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Ils redescendirent aux donjons quand ils eurent fini de manger. Harry se sentait mentalement et émotionnellement, épuisé. Il ne savait pas quand il avait eu vingt-quatre heures plus épuisantes. Puis il se souvint qu'il s'était aussi levé tôt pour courir, et il dit bonne nuit à Jamie et Draco et se traîna aveuglément vers son dortoir pour aller au lit. Il s'endormit aussitôt que sa tête toucha l'oreiller.
Quand il se réveilla, des heures plus tard, le dortoir était rempli de sons de ronflement. Harry ne pouvait pas différencier les bruits de Draco, Zabini ou Nott, mais entre les trois, il avait des difficultés à retrouver le sommeil. Finalement, il décida de faire bon usage de son éveil et sortit du lit, glissant dans ses chaussures sans chaussettes, et enfilant sa robe de chambre sans serrer la ceinture. Il mit sa baguette dans sa poche.
Une fois dans la pièce commune, il s'arrêta. Le plan qu'il avait conçu était que l'un d'eux soit pris en train de se promener et amené dans le bureau du concierge, puis qu'un autre fasse une diversion qui autoriserait la première personne à fouiller le bureau (ou à utiliser un sortilège d'attraction). Draco avait semblé très endormi, alors il décida d'aller voir si Jamie était réveillée. Il entra dans le couloir où il avait été avant et vérifia chaque porte, passant les première année, puis les septième année, puis les cinquième. Il ne semblait y avoir ni rime ni raison. Il grimaça. Les quatrième année étaient probablement au bout…
Puis il entendit une porte s'ouvrir derrière lui. Il se retourna. C'était la porte des cinquième année, et la personne qui l'avait ouverte n'était nul autre que Mariah Kirkner. Oh, super, pensa Harry. Juste ce dont j'avais besoin maintenant.
Mariah avait l'air endormie, et commença à traverser le couloir pour aller aux toilettes, mais elle remarqua Harry et se ragaillardit. Elle marcha vers lui, souriante, et Harry se prépara. Ne la regarde pas, se commanda-t-il. Ignore le fait que sa robe de nuit est très, très fine…
« Harry ! » chuchota-t-elle. « Que fais-tu ici ? Tu ne me chercherais pas par hasard ? » dit-elle d'une manière plutôt cadencée, l'air assez encourageant, se tenant bien trop près pour que Harry se sente à l'aise. Elle mit sa main sur son bras et se rapprocha encore. Le cœur de Harry battait douloureusement.
« Je, hum… je voulais parler à ma sœur… »
« Je vois » dit-elle, l'air peu convaincu. « Peut-être que tu pourrais me parler à la place. Je suis quelqu'un qui écoute bien. » Encore plus près. Harry pouvait sentir son dentifrice à la menthe. Ce n'est pas bon pensa-t-il. Il se sentait légèrement hors de contrôle. Hermione, se rappela-t-il. Hermione Hermione Hermione. Que je n'ai pas touchée depuis combien de temps… ?
Il se secoua. Ressaisis-toi, Potter, s'ordonna-t-il. Mariah lui souriant vraiment très, très suggestivement. Il déglutit et essaya une manœuvre différente.
« Heu, écoute, Mariah. Pas que je ne sois pas flatté, et tout, mais je pensais… bien je pensais que toi et Draco étiez en quelque sorte, heu, ensemble, et je ne voudrais pas… »
Elle rit. « Nous avons un accord, Draco et moi. Nous ne sommes pas exclusifs. Et de toutes façons, c'était en quelque sorte son idée… »
Il fronça ses sourcils. « Quoi ? » Il avait oublié de garder sa voix basse.
« Bien, ce n'est pas le meilleur moment ou le meilleur endroit, mais, mais il m'a écrit cet été sur ton… problème de virginité. »
« Mon quoi ? » Il risquait de réveiller toutes les filles des dortoirs de Serpentard.
