Philippe Gryffondor : ca y est, c'est vendredi. ouf! la semaine est finie !
Lunenoire : sacré Albus !
LeDjiNn : t'en fait pas, ca ne me dérange pas que tu te répètes
Wargate : tiré par les cheveux?
Tyan : et c'est pas fini !
Le vendredi soir, Harry confessa à son papa qu'il savait que Davy était Dumbledore. Il s'attendait à ce que son beau-père soit en colère, mais au lieu de cela, il le prit dans ses bras, puis le tint à un bras de distance. « Il n'y a pas de meilleure personne en ce monde » dit-il à Harry d'une voix tremblante. « Il a tendu sa main vers moi et m'a sorti des enfers. Il n'a pas simplement sauvé ma vie, il a sauvé mon âme. J'aurais été comme quelqu'un ayant été embrassé par un détraqueur si ce n'était lui. »
Harry acquiesça, sachant que ce n'était pas simplement une hyperbole. Son papa pensait chaque mot. Sa 'retenue' consista à jouer aux échecs avec son beau-père et à parler. Ils s'assirent tous les deux à côté du feu, dans le bureau, une nouvelle chute de neige visible à travers les fenêtres froides, rendant la pièce confortable encore plus attirante avec ses bibliothèques, les tapis sur le sol, et les fauteuils usés et affaissés, et par là-même extrêmement confortables.
Harry lui dit qu'il voyait Ginny, et son père l'avertit pour que cela ne devienne pas connaissance publique. « Ne t'inquiète pas » lui dit Harry. « nous le gardons secret pour le moment. Je pense que lorsque nous le dirons à ses frères, ils seront d'accord, cependant. Nous avons été… »
« Non » lui dit sévèrement Severus Rogue. « Ce n'est pas cela. Tu ne veux pas que certaines personnes découvrent qu'elle représente quelque chose pour toi, qu'elle peut être utilisée contre toi…. »
Harry frissonna pendant un instant, se souvenant avoir été attaché dans les bois avec Hermione et Ron, se souvenant de Queudver courant sur son corps et celui d'Hermione, découvrant leur relation physique…
« Nous ferons attention. Je te le promets. »
Son père acquiesça. « C'est assez dur comme cela que nous devions nous soucier de ta mère, de ta sœur et de tes frères. Pas besoin d'en impliquer davantage là dedans. Échec et mat. » Le cavalier de son père délivra une ruade éclatante au roi de Harry, qui tomba à genoux, se prenant la tête entre les mains et gémissant, avant de rendre son épée au cavalier, qui avait l'air très content de lui.
Harry fixa l'échiquier. Il essayait de battre son beau-père depuis des années, et il en était encore loin. Son père devrait jouer contre Ron, pensa Harry. Il serait intéressant de voir qui gagnerait…
Le jour suivant était le dernier voyage à Pré-au-Lard du trimestre. Les résultats des examens seraient donnés le dimanche, et puis le Poudlard Express ramènerait les élèves chez eux pour Noël, le lundi.
C'était le solstice d'hiver. Cette nuit est la plus longue nuit de l'année, pensa Harry comme il s'asseyait dans l'aurore glacée. Ce soir, je deviens un Mangemort.
Mais ensuite, il se secoua, ennuyé de se morfondre sur ce qui ne pouvait pas être changé. Il avait besoin de se concentrer sur ce qu'il pouvait contrôler. Je vais être un espion. Je vais travailler pour Dumbledore. Je vais faire une différence. Cette pensée le réchauffa pendant sa course matinale, et bientôt, il put sortir de ses pensées ses activités de ce soir. Il y aurait du temps pour cela plus tard.
Après le petit déjeuner, lui, Jamie et Draco descendirent au village avec la masse des autres élèves, plus d'une centaine de paires de pieds écrasant la neige, tous attendant la journée dans le pub et les boutiques du village, couronnée au milieu de l'après-midi, pour certains, par une pièce dans la salle municipale, jouée par les membres de la Société de Théâtre Amateur de Pré-au-Lard.
Les trois n'avaient pas prévu d'aller voir la pièce, mais Harry avait reçu une chouette au petit déjeuner avec trois tickets, et un mot qui disait simplement « Joyeux Noël, Harry, Jamie et Draco. » Il sourit quand il vit la grande signature bouclée en-dessous du court message : « Charlie ». Il montra les tickets à Jamie et Draco, et puis il leva les yeux vers la table des professeurs et fit à Charlie un signe de la tête et un sourire en guise de remerciement. S'il ne pouvait pas avoir Hagrid comme professeur et ami dans cette vie, pensa-t-il, il était très content d'avoir Charlie à la place.
