Wargate : binn vivant, tu le vois ?
marine : aie confiance en l'auteur, même si parfois il rame...
Philippe Gryffondor : tu crois ?
touti : bon, si les mises à jour fonctionnent encore, c'est l'essentiel. Merci pour la précision.
et maintenant, bonne lecture à toutes et à tous.
Harry se laissa dériver en Runes Anciennes, et jaillit comme un boulet de canon après cela, courant vers la salle de classe d'arithmancie. Il aperçut Draco alors qu'il était encore seulement à vingt pieds de la porte. Il savait que son ami pouvait lire l'urgence sur son visage, car Draco lui fit un signe de la tête solennel et dit simplement « Où ? » d'une voix douce.
« Le bureau du concierge. » lui chuchota Harry du coin de la bouche.
Ils se déplacèrent rapidement dans les escaliers sur leur route, se glissant entre les élèves montant vers eux, leurs visages flous comme ils se dépêchaient pour se rendre à ce que Harry sentait être le plus important rendez-vous de sa vie. Ils coururent ensemble jusqu'à leur dortoir, afin que Harry puisse récupérer la cape, puis ils sortirent en courant encore de la maison, et titubèrent quand ils arrivèrent enfin devant le bureau du concierge, frappant contre la lourde porte en bois. Sa mère l'ouvrit. Dumbledore se leva, à nouveau sous les traits de Davy, avec son nez engorgé et sans ses lunettes, près du mur noir où se trouvait l'entrée vers la cachette.
« Voici comment cela va se passer, les garçons. » dit sa mère sans préambule, dès que la porte du bureau fut refermée. « Officiellement, je vais vous prendre dans les collines pour ramasser des ingrédients de potions. Vous faites cela avec moi au titre d'une retenue. Ron Weasley sera avec nous, portant la cape d'invisibilité. Nous allons en fait aller à une grotte que je connais. J'ai contacté l'un des opérationnels, qui nous retrouvera là-bas, et emmènera Weasley dans un endroit sûr. Après cela, nous métamorphoserons un animal mort pour qu'il ait l'air de son corps, comme il apparaîtrait s'il avait été perdu dans une tempête de neige il y a trois semaines, et qu'il avait péri dans les bois. Compris ? »
Ils acquiescèrent. Dumbledore ouvrit le passage et la mère de Harry partit avec lui. « Nous revenons vite. » dit-elle solennellement. Harry entendit leur bruit de pas disparaître en haut des escaliers de pierre. Il s'assit dans une chaise, regardant ses mains.
« J'espère que je pourrai voir Ginny, la tenir, lui dire que tout va bien aller… Je n'arrive pas à croire qu'elle va avoir un bébé… »
Draco aussi s'assit, secouant sa tête. « Tu as tellement de chance, Harry. »
Harry tourna brusquement la tête vers lui. « Quoi ? Tu es fou ? »
Mais son meilleur ami avait juste l'air triste et envieux. « Tu ne penses pas que je ferais un saut périlleux si juste une des filles que j'ai sauté venait à moi et me disait qu'elle portait bébé de moi ? Même si cela signifiait que Jamie ne me reparle plus jamais ? »
« De quoi parles-tu ? Et je voulais te demander cela, de toutes façons, si tu pouvais être papa… »
Draco soupira. « Il y a eu cet… incident. Quand j'avais quatorze ans. Pendant les vacances d'été. Je ne t'en ai jamais parlé. Tu te souviens que j'étais à l'hôpital cet été là ? »
« Oui. Tu vais une maladie moldue que tu avais attrapé en France, tu as dit. »
Draco acquiesça. « C'est une maladie moldue que l'on est sensé avoir lorsque l'on est très jeune. Si on l'a quand on est un homme… »
« Oh, à quatorze ans, tu étais déjà un homme ? » dit Harry en souriant. Draco se rebiffa.
