avait pas encore émergé du donjon. Il se demanda si elle préférait monter par-là au lieu d'utiliser le raccourci entre son bureau et la grande salle.
« Harry » dit-elle, pas l'air particulièrement ravi. « Que fais-tu ici ? » Elle ne fit aucun commentaire sur ses cheveux ou son absence de rasage.
« Je… heu… voulais mettre mon sac dans le donjon de potions avant le déjeuner. C'est possible ? »
Elle le scruta. Il essaya de se souvenir si elle avait semblé croire un seul des mots qu'il lui avait dit depuis hier matin. « C'est bon. Après cela, tu ferais mieux de remonter pour le déjeuner ? Ne soit pas en retard en cours. »
« Oui, Madame. » dit-il docilement, continuant à descendre les marches et se dirigeant vers la classe. Une fois dedans, il mit son sac dans un coin et finit de se raser avec sa baguette. Au moins, maintenant, il n'aurait pas l'air d'imiter complètement Severus Rogue. Il se demanda si Ginny penserait encore qu'il avait l'air bien… Non, non, il ne devait pas penser à Ginny.
Pourquoi ne devrais-je pas penser à Ginny ? lui dit une partie différente de son cerveau. Il se souvint de la manière dont elle lui avait souri depuis la fête de bienvenue. Elle ne semblait pas entretenir de mauvais sentiments envers Serpentard, même si c'était le cas de son frère. (Il n'avait aucune preuve de cela encore, mais en se basant sur les plaintes de Draco quant à passer tout l'après-midi avec Weasley, et étant donné qu'il était sensé prévoir quelque sorte de vengeance spectaculaire avec Draco, il ne pensait pas que cela tombait du ciel.).
Il pensa encore à Ginny, et puis il y pensa d'une manière différente… Un souvenir s'éleva de quelque part dans son cerveau désordonné et grouillant, quelque chose de quand il était plus jeune…
Il avait dix ans, et il était plus excité qu'il ne l'avait jamais été. La Coupe du Monde de Quidditch n'avait pas été annulée après tout, comme la Confédération Internationale des Sorciers avait menacé de le faire à cause des rumeurs d'activités de mages noirs. Elle devait se dérouler en Espagne, dans des collines incartables près desquelles les séparatistes basques étaient sensés se battre depuis des années. C'était juste une ruse de sorciers. Les séparatistes basques étaient en fait une communauté magique essayant de garder les moldus au large, et l'apparente instabilité politique avait accompli cette mission. Harry, son beau-père et ses frères y allaient. Sa mère ne voulait pas y aller, et sa sœur restait à la maison avec elle. Jamie n'était pas une grande fan de Quidditch.
La Suède jouait contre la Grèce. Le père de Harry et ses frères devaient passer beaucoup de temps à se couvrir avec de la crème pour se protéger des ardeurs du soleil espagnol, et Harry se retrouva à s'ennuyer en attendant que le match commence. Ils avaient des sièges moyens, près des buts suédois. Harry se savait pas encore s'il les supportait eux ou bien les grecs. Il avait de loin préféré la nourriture grecque jusque là (il avait achevé sa tarte à l'épinard rapidement et avait encore les doigts qui collaient du délicieux baklava), mais juste au cas où, il avait pris des petits drapeaux de chaque pays, qui étaient dans ses poches.
Il aurait souhaité avoir une paire de multiplettes quand il vit un grand homme roux en acheter quelques unes pour ses enfants, mais Harry savait que cela n'arriverait pas. Avant qu'ils ne partent, sa mère avait averti son père de ne pas se laisser harceler pour des 'bibelots'. Il savait qu'ils étaient très stricts sur le budget du voyage. Un ferry de sorcier leur avait fait traverser la Manche. Les ferrys magiques n'avaient jamais les terribles accidents que pouvaient avoir les bateaux moldus, comme en fait il flottaient légèrement au-dessus de la surface de l'océan. Ces ferrys semblaient tout à fait normaux à distance (si l'on ignorait le fait que tous les passagers portaient des robes de sorciers).
