Mary Cooper, Philippe Gryffondor et Lunenoire : merci à vous

Harry devait se rappeler à lui-même qu'il était sensé continuer à chercher la cape d'invisibilité et la carte du maraudeur. Il ne pouvait pas se souvenir de quand il avait été si content, et il avait parfois peur de ne pas être capable de s'arracher à cette vie quand le temps viendrait. En plus de la facilité avec laquelle Ginny avait rejoint le trio de lui, sa sœur et Draco, et son plaisir de voir la manière dont sa sœur et sa petite amie s'entendaient, ses études étaient ridiculement faciles et même son travail en potions s'était amélioré aux yeux de sa mère.


Le premier match de Quidditch se rapprochait aussi, entre Serpentard et Serdaigle, et Harry devait passer de plus en plus de temps avec l'équipe de Serpentard, pour les préparer. D'une manière ou d'une autre, il avait davantage d'enthousiasme pour la stratégie et la préparation de l'équipe pour le match qu'il en avait eu lorsqu'il était capitaine de Griffondor dans son autre vie. Le match lui tardait. Il ne jouerait pas attrapeur, bien sûr, mais gardien était mieux que rien. Il pensait à son match en troisième année quand Ginny avait attrapé le vif, et que Serpentard avait cependant gagné… C'était tout ce qui comptait. C'était du Quidditch. En fait, c'était grâce à ce match qu'il était capitaine de l'équipe…


Après que Harry et Draco aient été ramenés au donjon, une fête se déroula dans la salle commune de Serpentard, qui était assez étrange, comme les gens célébrés étaient trop épuisés pour faire plus qu'acquiescer et sourire faiblement. Harry se traîna jusqu'au dortoir des troisième année, et s'effondra sur ses couvertures, encore habillé. Il avait commencé à s'endormir quand il entendit un bruit de pas lourds pénétrer dans la pièce. Il entrouvrit ses yeux. C'était son papa, Severus Rogue, responsable de la maison Serpentard.


« Harry ? » demanda-t-il en hésitant. Harry entrouvrit à nouveau ses yeux. Son père se tenait à côté de son lit.


« Mmm ? » fut la seule réponse que Harry put émettre.


Son papa s'assit sur le lit et tapota sur la jambe de Harry. « Tu m'as vraiment rendu fier aujourd'hui, tu sais ? C'était un sacré match… »


Harry sourit faiblement. « J'ai appris du maître » croassa-t-il, la voix enrouée.


Son père lui sourit. « Je crois que l'élève a surpassé le maître. » Harry trouva dur de ne pas se sourire. Son papa continua. « J'ai quelques nouvelles. Toute l'équipe est unanime, y compris Flint. L'année prochaine, ils veulent que tu sois capitaine. »


Harry se sentit complètement réveillé maintenant. Il se redressa sur ses coudes. « Quoi ? Je serai seulement en quatrième année. »


Son père lui sourit encore plus largement. « Plus jeune capitaine de Quidditch de l'histoire de l'école. »


« Et j'étais seulement dans la réserve cette année… »


« Peut-être. Mais ils te veulent. C'est un honneur Harry. Et je pense que tu peux le faire. En tant que responsable de maison, je te demande de le faire pour Serpentard. » Ses yeux scintillaient en regardant Harry. Harry sourit finalement à son père.


« D'accord. Je le ferai. »


Son père se releva. « C'est mon garçon. Je vais leur annoncer la bonne nouvelle. Rendors-toi. Tu as travaillé dur aujourd'hui. »


Il n'eut pas besoin de le dire deux fois à Harry. Il retomba sur son oreiller. Après une minute, il entendit un rugissement d'acclamations provenant de la foule dans la salle commune, mais il s'estompa rapidement de sa conscience comme Harry glissait dans le sommeil.


* * * * *


Harry avait écrit une lettre à Remus Lupin dans laquelle il essayait de lui demander pour la cape d'invisibilité d'une façon détournée. Il regarda quelques unes des vieilles lettres de Remus d'abord, pour se rappeler de ce qu'était la vie dans le camp. Remus avait plutôt l'air de mettre un beau visage sur les choses. Il était dans un camp pour sorciers loup-garous. Il y avait des camps à part pour les loups-garous moldus, qui étaient la règle, tandis que les loups-garous sorciers étaient l'exception. Il y avait soixante-treize hommes et cinquante-quatre femmes dans son camp. On transportait tous les jours les loups-garous pour qu'ils travaillent dans une usine de porcelaine que le ministère avait construite. Cela semblait être une bonne entreprise pour les moldus, et en réalité, ils vendaient principalement aux moldus. Remus avait découvert qu'il était assez bon pour les travaux méticuleux. Il passait ses journées à peindre des motifs sur le bord des tasses, des soucoupes, et des assiettes… Habituellement, les plats peints à la main étaient très chers, mais cette usine pouvait offrir ses produits à des prix étonnamment bas, et leurs commandes avaient quadruplé en seulement cinq ans. Bien sûr, pensa Harry avec gravité, ils les font travailler comme des esclaves, afin que ce soit moins cher que lorsque d'autres gens peignent cela à la main…


Cela rappela à Harry pourquoi il avait besoin de changer les choses quand il lut les lettres de Remus. Pas qu'il se soit jamais plaint à Harry ou même fait comme s'il faisait quoique ce soit d'extraordinaire. Mais ses descriptions simples des camps étaient souvent très poignantes, comme lorsque Remus avait parlé d'un de ses collègues ayant disparu le lendemain d'une nuit de pleine lune. Cela arrivait tous les mois. Plutôt que de faire face au problème de leur administrer la potion de Tue-loup à tous, quand la lune était pleine, ils prenaient l'avantage de certaines technologies moldues et les clôtures autour du camp étaient électrifiées. Les aurors encerclaient le camp armés de pistolets moldus chargés avec des balles en argent, et les humains métamorphosés n'avaient rien. Ils se battaient et se déchiraient les uns les autres, et avaient d'horribles blessures quand ils redevenaient humains le lendemain. Ils essayaient de sauter les clôtures pour atteindre les humains qu'ils pouvaient voir de l'autre côté, à leur portée. Le contact avec les clôtures signifiait de terribles brûlures et une odeur de roussi qui suivait la victime pendant des semaines. Malheureusement, cela ne signifiait pas la mort, étant donné que l'argent était nécessaire pour apporter ce soulagement à un loup-garou. Mais il semblait toujours y avoir quelqu'un qui ignorait obstinément la douleur de la clôture et la grimpait, et il était immédiatement tué par les aurors. Lors de certains cycles lunaires, il y en avait plus d'un.


