Harry Potter et le temps des bonnes intentions
(ou : La dernière tentation de Harry Potter)
Lunenoire : he oui, pauvre Harry...
Mary Cooper : A chacun ses petits problèmes, mais oui, pauvre Draco.
Ryan : ouaich
Dumati : Ben... si !
popov² : il est très fort pour cela, j'en conviens...
Wargate : c'est triste, je sais.
Et maintenant, bonne lecture à toutes et à tous pour le...
Chapitre treize
Justice
Harry secoua sa tête avec incrédulité, déglutissant. Ses jambes s'effondrèrent sous lui, et il se retrouva agenouillé sur le sol froid et sale, continuant à la fixer, n'y croyant toujours pas. Il s'avança sur ses genoux, l'approchant avec précaution.
« Maman ? » s'étrangla-t-il. « Maman ? » tenta-t-il, plus doucement. Il la regardait directement maintenant. Ron le suivit. Il s'effondra le long de ses hanches à côté de Harry. Il leva les yeux vers Ron, et il ne put pas le voir clairement. Soudain, il lui était impossible de voir clair. C'était comme s'il n'avait pas du tout de lunettes.
« Potter. » dit la tâche à la tête rouge indistincte qui était Ron Weasley, mettant sa main sur l'épaule de Harry. Sa voix était très douce. « Je ne crois pas… Je ne crois pas que l'on puisse encore faire quelque chose. »
Harry déglutit et remonta ses lunettes, clignant rapidement des yeux. Ron devint net maintenant. Le problème était qu'il pouvait voir sa mère aussi. « J'essayais juste de la désarmer. » Il chuchotait encore. « Elle t'aurait tué… »
Ron avait l'air très pâle, et il acquiesça. « Tu as sauvé ma vie. Malheureusement… »
Harry fronça les sourcils. « Sauver ta vie n'était pas heureux ? »
« Je n'ai pas dit cela. » se raidit Ron. « Tu ne m'as pas laissé finir. J'allais dire, malheureusement, le ministère ne se soucie pas de choses comme celle-là. »
« Des choses comme quoi ? »
« L'autodéfense. Ou dans ce cas, la défense de quelqu'un d'autre. »
Soudain, Harry entendit une voix dans sa tête. La voix de Sam Bell. Accidentellement ou pas, une personne était quand même morte. Le sort que j'ai lancé est à blâmer. Ce n'était pas le sortilège mortel, mais il a quand même tué. C'était tout ce qui comptait.
« Mais… mais tu pourras leur dire. Elle allait torturer Draco si je ne t'avais pas tué. Elle avait à moitié lancé le sortilège morte. C'était juste le sort de désarmement. C'était juste… » Sa voix s'éteint, quand il baissa les yeux vers sa mère, puis qu'il écarta en hésitant les cheveux de son visage. Maintenant, il y avait une petite flaque rouge sur le sol de la grotte, sous sa tête. Ses yeux verts et vifs semblaient regarder droit dans les siens, mais ces yeux ne verraient plus jamais. Il passa doucement sa main sur ses paupières, les refermant, puis peigna ses cheveux, quelque peu sans but. Ses yeux lui faisaient mal comme s'il les avait frottés très fort pendant des jours.
