Voici enfin le chapitre dix. Qui est donc ce mystérieux héritier ? Harry? La réponse maintenant..
et merci aussi à :
Mary Cooper : J'ai en tendu, la voilà...
Ryan : promis, c'est pas moi qui ai choisi de couper là !
popov : cf ci-dessus
Lunenoire : la réponse juste en dessous. Ce serait quand meme ironique...
Dumati : un delire? ou ca?
Philippe Gryffondor : ben ouais, c'est la faute à barb...
LeDjiNn : la suite maintenant. ensuite, je sectionne les chapitre en fonction de ce qu'a fait l'auteur...
Bonne lecture à toutes et à tous!

Harry Potter et le temps des bonnes intentions


(ou : La dernière tentation de Harry Potter)


Chapitre dix


Un espion parfait



Harry retint son souffle. Il se souvint avoir vu Voldemort placer sa baguette contre son front quand il était un bébé, après que sa mère ait promis de l'élever pour qu'il soit le serviteur de Voldemort. Avait-il fait de lui son héritier lorsqu'il avait fait cela ? Il bougea légèrement les yeux. Draco le regardait avec un effroi mêlé d'admiration, et Harry haïssait la peur qu'il voyait sur le visage de son meilleur ami. Non ! pensa-t-il, désespéré. Cela ne peut pas être ! Non non non non non…


« Jeune Potter et Malfoy… Normalement, je vous aurai fait… faire quelque chose pour moi à ce moment. Mais pas cette nuit. Vous saurez bien assez tôt ce que j'attends de vous. » dit-il, montrant l'endroit où se tenaient Severus Rogue et Lucius Malfoy. « Il y a… des choses plus importantes à faire ce soir. » Sa voix était devenue très douce, et néanmoins très dangereuse.


Harry essaya de cacher son soulagement comme il revenait avec Draco vers son papa et Mr Malfoy. Harry tourna légèrement sa tête et vit une silhouette qui était presque aussi grande que Voldemort. Elle portait une longue cape avec une capuche remontée, de telle façon que la lune plongeait son visage dans l'ombre. Le soulagement de Harry de ne pas être l'héritier évolua maintenant en une peur profonde et glacée des tâches diaboliques que Voldemort pouvait assigner à son héritier. Pourquoi est-ce que quelqu'un qui essayait de devenir immortel avait besoin d'un héritier ? se demanda-t-il.


La grande silhouette s'avança. Elle était assez voûtée, alors peut-être que si elle se tenait droite, elle serait aussi grande que Voldemort finalement, pensa Harry. Voldemort parcourut le cercle du regard, ayant l'air assez satisfait de lui-même.


« Mon héritier, » dit-il encore de sa voix séduisante. « dis-moi comment tu m'as servi ? »


La voix commença, hésitante, avec froideur, un murmure rauque qui portait néanmoins comme un cri dans l'air froid. Harry ne pouvait pas dire d'où il venait. Parfois, il pensait pouvoir trouver l'accent, mais ensuite, il en entendait un peu plus et changeait d'avis…


Alors commença une litanie de crimes, un hymne aux ténèbres et à la mort comme Harry n'en avait jamais entendu. Il s'arrêta en essayant de déterminer qui c'était et d'où il venait. Il était trop terrifié par les descriptions atroces d'éviscération, le décompte des corps… Il sentit qu'il tremblait de la tête aux pieds comme la narration des activités haineuses de l'héritier continuait. Les mots eux-mêmes avaient un effet terrorisant sur son âme. Des guerres avaient été fomentées entre les nations moldues… des pourparlers de paix interrompus… le terrorisme avait ravivé des antagonismes vieux de plusieurs siècles entre des groupes ethniques… des gens piégés pour des crimes qu'ils n'avaient pas commis… des docteurs qui avaient réussi à trouver des remèdes pour des maladies redoutables, seulement pour voir leurs laboratoires mystérieusement incendiés, des années de recherche partant en fumée… plus de guerres civiles que Harry pouvait en retenir…


Voldemort rit à ce sujet. « La guerre civile est sans doute le plus drôle de tout. Il n'y a presque rien qui me plaise plus que d'en commencer une et de m'asseoir pour regarder les familles et les voisinages imploser… »


Tandis que l'héritier avait récité une liste de pays qui étaient pris dans une guerre civile à cause de son interférence, Voldemort souriait comme un dément. Il marcha autour de l'héritier, regardant le ciel d'un air rêveur, comme s'il voyait plus de visions de mort et de désespoir dans son imagination, et qu'il trouvait ces vues plaisantes. Il retourna à son point de départ et regarda avec attention la silhouette masquée.


« Tu ferais n'importe quoi pour moi, n'est-ce pas ? » sa voix était très douce.


La grande silhouette surpris Harry et s'agenouilla devant Voldemort. Mais elle était encore masquée.


« N'importe quoi, grand-père. »


Harry réprima un cri de surprise. L'héritier avait vraiment une relation de sang ! Le petit fils de Voldemort, répandant le chaos et la discorde dans le monde moldu. Il pensa aux guerres, civiles et autres, dont il avait entendu parler. Il était assez certain qu'il ne se souvenait pas de nombre de ces conflits de son ancienne vie.


