wargate : même pas cap d'abord !
Dumati : mais pourquoi est-il si méchant? parce que !
Philippe Gryffondor : merci, nous y voilà
Ryan : pas grand chose à comprendre en fait, chacun cherche ses intérêts, comme dans la vraie vie.
Bartimeus : merci.
Et maintenant, la suite. Bonne lecture à toutes et à tous
* * * * *
Harry ne prit même pas la peine de se métamorphoser en griffon d'or. Il resta allongé sur le sol de pierre froide, se sentant drainé après avoir pleuré pendant il ne savait combien de temps. La nourriture avait été transférée à travers la porte il y a quelques temps. Son bouillon de viande tiède était maintenant probablement glacé maintenant, et le pain était sans doute dur comme de la pierre. Harry le fixa avec apathie. Soudain, il entendit quelqu'un de l'autre côté de la porte, et après que le verrou ait été enlevé, elle s'ouvrit lentement.
C'était Draco.
« Dix minutes. » lui dit laconiquement le garde, puis il les boucla tous les deux. Harry le regarda à travers des yeux éteints, et pensa, cela va être dix minutes très calmes. Il n'avait pas envie de parler.
Mais alors, Draco alla vers le bord du matelas infesté, et Harry dit soudain « Pas là. Prends la chaise. Tu me remercieras. »
Draco acquiesça et alla sur la chaise, qui était à quelques pieds de là où Harry était étendu sur le sol. Draco attendit. Harry s'assit finalement et prit la position du lotus, puis enleva ses lunettes, les essuya sur sa robe et les remit. Il leva les yeux vers son meilleur ami.
« Je suis totalement foutu, n'est-ce pas ? »
Draco sourit tristement et acquiesça. « Harry… je n'en avais aucune idée. Pourquoi est-ce que Ron Weasley a menti comme cela ? Et les Londubat ont suivi son histoire… »
« Dumbledore. » dit simplement Harry.
« Dumbledore ? Mais… »
« Il… Il avait peur que je mette en danger les autres opérationnels. J'ai juré que je ne le ferais pas. Mais… mais il n'a voulu prendre aucun risque. »
« Alors il t'a sacrifié ainsi ? Et Croupton qui disait que tu avais le sang froid. »
Harry ne lui dit pas qu'il était plus probable que Dumbledore ne voulait pas que Harry change encore le cours du temps. Mais il savait qu'il devait encore le faire. Il devait corriger cet horrible monde…
« Draco, je veux que tu me promettes quelque chose. »
Son meilleur ami le regarda sérieusement. « N'importe quoi. »
« Si… Si je vais à … à Azkaban. »
« Ne dit pas cela, Harry ! »
« Je dis juste si… En tous cas, si cela arrive, et puis que tu entends parler de nouvelles remarquables me concernant… promets-moi quelque chose… »
« … bien sûr Harry. » bégaya Draco, et Harry vit que les yeux de son meilleur ami brillaient.
« … promets-moi que tu iras tous les jours à la grotte. Tous les jours. Vas-y en portant la cape d'invisibilité, afin que personne ne te voies, et prends le carnet avec toi. »
Maintenant, Draco donnait moins l'impression qu'il allait pleurer. « Le quoi ? »
« Le carnet que ton père t'a donné. Où l'as-tu mis ? »
« C'est… c'est dans un compartiment secret de ma malle. Je suis le seul qui sache où il est, et comment l'ouvrir. »
« Bien. Garde-le en lieu sûr. Et souviens-toi… si tu entends des nouvelles intéressantes… »
Draco acquiesça, la compréhension éclairant maintenant son visage. « D'accord. Je sais que faire. »
Harry acquiesça en retour, retenant maintenant ses propres larmes. « Exact. »
Ils restèrent assis en silence, se regardant l'un l'autre, désespérés, pendant ce qui sembla être un long moment. Soudain, la porte s'ouvrit. Le garde se tenait là avec deux détraqueurs, et Harry sentit leur froid glacial jusqu'à sa moelle…
« C'est fini ! A moins que tu ne veuilles être bouclé aussi ! »
Draco secoua violemment la tête, et s'enfuit pratiquement vers la porte, puis il se tourna soudain. « Je dirai à Jamie… je lui dirai… »
« Dis lui que je l'aime. » Il acquiesça. « Et… et à l'autre personne, aussi. Même chose. »
Draco acquiesça encore. « Ton père et moi restons au Chaudron Baveur ce soir. Il… il n'allait pas très bien. Je lui ai dit que je venais te voir. Il veut te voir demain cependant. » Le garde le tira dans le couloir, où Harry vit Draco trembler devant les détraqueurs, avant que la porte ne soit refermée.
