Pas beaucoup de reviews ce coup-ci. Je suis tenté de soupçonner un dysfonctionnement de ff.net.... Bon, quoiqu'il en soit merci à Marine (et oui, il est brillant Harry !), Lunenoire (l'explication existe ! Pour plus tard...) et Philippe Gryffondor (merci!!!)

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Pour le restant de ce week-end, tout sembla se passer dans le brouillard pour Harry. Quand les cours reprirent le lundi matin, il avait l'impression d'avoir été endormi pendant un long moment, dans un sommeil fiévreux. Maintenant, il était à nouveau réveillé, et tout avait l'air, d'une manière ou d'une autre, plus clair et plus net sur les bords, comme la différence entre regarder le monde avec ou sans lunettes.

Son premier cours était métamorphose, et il fit de son mieux pour traiter Sirius de la même façon qu'avant le jour où il avait vu son parrain et sa mère ensemble dans la chambre d'ami de Bout de Lard, se souvenant de la façon dont son beau-père l'avait accepté durant les funérailles de Stuart. Mais quand Harry était en route vers les Forces du Mal, marchant au côté de Draco, derrière les autres Serpentards, une main le tira soudain par le passage d'une salle de classe ouverte.

« Que… ? » Harry commença à dire, mais presque immédiatement, il perdit la faculté de parler comme une grande main l'agrippa par la gorge et le poussa contre un mur. Pris à deux mains les doigts se refermant si étroitement autour de sa trachée, sifflant, sans réussir. Il fixa son attaquant, les yeux commençant à gonfler à cause du manque d'air, mais ensuite, la poigne se relâcha légèrement, de telle sorte qu'il était tenu en place, mais pouvait encore respirer.

Il mit son visage près de celui de Harry, sifflant entre ses dents. « Dommage que tu ne m'aies pas tué quand tu en avais la possibilité, Potter, parce que maintenant, je vais te tuer. »

Ron Weasley avait l'air plus en colère que Harry ne l'avait jamais vu. Il essaya de déglutir. C'était assez difficile. « Weasley, » chuchota-t-il. « tu n'es pas sensé être dehors ! A quoi tu penses ? »

Ron rapprocha son visage encore plus près. « Tu ne m'as pas entendu ? Je pense que je vais te tuer. » dit-il calmement, sa mâchoire contractée.

« Que… Qu'ai-je fais ? »

Et puis, une fraction de seconde plus tard, Harry savait. Il en était sûr, et quand Ron dit les mots, cela confirma simplement ses craintes.

« Tu as mis ma sœur enceinte ! »

Harry visualisa à nouveau Ginny, assise près de la haute fenêtre, regardant le ciel. Il réalisa maintenant que sa main reposait sur son ventre, encore plat, mais elle avait déjà cet instinct protecteur…

Un enfant…

« Je… Je ne sais pas que dire… »

« Oh, tu es là Harry… Enfer ! » s'exclama Draco, voyant ce qui se passait comme il rentrait dans la salle de classe désertée. Il tint la porte ouverte avec une main sur le bouton, son sac à dos tombant sur le sol. « Enlève tes mains de lui, Weasley ! Que diable fais-tu là ? Tu veux tout foutre en l'air ? »

Ron ne changea pas sa position physique d'un iota. « Je suis trop occupé à tuer le sale bâtard qui a mis ma sœur enceinte pour me soucier de cela, Malfoy. »

Draco resta bouche bée. « Enceinte ? Tu rigoles ! En une fois ? »

Harry jeta un regard irrité à Draco. « Quoi ? Tu es jaloux ou quoi ? Tu préfèrerais être ici avec la main d'un fou autour de la gorge ? Aah ! » cria-t-il comme Ron resserrait son emprise à nouveau. Draco s'avança vers eux deux et enleva la main de Ron de Harry avec beaucoup de difficultés. Il y eut un peu de lutte et quelques cris, puis une exclamation choquée de quelqu'un se tenant sur le pas de la porte.