« N'importe quoi ? » dit encore Voldemort. « Absolument n'importe quoi ? »


« Oui, mon Seigneur. »


Voldemort acquiesça et croisa ses bras. Il marcha de long en large devant la silhouette agenouillée. « Je suis content d'entendre cela parce qu'il y a une chose très très importante que tu dois faire pour moi. »


« Dites-la et qu'il en soit ainsi. »


Voldemort gloussa. « Comme tu es empressé. Je me souviens à quel point tu étais peu disposé au début, comment j'avais dû te placer sous Imperius pour te faire accomplir les plus simples méfaits… Mais je savais qu'une fois que tu y aurais goûté, une fois que tu connaîtrais l'excitation… Si je me souviens bien, tu n'étais même pas disposé à me reconnaître comme ton grand-père. Bien sûr, jusqu'à ce que je rende visite à mes serviteurs à ton école, je ne savais même pas que j'avais une fille… et puis j'ai appris que l'école avait une Fourchelang. Comme moi. Un don rare, et avec des secrets que toute personne n'ayant pas ce don ne saura jamais… »


Il sait, pensa Harry. Puis, se sentant stupide, 'Bien sûr qu'il sait ! Il sait que les serpents ont le Don. Mais où est son serpent ?'


« Les Fourchelangs sont rares. Et quand j'ai vu ta mère… vu qu'elle était l'image crachée de sa propre mère, bien… Je savais ce qui s'était passé. J'avais une sorcière puissante pour fille, une autre Fourchelang, et elle m'avait donné un petit-fils… Tu t'es demandé, n'est-ce pas, ce qui est arrivé à ta mère, pourquoi tu ne l'as pas vu depuis des années maintenant… »


La silhouette agenouillée devant lui ne répondit pas. Harry ne savait pas que faire de ce que racontait Voldemort. Il fait encore son spectacle, pensa-t-il.


« Elle a fait la même chose pour moi que je te demande cette nuit. Elle m'a bien servi. Comme toi, avec chaque sort de magie noire, chaque sort de mort ou de torture, elle est devenue de plus en plus puissante, jusqu'à ce que finalement… » Il ne finit pas sa phrase. Alors, Harry pensa, voici le résultat réel de la survie de ma mère. L'héritier de Voldemort poussé à commettre crime après crime, à fomenter des guerres et l'insécurité, à détruire les remèdes aux maladies les plus redoutées…


La voix de Voldemort n'était plus qu'un murmure. « Cela te fait te sentir très, très puissant, n'est-ce pas ? savoir que tu as la vie de quelqu'un d'autre dans tes mains… D'autres sorciers peuvent, et feront, pour moi ce que tu fais. » dit-il, parcourant encore le cercle du regard. « Mais c'est plus puissant quand il y a une relation de sang. Le pouvoir de ta mère a été ajouté au mien. Elle l'a fait volontairement, par dévotion pour moi, son cher père. Et tu le feras aussi, n'est-ce pas ? »


« Oui, grand-père. » La voix semblait plus douce maintenant. Harry retenait encore sa respiration. Que demandait-il à son héritier de faire ? Pourrait-il bientôt voir son visage ?


« Fais-tu cela volontairement ? » lui demanda doucement son grand-père. « Me donnes-tu librement ton pouvoir ? »


La voix était ferme. « Oui. »


Son pouvoir ? s'étonna Harry. Est-ce qu'un sorcier peut faire cela ? se demanda-t-il. Juste… le donner ? Qu'arriverait-il à l'héritier quand il aurait fait cela ? Est-ce qu'il ne serait plus un sorcier ? Harry jeta un regard hésitant à Draco, à côté de lui. Qu'est-ce qui se passait ? Harry souhaitait pouvoir voir quelques uns des autres visages dans le cercle, mais tous les Mangemorts jusqu'au dernier portaient leur capuche, masquant les traits de leur visage.


Harry sentit son cœur battre de plus en plus vite. Il déglutit comme Voldemort reculait et sortait sa baguette, la pointant vers la silhouette agenouillée.


« Succidero ! » cria-t-il, et la lumière argentée éblouissante qui sortit de sa baguette transperça le haut de la poitrine de l'héritier. L'homme donna un hurlement déchirant que Harry n'oublierait jamais. C'était pire que Karkaroff subissant le sort de Hara Kiri, c'était pire que le son de la mort galopante quand son père et Cédric Diggory avaient été assassinés. Harry n'avait jamais entendu quelque chose comme cela, et il espérait ne plus jamais l'entendre. Il souhaitait de tout son cœur pouvoir mettre ses mains sur ses oreilles pour l'arrêter, mais même s'il pensait s'en sortir en faisant cela, ses mains étaient figées à son côté. Il se sentait complètement paralysé et impuissant, regardant la lame de lumière argentée découper les habits et le corps de l'homme, regardant la mare de sang qui commençait à s'étendre au sol, jusqu'à ce qu'elle ait formé un marais visqueux autour de lui. Et pourtant, la victime était encore agenouillée. Il ne s'était pas effondré.


