ryan : comment peux tu adorer la suite si tu ne l'as pas lu ?
Lunenoire : oui, oups !
Philippe griffondor : elle a pris mal la pauvre Ginny
LeDjiNn : hé oui...


MacGonagall lui donna ce regard en vrille dont il se souvenait si bien. Heureusement, il n'avait pas eu à le voir dirigé vers lui depuis son combat avec les jumeaux lors du premier jour. Il déglutit. Qu'avait dit Pomfresh à la directrice ? se demanda-t-il.


« Bien, Potter ? Qu'avez-vous à dire au sujet de la condition de Mrs Weasley ? »


Harry se sentit commencer à transpirer. Calme-toi, pensa-t-il. Devenir si nerveux qu'elle peut le voir ne va pas aider. « Je l'ai trouvée » dit-il d'une voix étranglée. « au pied des escaliers du hall d'entrée. Je revenais juste du terrain de Quidditch, étant donné que je n'avais pas l'autorisation d'aller au village aujourd'hui… »


« Ah » dit-elle d'un air entendu, faisant un signe de la tête. « Le terrain de Quidditch. Je vois. C'était là où vous étiez. Cela a du sens. Et après ? »


Que voulait-elle dire par cela ? « Et après, quand je suis rentré, je l'ai juste vue, étendue… »


Elle regarda son visage, investigatrice. « Êtes-vous sûr Potter ? Pour quelqu'un qui l'a juste 'trouvée', vous avez l'air terriblement… coupable. N'y a-t-il rien que vous souhaitiez ajouter.


Il la regarda, les engrenages tournant dans sa tête. Finalement, il su ce qu'il pouvait dire pour expliquer ce regard indubitablement coupable qu'il arborait sur son visage. Il mit son visage dans ses mains.


« Je suis désolé, professeur. C'est tout de ma faute. Que Ginny soit dans cet état… »


Maintenant, elle croisait ses doigts ensemble, acquiesçant. « Continuez, Potter. » Il leva à nouveau son visage vers elle.


« Vous savez, ou peut-être pas que je… je suivais Ginny dans le château. »


Elle acquiesça, gravement. « J'étais consciente de cela. Continuez. »


« Et puis… vers la fin du dernier trimestre, j'ai décidé… bien, j'ai décidé que j'avais été stupide et pathétique, et qu'elle n'allait jamais m'accorder un instant, alors j'ai abandonné. Je me suis forcé à m'arrêter de penser à elle, et j'ai arrêté de la suivre. Je ne l'ai pas suivie depuis le début de ce nouveau trimestre. Et elle et ma sœur sont devenues amies maintenant, alors… c'est juste un peu gênant de les voir ensemble. Et maintenant que cela est arrivé, je ne peux pas m'empêcher de penser que si je n'avais pas été si défaitiste, si je n'avais pas abandonné… alors j'aurais été là, j'aurais pu empêcher cela de lui arriver, ou l'amener plus tôt à l'aile de l'hôpital. Qui sait combien de temps elle est restée là ? »


Le professeur MacGonagall acquiesça, son visage maintenant détendu et compatissant, et Harry sut qu'elle avait cru l'histoire qu'il venait de lui raconter. Il se sentait vraiment responsable, bien sûr, alors il n'avait plus à se soucier que son visage trahisse ses sentiments. Et elle trouvait apparemment sont raisonnement plausible.


« Potter, votre travail à l'école est d'être élève, pas garde du corps de Miss Weasley. Vous ne pouvez pas vous tenir pour responsable de cela. » Harry essaya de faiblement lui sourire. Il n'avait pas eu beaucoup de contact avec le professeur MacGonagall depuis le premier septembre, et il était gratifié de voir qu'elle parlait à un élève de Serpentard dans son bureau sans aucun préjugé contre lui. Il remarqua qu'elle avait l'air très troublée.


« Madame Pomfresh a dit quelque chose qui me laisse perplexe. » dit-elle. « Les blessures de Miss Weasley ne correspondent pas du tout à une chute dans les escaliers… même à une longue chute dans les escaliers en marbre. Pomfresh a fait son apprentissage à Édimbourg, vous savez, et elle a dut travailler sur des sorciers et des sorcières qui n'étaient pas habitués à la ville moldue, et inconscients de la vitesse à laquelle peuvent aller les automobiles moldues. Elle a dit qu'elle avait vu de nombreuses fois le même type de blessure qu'a Miss Weasley lorsqu'elle était à Édimbourg. Elle sont signe d'une personne se faisant renverser par une voiture moldue. Elle a aussi dit qu'en fait, vous l'avez trouvé très rapidement. Elle estime que Miss Weasley n'avait pas dû rester là plus de quelques minutes lorsque vous l'avez trouvée. Naturellement, elle ne peut pas vraiment avoir été renversée par une automobile, comme le village moldu le plus proche d'ici est à plusieurs heures, même en balai. La question est : qu'est-ce qui à Poudlard pourrait causer à quelqu'un de telles blessures ? »