« Elle essayait simplement de… de… » Mais il ne put pas finir. Elle essayait simplement de me protéger. Tout comme j'essayais simplement de sauver sa vie quand je l'ai mise sous Imperius…
Il leva les yeux vers Ron. « Quelqu'un va bientôt arriver ici. Draco aura trouvé quelqu'un. Pourrais-tu… Pourrais-tu me laisser seul quelques minutes ? Avec ma mère ? »
Ron acquiesça et commença à partir, puis il se retourna. « Potter. » Harry leva la tête le regarda. « Tu le pensais vraiment ? Que si… Si Tu-Sais-Qui t'ordonnait de me tuer, tu refuserais, sachant que tu mourrais ? »
Harry déglutit et acquiesça. « Je ne suis pas un tueur. Je… Je n'ai jamais voulu blesser ma maman… »
« Je sais. » chuchota Ron. « C'est juste que… Je ne sais pas si j'aurais fait la même chose. Je veux dire, toutes ces années à l'école, nous n'avons pas… »
« Oui. »
« Et j'ai juste essayer de… quand j'ai découvert pour Ginny… »
« Oui. » dit encore Harry. Il se souvint de Ron à douze ans, le voyant étendu sur l'échiquier géant de MacGonagall après s'être laissé prendre. Il se souvint de lui, allongé sur le lit de la cabane hurlante, à l'agonie à cause de sa jambe cassée, disant à Sirius Black, qu'il prenait pour un Mangemort et un meurtrier, il devrait aussi les tuer lui et Hermione… Il souvint réintégrer son corps après que Ron lui ait lancé le sort de Cruciatus dessus, son meilleur ami baissant les yeux vers lui et demandant simplement « Tu es de retour ? » de ce ton dans la voix qui disait à la fois à Harry 'Je savais que tu irais bien' et 'Tu aurais dû savoir tout le temps que je suis avec toi. Je suis ton meilleur ami et le serai toujours.' Ron avait risqué d'aller à Azkaban pour le restant de ses jours, si quelqu'un avait sérieusement cru qu'il avait lancé le Cruciatus sur Harry…
« Tu ne sais jamais, Weasley. » dit-il calmement. « A ma place… Tu aurais pu faire la même chose. »
Ron lui fit un demi-sourire, ayant l'air d'en douter, puis il remit la cape d'invisibilité. Harry l'entendit avancer à genoux comme il quittait la grotte. Il se retourna vers sa mère. Il voulait faire quelque chose, chanter pour elle comme elle et Jamie avaient fait pour Stu, mais il avait la gorge trop serrée. Il s'assit au lieu de cela, lui parlant très doucement, comme si elle pouvait entendre, lui parlant de sa vie, de son autre vie. Était-elle alentour ? se demanda-t-il. Était-elle un fantôme maintenant, comme son père ? Ou est-ce que sa mort avait signifié qu'elle et son père pouvaient quitter ce monde, qu'ils pouvaient être ensemble dans l'au-delà, comme ils auraient dû l'être ?
Il ne savait pas. Il continua juste à chuchoter, ne sachant pas si elle pouvait l'entendre, ayant juste besoin de le dire. Il lui parla des Dursley, de Hagrid lui disant qu'il était un sorcier, de la première fois où il l'avait vue, avec son père, dans le miroir du Rised… Et puis il se souvint de quelque chose que Dumbledore avait dit sur des personnes restant pendant des années, à fixer le miroir, et sur les gens choisissant précisément ce qui était le pire pour eux. Mais en choisissant ma mère et ma sœur, pensa-t-il, comment ai-je choisi la pire chose pour moi ? Une famille est sensée être une bonne chose. Puis une autre voix dit dans sa tête 'Mais était-ce la meilleure chose pour le monde ?'
Il arrêta de parler, baissant à nouveau les yeux vers elle, la voyant comme les autres la verraient : violemment assassinée par son propre fils. Il pensa à nouveau à Sam. Je vais aller à Azkaban, pensa-t-il. Avec les détraqueurs. Il frissonna de tout son corps. Non. Ce ne sera pas comme pour Sam, pensa-t-il. Sam Bell était dévoré par la culpabilité. Il a capitulé sans combattre. Je… Je me sens responsable pour la mort de ma mère, mais… Cela peut être défendu. Je ne vais pas simplement m'effondrer et me laisser mettre de côté. Je vais me battre. Il passa sa main sur le front de sa mère. Je dois rétablir les choses. Je ne peux pas faire cela d'une prison..
Il entendit des voix. Elles venaient pour lui. Il eut soudain une pensée paniquante. Et s'ils cassaient ma baguette ? Ensuite, comment pourrais-je jamais rétablir le cours du temps ?
Il regarda autour de lui. Il devait y avoir quelque chose qu'il pouvait faire. Il avait réussi à cacher la baguette de Voldemort. Si sa propre baguette était cassée, cacher celle de Voldemort n'aurait servi à rien. Il fouilla autour de lui, trouvant quelques pierres éparses. Il coinça sa baguette dans un long espace étroit dans le fond de la grotte, et empila des pierres contre elle et par-dessus, comme un petit cairn, jusqu'à ce qu'elle ait disparue de sa vue. Puis il enleva la baguette de sa mère de sa prise et la mit dans sa poche. Dans son autre main, elle tenait les baguettes de Ron et de Draco. Il les lui prit, et les mit dans son autre poche, puis se rassit à côté d'elle, attendant que les larmes viennent. Pourquoi ne puis-je pas pleurer ? se demanda-t-il. Parce que, lui répondit son cerveau, elle était sensée être morte depuis des années. Tu as déjà pleuré ta maman il y a des années…
Quelqu'un rentrait dans la grotte, à quatre pattes, puis il se leva et brossa sa robe noire.
