Mary Cooper : Salut ! c'est pas grave si tu as raté le raté. Le petit fils de voldie c'est . Ah zut, j'ai failli gaffer encore !
Philippe Gryffondor : ca y est, c'est mercredi ! Mais dis-moi, tu prends de l'avance !
Lunenoire : et c'est pas fini...
LeDjiNn : j'étais juste un peu en avance...
ET voila, maintenant la suite de ce long chapitre 10. Bonne lecture...
Harry finit ses achats de Noël au village le lundi, après que lui et Jamie aient vu Draco, Ginny, Ron et Charlie partir avec le Poudlard Express avec tous les autres élèves qui ne restaient pas au château ou à Pré-au-Lard pour les vacances. Il porta ses achats à la maison, et passa un bon moment dans sa chambre à les emballer. Jamie était encore dehors, faisant ses propres achats, et son père avait pris les jumeaux au Chemin de Traverse pour chercher des cadeaux. Il n'était pas sûr de l'endroit où se trouvait sa mère. Elle faisait probablement aussi ses achats, supposait-il.
Après avoir fini d'emballer ses cadeaux, et les avoir placé sous le grand arbre scintillant du salon, il retourna jusqu'au deuxième étage, mais il n'alla pas à sa chambre. Il se dirigea à la place vers la chambre d'amis où Sirius restait pour les vacances. Peut-être qu'il savait quelque chose au sujet des problèmes entre ses parents. Il n'avait encore pas eu l'opportunité d'en parler à Jamie.
Il allait frapper à la porte quand il réalisa qu'elle était déjà légèrement entrouverte, et il entendit des voix venant de derrière. Sa mère était déjà là, parlant à son parrain. Bien, pensa Harry, peut-être que je pourrais en entendre parler directement par elle, alors.
Mais il n'y avait aucun mot à entendre. Il y eut simplement un bruissement et un soupir, un petit rire aigu et puis un gémissement, un gémissement d'un type inconfondable, et dans une rage aveugle, Harry tendit sa main droite dans la direction de la porte, l'ouvrant à toute volée sans poser le doigt dessus, et le chêne épais se fendit en frappant le mur, comme s'il avait été propulsé par le souffle d'un ouragan.
Ils le regardèrent tous les deux, stupéfaits, et Harry sut que sa furie devait transparaître sur son visage. Ils étaient encore dans les bras l'un de l'autre, plutôt habillés. Sirius portait ses pantalons, mais pas sa chemise, son torse large recouvert des poils noirs qui rendaient sa peau pâle encore plus pâle. Bien sûr, la pâleur de son visage pourrait avoir été lié au regard meurtrier que lui lançait son filleul.
La mère de Harry avait seulement enlevé sa robe, mais il y avait plusieurs boutons défaits sur son chemisier qui n'auraient pas dû l'être, et elle refermait maintenant le tissu sous son menton, son visage aussi rouge que ses cheveux.
Harry ne trouvait aucun mot. Il y avait un battement dans sa tête comme il les regardait alternativement, et il semblait que même l'air dans la pièce crépitait à cause de sa colère. Craignant de faire commencer à voler les objets dans la pièce d'une manière dangereuse à cause de ses émotions hors de contrôle, il se tourna sur ses talons, et redescendit à grands pas le couloir, puis les escaliers, et sortit de la maison. Il pensa entendre sa mère appeler son nom, (et Sirius dire « Lily, laisse-le partir… ») mais il ne laissa pas cela l'arrêter. Il ne pouvait regarder aucun d'eux. Pas maintenant.
Harry était si en colère qu'il ne pouvait pas bien voir. Il ne savait pas où il allait. Le village où il avait vécu toute sa vie était soudain un territoire étranger, une terra incognita sans port sûr. Il bondit par-dessus le mur au bout de High Street, à côté de sa maison, et commença à courir à travers les champs qui conduisaient au domaine de Poudlard. Ces champs rencontraient finalement la Forêt Interdite, et quand il atteignit la forêt, il continua à courir, et seulement quand il ne put plus rien voir que des arbres autour de lui, il se changea.