Remus avait entendu parler de quelqu'un qui avait réussi à voler de l'argent à l'usine et l'avait ramené dans le camp pour se suicider. Il y avait un poignard d'argent dont on disait qu'il était caché quelque part dans l'une des baraques des femmes du camp des sorciers. Les gens la cherchaient, pour une sorte d'évasion. Remus ne croyait pas à cette rumeur. Harry frissonna. Penser que quelqu'un pouvait trouver la vie en tant que loup-garou si horrible que la mort semblait préférable. Ou était-ce la vie dans les camps qui les avait rendus suicidaires ?


Le matin du premier match de Quidditch, Harry reçut une réponse de Remus. Il était assis dans la grande salle, prenant son petit déjeuner, et une chouette marron prit place sur son épaule. Harry prit le parchemin et nourrit la chouette, puis ouvrit la lettre.


Cher Harry,


Merci de m'avoir écrit. Je n'avais pas de nouvelles de toi depuis un bout de temps. Félicitations pour ta petite amie. J'ai aussi quelques nouvelles : moi aussi j'ai une petite amie. Maintenant, je sais que tu penses que je suis vieux…


Harry sourit. Il ne pensait pas une telle chose. C'était le genre de chose que Remus écrivait souvent. Harry se demanda si c'était parce qu'il se sentait vieux.


mais Selena et moi sommes très à l'aise l'un avec l'autre. Elle était quelques années derrière moi à l'école, à Serdaigle. Elle a été mordue il y a environ cinq ans. Je n'ai pas entendu que ce soit déjà arrivé dans un autre camp, mais nous pourrions demander la permission de nous marier. Nous ne pourrons probablement pas partager nos quartiers, comme ils devraient sortir de l'argent pour créer des commodités spéciales pour nous, mais nous verrons.


Pour la cape, la dernière fois que j'en ai entendu parler, James m'a dit qu'il l'avait donnée à Albus Dumbledore pour qu'il la garde en lieu sûr. Je n'ai rien entendu de ses agissements depuis que je suis arrivé ici, mais tu pourrais toujours voir si une chouette postale peut le localiser. Un essai ne te coûtera rien.


Écris-moi vite. Parle-moi davantage de ta petite amie (comme son nom) la prochaine fois. Embrasse ta mère et Jamie de ma part.


Remus


Dumbledore ! Bien sûr ! Harry se souvint de quand il avait reçu la cape maintenant. En première année de son autre vie, cela avait été un de ses cadeaux de Noël, et le mot disait qu'elle appartenait à son père. Dumbledore l'avait eu depuis que James Potter avait été tué. Qu'il ne sache pas où se trouvait Dumbledore ne comptait pas. S'il était en vie, une chouette postale le trouverait. Et peut-être que Harry pourrait lui demander de l'aider pour rétablir le cours du temps aussi.


Jamie était assise à côté de lui, mangeant un peu de bacon. Elle tendit son cou et vit le parchemin bon marché et fin qu'on laissait les résidents des camps de loup-garou utiliser. Harry vit son regard et lui tendit discrètement la lettre. Elle la lui rendit, fronçant les sourcils.


« Qui est Dumbledore ? » demanda-t-elle doucement, essayant de ne pas bouger ses lèvres. Étant donné que les lèvres sont assez essentielles pour dire 'Dumbledore', Harry eut des difficultés à deviner ce qu'elle disait.


Quand il réalisa, il dit du coin de sa bouche. « Le directeur précédent. Avant MacGonagall. »


« Oh » Elle continua à mâcher.


« Je lui écrirai une lettre plus tard. »


C'était l'heure de descendre au terrain de Quidditch. Harry sentit une poussée d'optimisme et de joie monter en lui. Il était confiant. Serpentard ferait bien pour le match, et on venait de lui rappeler l'identité de la personne qui connaissait probablement ce qui était arrivé à la cape : Dumbledore. Il se leva et fit signe au reste de l'équipe. Draco se leva et le suivit, suivi de Zabini, Nott, et d'un septième année appelé Hamilton, qui étaient poursuiveurs. Derrière se trouvaient Talbert et Lukasavicz (à prononcer 'Luka-savitz'), un quatrième et un cinquième année qui étaient batteurs.


Comme ils quittaient la grande salle, Harry fut momentanément secoué par les huées et les sifflets qui venaient des autres tables. Il n'était pas habitué à cela. Quand il était dans l'équipe de Griffondor, les jours où ils jouaient contre Serpentard, trois élèves sur quatre se levaient et l'applaudissaient. Ce n'était plus le cas. Maintenant, trois sur quatre le huaient. C'était dérangeant, et cela ébranla presque sa confiance.


Il essaya de seulement entendre les applaudissements des Serpentards derrière lui, gardant son sourire vissé au visage. Il avait haï être haï dans son autre vie, et il le haïssait encore maintenant. Mais au moins, il lui avait semblé que dans son autre vie, les gens l'avaient haï pour une raison (même pour une mauvaise raison). Les Dursley… ce n'était pas un mystère. Et quand les gens avaient pensé qu'il lançait un monstre sur eux en deuxième année… Mais être haï juste parce qu'il était un Serpentard était une nouvelle expérience. Cela n'avait rien à faire avec qui il était, et en fait, ils se moquaient de qui il était. Seulement ce qu'il était : un Serpentard.


