Harry Potter et le temps des bonnes intentions

(ou : La dernière tentation de Harry Potter)

Ca y est, Harry a réussi à s'enfuir d'Azkaban ! ouf, mais il n'a pas encore réussi à regagner son temps...
Marine : ca pourrait faire un titre ca non : de l'eau de rose au jus de boudin.
idefix1909 : merci beaucoup pour ta review. Et oui, encore un coup dur. Sinon, la septième année existe, mais pour le moment je suis sur la traduction de 'la génération perdue', l'épisode 0 de la trilogie avec la scolarité de Bill, qui croise la route de celle de Lily, James et des autres...
Mystikal : ca fait un peu bizarre...
popov : on l'apprend, mais beaucoup plus tard, en septième année. Patience. La route est longue jusque là.
wargate : the fabulous flying pig. ca fait tout de suite moins rêver, c'est sûr!
Philippe Griffondor : lu d'une traite, ce chapitre ne manque pas de rebondissements. Ce n'est pas autant le cas pour les suivants pendant lesquels l'auteur s'est selon moi un peu enlisé.
Ryan : exact, premier sur le chapitre ! Je pourrais faire un classement si j'avais le temps.

Et maintenant, bonne lecture à toutes et à tous pour la suite et le chapitre 14...

Chapitre quatorze

L'importance de Draco Malfoy

Harry volait vers la lumière. Il ne savait pas depuis combien de temps il volait. Il semblait que cela faisait une éternité qu'il ne voyait rien d'autre que la mer en-dessous et les étoiles au-dessus. Il avait appris rapidement à ne pas regarder en bas quand il volait. Regarder la surface onduler et se calmer, onduler et se calmer, avec l'écume occasionnelle se formant au sommet d'une vague s'était avéré presque hypnotique. Il n'avait pas été loin d'avoir la mer au-dessus de lui plutôt qu'en dessous. Harry ne pouvait pas regarder derrière, alors il n'était pas certain que la forteresse d'Azkaban lui serait encore visible s'il le faisait. Il avait été encouragé quand il avait commencé à voir une faible lueur émerger de la brume qui couvrait la côte, et comme elle devenait plus forte, il pria qu'il puisse être bientôt capable de se poser et de reposer ses membres fatigués, comme il n'avait jamais volé si loin ni si longtemps sans s'arrêter.

Finalement, il put vraiment voir la source de lumière. Un phare, près de ce qui semblait être un petit château avec un autre phare, bien qu'il soit éteint, perché sur le toit. Il était encore assez loin cependant, et le phare et le château avaient l'air très petit, comme des jouets. Il pouvait voir de nombreux bateaux de pêche amarrés près d'un mur en béton à marée basse, tout depuis le chalutier de haute mer jusqu'à la barque. Il pouvait à peine discerner les rues illuminées du port, les maisons de pierres obscures qui s'alignaient le long des avenues comme des soldats, leurs tuiles couvertes par de la neige, comme du sucre, sur autant de maisons en pain d'épice. La ville était sombre et sans vie.

Ce doit être le milieu de la nuit, pensa Harry. Il avait décollé au coucher de soleil, mais n'avait aucune idée de la distance entre Azkaban et la côte, et il n'avait jamais mesuré sa vitesse de vol. Il décida de se diriger vers le petit château avec le phare inutilisé sur le toit, comme il offrait une grande surface plane où il pouvait se poser. Il estima qu'il y aurait moins de chance pour que des moldus apparaissent et soient alarmés en voyant un griffon d'or ou en voyant un griffon d'or se transformer en garçon de seize ans.