La douleur dans ses articulations n'était rien comparée à celle dans son cœur. Après s'être métamorphosé, il pétrit des feuilles mortes avec ses pattes pendant quelques minutes, secouant sa crinière. Son souffle était blanc devant son museau. Puis il prit une grande inspiration, l'air froid remplissant ses poumons.
Harry commença à courir.
Il courut encore et encore, en ligne droite. Il courut comme il n'avait plus couru depuis qu'il avait poursuivi Queudver à travers la forêt, mais cette fois, il n'avait pas besoin de tourner et de virer en suivant un rat animagus. Il pouvait continuer à avancer, laisser le mouvement fluide se poursuivre, se décalant seulement légèrement à chaque fois qu'il devait éviter de courir la tête la première dans un arbre. Il n'avait pas non plus besoin de se soucier des géants cette fois. Il était possible qu'il puisse rencontrer quelque autre créature, spécialement comme il commençait à faire sombre, mais la pleine Lune avait fini la nuit précédente, alors les loups garous n'étaient pas une inquiétude au moins (s'il y en avait qui n'avaient pas été capturés par le ministère). Et il était un griffon d'or. S'il rentrait dans un dragon, il pouvait avoir des problèmes (il était assez certain de n'en rencontrer aucun), mais peu d'autres résidents de la forêt étaient équipés pour faire face à un griffon d'or. Comme les ténèbres descendaient, Harry continua à courir, jusqu'à ce qu'il atteigne le côté opposé de l'étendue d'arbres, où il n'avait jamais été avant, et il s'arrêta pour se reposer, haletant.
Il resta sous le couvert des arbres, encore dans sa forme d'animagus, et regarda les étoiles briller au-dessus de la petite ville visible au-delà des nombreux champs séparés par des haies. Une ville moldue, réalisa-t-il. Il n'avait jamais pensé à quel point les moldus pouvaient être proches. Bien sûr, on ne pouvait pas vraiment dire proche. Il n'avait aucune idée du chemin qu'il avait parcouru, mais cela devait faire un nombre considérable de miles. Il fixa les maisons distantes avec leurs antennes de télévision, et les lampadaires qui étaient venus à la vie maintenant que le soleil s'était couché. Les lumières électriques brillaient par les fenêtres avec une lueur blanche et crue jamais vue à Pré-au-Lard. De nombreuses maisons avaient l'air neuves et inhabitées. Ce doit être un lotissement nouvellement construit, pensa-t-il. Il donnait un sentiment d'uniformité. Il imaginait les maisons remplies avec des gens exactement comme les voisins curieux de Privet Drive… Tante Pétunia étant la plus curieuse. Et très soudainement, et contre toute attente, un sentiment écrasant monta en lui, et il commença à trembler.
Il avait le cafard.
Harry avait envie de tout son cœur de son autre vie, du monde qu'il avait quitté le premier septembre. Mais ce n'était pas simplement cela. Privet Drive lui manquait vraiment, il réalisa. Et sa tante et son oncle ! Et Dudley. Pauvre Dudley… sauf que son cousin était vivant dans cette vie. Il essaya de se réconforter avec cette pensée, mais il ne se sentit cependant pas mieux. Harry n'avait même jamais rencontré aucun des Dursley en fait. C'était une pensée tellement étrange. Il lui vint soudain la nostalgie des mauvais talk-shows, des jeux, des séries américaines, des documentaires animaliers, des publicités radios avec leurs jingles odieux et l'odeur nauséabonde de la voiture quand il vient juste de pleuvoir et qu'il n'y a rien que l'odeur du pétrole dans son nez. L'odeur écrasante de menthe poivrée des bonbons présentés chez l'épicier et l'odeur sableuse et crayeuse de l'école de Little Whinging où il avait été quand il était petit, et la route poussiéreuse où il était passé devant le cimetière tous les jours sans savoir que ses parents étaient enterrés là…
Il avait été un peu dans le monde moldu récemment, allant à Londres pour trouver Hermione, et puis prenant Ginny pour la rencontrer, mais il n'avait pas eu l'opportunité de simplement savourer les choses qui étaient la quintessence des moldus. Il eut soudain une grande envie d'un hamburger de fast-food, ou de quelques fish and chips gras enveloppés dans du journal, ou de quelque chose du restaurant indien où Mrs Figg avait acheté le dîner pour lui et Draco l'été précédent. Soudain, les sucreries qui ne mordent pas, qui ne bondissent pas ou qui ne lui font pas clignoter le nez en bleu pendant des heures lui manquaient…
Finalement, les lumières de la ville devinrent de moins en moins nombreuses. Harry regarda les preuves des moldus allant se coucher, observés à distance. Quelques rares voitures se déplaçaient encore dans les rues, causant un petit bruit qui atteignait ses oreilles de griffon, qui lui disait que la route était humide.
