Harry Potter et le temps des bonnes intentions
(ou : La dernière tentation de Harry Potter)
Mary Cooper : ouh la sale bete ! Heureusement que harry n'est pas loin.
Philippe Gryffondor : merci
lucendilune : je tiens le tempo
Dumati : en tout 21 chapitres. Mais il y a environ 100 000 mots de plus que pour le serpent psychique (ou 100 pages)
Wargate : ce serait très dommage, surtout pour la suite
LeDjiNn : c'est une hypothèse probable mais je n'en sais pas plus.
Ryan : voilà donc la suite
popov : fin du stress..
Un court morceau ce soir, mais je me rattrape dès demain. Vous aurez droit au bout en plus promis la semaine dernière. Bonne lecture.
Chapitre Onze
Au terrain de Quidditch
Harry regarda l'eau, incrédule, les vagues provenant de l'endroit où Ginny s'était trouvée l'instant d'avant. Il savait qu'il n'avait pas une seconde à perdre. Son esprit marcha très vite. Il savait exactement ce dont il avait besoin. Il se représenta les objets qu'il voulait très clairement, et spécialement leur emplacement. Puis il leva sa baguette et cria « Accio ! »
Tandis qu'il attendait, il lui semblait qu'il se passait des heures, bien qu'il sache qu'en réalité, il se soit probablement écoulé moins d'une minute. Il comptait dans sa tête, et il n'avait pas atteint 'cinquante' quand il vit l'objet qui devait être le plus près de lui arriver vers lui à toute allure depuis le château. Heureusement, il volait avec la poignée lui faisant face. Il tendit sa main et attrapa habilement le couteau à découper en plein vol. Il se l'était représenté très clairement dans son rangement dans les cuisines. Il ne s'était pas beaucoup soucié de l'équipement que les elfes de maison utilisaient quand il était passé là en descendant vers les celliers pour la leçon de défense contre les forces du mal sur les épouvantards, mais d'une manière ou d'une autre, il s'était souvenu de ce couteau à découper près des grands éviers en pierre…
Il soupesa le couteau dans sa main, souhaitant qu'il ait une espèce de lanière pour pouvoir le passer autour du poignet. Il regarda le château. L'autre objet n'arrivait pas encore. Il espérait que personne ne l'avait changé de place…
Se penchant, il enleva ses chaussures, prit l'un de ses lacets et le passa dans le trou au bout du manche du couteau, et il accrocha le lacet autour de son poignet. En utilisant le lacet de son autre chaussure, il attacha ses deux chaussures à sa ceinture. Il fourra ses chaussettes dans ses poches. Se tenant pieds nus sur le bord du lac, il commença à frissonner, se demandant si l'autre objet nécessaire arriverait jamais.
Finalement, il le vit, tendant son bras en l'air pour l'attraper. Cela s'écrasa dans la paume de sa main, et il le mit presque aussitôt dans sa bouche, avant de se souvenir de lever sa baguette et de dire « Lumos ! ». Il n'aurait pas pu prononcer une incantation après avoir mangé la branchiflore. Puis il se souvint d'en garder environ un tiers, et il l'enfouit dans sa poche avec ses chaussettes avant de mettre le reste dans sa bouche.
C'était aussi répugnant et gluant que dans son souvenir, mais il était reconnaissant de se souvenir que sa mère en avait une réserve dans son bureau. Comme il mâchait, il se demandait si elle y était maintenant, si elle était curieuse de savoir pourquoi la branchiflore s'envolait de son bocal et volait dans les couloirs du donjon. Il espérait qu'elle le serait. Il ne se souciait plus qu'elle soit avec Sirius, ce dont il avait désespérément besoin était un adulte qui vienne l'aider, pour savoir ce qui arrivait. Comme il mâchait, il fit de plus en plus froid. La chaleur qui n'était pas de saison était partie, la température avait chuté sous les quarante degrés [NDT : Fahrenheit, soit env. 4°C], et les lourds nuages qui avaient flotté bas dans le ciel toute la journée s'ouvrirent, laissant tomber une neige épaisse sur le château, les terrains, le lac, et sur Harry. Elle tombait très vite, le vent soufflait encore plus vite, et il mâchait encore.
Quand il avala finalement la branchiflore, ce fut avec un grand effort, et cependant, rien ne s'était passé. Finalement, il le sentit. La sensation que ses poumons étaient écrasés, qu'il ne pouvait pas respirer, et il sut que s'il touchait les côtés de son cou, il y trouverait des branchies. Il baissa les yeux et vit la peau entre ses orteils. Agrippant sa baguette allumée dans sa main droite et son couteau de découpe dans la gauche, il plongea dans le lac sombre.
Sous l'eau, il se sentit plus au chaud, mais il ne pouvait pas très bien voir comme la lueur de sa baguette ne portait pas très loin. La dernière fois qu'il avait été dans le lac, il y avait eu un peu de lumière du jour au-dessus pour éclairer son chemin, jusqu'à ce qu'il aille si profond que la lumière ne pouvait plus arriver. Cette fois il n'avait rien de plus que la faible lumière de sa baguette, et aucune garantie que Ginny irait bien, que Dumbledore n'allait pas lui laisser arriver quoique ce soit. Et c'était un lac énorme. Elle pouvait être n'importe où. Il avait dû attendre plusieurs minutes avant de pouvoir plonger dedans…
Il continua à nager droit devant, à la recherche du moindre signe de mouvement. Mais tout ce qu'il voyait était la végétation sous-marine s'agitant doucement, lui faisant innocemment signe. Puis, quelque chose de familier. Il ne savait pas depuis combien de temps il nageait quand il sentit un strangulot attraper ses chevilles. Harry n'allait pas s'attarder pour cela. Il le pourfendit avec le couteau, le manquant, mais il tomba, et il continua d'avancer, les plantes poussant depuis le fond du lac devenant plus noires et gluantes, leurs longues tiges se courbant vers la surface.