Harry pensa qu'il allait pleurer de joie quand le château fut en-dessous de lui et qu'il put finalement commencer sa descente en spirale serrée vers le bas, se préparant à atterrir. Au moment où ses pattes touchèrent le toit, il s'effondra et reprit forme humaine, respirant profondément, se sentant déshydraté et complètement vidé de toute énergie. Il roula sur le dos et regarda le ciel, l'air froid le glaçant, mais c'était un froid qu'il accueillait, comme ce n'était pas celui des détraqueurs. Il lui semblait que le froid ne le dérangerait plus jamais, aussi longtemps qu'il ne devrait pas se rapprocher d'un autre détraqueur.

Finalement, il lutta pour se relever et alla jusqu'au parapet pour regarder la mer, dans la direction d'où il venait. Est-ce que les détraqueurs savaient qu'il était parti ? Avaient-ils déjà envoyé une lettre au ministère ? Ses yeux descendirent encore une fois vers les bateaux de pêche. Il ne semblait pas y avoir de bateaux de plaisance ici, juste des bateaux commerciaux, et toutes les amarres semblaient lâches. La mer était basse, et il pouvait voir que si les amarres n'avaient pas été aussi longues, les attaches auraient été arrachées des ponts sur les plus gros bateaux de bois, tandis que les plus petits navires auraient été suspendus au-dessus de l'eau. La plage était criblée de neige cependant. Le printemps arrivait tard dans cette partie de l'Écosse. Les mouettes étaient groupées en masse sur les rochers, qui étaient recouverts d'algues noires, et au loin, il pensa entendre un aboiement de phoque.

Il resta appuyé sur le mur un moment. Le vent balayait ses cheveux, et il absorbait la beauté lugubre et la solitude du bord de mer la nuit, ayant l'impression qu'elles avaient été créées juste pour lui. Il prit une grande inspiration d'air marin, l'air de la liberté. Il l'avait fait. Il s'était échappé d'Azkaban ! Puis, tout aussi rapidement, il sentit son estomac se nouer comme il se souvint de ce qui l'avait poussé à le faire. Jamie et Ginny sont mortes. Simon est à Ste Mangouste. Soudain, la plage eut l'air inhospitalière et cruelle au lieu de belle. Il sentit les larmes perler derrière ses yeux, et il avala de grandes goulées d'air froid, voulant ne pas pleurer. Ce n'est pas le moment de se lamenter, pensa-t-il…

Soudain, une forte rafale de vent le fit claquer des dents, et il éternua. Harry décida qu'il devait trouver une place à l'intérieur pour passer le restant de la nuit. Il alla vers le pavillon du phare qui dépassait du toit du petit château et essaya d'ouvrir la porte. Il y avait une serrure, mais elle ne semblait pas très compliquée. Il se concentra très fort et tendit sa main vers la poignée, puis cria « Alohomora ! ». La porte s'ouvrit immédiatement vers lui, et il poussa un soupir de soulagement. Il entra et referma la porte derrière lui, content d'être à l'abri du vent. Regardant autour de lui, il décida que cela devait avoir été le phare pendant assez longtemps, avant que le phare moderne ne soit construit près du château, produisant la lumière qu'il avait suivi.

Les escaliers en spirale le conduisirent dans le château, mais il ne s'attendait pas à ce qu'il vit. Le château n'était pas la maison de quelqu'un. C'était une espèce de musée. Il y avait des photos de phares partout, et de petites maquettes. Il erra dans les couloirs, louchant sur les photographies, mystifié. Il descendit encore des escaliers, atteignant finalement le rez-de-chaussée, où il trouva un grand couloir avec d'autres images et maquettes de phares, et quelques brochures glacées qui proclamaient qu'il était dans le Musée des Phares Écossais. Bien, cela expliquait beaucoup de choses. Il essaya d'ouvrir la porte, mais elle était bien fermée. Il prit une grande inspiration et tendit encore sa main, utilisant la même incantation qu'avant. La porte s'ouvrit devant lui comme l'autre, mais avec une différence.

Bbbrrrrrinnnnnggggg! Bbbrrrrrinnnnnggggg! Bbbrrrrrinnnnnggggg!

