Harry Potter et le temps des bonnes intentions


(ou : La dernière tentation de Harry Potter)


Bonjour à toutes et à tous, désolé, je suis en retard ce soir.
Lunenoire : merci beaucoup. Hé oui, dans cette réalité, Harry est avec Ginny.
Falyla : pourquoi est-elle si méchante? parce que !!! Il y a d'excellentes raisons... Plus perso donc, pour répondre à ta question, j'ai l'habitude de piocher ici ou la sur le net ce dont j'ai besoin ou qui me plait. Je tire donc bénéfice du travail des autres. Pour une fois, j'ai donc décidé de faire quelque chose pour les autres, comme c'était un roman qui m'avait bien plu...
Mary Cooper : la femme mystère, quel beau nom. Mais c'est finalement un pléonasme...
Philippe Gryffondor : merci beaucoup.
rahan14 : bienvenue à toi dans le monde merveilleux des reviewers et merci.
ET maintenant : la suite...
bonne lecture

Chapitre six


En route vers Londres


Le corps de Ginny était pressé contre le sien, ses bras enroulés autour de son cou. Et sa bouche… sa bouche était une révélation, une puissante succion contre la sienne, aspirant jusqu'à son âme, à ce qui semblait, comme si elle était un détraqueur. Mais un détraqueur n'était jamais aussi chaud, si doux, avec un goût de chocolat...


Harry se retira, désorienté. Il fixa Ginny se sentant plus confus que jamais dans cette vie (et même dans les deux). Il se sentait intoxiqué, la tête lui tournait de son désir, et cependant il avait peur de reconnaître son désir. Elle lui semblait soudain assez terrifiante. Ginny le regarda, fronçant les sourcils avec souci.


« Tu vas bien, Harry ? »


Il acquiesça bêtement, essayant de se souvenir comment cela était arrivé, essayant de se souvenir quand avait été la fois suivante qu'il l'avait vue après la Coupe du Monde de 1990…


C'était l'année suivante. Il était au Chemin de Traverse avec sa sœur, Draco et sa mère et ils allaient acheter ses affaires d'école. Après que les trois eurent fini leur crème glacée, la mère de Harry et le père de Draco les récupérèrent pour aller chez Madame Malkins. Il se tenait calme comme des statues tandis qu' ils étaient mesurés, puis attendit impatiemment que les ourlets soient fait sur leurs nouvelles robes. Après cela ils allèrent chez Flourish & Blotts pour leurs livres.


Harry adorait la librairie. Elle semblait avoir tous les livres dont un sorcier pouvait avoir besoin. Il aurait finalement lui-même ses propres livres de sortilèges. Il vagabonda le long d'un rayon plein de texte de potions. Il reconnut beaucoup de titres que ses parents avaient à la maison. Jamie s'ennuyait et se promenait dans le rayon d'à côté. Harry entendit deux corps se cogner et puis il entendit la voix familière de Jamie dire « Oh, désolée. Je suis si bête. Je ne t'avais pas vue ici. »


« C'est bon. J'attends juste que ma mère ait fini avec mes frères. Quatre parmi eux seront à Poudlard en septembre prochain, et cela fait beaucoup de livres à acheter. »


Harry était étonné. Cette voix… elle semblait familière. Il s'arrêta et enleva quelques livres de potions d'une étagère située plus bas. À travers le trou obtenu il pouvait voir les cheveux roux désordonnés. Sa sœur s'assit à côté de la fille sur le sol.


« Cela ne te dérange pas si je me joints à toi ? Mon frère et son meilleur ami commencent à Poudlard aussi, et nous avons fait des courses tout ce matin. J'en ai marre. Je sais que je devrais être contente pour eux, mais ils vont vraiment me manquer. C'est tellement injuste que je doive attendre deux années de plus… »


La fille aux cheveux roux soupira bruyamment. « Je vois ce que tu veux dire. Je dois attendre une année plus. Mon frère Ron va être en première année, alors je serais seule à la maison avec ma mère et mon papa cette année. »


« Toute seule à la maison ? Je savais que je ne t'avais pas vue à l'école de Pré-au-Lard. Tu ne vas pas à l'école alors ? »