Harry déglutit et essaya d'avoir l'air confus. Ce n'était pas trop dur. « Une autre chose qui me laisse perplexe » continua le professeur MacGonagall « est qu'il y avait de nombreuses choses étranges collées aux vêtements de Miss Weasley. J'ai reconnu un mégot de cigarette, un bout de chewing gum, et un bout de papier brillant avec un nom de bonbon moldu dessus. Il y avait aussi beaucoup de saletés sur le dos de ses habits, de celle que l'on trouve sur une route en macadam. C'est presque comme si elle avait été renversée par une automobile dans une rue moldue, puis magiquement transportée ici quelques secondes plus tard. Le problème avec cela, c'est bien sûr que … »


« … l'on ne peut pas transplaner sur le domaine de Poudlard » dit mécaniquement Harry. Des années de conditionnement par la Hermione de l'autre vie remontaient soudain en lui, et quand il releva les yeux, il vit une MacGonagall surprise. Il bégaya un peu. « Dé- Désolé de vous avoir coupé, professeur. »


Elle le regarda avec appréciation. « Avez-vous lu l'Histoire de Poudlard, Potter ? »


Il déglutit. « Juste un peu, madame. » mentit-il.


Elle rayonnait d'approbation. « Heureuse de l'entendre. Très bonne lecture, je dirais. En général, je dirais que vos performances cette année ont été un plaisir à voir. Je n'ai rien eu sinon des rapports brillants de votre travail de la part de tous vos professeurs. C'est dommage que vous ne soyez pas préfet… » sa voix s'évanouit. Harry se demanda si elle était au courant pour la lettre des BUSEs échangée, et la raison pour laquelle il n'était pas préfet. Elle le regarda à travers la fente de ses yeux. « J'ai compris que vous alliez au terrain de Quidditch la plupart des matins. Avez-vous, par hasard, reçu une formation supplémentaire ? »


Harry fronça les sourcils. « Non. J'ai juste… Je suis juste allé courir le matin. Autour du terrain. Et fait quelques autres exercices. Juste pour garder la forme. Rien de spécial. Plutôt ennuyant, vraiment. » que suspectait-elle ? Son visage se réorganisa en un masque amical mais vide.


« En tous cas, c'est une bonne chose que vous soyez passé dans le hall d'entrée à ce moment-là. Miss Weasley a beaucoup de chance, selon Madame Pomfresh. Elle a pris grand soin d'elle. Elle devrait rester inconsciente pendant plusieurs jours, peut-être davantage. Madame Pomfresh va la surveiller toute la journée, et les professeurs prendront la relève la nuit. Nous demanderons aussi à ses proches amis de l'aider durant la journée, afin de permettre à Pompom de faire de petites pauses. Miss Weasley a été gravement blessée, et restera probablement à l'hôpital pendant quelques temps. »


Harry se sentit dévasté, et il savait que cela se voyait probablement sur son visage. « Je… Je suis content de l'avoir trouvée quand je l'ai fait. » chuchota-t-il. « Puis-je… puis-je aller la voir ? »


Elle lui sourit avec indulgence. « Oui Harry, tu peux. » Il savait qu'elle s'était radoucie envers lui parce qu'elle utilisait son prénom.


Elle ne dut pas le lui dire deux fois. Quand il quitta le bureau de la directrice, il courut aussi vite que possible à l'aile de l'hôpital. Avant d'être allé au bureau de MacGonagall, il était allé jusqu'à la volière pour envoyer un message à Hermione confirmant que lui et Ginny étaient arrivés à Poudlard. Il ne savait pas encore si elle avait dit à Maggie que c'était une sorcière. Il se sentait encore coupable d'avoir laissé cela à Hermione alors qu'elle venait juste de le découvrir elle-même, mais il ne pouvait rien y faire avec Ginny blessée…


Il atteignit rapidement l'infirmerie et cogna dans la porte. Madame Pomfresh eut d'abord l'air énervée, puis elle se relaxa quand elle vit que c'était lui. Elle lui fit signe d'avancer et il se tint là, incertain, regardant le visage pâle de Ginny, puis celui ridé et soucieux de Madame Pomfresh.


« Comment va-t-elle ? » demanda-t-il. Elle secoua sa tête.