C'était Severus Rogue.
Harry aurait préféré être mort plutôt que voir l'expression sur le visage de son papa. « Lily ! » cria-t-il d'une voix rauque, courant vers eux deux. Dumbledore entra ensuite dans la grotte, sous l'apparence de Davy. Sans se soucier du sang, le beau-père de Harry s'effondra sur le sol à côté de Harry et il tira son épouse sur ses cuisses, se penchant et embrassant ses lèvres froides, les larmes coulant sur sa peau pâle, bien trop pâle…
Il regarda Harry, ses yeux noirs affolés. « Que s'est-il passé ? »
Harry regarda Dumbledore. Il était content qu'il apparaisse en tant que Davy à ce moment. Il était un peu moins formidable ainsi. Cela était plus facile pour Harry de sortir l'horrible histoire. Comme il expliquait (abandonnant la partie où il disait à sa mère qu'il l'avait mis sous Imperius), Dumbledore acquiesça sagement.
« Je me faisais du souci pour l'identification du corps, tout comme elle. » dit-il lentement. « Je pense qu'elle était un peu trop prudente là-dessus. Mais après que vous ayez quitté le château, j'ai réalisé qu'elle n'avait pas dit quel opérationnel allait vous rencontrer ici… Je les ai tous appelé pour savoir lequel venait, et quel endroit sûr allait être employé. J'ai réussi à appeler tout le monde assez rapidement, et personne ne m'a dit avoir eu des nouvelles de Lily. J'ai pensé que ces manières étaient assez inhabituelles, alors j'ai expliqué à Sirius ce que je pensais qu'il se passait, et lui ai demandé d'appeler quelques aurors, parmi ceux qui avaient l'habitude de travailler avec Lily, et de leur dire de venir ici. J'espérais que quelqu'un qui l'avait connu avant pourrait la ramener à la raison. Puis j'ai quitté le château et rencontré Draco alors qu'il était à mi-chemin. Je l'ai envoyé chercher ton beau-père. J'espérais être ici avant que quelque chose ne se passe, mais quand je suis arrivé, Ron Weasley bloquait l'entrée de la grotte, portant ta cape d'invisibilité. »
Harry regarda son beau-père, mais il était oublieux. Il n'avait pas remarqué le commentaire sur la cape. Dumbledore continua. « Ron m'a informé de ce qui était arrivé, mais j'ai décidé de te laisser seul avec ta mère jusqu'à ce que ton beau-père arrive. »
Harry déglutit. « C'était un accident. » chuchota-t-il. « Je n'ai jamais voulu… »
Dumbledore l'arrêta en levant la main. « Nous savons, Harry. Le problème est que le ministère va seulement se soucier que tu as envoyé le sort qui a abouti à sa mort. Maintenant, je souhaiterais ne pas avoir dit à Sirius d'appeler les aurors… nous devons te faire sortir de là. Tu es celui qui a besoin d'un abri maintenant. »
Harry commença à se poser des questions. Est-ce que cela marcherait ? Peut-être devait-il reprendre sa baguette de sa cachette ? Comment pouvait-il le faire, maintenant que son papa et Dumbledore étaient là ? Comment pouvait-il leur expliquer avoir caché sa baguette ? Et s'il devait disparaître, comment pourrait-il aller chercher la baguette de Voldemort dans sa cachette ? Cela pourrait être aussi mauvais qu'aller à Azkaban… les détraqueurs en moins.
Soudain, il entendit du tumulte en dehors de la grotte. Plusieurs voix, y compris une voix de femme, s'élevaient, anxieuses. Harry entendit Draco essayer d'empêcher quelqu'un d'entrer, et puis la voix d'un homme cria un sort d'étourdissement et Harry entendit le bruit sourd d'un corps tombant au sol.
Les Londubat pénétrèrent dans la grotte.