« Bonjour ! Qu'est-ce qui se… Ron Weasley ? »

Les trois regardèrent le visage de leur professeur d'histoire de la magie, le professeur Binns. Non, non, non, non, pensa Harry, de tous, pas lui…

Il n'avait pas le choix. Il sortit sa baguette et la pointa vers l'homme corpulent en disant « Impedimenta ! ». Immédiatement, Binns sembla être gelé. « Surveille la porte du couloir ! » aboya-t-il à Draco. Puis Harry se tourna vers Ron, parlant très vite. « Comment es-tu sorti ? Tu dois repartir, c'est trop risqué. Je vais demander à Dumb… je veux dire Davy si je peux vous rendre visite plus tard. Nous parlerons de tout cela rationnellement. » dit-il, sa voix tremblant comme s'il se sentait tout sauf rationnel. Ron recula, frottant son bras (Draco lui avait pincé douloureusement la peau).

« Il n'y a rien à dire. Ginny va avoir un bébé. Ton bébé pourri et puant, alors tu vas mourir… »

« En es-tu sûr ? »

« En suis-je sûr ? Elle vomit tout les matins comme une pendule. Et elle mange tout ce qui est en vue le reste du temps. Et elle dort quand elle ne mange pas. De plus, elle dit qu'elle est…hum, 'en retard'. Tu as une sœur. Sûrement que tu dois avoir affaire à ses sautes d'humeur une fois par mois. Tu sais. Je suis sûr parce qu'elle en est sûre, espèce de … » Ron sortit sa baguette.

« Expelliarmus ! » cria Harry. Ron n'était qu'à deux pieds du mur, alors il ne partit pas loin en arrière, mais sa baguette traversa les airs en volant jusqu'à Harry. Quand il la tint fermement, il continua. « Tu vas m'écouter ? Tu dois retourner te cacher. Si tu es vu… »

« Alors un autre de tes stupides frères va mourir ! » s'exclama Ron, comme s'il se réjouissait à cette idée. Harry le fixa, incrédule.

« Je ne peux pas croire ce que tu viens de dire, Weasley » lui marmonna Harry, et il avait maintenant qu'il pourrait tuer Ron sans aucun remord. « Je viens juste de porter le cercueil de mon petit frère dans une tombe parce que j'ai refusé de te tuer, et parce que mon papa a refusé de tuer ton frère. »

« Et à cause de cela, je ne suis pas sensé me préoccuper que tu aies mis Ginny enceinte ? »

« Essaye de te préoccuper de cela. » dit-il entre ses dents, montrant le professeur Binns figé. « Binns est un Mangemort. Tu as bien entendu. Un Mangemort. Maintenant il t'a vu et qu'il sait que tu es en vie. Peut-être que ce ne sera pas Simon qui sera le suivant, s'ils essayent quelque chose d'autre pour me convaincre de te tuer. Peut-être que ce sera ma sœur Jamie, cela t'es venu à l'idée ? Ou peut-être, nous n'avons pas à nous soucier de cela, parce que j'ai vraiment l'impression que je pourrais te tuer maintenant sans problème ! »

Le regard de Ron allait de Harry à Binns. Il déglutit. « D'accord ! D'accord ! » dit-il faiblement. « Je repars. Attends que je sois parti avant d'enlever le sort de sur lui. Que lui diras-tu ? »

« Je sais pas. Je trouverai quelque chose. Sors d'ici ! » Mais l'instant d'après, il cria. « Attends ! » Ron s'arrêta, un air perplexe sur son visage. « Voici ta baguette. Et Weasley… C'était, hum, je veux dire… nous étions dans des circonstances assez extrêmes. Ginny et moi. Ce n'était pas comme si j'avais pu contrôler le temps… En tous cas, » continua-t-il, se tortillant un peu. « Comment avez-vous, toi et, hum, Cho, évité le problème ? »

Maintenant, c'était au tour de Ron de sembler se tortiller un peu. « Elle a acheté quelques objets moldus » marmonna-t-il indistinctement. « Chez un pharmacien près de chez elle. »

« Ah. »

Ron se détourna à nouveau de lui et marcha vers l'extrémité opposée de la salle de classe, et Harry vit maintenant que le mur avait l'air d'avoir été ouvert là. Un partie avait pivoté, et Ron mit son épaule contre, poussant pour le refermer une fois qu'il fut dans le passage secret. Harry y alla et tenta un Alohomora, puis de pousser ou de tirer, mais cela semblait assez sûr. Apparemment, il ne pouvait être ouvert que de l'autre côté, même avec la magie. Harry sortit à grand pas dans le couloir pour parler à Draco.

« Va en Forces de Mal. Je te rejoins. »

Draco acquiesça encore. Harry ne savait pas s'il avait entendu son commentaire au sujet des risques pour Jamie. Il était probablement, pour le moins, inquiet pour sa mère qui était encore à Ste Mangouste.