Elle haussa les épaules. « A quoi serviraient les amis ? Tu en as un bon. Et je dois dire que l'idée est assez attirante… »
« Mais… mais… » il essayait de trouver quelque explication plausible à pourquoi il ne voulait pas ce que pratiquement tout garçon adolescent voulait. « Je ne veux pas vraiment une petite amie maintenant… »
« Je n'ai pas dit que j'allais être ta petite amie, Harry. Nous parlons juste de sexe. » Il essaya de ne pas s'étrangler en l'entendant dire cela. Juste quand je pensais que j'avais fait comprendre à Draco, il a fait cela. « Et de toutes façons » continua-t-elle, « qu'est-ce que c'est que cette 'femme mystère' ? »
Il fronça les sourcils « Une 'femme mystère' ? »
Elle ricana « C'est ce que je pensais. Tu l'as inventée. J'ai dit à Draco qu'elle n'était pas réelle. Oh, hé bien, tu as l'air un peu choqué. Penses-y. Tu n'as pas à te décider maintenant. Tu sais maintenant que l'opportunité est là… » Elle sourit malicieusement, et revint dans le dortoir des cinquième année. Harry perdit tout enthousiasme pour sa mission d'origine et retourna dans sa chambre, son esprit tourbillonnant tandis qu'il se remettait au lit, écoutant le Trio des Ronfleurs. Alors, il avait inventé une petite amie pour ne plus avoir Draco sur le dos. Mais cela n'avait pas marché. Il soupira et se tourna de côté. Peut-être qu'il pourrait convaincre son meilleur ami que le travail qui les attendait rendrait impraticable d'autres sortes d'activités sociales…
Il espérait juste qu'il resterait fort et qu'il ne céderait pas. Il voyait encore Mariah se tenant dans le couloir, les torches du couloir montrant à quel point sa chemise de nuit était fine. Avec un autre frisson, il se retourna encore et cogna son oreiller, puis plaça son bras par-dessus son oreille à l'air pour essayer d'étouffer les ronflements, essayant de se forcer à se rendormir…
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Le lendemain rien ne se produisit. Il alla en herbologie avec les Serdaigles, en histoire de la magie avec les Pouffsouffles (Binns vivant était encore plus ennuyeux que Binns mort) et runes anciennes, enseignées par le professeur Wimple, avec les cornes. Harry était en fait intéressé par ce cours. Il se souvint du livre que Sirius lui avait offert sur les sorts que l'on pouvait faire avec les serpents. Il y avait quelques runes qu'il n'avait pas su lire, et une partie des choses qu'ils couvraient en classe semblait aborder des choses qui pouvaient l'aider à mieux comprendre le livre, s'il arrivait jamais à retourner dans sa vie…
Quand, se dit-il sévèrement. Quand je reviendrai.
La dernière période de la journée était libre pour tous les sixième année, peu importe la maison, et Harry et Draco se relaxèrent en volant autour du terrain de Quidditch. Il était tôt pour que les entraînements en équipe commencent, mais Harry savait qu'il devrait commencer à penser sérieusement à affûter ses compétences de gardien. Je ne suis plus attrapeur, pensa-t-il. Il regarda avec envie Draco voler après le vif. Il se souvint à quel point cela avait été dur de ne pas le poursuivre durant un match de sa cinquième année (dans son autre vie), quand Ginny avait joué attrapeuse. Il se tourna, essayant de ne pas trop y penser.
Le jour suivant, alors qu'il avalait le petit déjeuner, il reçut un mot quand les chouettes postales arrivèrent en volant dans la grande salle. Ses jambes ne lui faisaient pas aussi mal que la veille. Il reprenait l'habitude de courir (et il se rappelait de prendre son sac à dos avec lui maintenant, afin de ne pas avoir à invoquer ses affaires d'école tous les matins). Le message disait :
TU VAS TE RÉVEILLER, N'EST-CE PAS ? CELA FAIT DEUX JOURS D'AFFILÉE. SOIT DERRIÈRE LA SERRE N° 3 AUJOURD'HUI APRÈS LES COURS SI TU SAIS CE QUI EST BON POUR TOI.
Le mot était écrit en lettres capitales, et n'était pas signé. Harry déglutit. Il avait prévu un rendez-vous pour rencontrer quelqu'un, probablement avant le premier septembre, et il avait complètement oublié. Il y avait beaucoup de choses à se rappeler, et seulement un cerveau pour tout contenir. Il regarda encore le mot. Ressemblait-il à l'écriture de Ron ? se demanda-t-il. Cela n'avait pas l'air particulièrement amical. Il pensa à comment Draco avait répondu à Ron en dehors de la classe de sortilège. Si cela allait être une confrontation, il ferait mieux de s'en occuper lui-même. Peut-être qu'il pourrait faire enterrer la hache de guerre à Ron, peut-être qu'ils pourraient à nouveau être amis après tout. Harry était plein d'espoir. Il plia le parchemin avant que Draco ne puisse le lire. Cela irait bien. Même s'il venait avec Neville et Seamus, et qu'ils m'attaquaient, je pourrais m'occuper des trois. Il se sentait confiant. Cela se passerait bien.
Après la métamorphose avec les Serdaigles, il passa sa période libre seul dans l'antichambre à côté de la grande salle, s'entraînant pour sa métamorphose d'animagus. Draco n'était pas intéressé par venir. Il avait lorgné sur Mandy Brocklehurst pendant tout le cours, et avait engagé la conversation avec elle juste après, puis l'avait accompagnée jusqu'en histoire de la magie.
Harry progressait dans son entraînement bien plus rapidement dans cette vie que dans l'ancienne. Alors que la première fois il avait passé une semaine sur ses ongles, il avait passé seulement deux jours à faire cela, et maintenant il avait commencé à altérer des doigts et ses orteils. Bien sûr, cela aidait de déjà savoir qu'il pouvait faire cela. C'était comme produire un Patronus. Une fois qu'il savait qu'il pouvait, cela ne lui posait pas de problème. Il se souvint de ce que Dumbledore lui avait dit sur le fait qu'il était hautement suggestible. Maintenant, tout ce que j'ai à faire est de me suggérer très fort que je peux rétablir le cours du temps…
Après le déjeuner, il y avait encore potions, et Harry supporta le dédain et l'approbation de sa mère avec un air résigné dont il pouvait dire qu'elle le trouvait progressivement vexant. Après cela, il avait soin aux créatures magiques. Il suivit Draco à une salle de classe au deuxième étage, confus d'abord, puis il réalisa qu'il n'y avait aucune raison pour que Charlie enseigne en bas, à côté de la vieille cabane de Hagrid. Il vivait dans le château après tout, dans l'aile des professeurs.