Le village était un véritable pays des merveilles en hiver. Les bâtiments avaient tous l'air d'être recouverts de sucre glace avec la neige, chaque boutique avait au moins un arbre de Noël scintillant avec des lumières de fées et des décorations musicales. Des guirlandes vertes décorées avec une touche de givre étaient disposées partout : sur les portes des jardins, pendant des avant-toits des cottages, grimpant le long des lampadaires de High-Street, et un groupe de jeunes enfants du village se promenait dans les allées, entonnant des chants de Noël, conduits par l'un de leurs professeurs. Les voix jeunes ondulaient avec charmes, les plus petits un ton plus haut ou plus bas que ce qu'ils devaient être, produisant ce son unique de chœur d'enfant. Harry se souvint faire cela quand il était plus jeune, riant avec Jamie comme ils écoutaient les paroles de substitution osées que Draco chantait subrepticement… Il sourit aux petites filles et aux petits garçons, leurs souffles faisant de petits nuages de fumée devant leurs visages, leurs vêtements, version miniature de ceux des adultes, avec de longues capes à capuche par-dessus des robes de sorciers. Un arc-en-ciel de bonnets, d'écharpes et de mitaines mettait de la vie à leurs ensembles autrement plutôt sombres, et leurs joues brillaient du froid et de la joie de la saison.
Harry essaya de ne pas tenir compte de Draco et Jamie marchant main dans la main, et se souriant. Il se sentait un peu mal à l'aise, la cinquième roue du carrosse, mais il n'osait pas descendre la rue en tenant la main de Ginny. Il ne la verrait probablement pas aujourd'hui… Après avoir été à leurs boutiques préférées, et entendu les enfants du village s'échiner sur 'The Twelve Days of Christmas' pour la troisième fois (à chaque fois, les 'ladies dancing' semblaient être un nombre différent), il commença à se sentir un peu nerveux.
« Écoutez, c'est encore un peu tôt pour déjeuner. Est-ce que papa et maman n'ont pas dit qu'ils allaient à la maison ce matin, pour la préparer pour les vacances ? Pourquoi n'allons-nous pas les aider ? Ensuite, nous pourrions simplement prendre le déjeuner là avant d'aller voir la pièce. Nous devons de toutes façons économiser de l'argent pour le voyage à Londres de la semaine prochaine. »
Les deux autres acquiescèrent à cela, et bientôt, Harry ouvrait sa porte d'entrée, déjà décorée avec une grande couronne de lierre et de houx. Il sentit une chaleur familière au plus profond de lui. Je suis à la maison. Il se souvint des autres Noël, de la joie et de la chaleur qui remplissaient l'endroit où il avait grandi dans cette vie. La maison des Dursley avait eut l'air d'une impressionnante perfection pour les vacances, afin que tante Pétunia puisse épater son club de jardinage, mais Harry avait eu peur de faire autre chose que de rester dans son placard sous l'escalier pendant la période de Noël, inquiet de mettre une particule de poussière sur une plante ou de déranger l'arbre de Noël en plastique qui se tenait (à ce qu'il semblait à Harry) nerveusement dans le coin du salon, comme s'il craignait que Petunia Dursley pense approprié de le jeter cette année et de prendre le dernier modèle. (C'était son grand 'secret', et Harry ne voyait pas où était le secret, d'avoir un arbre artificiel, et elle se souciait toujours qu'il ait l'air aussi réel que possible.)
Noël n'avait jamais été quelque chose qui lui tardait dans son ancienne vie, jusqu'à ce qu'il arrive à Poudlard. Il rentra dans le hall d'entrée de sa maison maintenant, souriant à ses parents qui ne les avaient pas encore remarqués. Ils étaient sur le palier devant sa chambre, enroulant des guirlandes sur la rampe de l'escalier avec l'aide de quelques elfes de maison. Il inspira l'odeur fraîche et verte de pin et d'épicéa, souhaitant que Noël puisse être tous les jours.
