Harry Potter et le temps des bonnes intentions
(ou : La dernière tentation de Harry Potter)
wargate : tu crois ?
Fanny Radcliffe : l'auteur, c'est Barb. Moi je ne peux revendiquer que la traduction.
mary cooper : hé oui, les griffondor ont un sacré tempérament
cedric_potter : la fiction est classée R !
Shinia Marina : ha oui, tu devrais avoir honte ! ;-) Et moi aussi j'adore Ginny et Harry dans cette fiction.
Lunenoire : très convaincants...
Et maintenant, la suite...
Chapitre neuf
L'héritier
Harry se sentait un peu comme un idiot. Sa petite amie était agenouillée sur le lit à côté de lui, à demi nue (elle portait encore une culotte), et il essayait de parler, mais tous les mots anglais l'avaient quitté.
« Je… Je… »
« Harry, » dit-elle dans un souffle, se penchant une fois de plus sur lui. Elle posa ses lèvres contre les siennes, puis parcourut sa mâchoire, puis le lobe de son oreille… Il caressa ses douces épaules nues, descendant ses mains le long de son dos. Elle se baissa au-dessus de lui pour embrasser son cou et il haleta à la sensation exquise de leurs poitrines se rencontrant, peau contre peau. Elle respirait chaudement sur sa gorge. Puis soudain, sans avertissement, elle cria et s'effondra sur lui.
« Ginny ! » cria-t-il, essayant de s'asseoir sans y réussir. Elle leva les yeux vers lui et repoussa ses cheveux de son visage. « Est-ce que ça va ? »
Elle acquiesça, mordant sa lèvre, mais une larme traversa sa joue, la trahissant.
« Menteuse. » lui dit-il doucement. « Tu agonises. Nous ne devrions pas faire cela. Aucun de nous n'est dans un état approprié. Je sais que c'est tentant comme nous allons passer la nuit dans la même pièce, mais nous sommes tous les deux ici pour une raison. Et ce n'est pas celle-là. »
A ses propres oreilles, il ressemblait ennuyeusement à un adulte. Ginny le regarda. « Cela valait le coup d'essayer » dit-elle doucement.
Il secoua la tête. « Non, cela ne valait pas le coup. Tu as encore besoin de te reposer et de retrouver tes forces. Et en tous cas… je n'avais pas réalisé que tu…, heu…, te sentais prête pour heu… une relation plus physique. Je pensais que tu voulais attendre d'être plus âgée. »
Elle s'assit à côté de lui, s'agenouillant à nouveau, lui faisant retenir son souffle à sa vue. « Quand ai-je jamais dit cela ? » Il réfléchit une minute, et réalisa qu'elle ne l'avait pas dit. Il avait pensé à la Ginny de son ancienne vie, repoussant Draco Malfoy. « Harry, » sa voix se radoucit, « Je ne te l'ai jamais dit… Je voulais te le dire dans mes lettres, cet été… »
« Quoi ? » Pour quelque raison, ils chuchotaient maintenant tous les deux.
« Bien,… cela ne m'a jamais dérangé que tu me suives. Je pensais que tu étais plutôt… »
« Quoi ? » dit-il encore, pas vraiment sûr de vouloir entendre la réponse.
« …mignon. » Elle le regarda timidement. « Mais je ne pouvais pas l'admettre devant Annika et Zoey. J'espérais que tu me proposerais de sortir, ou quelque chose de concret. Au lieu de cela, tu as simplement continué à me suivre, et puis j'ai perdu ce pari… J'étais vraiment terrifiée à l'idée de t'embrasser. J'avais, hum… fantasmé sur toi un peu, et cela me mettait un peu mal à l'aise… Et je devais prétendre à Annika et Zoey que je ne voulais pas le faire, et puis j'ai terriblement blessé tes sentiments… »
« Tu… tu as fantasmé sur moi ? Ton poursuiveur ? »
Elle baissa à nouveau ses lèvres vers celle de Harry. « Tu n'as pas idée à quel point… »
Il se cramponna à elle, toute idée de la renvoyer s'évaporant rapidement. Il passa ses mains sur son devant, la faisant rejeter sa tête en arrière et offrir sa gorge à ses lèvres. Le souffle de Ginny se fit plus rauque, Harry avait l'impression que son cœur allait s'enfuir hors de lui, ses battements remplissant ses oreilles comme il déplaçait ses mains…
« Aaah ! » cria-t-elle, mais pas de la bonne manière. Elle avait mal encore, reprenant une fois de plus la position à genoux, tenant son abdomen, la sueur apparaissant sur son visage. Il se maudit silencieusement pour s'être encore laissé prendre à elle, mais c'était si difficile de ne pas le faire…
« Ginny » dit-il, se réprouvant autant qu'elle. « Autant de, heu… plaisir que je puisse avoir ici, tu dois vraiment retourner. Tu vas devoir te reposer encore un peu plus. »
Elle fit un signe de la tête montrant son accord cette fois, une expression de colère et de frustration sur le visage comme elle essuyait quelques larmes qui s'étaient échappées de ses yeux quand elle s'était encore fait mal.