« Assez homme, oui. En tous cas, si on l'a après être… physiquement mûr… » Il déglutit. « Les docteurs ont dit que je n'aurai probablement jamais d'enfant. Ils l'ont dit à ma mère. Elle a menti à mon père, cependant. Elle a dit que tout irait bien. »
« Pourquoi ? »
« Pourquoi ? C'est de mon père dont nous parlons. Elle était sûre qu'il me tuerait… Et je veux vraiment dire tuer, s'il découvrait. Puis il la tuerait probablement. »
« Je sais que je viens de dire cela, mais pourquoi ? »
« Parce qu'elle a eu des difficultés à me mettre au monde. Elle ne peut plus avoir d'enfants. Et bien sûr, en théorie, il pourrait simplement divorcer d'elle, mais cela prendrait plus de deux secondes, et mon père ne connaît pas la patience. S'il voulait un héritier qui produise aussi des héritiers, il la tuerait simplement et épouserait quelqu'un d'autre qui pourrait faire le nécessaire. Je pense qu'elle savait qu'elle devait mentir pour nous sauver la vie à tous les deux. »
Harry considéra cela. « Est-ce pourquoi… Est-ce pourquoi tu étais avec tant de filles ? Tu espérais que tu en mettrais une enceinte ? »
Draco leva ses mains au ciel. « Bien sûr ! Pas que ce soit arrivé. Et je devais les rassurer, évidemment, alors je leur ai dit que j'avais créé une potion spéciale pour les hommes qui m'empêchait de mettre une fille enceinte. Franchement, j'ai eu plus de filles qui sont venues à moi après cela que ce que je voulais vraiment. Ou du moins, des filles qui ne plaisaient pas vraiment. Tu sais ce que je veux dire. »
Harry se souvint de Niamh Quirke dans la bibliothèque, lui disant « J'ai entendu parler de toi. ». Ainsi, avait-elle entendu qu'une fille pouvait passer du bon temps avec Draco Malfoy sans avoir à s'inquiéter de tomber enceinte ? Cela y ressemblait certainement.
« Alors… aucun de ces bébés que Stu disait avoir entendu venir au monde dans l'infirmerie… aucun n'était de toi ? »
« Quoi ? Non, bien sûr que non. En tous cas, je pense que je sais ce dont tu parles. La plupart de ces filles sont du village. Tu sais. Les mariées de juin, finissant leur septième année, puis ayant directement un bébé. Le ministère accorde des aides incitatives. Et Pomfresh est la seule aux environs de Pré-au-Lard qui soit qualifiée comme sage-femme. »
« Oooh… » souffla Harry.
« Maintenant, certes, il y a quelques élèves qui ont eu des bébés. On entend des choses. Mais aucun de ces enfants n'était de moi, je peux te le dire. » Il soupira. « J'aurais aimé que ne serait-ce qu'un le soit, mais je n'ai pas eu cette chance… C'est pour cela que je n'ai pas dit à Jamie ce que je ressentais envers elle pendant si longtemps. Finalement, j'ai juste… Je ne pouvais pas ne pas lui dire. Mais j'étais encore inquiet. Je veux dire… J'aime vraiment Jamie, Harry. Je sais que nous sommes jeunes, mais je veux passer le restant de ma vie avec elle. Et finalement… bien, finalement, elle va vouloir avoir un enfant. Et je ne peux pas lui donner cela. »
Harry ne savait pas que dire. Il voulait le rassurer et le réconforter, lui dire que peut-être Jamie ne voudrait pas de bébé, mais tout ce qui sortit fut « Oh, Draco… »
Soudain, il entendit un bruit de pas venant des escaliers derrière l'arche, et l'instant d'après, Ginny se jetait à son cou, et il la tenait tout contre lui, son visage dans ses cheveux, tandis qu'elle avait ses lèvres sur son cou, et il eut à la fois envie de rire et de pleurer. Par-dessus son épaule, il vit Ron le regarder de travers. Il se sépara d'elle à contrecœur, mais pas de beaucoup. Il mit ses mains sur ses épaules, et la tint au bout de ses bras, scrutant son visage. Ses grands yeux marrons avaient l'air rouges et fatigués, sa peau était cireuse et ses pommettes étaient assez saillantes. Il voulait dire quelque chose de réconfortant, mais il ne savait pas quoi. Au lieu de cela, ce qui sortit, à peine au-dessus du murmure fut. « Je… je pensais que Madame Pomfresh t'avait donné la potion. » Il se souvenait du breuvage gris et repoussant qu'il l'avait vu boire dans l'infirmerie après qu'ils soient revenus des vestiaires de Quidditch.