« Maman était professeur. Elle nous enseigne à la maison. Je devrais dire que je serai à la maison seule avec maman, étant donné que mon père n'est presque jamais là. Il était responsable de juste un département au ministère. Le bureau du détournement de l'artisanat moldu. Mais la pénurie de main-d'œuvre a frappé le ministère il y a quelques années, et maintenant il s'occupe aussi du bureau des transports, ce qui a du sens, je suppose. Je veux dire, la plupart des portauloins sont aussi des objets moldus, et on doit vraiment faire attention qu'ils ne tombent pas dans des mains moldues. Il se fait deux fois plus d'argent maintenant et tout, mais il n'est jamais à la maison. »


« Hmm. Je souhaiterais être seule à la maison. Je dois encore supporter mes petits frères. Ils sont impossibles. À chaque fois que je parle à l'un deux, quel qu'il soit, il insiste sur le fait que j'ai donné le mauvais nom. Je suis convaincu qu'ils font juste ça pour être ennuyants. Je veux dire, je dois tomber juste parfois. Soit juste contente de ne pas vivre avec des jumeaux… »


« Oh, mais c'est le cas ! » Couina pratiquement l'autre fille. « Ron est en première année, mais Fred et George entrerons en troisième année ! Ils font la même chose ! » Elle semblait ravie de trouver quelqu'un qui souffrait aussi des mêmes problèmes avec ses frères jumeaux. « Je veux dire… ils pensent qu'ils sont si originaux, comme si chaque paire de jumeaux jamais née n'avait jamais sorti exactement les mêmes bêtises… »


« Trop vrai ! » Acquiesça Ginny, riant.


Harry replaça les livres sur l'étagère juste au moment où sa mère arrivait derrière lui.


« Harry ! Que fais-tu donc ? J'ai tous les livres de ta liste. Trouve Jamie. Nous allons chez Ollivander. »


Harry acquiesça. Il déglutit, pris une grande respiration et contourna les étagères, essayant d'avoir l'air nonchalant.


« Allez Jamie. Il est temps d'y aller. » Sa voix tremblait un peu et il souhaitait qu'elle ne soit pas si haute. Il avait l'air si jeune.


« Oh, bonjour » dit brillamment la fille aux cheveux roux. « Tu dois être le frère qui commence à Poudlard. » Elle se tourna vers Jamie. « Et ton nom est Jamie ? J'aime ça. Très original. »


Jamie était celle qui avait l'air mal à l'aise maintenant. Elle se leva maladroitement, brossant sa robe. « En fait, je porte le nom de mon père, » marmonna-t-elle. « Excuse-moi… ». Elle poussa Harry, qui se retrouva soudain face à la fille assise sur le sol pour lui expliquer le comportement étrange de sa sœur.


« Hum, elle est née après la mort de notre père. Presque quatre mois après. »


Elle se leva, vacillante. « Oh, désolée. J'ai vraiment mis les pieds dans le plat, n'est-ce pas ? Heu, désolée pour votre père… »


Harry acquiesça. « Merci. Jamie ira bien. »


« Est-ce que je te connais ? » Elle sembla soudain oublier Jamie. Elle regardait son visage avec intensité.


« Hum, non, je ne crois pas. » Harry n'avait pas trop envie de reparler de la coupe du monde, considérant la façon dont M. Malfoy, Ron et M. Weasley avaient gâché cette rencontre.


Elle regarda avec les sourcils froncés. « Oh !... Oh bien. Je croyais… peu importe. En tout cas, bonne chance à Poudlard. »


Il sourit maladroitement « Merci. »


Jamie était revenue et le tirait maintenant par le bras. « Allez ! Maman attend dehors. Tu veux une baguette ou non ? »


Il lui fit un petit au revoir de la main comme sa petite sœur le tirait à travers la librairie. Oh, comme c'est digne, pensa-t-il…


« Harry ? Tu vas bien ? » Demanda-t-elle encore. Il la regarda, incrédule.


« Je… je vais bien. Tu… tu as mangé du chocolat ? »


« J'ai… oh oui ! J'ai presque oublié. Zoey essaye de perdre du poids, alors elle m'a donné une de ses grenouilles au chocolat. Est-ce autorisé ? » Dit-elle malicieusement en souriant.