« Nous pourrons nous parler, » dit-il d'une voix apaisante. « A travers l'infirmerie. Jamie et moi avions l'habitude de faire cela quand nous étions petits. Elle venait dans ma chambre quand elle avait des cauchemars. Et quand j'ai commencé à Poudlard, Draco et moi parlions beaucoup la nuit. Nott et Zabini dorment comme des morts, ils s'en moquent. L'année dernière, nous avons arrêté de faire cela… » Harry fit une pause, essayant de souvenir pourquoi lui et son meilleur ami n'avaient plus ces discussions nocturnes. Oh, exact, Draco était souvent dehors en train de sauter des filles… Harry retira cette pensée de son esprit, avant qu'il ne trouve trop difficile de repousser Ginny vers son propre lit. « Je n'ai fait cela avec personne depuis un bout de temps. » dit-il. « C'est bien. Juste parler de tout et de rien, allongé dans le noir… »
« Je… Je n'ai jamais fait cela. Jusqu'à ce que je vienne à Poudlard, je n'avais jamais partagé de chambre avec personne. Six frères, tu sais. Et Annika et Zoey ne font pas cela. Quand elle veulent dormir, elles dorment. Peut-être que si j'avais eu une sœur… Oh, Harry ! Tu penses que Maggie va nous rendre visite à la maison ? Pendant les vacances ? Elle pourrait rester dans ma chambre, avec moi, et nous pourrions parler toute la nuit, et apprendre à nous connaître. »
« C'est possible. Mais souviens-toi. Elle est adulte, et mariée. Elle pourrait vouloir rester dans une chambre avec son mari. »
Son visage s'assombrit encore. « Oh, Exact. » Sa voix devint très douce. « Je suppose que nous parlerons juste à d'autres moments. »
Elle soupira et se leva avec précaution pour remettre sa tunique. Harry la vit tressaillir comme elle faisait cela. Il se força à ne rien dire comme il se rhabillait, espérant sincèrement que ce ne serait pas la dernière fois qu'il la verrait comme cela. Quand elle fut habillée, elle se pencha sur lui et lui donna un long baiser. Il enfouit ses doigts dans ses cheveux, puis utilisa cette prise pour rompre le baiser et éloigner sa bouche de la sienne. Ils avaient pris une décision, ils devaient s'y conformer, pour leur bien à eux deux.
Après qu'elle soit retournée au lit, il l'appela comme il l'avait fait avant, et elle répondit. Il lui demanda si elle se souvenait de leur rencontre à la coupe du monde, en Espagne, et elle lui raconta quelques choses drôles qui étaient arrivées lors de ce voyage, des tours que les jumeaux avaient joués à Percy pendant qu'il dormait… Il contra avec des histoires sur ses propres frères, avoir grandi avec Jamie, des souvenirs du deuxième mariage de sa mère, la rencontre avec Draco…
Il n'était pas sûr de combien de temps ils avaient parlé, les chuchotements résonnant sur les dures surfaces de la pièce, les souvenirs et les impressions partagés et disséqués, riant parfois doucement. Quand ils avaient parlé depuis un certain temps, la lune disparut et ils se retrouvèrent allongés dans un noir d'encre, impénétrable. A la longue, les silences entre leurs chuchotements devinrent de plus en plus longs, jusqu'à ce que finalement, Harry chuchota dans la sombre infirmerie, « Bonne nuit, Ginny. » , et qu'il se laisse faire prisonnier au royaume du sommeil.