Qu'arriverait-il, se demanda-t-il, si je m'éloignais de tout cela ? Si je me changeais simplement en garçon, laissais ma robe de sorcier, ma baguette, et que j'allais dans cette ville moldue, laissant le monde de la sorcellerie derrière ? Est-ce que quelqu'un le remarquerait vraiment, ou s'en soucierait ?
Mais il connaissait la réponse à cela. Ses parents, ses frères et sœur, ses amis seraient frénétiques, le cherchant partout. Il se souvint du visage de Mrs Weasley quand elle avait parlé à Hermione et à lui de la disparition de ses filles, et il savait que peu importe à quel point il était en colère avec sa mère, il ne pourrait jamais lui faire cela, sans compter les autres, contre lesquels il n'était pas en colère. Et il y avait Ginny… toujours Ginny…
Le moment de tentation était passé, et il se retourna, coupant à travers la forêt, se demandant s'il atteindrait Pré-au-Lard avant le matin à cette vitesse bien plus lente (il devait avoir couru très, très vite, réalisa-t-il). Quand il arriva dans une grande clairière, il abandonna la marche et prit avantage de l'espace dégagé. Étendant ses ailes et bondissant dans les airs, tournant lorsque c'était nécessaire jusqu'à ce qu'il se retrouve au-dessus de la canopée des arbres. Il pouvait voir le grand château au loin, les tours resplendissant comme des balises, et il alla vers cela, étant donné que c'était la seule chose qu'il avait pour se guider. Comme c'est étrange, pensa-t-il, que je puisse le voir si clairement, et si un moldu le regardait, il ne verrait rien que des ruines…
Finalement, il put localiser le village en contrebas. Il atterrit dans le jardin derrière sa maison, dans l'ombre de la serre où ses parents faisaient pousser de nombreuses variétés de plantes magiques qu'ils utilisaient pour leurs potions. La serre servait aussi d'abri à outils, contenant les instruments de jardinage qu'ils utilisaient en été quand ils faisaient pousser des légumes frais dans un carré de terrain juste après la pelouse qui partait de derrière leur maison (ils faisaient habituellement les plantations pendant les vacances de Pâques, puis sa mère descendait habituellement le week-end pour s'en occuper jusqu'à ce que le trimestre finisse). Harry reprit sa forme humaine à l'abri de la serre. Il se remit debout et marcha jusqu'à la maison, soulevant ses pieds assez haut parce que la neige n'avait pas été enlevée du sol. Aucun chemin n'avait été pelleté entre la porte de derrière et la serre, étant donné qu'ils avaient tous vécu au château pendant presque quatre mois.
Il s'arrêta, la main sur la poignée. Jetant un œil par la vitre en haut de la porte, il vit que personne n'était dans l'arrière cuisine, pas même un elfe de maison. Il rentra et enleva immédiatement ses chaussures, ses chaussettes et sa robe, trempées, marchant doucement sur le sol froid, le bord des dalles d'ardoise doucement arrondi par des générations d'usure.
