RLA : je ne sais pas combien de temps je vais tenir sur cette fic à ce rythme. En ce moment, je n'ai plus le temps de beaucoup avancer (au mieux, une à deux pages traduites/jour de semaine). Ca commence à devenir dur, mais merci pour tes encouragements et ta review.
Philippe Gryffondor : oups, pas content...
Lunenoire : la réponse à tes inquiétudes ci-dessous
popov : il a eu chaud aux fesses, oui !
wargate : t'as raison, il les accumule dans ce monde.
lilou : la réponse arrive immédiatement
Ryan : bonne remarque : décrire 5 ans dans quelques mètres carrés n'est pas forcément passionnant.
Allez, bonne lecture à toutes et à tous, pour la fin du 13° chapitre.
For he himself had said it,
and it's greatly to his credit,
that he is an English-man!
That he is an English-man!
For he might have been a Roosian,
a French or Turk or Proosian,
or perhaps Italian!
(Or perhaps Italian!)
But in spite of all temptations
to belong to other nations,
he remains an Englishman!
He remains an Englishman!
For in spite of all temptations
to belong to other nations,
he remains an Englishman!
He remains an Englishman!
[approximativement : Étant donné qu'il a lui même dit / et c'est grandement à son crédit / qu'il est un anglais ! / qu'il est un anglais !
Alors qu'il aurait pu être russe / français ou turc ou prussien / ou peut-être italien ! / ou peut-être italien !
Mais malgré toutes les tentations / d'appartenir aux autres nations / il reste anglais ! / il reste anglais !
Mais malgré toutes les tentations / d'appartenir aux autres nations / il reste anglais ! / il reste anglais !
]
Harry reprit sa forme humaine et se traîna vers la porte de sa cellule. Contrairement à la cellule profondément enterrée du ministère de la magie, sa cellule d'Azkaban avait une petite ouverture avec des barreaux dans le haut de la porte, et la porte était en fait ouverte à chaque fois qu'on devait lui faire passer son plateau repas ou le reprendre. On ne faisait pas passer la nourriture à travers la porte ici, étant donné que les gardes étaient des détraqueurs, pas des sorciers. Il y avait aussi deux hautes fenêtres qui permettaient à Harry de voir le soleil en journée (pour autant que l'on puisse jamais voir le soleil début mars dans les îles du nord-est de l'Écosse), et la lune et les étoiles la nuit. C'était toute la lumière qu'il avait la nuit. Pas de chandelle toujours allumée ici. Il n'y avait pas de torches dans les couloirs. Quand les détraqueurs patrouillaient, ils n'avaient pas besoin de lumière étant donné qu'ils ne pouvaient pas voir. En conséquence, quand le soleil se couchait, Harry ne pouvait plus lire. Souvent, il devait manger son repas dans la pénombre.
L'avantage des fenêtres avec des barreaux sur les portes était que cela autorisait le son à voyager de cellule en cellule. Les prisonniers adjacents pouvaient parfois engager une conversation (s'ils n'avaient pas déjà été conduit à la folie par les détraqueurs. On avait dit à Harry que de nombreux prisonniers passaient toute leur journée prostrés dans un coin de leur cellule, émettant des sons inintelligibles).
L'inconvénient des fenêtres et des portes était qu'elles ne permettaient pas simplement les échanges de conversation entre les prisonniers aux cerveaux les moins abîmés. Elles laissaient aussi passer la musique venant de la cellule en face de celle de Harry, où un sorcier d'âge moyen avec de longs cheveux brun clair qui insistait pour être appelé Buttercup (et qui refusait d'admettre qu'il avait un autre nom) chantait constamment. Son répertoire consistait presque entièrement en airs de Gilbert et Sullivan, chantés faux avec une espèce de voix de baryton. Quand il tentait de chanter les croches rapides qui articulaient la première syllabe du mot 'Englishman', cela se transformait en un désordre complètement vaseux, jusqu'à ce qu'il glisse sur la syllabe finale et chante la note comme s'il essayait d'atteindre le dernier rang d'une salle de music hall bondée. La note était extrêmement tremblante, avec bien trop de vibrato.