Ce fut Jamie qui appela leurs parents, et ils furent immédiatement mis à contribution. Cela ne les dérangeait pas. De toutes façons, faire les décorations pour Noël n'était pas vraiment un travail, et ils pouvaient employer leurs baguettes pour la plupart des choses. Trois arbres devaient être décorés. Le plus grand était dans le salon, un légèrement plus petit se trouvait dans la salle à manger, et un autre dans la cuisine. Harry préférait toujours faire celui de la cuisine. C'était celui qui avait toutes les décorations faites à la main quand ils étaient petits, les travaux manuels qu'ils rapportaient à la maison de l'école, leur visage éclairé par la fierté quand ils présentaient à leur mère le fruit de leur labeur. Harry ne pouvait pas s'empêcher de fredonner des chants de Noël en disposant la vieille guirlande de papier qu'il avait faite autour de l'arbre, suspendant les petites boîtes en origami que Jamie avait faites, ou même en logeant dans les branchages les étoiles que les jumeaux avaient confectionnées avec des brindilles et du fil. Durant sa première année à Poudlard, Stuart avait suggéré qu'ils mettent de vraies décorations pour le sapin de la cuisine, et se débarrassent de ces restes de leur enfance, mais leur mère n'avait pas voulu en entendre parler, et Harry était content qu'elle ait refusé, afin qu'il n'ait pas eu à montrer à quel point il était attaché à ces 'restes'.
Quand il fut près de midi, ils s'assirent dans la cuisine pour prendre une assiette fumante de ragoût. Harry vit que sa mère prenait note du changement entre Draco et Jamie. Elle n'avait habituellement pas l'opportunité de les observer ensemble à courte distance. Elle haussa ses sourcils et regarda intentionnellement son fils. Harry sourit et acquiesça, et quand son meilleur ami et sa sœur ne regardaient pas, il lui fit sur ses lèvres 'C'est bon'.
Sa mère eut l'air de douter, mais elle mit sa main sur celle de Harry pendant un instant, lui montrant qu'elle lui faisait confiance pour veiller sur sa sœur. Il était touché. Il espérait aussi qu'il ne la laisserait pas tomber.
Après le déjeuner, ils allaient partir pour la pièce. Sa mère l'arrêta comme il sortait de table.
« Harry, peux-tu attendre une minute ? » Elle fit un signe de la tête à Jamie et Draco. « Il vous rattrapera. » Ils se regardèrent et haussèrent les épaules, allant prendre leurs capes dans le couloir de devant. Harry se rassit, regardant sa mère, qui donnait maintenant un regard significatif à son mari, qui se leva et marmonna quelque chose sur l'arbre du salon. Harry le regarda partir, pensant 'Elle le fait encore. Elle pense qu'elle est mon seul parent…'
« Harry ? » il la regarda. « Je resterai à la maison ce soir, alors je n'aurai pas la possibilité de te voir plus tard. » dit-elle doucement. Il regarda ses doigts errer au-dessus des couverts, réorganisant nerveusement sa cuillère dans son assiette, son couteau à beurre avec son assiette à pain, comme si cela importait, comme si son fils n'allait pas recevoir la Marque des Ténèbres dans moins de douze heures…
« Maman. Je ferai attention. » Il espérait avoir l'air aussi adulte que possible, mais sa voix se brisa à la fin, et il réalisa qu'elle le considérait encore comme un bébé, ou du moins, comme le petit garçon qui courait à elle quand il s'était écorché le genou. Il n'était plus ce petit garçon depuis longtemps, mais d'une manière ou d'une autre, il sentait que c'était ainsi qu'elle le voyait. Maggie Parrish trouvait qu'il était terriblement adulte. Sa mère aurait été choquée par une telle assertion. Aux yeux de sa mère, pensa-t-il, on est toujours un enfant de cinq ans…
« Harry » chuchota-t-elle, comme si elle n'avait pas la force de parler plus fort. « Je voulais juste te dire… Je suis désolée. Pour la façon dont je t'ai traité. Et… pour t'avoir mis dans cela. Si seulement j'avais fait ce que Severus avait suggéré, si nous nous étions enfui au loin, en Nouvelle Écosse ou en Nouvelle Zélande… Si seulement je n'avais jamais fait cette promesse terrible… »
« Maman » dit-il doucement, en se levant pour partir. « J'irai bien. Vraiment. Papa ne laissera rien m'arriver. » Elle le regarda avec apathie, de toute évidence peu convaincue. Il se sentait impuissant face à son impuissance. Il ne pensa pas pouvoir dire quoique ce soit pour l'aider avec cela.
« Je dois y aller. La pièce… Jamie et Draco doivent attendre… »
Il l'embrassa sur la joue et se tourna vers la porte du couloir. Il sentit plus qu'il ne l'entendit courir vers lui, et il se retourna. Sa mère se jeta virtuellement sur lui, lançant ses bras autour de lui, et il la tint étroitement, son visage dans ses cheveux, entendant ses sanglots, sentant son dos tressaillir avec ses pleurs. Il la tint pendant quelques minutes, décidant de ne pas lui demander de ne pas le tenir si serré (il avait quelque problème pour respirer correctement). A la longue, il se sépara d'elle et embrassa son autre joue.