Le garde-manger se trouvait entre l'arrière-cuisine et la cuisine, et il s'arrêta pour se couper une épaisse tranche de pain brun, qu'il tartina généreusement de confiture de framboise. Il traversa le carrelage en damier de la cuisine pieds nus, portant son assiette, l'humidité apparaissant au bas de son jean. Un feu brûlait dans l'énorme cheminée, et Jamie était endormie sur le canapé près du foyer, le sapin de Noël décoré de leurs travaux manuels d'enfant montant la garde auprès d'elle. Harry s'assit lui-même dans une chaise près du feu, mettant ses pieds aussi près des flammes qu'il l'osait, sentant la chaleur remonter en lui à la fois grâce au feu et à la nourriture réconfortante qu'il avalait. Il regarda sa sœur dormir, la lueur du feu faisant briller sa peau, et Harry eut encore le cœur qui lui fit mal, car il savait qu'il n'avait pas simplement besoin de rétablir le cours du temps pour guérir son propre mal du pays et réparer les dommages politiques du monde extérieur, il devait le fixer par principe. Et adhérer à ce principe signifiait abandonner Jamie. Cela voudrait aussi dire abandonner d'autres gens aussi, mais quand il pensait à sa sœur, il savait que ce serait elle qui lui manquerait le plus de tout le monde. Si seulement il pouvait trouver comment faire…
Bien, il avait fait un pas, d'une certaine manière. Je sais où se trouve la baguette de Voldemort, et Voldemort ne sait même pas qu'il n'a pas sa propre baguette. Je pense…
C'était possible, bien sûr que Voldemort ait réalisé qu'il avait une baguette différente, mais même s'il le réalisait, Harry pensait improbable qu'il puisse retrouver la sienne. Si l'on ne sait pas où se trouve quelque chose, on ne peut pas utiliser un sort d'attraction pour le trouver. Il savait que si l'on suspectait l'endroit où quelque chose se trouvait, cela pouvait encore marcher (comme quand Mrs Weasley avait enlevé toutes les guimauves longue-langue et autres friandises piégées des poches de Fred et George, avant qu'ils ne partent pour la Coupe du Monde), mais il semblait avoir renvoyé avec succès la suspicion sur le fils du ministre de la magie, et Croupton ne savait rien. Harry se demanda encore si cela avait été la bonne chose à faire, mais il se souvint de la Pensine, la nuit où ses parents étaient morts. Il se souvint de Croupton lançant le Cruciatus sur Rogue, l'attaquant par derrière, et considérant l'assassinat de ses parents comme une espèce de divertissement. Il décida d'arrêter de s'inquiéter pour Barty Croupton Jr.
Quand il eut fini de manger, il s'adossa au fauteuil, se sentant plus au chaud maintenant, et il fixa les flammes, commençant à diminuer. Il ne pensait pas s'être endormi, mais ce devait avoir été le cas, car quand il ouvrit ses yeux, Jamie avait quitté le canapé et son beau-père se tenait là, le regardant gravement, et Harry croisa son regard, sachant qu'il les avait probablement tous inquiétés, en disparaissant pendant des heures…
« Harry ? Es-tu éveillé ? »
Harry acquiesça bêtement. « Où est Jamie ? » réussit-il à marmonner.
« Je l'ai prise en haut. Où étais-tu ? Tout ce que ta mère a dit est que tu t'es enfui de la maison sans dire un mot. Nous avons tous été terriblement inquiets. »
Harry sentit la rancœur monter en lui et exploser à la surface. « Oh, vraiment ? Elle était inquiète aussi ? » Il vit son père reculer face à la dureté de son ton. « Et Sirius l'était ? Ou étaient-ils juste inquiets que je… ». Il s'arrêta net, croisant le regard de son père. Savait-il ? Devait-il dire quelque chose ? Il se souvint encore être dans sa pensine, l'air sur son visage quand il avait perdu la finale de Quidditch et vu Lily Evans et James Potter s'embrasser sur le terrain.
Il sentit une main sur son bras. C'était Hermione. Son visage était si triste, il ne savait pas ce qui s'était passé. « Tu vas bien Hermione ? » dit-il, inquiet. Elle se mordit les lèvres.