« Ferme-la bon sang, Buttercup ! » lui beugla Harry pour la quatrième fois de la journée. Pour dire la vérité, Harry était parfois assez content d'avoir la diversion de Buttercup chantant pour passer le temps. Il semblait connaître toutes les chansons de toutes les opérettes de Gilbert et Sullivan. Harry trouvait difficile de se concentrer sur les livres que son beau-père lui avait envoyé, et il lisait et relisait avidement les lettres de lui, Jamie et Draco, et celles, non signées, de Ginny de bien trop nombreuses fois, à tel point que même les lettres relativement neuves menaçaient de se désintégrer.
Quand Harry, assis dans une petite vedette, avec les poignets liés derrière lui, avait vu pour la première fois les falaise d'Azkaban se dresser dans la mer du Nord, il avait tremblé d'appréhension et avait rapidement du se pencher par-dessus le bord pour vomir dans l'eau sombre. Un auror qu'il n'avait jamais vu avant (la trentaine, avec des cheveux noirs, une barbe et un accent gallois) était assis à côté de lui, tandis qu'un détraqueur était assis derrière eux deux et une jeune femme blonde qui était aussi une auror se tenait à la poupe du bateau, et manœuvrait le petit moteur moldu et le gouvernail du navire. Aucune magie n'était utilisée. Comme la destination redoutée approchait, il n'avait jamais imaginé que son quotidien serait principalement défini par les chansons fausses d'un camarade prisonnier.
Il avait essayé d'avoir une conversation avec l'auror à côté de lui dans la vedette, se doutant qu'il se passerait du temps avant qu'il puisse à nouveau parler à quelqu'un.
« Alors, » avait-il dit, essayant de ne pas trembler malgré le froid que le détraqueur causait en lui. « nous avons quitté Banff. Est-ce la ville la plus proche de la prison ? »
L'auror s'était tourné vers lui, suspicieux « Pourquoi veux-tu savoir ce qui est proche de la prison ? Banff n'est pas spécialement proche, en fait. Fraserburgh est plus proche, ou le Broch, comme on l'appelle. Mais il y a plus de sorciers à Banff. La moitié de la ville environ. Nous avons nos propres jetées d'où nous pouvons appareiller pour Azkaban, les Orkneys ou les Shetland. Des sorts anti-moldus entourent notre partie de la marina, afin que les moldus ne voient pas les détraqueurs et commencent à poser des questions… » Harry avait acquiescé, mais il n'avait pas su où mener la conversation, alors il était resté assis en silence le restant du voyage un peu agité.
Quand ils étaient entrés dans une grotte à la base de la falaise, Harry s'était retourné pour voir la côte écossaise, mais elle était noyée dans la brume, et impossible à voir. Le moteur avait été éteint et le bateau avait alors glissé le long d'un passage sinueux éclairé par des torches, sans aucun autre bruit audible que celui que le clapotis de l'eau sur le bois, avant que la vedette ne s'arrête sur un banc de sable. On l'avait fait descendre et puis monter les innombrables marches de la forteresse d'Azkaban.
Les aurors l'avaient laissé quand ils étaient arrivés au sommet, et Harry avait paniqué, laissé finalement seul avec rien d'autre que des détraqueurs. Mais ils n'essayèrent pas de lui administrer le baiser. Il le tirèrent dans la partie supérieure de la prison où se trouvé les condamnés à perpétuité. (Étant donné qu'il devait être seul, et que d'habitude, seul les condamnés à perpétuité l'étaient) Un autre détraqueur se tenait en dehors de sa cellule avec la porte ouverte, attendant, et Buttercup chantait à pleine voix avec un falsetto tremblant :
I'm called little Buttercup, dear little Buttercup, though I could never tell why.