Une fois en France, ils avaient pris un portauloin pour l'Espagne. Les ministères de la magie anglais et espagnol n'étaient pas en bons termes, et ils n'avaient donc pas pu prendre directement un portauloin d'Angleterre pour l'Espagne. Le ministère de la magie français était, pour le moment, amical avec les ministères des deux pays. Il avait donc accepté de jouer le rôle de station de transit pour les voyageurs allant à la Coupe du Monde. Harry n'avait jamais vécu l'étrange sentiment d'être happé par un crochet à travers le nombril, avec l'impression de filer dans l'espace, et puis l'atterrissage maladroit. A cause des effets secondaires du voyage en portauloin, il n'était pas recommandé que les gens prennent un portauloin pour aller en France, puis un autre pour l'Espagne. On avait besoin d'une période de repos suffisante entre l'usage de deux portauloin ou on pouvait être assez malade.
Quand ils étaient arrivés en Espagne, son père et ses frères avaient immédiatement commencé à se mettre de la crème. Habituellement, au moins l'un des jumeaux s'en plaignait, mais ils étaient tellement contents de voir la Coupe du Monde que pour une fois, pas un ne pleurnicha.
Harry regarda encore l'homme aux cheveux roux. Il semblait avoir pas mal d'enfants. Tous roux, comme lui. Harry en vit deux qui l'appelaient papa mais qui étaient déjà clairement adultes (le trapu et musculeux avait l'air familier). Un garçon maigre à lunettes d'environ quatorze ans, deux jumeaux à l'air malicieux un peu plus jeunes que cela, un grand garçon maigre d'environ dix ans, comme Harry, et une fille à l'air délicat qui était probablement un peu plus jeune. Étrangement, le frère adulte trapu, la fille et le plus jeune garçon semblaient les plus intéressés par être ici. Le garçon avec les lunettes avait son nez enfoui dans un livre, et le plus vieux des frères flirtait avec une sorcière aux cheveux noirs qui le regardait d'un air appréciatif. Les jumeaux étaient blottis l'un contre l'autre, riant, dans leur propre monde.
Harry regarda que la fille en particulier avait les yeux brillants comme elle regardait le spectacle avant la partie. Il y avait des joueurs de l'équipe nationale espagnole (qui avait été éliminée un an avant) faisant des formations de vol assez impressionnantes. Cela avait l'air de lui démanger de prendre un balai et de les imiter. Harry les regarda une minute. Il savait exactement ce qu'elle ressentait. Il voulait être sur un balai à l'instant, volant en plongeant, faisant des tonneaux et zigzagant…
Quand il la regarda encore, il découvrit qu'elle le regardait aussi. Elle avait de grands yeux marrons et un visage assez fin, des cheveux un peu désordonnés, comme ceux de son père. Elle était extrêmement pâle et semblait presque plus prédisposée aux coups de soleil que le père et les frères de Harry, qui étaient allé parler à l'oncle de son père de Dunoon. Harry grimaça, en regardant dans sa direction. Il aimait oncle Duncan, et tout, mais il portait un kilt à la Coupe du Monde. En Espagne. Harry était content de ne pas être à proximité de son père, de ses frères et de son oncle à ce moment là. Il ne voulait pas que la fille sache qu'il était avec eux. Il lui fit un sourire nerveux. Elle était mignonne d'une manière un peu négligée. Il se demanda si elle était de Suède, ou peut-être d'Allemagne. Elle ne parlait probablement pas anglais. Oh, bien, pensa Harry, peut-être que je peux apprendre un peu une autre langue.