Ils étaient dans le hall d'entrée quand ils entendirent le tumulte d'applaudissements derrière eux pour l'équipe de Serdaigle. L'estomac de Harry se contracta, mais il essaya de ne pas y penser. Ce n'est pas un concours de popularité, se rappela-t-il, c'est un match de Quidditch. Nous allons bien marcher, c'est sûr…


* * * * *


« Comment as-tu pu ? »


« La chose la plus stupide que j'ai jamais vue… »


« Tu n'es même pas foutu de te souvenir dans quelle position tu joues ? Tu parles d'un con de capitaine ! »


« Comme si c'était pas assez que tous les autres haïssent les Serpentards, tu devais aussi nous faire passer pour des incompétents ? »


La tête de Harry tournait. Il venait de jouer le pire match de Quidditch de sa vie, même en incluant la fois où les détraqueurs l'avaient fait tomber de son balai. Il avait fait la chose qu'il craignait de faire quand Ginny jouait attrapeuse pour Griffondor parce que Katie Belle était malade. Il avait commis un Vifmort. Le vifmort se produisait quand un joueur autre que l'attrapeur touchait le vif. C'était complètement interdit. Mais il avait été juste là, l'appelant pratiquement, et il avait juste oublié tout le reste et agit instinctivement…


Le pire avait été le visage de Draco après cela. Il était de toute évidence très blessé, foudroyant Harry de ses yeux gris, disant calmement « Si tu ne veux plus que je sois attrapeur, dis-le simplement. »


Harry enfouit son visage dans ses mains. Il s'était caché derrière l'ancienne cabane de Hagrid pour attendre pendant le restant de la journée. Il souhaitait pouvoir déjà se métamorphoser en griffon, afin de pouvoir voler au-dessus de la forêt, mais être assis et fixer les arbres allait être suffisant pour le moment. Personne n'était venu après lui, pas même Jamie ou Draco. (Il imaginait que si elle allait réconforter quelqu'un à ce moment-là, se serait Draco)


Quand le soleil fut bas dans le ciel, il se leva finalement et retourna au château. Le terrain de Quidditch semblait le lorgner d'une manière inquiétante quand il passa. C'est ridicule, pensa Harry. Mais il sentait une présence. Puis il se souvint qu'il avait laissé sa robe de Quidditch dans les vestiaires, et il alla la rechercher. Comme il entra, il sentit une vague glacée glisser en lui, et ses dents claquèrent de manière incontrôlée. Il avait encore ce sentiment inquiétant, et il ramassa rapidement sa robe et partit, la portant sur son bras gauche tandis que son balai était posé sur son épaule droite.


Quand il fut de retour au château, et sur le point de descendre au donjon, il entendit une voie familière à l'appeler depuis le haut du balcon.


« Harry ! »


Harry leva les yeux. C'était Charlie. La réponse de Harry fut morose.


« Quoi ? »


Mais Charlie sourit d'une manière amicale, et lui fit signe de demander les escaliers. Les portes de la grande salle étaient fermées. Le repas du soir semblait avoir commencé, à en juger par le bruit sourd des couverts. Même s'il n'avait pas mangé depuis le petit déjeuner, Harry n'avait pas particulièrement faim.


Il monta les escaliers et Charlie le conduisit en silence à son bureau. Harry s'effondra dans le fauteuil confortable près du feu ronronnant. Les jours et nuits étaient clairement automnaux maintenant, et il avait passé toute la journée dehors. Le feu était plutôt bienvenu, tout comme le confort du fauteuil. Charlie s'assit dans le fauteuil en face de lui. Il agita sa baguette et produisit un plat de sandwiches et de la bièraubeurre. Charlie ne parla pas, mais prit de la nourriture et une bouteille de bièraubeurre pour lui, et, retrouvant soudainement son appétit, Harry fit de même. Le corned beef était le meilleur qu'il puisse se souvenir avoir mangé, et la bièraubeurre le réchauffa merveilleusement de l'intérieur. Quand ils eurent fini leur repas silencieux, Charlie fit disparaître les couverts sales d'un geste de sa baguette et se rassit dans son fauteuil, scrutant pensivement Harry. Harry était encore trop accablé par la honte pour parler. Finalement, Charlie rompit le silence.


« Tu sais, si tu avais joué attrapeur, cela aurait été une prise spectaculaire. » Harry le regarda misérablement, encore silencieux. « Hey, c'est Charlie Weasley qui te dit ça. Je sais une chose ou deux sur jouer attrapeur. Puis-je voir un peu de gratitude ? »


Harry grogna. « Le problème, c'est que j'étais sensé joué gardien, pas attrapeur. Et tu es probablement la seule personne de l'école qui me parle encore. Je haie penser à ce que mon propre papa va dire étant donné qu'il est aussi mon responsable de maison. » Charlie savait depuis des années que Rogue était le papa de Harry, et que la professeur de potions était sa mère. « J'ai déjà fait penser à mon meilleur ami que je pense qu'il ne vaut rien comme foutu attrapeur… »


Soudain, une chouette fauve atterrit sur la margelle extérieure de la fenêtre du bureau de Charlie. Elle frappa poliment sur la vitre avec son bec. Charlie s'avança vers le cadre pour l'ouvrir, et l'oiseau vola jusqu'à Harry, lâchant un morceau de parchemin sur sa cuisse et ne s'arrêtant pas, faisant demi-tour jusqu'à la fenêtre et ressortant. Charlie ferma la fenêtre, médusé. Harry hésita à regarder le parchemin. Sûrement que c'était une beuglante ou des menaces de mort venant du reste de la maison Serpentard.


Mais ce n'était pas cela. C'était un mot de Ginny (qu'elle n'aurait probablement pas envoyé, si elle avait su qu'il était dans le bureau de son frère).