But still I'm called Buttercup, poor little Buttercup, sweet little Buttercup, I.
[On m'appelle petit bouton d'or, cher petit bouton d'or, bien que je ne puisse jamais dire pourquoi
Mais cependant je suis appelé bouton d'or, pauvre petit bouton d'or, gentil petit bouton d'or]
Quand les détraqueurs lui eurent enlevé les liens de ses poignets, l'eurent jeté dans sa cellule et fermé la porte, Harry s'était finalement avancé vers la porte pour essayer de connaître son voisin, qui chantait maintenant une chanson différente :
Behold the Lord High Executioner!
A personage of noble rank and title.
A dignified and potent officer,
whose functions are particularly vital.
Defer, defer, to the Lord High Executioner!
Defer, defer, to the noble Lord, to the noble Lord,
to the Lord High Executioner!
[Voyez le grand bourreau du seigneur !
un personnage au rang et au titre noble.
Un officier digne et puissant,
Dont les fonctions sont particulièrement vitales.
Remettez-vous en, remettez-vous en au grand bourreau du seigneur !
Remettez-vous en, remettez-vous en au noble seigneur, au noble seigneur,
Au grand bourreau du seigneur !]
« Heu, bonjour ? » avait timidement dit Harry. Il avait l'impression que sa tête allait exploser. Les hurlements de ses parents mourant dans son autre vie commençaient juste à s'amoindrir un peu (cela arrivait seulement quand les détraqueurs s'éloignaient assez loin), mais Harry pensait qu'il arriverait à récupérer son équilibre plus rapidement s'il arrivait à avoir une conversation intelligente avec quelqu'un. « Heu » avait-il dit « Je m'appelle Harry. Et vous ? » Il avait regardé à travers les barreaux de l'ouverture, cherchant l'ouverture correspondante de l'autre côté du couloir, mais sur la gauche de quelque pieds. Elles n'étaient pas précisément alignées. Probablement à dessein, pensa Harry.
Soudain, le prisonnier de l'autre côté du couloir avait commencé à beugler encore la chanson de 'Buttercup', son falsetto encore plus fort qu'avant. Harry avait essayé de l'interrompre, sans succès. Il avait décidé que l'autre prisonnier avait clairement fondu les plombs à force d'avoir été trop longtemps exposé aux détraqueurs, et Harry s'était effondré sur le sol de pierre froid, sa tête dans ses mains tandis que son voisin était parti dans une nouvelle chanson :
When a felon's not engaged in his employment
(his employment)
or maturing his felonious little plans
(little plans)
his capacity for innocent enjoyment
('cent enjoyment)
is just as great as any honest man's
(honest man's).
[Quand un félon ne fait pas son travail (son travail)
ou met au point ses petits plans de félon (petits plans)
sa capacité à des réjouissances innocentes (réjouissances innocentes)
est aussi grande que celle de n'importe quel honnête homme]
« Bonjour ! » Harry avait encore essayé de l'appeler par-dessus le bruit. Il y avait eu un silence soudain. Harry avait pensé qu'il était peut-être prêt à parler, alors il s'était levé et avait à nouveau parlé par la fenêtre de la porte. « J'ai dit » avait lentement et clairement répété Harry, comme si l'autre homme venait d'une autre planète (et peut-être que c'était le cas) « quel est votre nom ? »
Une pause. Harry s'était demandé depuis combien de temps il était en prison, et s'il avait oublié cela. Après quelques minutes de silence, Harry avait décidé qu'il n'allait pas avoir de silence, et il avait décidé de se recoucher sur le matelas fin et misérable sur la planche qui lui servait de lit. Juste comme sa tête avait touché l'oreiller plat, la voix était revenue dans sa cellule, à travers le couloir, très chantante et douce maintenant…
I'm called little Buttercup, dear little Buttercup, though I could never tell why.....