Que diable puis-je faire ? Harry se demanda si Binns croirait vraiment avoir vu Ron. Peut-être que je peux le faire douter de ce qu'il a vu…

Harry descendit le couloir en direction des Forces du Mal. Quand il se fut autant éloigné que possible, et qu'il pouvait encore voir le dos de Binns dans la porte de la salle de classe vide, il pointa sa baguette vers Binns, enlevant le sort, puis plongea derrière une armure. Il jeta un œil dans le couloir, regardant en-dessous du bras tendu de l'armure. Il vit Binns rentrer dans la classe, puis revenir dans le couloir, le parcourant du regard. « Je sais ce que j'ai vu. » entendit-il clairement dire le professeur, avant qu'il ne s'éloigne dans la direction opposée.

Harry se tourna et fila vers la salle de classe de Forces du Mal, trouvant difficile de parvenir à s'arrêter quand il l'eut atteinte, tellement il allait vite. Il fit signe à son père à travers la vitre de la porte, haletant.

Le professeur Rogue s'avança vers la porte, l'air grave et irrité. Quand il ouvrit la porte, Harry le tira dans le couloir et chuchota à son oreille, lui disant ce qui s'était passé avec Binns, et le fait qu'il avait vu Binns à l'initiation. Son père secoua la tête.

« Je ne sais pas qui sont tous les Mangemorts, mais je connais les opérationnels, et Binns n'est pas l'un d'eux. »

« Est-ce que Bill et Percy Weasley en font partie ? » Son père acquiesça. « et pour Niamh Quirke et Roger Davies ? »

Son papa eut l'air mystifié. « Roger Davies n'est pas un opérationnel… »

Harry avait une boule dans la gorge. Cela signifiait que l'autre jeune opérationnel était Cédric. Roger était un authentique Mangemort, et il était le père du bébé de Katie Bell ! Et il allait être le beau-fils de Sam Bell…

Harry souhaita avoir dit quelque chose plus tôt au sujet d'avoir vu Roger Davies et Binns. « Binns doit être celui dont Dumb.. Davy parlait, ici à l'école. »

« Exact. » marmonna son beau-père, perdu dans ses pensées. Harry ne lui avait pas dit la raison pour laquelle Ron l'avait recherché. Son beau-père resta silencieux pendant un long moment après que Harry ait fini de chuchoter, puis il commença à parler doucement et très vite.

« Je vous laisserai toi et Draco sortir plus tôt, quand le cours sera presque fini. Je veux que tu ailles chercher Simon à sa classe avant qu'elle ne soit finie, et Draco fera de même avec Jamie. » Harry remarqua que son papa semblait accepter davantage Draco et Jamie en tant que couple, si cela signifiait que qu'on pouvait compter sur Draco pour la protéger. « Chacun de vous, assurez-vous d'escorter Simon et Jamie jusqu'à la grande Salle pour le déjeuner. Après le déjeuner, accompagniez chacun d'eux jusqu'à sa salle de classe. Je mettrai fin à mon premier cours de l'après-midi plus tôt pour aller chercher Jamie en dehors de sa classe légèrement plus tôt, puis Simon. Je les amènerai à leur second cours de l'après-midi. Ta mère pourra faire de même lors de son second cours de l'après-midi et les prendra dans l'aile du personnel après cela… »

« Jamie aussi ? Pas dans la maison Serpentard ? »

« Non. Je pense que non. Je sais que Binns a accès à l'aile des professeurs, mais Charlie Weasley et Sirius Black sont là aussi. Et ta mère et moi. Quelqu'un a réussi à faire sortir Stuart de son dortoir, mais je serai damné si quelqu'un pose la main sur Jamie ou Simon avec nous quatre autour, et Davy en plus. »

« Et demain ? »

Il soupira. « Entre Davy, ta mère et moi, Charlie, Black et peut-être aussi Minerva, nous pourrons peut-être nous assurer qu'ils vont et viennent en classe et aux repas en sécurité. Et l'histoire officielle pour Jamie restant dans l'aile des professeurs sera… un traumatisme. Oui, un traumatisme, à cause de la mort de son frère. »

« En ce cas, peut-être que je devrais commencer à dormir en haut aussi. Et je serai une personne de plus que l'on devra franchir pour atteindre Jamie ou Simon. Je peux simplement dormir sur le canapé du salon. »

Son beau-père acquiesça. « D'accord. Mais maintenant tu devrais aller t'asseoir, étant donné que je vais vous envoyer toi et Draco plus tôt. Et nous devrons trouver un moment pour discuter de tout cela avec Alb… je veux dire Davy. »

Harry acquiesça et suivit son père dans la classe quand il ouvrit la porte. Les Pouffsouffles et les autres Serpentards regardèrent Harry, étonnés, quand il prit place. Le professeur Rogue s'avança vers son pupitre et réarrangea ses notes, ayant l'air encore plus pâle que d'habitude, et il s'éclaircit la gorge.