Très cher Harry,


Où as-tu été pendant cette journée ? Jamie et moi nous sommes beaucoup inquiétées pour toi. Comme tu peux l'imaginer, Draco est un petit peu contrarié. Je pense qu'il oubliera, cependant. Jamie l'a fait arrêter de nettoyer de sa malle tout ce que tu lui avais donné ou prêté. Je l'ai appris après les faits. Jamie et moi nous sommes rencontrées pour parler près de la roseraie. Je n'ai pas mentionné cela, mais tu avais raison. Elle et moi sommes devenues de bonnes amies.


Je sais que tu dois te sentir terrible, et que tu veux être seul maintenant, mais tu me manques terriblement. Peux-tu me rencontrer après le dîner dans l'ancienne salle de classe d'étude des moldus ? Elle n'a pas été utilisée depuis des années. C'est au quatrième étage près du coin de force du mal, troisième porte à droite.


Je t'aime


Ginny


Harry plia le parchemin et le plaça avec soin dans sa poche. Il voulait être sûr de ne pas le laisser accidentellement dans le bureau de Charlie. « Heu, Charlie, je dois y aller. Je te verrai demain… »


Charlie fronça les sourcils. « Si soudainement ? Qu'était cette note ? »


« Heu, je dois, hum, rencontrer quelqu'un… »


Charlie prit un air entendu, et Harry souhaita de tout son cœur pouvoir dire à son professeur que c'était sa sœur. « Oh… je vois. Ceci explique pourquoi tu as arrêté de suivre Ginny. Tu as trouvé quelqu'un d'autre. Bien, Ron sera content de cela. Qui est-elle ? » Harry hésita. Il souhaita que Charlie ait aussi dit s'il était content de cela.


« Bien, nous ne le disons pas encore aux gens… »


« Oh » dit Charlie, acquiesçant et faisant un clin d'œil. « Bien, ton secret est en sécurité avec moi. Spécialement si je ne sais pas qui c'est. » Il sourit et tapa Harry sur le haut du bras. Harry lutta pour ne pas se frotter le point où il avait été frappé. « Amusez-vous bien les enfants. »


Harry acquiesça et quitta le bureau, attendant de s'être éloigné d'environ vingt pieds le long du couloir avant de commencer à courir. Quand il atteignit la salle de cours de forces du mal, il commençait à s'épuiser. Il passa plus lentement le coin et compta les portes jusqu'à la pièce où il était sensé rencontrer Ginny.


Il rentra. Elle était déjà là, alors il mit un charme de verrouillage sur la porte. Elle lui sourit et traversa la pièce en courant jusqu'à lui. Soudain, elle était à nouveau dans ses bras, il la tenait simplement et enfouit son visage dans son cou. Puis il se recula d'elle pendant un moment et regarda la pièce. Elle n'était comme aucune autre salle de classe du château. Elle avait été conçue pour ressembler à une maison moldue, mais étrangement, c'était encore la maison de Mrs Figg. La disposition était différente, mais elle avait les mêmes housses, les mêmes napperons, et la même odeur de chat et de choux. Il se souvint des tentes qu'ils avaient utilisées pendant la coupe du monde. Ce devait être une espèce de décor moldu préfabriqué que l'on pouvait acheter, quelque chose qui avait toujours la même apparence. Ce doit être comme cela que les sorciers imaginent la maison des moldus. Étant donné que c'était la même dans son autre vie, quelques compagnies de sorciers devait avoir produit cela pendant bien plus de quinze ans, il réalisa.


Il alla jusqu'au canapé dans le salon et s'assit à côté d'elle. Il était tellement content de ne pas être avec des gens qui le maltraitaient et l'attaquaient. Soudain, le choc de son énorme bourde le frappa encore, et ses épaules commencèrent à trembler. Sans un mot, elle lui laissa mettre sa tête sur ses cuisses tandis qu' il pleurait. Quand il eut pleuré toutes les larmes de son corps, il devait s'être endormi, et quand il se réveilla, elle n'était plus sur le canapé. Elle regardait dans les placards de la zone de la cuisine de la salle de classe, paysannes étiquettes sur d'anciennes boîtes poussiéreuses de nourriture moldue préemballée.


« Ginny ? » Dit-il doucement. Elle leva les yeux et lui sourit.


« Te re-voilà. Je pensais te laisser dormir. Tu semblais épuisé. Je jetais juste un oeil à ces choses. J'aurais aimé que Poudlard n'arrête pas l'étude des moldus. J'adorerais en savoir plus sur comment marchent ces choses. » Elle avait enlevé sa robe et l'avait posée sur une chaise. En dessous, elle portait un chemisier et un cardigan, avec une jupe allant jusqu'aux genoux, et des chaussettes remontées juste en dessous de ses genoux. Harry pensa qu'elle ressemblait à n'importe quelle écolière moldue. Bien, n'importe quelle écolière moldue d'il y a trente ans.


« Apporte cela ici. »


Elle revint au canapé où il avait fait la sieste, et s'assit sur le sol, lui tendant une boîte de spaghettis. Il la regarda, puis lui sourit.


« Que ne comprends-tu pas ? »


« Bien… qu'est-ce que c'est ? Comment cela se mange ? »


« Ce sont des spaghettis. C'est une sorte de pâtes. On les cuisine. »


« Mais comment ? »


« On met de l'eau dans une casserole et on la met sur le feu pour la réchauffer. Tu vois les boutons sur le devant du four ? C'est avec cela que tu contrôles la chaleur de chaque brûleur. Une fois que l'eau bout, tu mets des spaghettis dedans et tu les laisses dans l'eau bouillante pendant environ dix minutes. Tu dois aussi les remuer ou sinon ça fait un gros pâté. Pendant que cela cuit, on réchauffe une espèce de sauce, habituellement la tomate. Puis, on les égoutte, on met la sauce dessus, et on les mange. »


« Comment sais-tu cela ? »


Il montra à côté de la boîte. Écrit en gros, il lut : préparation : mettre trois volumes d'eau à bouillir… »


« Oh »


Il lui sourit. « Tu ne manges jamais rien comme cela à la maison ? »


Elle soupira. « Si ce n'est pas un plat qui vient des îles Britanniques, non » elle brossa ses cheveux noirs en arrière de son front avec sa main. « Tu te sens mieux ? »


« Beaucoup mieux. » Il mit sa main sur sa joue et amena la main de Ginny sur la sienne.