Harry avait abandonné. Le matin suivant, il avait pris son plateau petit déjeuner au détraqueur qui le lui tendait à travers l'ouverture de la porte, et assis sur le bord de son lit pour manger, entendant le prisonnier chantant recommencer :
Things are seldom what they seem,
skim milk masquerades as cream.
Highlows pass as patent leathers,
jackdaws strut in peacock's feathers....
[Les choses sont rarement ce qu'elles semblent
La peau du lait se déguise en crème.
Les chaussures cloutées font croire qu'elles sont en cuir,
Les corbeaux se pavanent en plumes de paon…]
Harry avait grogné, posé son plateau sur le matelas et était allé à la porte, criant avec irritation à travers l'ouverture « Ferme-là donc, Buttercup ! Est-ce qu'on ne peut pas prendre son petit déjeuner en paix ici ? »
Soudain, cela avait été calme, et Harry avait poussé un soupir de soulagement, s'asseyant pour reprendre son repas. Sans avertissement, il avait entendu une voix disant « Il était temps. »
Harry avait hésité. Était-ce celui à qui il pensait ?
« Il était temps pour quoi ? » avait-il finalement demandé.
« Il était temps que tu m'appelles par mon nom. Je te l'ai dit dès que tu es arrivé. »
Harry avait commencé à sourire, mais il avait ensuite senti une froideur se glisser dans la petite, à travers l'ouverture de la porte. Il avait vu qu'un détraqueur passait. Ils patrouillaient dans les couloirs toutes les demi-heures environ, s'assurant que les prisonniers recevaient une dose régulière de misère grâce à leur présence. Il pencha sa tête en arrière et essaya de prendre de profondes respirations, attendant que la sensation passe avant de tenter d'avaler quoique ce soit d'autre, afin de ne pas être malade.
Après environ trois semaines de prison, Harry développait une routine, qui incluait de se transformer en griffon d'or à chaque fois que les détraqueurs approchaient, afin qu'il ne soit pas autant affecté par leur présence. L'autre partie de sa routine était d'essayer d'avoir des conversations avec Buttercup, qui parlait encore rarement, spécialement si les détraqueurs étaient à proximité.
Buttercup arrêtait de chanter la chanson de l''Englishman' et il était calme pendant quelques précieux instants. Puis il commençait avec une autre de ses favorites :
A wand'ring minstrel I, a thing of shreds and patches,
of ballads, songs and snatches, dreamy lullaby!
My catalogue long, through ev'ry passion ranging,
to your humours changing I tune my supple song!
I tune my supple song....
[Je suis un ménestrel errant, de morceaux et de bouts
de ballades, de chansons, et de bribes de berceuses rêveuses !
Mon catalogue est long, couvrant toutes les passions,
Et à votre humeur changeante j'accorde mon air !
J'accorde mon air…]
« Pourquoi, Buttercup, » demanda-t-il grincheusement « est-ce que le reste d'entre nous ici est misérable comme des pauvres diables, et que tu continues à chanter joyeusement tout le temps, jour après jour ? »
La chanson s'arrêta. Harry attendit. Et il attendit. Il allait ouvrir sa bouche pour lui reposer la question, mais soudain, Buttercup se mit à parler.