« C'est merveilleux » dit-il dans un souffle, incapable de se retenir. Avant qu'il réalise, elle l'embrassait encore, et il se souvenait d'autre chose…


Il avait repéré Ginny au moment où le professeur Vector faisait rentrer les premières années dans la grande salle. Elle avait l'air aussi nerveuse que tous les autres. Harry ne faisait pas vraiment attention quand les autres élèves étaient répartis. Il l'attendait elle. Elle vint à la fin. Cela sembla une éternité pour Harry. Et ce fut fini en une fraction de seconde. Le Choixpeau n'était pas plutôt sur sa tête qu'il criait : « Griffondor ! », faisant devenir complètement fous ses frères jumeaux à l'enthousiasme terrifiant (encore une fois).


Harry ne se comporta pas très rationnellement après cela. Il découvrit l'agenda de première années de Griffondor, et courut dans tout le château, se positionnant au point opportun pour juste saisir des coups d'œil d'elle comme elle changeait de classe. Draco pensait qu'il était idiot, et il lui disait. (Harry avait refusé de lui dire la raison pour toutes ces courses : elle était plutôt embarrassante)


Puis elle devint la plus jeune joueuse de Quidditch de tout le siècle (Charlie Weasley avait convaincu Sirius Black de la mettre dans l'équipe de Griffondor comme il n'y avait pas d'attrapeur décent depuis deux ans). Harry allait rôder vers le terrain de Quidditch pour regarder ses entraînements. Olivier Dubois relâchait le vif et elle l'attrapait, il le relâchait et elle l'attrapait, encore et encore. Harry avait entendu parler de son frère Charlie, qui était une légende, mais il n'avait jamais vu quelqu'un jouer attrapeur comme elle.


Draco fut nommé attrapeur de l'équipe de Serpentard cette année là, le sommet d'années d'entraînement. Harry plaignit son meilleur ami quand Ginny le battu avec le vif, mais secrètement, il était fier d'elle. Puis il fut nommé gardien de réserve en troisième année (son père avait dit à Flint que ce serait une bonne idée). Flint était malade pour le dernier match de l'année, contre Griffondor, et Harry du jouer. Ron Weasley jouait poursuiveur pour Griffondor, avec deux filles de quatrième et cinquième année. Pendant un moment, Harry attrapa chaque souaffle que Ron envoyait dans sa direction. Ron avait l'air de plus en plus féroce au fur et à mesure que le match avançait, et même si les poursuiveurs de Serpentard marquaient contre Griffondor dans seulement la moitié des cas, les Griffondors n'avaient pas marqué contre Harry du tout.


Le match continua pendant plus de quatre heures. Harry n'en avait jamais vu un durer si longtemps, et il devait jouer dans celui-là. Ginny avait l'air épuisée. Harry avait l'impression que ses doigts se soudaient au manche de son balai. Griffondor avait finalement commencé à marquer contre Harry après trois heures, mais leur taux de succès n'était que de seulement un sur quatre. Tout le monde fatiguait. Serpentard était en tête, avec quatre cent vingt points contre deux cent. Draco avait vu le vif de nombreuses, très nombreuses fois, mais à chaque fois, soit Ginny l'avait gêné, se mettant sur son chemin jusqu'à ce qui ait disparu, soit ses frères avaient lancé les cognards dans sa direction. Harry pensait que Draco avait de la chance d'être encore en vie.


Finalement, elle ne put plus le supporter. Elle repéra le vif, et au lieu d'essayer de distraire Draco, elle vola elle même vers lui et le saisit dans les airs, puis atterrit dans l'herbe, ses amies courant vers elle tandis que le garçon Griffondor déçu qui commentait le match entonnait lugubrement. « Et Ginny Weasley a le vif. Serpentard gagne le match, quatre cent vingt à trois cent cinquante. Oh, et Serpentard gagne aussi la Coupe de Quidditch… » ajouta-t-il inaudiblement. Harry ne l'avait jamais entendu avec aussi peu d'entrain.


Harry vola jusqu'au sol, puis s'écroula. C'était comme s'il avait oublié comment utiliser ses jambes. Comme il avait remplacé Flint, Draco (aussi plutôt tremblant) l'aida à se relever afin qu'ils puissent serrer la main de Dubois, qui avait l'air d'avoir vécu une guerre.