Harry passa une horrible nuit à dormir dans le coin. Il dormi d'abord sous sa forme de griffon d'or, puis il reprit forme humaine et passa ses doigts autour de l'amulette. Il ferma ses yeux, ressentant finalement un peu de paix, et il vit dans sa tête Ginny assise dans le noir, à une fenêtre du château, regardant les étoiles, ses bras autour de ses jambes, une larme coulant sur sa joue. Puis il vit sa sœur s'approcher d'elle et s'asseoir à côté d'elle, un bras autour de ses épaules. Jamie pleurait aussi, et les deux amies, penchées l'une sur l'autre, pleuraient doucement. Harry aspirait à les retrouver. Elles semblaient assez proches pour qu'il puisse les toucher. Les reverrait-il jamais en personne se demanda-t-il.
Il ne sut pas quand il s'était endormi, mais quand il se réveilla, la cellule n'avait pas changé, avec la lumière vacillante de la chandelle enchantée. Un plateau déjeuner se trouvait près de la porte, aussi plein et appétissant que celui de la veille. Il en ignora la plupart aujourd'hui, mangeant juste un toast avec du jambon et buvant du jus d'orange. Il utilisa encore sa capacité d'animagus pour se raser et essaya de se peigner avec ses doigts. Il avait espéré que le jury le croirait, lui et pas Ron ou les Londubat. Il devait gagner contre Barty Croupton, ministre de la magie en personne.
La porte s'ouvrit soudain, et le garde grogna « Dix minutes. » comme il l'avait fait pour Draco, la veille. C'était son beau-père. Harry se leva pour l'accueillir.
« Papa… » commença-t-il à dire, mais Severus Rogue le prit dans une accolade paternelle, et puis le tint dans ses bras.
« Harry. Comment vas-tu ? »
Les lèvres de Harry n'étaient plus qu'une ligne, et il prit une expression stoïque. « Bien. Je vais bien. » Il prit une grande inspiration, et essaya d'avoir l'air déterminé. « Je suis prêt. »
Son père acquiesça. « Je sais que tu l'es. » Lui, par contre, ne semblait pas avoir du tout dormi. Ses yeux avaient l'air hagard, et il avait des cernes noires en-dessous. Sa peau était cireuse et Harry se demanda s'il avait pris sa potion de Porphyrie. Ou si Simon avait prise la sienne, avec son père à Londres. Cela fit penser à Harry à son frère et à sa sœur.
« Comment vont Simon et Jamie ? » demanda-t-il en tremblant. « Est-ce que… Est-ce qu'ils me haïssent ? »
Son beau-père eut l'air peiné et mit sa main sur l'épaule de Harry. « Jamie ne te hait pas, Harry. Elle comprend que c'était un accident. Et Simon… » son papa soupira. « Bien… Il n'a pas encore vraiment surmonté la mort de Stu. Pas qu'il y arrivera jamais. Cela venant juste après Stu… Il est en colère après toi, je ne te mentirai pas. Et même si cela va durer un moment, je ne pense pas que ce sera éternel. »
Harry acquiesça. S'il y a une chose qu'il savait qu'un Rogue pouvait faire, c'était garder de la rancune. « Et toi ? Comment vas-tu ? Je veux dire… hier, hier Sirius a dit à tout le monde de la sorcellerie qu'il avait une relation avec ma mère, et que tu étais d'accord avec cela. »
Son père eut l'air grave. « Draco n'a pas voulu me laisser voir ce qui était dans la Gazette du Sorcier ce matin. Pas que je le voulais vraiment. Mais j'ai le sentiment que la couverture est assez mauvaise. »
Harry acquiesça. Des professeurs de Poudlard prétendant ne pas être mariés, puis leur fils révélant qu'ils sont mariés, puis un autre professeur de Poudlard révélant que le mariage du couple marié était juste une imposture et qu'il couchait avec la femme.
