Lunenoire : c'est vrai, pas grand chose de neuf...
popov : pareil que ci-dessus...
Philippe Gryffondor : vivement le prochain, effectivement...
Mary Cooper : Harry kriege die Krise, oui, je crois qu'il a sacrément le blues !
Et maintenant la suite de ce chapitre...
« Que voulez-vous dire, il ne viendra pas ? »
« Bien, ce n'est pas tant qu'il ne viendra pas, vous voyez, il peut pas. »
« Et pourquoi ? »
« Oh, ne m'en parlez pas… »
« Que voulez-vous dire ? »
« Bien… Il a replongé. »
« Quoi ? Il vient juste de sortir ! »
« Oui, bien… Il revenait de Peterhead avec quelques copains, et ils ont été arrêtés et la voiture a été fouillée… et ils ont tous été embarqués. »
« De la drogue encore ? Où est-il ? Sûrement que je peux dire quelque chose pour le faire sortir, payer sa caution… »
« Non, cela ne marchera pas. Il a commis trop de délits, et comme vous dites, Donny était simplement en liberté conditionnelle. Il a violé les conditions maintenant, ils ont dit… »
« Merde ! »
« Bon, bon, je suis sûre que vous pourrez trouver un autre caddie… »
Harry entendit un fort bang !, comme si quelqu'un avait frappé très fort dans quelque chose fait en métal très dur.
« Hé stop ! Ce n'est pas une raison pour faire cela ! »
Il reprit sa forme humaine et se leva pour regarder par la fenêtre sale dans la direction d'où venaient les voix. C'était un homme avec d'étrange habits de golf, portant un béret avec une énorme boule de peluche dessus, et une femme d'âge moyen à l'air abattu qui avait été en train d'enlever sa lessive de sur la corde, et de la mettre dans un panier en plastique cassé sensé ressembler à de l'osier. Elle doit être la mère de Donny, pensa Harry. Elle se tenait en dehors de l'une des caravanes les plus à l'abandon, et il pouvait entendre une radio criant de quelque part à l'intérieur. Le golfeur avait frappé ses poubelles en métal, en cabossant une, et il continuait à y donner des coups, tandis que la femme le frappait avec ses mains ou essayait de le faire s'arrêter.
Harry eut une idée. Il laissa rapidement tomber sa robe sur le sol de la caravane, pensant qu'il aurait l'air moins particulier sans manteau plutôt qu'avec une robe de sorcier (même le modèle standard d'Azkaban). Puis il se concentra très fort et se fit pousser des cheveux très longs, afin qu'ils semblent avoir au moins un an de croissance. Il passa ses mains dans son dos et les tressa rapidement, puis il se donna une barbe broussailleuse, comme quand il avait été à la British Library. Finalement, il quitta la caravane où il s'était abrité et la contourna pour aller vers l'endroit où l'homme et la femme s'étaient bagarrés, juste à temps pour voir l'homme repartir vers sa voiture, une BMW à l'air neuf. Le soleil n'était même pas encore levé.
« Attendez ! » l'appela-t-il. L'homme se retourna, le regardant de travers, mais s'arrêtant, attendant de voir pourquoi Harry l'avait appelé.
« Je… j'ai cru comprendre que vous cherchiez un caddie ? » lui dit Harry.
Le golfeur avait environ quarante ans, les tempes grisonnantes, portant une combinaison détonante de trois tartans différents, et un cardigan à motif en diamant qui n'avait aucune couleur commune avec ses autres habits. Il regarda Harry avec des yeux bleus suspicieux, sa moustache brune tremblant, sa rage de perdre son caddie préféré encore intacte. Il ne répondit pas à Harry, et maintenant, la femme venait vers eux, fixant Harry et disant « D'où viens tu ? Qui es tu ? »
Harry se tritura les méninges ? « Je suis… Dudley Dursley. Je suis venu voir mon oncle John, John MacLeod, mais il ne semble plus vivre ici. »
Maintenant c'était elle qui avait l'air suspicieuse. « C'est parce que John MacLeod est mort depuis treize ans. Et tu n'es pas beaucoup plus vieux que cela, je dirais. »
« Bien, je… je… » il réfléchit un peu plus. « En vérité, j'ai quitté la maison. Je vis à Surrey et… »
« Surrey ! Elle est bonne celle-la ! » répondit le golfeur. « Mon gars, tu es aussi écossais que moi ! Avec cet accent ? Allons, tu es vraiment du pays, n'est-ce pas, on ne parle pas le patois écossais, mais tu n'es certainement pas de Surrey, ou je suis la reine mère ! » proclama-t-il avec vigueur, avec un rire. Harry s'arrêta, fronçant les sourcils. Il n'avait jamais fait vraiment attention à sa façon de parler depuis le premier septembre. Est-ce que je parle comme si je venais d'Écosse maintenant ? pensa-t-il. Il se souvint avoir été conscient de l'accent d'oncle Duncan et de Mr Lyon. Bien sûr, ils étaient de Dunoon, bien plus au sud et sur la côte ouest. Un accent différent. Et son beau-père avait modulé avec soin son phrasé qui ne trahissait aucune sorte d'accent, comme s'il ne voulait pas que les gens connaissent ses origines.