« Stable. Mais je suis inquiète. La blessure à la tête ne va pas lui permettre de se réveiller pendant quelques temps. Et je veux continuer à la surveiller pour les hémorragies internes. »


« Puis-je… Puis-je rester à son chevet ? »


Elle lui sourit avec indulgence. « Bien sûr. Mais laisse-moi t'enseigner quelque chose avant. » dit-elle, et elle commença à lui montrer le sort qu'elle avait utilisé plus tôt et qui lui avait indiqué que Ginny avait un problème d'hémorragie interne. Quand Harry fit le charme, sa baguette brilla d'une pâle lueur bleutée, comme l'avait faite celle de Madame Pomfresh la dernière fois qu'il l'avait vu faire. « Si cela vire au pourpre, ou pire, au rouge, tu viens me chercher. Compris ? Tu n'as pas besoin de le faire constamment. Tous les quarts d'heure devrait suffire. Combien de temps voudras-tu rester ? »


Il regarda Ginny, la gorge serrée. « Aussi longtemps que vous me laisserez. » Elle acquiesça. Probablement que tout le monde savait qu'il avait l'habitude de la suivre, pensa Harry. Cette sorte de chose serait connaissance commune.


Il regarda l'horloge sur le mur afin de savoir quand il devrait à nouveau la vérifier. Ginny avait aussi une paire de côtes cassées, mais elles guérissaient déjà bien « Je ne peux simplement pas comprendre les choses sur ses habits… »


Harry ne la regarda pas. Il s'assit dans une chaise tirée au chevet de Ginny, et prit sa main gauche dans la sienne. Elle ne se réveillerait probablement pas de si tôt, mais il voulait être à son côté quand elle le ferait. Il ne pouvait pas croire à quel point il avait été stupide de la mettre face à Maggie…


Toutes les quinze minutes, il la surveillait avec sa baguette. Il poussa un soupir de soulagement à chaque fois qu'elle s'éclairait en bleu pâle. Harry entendit Madame Pomfresh tourner dans la pharmacie. Il ne se retourna pas quand la porte de l'infirmerie s'ouvrit, mais au moment où il entendit la voix familière, il se redressa et enleva à la hâte sa main de celle de Ginny.


« Potter ! Que se passe-t-il ? Qu'est-il arrivé à ma sœur ? » Ron arriva à grandes enjambées, devant Charlie et ils furent tous deux à son chevet en un rien de temps. « Le professeur Black est venu au village en volant pour nous trouver. Éloigne-toi d'elle ! Je pensais que tu la laissais tranquille, et à la première occasion où tu peux être avec elle quand elle est inconsciente et ne peut pas te dire de te casser, tu es assis là à lui toucher la main ! »


« Ron ! » dit abruptement Charlie. C'était une bonne chose, pensa Harry, que Charlie n'ait pas à enseigner à son frère.


Harry déglutit, incapable de répondre. Madame Pomfresh déboula dans la pièce. « Weasley ! » dit-elle en s'adressant à Ron. « Je vous remercierai de parler à voix basse dans mon infirmerie ! Potter est responsable d'avoir amené votre sœur ici avant qu'elle ne puisse mourir d'une hémorragie interne ! Si quelqu'un a le droit de s'asseoir ici et de lui tenir la main, je dirais que c'est lui ! » Harry était choqué. Il n'avait jamais entendu Madame Pomfresh dire une telle chose avant. Ron eut l'air légèrement abasourdi de se faire parler ainsi, mais pas assez pour qu'il batte en retraite.


« Je ne veux pas de ce Serpentard près de ma sœur » grogna-t-il, regardant Ginny.


« Avez-vous complètement ignoré tout ce que j'ai dit ? Potter lui a sauvé la vie ! Maintenant, vous devez vous rendre auprès de la directrice. Vous aussi professeur Weasley. Elle attend que vous soyez présents avant d'appeler vos parents. Le professeur MacGonagall vous dira tout ce que vous avez besoin de savoir. Pendant ce temps, si Potter veut rester, il a ma permission. Étant donné que je suis responsable de cette infirmerie, c'est tout ce qui compte ! »


Elle regarda Ron, le défiant de mettre en cause son autorité, et il se retira immédiatement, mais il donna à Harry un regard noir avant de partir, la main de Charlie sur son épaule. Charlie regarda Harry, de la sympathie dans son regard. Désolé pour cela, fit-il du bout des lèvres à Harry, qui lui répondit d'un signe de la tête, ses lèvres tirées en une ligne. Quand ils eurent fermé la porte, Madame Pomfresh se tourna gentiment vers Harry et dit doucement « Comment va-t-elle ? »


Il regarda le visage dénué d'expression de Ginny. « Pareil. » Madame Pomfresh acquiesça.