Le septième année lui prit la main assez fort. « Tu es un bon gardien, Potter » dit-il sans ironie. « Si je ne savais pas que Flint voulait vraiment me battre lui-même, j'aurais dit qu'il a fait semblant d'être malade juste pour que tu puisses jouer. »


Harry fit un signe bref de la tête. Il était trop crevé pour faire durer plus longtemps l'échange de plaisanterie. « Merci. C'était un beau match. »


Les autres Serpentards (ceux qui n'étaient pas dans l'équipe) soulevèrent Harry et Draco sur leurs épaules, les portant depuis le terrain (sinon ils seraient probablement restés couchés sur l'herbe toute la nuit). Harry vit que les autres Griffondors qui n'avaient pas joué aidaient les autres membres de l'équipe à revenir au château, mais il n'y avait pas de porté sur l'épaule triomphant. Ils n'avaient pas gagné la Coupe de Quidditch, en dépit d'avoir Ginny pour attrapeuse…


Harry avait continué à suivre Ginny autour du château durant sa quatrième année, puis sa cinquième. Finalement, vers la fin du trimestre, en mai, il passa un coin, en route vers la bibliothèque quand il lui rentra la tête la première dedans. Il lâcha son sac à dos, et tout en tomba. Elle avait porté des livres dans ses bras, qu'elle avait aussi laissés tomber. En se baissant au sol, ils se cognèrent la tête en essayant de ramasser leurs propriétés. Ils se sourirent l'un l'autre avec embarras. Puis Harry vit ses deux meilleures amies, Zoey et Annika, jeter un coup d'œil de derrière une armure, la pressant de faire quelque chose avec des gestes sauvages de la main et de bizarres expressions sur le visage. Annika fit sur ses lèvres les mots 'finis-en', ou quelque chose comme ça pensa-t-il. Il regarda Ginny, perplexe, juste au moment où elle prenait son visage et le rapprochait de sa bouche. Il fut pris par surprise. Il voulait la tenir, l'embrasser proprement, mais il se sentait paralysé par le choc. Après quelques secondes, elle recula, rassembla rapidement ses livres et reparti dans le couloir en courant. Ses amies la rejoignirent. Leurs rires résonnèrent sur les murs de pierre, et Harry put entendre assez clairement leurs mots, amplifiés par l'excellente acoustique de Poudlard.


« Là ! je l'ai finalement fait ! Vous êtes contentes maintenant ? »


« Ooh ! La prochaine fois que tu perdras un pari, je te ferai faire quelque chose d'encore pire, comme lui proclamer ton amour… »


« Zoey ! Comment pourrais-tu ? Je pensais que j'étais ton amie… »


Il s'assit au milieu de la pile désordonnée de livres, des parchemins et des bouteilles d'encre, sentant son cœur se briser en millions de morceaux…


Le jour suivant, il faisait une recherche dans la section des potions de la bibliothèque, quand il entendit encore les filles parler. Elles étaient assises de l'autre côté du rayon où il cherchait.


« D'accord. Que puis-je te faire faire ensuite ? » entendit Harry dire par la voix malicieuse de Zoey Russel.


« Argh » fut la réponse de Ginny. « N'est-ce pas assez que tu m'aies fait embrasser mon propre poursuiveur ? Laisse-moi tranquille. Maintenant il pense probablement que je l'aime vraiment ou quelque chose comme cela. » Harry sentit son cœur piétiné par une horde d'hippogriffes. Elle savait. Elle savait qu'il l'avait suivie pendant presque quatre ans, et c'était la grande blague pour elle et ses amies. Bien sûr, pensa-t-il, comment pourrait-elle ne pas savoir ? Il aurait fallu qu'elle soit aveugle…


Il contourna le rayonnage et se tint devant elles. Elles se turent immédiatement. Il vit que Ginny était rouge comme une betterave.


« Non » lui dit-il, des larmes dans sa voix. «Je ne pense pas qu'il y ait aucune manière pour que je puisse avoir cette impression. Excusez-moi… » marmonna-t-il, s'éloignant, aveuglé, sortant dans le couloir. Il avait saisi le regard horrifié sur le visage de Ginny quand elle l'avait vu, mais il ne voulait pas penser à son visage maintenant. D'accord, pensa-t-il. Comment se débarrasser de quelqu'un. Traitez-le comme s'il était moins que rien. Très bien. Très efficace.


Il était allé dans une cage d'escalier avec un escalier de pierre en colimaçon descendant vers… il n'était pas sûr. Il marchait juste sans but, espérant se perdre. Il entendit un bruit de pas résonner derrière lui.