« La presse adore les scandales. » dit faiblement Harry.
« Exact. Et qu'avons-nous là ? Meurtre accidentel, sexe, un Mangemort renégat, des disparitions inexpliquées… Assez étrangement, selon Draco, la seule personne qui s'avère avoir un bon fond dans l'article, c'est toi. Dommage qu'elle ne soit pas dans le jury. »
« Qui elle ? »
« Un reporter. Rita Skeeter… »
Harry eut vraiment envie de rire. Rita était toujours une personne contrariante. Faites-lui confiance pour transformer l'accusé de meurtre en la seule personne du mélodrame qui ait des qualités qui sauvent les autres.
Soudain, la porte se rouvrit. « Vous. » dit le garde, montrant son papa. « Dehors. Le procès commence dans quinze minutes. »
Son beau-père lui prit les mains avec ferveur. « Nous sommes ici pour toi Harry. Je sais que tu feras un bon travail. »
Harry acquiesça, essayant de trouver autant de confiance en lui. Quand son papa fut parti, cela lui laissa quinze minutes à marcher sans but, en se tordant les mains et à s'inquiéter de ce qu'il allait dire. Quand le temps fut finalement écoulé, le garde rouvrit la porte, et Harry prit une grande inspiration avant de l'approcher, lui et les détraqueurs. Il réussit à marcher jusqu'à la salle d'audience aujourd'hui, et quand il fut assis dans la chaise, regardant les bancs remplis de sorciers et de sorcières, il posa docilement ses bras sur la chaise, attendant que les entraves enveloppent ses bras, ce qu'elles firent sous peu.
Quand le ministre de la magie rentra dans la chambre, tout le monde se raidit un petit peu sur son siège, par anticipation. Il descendit les rangées de sièges, et quand il atteignit le bas, il se tourna et s'adressa à l'assemblée.
« Vous êtes pour la plupart ici » retentit sa voix « parce que vous souhaitez que justice soit faite. Nous souhaitons tous que justice soit faite. Une mère aimée est morte. Une ancienne auror. Une professeur de potions respectée. Une femme dont le mari précédent a été tué par le même Seigneur des Ténèbres que son fils, son meurtrier, sert maintenant. » Il se tourna pour regarder Harry avec mépris. « Il crache sur les tombes de ses deux parents en choisissant le Seigneur des Ténèbres avant eux. » Il se tourna vers eux. « Je vous demande de montrer du respect à leur mémoire, en envoyant leur fils meurtrier en prison, à Azkaban, pour une peine de rien de moins que vingt-cinq ans. » Il se tourna à nouveau vers Harry. « Oh, il a été intelligent. Il n'a pas utilisé un sort Impardonnable sur elle. Cela aurait été une peine à vie automatique. Mais pour avoir tué quelqu'un avec un autre sort, spécialement pour avoir tué avec tant de violence, vingt-cinq années sont le maximum que vous pouvez lui donner, et je vous demande de le faire. Envoyez au Seigneur des Ténèbres le message que son plus jeune serviteur ne va plus pouvoir le servir, et que la même chose arrivera à tous les Mangemorts qui croiseront ma route ! »
Le ministre finit avec un regard malveillant pour Harry, et alla à grands pas s'asseoir à nouveau à côté du jeune clerc. Harry regarda autour de la chambre silencieuse, l'écho du discours de Croupton disparaissant. Il leva son menton, essayant d'avoir l'air confiant, et sentant son estomac se nouer en lui. Il déglutit une fois, puis il commença, doucement d'abord, puis montant à la fois en confiance et en volume.
« Je n'ai pas choisi d'être initié en tant que Mangemort, et je n'ai jamais servi Voldemort en tant que Mangemort. La seule chose qu'il m'a demandée, j'ai refusé de la faire : tuer Ron Weasley. Pour le protéger, j'ai eu besoin de désarmer ma mère, et en faisant cela, je l'ai accidentellement tuée. Je pleure ma mère. Je pleure mon frère. Je suis déchiré de savoir que c'est par ma faute que mon père, ma sœur et mon frère doivent continuer sans eux parce que je n'ai pas voulu tuer une autre personne. Mais je ne suis cependant pas un meurtrier. Cela s'est produit parce que j'ai refusé de laisser Voldemort me transformer en meurtrier.