Harry voulait regarder ailleurs, mais il n'osait pas. Au moins, il devait son attention à cet homme mourant. Regarde ce que tu as fait ! lui criait son cerveau. Ne détourne pas les yeux. Regarde le bien ! C'est tout de ta faute ! Son cœur se souleva, et il lutta pour ne pas vomir sur l'herbe gelée à ses pieds. Comment Voldemort pouvait-il faire cela ? A son propre petit-fils ? Est-ce ce qu'il avait fait à sa propre fille ? Après qu'ils aient tous les deux commis tant d'actes de haine sous son commandement ?


Pourquoi il pensait qu'il y avait de l'honneur entre les voleurs à ce moment là, il ne le savait pas. Des voleurs ? Non. Des meurtriers, des tortionnaires, des terroristes… Il tint obstinément ses yeux fixés sur la mare de sang s'étendant. Le corps tomba finalement à la renverse, affaibli par la perte de sang, mais un pli du tissu de la capuche passa en travers du visage de l'homme et Harry ne pouvait encore pas voir qui il était.


Il avait une vue claire maintenant de l'incision impossiblement droite sur le devant de l'homme. C'était par cette blessure que le sang s'échappait à seau. Soudain, Voldemort arrêta la découpe, et pointa sa baguette vers le trou de la poitrine, criant « Cor ex maleficum ! » Le cœur sortit du corps de l'homme, émergeant de la poitrine, dégoulinant de sang. Il alla vers Voldemort. Il garda sa baguette pointé dessus. Comme il flottait dans les airs devant lui, et que le corps de son petit-fils continuait à répandre son reste de vie sur le sol gelé, il se tourna vers le cercle silencieux, souriant.


« Encore ! » annonça-t-il triomphalement. « Encore, je bénéficie de tes études, mon serviteur, de tes recherches poussées… » Il fit un petit signe de la tête à une silhouette de taille moyenne, portant une cape grise. L'homme s'inclina profondément vers son maître en signe de reconnaissance. « Sans toi, je n'aurais jamais connu cet ancien rituel. Je n'aurais pas connu le pouvoir que je peux gagner en partageant le corps de mon serviteur et héritier après qu'il me l'ait volontairement offert… Le pouvoir du sacrifice volontaire ! La plupart d'entre vous a vu comment mon pouvoir s'est accru par le don de ma fille à moi. Maintenant, je vais vous monter à quel point je suis un maître généreux… » Il sourit encore, pivotant et regardant les différentes silhouettes formant le cercle. « Je ne suis pas le seul qui vait prendre part à cela, le corps de mon héritier. Vous êtes tous invités à la partager avec moi. Nous devrions tous accroître notre pouvoir et notre force, grâce à son sacrifice, et bientôt, plus aucune force ne pourra nous arrêter ! » Sa voix s'élevait, hystérique. Harry sentit encore l'envie de vomir. Du cannibalisme ! Il proposait du cannibalisme ! Un sacrifice humain et du cannibalisme ! Son esprit tournait à toute allure. Non, pensa-t-il. Je ne peux pas faire cela. Et l'héritier… même après ce qu'il a dit avoir fait, même lui ne mérite pas cela. Mais que puis-je faire ? Comment puis-je l'arrêter ?


L'esprit de Harry courait. Il sentait qu'il n'avait pas du tout de temps pour trouver quoi faire. Tout allait si vite ! Si seulement il avait plus de temps…


Du temps !


C'était cela ! Et sans réfléchir plus longtemps, Harry glissa sa main dans la poche de son manteau. Il sentit le bois de sa baguette posée là, froid dans la froide nuit. Il passa ses doigts autour, et fit ce qu'il avait fait avant dans l'entrée du bâtiment d'Hermione. Il pensa à bouger très, très vite, pensa à chaque créature vive et rapide qu'il pouvait rappeler à son esprit, et puis, sa main encore dans sa poche, il pointa sa baguette vers sa jambe en disant doucement mais inflexiblement « Tempus fugit ! »


Harry regarda alentour. Voldemort avait été en train de donner un regard jubilatoire aux gens à la gauche de Harry. Il n'avait pas remarqué Harry lui-même. Maintenant, il semblait figé dans cette position comme Harry fit un pas hésitant en avant, espérant que Voldemort n'était pas immunisé contre ce sort quand il était lancé par d'autres gens. Personne ne bougea. Le vent avait complètement cessé. C'était aussi silencieux que dans une tombe. Harry réalisa qu'il n'entendait plus le bruit des vagues s'écrasant sur les rochers en contrebas. Il était tenté de regarder la mer calmée, mais il avait du travail à faire. Il n'avait pas pu sauver l'héritier (qui avait fait des choses vraiment horribles, se rappela-t-il), mais il pouvait lui épargner d'être cannibalisé, et empêcher tout le monde présent, Mangemorts et espions confondus, de participer à cet acte indicible. Mais comment le faire ? se demanda-t-il. Il n'osait pas lancer un autre sort, au risque que le Tempus fugit soit brisé. Quoiqu'il fasse, il devait le faire à la main. Il contempla le corps, le corps ouvert. Il s'était fortifié lors de ses courses matinales et de ses exercices, mais il ne le faisait que depuis quatre mois, et il avait un peu diminué après s'être cassé les jambes. Comment allait-il se débarrasser du corps ? Comment pourrait-il l'enterrer dans un sol si glacé et dur ? Il n'avait rien avec quoi creuser une tombe…