« Je t'aime, maman. »
« Je t'aime Harry. » Elle se pencha en avant, et embrassa sa joue piquante, puis fit un sourire triste. « Juste comme ton père » s'amusa-t-elle doucement. « Tu dois te raser deux fois par jour. Les cheveux noirs, tu sais… »
Il acquiesça, lui souriant faiblement. Il se tourna à nouveau pour partir, mais elle ne l'arrêta pas cette fois. Harry n'osa pas regarder en arrière, afin de ne pas s'effondrer en pièces. Il récupéra sa cape et fut content de sentir à nouveau l'air froid sur son visage quand il ouvrit la porte d'entrée. Cela aidait à nettoyer sa tête. Jamie et Draco l'attendaient, se tenant dans l'allée devant la maison.
Ils se joignirent à une foule sans cesse croissante de gens remontant High Street vers la salle. A l'intérieur, ils s'aperçurent qu'ils étaient placés avec les tickets. Quand ils eurent trouvé leurs sièges, Harry retrouva son sourire. Ron, Charlie et Ginny étaient déjà assis directement à côté d'eux. Harry s'engagea dans la rangée en premier, s'asseyant à côté de Ginny. Ils allaient voir la pièce ensemble ! pensa-t-il. Il regarda Charlie qui lui fit un signe amical de la tête. Est-ce que Charlie était au courant pour lui et Ginny ? se demanda-t-il. Qu'il le soit ou pas, Harry était ravi : cela était presque comme sortir avec Ginny. Presque. Oh, bien, pensa-t-il, c'est mieux que rien.
La pièce était 'le Noël de Mr Scrooge'. Harry s'assit joyeusement pour regarder. Il trouva que les sorciers et les sorcières s'amusaient beaucoup à prétendre être des moldus, mais cela semblait être pour montrer à quel point les gens de magie étaient mieux. Les effets spéciaux magiques autorisaient de spectaculaires changement de scène quand Scrooge commença son voyage dans son passé puis son présent, accompagné par les fantômes. On avait atteint un niveau de réalisme jamais vu avant dans la représentation de ce conte. Il y avait de vrais fantômes descendus du château de Poudlard pour jouer les rôles des spectres. Harry cria presque quand il vit le fantôme de Jacob Marley : c'était Nick Quasi-sans-tête ! Nick devait faire attention de ne pas laisser sa tête tomber, étant donné que Marley n'était pas sensé être mort d'une décapitation bâclée. Le Moine Gras jouait le rôle du Fantôme de Noël Présent, et un fantôme qu'il avait occasionnellement vu dans ses deux vies, furetant dans un coin de la bibliothèque, jouait le rôle du Fantôme des Noëls Passés. Il avait toujours pensé qu'il devait s'agir du fantôme d'un ancien bibliothécaire de l'école. Madame Pince était très protectrice envers ses livres. Elle continuerait probablement à s'en occuper quand elle serait un fantôme, un de ces jours, pensait-il. Dans un millier d'années, la bibliothèque serait remplie des fantômes des anciens bibliothécaires…
Ce qui l'énerva vraiment, toutefois, fut le Fantôme des Noëls Futurs. Il ressemblait vraiment à un détraqueur. Il retint son souffle, comme le reste du public, la première fois qu'il apparut. Était-ce vraiment un détraqueur ? se demanda-t-il. Mais ensuite, sous la capuche, il pensa saisir un éclat de sang argenté. Le Baron, pensa-t-il. Il était surpris qu'ils aient réussi à convaincre le Baron Sanglant de participer, mais considérant que le rôle l'autorisait à faire frissonner et terrifier une salle pleine de gens, il n'avait pas dû être trop dur à convaincre. C'était ce qu'il faisait le mieux (et il n'y avait aucune ligne à mémoriser).
Harry regarda la pièce, regarda l'acteur jouant Scrooge de plus en plus en détresse comme il voyait les résultats auxquels ses choix de vie l'avaient conduit… Nous ne savons jamais, n'est-ce pas ? pensa Harry. Même quand nous voulons faire le bien… Il se tourna pour regarder le profil clair de Ginny, comme elle regardait les silhouettes sur la scène, souriant de plaisir ou prise d'effroi. Quand Scrooge fut confronté à la possibilité de sa propre mort, elle se cramponna au bras de Harry, et il mit sa main sur la sienne, croisant son regard quand elle se tourna pour le regarder…
Il souhaitait que la pièce puisse ne jamais finir, qu'il puisse s'asseoir à côté d'elle pour toujours, la regardant, mais bien trop tôt, ce fut fini, et ils revenaient tous au château au crépuscule.
La plus longue nuit de l'année avait commencé.
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