« Parfois, nous devons faire des choix difficiles quand nous résistons au mal. Je ne savais pas ce qui arriverait en refusant de tuer Ron Weasley, et je ne sais pas si j'aurais tout fait pareil si j'avais su ce qui allait se passer. J'ai agi selon ma conscience, et fait ce qui me semblait bien. Je n'ai jamais voulu blesser quiconque. J'essayais de sauver une vie, pas d'en prendre une. J'espère seulement que cela sera pris en considération. Et je sais qu'il y a probablement des Mangemorts loyaux qui ont déjà dit à Voldemort que je n'étais pas un serviteur sincère. Je suis une cible maintenant. Mais ce n'est pas ce qui est important. Si nous faisions chacun seulement ce qui commode, ce qui est nécessaire pour nous sauver, le monde serait… »
Il s'arrêta et parcourut du regard la chambre silencieuse. Le monde serait comme ce monde est, réalisa-t-il. Un monde qui a résulté d'avoir dit à sa mère d'être égoïste, au lieu de la laisser faire ce qu'elle savait être nécessaire : se sacrifier.
Le silence se prolongea, comme ils attendaient qu'ils finissent. Il leva les yeux vers son beau-père et y trouva la force et le soutien. Il s'appuya là-dessus et prit une grande inspiration. « Le monde est un endroit troublé. Et il peut sembler que faire une toute petite chose n'a pas d'importance. Mais parfois, c'est la plus petite chose qui compte le plus. Tout ce qui est nécessaire pour que le mal prospère est que les hommes de bonne volonté ne fassent rien. Je ne peux pas me souvenir où j'ai lu ceci maintenant, mais j'y crois profondément. Je crois encore que ma mère n'était pas mauvaise. Mais elle s'est sentie poussée à faire quelque chose qui l'était, et j'ai choisi de m'y opposer, de l'arrêter. Je ne suis pas sûr que l'on puisse dire qu'un homme est bien s'il laisse une telle chose arriver. Je ne suis pas un philosophe. Je suis juste un adolescent en fait. J'essaye encore d'apprendre à être le meilleur sorcier et le meilleur homme possible. J'ai beaucoup de chance d'avoir un papa fabuleux pour m'aider à cela » il sourit à son beau-père « et je souhaiterais encore avoir ma maman pour m'aider aussi. »
Il s'arrêta, tournant sa tête vers le jury. Deux des sorcières essuyaient leurs yeux avec des mouchoirs, et un des sorciers avait l'air d'avoir le nez et les oreilles un peu rouges, mais essayait d'avoir l'air sévère et directorial. Harry se demanda s'ils étaient de son côté. Pour gagner, il n'avait besoin que de la majorité simple. Sept sur douze devaient voter pour l'acquitter. Pour que Croupton gagne, il avait besoin d'une majorité des trois-quarts : neuf sur douze devaient voter la condamnation. C'était le seul avantage réel que l'accusé avait, que l'accusation doive avoir deux jurés de plus de son côté pour gagner. Si seulement huit personnes votaient pour l'accusation ou seulement six votaient pour l'acquittement, il y avait un nouveau procès avec un autre jury.