Harry fut encouragé par le fait que tout le monde qui entrait dans la classe disait « Bonjour Charlie. » et Charlie leur rendait un bonjour de la tête avec un sourire pour chacun. Est-ce que MacGonagall savait qu'il se laissait appeler par son prénom ? se demanda-t-il. Aujourd'hui, c'était un cours théorique. Ils devaient prendre des notes sur les oiseaux magiques, en particulier sur le phénix, l'augurey, le fwooper et le diricrawl (que les moldus appelaient dodo). Charlie portait des jeans qui avaient déteint, et une chemise en denim sous une robe brune froissée qui était ouverte devant. Il avait tendance à s'asseoir sur le bureau en parlant des différents oiseaux, et faisait de nombreuses plaisanteries sur Uric le Bizarre et ses rencontres avec certains des oiseaux dont ils parlaient. Harry se retrouva en train de rire assez souvent. Cette classe était la plus drôle qu'il avait jamais eue à l'école ! Et Charlie était le professeur le plus terre à terre qu'il avait jamais vu. Il sentit un pincement de culpabilité pendant un instant, comme s'il était déloyal envers Hagrid, mais il repoussa cette pensée et essaya juste de profiter du moment.
Après la classe, Charlie fit signe à Harry et Draco, serrant leurs mains et souriant. « Alors ! Comment vont mes deux meilleurs élèves ? » Il regarda la porte d'entrée de la classe. « Est-ce que les autres sont partis ? Ont-ils pu m'entendre dire cela ! » Il sourit puis leur fit un clin d'œil. Alors, pensa Harry, nous sommes amis avec Charlie ! Il remua ses souvenirs, et il retrouva des images d'eux trois, parfois rejoints par Jamie, assis dans le bureau de Charlie et prenant le thé, riant à se briser les côtes, jouant à la bataille explosive…
Harry lui sourit. C'était encourageant. Ron n'est pas mon ami, pas encore, mais Charlie l'est. Peut-être que cela va aider à mettre de l'huile dans les rouages de l'amitié avec Ron.
Ron.
Il avait presque oublié la note, la rencontre à la serre numéro trois. Charlie venait de suggérer qu'ils aillent tous trois dans son bureau, mais Harry se frappa le front avec le plat de sa main. « Oh, j'ai presque oublié : Je dois, heu, rencontrer quelqu'un. » Draco hésita. « Non ! » lui dit Harry. « Vas-y. J'aurai probablement vite fait. Ou, sinon…, je te retrouverai au dîner. Désolé ! Super cours, Charlie ! » dit-il par-dessus son épaule en s'éloignant d'eux en courant.
Il commençait à être essoufflé comme il approchait des serres et il ralentit. Je ne peux pas être à bout de souffle s'ils me tendent une embuscade, pensa-t-il. Je dois être alerte. Mais il espérait quand même principalement ramener Ron à la raison, mettre fin à l'inimité qui avait clairement été entretenue pendant des années. Son ancien meilleur ami lui manquait.
Il se glissa derrière la serre numéro trois. Tout était très calme. Il posa son sac à dos par terre sur le sol. Il n'y avait pas âme qui vive. Bien, pensa Harry. Je ne suis pas en retard. Il se tourna vers la serre, regardant dedans, faisant une grimace à une drosera géante qui avait l'air de le vouloir pour dîner. Tu ne pourras pas m'avoir, pensa-t-il, irrationnellement.
Soudain, il sentit quelqu'un arriver derrière lui. Il avait des mains par-dessus ses lunettes.
« Devine qui c'est ? »
Les mains et la voix appartenaient à une fille, il en était sûr. Oh, pensa-t-il. Cela ne lui était pas venu à l'esprit. Les mains étaient très pâles, il pouvait sentir sa poitrine pressée contre son dos, et essaya de ne pas se laisser affecter par cela. Je me contrôle complètement, se dit-il, pas vraiment convaincu.
« Écoute » commença-t-il à dire, se retournant. « Je pensais t'avoir dit avant, Mariah, que tu étais gentille et tout, mais je ne suis pas intéressé… »
« Mariah ? Qu'est-ce que cette histoire avec Mariah ? »
Harry s'arrêta net. Il fixait le visage de Ginny Weasley. Elle glissa ses bras autour de son cou « Est-ce pour cela que tu m'as laissé faire le pied de grue pendant deux jours ? Tu as décidé de prendre une autre petite amie ? » Mais maintenant, elle lui souriait. Elle semblait savoir que Mariah n'avait aucune chance. Harry était choqué. Une autre petite amie ? Est-ce que Ginny était sa petite amie ?
Et puis elle prit avantage de sa bouche grande ouverte à cause du choc et tira son visage vers le sien.
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