« Avant de continuer, cela fera cinq points en moins pour Serpentard, Malfoy, pour être en retard, et dix points en moins pour Serpentard, Potter, pour être encore plus en retard. Maintenant, où en étions-nous avant d'être interrompus ? »

Blaise Zabini leva la main, ayant l'air sûr de lui, et le papa de Harry lui fit un signe. Harry sentit les cheveux se redresser dans sa nuque quand il croisa le regard de Zabini. Il n'entendit pas ce que Zabini dit à son papa. Était-il peut-être un Mangemort non-officiel ? Harry se souvint que lorsque Lucius Malfoy avait recruté son beau-père pour 'cultiver' Barty Croupton Jr, il n'avait pas reçu la Marque des Ténèbres de suite, ni n'était allé aux réunions de Mangemorts. Est-ce que Zabini, encore en sixième année, pouvait faire quelque chose de similaire ? Peut-être que ce n'était pas Binns qui avait fait disparaître Stuart. Peut-être était-ce ce garçon qui dormait dans le même dortoir que Harry.

Harry passa le reste du cours à observer Zabini, essayant de le cerner, et il finit par se sentir assez stupide, car chaque fois que son beau-père lui demandait quelque chose, il devait répondre. « Je suis désolé. Je n'ai pas saisi cela. Pouvez-vous répéter la question ? » Il avait bientôt fait perdre à Serpentard quinze autres points.

Quand il n'y eut plus que dix minutes avant d'aller déjeuner, le papa de Harry dit « Potter, Malfoy. Venez ici s'il-vous-plaît. » Draco eut l'air confus, mais Harry lui fit un signe de la tête, et il arrêta d'avoir l'air de se poser des questions. « Puisque vous deux semblez penser que vous n'avez pas besoin de ce cours, je pense que cela signifie que vous êtes libres d'apporter quelques mots pour moi. Portez-les aux personnes dont le nom est devant. »

Il tendit à Harry un bout de parchemin disant Simon Rogue, et celui de Draco disait Jamie Potter. Draco eut l'air à nouveau intrigué, mais Harry le fit sortir de la classe et lui expliqua dans le couloir. Draco acquiesça immédiatement en comprenant, et partit en courant. (Harry savait qu'il connaissait par cœur l'emploi du temps de Jamie.)

Ensuite commença la tâche compliquée d'escorter Jamie et Simon partout. Pour le reste de ce lundi, et tout le jour suivant, qui était le jour du quinzième anniversaire de Jamie, Simon et Jamie étaient accompagnés où qu'ils aillent dans le château. En herbologie, le mardi matin, Harry avait mal d'avoir dormi sur le petit canapé dur dans le salon de ses parents. (Mais il était content de voir que son papa avait magiquement divisé le lit dans la seconde pièce en deux lits, positionnés des deux côtés de la pièce, pour Jamie et Simon, et sa mère avait dormi dans la même pièce que son mari.)

Après l'herbologie, Harry et Draco avaient histoire de la magie avec les Pouffsouffles. Harry sentit un frisson le parcourir avant qu'il n'entre dans la salle de classe. C'était comme si un couteau glacé lui transperçait la poitrine à chaque fois que le professeur Mangemort le regardait. Mais Binns ne dit jamais un mot de l'incident dont il avait été le témoin la veille. Il regarda de manière significative et répétée Harry et Draco, mais il ne dit jamais un mot qui implique, même avec du recul, qu'il se souvenait avoir vu Ron. Il mit fin au cours tôt, pour le déjeuner, ayant l'air bien trop enjoué, selon Harry, pour que ce soit une bonne chose.