Croupton le regarda avec malveillance et se leva. Il se tourna face au jury. « Vous avez entendu les témoignages hier, et nos déclarations aujourd'hui. Vous avez eu la possibilité de parler du cas ensemble. Le temps de la discussion est fini. C'est à présent le temps du verdict. »
La sorcière sur la rangée de devant avait l'air nerveuse. Elle le devint encore plus quand elle réalisa que Croupton la fixait. Elle déglutit et se leva en tremblant. « Je considère l'accusé… coupable de meurtre accidentel par magie. »
Croupton lui fit un signe de la tête, et le sorcier à côté d'elle se leva. Il considéra aussi Harry coupable. La sorcière suivante aussi, et après elle, c'était une des deux qui avait l'air d'avoir de la sympathie pour lui…
Sa voix tremblante, elle dit « Je considère l'accusé… non coupable de meurtre accidentel par magie. »
Harry se sentit reconnaissant envers elle. Elle recula sous le regard glacial de Croupton. La sorcière d'à côté se leva et vota aussi pour l'accusation. Puis le sorcier qui avait l'air d'avoir les yeux rouges dit 'non-coupable' aussi. Ensuite, Harry eut son cœur dans la gorge quand la sorcière assise à côté de lui le déclara non coupable. Cela faisait quatre pour la condamnation et trois pour l'acquittement. Le sorcier suivant dit aussi coupable. Allez, pensa Harry en les regardant. Deux de plus… juste deux de plus…
Finalement, il y eut huit coupable et encore seulement trois pour non-coupable. Harry pouvait à peine respirer. Le mieux qu'il pouvait espérer maintenant était de refaire tout cela, un autre procès…
Le sorcier se leva. Il était d'âge moyen, peut-être l'âge de son papa, avec quelques cheveux gris striant ses long cheveux bruns sombre déliés. Sa robe avait l'air usée et tâchée, les ourlets filant. Puis les yeux de Harry s'ouvrirent en grand. Il le reconnut. Il avait été au ceilidh à Pré-au-Lard, portant le tartan MacGregor, comme lui. C'était Mundungus Fletcher. Harry regarda Dumbledore et se prépara.
« Je considère l'accusé » dit-il en tremblant « coupable de meurtre accidentel par magie. »
Harry lutta pour respirer. Cela ne pouvait pas arriver. Il était accusé d'avoir tué sa mère. Il allait aller à Azkaban pour vingt-cinq ans…
Croupton rayonnait. Il sortit quelque chose de sa poche. Harry reconnut la baguette de sa mère. « Vous savez ce que c'est, Mr Potter ? » Harry acquiesça, sachant ce qui venait. « Vous êtes dès à présent officiellement exclu de Poudlard. » Il prit fermement la baguette de ses deux mains et puis, avec un effort, il la cassa en deux. Une plume rouge dépassait de la coupure dentelée. Harry eut envie de pleurer, même si ce n'était pas réellement sa baguette.
« Mais c'était un accident ! » cria-t-il, incapable de se retenir. Croupton tourna autour de lui, encore assis, lié à la chaise. Il avait gagné l'affaire. Il n'avait pas à se montrer aimable plus longtemps pour charmer les jurés ou la presse.
« Un accident, dites-vous, » dit-il en traînant paresseusement, étirant les mots comme si c'était manifestement ridicule que quelqu'un puisse le croire. « Vous sauviez la vie d'un garçon avec lequel vous ne vous êtes jamais entendu, qui n'aimait pas que vous suiviez sa sœur… une fille qui a été mystérieusement blessée alors que vous étiez à proximité, et puis qui a disparu quand elle sortait avec vous pour une marche autour du lac. Et la mère avec laquelle vous ne vous entendiez pas essayait supposément de tuer le frère de la fille qui vous obsédait, une fille qui avait une ressemblance remarquable… avec votre mère. Et vous étiez très très énervé quand vous avez vu votre mère avec votre parrain, et les avez pratiquement tué tous les deux avec cette porte en chêne ! »
« Je n'ai pas fait une telle chose ! La porte n'a approché aucun d'eux. Vous déformez tout ! »
Croupton se tourna vers le jury. « Il est temps de connaître votre sentence. Souvenez-vous de ma recommandation. » Sa voix était plus coupante qu'un diamant.
Harry regarda le jury se regrouper, faisant des gestes et acquiesçant ou secouant la tête. Lui donnerait-il la peine maximale ? Combien de temps se passerait-il avant qu'il ne puisse remettre les choses en ordre ?
Finalement, ils regagnèrent leurs sièges, et la première sorcière se leva une fois de plus. « Nous avons décidé la sentence. Pour le meurtre accidentel de sa mère, Lily Evans, Harry Potter est condamné à pas moins de cinq années de prison à Azkaban, en confinement solitaire afin d'éviter les possibles représailles des Mangemorts. »
Cinq années ! Harry poussa un soupir de soulagement. Ce n'était pas aussi bien qu'un acquittement, mais c'était mieux que les vingt-cinq ans que Croupton avait demandé, et que les dix ans que Sam avait eu.