« Harry ! »


Il se tourna au son de sa voix, incapable de se retenir. Il pleurait pour de bon maintenant, les larmes labourant son visage, et il ne fit aucun effort pour les essuyer. Elle descendit l'escalier en pierre jusqu'à lui. Il s'était effondré sur l'une des marches en coin, s'appuyant contre la courbe du mur extérieur. Elle s'assit à côté de lui.


« Harry, je suis désolée. Tu n'étais pas sensé entendre cela. » Il se détourna d'elle, incapable d'empêcher des larmes supplémentaires de s'échapper de ses yeux. « Oh, cela ne sonnait pas bien. Ce que je veux dire c'est… »


« ce que tu veux dire est que tu pensais que ce serait drôle de jouer avec les sentiments de quelqu'un qui adorait le sol sur lequel tu as marché depuis qu'il t'a rencontré quand tu avais neuf ans, et puis de traîner son cœur dans la poussière. J'ai saisi. Tu veux te débarrasser de moi. Bien. Tu verras que je ne te suivrai plus. Félicitations. Cela a marché. » Il se leva et continua à descendre les escaliers.


« Non, Harry ! Ce n'est pas… »


Il ne voulait pas l'écouter. Il avait pensé qu'elle était différente. Mais elle avait des pieds d'argile, juste comme tout le monde. Ce n'était pas le parangon parfait de la vertu qui avait existé dans son esprit. C'était une jeune fille vivante et respirante, aussi dénuée de tact et cruelle que les autres. Il avait fini d'être obsédé par elle pour de bon (Il essayait de se le dire).


Mais qu'allait-il faire de son temps maintenant ? se demanda-t-il. Il avait assigné une grande quantité d'énergie mentale à savoir où elle serait à n'importe quelle heure de la journée. Il s'était flatté de deviner correctement ce qu'elle ferait à des moments où ce n'était pas si évident. Ces années à jouer le renard signifiaient qu'il savait comment quelqu'un de poursuivi se comportait. Cela avait fait de lui un poursuiveur de classe mondiale. Et maintenant, il était officiellement à la retraite, n'allant plus jamais traquer quiconque.


Quand les BUSEs furent finis, Harry était assis près du lac, jetant des pierres pour faire des ricochets. Jamie était assise avec lui, ayant fini ses examens de troisième année. Ils ne parlaient pas. Jamie avait essayé de le faire parler durant le mois précédent, mais un ruminement silencieux avait finalement eut raison de ses meilleurs efforts, et maintenant, ils étaient assis ensemble en silence. Elle le laissait simplement ruminer.


Draco sautait quelque fille, dont Harry ne pouvait même pas se souvenir. Cela n'avait définitivement pas aidé Harry de voir Draco et Niamh dans la bibliothèque. Jamie ne savait pas ce que Draco allait faire, et Harry voulait que cela reste ainsi. Je vais simplement faire vœux de célibat, pensa Harry. Là, je me débrouille déjà pas mal pour cela. Aucun problème. Qui eut cru que j'avais un tel talent caché ?


Soudain une ombre passa au-dessus de lui. Il leva les yeux, s'attendant à voir son meilleur ami, ayant terminé ses activités de playboy. Mais ce n'était pas Draco Malfoy.


« Bonjour » dit nerveusement Ginny. « Comment ça va ? » Harry la regarda. Il ne répondit pas. Il se retourna vers le lac, espérant qu'elle s'avèrerait être une invention de son esprit. « Pourrais-je… Pourrais-je te parler en privé ? » Il ne répondit encore pas. « S'il te plaît ? » Il leva à nouveau les yeux vers elle et acquiesça. Puis il regarda Jamie, qui avait une expression assez choquée sur le visage.


« Vas-y. J'attendrai Draco ici. » Harry se leva et suivit Ginny sans un mot. Ils marchèrent jusqu'à la cabane de l'ancien garde-chasse, puis passèrent derrière, du côté de la forêt. Ginny se tordait les mains devant elle.


« Alors », commença-t-elle maladroitement. « Tu n'as pas répondu. Comment vas-tu, je veux dire. »


Harry la regarda morosement « Bien » dit-il doucement.