* * * * *
Pendant deux nuits, Harry et Ginny parlèrent jusqu'aux petites heures, et il savait que cela lui manquerait quand il retournerait dans son dortoir. Draco était resté dans le dortoir de sixième année de Serpentard dernièrement (Harry savait que Draco savait qu'il le suspecterait de tromper Jamie s'il en sortait), mais parler à Draco n'était simplement pas la même chose que parler à Ginny. Il semblait qu'elle serait encore à l'infirmerie quand il partirait. Harry souhaitait, pas pour la première fois, que le monde de la sorcellerie ne soit pas si réfractaire à la chirurgie. Il savait que les docteurs moldus auraient pu opérer Ginny pour mettre un terme à ses blessures internes. Madame Pomfresh devait continuer à la surveiller, à lancer des sorts et à lui donner des potions lorsque c'était nécessaire. Les sorciers étaient bien meilleurs quand il s'agissait de traiter des blessures comme les siennes, des os brisés, ou un simple rhume (qui n'était plus un problème pour les sorciers depuis un bon millier d'années).
Lors de sa troisième nuit à l'infirmerie, son frère Stuart fut amené par Simon. Il pouvait les différencier par la sueur sur le front de Stu, et sa couleur jaunâtre. Ses parents arrivèrent en courant après que Madame Pomfresh fut allée dans son bureau et ait utilisé la cheminée pour les appeler dans leurs bureaux respectifs. Maintenant, ils avaient deux enfants dans l'aile de l'hôpital. Harry pensa à la greffe de foie dont Stu avait besoin, et se demanda si sa mère oserait jamais le prendre à un hôpital moldu en faisant fi des conventions des sorciers. Si elle ne le faisait pas, son frère pourrait mourir avant qu'il ne soit en septième année…
Il observa Simon assis au chevet de Stuart, le regardant dormir. Simon serait bientôt renvoyé à son dortoir pour la nuit. Il leva les yeux vers Harry et croisa son regard. Harry mit de côté l'animosité qu'il ressentait parfois pour ses frères. Certaines choses étaient plus importantes que s'inquiéter des messes basses et des farces. Ils étaient ses frères. Il donna à Simon un faible sourire de consolation. Son frère cligna des yeux comme s'il n'avait rien fait.
« Harry » dit-il doucement d'une voix rauque. Étrangement, la voix de Simon avait changé, mais pas encore celle de Stuart. « Pourquoi est-ce lui ? Pourquoi n'est-ce pas moi ? Nous sommes identiques. »
Harry balança ses jambes par-dessus le côté du lit. Il portait un bas de pyjama et une robe de chambre, ayant finalement convaincu Madame Pomfresh qu'elle ne réussirait jamais à lui faire porter une tunique d'hôpital. Il s'était entraîné à marcher durant la journée, et maintenant, il allait jusqu'au lit de Stuart en tremblant. Harry s'assit dans une chaise en face de Simon, ses lèvres droites, et il secoua la tête. « Vous n'êtes pas complètement identiques, souviens-toi. Tu es une fraction de pouce plus grand. Maman a dit que tu étais né rose et en bonne santé, et lorsque cela avait été le tour de Stu… bien, il était petit et bleu, et papa avait dû vraiment travailler pour le faire respirer. Et moins d'un jour après, il était jaune et avait la jaunisse… Cela a continué toute sa vie, Si. Voudrais-tu que cela t'arrive ? »
Son benjamin fixa son jumeau, et Harry se demanda 'A quel point est-ce étrange de se regarder, allongé dans un lit, malade ?'. « J'échangerais ma place avec lui à la minute, si je pouvais » dit-il doucement.