Puis, au déjeuner, ils purent enfin arrêter d'attendre que le ciel leur tombe sur la tête. Inhabituelle pour le déjeuner (les chouettes postales arrivaient normalement pour le petit déjeuner), une chouette arriva en planant dans la grande salle, le plafond enchanté ressemblant au gris ciel d'hiver de dehors, avec des nuages plus sombres traversant l'étendue monotone. La chouette atterrit sur l'épaule de Harry, et il se figea. Draco tendit la main pour enlever la lettre de la patte de l'oiseau, et Harry vacilla comme l'oiseau enfonça ses serres dans son épaule avant de décoller à nouveau.

Ignorant les regards des autres de la table de Serpentard qui se demandaient pourquoi Harry avait reçu une chouette au milieu de la journée, Harry et Draco se penchèrent ensemble au-dessus de la lettre.

Cher Mr Potter.

Il est venu à notre attention qu'une certaine personne pourrait encore être parmi les vivants. Vu que vous avez pu faire une erreur honnête en pensant qu'il ne l'était plus, maintenant que vous n'êtes plus sous cette fausse impression, nous vous faisons confiance pour que vous régliez le problème immédiatement. Pour éviter toute confusion cette fois, nous devons insister sur l'habeus corpus. Vous savez peut-être, ou pas, que c'est un terme qui veut grossièrement dire 'montrez nous le corps'.

Vous savez ce que vous devez faire, et comment vous devez prouver que vous l'avez fait. Ne perdez pas de temps. Vous savez pourquoi.

La lettre n'était pas signée. Malédiction ! pensa Harry. Comment diable allons-nous nous sortir de cela ? Habeas Corpus. Montrez-nous le corps. Le corps. Il devait y avoir un corps, ou il ne serait pas cru. Mais s'il y avait un corps, est-ce que ce ne serait pas possible de remonter la piste du meurtre jusqu'à lui ? Pas qu'il allait tuer Ron Weasley. Il avait été complètement furieux après lui la veille à cause de la façon dont il parlait de son autre frère mourant, mais il ne voulait encore pas le tuer. Ceci, pensa-t-il, était la manière dont Voldemort voulait le tenir. Il savait de son autre vie ce que Ron représentait pour lui. Il savait. Et même s'il le faisait, comment éviterait-il Azkaban ?

Il regarda la grande salle. Son papa était déjà parti, escortant Jamie et Simon vers leur cours suivant. Il croisa le regard de sa mère et haussa ses sourcils. Après le déjeuner, il avait Runes Anciennes, tandis que Draco avait arithmancie. Peut-être qu'il pourrait parler à sa mère dans son bureau avant, ou peut-être qu'ils pourraient aller voir Dumbledore.

Il se leva et alla à la porte de la grande salle, puis regarda par-dessus son épaule, croisant une fois de plus le regard de sa mère. Il se tourna et traversa le hall d'entrée, puis descendit les escaliers vers sa salle de classe et son bureau. Il attendit devant la porte du bureau, appuyé contre le mur, cramponnant la lettre dans ses mains. Quand elle arriva, quelques minutes plus tard, comme il savait qu'elle le ferait, elle tendit en silence sa main pour la lettre, et il la lui donna. Elle pointa sa baguette vers la porte et chuchota un mot de passe que Harry ne saisit pas, et elle commença à lire le parchemin froissé tandis qu'elle rentrait dans son bureau. Une fois que Harry eut passé la porte, elle la referma et alla à son bureau, lisant encore. Il s'assit dans un fauteuil près du feu.

Quand elle eut fini, elle leva les yeux vers Harry, le visage grave. « Bien, » dit-elle, « de toute évidence, nous devons faire un meilleur travail pour falsifier sa mort. » Harry savait que son papa lui avait parlé de Binns la veille. « J'ai dit à Severus la nuit dernière que nous aurions dû savoir que Binns était un mage noir… » marmonna-t-elle, s'asseyant lourdement dans le fauteuil de son bureau.

Harry était confus. « Comment auriez-vous dû savoir ? »

Elle haussa un sourcil. « N'as-tu jamais remarqué, Harry, la manière dont il parle sans arrêt des révoltes de gobelins, comme si c'était le plus grave problème auquel le monde de la sorcellerie avait dû faire face ? Ceci et les moldus brûlant les sorciers et les sorcières. Jamais un mot avec les problèmes que le monde de la sorcellerie a eu avec les mages noirs. Comme si les moldus auraient jamais eu le besoin de faire des chasses à la sorcière s'il n'y avait pas eu de tels sorciers et sorcières mauvais ! Si tous les gens magiques avaient seulement été bénins, je doute qu'il y aurait de telles choses dans l'histoire humaine, magique ou moldue, que les sorcières brûlant. Mais est-ce Binns a jamais parlé de cela ? Il ne l'a certainement jamais fait quand j'étais son élève, et je doute qu'il ait commencé maintenant. Chaque malheur auquel doit faire face le monde des sorciers est la faute des autres races, comme les Gobelins, ou la faute des moldus. Jamais un mot sur Grindenwald, ou le premier Voldemort… »