A la longue, il arriva au village des sirènes dont il se souvenait, et vit qu'au milieu de l'endroit dégagé qui semblait servir de square municipal, la créature qui avait capturé Ginny avait aussi pris quelques sirènes hommes et femmes. La population entière des êtres de l'eau semblait essayer de le battre avec ses tridents, des bâtons pointus, et d'autres armes, mais ils n'osaient pas s'approcher trop près. La créature avait l'air de vouloir s'enfuir face à cette attaque. La tête de Ginny balançait au bout de son cou d'une manière alarmante.
Il ne savait pas ce qu'était la chose. Peut-être que quelqu'un en avait récemment mit une version petite ou un œuf dans le lac, et qu'elle avait rapidement grandi en ce monstre. C'était quelque chose comme un croisement entre un poulpe, un calamar et un basilik, selon Harry, mais il avait de longs tentacules forts qu'un poulpe n'aurait jamais, et qui tenaient Ginny, trois sirènes et deux hommes de l'eau. Ses six extrémités ainsi occupées, Harry sut qu'il n'avait rien d'autre pour se battre que sa bouche.
Mais quelle bouche ! Les crocs lui rappelaient ceux du basilik, et il les évita, craignant le venin. Il adopta la tactique de Fumseck, et visa les yeux avec son couteau, tandis que quelques êtres de l'eau essayaient de le distraire avec leurs tridents. Cela marcha, et quand il eut réussi avec l'un des yeux, la créature commença à hurler, le son résonnant de façon inquiétante sous l'eau. Les êtres de l'eau avaient vu ce qu'il avait fait, et maintenant, ils attaquaient l'autre œil, et le hurlement s'accrut en fréquence et en volume, mais les tentacules étaient refermés sur les victimes plus fermement que jamais.
Harry frappa dans l'eau et découpa le tentacule le plus proche, ne regardant même pas si c'était celui qui retenait Ginny. Un fin filet de sang argenté commença à s'échapper de la blessure. Harry évita les globules brillants s'échappant de ce corps, comme si c'était du mercure en guise de sang. Le monstre commença à s'affaisser. Harry le vit relâcher une jeune sirène à la peau verdâtre, ses cheveux semblables à des algues rassemblés en couettes, comme pour un enfant humain. Un être de la mer la rattrapa et l'amena hors de danger, faisant un signe appréciatif de la tête à Harry, et Harry se demanda si c'était son père.
Maintenant que la créature était aveuglée et désorientée, les êtres de l'eau attaquaient ses tentacules un à un, libérant les leurs. Harry travailla avec une autre sirène plus âgée et plus grosse pour couper le tentacule retenant Ginny, et finalement, il lâcha prise sur elle. Harry sortit le reste de branchiflore de sa poche, et le fit passer entre ses lèvres, faisant bouger sa mâchoire pour elle, caressant sa gorge afin qu'elle avale. Il pouvait encore sentir son pouls, dans sa gorge, et il reprit espoir à cela. A la longue, il vit les branchies sortir du cou, et finalement, elle ouvrit les yeux avec étonnement, mais il n'avait aucun moyen de savoir si elle était plus étonnée parce qu'elle était vivante, parce qu'elle voyait Harry, ou parce qu'elle respirait sous l'eau. Elle jeta ses bras autour de lui, et il la tint étroitement. Ils commencèrent à s'éloigner en nageant, Ginny se tenant à son bras droit, qui tenait encore la baguette allumée, mais les êtres de la mer les arrêtèrent.
Ils désignèrent la créature vaincue. Harry se tourna pour la voir reposer en tas au fond du lac, des coupures sur tous ses tentacules, ses yeux en compote. Harry se retourna vers l'être de l'eau qui semblait être le chef. La créature s'inclina profondément devant lui, et Harry lui rendit ce signe de respect. Un être de l'eau remonta avec quelque chose dans un sac en corde qui semblait avoir été tressé avec des algues vertes, et le chef des êtres de l'eau le lui tendit. Il était légèrement lourd pour Harry, et il s'inclina pour le remercier. Il attendrait d'être de retour sur le sol pour découvrir ce qu'était le cadeau.
Il craignait de repasser les strangulots sur le chemin du retour, mais il n'eut pas besoin de s'inquiéter. Les êtres de l'eau lui firent une garde d'honneur. Ils firent au revoir à Harry et Ginny, qui se tenaient sur le fond du lac, leur tête juste sous la surface tandis qu'ils attendaient que l'effet de la branchiflore disparaisse afin de pouvoir à nouveau respirer de l'air.
Cela arriva d'abord pour Ginny. Il devait lui en avoir donné bien moins que ce qu'il pensait, ou le voyage de retour avait pris moins de temps (il devina que c'était la deuxième solution). Elle commença à haleter, mais Harry la poussa vers le haut, la faisant sortir de l'eau et aller vers un banc. Il jeta le sac avec le cadeau des êtres de la mer.
Finalement, il sentit sa tête tourner, alors il mit sa tête au-dessus de l'eau pour essayer de respirer un peu d'air. Il put le faire, mais ce qu'il vit dans le monde au-dessus du lac le choqua et le remplit d'appréhension.