Frank Londubat pointa immédiatement sa baguette vers Harry. Il dit « Recule-toi, petit. Cela ne te regarde pas. » Il se tourna et regarda Dumbledore avec mépris. « Retournez à l'école, concierge. Nous nous occupons de tout maintenant. Prévenez la directrice de nous rencontrer dans le hall d'entrée quand nous serons de retour avec le meurtrier qu'elle daigne garder à l'école pour enseigner. L'homme qui a assassiné sa propre femme, qui en plus était une ancienne auror. »
Harry en resta bouche bée. Est-ce que Franck Londubat pouvait être remonté contre Severus Rogue au point qu'il croie qu'il puisse tuer sa propre femme ? Et comment étaient-ils arrivés si vite ?
Harry se leva, tremblant de colère. « Sortez de là et laissez-nous en paix quelques minutes ! Il n'a pas tué ma mère ! Il vient juste d'arriver ici ! Je l'ai tuée… mais c'était un accident ! Elle essayait de tuer Ron Weasley, et j'ai essayé de la désarmer… »
Gemma Londubat ricana. « C'est splendide. Lily Evans essayait de tuer quelqu'un. Trop bête que tu aies choisi de nommer quelqu'un qui est déjà mort… »
« Mais… Mais… » bafouilla Harry. Il réalisa maintenant pourquoi Dumbledore avait voulu qu'il parte. Le seul témoin à ce qui était arrivé ne pouvait pas témoigner de ce qu'il avait vu. Il se tourna vers Dumbledore. « Binns sait qu'il n'est pas mort. Quel est l'intérêt de continuer avec cette comédie ? Nous avons besoin qu'il dise ce qui est arrivé. »
Franck Londubat croisa ses bras et foudroya Harry du regard. « Tu es peut-être un Serpentard, mais tu es le fils de Lily et James, alors je te demande encore de t'écarter du meurtrier et de nous laisser faire notre travail… »
« Personne ici n'est un meurtrier ! C'était un accident ! Quand je l'ai désarmée, elle est partie en arrière… » Mais Harry ne put pas continuer. Les larmes qui ne voulaient pas venir avant ne s'arrêtaient soudain plus de couler, et il pouvait à peine parler. « Et puis… Et puis elle était si immobile… » Il déglutit à plusieurs reprises, essayant de s'éclaircir la gorge afin de pouvoir continuer, mais c'était impossible.
Dumbledore s'avança vers Franck Londubat et mit sa main sur son bras. « Sûrement que vous pouvez accorder du temps à cette famille touchée par le chagrin… »
Londubat repoussa sa main. « Cela ne vous concerne pas, vieil homme ! Sortez de notre chemin ! »
Dumbledore se redressa, ne se voûtant plus. Il mit sa baguette contre son nez, marmonnant « Finite Incantatem. » et sorti les lunettes en demi-lune de sa poche, les enfilant. Londubat cilla à peine, mais Harry le vit déglutir comme il fixait le visage d'Albus Dumbledore.
« Cela me concerne beaucoup, Londubat. » l'informa Dumbledore avec cette voix dangereuse dont Harry se souvenait. « Harry a accepté d'être initié en tant que Mangemort pour travailler comme espion pour moi, et maintenant, on lui a donné l'ordre de tuer Ron Weasley. J'ai caché Ron et … C'est cela, j'ai caché Ron depuis que sa sœur a disparu dans la tempête, mais il a été vu par le professeur Binns, qui se trouve être un Mangemort… »
Londubat balaya cela. « Nous avons entendu des gens accuser Binns avant. Il n'y a pas de preuve contre lui. Personne ne l'a jamais vu faire de la magie noire, et s'associer avec des Mangemorts. Vous, d'un autre côté, avez disparu après avoir quitté votre poste de directeur, et maintenant, vous admettez que vous avez conspiré à l'initiation d'un jeune homme pour qu'il devienne Mangemort, et que vous employez des gens pour travailler pour vous contre le ministère… »
« Non ! » cria-t-il, plus en colère que Harry ne l'avait jamais vu. « Pas contre le ministère. Contre Voldemort ! Il y a trop de gens au ministère qui travaillent pour lui pour que ce soit un moyen viable de le battre. Harry n'avait pas d'autre choix que d'être initié, en tous cas. Il vaut mieux qu'il soit un espion plutôt qu'un Mangemort loyal, n'est-ce pas ? Ron Weasley est encore vivant, n'est-ce pas ? »
Gemma Londubat haussa un sourcil à la courbe parfaite. « Je le croirai quand je le verrai. »
Soudain, Ron qui devait être revenu dans la grotte à un moment, mit la cape d'invisibilité de côté et dit avec irritation « Alors croyez-le, bon sang. »
Harry se relâcha avec soulagement en le voyant. Il fit un petit sourire, plein de gratitude, à Ron, mais soudain, les Londubat s'étaient retournés contre lui.