Elle déglutit. Ses yeux brillaient ? « Écoute, je voulais faire cela proprement, et j'ai dû travailler mes nerfs. Je voulais juste te dire à quel point je suis désolée. Tu… tu ne méritais pas cela. Je faisais juste comme tu as dit. Je jouais avec tes sentiments. C'était horrible et cruel. Je suis juste une personne méchante, et je ne mérite pas que toi ou quelqu'un d'autre remarque jamais que j'existe… »


Les larmes coulaient librement sur ses joues maintenant, et le cœur de Harry se retourna, autant il avait essayé de se convaincre qu'il la haïssait, autant cela n'avait pas marché, et la voyant dans une telle détresse, c'était impossible pour lui de ne pas être touché. Sa propre gorge était serrée, et il sentait les larmes piquer sous ses paupières comme il tendait ses bras vers elle. Elle se précipita vers lui avec un cri inarticulé, jetant ses bras autour de son dos, posant sa tête contre sa poitrine, pleurant convulsivement maintenant. Il baissa les yeux vers le sommet de sa tête, caressant ses cheveux brillants, appuyant sa joue sur leur surprenante douceur.


« Je te pardonne » chuchota-t-il après un moment. Elle pleura un peu plus fort, se cramponnant aussi plus fort à lui, et il sentit la chaleur de son corps contre le sien, et son vœux de célibat s'affaiblir de plus en plus…


Finalement, elle se sépara de lui. Il lui tendit un mouchoir, et elle se moucha bruyamment dedans. Il essaya de ne pas sourire. Elle était tellement en détresse. Ses yeux étaient très rouges, et son visage un peu marbré. Elle commença à lui tendre le mouchoir, mais il la repoussa.


« Garde-le » dit-il simplement. Elle acquiesça et le mit dans une poche de sa robe. Ils se tenaient debout sans se toucher, baissant les yeux puis se regardant l'un l'autre.


« Tu sais » dit-elle « cela a été assez désert. Marcher dans le château sans toi alentour. Je n'avais jamais su comment c'était. » Elle lui sourit timidement. Il lui rendit un petit sourire.


« J'ai essayé de me trouver un nouvel hobby. »


« Tu as trouvé ? »


« Pas encore. »


Elle souriait davantage maintenant. « Je pense » dit-elle « qu'une partie du problème était que je suis tombée dans la vieille propagande anti-Serpentard. Je veux dire si un garçon de Griffondor, Serdaigle ou Pouffsouffle m'avait pistée, j'aurais très bien pu être flattée. Bien, cela aurait pu dépendre de qui c'était, mais bon. Je n'aurais pas automatiquement décidé que ça filait la chair de poule. »


Il vacilla. « La chair de poule ? »


Elle vacilla aussi. « Désolée. Mauvais choix de mots. Ce que je voulais dire était que je ne t'ai jamais pris au sérieux. Je n'avais pas considéré qui tu étais : une gentille personne qui appelle sa sœur une de ses meilleures amies quand il pourrait simplement l'ignorer et la déprécier comme d'autres frères font avec leurs sœurs… Je sais. Une personne qui… qui m'a envoyé de si belles cartes pour la St Valentin, et pour mes anniversaires… »


« Tu savais que c'était moi ? » demanda-t-il, rougissant.


« Hum… c'était un petit peu évident. Tu as écrit ces poèmes toi-même ? »


« Oui. » admit-il.


Elle sourit. « Je les ai aimé. Pas que j'ai pu admettre cela devant Zoey et Annika. Ou même pour moi. Mais je les ai aimé. Ils étaient bien. Mais j'ai ignoré tout cela et vu seulement le Serpentard, pas la personne. Puis, quand je t'ai blessé… » sa voix fut prise encore. « et quand nous étions dans l'escalier ce jour-là…c'est là que j'ai finalement vu la personne. Une personne que j'avais beaucoup blessée. »


Il tendit sa main et lui prit la sienne. « Une personne qui vient juste de te pardonner. »


Elle serra sa main avec gratitude. « Merci. Je ne le mérite pas, mais merci. »


Elle se rapprocha de lui et commença à toucher sa joue avec ses lèvres, mais il tourna sa tête et leurs lèvres rentrèrent en contact. Elle se recula après seulement une seconde, regardant dans ses yeux et y voyant la preuve indubitable de ses sentiments. Leurs lèvres rentrèrent encore en contact. Quand Harry sentit sa bouche s'ouvrir sous la sienne, il haleta du plus profond de sa gorge et la serra plus étroitement. Elle tremblait dans ses bras, et il se sentait lui-même assez instable sur ses genoux, mais il ne voulait pas arrêter le baiser pour qu'ils puissent s'asseoir, il voulait juste continuer, encore et encore…


Harry se prépara, mais aucun Griffondor ne jaillit du feuillage de la forêt, montrant du doigt et riant à combien il avait été dupe encore. Elle ne s'enfuit pas de lui, riant avec ses amis. Elle ne recula pas ni ne fit de tête comme si elle venait de faire quelque chose de dégoûtant. Elle était là, finalement dans ses bras, suspendue à lui et l'embrassant, tandis qu'il inspirait son doux souffle et prenait chaque instant comme un trésor.