Il commençait à paniquer, se demandant s'il y avait en fait quelque chose qu'il puisse faire. Il maudit son impulsion d'essayer d'aider. Comment pouvait-il aider ? Il était un garçon de seize ans, contre des douzaines de Mangemorts et un puissant mage noir, qui l'était de plus en plus, et qui ne réfléchissait pas à deux fois avant de tuer et de manger les corps de sa propre fille et de son propre petit-fils, du moment que cela le rendait plus fort !


Harry s'assit sur le sol froid, sa tête entre ses mains. Il pleura de désespoir, les sanglots secouant son corps. Il leva les yeux vers le ciel, vers les étoiles qui semblaient avoir stoppé leur course. Aidez moi ! cria-t-il mentalement à n'importe qui ou n'importe quoi qui pourrait l'aider. Mais aucune aide n'apparut miraculeusement. Il était complètement seul au monde, le seul au monde bougeant ou étant capable d'agir d'une manière ou d'une autre. Il se leva et marcha vers le bord de la falaise, regardant la mer en bas, les vagues paralysées qui s'étaient écrasées contre les rochers, et qui se tenaient maintenant immobiles, comme une image d'un film sur la Manche. Il souhaita pouvoir au moins entendre le son de la mer quand il était dans cet étrange temps suspendu. Il souhaitait pouvoir entendre quelque chose. Il regarda en bas, se demandant s'il pourrait rentrer dans l'eau s'il sautait, ou s'il atterrirait sur quelque chose de dur comme du béton, qui ne se radoucirait et réclamerait son corps que lorsque le sort serait terminé, laissant son corps s'enfoncer dans les profondeurs de l'eau… Des funérailles maritimes…


Des funérailles maritimes ! C'était cela ! tout ce qu'il avait besoin de faire était d'amener le corps de l'héritier au bord de la falaise et de l'envoyer vers la mer. Creuser une tombe n'était pas nécessaire. Il revint en courant au cercle des Mangemorts, et baissa les yeux sur le corps. Il évita de marcher dans la mare de sang. Le cœur flottait encore en l'air. Afin d'empêcher Voldemort de tirer un quelconque bénéfice du sacrifice volontaire de son héritier, Harry devrait replacer le cœur dans la poitrine avant de jeter le corps dans la mer. Harry regarda ses mains. Il n'avait pas de gants, ni aucun moyen de les laver, étant donné qu'il ne pouvait atteindre l'eau. Il avait besoin de quelque chose d'autre avec quoi tenir le cœur. Il regarda désespérément autour du cercle, s'arrêtant finalement sur le Mangemort à la cape grise, celui qui avait parlé à son maître de cette antique magie, de ce sacrifice rituel. Le sorcier portait une écharpe nouée autour de son cou. Cela fera, pensa-t-il. Il s'avança vers l'homme, décidé. Il avait une paire de pouces de moins que Harry. Comme il défaisait l'écharpe, il jeta un œil au visage de l'homme sous sa capuche, et tomba presque à la renverse sous l'effet de la surprise.


C'était Barty Croupton Jr.


Harry essaya de ne pas se dérober à ce regard fixé sur lui et qui ne le voyait pas. Il prit l'étole et revint vers Voldemort, prenant le cœur en suspension et le remettant là d'où il n'aurait jamais dû sortir, heureux que la suspension du temps signifie aussi que le sang avait temporairement arrêté de couler. Il se releva, l'écharpe ensanglantée dans ses mains, se demandant que faire avec maintenant. Croupton verrait sûrement le sang dessus lorsque le sort serait terminé…


Et Voldemort aussi.


Le tête de Harry résonnait maintenant. Osait-il faire cela ? Et si Croupton était l'un des opérationnels ? Non, se dit-il. Aucun d'eux n'aurait donné à Voldemort d'information sur ce rite barbare…


Harry pensa qu'en aucune manière Croupton ne pouvait être un espion. S'il a des problèmes avec Voldemort… c'est probablement rien de moins que ce qu'il mérite. Harry hésita un moment de plus avant de retourner à Croupton avec l'écharpe. Cela pourrait être une condamnation à mort pour lui. Si je ne remets pas l'écharpe maintenant, si je la jette à la mer… ce sera juste aussi incriminant que de la remettre. C'est trop tard maintenant, de toutes façons…


Il retourna vers le fils du ministre de la magie, et lui prit une main. Il mit l'écharpe dedans et la referma, afin que le sang soit aussi sur la main. Il avait réussi à garder ses mains sans trace de sang. Il retourna vers le corps de l'héritier, mais il réalisa qu'il devrait marcher dans le sang pour le prendre. Très soigneusement, il enleva ses chaussures et ses chaussettes. Sans le passage du temps, il n'y avait plus de vent pour exacerber le froid, et il n'était en réalité pas trop mal à l'aise.