« Stupefix ! » cria Frank Londubat, tandis que sa femme rattrapait Ron comme il tombait.
« Pourquoi avez-vous fait cela ? » cria Harry avec colère.
Gemma Londubat le regarda. « Ne croyez-vous pas que nous reconnaîtrions le fils de notre meilleur ami ? Ce n'est pas possible que ce soit lui. Il ne serait jamais impliqué dans une telle chose. Nous devons ramener cette personne au ministère et découvrir qui a pris du Polynec… c'est une potion pour prendre l'apparence de quelqu'un d'autre, spécialement quand il est mort. Ce doit être son assassin. C'est probablement pour cela qu'il a été tué, afin que quelqu'un prenne son identité. »
Harry leva ses mains au ciel. « Vous êtes fous ! Tous les deux ! C'est vraiment Ron Weasley. Tout ce que Dumbledore vous a dit est vrai. Vous ne savez pas ce que vous faites ! »
Frank Londubat leva sa main pour arrêter Harry. Son ton était complètement condescendant. « Bon, bon, cela se peut que vous pensiez en toute sincérité que cette personne est Ron Weasley, et que votre mère allait le tuer. Mais elle savait probablement qui c'était vraiment, je connais Lily. Vous n'auriez pas dû l'arrêter. Un auror peut prendre certaines libertés pour appréhender un mage noir, et puisque c'est probablement l'assassin de Ron Weasley… »
Harry devenait de plus en plus frustré. « Elle n'est plus une auror ! Je veux dire elle… Elle n'était pas une auror. Et c'est vraiment Ron Weasley. Je ne l'ai pas empêchée de tuer un meurtrier. Vous devez écouter… »
« Non, vous feriez mieux d'écouter. Accident ou pas, vous avez interféré avec quelqu'un qui s'occupait d'un mage noir, et vous avez lancé un sort qui a eu pour résultat la mort de quelqu'un. Maintenant, comme vous l'avez déjà confessé, il n'y a pas besoin d'un procès. »
« Confessé ? » cria-t-il, paniqué. « Je n'ai rien confessé ! »
Gemma Londubat le regarda sans passion. « Oh que si. Je vous ai entendu distinctement. Vous avez dit 'Je l'ai tué… mais c'était un accident !' C'était parfaitement clair. »
« Mais… mais… » il pataugeait. « Je n'ai rien signé. Pourquoi est-ce qu'elle aurait pu tuer Ron Weasley, ou quelqu'un que vous pensez qui l'incarne, et que cela aurait été justifié, alors que vous ne pensez pas que cela l'est ? »
Frank Londubat montra la forme allongée de Ron Weasley. « Parce que c'est un mage noir. »
« Comment savez vous que ma mère n'en était pas une ? »
Frank et Gemma Londubat rire tous les deux. « Lily Evans ? » dit-il. « Vous plaisantez sûrement. »
Harry secoua la tête, son visage terriblement sérieux. « Pas pour cela. Supposez, supposez simplement, que ce soit vraiment Ron Weasley, et que ma mère le tuait comme Voldemort me l'avait ordonné afin que je n'ai pas à le faire. Est-ce que ce que j'ai fait pourrait être considéré comme justifié alors ? »
Gemma haussa les épaules. « Je suppose que ce serait probablement laissé à l'appréciation d'un jury. »
Harry les regarda d'un air de défi. « Alors c'est ce que je veux. Je veux un procès. Avec un jury. Laissons-les décider. »
Frank fit la tête. « Quand quelqu'un s'est déjà confessé, gaspiller le temps du ministère avec un procès… »
« Si le jury ne pense pas que c'était justifié, j'irai en prison, n'est-ce pas ? Et ce sera exactement comme si je m'étais confessé. Exact ? »
Ils acquiescèrent, contrariés par cela, et Harry se tourna vers son papa, qui était à nouveau à genoux, tenant sa femme. Harry s'accroupit et mit sa main sur son épaule. « Je suis désolé, papa, mais je ne pouvais pas simplement la laisser… Je veux dire, elle allait… »
Son père acquiesça misérablement. « Je sais Harry. Je souhaiterais juste… Je souhaiterais juste ne jamais lui avoir dit… » sa voix craqua.