« C'est bien. Peux-tu rester un peu plus longtemps ? »


« Bien sûr. »


Il s'assit et reprit la main de Ginny. Quand Pomfresh fut partie, il l'amena à ses lèvres. « Je suis ici, Ginny » lui chuchota-t-il. « Je ne vais nulle part. »


Il l'avait seulement surveillée une fois de plus avec sa baguette lorsque Ron et Charlie revinrent. Harry entendit la porte s'ouvrir et se fermer, mais il ne se retourna pas, ni ne prit la peine d'enlever la main de Ginny de la sienne. Il entendit Ron marcher vers son lit, puis le regarda quand il s'arrêta et se tint de l'autre côté, prenant l'autre main de Ginny. Charlie suivait, mais cette fois, il vint se tenir près de Harry, mettant sa main sur l'épaule de Harry et disant doucement « Merci Harry. »


Harry regarda son ami et professeur, et acquiesça. Il savait ce qu'il voulait dire. Puis reposa son regard sur Ginny, sentant la pression réconfortante de la main sur son épaule. Il savait que Charlie n'était pas plus heureux que cela que Harry ait suivi Ginny, et même il semblait à Harry qu'il avait à l'origine lié une amitié avec lui pour essayer de garder un œil sur le poursuiveur de sa sœur. Mais cette amitié avait grandi et avait sa propre existence, et pas une fois Charlie n'avait demandé à Harry d'arrêter de suivre Ginny.


Ignorant les deux autres, Ron dit à sa sœur. « Maman et papa seront bientôt là, Ginny. » Sa voix tremblait un peu. « Bien, maman, en tous cas. Papa allait transplaner au village, mais une autre urgence est apparue au travail. » Il s'assit sur le bord du lit, sa voix douce, regardant son visage comme si elle pouvait vraiment l'entendre et le comprendre. « Il essaye de voir si quelqu'un a fait un portauloin illégal. Une femme à Londres a été renversée par une voiture et a disparu dans les airs. Et une sorcière née de moldus était là aussi. Il est possible qu'ils aient besoin de la brigade de réparation des accidents magiques là-bas, si c'est elle qui l'a fait. C'est la pagaille. Il y a environ une douzaine de moldus dont la mémoire doit être altérée. Sans parler de la sorcière née de moldus. » Harry grogna intérieurement. Il avait espéré couvrir ses traces mieux que cela, mais bien sûr, Maggie et Hermione n'étaient pas les seules qui avaient remarqué que Ginny s'était volatilisée. D'autres gens s'étaient agité autour après qu'elle ait été renversée. Et s'ils avaient modifié la mémoire de Hermione et qu'elle avait oublié qu'elle était une sorcière ? Elle se demanderait pourquoi elle avait une chouette, pour commencer, sans parler des livres de magie. Bonjour l'angoisse pensa Harry. Quel bazar…


« Potter » dit soudain Ron. Harry le regarda. Il ne l'avait pas réprimandé pour avoir pris la main de Ginny cette fois. Peut-être était-ce parce que Charlie se tenait à côté de lui. Harry ne parla pas. La voix de Ron tremblait, et il semblait le faire à contrecœur. « Merci. Pour avoir été là. MacGonagall m'a dit ce que tu avais dit. » Il regarda sa sœur. « Je n'aurais jamais cru que je dirais cela, mais j'aurais aussi presque souhaité que tu la poursuives encore. Cela ne m'était jamais venu à l'esprit que tu pouvais lui apporter une sorte de protection… »


Harry grimaça. « Mais tu souhaiterais que je ne sois pas un Serpentard. »


« Bien, évidemment » dit Ron sans hésitation. Harry referma sa bouche et respira par son nez, essayant de contrôler sa colère.


« C'est tout ce que tu vois quand tu me regardes : un Serpentard. Tu pourrais être intéressé de savoir que je suis aussi un être humain. Si j'avais trouvé n'importe qui dans le même état que Ginny, je l'aurais amené ici et je serais encore à son chevet. »


Charlie tapa encore sur son épaule. « Bien sûr que tu l'aurais fait, Harry. Je sais quelle sorte de personne tu es. » Il regarda intentionnellement son petit frère, les sourcils levés.

Ron regarda Charlie, embarrassé, puis Harry, et il marmonna « Désolé. » Puis il recommença à regarder Ginny. Harry était déchiré entre vouloir gronder Ron à cause de ses préjugés envers les maisons, et vouloir à nouveau être ami avec lui. Cela aurait été bien si lui, Ron et Draco avaient pu être ensemble… et Jamie et Ginny aussi. Il se souvint du Ron de son autre vie. Le Ron qui pensait que quiconque était à Serpentard était mauvais, le Ron qui réagissait négativement à la nouvelle que Hagrid était un demi géant, et qui était très, très alarmé par Harry étant Fourchelang, et qui ne voulait pas souscrire à la théorie d'Hermione selon laquelle la libération des elfes de maison était une bonne chose. Ron n'était pas vraiment différent dans cette vie, pensa Harry. Il ne nous a juste pas eu, Hermione et moi, pour avoir une bonne influence sur lui…


« Par exemple » lui dit Harry, « je ne pense pas que ce soit bien que Poudlard ne prenne plus d'élèves nés de moldus. Tu penses que c'est bien ? »


Ron haussa les épaules. « C'est la loi. »


« Mais est-ce une loi juste ? Penses-tu que c'est bien pour les sorciers et les sorcières nés de moldus de ne pas savoir qui ils sont ? Ce qu'ils sont ? D'avoir leur mémoire altérée tout le temps quand ils font se produire quelque chose ? N'y aurait-il pas moins de cas de magie accidentelle si tous les gens magiques savaient qu'ils sont magiques ? »


Ron lui fronça les sourcils. « Depuis quand les Serpentards se soucient des nés de moldus ? »


« Ron… » l'avertit encore son frère.