Harry déglutit, baissant les yeux vers le corps, se rapprochant maintenant, ses pieds rentrant en contact avec le sang étalé. C'était un peu comme marcher sur un tapis en plastique. Il essaya de tirer un peu mieux la cape pour essayer de cacher un peu l'horrible incision. Puis il alla jusqu'à la tête. Prenant une grande inspiration, il enleva le tissu de la capuche de là, le pinçant avec soin entre son pouce et son index. Quand il vit le visage du jeune homme, il put rien faire d'autre que pousser un cri. Non ! cria son cerveau. Ce n'était pas possible ! Si jeune, si jeune ! Quel âge avait-il ? Dix-neuf, vingt ans ? Mais ensuite il se força à se souvenir de sa litanie d'horribles crimes dont il s'était vanté devant son grand-père. Savait-il vraiment ce que le sacrifice était ? Avait-il vraiment offert sa vie à Voldemort de plein gré ? Harry essaya de se rappeler la dernière fois qu'il l'avait vu, dans son autre vie… Non, se dit-il sévèrement. Pas maintenant. C'est trop tard maintenant…


Les yeux noirs regardaient le ciel nocturne, vacants, et Harry passa légèrement sa main sur eux pour les fermer proprement. Il a fait d'horribles choses, mais personne ne mérite cela. De plus, à tout prix, Voldemort ne doit pas bénéficier de son sacrifice. Il n'avait jamais été affaibli en essayant de tuer Harry et en échouant. Il ne devait pas encore devenir plus fort. Harry allait mettre un arrêt à cela.


Cela, sentit Harry, était pourquoi il avait besoin de devenir un espion. C'était pourquoi il était ici en cette nuit de début d'hiver. Il osait utiliser la magie nécessaire seulement pour empêcher le pouvoir de Voldemort de grandir, et pour tous les sauver de commettre l'acte indicible que Voldemort leur proposait. Il vit les visages de quelques autres Mangemorts dont il ne connaissait pas les noms, et leurs expressions, figées comme elles étaient dans une fraction de seconde, révélaient que même les Mangemorts ne voulait pas vivre leur nom d'une manière aussi littérale.


Il passa ses bras sous les épaules du corps et le tira à travers le cercle, vers le bord de la falaise. Il n'y avait pas de traces de sang, parce que le sang ne s'écoulait pas dans cet étrange temps, mais les talons du corps creusaient dans l'herbe, le marquant de deux lignes immanquables. Harry fixa la mer en contrebas une fois encore, se demandant si Voldemort pourrait retrouver le corps avec un sort. Mais ensuite, il se souvint que l'eau en mouvement, arrêtait la magie. Sûrement que la mer pouvait compter comme de l'eau en mouvement, n'est-ce pas ? C'est pour cela que des créatures magiques pouvaient vivre dans le lac de Poudlard. Un lac, c'est de l'eau stagnante. Et c'était pourquoi le ferry qui les avait pris en France flottait au-dessus de l'eau. S'il restait dans l'eau, ils auraient dû le motoriser en utilisant des moyens moldus, ou des voiles, comme sur les vieux navires. Le ferry devait être hors de l'eau pour fonctionner, mais qu'il soit si proche de l'eau le faisait passer comme un navire moldu, comme ils ne voulaient pas qu'il vole haut dans le ciel et risque d'être remarqué par les autorités aériennes moldues. C'était déjà assez dangereux de voler en balai, avec tout le trafic aérien moldu…


Harry secoua la tête pour s'éclaircir les idées. De l'eau en mouvement. Cela devrait faire l'affaire. Voldemort ne pourrait pas retrouver le corps. Il prit une grande inspiration, agrippa le jeune homme mort sous les bras et le jeta de la falaise de toutes ses forces, grognant et agitant les bras pour garder son équilibre. Harry regarda le corps chuter. Quand il frappa l'eau, l'éclaboussure qui monta le fit lentement, comme si elle peinait sous l'effet du sort. Harry haletait encore de son effort, regardant le corps disparaître dans les profondeurs.


Finalement, il retourna lentement vers le cercle des Mangemorts. Il remit ses chaussettes et ses chaussures, et se prépara à revenir à sa place et à terminer le sort. Mais il eut une soudaine pensée : j'ai Voldemort juste là où je le veux. Il alla vers le grand sorcier, fixa son visage figé et indéchiffrable. Le mage noir souriait, maniaque, extrêmement content de lui. Il ne savait pas encore que son petit fils, cœur et tout le reste, était au fond de la Manche. Il ne savait même pas que Harry se tenait à un simple pied devant lui, que Harry pouvait le tuer s'il voulait…


Si ? pensa Harry. Est-ce que je ne veux pas ?