« Harry ? »


« Hmm ? » Dit-il, la regardant avec adoration.


« Est ce que… est ce que tu n'aimes pas m'embrasser ? »


Il fronça les sourcils. « Quoi ? »


« Bien… c'est juste que les dernières semaines, même quand nous étions seuls, on aurait dit que tu essayais très fort de ne pas m'embrasser. Tu as été en quelque sorte, je ne sais pas, toujours prêt à bavarder, comme si tu essayais de l'éviter. Je n'ai pas réalisé d'abord, puis j'ai commencé à le remarquer, et… ensuite c'était très dur de nier que c'était ce que tu faisais… »


Il prit une grande inspiration. « Oh, Ginny, je suis désolé… » Il n'était pas sûr de quoi dire. Il avait à dessein évité ici de prolonger ses sessions de flirt, à cause d'une combinaison de culpabilité envers Hermione et Draco. Maintenant il avait aussi une dose de culpabilité envers Ginny à gérer. La fille qu'il adorait pensait qu'il ne se souciait plus d'elle…


« Alors » dit-il enroué. « J'ai eu peur que si nous commencions, je ne puisse plus m'arrêter… » Elle sourit à cela. Il pouvait voir que sa réponse l'avait satisfaite, l'avait fait arrêter de douter d'elle et de son attractivité pour lui. Leurs yeux fixés l'un sur l'autre, elle se rapprocha pour clore la distance entre leurs bouches. Harry tint le derrière sa tête, ses doigts plongés dans sa luxuriante chevelure, montants et descendants. Il buvait son souffle intoxiquant. Elle semble toujours avoir mangé du chocolat avant de l'embrasser. Les sentiments refoulés qu'il avait eus pour elle durant ces dernières semaines remontaient à la surface. Il sentit sa main caresser le côté de son visage, puis venir se poser à la base de sa gorge. Elle était encore agenouillée sur le sol tandis qu'il était sur le canapé, couché. Bien qu'il garda ses yeux fermés, se concentrant sur ses baisers, il était conscient de ses doigts déboutonnant sa robe, puis son T-shirt. Puis rien de plus ne sembla arriver d'autre que ce baiser prolongé, alors Harry ouvrit la fente de ses yeux et vit que pendant qu'ils avaient continué à s'embrasser, elle s'était occupée d'enlever son cardigan et avait enlevé son chemisier de sa jupe.


Il avait l'impression que son sang bouillait dans ses veines. Il cramponna sa tête plus fermement et ouvrit sa bouche plus largement. Elle suivit son mouvement, puis grimpa sur le canapé, s'agenouillant au-dessus de lui. Il rompit le baiser et fit glisser ses lèvres le long de son cou, la pinçant gentiment à la base, la faisant haleter de surprise. Puis, ce fut son tour sursauter quand elle descendit ses lèvres dans son cou et sur son torse nu, ses doigts errant sur sa peau et le faisant tressaillir involontairement. Il regarda le dessus de sa tête fasciné comme il enlevait son T-shirt, puis il retint brusquement son souffle quand il la sentit placer sa bouche au-dessus de son téton droit. Sa tête tournait. Quand ils s'embrassaient et se touchaient avant, le faire dehors signifiait, par nécessité, qu'ils gardaient leurs vêtements sur eux. Soudain, il y avait tant qui arrivait, et si vite. Après avoir résisté à cela pendant quatre semaines, c'était encore plus dur pour lui de croire que Ginny voulait le toucher et l'embrasser maintenant.


Elle descendait sa bouche jusqu'à son ventre, et maintenant il pensait qu'il allait devenir fou. Il releva doucement la tête de Ginny de son corps avec un frisson. Il se tourna sur le côté, et la tira le long de son corps, la guidant jusqu'à ce qu'elle soit à hauteur de ses yeux, tandis qu'il se pressait contre le dossier du canapé. Il abaissa encore ses lèvres vers les siennes, sentant sa main contre son torse, un contact qui le consumait. Il savait qu'ils ne pourraient plus continuer cela plus longtemps. Il ne pouvait pas continuer plus longtemps, pas s'il ne voulait pas perdre l'esprit. Maintenant, le problème n'était pas la culpabilité envers Hermione ou Draco. Il ne voulait pas lui mettre la pression, d'aucune façon. Elle n'était pas encore prête pour plus que des baisers, et il voulait respecter cela, peu importe à quel point elle l'avait remué…


Il se préparait juste à lui dire qu'ils devraient arrêter quand il la sentit prendre sa main gauche et la guider sous son chemisier, puis remonter jusqu'à sa poitrine, où elle la plaça sur l'un des bonnets satinés de son soutien-gorge…


« Ginny ! » s'exclama-t-il, enlevant sa main à la hâte et essayant de s'asseoir. Mais il n'y avait pas la place pour cela, alors à la place il ne réussit qu'à la faire tomber par terre, où elle atterrit avec un bruit sourd.


« Aïe ! Pourquoi as-tu fait cela ? »


Cela devenait plus compliqué que ce à quoi il s'attendait. Il n'avait pas compté que les choses iraient si vite. C'était une bonne chose que je me sois retenu le mois dernier… Il l'aida à se relever, puis commença à reboutonner sa chemise en s'excusant. « Désolé. Je pense juste que, hum, c'est assez tard. N'est-ce pas ? Tu as une montre ? Combien de temps ai-je dormi ? »


Elle remettait ses cheveux en ordre. « Je ne sais pas. Je n'ai pas de montre. Peut-être que tu as raison. » Elle commença à remettre son chemisier dans sa jupe, puis remit son cardigan. « Il semble que nous ayons été ici pendant un moment… »


Quand il eut reboutonné sa robe, et qu'elle ait fait de même avec la sienne, elle passa ses bras autour de son cou. « C'est aussi bien que l'un de nous ait un peu de self-contrôle, Mr Potter. Dois-je me sentir insultée ? » Elle lui sourit. Il la tira vers lui.