Il se décala vers elle. Elle n'était qu'à cinq sièges de lui, sur la même rangée, et les sièges dans l'intervalle n'avaient pas encore été pris. Le frère avec les lunettes avait pris les jumeaux et le garçon de l'âge de Harry quelque part, et les frères aînés gardaient un œil sur leur petite sœur. Harry espérait qu'il n'avait pas l'air menaçant.
« Bonjour » lui dit-il. Elle lui sourit. Harry était sûr qu'elle ne ferait pas cela si elle comprenait, mais il continua. « Parles-tu anglais ? » lui demanda-t-il, très distinctement et lentement. Elle rit alors, ses yeux se plissant et des fossettes apparaissant sur ses joues. Harry n'aurait pas pensé qu'il fut possible pour elle d'être plus belle, mais elle l'était maintenant.
« Et toi ? Bien sûr que je parle anglais ! » Elle riait encore. Harry se sentit rougir. Elle avait un accent anglais, bien qu'il ne soit pas précisément comme le sien. Il n'arrivait pas à le situer.
« Oh, je pensais que tu pourrais être suédoise. Où habites-tu ? »
« Juste en dehors d'Ottery St. Catchpole. »
Harry acquiesça, comme s'il savait où c'était. « J'habite à Pré-au-Lard. »
« Oh ! » ses yeux s'allumèrent. « Pré-au-Lard ! J'aimerais que nous y habitions. Alors peut-être que maman nous laisserait aller à l'école… »
« Tu ne vas pas à l'école ? »
« Maman était enseignante à Pré-au-Lard. Elle nous enseigne à la maison. Bien, juste moi et Ron maintenant. Il sera en première année à Poudlard en septembre prochain. Fred et George viennent juste de finir leur première année. Ils sont jumeaux. Ils n'en peuvent plus d'attendre de passer les sélections pour l'équipe de Quidditch de Griffondor en septembre. Il y a des places pour les batteurs. C'est leur passe-temps favori : répandre le chaos. » Elle sourit. Harry n'était pas sûr d'avoir jamais rencontré une fille de neuf ans qui parlait comme elle.
« Je serai en première année l'an prochain aussi. »
« Vraiment ? Dans quelle maison voudras-tu être ? Tout le monde dans ma famille a toujours été à Griffondor, mais Ron s'inquiète vraiment d'être un Pouffsouffle ou autre. »
« Mon père et ma mère étaient à Griffondor, mais mon papa… » Il allait dire que son papa était responsable de la maison Serpentard, mais il se souvint que les Serpentards et les Griffondors ne s'entendaient pas bien en général, et il décida de ne pas le dire.
« Et ton papa ? » Harry réalisa qu'elle pensait probablement que son 'père' et son 'papa' étaient la même personne.
« Oh, rien. Est-ce que ta mère est ici ? »
« Nan. Elle n'est pas intéressée. »
Harry sourit. « Tu veux dire qu'elle est malade à force d'entendre parler de Quidditch matin, midi et soir. C'est ce que ma maman et ma sœur ont dit. C'est pourquoi elles ne sont pas là. »
« Tu as une sœur ? Quelle âge a-t-elle ? »
« Huit ans. C'est quelqu'un de bien aussi, pour une sœur. En fait, elle est un de mes deux meilleurs amis au monde. »
« Waouw. » Elle fut silencieuse un instant, baissant les yeux. « Aucun de mes frères ne m'aurait jamais appelé un de ses meilleurs amis. Je suis généralement juste sur le passage. » Harry pensa qu'elle avait l'air plutôt triste. Elle soupira et leva de nouveau les yeux, comme si elle était déterminée à mettre un bon visage sur les choses. « Il me tarde d'aller à Poudlard. Mon frère Charlie travaille là-bas. C'est lui. » Elle désigna le frère trapu, et maintenant Harry sut pourquoi il lui avait semblé assez familier. C'était le garde-chasse, et aussi gardien des clés de Poudlard. Il avait commencé après que le vieux garde-chasse soit parti et que le directeur précédent ait démissionné. Il ne l'avait vu qu'une fois, cependant, et il doutait qu'il le reconnaisse. « Ce septembre, il va être professeur aussi. Il va faire les soins aux créatures magiques. »
Harry sourit à la fierté évidente qu'elle avait de ce frère particulier. « Il est bon avec les créatures magiques ? » Harry demanda, scrutant son visage.