Il se força à s'écarter d'elle. Il examina son visage, se souvenant maintenant, se rappelant comment il s'était senti lorsqu'elle avait brisé son cœur, puis à quel point il s'était senti joyeux quand elle était venue chercher son pardon, et qu'il s'étaient vraiment embrassé pour la première fois. Harry déglutit. Il y avait tant à absorber à chaque minute de chaque jour dans cette vie. Il écarta les cheveux de Ginny de son visage. Elle le regardait avec une expression médusée. Il savait qu'ils rôdaient, qu'ils n'avaient parlé à personne de leur relation. Il ne l'avait pas dit à Jamie et Draco (il ne l'aurait en tous cas pas dit à ses petits frères). Elle ne l'avait pas dit à ses amis, Ron ou qui que ce soit d'autre dans sa famille. Il se souvint des terribles ramifications qu'il y avait eu à faire cela avec Hermione. Hermione, pensa-t-il un instant. Et pour Hermione ? Est-ce que c'était la tromper ? Il avait besoin de réfléchir… Il devait trouver un moyen de la faire arrêter de l'embrasser un moment afin qu'il puisse réfléchir, parce qu'au moment où elle avait attaché sa bouche à la sienne…


Mais il n'avait pas plutôt pensé cela qu'elle le refaisait encore, et il la tenait étroitement serrée contre lui une fois de plus quand il réalisa que c'était exactement ce qu'il essayait de lui faire arrêter. Il devait la faire parler. De quoi pouvaient-ils parler ? Bien, pensa-t-il, je me retrouve encore dedans, pris dans une relation secrète qui va me dévorer de l'intérieur si nous ne rectifions pas la situation. Nous pourrions parler de cela. Il rompit le baiser.


« Ginny, » dit-il nerveusement, mettant ses mains sur ses épaules. « Pour… Pourquoi ne montons-nous pas maintenant dans le bureau de Charlie pour lui dire, à lui et à Draco, pour nous. Ils sont allés là-haut pour prendre le thé quand la classe a été finie, et j'ai dit que je reviendrai peut-être. Pourquoi n'y allons-nous pas tous les deux, pour être clairs avec eux, arrêter de se voir en cachette ? »


Ginny le regarda choquée. « Tu es fou ! » déclara-t-elle.


« Mais… mais Charlie… Il m'aime bien. Nous sommes amis. Il m'a appelé un de ses meilleurs élèves… »


« Bien sûr qu'il t'aime bien. Mais si nous lui disons cela… crois-moi. Il ne t'aimera plus. Ton nom sera traîné dans la boue. »


Harry fronça les sourcils. « Pourquoi ? »


« Pourquoi ? Parce que chacun de mes frères, comme un seul homme, a décidé de me traiter comme une fille de quatre ans pour le restant de mes jours, voilà pourquoi. Bon, d'accord, Ron n'est pas comme cela, mais c'est encore pire. Il essaye de me mettre avec Neville Londubat depuis un an maintenant. Et je lui souris, et je suis gentille avec lui… Je veux dire, ce n'est pas un mauvais gars… mais je m'assure que je ne suis absolument jamais seule avec lui. Je ne veux pas lui donner de fausses idées. Charlie a même essayé de le faire arrêter avec Neville, mais ce n'est pas parce qu'il ne pense pas que je devrais être avec Neville. C'est parce qu'il ne pense pas que je puisse être avec quiconque. Les autres sont pareils. Tous détenteurs de la carte de membre du Club Gardons Ginny Fidèle A Son Prénom. »


Harry fit la tête. « Quoi ? »


Elle regarda Harry avec perspicacité. « Quel est mon prénom ? »


« Ginny » répondit-il immédiatement.