« Tu devrais te sentir choquée, je pense. » dit-il doucement contre sa joue, puis il amena sa bouche près de son oreille, respirant gentiment dedans, et elle soupira et s'effondra faiblement contre lui. Il se retira encore d'elle, souriant.


« Tu joues simplement avec moi maintenant. » l'accusa-t-elle, respirant peu profondément, une main sur son bras pour rester debout. Puis elle s'éclaircit la gorge. « Tu ferais mieux de me raccompagner à ma salle commune maintenant, avant que je ne te traîne à nouveau vers ce canapé… »


Il sourit. « Si tu insistes… »


Ils descendirent les escaliers et traversèrent les couloirs bras-dessus bras-dessous. Il était improbable qu'ils croisent quiconque à cette heure-ci. Quand ils atteignirent le portrait de la grosse dame en robe rose qui cachait l'entrée de la salle commune de Griffondor, Harry la regarda, et elle le regarda avec de grands yeux qui semblaient l'engloutir dans l'obscurité et le besoin. Il se pencha sur elle et elle répondit immédiatement, ses bras l'entourant et cette fois, ils tremblaient tous les deux quand ils rompirent simultanément le baiser.


« Bonne nuit. » dit-elle, sa voix frémissante.


« Bonne nuit » répondit-il, sentant un vide en lui comme il la regardait donner le mot de passe et rentrer par le trou du portrait. Il ne pouvait pas entrer. Il était un étranger. Il aurait menti s'il avait dit que cela lui plaisait d'être un Serpentard, que c'était aussi bien que d'être un Griffondor, même si (jusqu'à aujourd'hui), il s'était débrouillé avec cela assez bien. Soudain, la voyant disparaître dans la tour Griffondor, il sentit une douleur aiguë à l'intérieur, qui ne pouvait être ignorée. Il n'était plus un Griffondor. Il déglutit, essayant de ne pas pleurer. Pas un Griffondor. Lui, qui avait brandi l'épée de Godric Griffondor et l'avait utilisée pour tuer le Roi des Serpents, pour sauver la vie de Ginny…


Maintenant, sa tristesse n'était pas tant de quitter Ginny, que d'être complètement coupé du monde qu'il avait connu depuis sa première année. Il sentit des larmes dans ses yeux. Il cligna des yeux, essayant de les empêcher de couler sur ses joues, et il se tourna pour descendre les nombreux escaliers qui le conduiraient certainement au donjon, et vers la maison Serpentard.


Mais quand il se tourna, il découvrit qu'il n'était pas seul dans le couloir, et il s'arrêta abruptement, sa mâchoire se décrochant parce qu'il n'avait pas entendu un son. En fait, une torche à la flamme brillante haute sur le mur aurait dû projeter l'ombre de l'homme sur le sol où Harry l'aurait vue, et il n'avait rien remarqué l'instant avant de se retourner à l'exception de sa propre ombre.


C'était le concierge. Harry ne pouvait se souvenir de son nom. La même chose ne pouvait pas être dite du concierge. Il fit un signe de la tête à Harry. « Potter, n'est-ce pas ? Dehors après le couvre-feu. Vous savez ce que cela signifie. » Sa voix était surprenamment laconique. Il était un petit peu plus petit que Harry, bien qu'il soit voûté par l'âge, alors, il avait dû être assez grand par le passé. Ses cheveux étaient blancs, repoussé en arrière d'un point chauve et proprement coupés au-dessus du col de la chemise qu'il portait sous une robe usée et couleur terre. Il louchait, comme s'il avait dû porter des lunettes mais était trop vaniteux, et son grand nez était généreusement veiné au-dessus d'une barbe et d'une moustache irrégulières.


« Je suis désolé, heu… »


« Davy. Vous devriez probablement être dans votre lit si vous ne pouvez vous rappeler de cela. Malheureusement, nous allons devoir aller à mon bureau d'abord pour écrire les papiers pour votre retenue. Venez… »


Harry le suivit joyeusement, mais essaya de ne pas le paraître. Il avait négligé cela durant le mois dernier, après la fois où il était rentré dans Mariah en allant voir Jamie. Bien sûr, il n'avait pas de complice sous la main cette fois pour créer une diversion, mais peut-être qu'il pourrait improviser pour cela. Avant qu'ils aient quitté la zone en dehors de la salle commune de Griffondor, il dit « Hum, elle ne va pas avoir de retenue aussi, j'espère ? »


« Qui donc ? Y a-t-il quelqu'un d'autre dont je devrais être au courant ? » Peut-être n'avait-il pas vu Ginny.


« Heu, non, personne du tout… »


Après avoir descendu des escaliers et des escaliers, ils arrivèrent finalement au bureau du concierge. Le vieil homme se pencha très près de la porte pour donner le mot de passe, mais Harry réussit à l'entendre quand même.


« Tarte à la mélasse. »


Il était aussi serré et déprimant que dans le souvenir de Harry. Et il y avait les dossiers dans le coin derrière le bureau de Davy, les dossiers où la carte du maraudeur pouvait encore être cachée. Davy montra de sa main la chaise devant le bureau, le contournant pour s'asseoir derrière. Il sortit sa baguette et Harry se prépara. Allait-il être soumis à quelque sorte de métamorphose pour punition ? Allait-il être transformé en furet bondissant ? Mais il apparut dans l'air au-dessus du bureau un service à thé, complété avec des petits pains sur une petite assiette rouge et blanche avec des images d'un château dessus. La théière assortie avait de la vapeur émergeant du bec, et les tasses et les soucoupes avaient le même motif. Le service à thé atterrit doucement sur le bureau.