« Qu'est-ce qui te fais penser que je chante joyeusement ? Qu'est-ce qui te fais penser que j'aime chanter même ? »
Harry fronça les sourcils, perplexe. « Quoi ? »
Il entendit Buttercup soupirer. « Ces maudits détraqueurs m'ont volé toutes mes bonnes pensées depuis des siècles. Tout ce qui me reste, ce sont mes pires souvenirs. Mon père était moldu. C'était un docteur itinérant, qui allait de ville en ville à la recherche de chaque foutue compagnie de Gilbert et Sullivan dans les îles britanniques. J'ai entendu ces chansons dans mes cauchemars pendant que je grandissais. Maman était une sorcière, et elle voyageait avec nous. Elle adorait le théâtre, et le métier de mon père. Elle pensait que c'était très excitant. Elle pensait aussi que si elle n'était pas dans la même ville ou même autour des mêmes personnes dans la même compagnie de théâtre pendant longtemps, ils ne feraient attention à aucune de ses particularités, si elle faisait un peu moins attention à sa magie ici ou là. Je n'ai jamais été aussi content dans ma vie que lorsque j'ai reçu ma lettre pour Poudlard, et que j'ai pu quitter le bruit infernal des opérettes de Gilbert et Sullivan. Et maintenant… maintenant, cette merde est tout ce qui me reste. »
C'était le plus grand nombre de phrase que Buttercup avait prononcé d'affilée depuis que Harry était arrivé. Il ne savait pas quoi dire. Il lui vint à l'esprit de demander à Buttercup de chanter quelque chose, mais il réalisa rapidement qu'en fait, ce ne serait pas très gentil. Il voulait savoir d'autres choses de lui, comme dans quelle maison il avait été et quels cours il aimait, et ce qu'il avait fait pour prendre perpétuité à Azkaban… Mais bientôt les chants reprirent, et Harry avait laissé passer sa chance.
Il passait le plus long de la journée en boule dans un coin, sous sa forme de griffon d'or. Il pensait qu'il commençait à grossir, car bien qu'il ait fait des exercices dans la cellule du ministère, depuis son arrivée à Azkaban, il ne s'était pas senti assez motivé. Je devine qu'il faut se sentir plus joyeux pour faire des exercices, pensa-t-il.
Au milieu de la journée, les détraqueurs faisaient le tour pour délivrer le courrier qui était arrivé de Banff par chouette le matin, après que les aurors aient vérifiés qu'il ne contenait pas de contrebande ou d'informations illicites. Harry avait une lettre de son père. Il déroula le parchemin et jeta un œil distrait à la lettre destinée aux yeux des aurors, des choses innocentes au sujet de l'école, puis il la retourna pour lire la vraie lettre. Son papa enchantait toujours le parchemin d'un côté pour que seul lui et Harry arrivent à le lire, et les aurors pensaient toujours qu'il était vierge de ce côté.
Cher Harry,
Je ne sais comment te dire cela, alors, je vais être direct. Jamie et Ginny ont toutes deux été tuées, et Simon est à Ste Mangouste. Nous avons enterré Jamie hier. Je voulais que tu sois ici, et j'ai demandé la permission de t'amener à Dunoon, mais on me l'a refusé. Il n'y avait que Draco, Duncan et moi.
Simon a trouvé le passage que Ron Weasley avait utilisé pour descendre dans cette classe… Il se sentait cloîtré. Lui et Jamie se cachaient avec Ginny depuis un moment. Binns l'a surpris et mis sous Imperius, puis l'a ramené jusqu'à leur cachette. Quand il a découvert Jamie et Ginny, il les a tuées toutes les deux, puis a lancé le Cruciatus sur Simon. Albus et arrivé et il a assommé Binns, mais pas avant que Simon ne soit parti trop loin. Il a des dommages irréversibles au cerveau. Après que Albus ait fait avouer toute l'histoire à Binns, il l'a tué. Cela me l'a presque fait aimer à nouveau. Je me suis senti comme un imbécile d'avoir cru en lui pour continuer à cacher Jamie, Ginny et Simon. J'aurais dû savoir qu'il avait son propre agenda après ton procès. J'ai le sentiment que Albus et moi avons séparé nos routes de façon permanente.
Je vais essayer de trouver un endroit sûr où aller avec Draco et Charlie. Ils sont les seuls en qui j'ai confiance maintenant, et Charlie est aussi déçu du témoignage de son frère lors du procès que je l'ai été. Nous n'allons probablement pas pouvoir partir tout de suite, mais nous le ferons bientôt. Cela pourrait être difficile de continuer à t'écrire pendant un moment. Ne te fais pas de souci pour nous. Je communiquerai avec toi aussi souvent que possible une fois que nous serons en sûreté. Nous pensons à toi tous les jours.