Elle baissa les yeux, parlant doucement. « C'était quelque chose d'autre. Je lui ai posé des questions sur la potion. Je ne lui ai pas dit que j'en avais besoin, mais que j'en avais entendu parler et que je me demandais si elle marchait vraiment… Bien, a-t-elle dit, elle marchait assez bien, mais elle a été déclarée illégale dans le monde de la sorcellerie ces sept dernières années. J'ai convenu avec elle que la pénurie de main d'œuvre et tout cela le rendait nécessaire… Je ne pense pas qu'elle ait suspecté quoique ce soit. Et puis on lui a mis ce sortilège de mémoire, de toutes façons… »
Il secoua tristement sa tête. « Mais Ginny… Pourquoi n'as-tu rien dit ? Pourquoi ne me l'as-tu pas dit ? »
Elle baissa à nouveau les yeux. « Je… Je ne pouvais pas. Et puis je suis allée me cacher avec Ron… J'ai en quelque sorte simplement passé à la devise des Cannons de Chudley. Tu sais. 'Gardons les doigts croisés, et espérons le meilleur.' Elle le regarda, suppliante, comme si elle avait peur qu'il se mette en colère après elle.
Au lieu de cela, il dut résister à l'envie de rire, comme il la tirait à nouveau vers lui, se tenant à elle et à sa chère vie. Il regarda Ron et Draco, qui avaient des opinions très différentes sur la désirabilité que Ginny soit enceinte. Mais il n'y avait plus l'opportunité de parler de cela maintenant. Sa mère et Dumbledore émergèrent finalement de l'arche.
« Vous deux, » dit Dumbledore à Ron et à Ginny, « vous déplacez bien trop rapidement pour un vieil homme comme moi. » Il se tourna vers Ginny. « Et maintenant tu as vu Harry. J'ai bien peur que nous devions repartir. Nous nous sommes mis d'accord. » Elle lui fit un signe de la tête, puis se tourna vers Harry et se leva sur la pointe des pieds, l'embrassant légèrement sur les lèvres. Il la tint étroitement pendant un moment, ses yeux fermés, chuchotant « Je t'aime » dans son oreille. Puis il la relâcha, et regarda Dumbledore la conduire loin de lui une fois encore. Quand ils furent repassés sous l'arche, celle-ci disparut une fois de plus.
Sa mère lui tendit maintenant la main, toute occupée à cette affaire maintenant. « La cape, s'il-te-plaît. » Il la sortit de sa poche et la lui donna. Elle la passa sur Ron qui disparut promptement. « Maintenant » vers le vide où il s'était précédemment tenu l'instant d'avant, « il y a une longue marche jusqu'au point de rendez-vous. Restez près de nous, assurez-vous que personne ne rentre en contact avec vous, et ne dites rien. »
« Où se trouve la maison ? » fit la voix de Ron sous la cape. « Est-ce que je serai en contact avec mes parents ? Ou Charlie ? »
« Je ne peux pas vous le dire maintenant. Nous devons nous concentrer sur vous faire sortir du château. Si vous ne vous étiez pas laissé voir par Binns… »
Ron avait maintenant l'air revêche « Oui, bien, si votre fils n'avait pas mis ma sœur enceinte… »
La voix de sa mère prit un ton méchant. « Voulez-vous notre aide pour rester en vie ou non ? »
Il demeura silencieux un moment. Puis Harry entendit à nouveau sa voix, plus douce et conciliante maintenant. « D'accord. Je suis prêt. »
Les quatre quittèrent le bureau du concierge, sa mère d'abord, suivie de Draco, puis ce qui semblait être un trou mais était en fait Ron, et finalement Harry, fermant la marche. Il réussirent à atteindre le hall d'entrée sans rencontrer personne. La mère de Harry ouvrit la porte d'entrée du château, laissant rentrer une rafale d'air glacé, et d'une manière ou d'une autre, Harry sentit que c'était de mauvais augure. Je n'aime pas cela, pensa-t-il. Comment savons-nous que l'opérationnel que nous allons rencontrer n'est pas un agent double ? Comment savons-nous que Binns n'a pas sa propre cape d'invisibilité, qu'il ne nous suit pas jusqu'au point de rendez-vous ?