Il pensa ensuite aux terribles choses que l'héritier avait faites au service de son maître, il pensa aux camps de loups garous et au filles que Stuart avait entendues donner naissance. Il pensa aux sorciers et aux sorcières nés de moldus qui ne savaient pas ce qu'ils étaient…


Et il sut qu'il ne pouvait pas tuer Voldemort. Il avait essayé d'améliorer ce monde, mais il savait aussi que s'il pouvait, il devait encore essayer de le changer. Il avait évité d'y penser parce qu'il n'avait encore aucune idée de comment le faire. Comment pourrait-il jamais convaincre Voldemort de retourner la nuit où il avait tué son père et laissé sa mère mourir aussi, quand cela avait signifié sa quasi-destruction ? Cela ne semblait pas possible, mais ce serait encore moins possible si Harry le tuait. Ensuite, il n'y aurait plus aucun moyen pour lui de corriger le cours du temps, même en assumant qu'il y avait un argument convaincant qu'il puisse jamais proposer à Voldemort. Après tout, cela devait être lui. Il avait la baguette sœur de celle de Harry, et le sort serait le plus puissant avec des baguettes sœurs.


Ses yeux se posèrent sur la baguette : une idée lui titillait le fond de la tête, formant finalement quelque chose qui ressemblait à un plan. La baguette de Voldemort ! Oui, pensa-t-il. J'ai besoin de prendre cette baguette. Comme cela, il ne sera pas aussi efficace, et peut-être que je pourrais trouver quelqu'un d'autre pour lancer le sort. Ou je peux essayer de le convaincre en… en tenant sa baguette en otage ! Ou quelque chose comme cela… Encore sans un plan concret autre que prendre la baguette de Voldemort, il la lui prit des mains et courut en bordure du cercle, puis il réalisa qu'il ne pouvait pas simplement se tenir là avec elle dans sa poche. Il devait la cacher, d'une manière ou d'une autre…


Il se tint immobile, pensant à un plan d'action pendant quelques temps. Finalement, quand il sut ce qu'il allait faire, il alla aussi vite que possible, conscient du fait qu'il avait été sous le sort pendant un temps indéterminé. Cela devait faire une heure ou plus. Son corps avait déjà pris dix mille heures de plus. Combien de jours cela faisait-il ? Et de mois ? Ce n'était pas le moment de le calculer. Il devait agir rapidement…


Il parcourut le cercle, prenant les baguettes des sorciers et des sorcières de leur poche, les comparant à celle de Voldemort, passant au suivant quand elle était suffisamment différente pour que cela ne fasse pas l'affaire. Finalement, un sorcier d'âge moyen en avait une dont le bois était assez sombre pour passer pour celle de Voldemort, et elle était plus courte de seulement une fraction de pouce. Harry retourna à Voldemort avec l'autre baguette et la plaça dans sa main. Il frissonna quand il toucha la grande main pâle, s'assurant qu'elle tenait bien la baguette étrangère. Puis Harry sortit en courant du cercle, ses yeux perçant le paysage, essayant de trouver ce qu'il s'était imaginé.


Finalement, à environ deux-cent pieds du cercle, il trouva ce qu'il recherchait : un rocher qui était sorti de terre en d'autres temps, blanc et crayeux, assez gros pour être vu du ciel. Je dois pouvoir le voir du ciel, pensa-t-il. Ensuite, il parcourut les alentours à la recherche de rochers plus petits et portables. Parcourant une bonne acre de terre, au moins, il en trouva finalement six, et revint au gros rocher avec une pierre à la fois. La plus petite était de la taille d'un raisin, la plus grosse de celle d'un cognard. Harry utilisa les rochers pour creuser dans le sol, plaçant les six pierres près du gros rocher afin que depuis les airs, cela ressemble à une queue recourbée. Il décida qu'une ligne droite serait trop suspecte.


Quand il eut créé la ligne courbe avec les rochers, il souleva le troisième et mit la baguette de Voldemort contre le sol qu'il avait travaillé là. Il la poussa dedans avec toute sa force, espérant que la baguette s'enfoncerait simplement dans la terre et ne casserait pas. Comme elle s'enfonçait de plus en plus, cela s'avéra de plus en plus difficile, jusqu'à ce que, finalement, il doive utiliser le rocher lui même en guise de marteau sur le reste du chemin. Ensuite, il le replaça par-dessus, dans la dépression qu'il avait creusé.


Seul lui savait où se trouvait la baguette de Voldemort maintenant. Seul lui pouvait la retrouver.


Il retourna vers le cercle, épuisé, mais il ne pouvait pas encore rompre le sort. Il ne pouvait pas simplement laisser un sorcier tenir une écharpe ensanglantée et un autre sorcier, qu'il ne connaissait pas, sans baguette. Il devait répandre le chaos et la confusion. Il fouilla la poche du sorcier à côté de Croupton et prit sa baguette, la donnant à l'homme dont la baguette était maintenant tenue par Voldemort. Il prit celle d'une vieille sorcière et la donna à cet homme. Il voyagea le long du cercle, échangeant les baguettes entre les gens. A la fin, il laisserait Croupton sans baguette, étant donné qu'il était la seule personne, autre que Lucius Malfoy dont Harry était totalement convaincu qu'elle ne pouvait pas être un espion (et, pour autant qu'il haïsse Lucius Malfoy, il était le père de son meilleur ami).