« Oh, oui. Il a passé quelques années en Roumanie à étudier les dragons, mais quand le poste de garde-chasse s'est libéré à Poudlard, papa et maman ont voulu qu'il se présente, afin qu'il soit plus proche de la maison. »
Soudain, elle se tourna et croisa son regard. Il avait contemplé son profil, et maintenant il était pris la main dans le sac, mais d'une manière ou d'une autre, il ne pouvait pas détacher ses yeux des siens.
« Tu es très mignon. » dit-elle doucement.
Harry déglutit. « Les gens disent que j'ai les yeux de maman. » croassa-t-il, la voix prise. Ils se regardèrent encore. Le temps semblait s'être arrêté. Harry n'avait jamais su que c'était si bien de simplement s'asseoir et regarder quelqu'un. Il avait l'impression qu'il pourrait la regarder à jamais, compter ses tâches de rousseur sur le nez…
« Hey! Harry! »
Harry sursauta, jaillissant presque en dehors de sa peau. Mais c'était son meilleur ami, Draco Malfoy. Il sourit et lui fit signe de venir.
« Je t'ai finalement trouvé ! Papa prend les programmes. Maman est allée aux toilettes… Oh, bonjour. » dit-il brillamment à Ginny, un large sourire fendant en deux son fin visage pâle. Elle lui rendit son sourire, peu sûre. Harry bondit pour remplir le vide.
« Oh ! Voici mon meilleur ami. Draco Malfoy. Draco, voici, heu… » mais il réalisa qu'il ne connaissait pas son nom. Et il ne lui avait pas dit le sien non plus, bien qu'elle ait probablement entendu Draco quand il l'avait appelé.
« Ginny Weasley. » dit-elle doucement, souriant. Mais elle ne souriait pas à Draco. Son sourire était dirigé vers Harry. Elle semblait amusée qu'il essaye de faire des présentations formelles. « Et tu es Harry… » commença-t-elle. Il la regarda comme un cancre pendant un long moment.
« Oh! Potter. Harry Potter. »
« Bien » rit-elle. « Bonjour, Potter-Harry-Potter. » Il rougit encore mais ne put s'empêcher de lui sourire. Puis le père de Draco retrouva son fils et s'avança vers l'endroit où ils étaient assis.
« Draco ! Nos sièges sont plus loin ! A qui parles-tu ? Oh, bonjour Harry. Où est… »
Mais il fut interrompu par le père de Ginny criant. « Hey ! » et s'avançant à grandes avancées vers eux. « Que faites-vous près de ma fille, Malfoy ? » demanda Mr Weasley au père de Draco. Harry regarda nerveusement d'un homme à l'autre. Ginny avait l'air très embarrassée.
« Oh, elle est à vous ? » Sa voix dégoulinait de dédain. « Je n'en avais aucune idée. Je cherchais mon fils. Il a trouvé son ami lui parlant. » Lucius Malfoy foudroyait Arthur Weasley du regard.
Soudain, le frère le plus jeune se tenait à côté de son père. Il prit sa sœur par le haut du bras et la fit se mettre debout. « Allez, Gin ! Que fais-tu à parler avec eux ? »
Elle suivit son frère, les sourcils froncés, regardant Harry par-dessus son épaule. Harry entendit le mot 'Serpentard' comme ils s'éloignaient. Il sentit une pique de tristesse au milieu de sa poitrine comme elle était tirée de plus en plus loin de lui. Harry se tourna vers Draco qui haussa les épaules.
« C'est juste une fille. Nous sommes ici pour du Quidditch sérieux. »