Mais il suivit les deux personnes visibles et la personne invisible par la porte, et dans le jour hivernal et glacé, le jour de l'anniversaire de sa sœur, sans dire un mot sur ses doutes et sur ses craintes. Il continua à regarder alentour et à écouter des bruits faits par des pieds invisibles autres que ceux de Ron, mais ils semblaient être authentiquement les seuls à se déplacer dans les collines où il avait été avant. Plus ils grimpaient, plus il devenait convaincu que leur destination était la même grotte où Hermione, Ron et lui avaient rencontré Sirius pendant le Tournoi des Trois Sorciers, quand son parrain était revenu à Poudlard, soucieux à cause de la douleur qu'avait Harry à sa cicatrice.
Et puis ils y étaient. La même grotte dont il se souvenait. Ils étaient tous essoufflés et avaient froid. Harry pouvait dire que Ron était aussi fatigué que les autres. Plus d'une fois, il avait butté dans Ron quand il avait ralenti. Ils durent se baisser pour entrer, comme Harry s'en souvenait, mais peu près, ils purent se relever. Ron enleva la cape, et la mère de Harry alluma une chandelle qu'elle avait prise et la plaça sur une corniche. Puis elle enchanta le mur derrière la chandelle pour qu'il se comporte comme un miroir, afin que la lumière soit doublée.
Ils poussèrent tous un soupir de soulagement. La grotte était quelque peu plus chaude que l'extérieur, étant abritée du vent. Harry reprit la cape d'invisibilité à Ron et la mit dans sa poche. Ron parcourut la grotte du regard. Elle était en fait assez haute, et il y avait en fait deux tunnels, chacun partant d'un espace près de l'ouverture. Le petit tunnel devait faire à peine quinze pieds de profondeur, le grand devait en avoir une quarantaine. Les os de petits animaux couvraient le sol poussiéreux. Ron commença à regarder autour de la cave, sans but, ses mains dans ses poches. Il se retourna près du fond du petit tunnel, soupirant.
« Bien, quand est-ce que cette personne va venir me prendre jusqu'à une maison sûre ? »
« Expelliarmus! »
Sans avertissement, la mère de Harry avait brandi sa baguette et l'avait pointée sur Ron. Il ne vola en arrière que d'une paire de pieds, contre ce qui ressemblait à un mur de terre séchée, tandis que sa baguette volait gentiment jusque dans les mains de la mère de Harry. Elle la mit dans sa poche. Harry alla vers elle, fronçant les sourcils.
« Que diable… ? »
« Expelliarmus ! » cria-t-elle encore, pointant cette fois sa baguette vers Draco, qui vola en arrière plus loin, sur à peu près sept pieds, frappant la paroi de la grotte plus douloureusement que Ron, qui n'avait pas cogné sur du rocher mais sur de la terre, plus souple. La baguette de Draco était maintenant dans la main de la mère de Harry, et Draco était assis sur le sol de la grotte, là où il avait été projeté, se frottant le derrière de sa tête.