A un moment, il fut choqué de voir un professeur de Poudlard dans le cercle. Et que ce soit ce professeur ! Mais il ne pouvait pas s'attarder sur des choses comme celle-la. Il devait continuer à bouger. Ensuite, quand il réarrangeait encore les baguettes, il leva les yeux vers une autre visage familier et s'exclama.


Bill Weasley!


Pouvait-il être un opérationnel ? Et à côté de lui se trouvait… Percy ! Était-il aussi un opérationnel ? Juste en cas, il échangea leurs baguettes, afin qu'il ne soit pas trop difficile pour eux de les retrouver. Alors, qui étaient les autres opérationnels ? se demanda-t-il. Dumbledore avait mentionné quelqu'un de vingt ans… ce devait être Percy. Il avait aussi mentionné deux garçons de dix-huit ans. Avait-il pu parler des jumeaux ?


Mais ensuite… il trouva les autres opérationnels en question. Il en était assez sûr. Il trouva Arabella Figg, et lui donna la baguette de Croupton. Niamh Quirke et Roger Davies se tenaient l'un à côté de l'autre, comme s'ils avaient encore besoin de rester ensemble comme ils étaient tous les deux de Serpentard. Roger ! pensa Harry. Comment peut-il faire cela, avec Katie venant juste de donner naissance à son fils… Bien sûr, il peut le faire pour garder Katie en sécurité. Mais bon… si quelque chose arrivait à Roger, le fils de Katie n'aurait plus de père. Harry avait la tête qui tournait. Il avait pensé que Roger pouvait être un vrai Mangemort, dans son ancienne vie. Il ne lui était jamais venu à l'idée que Roger pourrait être un opérationnel. Je pense que je me trompais, pensa-t-il. Mais ensuite, il vit un autre visage, un autre garçon de dix-huit ans, et il se figea. Il était encore en vie ! Harry se souvint. Mais… est-ce que cela signifiait que c'était un opérationnel ? Est-ce que cela signifiait que soit Niamh, soit Roger n'était pas un espion ?


Harry se tint simplement à le regarder pendant un moment, décidant finalement de lui laisser sa propre baguette, au cas où il travaille pour Dumbledore (même des gens qu'il savait probablement être des Mangemorts restèrent avec leur propre baguette. Il voulait qu'environ la moitié des gens présents ne soit pas affecté par le changement de baguette, pensant que cela créerait encore plus de confusion comme cela). La dernière fois qu'il l'avait vu vivant était quand ils étaient arrivés dans le cimetière après avoir touché simultanément la coupe du Tournoi des Trois Sorciers…


Harry fit finalement un au revoir silencieux à Cédric Diggory, dont les yeux pâles brillaient dans le lueur de la lune, et dont la bouche était légèrement recourbée au coin, comme s'il ne lui tardait pas de participer au rituel que Voldemort avait proposé. Finalement, Harry prit la baguette de Draco et la mit dans sa propre poche, puis il mit la baguette de son beau-père dans la poche de Draco. Il leva rapidement le sort et glissa subrepticement sa baguette dans la cape de son papa. Il sentit le bois froid de la baguette de Draco sous ses doigts. Le son des vagues s'écrasant était revenu.


Cela prit seulement un instant pour que les portes de l'enfer s'ouvrent.


Le cri enragé de Voldemort transperça les cieux quand il vit que le cœur et le corps avaient disparus. Les gens que Harry avait vu avec des expressions avides et sans pitié figées sur leur visage reculèrent de peur comme il tournait en rond, cherchant l'auteur de ce canular. Il regarda au sol, voyant où le corps avait été tiré vers la falaise. Puis…


Ses yeux se posèrent sur Harry.


Il déglutit. La grand sorcier tenait encore la baguette empruntée dans sa main. Il ne sembla pas remarquer que ce n'était pas la sienne, comme elle était assez familière. Harry essaya d'avoir l'air aussi choqué que les autres personnes autour de lui. En quelques pas, Voldemort se tenait devant lui. Harry se demanda si le sortilège mortel pourrait être correctement exécuté avec la baguette de quelqu'un d'autre. Harry sut pourquoi Voldemort avait pensé à lui en premier, étant donné qu'il avait semblé suspicieux quand Harry avait appelé les souvenirs de son autre vie 'rêves'. Il ne l'avait évidemment pas cru. Mais sûrement, pensa Harry, sûrement que quelqu'un d'autre servant Voldemort, quelqu'un qui avait peut être pris part au gang des kidnappeurs qui avait enlevé les sœurs Weasley de leurs parents, sûrement un d'eux connaissait aussi le sort du Tempus Fugit. Sûrement qu'il ne pouvait pas être le seul présent à le connaître, autre que Voldemort…


« Tends moi ta baguette, Potter ! » siffla-t-il doucement.