Cette fois, une alarme commença à sonner, faisant pratiquement bondir Harry hors de sa peau.

Malédiction ! Cette porte avait une alarme dessus. Pourquoi est-ce que l'autre porte n'avait pas d'alarme ? Idiot, se dit-il. Combien de personne essayent de faire un casse en atterrissant sur le toit ?

Bbbrrrrrinnnnnggggg! Bbbrrrrrinnnnnggggg! Bbbrrrrrinnnnnggggg!

A ce sujet, pensa-t-il, qui diable irait cambrioler un musée sur les phares d'abord ? Pourquoi est-ce qu'ils avaient quand même besoin de mettre une foutue alarme à cet endroit ? Mais il ne pensa pas cela longtemps, il partit vers la plage, courant aussi vite que possible, souhaitant avoir continué à s'entraîner à Azkaban. L'alarme continua à retentir derrière lui, et il espérait que quelque soit les forces de police que possédaient la ville, elles penseraient que quiconque ayant déclenché l'alarme serait soit dans le musée, soit courant vers la ville, plutôt que vers la plage. C'était difficile de courir dans cette combinaison imprévisible de sable, de neige, de glace, de rochers et d'algues. Finalement, il remonta une petite colline broussailleuse. Au sommet, il se retrouva soudain une herbe soigneusement manucurée. Fixant le paysage se déroulant devant lui, il réalisa que c'était un terrain de golf. Il continua à courir, cette fois sur la plus agréable surface de l'herbe courte, qui n'avait qu'un peu de neige ici et là.

A la longue, il avait quitté le terrain de golf et le bruit de l'alarme du musée, continuant le long d'une avenue pavée qui, il réalisa, pouvait avoir des voitures allant vers lui d'un moment à l'autre. Il vira vers un bosquet d'arbre, et quand il en émergea finalement, il vit de petites formes régulières et rectangulaires devant lui. Il s'arrêta, s'accroupit et essaya de reprendre son souffle. Ses poumons étaient gelés. Après avoir regardé pendant une minute les formes régulières, il réalisa où il se trouvait : c'était un parc pour caravanes. Il frissonna. Même pour quelqu'un qui serait resté dans l'air froid de mars plus longtemps qu'une personne sensée aurait dû, cela semblait un endroit très froid pour vivre, dans une caravane sur la côte nord-est de l'Écosse.

Il erra le long des allées calmes du parc. Les caravanes étaient toutes sur cales, quelques unes avec des jupes en métal autour de leur base, et même des jardins bien entretenus et du mobilier de jardin dehors, tandis que d'autres étaient dans un état de délabrement et arboraient de nombreuses lignes avec des lessives bougeant de façon exubérante à la brise marine. Une habitation particulièrement délabrée attira le regard de Harry. Un morceau de bois avait été utilisé pour obstruer une fenêtre cassée, et une porte en métal battait au vent, cognant régulièrement le mur. La boîte aux lettres au bout de l'allée conduisant à la porte était rouillée et vide, et sur le côté il y avait marqué « John MacLeod » , avec de la peinture dorée écaillée sur fond noir. Harry marcha en hésitant vers la porte ouverte et rentra dans la caravane obscure.

Elle était en désordre, comme si elle avait été utilisée par des squatters, des animaux sauvages, ou les deux. Qui que ce soit ayant vécu là, décida Harry, était parti depuis longtemps. Il ferma la porte et la verrouilla magiquement, puis trouva un coin éloigné, à deux pièces de l'entrée (l'intérieur était en fait surprenamment spacieux) et il se changea à nouveau en griffon d'or, s'installant pour dormir. Il avait une longue et dure route devant lui, il ne savait même pas où il était, il n'avait pas d'argent, et bientôt, le ministère le rechercherait, et peut-être les opérationnels de Dumbledore, aussi. Mais maintenant, tout ce à quoi il pouvait penser était dormir, et bientôt, il ne pensa plus rien du tout…

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