Harry se tenait entre Draco et Ron, sa baguette sortie maintenant, tendu et prêt à répondre où à éviter un sort venant d'elle. Est-ce que sa mère était devenue folle ? « Que fais-tu, maman ? »
« Ce que j'aurais dû faire dès que j'ai entendu ce que l'on attendait de toi. M'assurer que tu le ferais vraiment. »
« Quoi ? De quoi parles-tu ? »
« Tu vas tuer Ron Weasley maintenant, afin que nous puissions mettre fin à tout cela. Puis Severus va tuer Charlie Weasley, et tous mes enfants seront à nouveau en sécurité. Tu as de la chance que la fille ait eu le bon sens de rester cachée, Draco. Malheureusement, le même ne peut pas être dit de son frère. » Elle foudroya Ron du regard, qui était pressé contre le mur où le sort l'avait projeté, regardant son professeur de potions.
Harry secoua sa tête, comme si cela allait lui nettoyer les oreilles et lui permettre d'entendre ce qu'elle avait vraiment dit. « Tu… Tu es folle ! Je ne vais tuer personne, et encore moins le frère de Ginny ! Qu'est-ce qui ne va pas avec faire ce que tu as dit ? Tu sais, métamorphoser un animal mort pour qu'il ressemble au corps de Ron… »
Elle lui donna un regard dur. « Tout sorcier digne de ce nom vérifierait qu'il n'y a pas un sort de métamorphose comme celui-là. J'ai juste dit cela pour vous amener tous les trois ici. »
Harry jeta un coup d'œil à Draco qui avait l'air plus terrifié que pour son initiation. « Pourquoi as-tu besoin de lui ? Laisse-le partir maman. »
« J'ai besoin de lui pour cela. » dit-elle, pointant sa baguette vers lui. « C'est ton meilleur ami. Soit tu tues Weasley quand je te le dis, soit je commence à le torturer. »
Harry se renfrogna regardant tour à tour sa mère et son meilleur ami. « Tu… Tu ne ferais pas cela à Draco ! Maman… Jamie l'aime ! Tu… Tu ne peux pas ! C'est mon… »
« Si tu ne veux pas que ton meilleur ami souffre, tue Weasley. » dit-elle froidement, ses yeux verts brillants. Harry voulait lui faire reprendre ses sens.
« Maman, pourquoi fais-tu cela ? »
Sa lèvre trembla un petit peu, et sa baguette oscilla, bien qu'elle reste encore pointée sur Draco. « Harry, si je dois choisir entre mes enfants et ceux de quelqu'un d'autre, je choisis les miens. Je fais ce qui est nécessaire. Ce qui est nécessaire pour te garder en vie… »
« Mais… Mais tu disais que c'était pour protéger Jamie et Simon… »
« Eux aussi ! Mais… mais principalement toi… Je ne pourrais pas supporter qu'il t'arrive quelque chose… » Sa voix était pleine de larmes. Harry la regarda, implorant.
« Ne fais pas cela, maman. Je peux prendre soin de moi. »
« Non ! » répondit-elle, soudain en colère. « Tu ne sais pas ! Tu n'as aucune idée de ce qu'il a fait… »
« Qu'est-ce qu'a fait qui ? »
Elle le regarda avec des yeux infiniment tristes. « Quand tu étais un bébé. La nuit où ton père a été tué… Quand je lui ai dit que je t'élèverai pour que tu sois son serviteur, il t'a lancé un sort… Un sort d'Obéissance. Je n'ai aucun doute que Draco en a reçu un aussi. » Elle montra son ami de la tête. « C'est de la magie noire. Cela enlève beaucoup de pouvoir à la personne lançant le sort. Et le lancer sur deux personnes dans un court laps de temps… Je n'aurais pas été surprise si cela l'avait presque rendu mortel à nouveau. »
Harry pensa 'C'est pour cela qu'il est obsédé par devenir plus puissant, parce qu'il a donné une partie de son pouvoir à moi et à Draco. « Mais pourquoi » lui demanda-t-il, « est-ce que quelqu'un ferait cela, si c'est tellement épuisant ? »
Elle déglutit. « J'ai dit que c'était un sort d'Obéissance. Quand vous avez été initiés, tous les deux, vous a-t-il donné des ordres directs ? »
« Bien… Il m'a posé quelques questions. Mes réponses n'étaient pas vraiment sincères, mais… »
« Les questions ne sont pas des ordres. Vous a-t-il ordonné de faire quoique ce soit ? »
« Il… Il nous a fait nous agenouiller. Mais c'était juste quelque chose qu'il a fait. L'instant d'après, nous étions agenouillés. »
« Quoi d'autre ? »
Continue à la faire parler, pensa-t-il. Distrais la. « Bien… » Il fouilla dans sa tête. « Après qu'il… nous ait lancé le Cruciatus dessus, il nous a demandé de lui demander de ne plus le refaire, et nous l'avons fait. » Elle acquiesça et il continua. « Et il nous a fait à tous les deux mettre notre bras à nu pour recevoir la Marque des Ténèbres… plus tard, il m'a fait lui tendre ma baguette. Techniquement, je lui ai tendu celle de Draco, mais il a pensé que c'était la mienne… Pourquoi ces questions maman ? »
Elle eut l'ait pensive, et il pensa qu'elle avait baissé sa garde. « Hmm. Peut-être que c'est ce qui est important… » dit-elle d'une voix amusante.