Harry marmonna « Oui, mon Seigneur. » et prit la baguette de Draco Malfoy de la poche de sa cape. Voldemort lança le sort de Priori Incantatem sur la baguette, trouvant que le dernier sort qu'elle avait lancé avait été un sort de verrouillage. Harry se souvint de Draco fermant sa malle avec sa baguette après s'être habillé pour l'initiation.


« Hmpf ! » dit-il avec dédain, comme s'il aurait dû savoir que Harry ne serait pas assez stupide et dénué d'imagination pour jouer un tour comme celui-là. Harry reçut sa baguette, mais les yeux étranges le regardaient encore avec suspicion, et allaient entre lui et son papa, Draco et le père de Draco, ayant l'air de se demander…


« Mon Seigneur ! » appela une voix de l'autre côté du cercle.


Il se tourna rapidement, sa cape noire tournant autour de son corps. Il s'avança vers l'homme qui avait parlé et se tenait près de Barty Croupton Jr.


« Mon Seigneur ! Il a du sang sur lui ! » cria l'homme, tenant le bras de Croupton, sa main tenant encore l'écharpe qui avait été grise, mais qui avait maintenant du rouge et sombre coulant sur le sol. Heureusement, le sol était si dur que Harry n'avait laissé aucune empreinte de pas comme trace de ses activités.


« Donne-moi ta baguette ! » commanda Voldemort à l'homme pâle, ses cheveux paille donnant l'impression qu'ils allaient blanchir de terreur d'une seconde à l'autre. Croupton mit sa main dans sa poche, et leva les yeux avec une expression paniquée, puis chercha dans l'autre poche de sa cape. Quand elle s'avéra aussi vide, il se tâta le long de son corps, sa panique virant à la peur abjecte.


« Mon… Mon Seigneur… Je… Je ne semble pas trouver… »


« Crucio ! » cria Voldemort, pointant la baguette qu'il tenait vers Croupton, qui s'effondra au sol, convulsant, comme Harry voyait que c'était possible de faire cela avec une baguette qui n'était pas la vôtre. Ron avait mis le sort sur moi avec ma propre baguette, se souvint-il. Mais peut-être n'était-il pas aussi fort…


Croupton continua à se tortillant sur le sol, un cri sortant de ses lèvres qui dominait le son de la mer. Harry vacilla. S'il-vous-plaît, pria-t-il. Faites qu'il s'arrête…


Comme s'il avait lu dans son esprit, Lucius Malfoy s'éclaircit la gorge et dit en hésitant « Mon Seigneur… »


Voldemort brisa le lien entre la baguette et Croupton, qui resta prostré sur le sol gelé, son souffle s'échappant de lui en bouffée blanches. Voldemort foudroya le père de Draco, qui bégaya sa requête, ayant l'air vraiment terrifié.


« Mon Seigneur… le portauloin que mon fils a utilisé pour venir ici va s'activer dans quelques minutes. Il ne va pas pouvoir retourner à l'école à moins de… »


« Silence ! » fut sa réponse. Les cheveux de Harry se dressèrent sur sa nuque. Voldemort le considéra encore, puis Draco, qui tremblait visiblement. Finalement, il renifla et dit à Severus Rogue.


« Ramène les enfants à leur école, » dit-il avec dédain au beau-père de Harry. « Je sais où les trouver quand j'aurai besoin d'eux. » Il croisa encore le regard de Harry et Harry essaya d'avoir l'air visiblement effrayé, au lieu d'être réjoui que le plan ait semblé fonctionner. Il déglutit. Puis un autre cri jaillit du cercle.


« Ce n'est pas ma baguette ! » Et puis d'autres voix s'y joignirent. « Ce n'est pas ma baguette non plus ! »


Voldemort se détourna d'eux. Pendant une seconde, Harry put voir l'expression sur son visage. Il paraissait dégoûté par ceux qui passaient pour des mages noirs ces jours-ci, comme s'il avait un jardin d'enfant sur les bras…


Son père ressortit la boîte de conserve de sa robe, et leur dit doucement « Accrochez-vous bien les garçons. » Harry était content qu'ils y aillent, avant que Voldemort ne commence à tester chaque baguette dans le cercle et ne découvre le dernier sort lancé par la baguette dans la poche de son papa. Il ne pensait pas qu'il aurait jamais ressenti de la gratitude pour Lucius Malfoy, mais il en avait maintenant. Certes, il veillait seulement sur son propre fils, mais bon…


Quand le portauloin s'activa (cela prit en fait environ cinq minutes), la dernière chose que vit Harry avant qu'il ne commence à tomber dans l'espace était une foule de Mangemorts courant pour comparer leurs baguettes, et Voldemort se tenant au bord de la falaise, fixant les vagues, sachant qu'il ne pourrait pas retrouver le corps de son héritier. Et Barty Croupton Jr, couché sur le sol froid, immobile, l'écharpe ensanglantée encore coincée dans sa main…


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