« Jamais dit quoi ? » chuchota Harry.
Son beau-père leva ses yeux noirs et torturés vers lui. « Jamais dit de te promettre à Seigneur des Ténèbres. Si je ne l'avais pas fait… »
Harry pressa son épaule. « Ce n'est pas ta faute. Ca ne l'est pas. Aie confiance en moi. » Il baissa encore une fois les yeux vers le visage de sa mère. « Et juste au moment où vous vous remettiez ensemble… » ajouta-t-il doucement.
« Non. » dit Severus Rogue, en secouant la tête. « Nous nous réconfortions. Nous avions perdu un fils. Ce n'est pas la même chose que revenir ensemble. Quelque chose… quelque chose manquait simplement. Nous avons eu quelques belles années, mais dernièrement… nous étions en roue libre, essayant de les retrouver, mais échouant… » Il fut silencieux pendant un long moment. « Harry… Je sais que tu as fait ce que tu avais à faire. Je serai à tes côtés pour tout cela. Tu sais cela, n'est-ce pas ? »
Harry le regarda avec étonnement. Il était agenouillé là, des larmes silencieuses labourant son visage, tenant dans ses bras le corps de sa femme, et disant à la personne responsable de sa mort qu'il allait être à ses côtés…
A ce moment là, Harry pensa qu'il allait totalement s'effondrer, mais il renifla et cligna des yeux, déglutissant douloureusement. « Papa… tu n'as pas à … »
« Si. » l'interrompit-il, sa voix plus résolue. « Je le dois. » Harry le regarda dans les yeux, et y vit la douleur, mais aussi une espèce de fierté. Était-il fier de Harry ? « Tu es vraiment le fils de ton père. » lui chuchota-t-il, puis il se retourna vers sa femme. Était-ce cela ? pensa Harry. Il se souvenait d'un James Potter de seize ans, sauvant le petit ami de la fille qu'il aimait, de ses deux meilleurs amis, alors que Rogue était quelqu'un dont les autres, comme Sirius Black, auraient simplement dit « Bon débarras. » De ce que tout le monde savait, Harry et Ron étaient des ennemis jurés. Personne sauf Voldemort n'avait aucun moyen de savoir qu'ils étaient les meilleurs amis au monde dans une autre vie…
« Je suis aussi le fruit de l'homme qui m'a élevé. » dit-il doucement à son beau-père. L'homme endeuillé leva ses yeux noirs et hantés vers Harry et fit un signe reconnaissant de la tête. La chose vraiment heureuse qui m'est arrivée dans cette vie, pensa-t-il, est de t'avoir eu pour papa.
Harry se leva, et alla vers les Londubat, afin que son papa puisse avoir un peu d'intimité à nouveau. « Ne pouvez-vous pas faire quoique ce soit que vous voulez lui faire ici ? » demanda-t-il, montrant Ron assommé. « Comme cela, vous verrez immédiatement que c'est Ron Weasley. » Ils avaient l'air dégoûtés, mais ils acceptèrent. Harry regarda Dumbledore, abattu. « Je suis désolé, sir. J'ai vraiment répandu le chaos… »
Dumbledore secoua la tête. « Nous combattrons cela, Harry. Mais nous devrons protéger ta sœur et ton frère, si cela devient connaissance commune que Ron Weasley est vivant. » Harry acquiesça. Il regarda vers les Londubat, se demandant ce qu'ils avaient vu, comment ils étaient devenus si durs. Cela n'avait pas pu être facile pour eux, réalisa-t-il. Ils avaient même accusé Dumbledore de préparer quelque chose. Il se demanda combien d'aurors finissaient à Ste Mangouste sans avoir la chance d'avoir leur cerveau grillé par la torture, juste parce qu'ils étaient devenus complètement paranoïaques.