« Qu'est-ce qui est important ? »
« Bien, à ce moment là, cette baguette était en ta possession, alors c'était la tienne… »
« Je ne comprends pas. Comment fonctionne le sort d'obéissance ? »
Soudain, son regard vers lui était à nouveau gentil, maternel. « Je ne l'aurais pas laissé faire si j'avais su, Harry. S'il-te-plaît, crois cela. C'est très puissant. La raison pour laquelle cela pompe le pouvoir de la personne qui le lance est que la personne qui le subit va avoir davantage de chance d'obéir aux ordres. Si la personne qui a lancé le sort te donne un ordre direct, et que tu refuses, tu tomberas raide mort. Si cette personne te donne un ordre direct et que tu l'acceptes, si c'est possible, tu le feras, ou tu mourras en tentant de le faire. C'est bien plus fort que le sort d'Imperius, qu'on peut dominer avec assez de volonté. On ne peut pas se battre contre cela. C'est absolument impossible. Évidemment, la chose qui empêche les mages noirs de l'utiliser constamment et le facteur de la fuite du pouvoir. Une fois que l'on a lancé le sort sur quelqu'un, une portion de votre pouvoir est perdue à jamais, et vit dans l'autre personne jusqu'à ce qu'elle meure. Et si elle refuse de faire ce qu'on lui a demandé et qu'elle meurt… ce pouvoir va mourir avec elle. Probablement que personne d'autre que Voldemort n'aurait pu lancer ce sort deux fois en moins de six mois et avoir encore du pouvoir pour soi. Et jusqu'à présent, il a utilisé des intermédiaires pour vous demander de faire les choses, autrement qu'à l'initiation. Mais si ça va plus loin, Harry, j'ai peur que… »
« Quoi, maman ? De quoi as-tu peur ? »
Elle commença à pleurer. « J'ai peur qu'il te commande de le faire lui-même, en personne. J'ai peur que s'il fait cela, tu refuses et tu meures… » Sa voix était devenue très douce.