Harry se hérissa. « Ce Serpentard a une mère née de moldus. »


Ron ouvrit de grands yeux. « Oh, vrai. Evans. Quel truc tordu c'était ! Je veux dire… bien, regarde la, et regarde-toi… »


« Oh, merci beaucoup pour cela » dit Harry d'une voix traînante. Il donna un coup de coude à Charlie, qui avait commencé à rire, puis qui l'étouffa.


« Tu sais ce que je veux dire. »


« Bien, les gens disent toujours que j'ai les yeux de ma mère, mais autrement, je ressemble à mon père. »


Ron eut l'air confus. « Tu ne ressembles pas du tout à Rogue. »


« C'est mon beau-père, idiot. Mon père était James Potter. »


« Il était en septième année quand j'étais en première. » dit Charlie à Ron. « Capitaine de l'équipe de Quidditch de Griffondor. Poursuiveur. Comme toi. » ajouta-t-il à dessein. Ron se tortilla un peu.


« Oh, exact. Rogue s'est marié à Evans… c'est aussi un truc tordu. » Ron secoua sa tête d'étonnement. « Rogue est un veinard de fils de… »


« Attention. » avertit Harry en un grognement sourd. Il essaya de ne pas remarquer le sourire malicieux de Charlie. Ron s'excusa encore, pas vraiment sincèrement.


« Maintenant, ta sœur… je peux maintenant voir que c'est la fille de ta mère. »


« Oui. Tous ce qu'elle a de notre père, c'est sa couleur de cheveux, combinée avec un peu de celle de maman. » Il ne pouvait s'empêcher de tordre sa bouche en un sourire comme il regardait Ron. « Tu penses que ma sœur est jolie, n'est-ce pas ? »


Ron ouvrit sa bouche pour parler, puis la referma, faisant éclater de rire son frère. Quand il parla, il ne répondit pas à la question de Harry. « Pourquoi est-ce que je pense que si je dis 'oui', tu verras cela comme une excuse pour sortir ta baguette, et si je dis 'non', tu feras la même chose ? »


« Allons les garçons, » dit Charlie, bien qu'il sourie. « pas de duel dans l'infirmerie… »


Harry rit. « Paranoïaque, non ? »


Ron rit aussi. « Bien, je ferais la même chose. Si un gars regarde Ginny, je le remarque. Et si quelqu'un l'insultait, il devrait en répondre devant moi. »


« Et moi » dit Charlie, l'air vexé.


Harry se tut, regardant encore le visage de Ginny. « Pourquoi est-ce que quelqu'un l'insulterait ? » demanda-t-il doucement.


Ron et Charlie n'avaient aucune réponse pour lui. Ils se turent tous pendant quelques minutes, assis pour lui tenir compagnie, et Harry se sentit inexplicablement heureux, considérant que Ginny était encore en grave danger. Être simplement capable de s'asseoir calmement dans la même pièce que Ron Weasley était un grand pas. Quand la porte de l'infirmerie se rouvrit, tous les trois se retournèrent. C'était Mr et Mrs Weasley.


« Comment va-t-elle ? » voulut savoir Mrs Weasley, courant dans la pièce pour se mettre au chevet de sa fille. Harry et Charlie se reculèrent pour lui faire de la place. Mrs Weasley ne les remarqua pas. Pour elle, rien d'autre que sa fille n'existait au monde.


« Désolé d'avoir pris tant de temps les garçons, » dit Arthur Weasley à ses fils, « mais au moment où je suis arrivé au bureau et où ils m'ont parlé de la crise, j'ai dit à votre mère de m'attendre afin que nous puissions venir ensemble. Bill, Percy et les jumeaux arriveront plus tard. »


« Pourquoi as-tu fait attendre maman ? » Ron avait l'air intrigué.


Son père soupira. « Parce qu'il semble y avoir un lien avec la situation à Londres. » dit calmement Arthur Weasley.


« Un lien ? » s'exclama Ron, incrédule. Mr. Weasley regarda Harry.