« Pas moi. Rogue. Regarde-le, Harry. »
Harry se tourna vers Rogue, marcha autour de lui et regarda son visage. Bien qu'il n'eut que dix-huit ans, il avait l'apparence de l'homme qu'il avait l'habitude de voir en cours de potions. Il avait rasé sa barbe, mais il y avait une légère ombre sur son visage, qu'il avait oublié de raser ce jour là. Ses cheveux pendaient sur son visage, gras et huileux, et ses yeux étaient remplis avec un mélange de mépris et de tristesse. Il était à des années-lumières du garçon de seize ans qui avait déclaré sa flamme à la mère de Harry dans le donjon de potions. Il avait l'air de quelqu'un dont la vie était finie, comme s'il attendait son heure jusqu'à une fin horrible. Cela, pensa Harry, est le visage de quelqu'un qui n'a plus rien qui le raccroche à la vie.
Et, il se souvint, ce fut ce jour que Lucius Malfoy le recruta pour qu'il devienne un Mangemort, pour 'cultiver' Barty Croupton Jr. Comment puis-je lui faire cela ? pensa-t-il. Comment puis-je lui dire que sa femme le trompe avec mon parrain ?
Harry avait la gorge serrée. Il prit une grande inspiration « Papa, je peux te demander quelque chose ? »
Les yeux noirs le regardèrent avec curiosité. « Oui, Harry. »
« Quand je me suis réveillé, hier matin, j'ai trouvé… j'ai trouvé de nombreuses affaires de maman dans mon ancienne chambre. Est-ce que… Est-ce que toi et maman faites chambre à part ? »
Severus Rogue baissa les yeux vers ses mains, puis regarda à nouveau Harry. Sa voix était très douce. « Tu les as vus ensemble, n'est-ce pas ? »
Harry en resta bouche bée. Il savait ! Il savait ce qu'ils faisaient dans sa propre maison, et il le supportait simplement… Harry se souvint de Charlie disant que Sirius n'était pas revenu au château le samedi soir. Il a du rester ici, réalisa-t-il, juste Sirius Black et Lily Evans, pas d'autre humain dans la maison. Il commença à bouillir de colère à cause du comportement de son beau-père, sentant à nouveau une rage aveugle monter en lui.
« Oui. » dit-il calmement, regardant encore avec attention le visage de son papa. Les yeux noirs se fermèrent, et il se pencha en arrière, puis ils se rouvrirent, fixant Harry.
« Tu as pensé que je suis le dernier des imbéciles, n'est-ce pas ? »
Harry secoua vigoureusement sa tête. « Non ! bien sûr que non ! Je pense qu'ils… qu'ils… je ne peux même pas dire ce que je pense sans utiliser toutes les grossièretés que j'ai jamais entendues… »
Son père était remarquablement calme. « Harry, Harry, s'il-te-plaît. J'ai besoin d'expliquer. Ta mère et moi… bien, nous sommes séparés, techniquement, depuis quelques temps maintenant. Oui, nous sommes dans deux chambres différentes à Poudlard. Nous vivons là dix mois par an et nous ne vivons ici que pendant deux mois, plus quelques jours ici et là pour les vacances. C'est assez facile de vivre ainsi et que personne ne le sache… »
Harry se souvint encore de leur mariage, et des autres fois où ils avaient semblé assez heureux. « Mais pourquoi ? »
Son papa soupira. « Le plus probable que je puisse trouver est… c'est Stuart. Il est très malade, Harry, comme tu le sais. C'est la sorte de chose qui peut éprouver n'importe quel mariage, mais avec nous… »
« Elle te blâme pour Stuart ? Comment peut-elle faire cela ? Pense-t-elle que tu veux avoir la porphyrie ? Bon sang, personne ne voudrait d'une telle chose s'il avait le choix… »
Il sourit tristement. « C'est justement cela. Elle a eu le choix. Tu ne t'en souviens pas. Tu étais si jeune. Après que ton père fut tué, à la fois Black et moi étions alentour assez souvent, l'aidant dans l'appartement, l'aidant avec toi, passant du temps avec elle, la réconfortant. Elle était dans un drôle d'état, et enceinte, par dessus le marché. Je crois que c'était par pure chance que je me sois retrouvé avec elle quand elle a commencé son travail pour Jamie. Elle était venue avec toi me rendre visite au château. Vous deux restiez dans cette pièce que toi et Jamie vous partagiez. C'était durant une terrible tempête de neige, et elle n'est pas rentrée pendant trois autres semaines. Black était quelque part ailleurs en mission pour Dumbledore. J'ai aidé Pomfresh lors de l'accouchement. C'est arrivé très vite. C'est quelque chose de, heu, très intime à partager pour des gens. Cela m'a donné un temps d'avance sur Black, et juste après, Lily a déménagé avec toi dans mon appartement au château, et nous avons ensuite découvert qu'elle attendait les jumeaux, et nous nous sommes rapidement mariés… » Harry avait suspecté que sa mère était enceinte des jumeaux avant le mariage avec son beau-père, et maintenant, il en était certain.