Harry étudia son visage. Il arborait une expression très sérieuse pour un garçon de douze ans. « Ne lui dit pas cela » lui recommanda Harry. « Même si c'est vrai. Ce n'est pas possible, alors cela n'a aucun intérêt de lui dire. Tu le connais. C'est ce qu'il dirait, que c'est très bien pour toi de le dire quand cela ne peut pas arriver. Soit juste à ses côtés. Durant l'été, quand il était à l'hôpital, quand tu n'étais pas alentour, il avait l'air tout simplement perdu. »
« Merci de m'avoir laissé dormir dans ta chambre cet été, Harry » dit doucement Simon, et Harry se souvint maintenant. Quand Stuart avait été à l'hôpital, Simon était venu dormir avec lui. La plupart des matins, Harry le trouvait étiré en travers du bas du lit, comme si c'était le chien de la famille qui était venu dormir aux pieds de son maître. Simon ne voulait pas parler quand il rentrait dans la chambre de Harry, au contraire de Jamie. Harry avait pris l'habitude se mettre en boule pour dormir afin de ne pas le frapper accidentellement. Ils avaient tous des lits assez grands. Ce n'était pas un problème de les partager. Leur mère était habituée à trouver Stuart dans la chambre de Simon ou vice-versa. Une fois, quand Harry avait dix ans, il était allé les réveiller, et quand il était rentré dans la chambre, il s'était arrêté net, les regardant dormir. Ils avaient six ans, maigres et pâles, chacun recourbé dans la même position sur son côté droit, ne se touchant pas, leurs visages si paisibles et insouciants. Il n'avait eu aucune idée de qui était qui. Depuis qu'ils étaient à Poudlard, ils n'avaient plus aucun effort à faire pour dormir dans la même pièce. Bien que Simon ne parlât pas à Harry quand il lui rendait visite la nuit, lui et Stuart étaient notablement connus pour parler la nuit, dérangeant leurs camarades de chambre.
« Je vais bientôt devoir retourner au dortoir » dit doucement Simon.
« S'il se réveille, je lui dirai que tu étais assis avec lui. Tu pourras revenir demain matin, avant le petit déjeuner. Cela ne dérangera pas Madame Pomfresh. »
Quand Madame Pomfresh émergea de son bureau et dit à Simon qu'elle éteignait les lumières, il fit un signe de la tête à Harry et reçut un sourire de son frère aîné. Elle ressortit, marmonnant « Un ennui n'arrive jamais seul… »
C'est étrange de dire cela, pensa Harry. Nous ne sommes que trois.
Une fois qu'il fut à nouveau allongé sur son lit, l'obscurité recouvrant la pièce, Harry entendit la voix de Ginny venir de l'autre côté de la salle.
« Tu étais très gentil. Pour autant que tu dises qu'ils te tapent sur les nerfs, je peux dire que tu aimes vraiment tes frères. »
Instinctivement, Harry haussa les épaules, ce que Ginny, ne pouvait bien sûr pas voir. « Ce sont mes frères. »
« Et tu sais que j'aime mes frères, exact ? Peu importe ce que je dis… »
Il rit. « Bien sûr Ginny. »
« Bien. Je… »
Harry attendit. Avait-elle oublié ce qu'elle allait dire ? Avait elle une pique de douleur ? Une hémorragie interne ?
« Ginny ! » fit-il d'un chuchotement fort, se sortant du lit et boitillant à travers la pièce, titubant d'un lit à l'autre. Quand il l'atteignit, elle regardait dans le vide, les yeux vacants d'une manière alarmante. « Ginny ! »
Elle tourna la tête, et même dans la lumière de la lune si peu adéquate, il pouvait dire qu'elle le regardait droit dans les yeux. « Chut ! » dit-elle, son doigt sur ses lèvres. « J'écoute. » chuchota-t-elle avec urgence. « Tu n'entends rien ? »
Harry se tint aussi immobile que possible, considérant qu'il devait lourdement s'appuyer sur la table de chevet pour éviter de tomber. Ses oreilles tendues pour essayer de trouver le son que Ginny essayait d'écouter. A la longue, il pensa entendre quelqu'un forcer, et la voix douce et encourageante de Madame Pomfresh dire « C'est cela, c'est cela, tu l'as presque fait… »
Le lit de Ginny était plus proche du bureau de Madame Pomfresh. Harry aida Ginny à se lever et ils allèrent vers la porte du bureau, maladroitement et douloureusement. Quand ils mirent leurs oreilles tout contre, les sons étaient plus forts, mais ne venaient clairement pas du bureau. Harry mit sa main sur le bouton, hésitant, puis la tourna lentement. Traversant jusqu'à la porte étiquetée apothicaire, ils trouvèrent que les sons étaient encore plus forts quand leurs oreilles furent pressées contre cette porte, et cependant, quoiqu'il se passât, cela n'arrivait pas non plus dans cette pièce.
Harry tourna doucement le bouton de cette porte, grimaçant quand les gongs grincèrent, mais une fraction de seconde plus tard, ils entendirent ce qui était suffisamment fort pour dominer le grincement des gongs, et cela cessa d'être un souci.
C'était le premier cri d'un bébé.