Harry se souvint de l'héritier, de la manière dont il avait été d'accord pour se sacrifier. Est-ce que Voldemort l'avait encore fait ? Avait-il lancé le sort d'Obéissance sur son petit fils, espérant retrouver son pouvoir en partageant son corps après l'avoir tué ? Était-ce ce qu'il prévoyait de faire à Harry et à Draco ? Réclamer leur pouvoir, ou plutôt son pouvoir, grâce au sacrifice rituel et la consommation de ce sacrifice ? Et sa mère avait modifié ses résultats scolaires afin que peut-être Voldemort ne pense pas que Harry avait beaucoup de pouvoir, afin qu'il pense avoir peu à gagner en l'utilisant ou en le sacrifiant…
Mais il était las d'avoir peur. Harry releva son menton et la regarda dans les yeux. « S'il me donne l'ordre direct de tuer Ron, oui, je refuserai. Je préfèrerais moi-même mourir plutôt que d'être un meurtrier. C'est pourquoi nous devons le faire croire à la mort de Ron… »
« Non ! Cela ne marchera pas ! Cela doit être fait proprement. Ce n'est pas discutable. Tu le tues, ou… »
« … ou tu tortures Draco. Mais maman… même si je voulais… ce que je ne veux pas… je ne pense pas que je pourrais lancer le sort mortel. On a besoin de mettre beaucoup de magie derrière ce sort… »
Elle lui fit un signe de la tête. « Je sais. Tu l'as. Grâce au sort d'obéissance. Aie confiance en moi. Tu peux le faire. »
« Que j'aie confiance en toi ? » couina-t-il presque. Il était complètement incrédule. Il ne pouvait pas en supporter davantage. Il n'allait pas laisser cela arriver. S'il devait voir sa mère bouclée à Ste Mangouste, folle furieuse, alors il le ferait. Mais il ne permettrait pas à Ron de mourir ou à Draco d'être blessé. Elle était vraiment folle…
Pendant une fraction de seconde, son attention sembla diminuer, et il s'interposa entre elle et Draco, criant « Cours Draco ! Va chercher de l'aide ! »
Sa mère pointa sa baguette, essayant d'avoir le champ libre pour viser Draco, mais Harry entre les deux la gêna, et son meilleur ami déboula par l'entrée de la grotte, désespéré de s'échapper. Sa mère s'avança vers Harry puis s'arrêta.
« C'était stupide, Harry. Très stupide. Maintenant, si quelqu'un arrive et le trouve mort, tu seras accusé. Je ne veux pas que tu meures ou que tu ailles à Azkaban. Juste… »
« Non ! » rugit-il pratiquement. « Tu ne sais pas ce que tu fais, maman. » Puis il la regarda tristement. « Maman, maman, » marmonnait-il maintenant. « la manière dont tu te comportes maintenant, si poussée à me protéger… C'est parce que tu es sous Imperius. Tu l'es depuis des années. Mais tout ce que l'on t'a dit de faire était de me protéger à tout prix. Ce qui est naturel, c'est l'instinct maternel, la plupart du temps. Tu sais ce qui arrive quand on dit à quelqu'un sous Imperius de faire quelque chose qu'il veut déjà ? Cela devient presque impossible de résister, parce que le désir était déjà là. Cela le renforce, le ramène à la surface dans la personne qui y résistait auparavant… »
« De quoi parles-tu, Harry ? Quand ai-je été placée sous Imperius ? »
« La nuit où mon père a été tué. » chuchota-t-il.
« C'est ridicule. Qui l'aurait fait ? »
Sa gorge ne marchait pas très bien, mais il réussit à articuler. « C'est ma faute maman. Je l'ai fait… C'est pour cela que tu m'as promis à Voldemort… »
Elle fit la tête. « Je crois que c'est toi qui est fou, Harry. Tu étais un bébé. Comment as-tu pu me mettre sous Imperius ? »
Sa bouche bougeait, voulant lui dire que c'était pour la sauver, voulant lui dire qu'il avait été d'une manière ou d'une autre convaincu que cette vie aurait été merveilleuse s'il avait grandi avec ses parents, ou au moins l'un d'eux… Comment il avait eu les meilleures intentions, spécialement après avoir entendu qu'elle avait porté Jamie au moment de sa mort…
Mais avant qu'il puisse dire quoique ce soit, elle essaya de le prendre par surprise et pointa sa baguette vers Ron Weasley elle-même. Ron se pressa le dos contre le mur, ses yeux affolés. Il n'avait rien dit de tout ce temps, depuis que la mère de Harry l'avait désarmé.
« Non, maman ! » cria Harry, se réveillant soudain.