« Êtes-vous Potter ? »


« Oui, sir. »


« Le professeur MacGonagall nous a dit ce que vous avez fait. » Il lui tendit la main, et Harry la prit. « Merci. » lui dit sincèrement le père de Ginny. D'une manière ou d'une autre, dans cette vie, Arthur Weasley avait une autorité plus grande que dans l'autre vie de Harry, où cette autorité basculait souvent dans l'absurdité (Harry pensa encore à la collection de prises). Peut-être qu'avec deux départements à gérer au ministère, ce Mr Weasley avait très peu de temps pour ses loisirs ou ses absurdités. Harry avait en fait plutôt aimé ce côté de Mr Weasley : il lui rappelait Dumbledore.


« Je suis content d'avoir été là, sir. » Maintenant, Mrs Weasley le tira à elle pour une accolade et lui donna un bisous sur la joue.


« Nous aussi, nous aussi. » dit-elle en s'écartant de lui, ses yeux brillants. Elle était comme Harry s'en souvenait, sentant la poudre de cheminette et le pain sorti du four.


« Est-ce que cela vous dérangerait ? » dit doucement Mr Weasley à Harry. « Nous avons besoin de parler d'affaires de famille privées. » Harry secoua la tête et alla vers la porte.


« Pourrez-vous dire à Madame Pomfresh que je reviendrai ? » Ron lui fit un signe de la tête. Harry lui donna un petit sourire. Peut-être que lui et Ron pourraient être amis dans cette vie.


Quand il revint dans le couloir, Harry baissa les yeux, réalisant qu'il portait encore le manteau qu'il avait créé en métamorphosant sa robe d'école, et la cape d'invisibilité était encore dans sa poche. Avant de fermer complètement la porte de l'infirmerie, il bondit dans le couloir, enfila la cape, puis revint, refermant la porte doucement et en silence. Harry pensait que c'était possible que Mr Weasley veuille parler d'une affaire de famille, mais il avait le sentiment qu'il allait en fait parler de la 'crise' à Londres.


« Est-ce que l'un de vous sait où était Ginny aujourd'hui ? » demanda-t-il à ses fils, prenant plutôt le ton d'un officier de police. « Est-elle allé à Pré-au-Lard avec vous ? »


Ron secoua sa tête. « Non. Nous le lui avons demandé, mais elle a dit qu'elle avait beaucoup de devoirs à faire. J'ai pensé que c'était étrange, étant donné que la plupart des professeurs sont indulgents avec nous avant les week-end à Pré-au-Lard, mais je n'ai pas insisté. »


Charlie avait l'air mal à l'aise, comme s'il souhaitait s'être disputé avec elle. « Pas plus que moi. »


« Alors, de ce que vous savez, elle était ici dans le château ? »


Ron haussa les épaules. « Où donc ailleurs ? »


« Pourquoi pas dans une rue de Londres, renversée par une voiture ? »


« Quoi ? » dirent ses frères à l'unisson.


Mr Weasley regarda sa fille avec tristesse. « Un fille dont la description correspond à celle de Ginny a été renversée par une voiture à Fulham. Puis elle s'est évanouie dans les airs. Il y avait des moldus tout autour qui l'ont vu là une seconde, allongée sur la rue, puis la seconde d'après, elle était juste… partie. D'abord, nous avons pensé à un portauloin illégal, mais maintenant… »


« Quoi ? » demanda Charlie, mettant son bras autour de l'épaule de sa mère.


« Bien, nous avons fait quelques recherches et découvert que l'accident s'était produit devant la maison d'une sorcière née de moldus. Quand nos équipes ont lancé les tests sur le lieu de l'accident, il n'y avait pas de signature de portauloin. Une fois que nous avons découvert que la sorcière vivait là, nous avons fait quelques tests dans son appartement. Personne n'était là. Il n'y avait aucun signe de magie là, accidentelle ou autre. » Harry eut un soupir mental de soulagement. Grâce à dieu, il n'avait pas permis à Hermione d'acheter une baguette. « Toutefois, juste à l'intérieur de l'entrée du bâtiment de la sorcière, il y avait une signature magique. Un sort fait avec une baguette. Un sort très obscur. De la magie noire. Je ne peux pas vous donner son nom : il est classé.


De la magie noire ! pensa Harry. Bien sûr de la magie noire ! répondit son cerveau. Tu aurais dû savoir. Quelque chose d'aussi puissant que cela ! C'était à cause de Voldemort qu'il connaissait le sort de Tempus Fugit après tout. Il aurait dû savoir que c'était de la magie noire. Sur le chemin du retour au château, il s'était demandé pourquoi Dumbledore n'avait pas suggéré que lui et Hermione l'utilisent pour sauver Sirius et Buck, mais maintenant, il savait. Dumbledore ne défendrait jamais l'utilisation de la magie noire. Même quand il allait chercher dans les affaires d'Hermione, essayant de trouver du papier et un crayon pour le mot qu'il lui avait laissé, Harry avait pensé que c'était une bonne chose qu'il ait des intentions honorables. Quelqu'un dont les intentions n'étaient pas totalement honorables pouvait faire des choses vraiment néfastes en utilisant ce sort…


Et soudain, il sut. Il sut comment les filles Weasley avaient été kidnappées du terrain de jeu de Ottery St. Catchpole! Bien sûr. Cela cadrait complètement.