Ils se regardèrent, alarmés. Aucun ne fit de commentaire. Il n'y avait rien à dire. Ce qui avait fait ce son était très clair. Une fois dans l'apothicaire, ils suivirent le son jusqu'à une porte en bois sur le côté éloigné. Elle était légèrement entrouverte. Madame Pomfresh devait avoir été tellement pressée qu'elle n'avait pas remarqué qu'elle n'était pas proprement fermée. Harry regarda par l'ouverture, maudissant mentalement ses lunettes. Ginny s'accroupit pour regarder par la fine fente.
Il pouvait seulement voir une fraction de la pièce, mais il pouvait voir sans erreur possible un lit comme ceux de l'infirmerie, et Madame Pomfresh enveloppant un bébé rougeaud dans des serviettes, une touffe de cheveux noirs visible au-dessus des plis, puis tendant l'enfant à une personne dont Harry ne pouvait voir le visage à moins d'ouvrir davantage la porte, ce qu'il n'osait pas faire.
« As-tu choisi un nom ? »
« Je… J'espérais une fille. Je n'ai pas vraiment pensé aux noms de garçons. J'aurais dû, je sais. » d'abord, Harry avait pensé que c'était quelqu'un marié à un professeur. Personne n'avait suspecté que lui et Jamie vivaient dans l'aile des professeurs quand ils étaient petits, et personne ne saurait si un professeur avait une femme qui attendait un enfant. Mais quand il entendit la voix… Il sentit non seulement que c'était quelqu'un de jeune, probablement une élève, mais il ne pouvait s'empêcher de penser que cette voix était familière, qu'il connaissait cette fille qui venait de réaliser un miracle en donnant naissance au bébé pleurant qu'il avait vu envelopper par Madame Pomfresh.
« Quand viendra-t-il ? » demanda-t-elle à Madame Pomfresh.
« Je l'ai appelé depuis mon bureau pour lui dire qu'il serait bientôt papa. Je suis sûre qu'il va se précipiter aussi vite que possible. Peut-être qu'il aimerait que le garçon ait son nom. »
Il y eut une pause. « J'espère que non. Peut-être… Peut-être le nom de mon père. Avez-vous appelé mon père ? »
« Oui » dit-elle tendrement. « Il est en route. Je pensais qu'il serait ici avant le bébé, mais il est arrivé vite pour un premier enfant. »
« Vite ? j'ai eu l'impression que cela a duré une éternité… »
« Ah, bien, c'est parce que je t'ai donné la potion. Si tu avais été une femme mûre, je t'aurais dit de te reprendre, et de supporter la douleur. Mais je ne peux pas supporter de voir une jeune fille souffrir… Le problème avec cette potion, est que même si elle diminue beaucoup de ta douleur, elle diminue aussi ton contrôle musculaire, ce qui rend plus dur de pousser. Et je ne peux rien de donner de trop fort qui risquerait d'affecter le bébé. Tu t'en es bien tirée. Maintenant, tu devrais me le donner, afin que je le nettoie. Ensuite, il sera bien dans son berceau jusqu'à ce que j'ai fini avec toi. »
« Je pensais avoir fini. »
« Je sais, je sais. » fit Madame Pomfresh. « Les nouvelles mères oublient toujours le placenta. Mais c'est important que nous le sortions proprement, à la fois pour ta santé, et à cause du rituel nécessaire qui requiert son utilisation, pour voir si le bébé va être en bonne santé et avoir une bonne vie. Si tu étais adulte, et allait à un véritable entraînement à la naissance pour sorcier, tu saurais tout de ce rituel. Il est sensé être fait avec le père. J'espère qu'il saura le faire… »
Harry n'entendit pas la réponse. Peut-être qu'elle avait acquiescé. « Quand avez-vous dit qu'il arrivait ? »
« Allez, ne t'inquiète pas. Il sera bientôt là. »
Puis Madame Pomfresh sorti de son champ de vision, nettoyant probablement le bébé et le mettant dans un berceau. Elle retourna au lit où se trouvait la fille, et puis il entendit des grognements et des efforts, et Madame Pomfresh s'excusant et encourageant à la fois la fille invisible. Après ce qui sembla une éternité, Madame Pomfresh fut de nouveau visible, tenant un petit bol de métal recouvert d'émail blanc, qui avait du sang dispersé sur le côté, et une masse rouge sanglante et mouvante au milieu. Harry sentit son estomac se retourner. Que diable était-ce ?