« Voudrais-tu être dorloté ? » demanda gentiment le vieux sorcier à Harry. Harry ne savait pas quoi penser. C'était très, très différent d'être amené dans ce bureau par Rusard. Bien sûr, Davy ne pouvait pas être un cracmol (puisque tous les cracmols avaient mystérieusement disparu), alors il n'avait pas cette amertume particulière le dévorant. Il remarqua maintenant que Davy semblait exceptionnellement vieux, probablement le plus vieux sorcier que Harry ait jamais vu. Le réseau des rides sur son visage était très compliqué, ressemblant à une écorce d'arbre fissurée.


Harry acquiesça et remplit avec soin deux tasses de thé, et en passa une à Davy. Ils prirent chacun de la crème et du sucre, et Davy plaça un petit pain sur une assiette pour Harry, mais n'en prit pas lui-même. Ils ne parlèrent pas, mais burent leur thé en silence, et Harry mangea son petit pain avec appétit. Le sandwich et la bièraubeurre dans le bureau de Charlie semblaient remonter à très longtemps. Quelle heure était-il ? Il devait vraiment se procurer une montre…


Puis, provenant apparemment de nulle part, un parchemin apparut sur le bureau de Davy. Cela ressemblait à une sorte de formulaire que Davy remplissait maintenant avec une plume auto-encreuse, sa langue entre ses dents comme il écrivait, chuchotant les choses qu'il écrivait dans sa barbe.


« Nom : Harry Potter. Année : Sixième. Maison : Serpentard. Faute : En dehors de la maison après le couvre-feu… »


Harry mâchait lentement, regardant le calme et méthodique concierge remplir le formulaire de retenue. Comment pouvait-il mettre en sorte une espèce de diversion ? Comment pouvait-il avoir accès à ces dossiers ? Il pouvait voir que l'un des classeurs était étiqueté Élèves Actuels, et l'autre étiqueté Anciens Élèves. Il devait aller chercher dans les registres des anciens élèves. C'est là où la carte serait, si elle devait jamais y être. Mais comment faire…


Soudain, comme une réponse à ses prières, une forte explosion retentit dans le couloir. La tête de Davy jaillit, et Harry se fit petit dans sa chaise. L'expression alerte qui était apparue sur le visage de Davy et dans ses yeux bleus acier était si abrupte qu'il avait l'air possédé. Il sortit sa baguette et se leva résolument.


« Excusez-moi, Potter. L'appel du devoir. »


Harry acquiesça, le regardant avec étonnement. Il se demanda quel métier il faisait quand il était plus jeune. Peut-être qu'il avait été Auror. Peut-être que c'était comme cela qu'il s'était débrouillé pour tomber sur Harry dans le couloir à l'étage sans que Harry ne l'ait remarqué.


A la seconde où il avait quitté le bureau, Harry était debout. Il jeta un œil par le cadre de la porte, voyant Davy descendre à grand pas le couloir dans la direction d'où ils étaient venus, puis tourner au coin. Harry fila jusqu'aux dossiers des anciens élèves et ouvrit le tiroir du dessus. Il trouva rapidement le dossier étiqueté Black, Sirius et marmonna « Zut » dans un souffle quand il vit à quel point il était épais. Il parcourt rapidement le dossier de Sirius. Pas de parchemin vierge. Il ferma le tiroir et ouvrit le suivant, qui commençait à Inverness, Gavin. Au milieu de celui-ci, il trouva le dossier de Lupin, Remus, qui avait seulement la moitié de la taille de celui de Sirius. Toujours pas de parchemin. Il alla au dernier dossier du tiroir. Il finissait à O'Neal, Blanche, alors il referma ce tiroir et ouvrit le suivant. Près du devant du troisième, il trouva Pettigrew, Peter, qui avait ironiquement un dossier plus petit que celui de Remus, remarqua-t-il. Pas de parchemin. Il parcourut quelques autres dossiers en P jusqu'à arriver à celui de Potter, James. Il était presque aussi grand que celui de Sirius. Harry devait regarder dans beaucoup de choses, et il espérait que Davy resterait à l'écart encore un peu de temps…


Quand il lui sembla avoir passé ce qui lui semblait être le cinquantième formulaire de retenue (comment son père avait pu devenir préfet en chef ?), il arriva finalement à un fragile parchemin plié. Le cœur de Harry battait douloureusement dans sa poitrine. Il le déplia. Il était vierge des deux côtés. Il essaya de ne pas sourire comme un fou, afin que Davy ne se demande pas ce qu'il allait faire quand il reviendrait. Il referma rapidement le tiroir et plia le parchemin, le mettant au fond de la poche de sa robe. Il se jeta à nouveau dans sa chaise juste au moment où Davy tournait le bouton de la porte et rentrait dans son bureau. Harry se tourna pour le regarder, ses sourcils levés d'un air interrogatif.


« Qui que cela fut, il a été trop rapide pour le vieux Davy. En tous cas… » Il repassa derrière son bureau et prit le formulaire de retenue, le tenant très près de son visage, faisant encore penser à Harry qu'il avait besoin de lunettes. « Je pense », dit-il encore de cette voix laconique « que nous appellerons simplement cela une nuit, Potter. » Et avec cela, il déchira soigneusement le parchemin en deux, et lança les morceaux en l'air, qui disparurent promptement. Il n'en resta pas un bout, pas une particule.

Harry déglutit. « Oh. Bien, d'accord. Si vous êtes sûr. »


Davy lui fit un signe de la tête. « Laissez-moi vous raccompagner jusqu'à votre maison afin que vous ne rencontriez pas celui qui a commis ce méfait, quel qu'il soit. De toute évidence, il y a quelqu'un dehors cette nuit qui fait bien plus de problèmes que vous, et c'est mon boulot de l'attraper. »


Harry acquiesça et suivit le concierge en dehors de son bureau. Comme ils parcouraient la longue distance jusqu'à la maison Serpentard, Davy engagea la conversation avec lui, lui posant lentement des questions aux mots très choisis sur l'endroit où il vivait en été, quels cours il préférait, qui étaient ses amis. Quand ils atteignirent l'entrée de la salle commune des Serpentards, Harry réalisa soudain qu'il avait dit à cet homme sans prétentions beaucoup de choses qu'il n'aurait probablement même pas dites à Jamie ou Draco, bien que tout du long, il n'ait pas eu l'impression de se faire arracher les informations. Il est fort, pensa Harry. Il est très fort.