Bisous
Papa
Harry fixa la lettre, ses yeux lisant avec difficulté.
Ginny morte.
Jamie morte.
Simon définitivement fou.
Et bientôt, Draco irait se cacher. Harry avait le cœur dans la gorge. Il n'avait jamais été aussi sûr que ce monde était une erreur, mais il ne pouvait pas supporter de penser à le réparer… Ce serait si difficile…
Bien sûr que ce sera difficile disait occasionnellement une voix dans sa tête. Personne n'a dit que ce serait facile…
Mais Draco… Bientôt Draco serait quelque part ailleurs, et il ne pourrait pas venir à la grotte trouver Harry s'il réussissait à s'échapper. Il devait faire quelque chose maintenant, avant que ce soit trop tard… Il ne pouvait pas attendre d'avoir fini ses cinq années.
Il avait espéré tout du long s'échapper et obtenir l'aide de Draco pour rétablir le cours du temps, mais il avait pensé qu'il aurait besoin de plus de temps pour s'habituer à la routine d'Azkaban et trouver la meilleure manière de s'échapper. Ce devait être maintenant, aujourd'hui.
Il agrippa le basilik, comme il ne l'avait pas fait depuis des jours, et il réalisa qu'il ne réchauffait plus sa main ni ne lui donnait d'image mentale de Ginny. Au lieu de cela, sa main tenant un métal froid et dur, presque comme de la glace, et il n'avait aucune image du tout. Elle était partie. Elle était vraiment partie… Et Jamie aussi…
Un désespoir comme il n'en avait jamais connu s'empara de lui et il s'abandonna à pleurer. Le désespoir s'approfondissait quand les détraqueurs passaient. Finalement, il s'endormit, et il ne se réveilla pas avant d'entendre les détraqueurs ouvrir les cellules pour apporter le repas du soir. Le soleil commençait juste à se coucher, et il mangerait encore dans le noir.
Puis il réalisa que ce ne serait pas le cas.
Je ne reste pas pour dîner.
Il se transforma en animagus, et se tint près de la porte, attendant, attendant…
Quand la porte s'ouvrit, et que le détraqueur entra, il se glissa dans le couloir comme Sirius avait dit avoir fait, dans son autre vie. Les détraqueurs ne détectèrent pas l'esprit de l'animal comme il leur trottait devant, vers la porte de l'impitoyable rocher d'Azkaban. Il se tourna pour observer la sévère prison, les formes sombres des détraqueurs flottant ici et là, portant les plateaux de nourriture, leurs mains pourrissantes et putrides dépassant des manches de leurs capes. Il se détourna d'eux et regarda vers l'ouest et vers le sud. Le soleil dorait les nuages filant à l'horizontale qui criblaient le ciel rosâtre, et au loin, Harry pensa voir une ligne vert-pourpre à l'horizon qui pouvait être la côte écossaise. C'était maintenant ou jamais. Il ne trouverait probablement plus jamais le cran de faire cela, et s'il attendait trop longtemps, il ne pourrait jamais retrouver Draco…
Étendant ses ailes, il bondit de la falaise et tomba pendant quelques instants avant de commencer à bouger ses ailes, s'élevant dans l'air marin glacial, et gagnant de la vitesse. Comme il avançait, il gardait ses yeux de griffon sur la ligne noire d'horizon qui était la côte nord-est de l'Écosse, et il vola vers le soleil couchant.
* * * * *
notes de l'auteur. He Is An Englishman, (I'm Called) Little Buttercup et Things are Seldom What They Seem sont de l'opérette de Gilbert & Sullivan H.M.S. Pinafore. Behold The Lord High Executioner et A Wand'ring Minstrel I sont du Mikado de G&S, et The Policeman's Song (When a felon's not engaged...etc.) est de The Pirates of Penzance. Toutes les paroles des opérettes de G&S sont de l'inimitable WS Gilbert.