Il vit madame Pomfresh sourire. « Parfait ! Un placenta sans défaut. Pas une déchirure. Un bon présage. Je vais lui lancer un sort de préservation pour le garder jusqu'à ce que nous puissions accomplir le rituel. »
« C'est un garçon ou une fille ? » fit une voix chuchotée à l'oreille de Harry. Il sursauta et dut se mordre la langue pour s'empêcher de crier. Stuart se tenait à son côté, l'air cireux, instable et inhumain. En fait, il commença à s'effondrer sur le côté, et Harry et Ginny lui attrapèrent chacun un bras et le reconduirent à la hâte à travers l'apothicaire et le bureau de Pomfresh jusqu'à l'infirmerie, où ils le remirent au lit.
« Tu ne devrais pas te lever, Stu. » dit gravement Harry, essayant de jouer son rôle de grand frère.
Il ricana. « Tu penses que mon foie ne va pas supporter une marche jusqu'à la maternité ? Marcher n'est pas ce qui me tue. »
Harry déglutit, étonné par la manière désinvolte dont Stuart parlait de sa santé. Parfois il rappelait vraiment son beau-père à Harry. Severus Rogue devait avoir été un très étrange enfant. Stuart Rogue l'était aussi.
Harry s'assit d'un côté de son frère, Ginny de l'autre.
« La maternité ? » dit Ginny, curieuse. Stuart acquiesça encore.
« Vous savez combien de temps j'ai passé ici depuis que je suis en première année ? Elle était parmi les silencieuses. Vous auriez dû entendre quelques unes des histoires que Pomfresh m'a sorties pour couvrir les hurlements. Je pense que les sorts ne peuvent pas en faire autant. Hurler parce que vous faites quelque chose comme pousser un cognard à travers votre nombril doit sans aucun doute mettre à mal n'importe quel sort de silence. »
Harry se força à ne pas rire à la description de la naissance de Stuart. Il n'avait eu aucune idée que son frère passait tant de temps à l'infirmerie, et qu'il était conscient des naissances des élèves.
« De quoi es-tu au courant ? » lui demanda Harry. « Comment le couvrent-ils ? Combien de filles ont eu des bébés selon toi depuis que tu as commencé l'école ? Pourquoi aucune d'elle n'a demandé de la potion de Prophylaxie à Pomfresh ? »
« De la potion de quoi ? » demandèrent Stuart et Ginny à l'unisson.
« De la potion de Prophylaxie. C'est comme ta potion de Porphyrie, Stu. C'est fait à base d'asplénium. Seulement quand une femme prend cela, elle ne peut concevoir, même si, heu, elle la prend après… »
« Oh. Même si elle a déjà baisé. »
Harry rougit furieusement, tout comme Ginny. « Oui. »
Stuart roula ses yeux dans son visage cireux. « Allez, Harry. J'ai douze ans, pas deux. Je sais d'où viennent les bébés. » Harry regarda brièvement Ginny, puis détourna son regard. Quand il pensait à ce qui était presque arrivé entre eux durant sa première nuit à l'infirmerie… »
« En tous cas » continua son frère. « Les couvrir est facile. Avec les robes. Je pense qu'il y a eu une fille ici donnant naissance à un enfant tous les deux mois. Alors peut-être que cela n'est pas si souvent… »
« Cela en fait quand même cinq par an ! Et ce sont juste ceux pour lesquels tu es au courant. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que personne ne leur parle de la potion ? »
« Qui te l'a dit ? » lui demanda son frère.
Harry fit une pause, puis dit la vérité… d'une certaine manière. « Sirius. » C'était le Sirius de son autre vie, mais c'était Sirius.
« Il veut dire le professeur Black » dit Stuart, en se tournant vers Ginny.
« Je sais » lui dit-elle… Harry était content de voir que Stuart n'était pas dérangé d'avoir une Griffondor à côté, en plus la fille que Harry avait l'habitude de suivre dans le château.