Il secoua la tête. « Alors, pourquoi restez-vous ensemble ? Je veux dire, ce n'est pas que je veuille que vous vous sépariez, mais… »
Severus Rogue eut un profond soupir. « C'est aussi à cause de Stuart. Nous sommes d'accord que nous avons tous les deux besoin d'être là pour lui. Ce ne serait pas bon, pour sa santé qu'il se tracasse pour notre relation. »
Harry se souvint de Stuart dans l'aile de l'hôpital. Il était si au fait. Quelque part, Harry doutait que Stuart, entre tous, pense que le mariage de ses parents était un long fleuve tranquille. « Je ne suis pas sûr que les jumeaux ne savent pas déjà, papa. Ils sont assez sournois, et plutôt bon pour découvrir ces choses. Pas comme moi ou Jamie. En tous cas, moi. J'ai toujours pensé que tout allait bien. Je savais même que Sirius était resté au village samedi soir, et cela ne m'est même pas venu à l'esprit… »
« Bien sûr, Harry. Ce n'est pas là où ton esprit te mène. Tu attends le meilleur des gens pas le pire. Tu l'as toujours fait. Même quand quelqu'un s'est montré extrêmement peu digne de confiance, j'ai remarqué que tu veux continuer à leur laisser le bénéfice du doute. »
Harry se renfrogna. « Super. Alors je suis le dernier des crétins du monde de la sorcellerie… »
« Non, Harry. J'ai vu que tu savais aussi quand ne pas faire confiance. Tu n'es pas stupide. Tu n'avais aucune raison de penser que ta mère et Sirius… » Il eut à nouveau l'air incroyablement triste, et Harry sentit à nouveau la colère monter.
« Juste quand je commençais à l'aimer bien à nouveau… » grommela-t-il en direction du feu.
« Bien, c'est justement ce qui est dur Harry, n'est-ce pas ? »
Il leva les yeux vers son papa, perplexe. « Quoi ? » Severus Rogue fixait le feu, et les flammes dansaient dans ses yeux noirs. Il avait l'air à la fois triste et content. Harry pouvait voir sur son visage qu'il se souvenait d'un autre moment de sa vie, un moment où il avait pour la première fois remarqué la femme qu'il épouserait éventuellement.
« J'aime Lily Evans depuis que j'ai quinze ans, et je l'aimerai probablement toujours. Aimer est facile, Harry. Il y a toujours plein de choses que nous pouvons trouver à aimer dans les gens… » Il fit une pause et se pencha en avant, ses avant-bras sur ses genoux comme il fixait le feu. « Mais aimer bien quelqu'un, particulièrement quand c'est une personne que l'on aime, dont on est amoureux… »
Il soupira et se pencha en arrière, ses yeux noirs forant dans ceux de son beau-fils.
« C'est parfois la chose la plus dure de toutes… »
* * * * *