« Que fait ce sort ? » voulut savoir Ron.


Son père fronça les sourcils. « Quand une personne invoque ce sort sur elle, elle peut bouger si vite qu'il se déplace entre les fractions de secondes. Il a été occasionnellement utilisé par les mages noirs pour commettre d'horribles crimes, mais nous ne l'avons pas vu depuis des années… »


Harry réalisa soudain que Mr Weasley devait déjà savoir que ses filles avaient été enlevées en utilisant ce sort. Lui et une douzaine d'aurors avaient passé Ottery St. Catchpole au peigne fin. L'un d'eux devait avoir découvert la signature du sort de Tempus fugit près des balançoires où les filles avaient été vues pour la dernière fois. Harry déglutit. Il avait utilisé de la magie noire. C'était pour sauver Ginny, mais c'était tout de même de la magie noire…


« Pourquoi les mages noirs ne l'utilisent pas plus souvent ? » voulut savoir Ron.


« C'est très dangereux. On peut se retrouver rapidement dans un cercueil. A l'extérieur, il n'y a aucun indice, mais à l'intérieur du corps… Quand on utilise ce sort, les parties intérieures du corps de la personne vieillissent dix-mille fois plus vite que la normale. »


Dix-mille fois ! pensa Harry. Il n'était pas sûr du temps qu'il avait passé à ramener Ginny à Poudlard. Cela avait dû prendre entre deux et trois heures. Cela faisait… Il fit rapidement le calcul de tête, arrondissant les nombres… presque trois ans. Ses os et ses organes internes avaient vieilli de trois ans pour ramener Ginny. Certes, les sorciers vivent plus longtemps que les moldus, mais bon…


« Waouw » dit Ron. « Pourquoi est-ce que quelqu'un utiliserait un tel sort ? »


Son père haussa les épaules. « Je ne sais pas. Il est possible qu'on l'ait utilisé sans en connaître l'inconvénient. Et si le sort lui-même n'est pas illégal, il est habituellement utilisé pour masquer des activités illégales. Personne ne l'utilise pour le bien.


Harry se hérissa. Je l'ai utilisé pour sauver Ginny ! pensa-t-il. Mais il pouvait comprendre que Mr Weasley pense cela. C'était un sort qui n'attendait que d'être mal utilisé.


« Avez-vous une idée de qui a lancé le sort ? » voulut savoir Charlie.


Son père secoua la tête. « Aucune. Nous nous posons cependant des questions sur la sorcière moldue. Comme je disais, la signature était juste à l'entrée de son immeuble. Et quand nous avons vérifié son appartement, nous avons aussi découvert qu'elle avait une chouette. Ce qui pourrait ne rien vouloir dire. Après tout, il n'y avait pas de signatures magiques dans son appartement, et j'ai entendu que des moldus avaient des chouettes pour animaux de compagnie. Nous n'avons pas pu passer beaucoup de temps à faire le tour, et nous avons dû transplaner. La co-locataire de la sorcière rentrait chez elle.


Charlie eut l'air pensif. « As-tu trouvé la sorcière ? »


« Non, et c'est une autre pièce dérangeante du puzzle. De plus, quelques moldus qui étaient là ont dit qu'il y avait deux filles comme Ginny. Celle qui avait été renversée par la voiture était sur le sol, et l'autre était penchée au-dessus d'elle. La sorcière née de moldus se penchait aussi sur elle. Puis la fille qui a été renversée par la voiture a disparu. Et apparemment, la sorcière n'est pas retournée à son appartement. »


« Tu ne penses pas qu'elle a fait la magie noire ? » suggéra Ron.


Son père fronça les sourcils. « Improbable. »


Ron avait l'air très perplexe. « Alors tu dis que Ginny était à Londres aujourd'hui, qu'elle a été renversée par une voiture, et que quelqu'un qui a utilisé cette magie noire l'a ramenée à Poudlard et posée dans le hall d'entrée, où elle a été trouvée par Potter ? »


Son père avait l'air grave. « Cela ressemble certainement à cela. »


Ron faisait les cent pas. « Est-ce que MacGonagall le sait ? Elle expulsera Ginny dès qu'elle se réveillera. »


« Non, Ron. Je sais bien qu'il ne faut pas dire certaines choses à la directrice. » Il regarda son aîné avec un regard plein de sens, et Charlie leva les mains. Il n'allait rien dire non plus à son chef. « Je suis juste… inquiet pour Ginny. J'aimerais qu'elle puisse nous dire comment tout cela est arrivé. Mais on dirait qu'elle va rester inconsciente pendant quelques temps. Elle pourrait savoir qui a fait cela. Elle pourrait être allée à Londres de son propre chef, peut-être même en utilisant ce sort. »


« Ginny utilisant la magie noire ? » dit Charlie, incrédule.