Stuart regardait maintenant tour à tour Harry et Ginny. « Alors. Qu'avez-vous pu faire ces deux dernières nuits ici ? Est-ce que la scène de ce soir vous a dégoûté de baiser ? »
« Quoi ? » cria Harry quelque peu fort. Les deux autres lui firent signe de se taire. Quand il parla à nouveau, c'était un murmure. « Qu'est-ce que… »
« Oh. Arrête avec cela, Harry. Simon et moi savons que vous êtes ensemble. Draco nous l'a dit. Nous l'avons surpris en train de flirter avec Jamie et nous lui avons dit que nous te le dirions. Je veux dire, cela ne nous est jamais venu à l'idée que tu saurais cela et que tu n'essayerais pas de l'arrêter. Puis Draco a dit. 'Harry sait tout pour nous. Pourquoi n'allez vous pas l'embêter avec Ginny Weasley, ils baisent probablement dans l'infirmerie.' Jamie l'a frappé, vraiment, quand il a dit cela. Elle a dit. 'Tu étais sensé ne rien dire !' » Stuart avait pris une voix assez aiguë dans le but d'imiter sa sœur… très pauvrement, selon Harry. « Ton meilleur ami est une catastrophe pour garder les secrets. Alors, est-ce que j'ai causé un accroc à vos plans nocturnes, ou est-ce que j'aurai une place au premier rang ? »
Il le regardèrent, bouche bée, incrédules. « Nous ne baisons pas ! » dit finalement Harry en un murmure rauque. Ginny eut l'air assez terrifiée. Qui d'autre pouvait savoir qu'ils étaient un couple ? C'était typique de Draco que de penser que c'était ce qu'ils faisaient. (Bien sûr, nous l'avons presque fait, pensa Harry. Si je n'avais pas eu deux jambes cassées et si Ginny ne récupérait pas d'avoir été renversée par une voiture…)
Stuart haussa les épaules. « Si tu le dis… » Il n'avait pas l'air très convaincu. Harry savait que c'était calculé pour l'énerver, pour avoir une réaction, et il compta dans sa tête pour résister à l'envie de répondre.
« Je suis content que tu nous crois » dit-il sarcastiquement. Il regarda Ginny. Elle le dévorait du regard, lui rendant très dur de détourner les yeux. Il se souvint, dans son ancienne vie, avoir bloqué ses yeux sur Ginny dans la salle commune de Griffondor, et à quel point cela avait été difficile de briser ce lien … »
Il se secoua, puis eut un grand bâillement et dit. « Nous devrions probablement tous dormir un peu. Oh, Simon est venu te voir plus tôt, Stu. Je lui ai dit que je te le dirais. » Son frère acquiesça, avec cet air abandonné qu'il arborait lorsqu'il était séparé de son jumeau. « Bonne nuit Stu. »
« Bonne nuit, Harry. Tu peux tirer le rideau autour de mon lit ? »
Harry le fit, puis se tourna vers Ginny. Elle avait l'air secouée, ayant entendu la fille donner naissance, et maintenant sachant que les jumeaux étaient au courant pour eux. Harry s'appuya contre un des lits vides, la prenant dans ses bras. Elle appuya sa tête contre son épaule, ses bras lâchement posés autour de sa taille.
« Je me demande si elle a beaucoup souffert. » lui dit-elle doucement après un moment. Harry mit sa joue contre ses doux cheveux.
« On dirait que Madame Pomfresh a pris soin de cela. » essaya-t-il de la rassurer. Elle soupira et se blottit plus près de lui, comme pour se mettre en sécurité. Il sentit le poids d'une énorme responsabilité sur lui, la responsabilité de la protéger de ce que la fille avait vécu. Il devait être le maillon fort. Aussi tentante qu'elle pouvait être, jusqu'à ce qu'elle ait demandé la potion à Madame Pomfresh, ils ne pouvaient prendre aucun risque.
Et pourtant, se tenant avec son corps chaudement pressé contre le sien… Il déglutit et la regarda. « Nous… Nous devrions dormir Ginny » dit-il doucement. Elle acquiesça encore et le regarda, ses yeux brillant, et il se pencha pour lui donner un chaste baiser de bonne nuit. Elle, cependant, dépassa très rapidement la chasteté, ouvrant sa bouche sous la sienne, tirant sa tête vers le bas plus fermement. Il continua, se sentant comme si ses os étaient en feu, et ce fut seulement par un grand effort qu'il se sépara d'elle. Quand il le fit, il fut assez certain de voir l'œil de Stuart par la fente de ses rideaux. Lui et Ginny se dirent bonne nuit et retournèrent à leurs lits. Harry pensa qu'il ne pourrait possiblement pas dormir après ce qu'ils venaient de découvrir, mais il s'endormit bientôt, épuisé.