Croupton, cependant, était livide. Il se comportait comme s'il avait perdu l'affaire. « Cinq ans ! » couina-t-il pratiquement. « Pourquoi n'envoyez-vous pas simplement le garçon en voyage dans les Açores en lui disant 'Fais attention, ne prends pas de coups de soleil.' »
« Mais… » commença Harry, ne sachant pas ce qu'il allait dire. Puis soudain, il le vit, assis dans la rangée tout en haut, et Harry sut. Il sut que faire pour négocier sa liberté. Karkaroff l'avait fait, et il avait eu la liberté. Il pouvait aussi le faire. « Et si… » dit-il à haute voix, « si je vous donnais l'identité de l'autre Mangemort que j'ai vu lors de la réunion où j'ai été initié ? »
Croupton s'arrêta et le fixa. « Nous savons déjà, mon garçon. Tu as dit que tu avais vu Binns, pas que je le croie, et Malfoy, ce que je crois. »
Harry secoua la tête. « Je n'ai pas parlé de Malfoy. Je parlais de quelqu'un d'autre. Quelqu'un avec un accès aux travaux les plus secrets du ministère de la magie. »
Le ministre avait l'air très intéressé maintenant. « Vraiment ? » souffla-t-il, marchant en rond autour de Harry. « Et qui est l'autre Mangemort ? »
Harry désigna de la tête l'homme dans le coin opposé, en haut de la chambre.
« Barty Croupton, Junior. »
Sous ses cheveux couleur paille, le jeune Croupton pâlit, mais son père ne le remarqua pas. Le ministre devint rouge vif. « Comment oses-tu… » dit-il en s'étranglant, tremblant et frissonnant de rage. Le chaos s'était répandu dans la pièce. Les voix rebondissaient sur les murs de pierre, tout le monde parlait et criait en même temps. C'était le désordre total. Croupton alla vers la porte conduisant aux cellules. « Garde ! Venez ici et amener des renforts ! » Il alla à grands pas vers Harry et se pencha sur lui. « Il va avoir ce qu'il mérite de moi, s'il ne l'a pas du jury ! »
Harry regarda autour de lui avec des yeux affolés, se demandant ce qui se passait. Son beau-père se tenait debout au milieu de la foule agitée, ayant l'air d'une panthère prête à bondir. Croupton revint dans la chambre, le garde le suivant, avec deux détraqueurs derrière. Harry essaya de se libérer les bras et les jambes de sa chaise, tremblant de partout. Non, pensa-t-il. Il ne ferait pas. Il ne peut pas…
Le froid s'insérait dans son corps jusqu'à ses os. Un des détraqueurs lui agrippa la tête et le pencha en arrière tandis que l'autre se penchait au-dessus de lui. Harry ferma les yeux et ferma sa bouche. Il aurait fermé ses narines pour lutter contre la puanteur de ces créatures maudites s'il avait su comment faire. Il y eut un rugissement dans ses oreilles de gens agonisant, sa mère, son père, Cédric Diggory… encore plus fort que le vacarme de la foule dans la chambre, et soudain, au-dessus de la cacophonie, il entendit une voix familière, une voix puissante qui cria avec autorité « EXPECTO PATRONUM ! »
Harry ouvrit ses yeux, voyant le détraqueur proche de lui d'une façon alarmante, et puis il vit, émergeant de la baguette de son beau-père et se déplaçant rapidement vers les détraqueurs, une forme argentée. De nombreuses formes argentées en fait, mais fonctionnant comme une seule créature, faisant reculer les détraqueurs, les faisant sortir de la pièce, loin de Harry.
Le Patronus de son papa était un nuage de chauves-souris. Elles battaient des ailes et faisaient autant de bruit qu'un vrai nuage l'aurait fait, tournant autour des formes encagoulées des détraqueurs, et les chassant jusqu'à ce qu'elles ne soient plus une menace pour Harry. Son beau-père descendit les rangées de bancs et fut au côté de Harry et un instant, s'accroupissant à côté de lui, le regardant avec inquiétude.