Mr Weasley soupira. « Quand j'étais à l'école, je me souviens avoir trouvé toutes sortes de sorts intéressants dans des livres qui semblaient juste crier de les utiliser. Et parfois, je l'ai fait, avec mes amis. La plupart du temps, ils étaient sans danger. Mais parfois… parfois nous avions de la chance de survivre à la journée. » Il se tourna vers Charlie. « Toi et Bill avez eu votre part de cela. » Charlie baissa les yeux. Maintenant son père se tournait vers Ron. « Vous, les enfants, pensez que vous êtes immortels parce que vous êtes jeunes. Vous trouvez des sorts dans les livres et vous les essayez, sans savoir si c'est de la magie noire, sans connaître les inconvénients, le vieillissement interne. En fait, nous avons probablement de la chance que qui que ce soit qui fut avec elle ait eu la présence d'esprit de la ramener en utilisant ce sort. Cela a sauvé sa vie. »


Harry lâcha un soupir de soulagement. Finalement, Mr Weasley reconnaissait que l'on n'avait pas à être un mage noir pour utiliser ce sort. On pouvait simplement être un jeune sorcier ou une sorcière ignorant…


« Si seulement nous pouvions trouver cette sorcière née de moldus et la fille qui ressemble à Ginny… »


Ron fronça ses sourcils. « Est-ce que quelqu'un a pu les emmener aussi, en utilisant le même sort ? »


Son père haussa un sourcil. « Je n'y avais pas pensé. C'est possible. »


Harry alla à la porte aussi silencieusement que possible, l'ouvrant et la fermant sans que les Weasley ne le remarquent. Il courut vers les donjons sous la cape d'invisibilité, puis s'arrêta dans le couloir en dehors de la salle de classe de sa mère.


« Accio parchemin ! accio plume ! » cria-t-il. Il n'avait pas le temps de faire tout le trajet et de revenir de son dortoir. Quelques minutes plus tard, il vit les objets remonter le couloir à tout vitesse vers lui. Il les arrêta alors qu'ils étaient à quelques pieds de lui, puis enleva la cape et la remit dans sa poche. Il retransforma son blouson en robe de Poudlard, et se glissa dans la salle de classe de potions pour écrire une autre lettre à Hermione.


Chère Hermione,


J'espère que toi et Maggie allez bien. Si c'est possible, ne retourne pas à ton appartement ce soir. Tu pourras revenir pour faire tes paquets demain. Prends quelqu'un avec toi quand tu y vas. Peut-être Alec ? Je dis cela parce que le ministère est au courant pour l'accident de Ginny. C'est une longue histoire. Ils savent aussi que tu étais penchée au-dessus d'elle quand elle a disparu, et je pense qu'ils veulent te lancer un sort de mémoire. Ne laisse pas ceci arriver, ou tu pourrais oublier que tu es une sorcière.


As-tu parlé à Maggie ? Je l'espère, mais sinon, ce n'est pas grave. S'il-te-plaît, envoie moi une réponse dès que tu as reçu cela afin que je sache que Maggie et toi allez bien.


Harry


Il courut jusqu'à la volière et choisit une chouette de l'école au hasard. Après cela, il se traîna le long des nombreux escaliers jusqu'à la grande salle, et alla dans l'antichambre pour attendre Jamie et Draco. Ils étaient supposés les retrouver, lui et Ginny après leur retour de Pré-au-Lard. Il s'endormit en les attendant, puis se réveilla quand il entendit la porte s'ouvrir. Jamie s'engouffra dedans, son visage encore rouge de froid. Elle avait eu l'air de passer une bonne journée. Draco avait l'air bien trop réjoui au goût de Harry. Il leva son visage vers eux, incapable de montrer quoique ce soit d'autre qu'une expression de désespoir total.


« Oh ! » dit Jamie, se précipitant vers lui. Elle s'assit sur le sol à côté de lui, et il mit sa tête sur ses cuisses, souhaitant pouvoir pleurer, mais aucune larme ne montait. Les larmes sont pour quand quelqu'un d'autre t'a fait un tort, pensa-t-il. C'est tout de ma faute.


Sa sœur caressa ses cheveux en arrière de son front, tandis qu'il lui disait ce qui était arrivé. Draco s'assit à côté, les regardant. Quand Harry eut fini de tout décrire, il commença encore à se blâmer, mais elle le fit taire et caressa son dos, et il se calma une fois de plus. Il resta allongé, sa tête sur sa sœur, sentant son contact réconfortant, comme celui de sa mère, et il souffrit pour ce qu'il avait fait à Ginny.



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