Il fut réveillé dans la nuit par un type de voix habituellement peu entendu dans l'infirmerie, à moins qu'un professeur ne vienne : une voix d'homme. Deux. Harry s'assit et regarda par la fente de ses rideaux. Dans la faible lueur, il pouvait clairement voir les deux hommes qui traversaient l'infirmerie vers le bureau de Madame Pomfresh. Sa mâchoire se détacha. Il les connaissait. L'un doit être le père du bébé, pensa-t-il, et l'autre doit être le père de la mère.
C'étaient Roger Davies et Sam Bell.
Sam Bell ! Cela signifiait que la pauvre fille qu'ils avaient entendu accoucher était Katie ! Et Roger l'avait mise enceinte vers le printemps précédent, quand il était en septième année et qu'elle était en sixième. Bien joué, Roger, pensa-t-il. Vraiment brillant.
Harry se rallongea, écoutant les pas de Roger et Sam comme ils traversaient le bureau de Madame Pomfresh, puis le son de la porte de l'apothicaire qui s'ouvrait. Il essaya de rester au lit. Il essaya vraiment… Mais bientôt il se retrouva à se faufiler par la porte du bureau, l'ouvrant avec soin, et puis écoutant à la porte de l'apothicaire avant de rentrer. La porte de la maternité était bien fermée cette fois-ci, mais quand il mit son oreille tout contre, il entendit une conversation étouffée.
Il pensa entendre « blabla blabla mariage en juin blabla blabla… »
Puis une voix plus forte, celle de Sam, selon lui, dire « C'est bien ma fille ! » fièrement, et Harry sourit, se l'imaginant. Beaucoup de pères sorciers auraient pu être énervés avec Katie, mais Harry savait qu'après dix ans à Azkaban, après avoir manqué une décennie de la vie de sa fille, Sam ne voulait se l'aliéner pour aucune raison. Attends, pensa-t-il. Est-ce que Sam a passé dix ans à Azkaban ? Puis il se souvint qu'il avait accidentellement tué sa femme avant que les parents de Harry… bien, dans ce cas, seulement son père avait été tué par Voldemort. A moins d'avoir été relâché plus tôt pour quelque raison, Sam avait encore du passer une période en prison dans cette vie.
« Qu'allez vous faire de vos mille gallions ? » entendit-il Madame Pomfresh dire assez fort. Il lui vint à l'esprit qu'elle parlait toujours assez fort. Jusqu'à présent, il n'avait pas réalisé à quel point. Peut-être qu'elle devenait dure d'oreille, pensa-t-il.
Un millier de Gallions. De quoi parlait-elle ?
Blabla blabla…
« Non ! » fit la voix de Katie, s'élevant. « C'est pour Adam ! »
« Adam ? » Harry pensa que cela pouvait être Roger maintenant. « Qui est Adam ? »
« C'est son nom » dit-elle clairement, et Harry sut maintenant qu'elle avait pensé à comment appeler son fils.
Peut-être que c'était un héritage, ou quelque chose comme cela. Ne voulant pas être découvert, il revint dans l'infirmerie et grimpa dans son lit.
Il avait à penser à beaucoup de choses. Puis il eut une horrible pensée. Et si Draco était père ? Non, se dit-il. Draco ne me cacherait pas cela. Puis il pensa, et si Draco ne savait pas ? C'était possible, même probable. Harry frissonna de tout son corps à cette pensée. Il essaya de penser s'il avait vu toutes les filles qu'il savait avoir été avec Draco, et si elles avaient un renflement de quelque sorte sous leurs robes, ou si elles avaient été absentes à l'école pour de longues périodes. Aucune ne lui vint à l'esprit, mais c'était probablement parce qu'il n'avait pas su que regarder avant. Est-ce que Draco à lui seul pourrait être responsable pour toutes les filles que Stuart avait entendues dans la maternité ? Puis il pensa à Katie. Ok, pensa-t-il. Draco n'est pas responsable pour toutes les filles enceintes de Poudlard. Mais je parierais qu'il est responsable pour au moins l'une d'elles…
En fait, Harry ne savait pas si Draco avait jamais pris quelque précaution que ce soit quand il était avec ses nombreuses conquêtes. Son meilleur ami, pensa-t-il. Et maintenant…
Le petit ami de sa sœur.
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