« Je sais qu'elle était votre amie autrefois, » leur dit-il doucement maintenant. « Voulez-vous… » Il montra sa mère de la tête. Son beau-père regarda Harry avec surprise, puis s'écarta d'elle à contrecœur et les laissa approcher. « Puis-je ranimer Ron ? » demanda timidement Harry. Quand il eut reçu la permission, il utilisa la baguette de sa mère pour cela. Ron cligna des yeux et se rassit. Harry ramassa la cape d'invisibilité à côté de lui, chuchotant. « Tu n'en auras plus besoin. » Il la mit dans sa poche. Les Londubat avaient été trop préoccupés pour la remarquer après que Ron se soit révélé. « Et je crois que ceci est à toi. » dit-il, enlevant la baguette de Ron de sa poche, et la lui tendant. Les Londubat ne virent ni n'entendirent quoique ce soit de cet échange. Ils regardaient sa mère.
Ron acquiesça, prenant la baguette, et Harry l'aida à se relever. « Pourquoi ont-ils fait cela ? » dit-il en se frottant la nuque, et en lançant un regard ennuyé aux Londubat. « J'ai été chez eux un nombre infini de fois, Neville est venu chez moi, ils connaissent mes parents, et au moment où ils me voient, ils m'assomment ? »
« Ils pensaient que tu étais quelqu'un qui avait pris une potion pour t'incarner. » lui expliqua doucement Harry, mais même en disant ces mots, il dut essayer de se retenir de rire. Cela semblait tellement ridicule.
Frank Londubat fit sortir tout le monde de la grotte, sauf Ron. Sa femme garda sa baguette pointée sur Harry en dehors de la grotte tandis qu'il lançait un sort sur Ron qui révèlerait sa vraie forme, si c'était quelqu'un qui avait pris du Polynectar (Harry se souvint que Gemma Londubat s'était interrompue en disant le nom de la potion). Quand ils sortirent de la grotte, Ron souriait avec soulagement, mais Mr Londubat n'avait pas l'air très content. Il aurait clairement voulu avoir raison. Ron fit un signe de la tête à Harry, et Harry le lui rendit. Cela en faisait un tiré d'affaire en tous cas.
Ils firent une étrange procession en revenant au château. Dumbledore était déguisé en Davy de nouveau, Harry rendit à Draco sa baguette une fois qu'il fut ranimé (il avait été assommé avant que les Londubat ne rentrent dans la grotte), son papa et Dumbledore firent flotter le corps de sa mère, et les Londubat gardèrent leurs baguettes pointées sur Harry, Ron et Draco, qui marchaient devant, se regardant nerveusement les uns les autres. Harry n'était pas encore sûr que les Londubat étaient complètement convaincus pour Ron, et ils semblaient penser que quelque chose allait arriver avec Draco aussi. Harry et Draco n'avaient jamais beaucoup aimé Neville dans cette vie, mais Ron était très perplexe que les parents de son meilleur ami n'aient pas confiance en lui.
Quand ils atteignirent le hall d'entrée, malheureusement, c'était l'heure du repas du soir, et en conséquence, il grouillait d'élèves qui repérèrent immédiatement le corps de Lily Evans et commencèrent à hurler. Les Londubat furent aussi reconnus, mais si des aurors étaient là et que le professeur Evans était morte, c'était qu'une des autres personnes était à blâmer. Harry vit les gens regarder avec suspicion Draco, son papa, le concierge et lui. Puis, quelqu'un réalisa finalement que Ron était là aussi.
« Regardez ! C'est Ron Weasley ! Il n'est pas mort dans le blizzard ! »
Une vague d'excitation traversa la foule, et soudain, Cho Chang traça sa route, pleurant. « Laissez-moi passer ! Je suis préfète en chef ! » Quand elle arriva finalement à Ron, Elle jeta ses bras autour de lui, sanglotant de façon incontrôlée, et Ron la prit dans ses bras quelque peu timidement.
Le professeur MacGonagall suivit peu après, et Harry pensa qu'il ne l'avait jamais vu aussi étonnée. Ses lèvres devinrent très fines en fait, lorsqu'elle se les mordit et ses yeux devinrent tout ronds en voyant Ron et le corps de la mère de Harry. Ses yeux s'élargirent encore quand les Londubat lui expliquèrent qu'ils amenaient Harry en détention préventive, et qu'il serait jugé pour le meurtre de sa mère. Harry ne pouvait pas la regarder. Le hall d'entrée était maintenant si silencieux que l'on aurait pu entendre une mouche voler. Quand on décevait Minerva MacGonagall… On ne voulait pas voir l'expression sur son visage, jamais.