« Harry, j'ai dit que si Voldemort te dit de faire quelque chose, et que c'est possible de le faire, et que tu acceptes, alors tu le feras. Mais si ce n'est pas possible… rien. Il n'y a aucun effet. Tu ne seras pas obligé de le faire, et tu ne mourras pas. Bien, s'il te demande de tuer quelqu'un qui est déjà mort, tu ne peux pas vraiment le tuer à nouveau, n'est-ce pas ? »
Il secoua la tête. Il avait l'impression qu'elle allait exploser. « Non maman ! » dit-il encore. « Je ne suis pas un meurtrier… mais toi non plus ! Je ne veux pas que tu fasses cela juste pour me protéger. Personne ne va tuer Ron Weasley ! »
Mais sa mère ne le regardait pas. Elle regardait Ron, concentrant sur lui plus de haine que Harry aurait jamais cru possible qu'elle n'en ait. Elle protégeait ses enfants. Elle faisait tout ce qui était nécessaire, et par-dessus tout, pour le protéger lui, son Harry…
« Mon père peut cacher toute votre famille » bafouilla maintenant Ron. « Il travaille pour le ministère. Vous seriez tous parfaitement en sécurité… »
Sa mère renifla. « Je n'ai rien contre votre père, Weasley. C'est un homme bien. C'est le seul de son espèce. C'est le problème. Il n'y en a qu'un comme lui. Et il est trop confiant. Tu n'as pas idée de combien de personnes travaillent proche de lui et ne doivent pas recevoir de confiance. Le ministère est infesté de Mangemorts. Il est pourri jusqu'à la moelle. Il n'y a aucun moyen d'être en sécurité si c'est le ministère qui organise notre fuite. Nous serons tous tués en moins d'une semaine. Non, il n'y a qu'une méthode… »
Elle pointa sa baguette, stable et sûre. Il sembla à Harry qu'elle visait entre les deux yeux de Ron. Juste avant qu'elle ne commence à dire le sort, le crâne de Harry lui picota de partout, et il savait déjà ce qu'il devait faire. C'était la seule chose pour sauver Ron.
« Avada Ke..»
« Expelliarmus! »
Son sort explosa sur elle avec la force d'un raz-de-marée. Elle fut projetée en arrière sur toute la longueur du long tunnel, plus vite que Harry n'avait jamais vu voler quelqu'un qui se faisait désarmer. Elle frappa la dure paroi de la grotte avec deux bruits séparés. Un bruit sourd, qui était celui de son corps, et un craquement fort et écœurant. Harry ne savait pas ce qui avait fait ce bruit aigu. Son corps tomba sur le sol poussiéreux de la grotte. La lumière de la chandelle tremblait derrière lui, jetant son ombre devant lui comme il descendait lentement le tunnel vers sa mère. Quand il ne fut plus qu'à un pied d'elle, il s'arrêta, effrayé de s'avancer. Il la fixa, encore et encore, voulant qu'elle écarte ses cheveux de devant son visage, ou qu'elle crie, ou qu'elle le gronde, ou gémisse. Un œil ouvert, fixe, ne bougeait pas. Il attendit qu'elle cligne des yeux, ou le ferme simplement à cause de la douleur. Il leva les yeux vers la paroi de la grotte et vit une tâche rouge sombre dessus, et il déglutit. Il entendit un bruit de pas et il sentit plus qu'il ne vit Ron venir derrière lui, regardant aussi sa mère.
Lily Evans était complètement immobile.
* * * * *
Note de l'auteur : 'All Through The Nigh' est une chanson galloise traditionnelle sur l'air de 'Ar Hyd y Nos'. Les couplets de l'hymne que chante Jamie sur le même air ont les crédits suivants : premier couplet (Reginal Heber, 1827), deuxième couplet (William Mercer, 1864) et troisième couplet (Richard Whately 1787-1863). Cette version provient du livre de chant publié par l'église presbytérienne des États-Unis, les églises presbytériennes unies des USA et l'église réformée d'Amérique, copyright 1955. Les crédits pour l'autre berceuse galloise, Suogon, peuvent être trouvés au chapitre 32 de Harry Potter et le serpent psychique.