« Tu vas bien Harry ? » dit-il, et Harry du lutter pour parler. La chambre n'avait toujours pas retrouvé son calme. Les voix rebondissaient sur les murs de pierre, ricochant comme des balles, tandis que des groupes de sorciers et de sorcières se formaient ici et là, et tout le monde semblait parler et gesticuler en même temps. Harry acquiesça, soudain incroyablement fatigué.
« Merci papa. » dit-il simplement, lui donnant un pâle sourire. Severus Rogue lui fit un signe de la tête et essaya de lui rendre son sourire, mais il avait encore l'air assez grave. Il se leva et soudain, Croupton se tenait tout près.
« Prenez-le garde » dit son père au ministre de la magie, comme si c'était un de ses élèves de première année. « Vous venez, aussi. Ensemble nous nous assurerons que Harry retourne en sécurité dans sa cellule. Je ne veux plus aucun détraqueur près de lui. Est-ce compris ? »
Croupton avait pratiquement de la fumée lui sortant par les oreilles. « Écoutez donc, vous ne pouvez pas invoquer un Patronus dans la cour de… »
« Et vous ne pouvez pas vous permettre la mauvaise presse que vous allez avoir » l'informa Rogue, montrant de sa tête la rangée de reporters au-dessus du jury. « Cela va être dans toute la presse nationale et internationale que vous avez lancé des détraqueurs sur un enfant de seize ans. Devant une salle de tribunal remplie. Et autre chose… Je vous conseille de prendre ce qu'il vous a dit au sujet de votre fils très, très sérieusement. »
Croupton resta bouche bée. « Mais… Mais il.. » il ne put pas continuer. Harry savait à l'expression sur son visage que Croupton n'avait pas explosé parce qu'il doutait de ce que Harry avait dit, mais parce qu'il avait suspecté que c'était vrai depuis quelques temps, et qu'il ne pouvait pas tolérer que la vérité soit dite pour la première fois en public, d'une manière qui l'humilie aussi complètement et mette possiblement un terme à sa carrière.
« Traitez cela bien, et vous vous en tirerez. » dit doucement son papa à Croupton. « Faites ce que vous venez de faire, lâchez les poignées, et le ministère sera plongé dans le chaos. Nous n'aurons plus de gouvernement magique. Nous avons tous besoin que vous gardiez la tête froide maintenant. Pouvez-vous faire cela ? »
Croupton fixa l'homme qu'il ne connaissait que comme le professeur de défense contre les Forces du Mal de Poudlard. Il ne savait pas que Severus Rogue avait recruté son fils pour qu'il soit un Mangemort quand ils étaient encore adolescents. Il ne savait pas que cet homme avait été un espion pendant plus de quinze ans. Mais il savait de toute évidence reconnaître les bons conseils quand il les entendait.
Harry fut libéré de sa chaise et poussé par la porte et le long du couloir entre son papa, Croupton et le garde. Quand il fut de retour dans sa cellule, son papa demanda à être autorisé à lui parler quelques minutes, et la porte se referma avec eux deux à l'intérieur.
Harry leva les yeux vers son papa, essayant de ne pas s'effondrer. « Ca… Ca ira… » dit-il en tremblant. « Ils m'ont seulement donné cinq ans. Ce… Ce n'est pas si terrible. » finit-il faiblement.
« Je t'écrirai régulièrement, et t'enverrai tout ce que je pourrai, des livres, des photos… »
Harry acquiesça. « Merci. Et merci pour… » Mais il ne put pas finir. Il ne pouvait pas trouver les mots adéquats pour décrire le soulagement qui l'avait submergé quand il avait entendu son père crier la formule pour invoquer un Patronus. Et considérant le fardeau qu'était sa maladie pour son beau-père, et à quel point cela avait été irritant que les gens le cherchent en disant qu'il était un vampire, son Patronus avait pris une forme très intéressante.
« Merci pour tout. » dit-il finalement. Ils s'embrassèrent une fois de plus, et puis son beau-père alla vers la porte et frappa dessus avec autorité. Elle s'ouvrit, et avec un dernier regard par-dessus son épaule, son papa était parti. Harry n'avait pas reçu le baiser du détraqueur, mais il allait vivre au milieu des détraqueurs maintenant.
Harry Potter allait à Azkaban.
* * * * *