« Tu es au courant pour lui aussi ? » dit Harry avec excitation. « J'ai pris un livre par accident, dans la bibliothèque, et lu son histoire. Tu penses… Tu penses qu'il a vraiment ramené son fils de la mort ? »

Elle soupira. « Personne ne sait, Harry. Mais en parlant de ramener quelqu'un de la mort, maintenant que Binns sait que Ron Weasley n'est pas mort… »

« Ils veulent voir un corps. » chuchota-t-il.

« Oui, oui… » marmonna-t-elle. Pendant ce qui sembla un long moment, ils restèrent assis en silence. Harry pouvait entendre la pendule sur le manteau de la cheminée compter les minutes. Les tic-tac semblait être des mots. Ils semblaient dire Pas d'chance, pas d'chance…

« Harry » dit soudain sa mère. Sa voix était urgente. « Voici ce que nous devons faire. Je vais annuler mon dernier cours de la journée. Tu devras manquer le tiens aussi, et Draco aussi. »

Il haussa les épaules. « Nous n'avons pas cours. C'est une période libre pour nous. »

Elle acquiesça. « Tant mieux. On ne repèrera pas ton absence. » Elle s'arrêta encore de parler, râpant ses articulations contre le buvard sur le bureau, ses lèvres tirées en une ligne, ses sourcils froncés avec force. « Si seulement je savais où se trouve la vieille cape d'invisibilité de ton père… »

Harry haussa ses sourcils. « Je l'ai. Dumbledore l'avait, et il me l'a donnée… »

Ses yeux s'ouvrirent en grand à l'effet de la nouvelle. « Dumbledore l'avait ? » Maintenant elle avait l'air dégoûtée. « Tu penses qu'il aurait pu me le dire… »

« Pourquoi en as-tu besoin ? »

« Pas moi. Ron Weasley. Nous devons le faire sortir du château et l'amener à un lieu de rendez-vous sans qu'il soit vu. Il ne peut pas rester ici s'il fait des choses idiotes comme se promener dans le château. Idiot de garçon ! Pourquoi a-t-il quitté sa cachette déjà ? »

« Bien… Je ne l'ai pas dit. Il est un peu bouleversé… »

« Comme nous le sommes tous. »

« Non, c'est quelque chose d'autre… » il ménagea une pause, puis se sentit rougir. « Il dit que Ginny est enceinte. »

Le visage de sa mère ne changea pas d'expression. Ses yeux foraient dans les siens, puis elle recouvrit son visage de ses mains. Quand elle le révéla à nouveau, il sentit qu'elle n'avait jamais eu l'air plus résolue avant. La première sonnerie retentit, marquant la fin du repas.

« Rejoins ta classe. » lui dit-elle sèchement. De toute évidence, elle n'allait pas commenter la nouvelle qu'elle allait être grand-mère. « Après cela, récupère la cape et Draco, et viens au bureau du concierge. Je vous attendrai là-bas. »

Il acquiesça, une boule dans sa gorge. Il entendit les élèves commencer à rentrer dans la salle de potions. Il regarda pensivement sa mère. Elle regardait dans le vide.

« Maman ? » dit-il doucement, à deux reprises avant qu'elle ne le regarde. « Ta classe arrive. »

« Dis leur que j'arrive bientôt, je dois allumer un feu pour appeler quelqu'un… »

Harry fit comme elle lui avait dit, puis monta les nombreux escaliers jusqu'en Runes Anciennes. Il se demanda si elle serait vraiment concentrée sur les potions durant son cours. Il savait qu'il ne serait pas du tout concentré sur les Runes Anciennes. Mais avant qu'il ait quitté son bureau, sa mère avait eu une expression sur visage qu'il imaginait qu'elle avait porté quand elle était auror. Elle avait à la fois l'air déterminée et sur ses gardes, et assez formidable. Cela le fit frissonner le long de sa colonne vertébrale, mais d'une manière ou d'une autre, cela lui faisait sentir que tout se passerait bien.

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