Harry vit par la porte d'entrée ouverte que les aurors avaient déjà invoqué un carrosse pourpre du ministère. Il semblait à Harry que c'était le même type de véhicule qui avait été employé pour enlever Remus Lupin. S'il devait aller devant un jury, il allait avoir une chance de prouver son innocence, voilà comment cela devrait se passer. Il ne fallait pas tergiverser. Comme il partait, les Londubat gardant leurs baguettes pointées suspicieusement sur lui, Ron lui tendit la main (s'étant finalement échappé des bras de Cho).
« Je serai là pour témoigner, Potter. » dit-il fermement. Harry lui fit un signe de la tête plein de gratitude. A côté, Harry regarda Draco dont les yeux brillaient à cause des larmes.
« Merde, Harry » dit-il, ayant l'air plus irrité envers lui-même pour ses émotions, qu'envers Harry, puis il lui donna une brève accolade bourrue, avant de se retourner.
Finalement, son papa le regarda avec tristesse, et l'accolade paternelle qu'il donna à Harry alla droit à son cœur comme rien ne l'avait fait avant. Nous passerons au travers de cela, pensa Harry. Et puis je rétablirai tout afin que tu n'aies pas à te souvenir d'avoir perdu une femme et un fils…
Harry sentit les yeux de tous les élèves de l'école sur lui comme il suivit les Londubat par la porte. De jeunes sorciers et sorcières en robes noires se tenaient sur les escaliers de marbre descendant dans le hall d'entrée. Ils se penchaient par-dessus les barrières et les balcons dans les étages au-dessus. Où qu'il regarde, il voyait des visages qui le fixaient, avec une crainte mêlée d'effroi, regardant Harry Potter se faisant arrêter pour meurtre. Et puis il les vit.
Son frère et sa sœur, penchés au-dessus de la rampe, à la moitié des escaliers de marbre. Harry déglutit, les regardant. Je suis désolé, fit-il silencieusement sur ses lèvres. Jamie pleurait. Elle mit son bras autour de l'épaule de Simon, et il se pencha contre elle, l'œil sec, mais ayant l'air en deuil perpétuel (depuis que son jumeau était mort). Harry ne put pas supporter l'expression sur leur visage, et il se détourna d'eux, son cœur déchiré.
Il retourna sa baguette (en fait celle de sa mère) vers Gemma Londubat, et son papa, Draco et Ron le suivirent dehors. Juste avant de suivre les aurors en bas de l'escalier d'entrée du château, il tira subrepticement la cape d'invisibilité de sa poche, et la fourra dans les mains de Draco. « Garde-la en lieu sûr. » chuchota-t-il, et les yeux de Draco s'élargirent. Il n'aurait jamais imaginé avoir une telle chose pour son propre usage. Harry essaya de lui sourire, mais il n'arriva pas à tordre son visage ainsi. Il descendit les marches du château.
Frank Londubat ouvrit la porte de derrière du compartiment, et mit sa main sur le haut du bras de Harry, 'l'aidant' à rentrer, mais le jetant en réalité dedans. Le dos de Harry fut immédiatement aspiré contre le mur, et il découvrit qu'il ne pouvait plus bouger. C'était de toute évidence un sort destiné à empêcher les prisonniers de bouger librement dans le fond du compartiment. Il pensa à Remus Lupin, étant aspiré à l'intérieur de la voiture, quand les Londubat étaient venus le prendre pour l'amener dans un camp de loups garous. Il n'avait pas su, à l'époque…
La dernière chose qu'il vit, avant que la porte ne se referme, fut son père, lui faisant un signe de la tête, mais ayant aussi l'air grave. Avec la porte fermée, il n'y avait pas du tout de lumière dans le compartiment. Harry s'assit dans l'obscurité d'encre, et passa sa main autour de l'amulette du basilik sur sa poitrine, cherchant du réconfort. Le véhicule tangua lorsqu'il avança, mais après quelques mètres, il y eut soudain un fort bruit d'explosion, et il suspecta qu'ils n'étaient plus à Poudlard. Harry était maintenant dans la prison du ministère de la magie.
Il allait être jugé pour le meurtre de Lily Evans.
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