Après que Harry ait donné le mot de passe (« Racine de sang »), Davy lui fit un signe de la tête. « Maintenant, reviens dans mon bureau une autre fois que tu n'as pas brisé les règles et nous pourrons à nouveau prendre le thé, d'accord ? Je ferai des petits pains au lait et de la crème battue. »


Harry lui adressa un sourire réservé. « Je le ferai. »


Le concierge quitta Harry et entra dans la pièce commune, refermant le mur derrière lui. Quand il atteignit le dortoir des sixième année, il s'y introduit avec soin, pour ne pas réveiller ses camarades de chambre. Mais l'un d'eux ne dormait pas du tout.


« Harry ! Où étais-tu ? » Draco était assis dans son lit, les genoux ramassés contre son torse. Harry lui fit signe de se taire et de le suivre dans la salle commune afin de pouvoir parler.


« Quelle heure est-il ? » demanda-t-il d'abord à Draco.


« Une heure trente. »


« Vraiment ? Waouw. Je n'avais pas idée. Pas étonnant que Davy m'ait pris à son bureau. Mais regarde ce que j'y ai trouvé… »


Il sortit le parchemin et le déplia. Il le plaça sur la table, tenant les bords avec ses doigts. Draco fronça les sourcils.


« Comment sais-tu que c'est vraiment cela ? »


« Je ne sais pas. Mais c'était le seul parchemin vierge dans le vieux dossier de mon père, alors il n'y a qu'un moyen de savoir. » Il sortit sa baguette et l'agita au-dessus du parchemin. « Je jure solennellement que ce que je vais faire n'est pas bien. »


Soudain, sur la surface claire du parchemin, des lignes commencèrent à apparaître. Elles montaient, descendaient, allaient sur les côtés, couraient jusqu'aux bords et se croisaient en des permutations apparemment sans fin jusqu'à ce que le plan de tous les étages du château soit affiché, ainsi que les terrains jusqu'à la forêt interdite. Harry regarda Draco et sourit. Il semblait y avoir de petits points bougeant dans la château, mais Harry ne se soucia pas de les regarder. Ils étaient dedans pour la nuit. Quiconque d'autre se promenant était du ressort de Davy. Il passa encore sa baguette au-dessus, disant, « Méfait accompli. »


Il la plia et la remit dans sa poche, essayant de ne pas se moquer de la tête de Draco. « Harry ! Je n'avais pas réalisé… C'est une carte d'enfer ! Tu sais ce que nous pourrions faire avec une carte comme celle-la ? »


« Je sais ce que je vais faire. Je vais quitter l'école pour trouver les sorcières et sorciers nés de moldus dont je t'ai parlé. »


« Mais Harry… »


« Mais rien du tout. Ce n'est pas un jouet. Nous avons des choses importantes à faire. Et maintenant c'est tard. J'ai vraiment besoin de dormir. J'ai fait une sieste plus tôt, mais ce n'était vraiment pas assez… »


« Tu n'as jamais dit où tu étais. »


« J'étais… avec Ginny. C'est tout ce que tu as besoin de savoir. »


Les sourcils de Draco s'envolèrent. « Vraiment. Avec Ginny. Hmmm. Avons-nous résolu notre petit problème de virginité… ? »


« Notre ? La dernière fois où tu étais vierge, même en pensée, remonte à quand tu avais onze ans. Et ce ne sont pas tes affaires. »


« Oh. Je prends donc cela comme un non. »


« J'ai dit… »


« Oh, allez, tu bondirais sur les murs si tu venais de la sauter. J'aurais dû réaliser que ce n'était pas le cas. »


Harry soupira. Draco avait un esprit à sens unique. « En tous cas, nous devrions aller au lit. Et Draco… »


« Quoi ? »


Harry hésita. « Je suis désolé. Pour le match. Je ne peux pas croire à quel point j'ai été stupide et… »


Draco leva sa main. « Arrête. Je suis ton ami. Cela ira. Mais tu as une dette envers moi. J'ai passé tout l'après-midi et la soirée à te défendre contre chaque crétin de Serpentard. Pareil pour Jamie. Tes chers petits frères, d'un autre côté, suggéraient les maléfices variés que nous pourrions lancer sur ton lit, tes habits… Tu as probablement fait la bonne chose pour les éviter jusqu'à présent. Tu auras de la chance si tu ne te reçois pas un maléfice d'ici au milieu de la semaine prochaine. Ce sont des Serpentards dont nous parlons. Comme il est assez tard, tu comptes encore te lever tôt et aller courir. »


« Je suppose, étant donné que j'ai fait une sieste. »


« Bien. Peut-être que lorsqu'ils te verront au petit déjeuner, ils seront occupés. Mais bon, certains sont vraiment bons pour laisser les choses suppurer pendant un moment, alors surveille tes arrières, oh, pour les six prochains mois, Ok ? »


Harry essaya de ne pas rire. Six mois. Pas de problèmes. « Ok » dit-il, souriant à son ami, qui l'avait défendu tout l'après-midi et le soir, alors qu'il était probablement aussi en colère après Harry que tous les autres.


Ils retournèrent à leur dortoir, et Harry se déshabilla et grimpa dans son lit. Quand il s'endormit presque, il appela dans la pièce. « Draco ? »


« Mmm? »


« Merci. Et je suis vraiment désolé. »


« Je t'en prie. Je sais que tu l'es. Mais Harry ? »


« Quoi ? »


« La prochaine fois que tu touches le vif avant moi, je te tues. Saisi ? »


Harry sourit dans le noir.


« Saisi. »


* * * * *