« Ce n'est pas mon vrai prénom. Quel est mon prénom ? »


« Oh. Virginia. » Il la regarda sans expression, puis il saisit « Ooh… »


« Exact. »


Harry rougit. Il fouilla sa mémoire. Si Ginny n'était plus vierge à cause de lui, il espérait certainement qu'il se souviendrait de cela. Mais il eut beau chercher, il ne put se souvenir d'eux deux couchant ensemble. Il était assez confiant qu'ils n'avaient pas… « Bien » dit-il avec hésitation, « tu es encore… » Il espérait qu'elle n'allait pas lui fracasser le crâne parce qu'il ne serait pas souvenu d'une 'inoubliable' nuit de passion. A son soulagement, elle soupira, et mit sa tête contre son épaule.


« Oui, mais tu connais les grands frères qui te surprotègent… »


Harry grimaça en pensant au coup de foudre de Jamie sur Draco. D'un autre côté, il n'était pas Draco Malfoy, dormant avec autant de filles que possible dans un minimum de temps. Draco briserait le cœur de sa sœur.


« Je le sais par expérience. Mais si Jamie aimait quelqu'un qui était vraiment bon pour elle, je me sentirais différemment… »


Elle eut un sourire entendu. « Ton propre meilleur ami n'est pas assez bon pour elle, hé ? »


« Tu es au courant ? »


« Oh, c'est très évident. A chaque fois qu'il est alentour, c'est écrit sur elle. Elle l'a dans la peau. »


Harry soupira. « Je sais. Et si je l'avertis, elle va me hurler dessus et me dire que je la considère comme une enfant et que je ne veux pas qu'elle soit heureuse… »


Ginny acquiesça et sourit. « Oui. Et si nous parlons de nous à Ron et Charlie, j'aurai un petit ami décédé et deux frères en route pour Azkaban. C'est trop tôt. »


Harry se mordit les lèvres. « Bien alors…et de mon côté ? »


« Que veux-tu dire ? »


« Bien… Pourquoi ne pourrions-nous pas au moins le dire à Jamie et Draco ? Elle est ma sœur et un de mes meilleurs amis, et il est mon autre meilleur ami. »


Elle avait l'air d'être prise au dépourvu sans avoir le temps de penser à une raison plausible pour rejeter l'idée. « Je ne sais pas… »


« Bien, voici une raison vraiment bonne de leur dire : je suis rentré dans Mariah Kirkner dans le couloir du dortoir des filles, et… »


« Que faisais-tu dans le dortoir des filles ? » sa voix avait un accent dangereux.


« J'allais parler à Jamie. De toutes façons, elle m'a dit qu'elle était 'disponible' pour, hum, des choses, et que c'était l'idée de Draco. J'ai laissé entendre alentour que j'avais une petite amie, mais que je ne pouvais pas encore dire qui c'était, et ils ne me croient pas, alors Draco essaye de me mettre dans les bras de Mariah. Si je pouvais lui dire que tu existes vraiment, il arrêterait. De plus, tu t'entends bien avec ma sœur. J'aimerais que nous puissions tous être ensemble. Ma vie me semble tellement confuse en ce moment. »


Elle considéra cela. « J'aime bien ta sœur. Je lui ai seulement parlé une paire de fois, mais elle est bien. Oh ! Je sais ! Cela pourrait être notre couverture. Si nous sommes vus tous les quatre ensembles, spécialement par Ron, je pourrais lui dire que Jamie est mon amie. Il sera probablement de mauvais poil qu'elle soit à Serpentard, mais ce serait plus sûr que de lui dire que tu es mon petit ami. Le seul problème est que j'ai déjà deux amies. Peut-être que je peux voir si parfois Annika et Zoey ne seraient pas dérangées d'avoir Jamie avec nous. Peut-être que nous pouvons être vues en train de faire cela d'abord, puis ce serait plausible quand je serais vue avec elle, Draco et toi. »


Harry sourit. Cela semblait vraiment être un plan raisonnable. Et il n'aurait plus à mentir à sa sœur et à Draco. Il prit les joues de Ginny dans ses mains, la regardant. Il se sentait à la fois comme le plus chanceux et le plus confus de tous les garçons de seize ans au monde. Bien qu'il sache qu'il se sentirait terriblement coupable plus tard, il se laissa emporter par elle quand leurs lèvres se rencontrèrent à nouveau, et il la serra dans ses bras…


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