« Bien » concéda Harry, « j'ai dit que je vis là-bas actuellement. Ou j'y vivais. Nous vivions en Écosse. Je pense que j'avais le cafard. Je n'ai pas le sentiment d'être de Surrey, et j'ai finalement économisé assez d'argent en travaillant au magasin de mon père, alors j'ai pris la route. Mais je n'ai plus d'argent maintenant… J'ai été volé, et ils ont pris mon manteau aussi… Et j'essaye de me rendre… » il fouilla dans sa tête un peu plus « …à Huntly ! » dit-il finalement, se souvenant du témoignage de Ron et du journal que Croupton lui avait montré, 'Le Huntly Express'. « J'ai un peu de famille près de Huntly. » Soudain, il n'était plus en colère avec Ron pour son témoignage contre lui. Il n'aurait jamais su où il allait autrement.
« Oui, c'est mieux. Je savais que tu venais d'ici. D'accord, je te mets au courant : j'ai un gros pari avec Harvey Urquhart à gagner aujourd'hui. Je ne l'ai jamais battu, et Donald allait être mon porte bonheur. Il m'a aidé à gagner avant, mais je ne l'ai jamais eu pour jouer contre Urquhart. Tu as déjà fais caddie avant ? »
« Oh, très souvent. » mentit Harry, puis il se souvint qu'il avait dit qu'il travaillait dans une boutique. L'homme le jaugea.
« Bon… à la rigueur, je suppose que tu feras l'affaire. Il y aura vingt billets pour toi, trente si je gagne. Plus si je gagne gros. Oh, au fait, je suis Andy MacRae. » Il tendit sa main, et Harry la lui serra. « Je dirige Détecteurs d'Écosse. »
Harry recula. « Quoi ? »
« Détecteurs d'Écosse. Nous sommes sur Frithside Street. Des détecteurs de métaux. Nous livrons dans toute l'Écosse. » Harry poussa un soupir de soulagement. Il avait pensé que l'homme avait dit détective.
« Oh » répondit plus calmement Harry, mais il se raidit encore quand il entendit les nouvelles venant de la radio dans la caravane.
« Et les habitants de la côte nord-est doivent faire attention à Harry Potter, un fugitif d'un centre de détention pour mineur qui est considéré comme très dangereux. On suspecte qu'il se soit évadé grâce à un navire de pêche, et tous les ports de pêche de la zone doivent se tenir en alerte vis à vis de ce tueur condamné. Cela inclus Banff, MacDuff, Newtown, Longmanhill, Craigmaud, Ladysford, Mid Ardlaw, Rosehearty, Fraserburgh, Peterhead et tous les endroits entre ces villes. Potter mesure six pieds un pouce, pèse environ treize stone… » [NDT : 1 stone = 6.348 kg, soit environ 82 kg]
« Nous devrions y aller ! » dit Harry très haut, essayant de masquer le reste de la description physique. « Vous ne voulez pas faire attendre Urquhart, n'est-ce pas ? »
Comme ils allaient vers la BMW, Harry regarda la mère ébouriffée de Donny, qui le regardait encore avec suspicion. Est-ce que MacLeod avait dit qu'il n'avait pas de famille avant de mourir ? se demanda-t-il. Il espéra qu'elle n'écouta pas le flash info. Comment une chouette pouvait déjà avoir atteint le ministère ? Attends pensa-t-il… Elle avait seulement besoin d'aller jusqu'à Banff, puis il y a des moyens de communication plus rapides, comme les cheminées, ou simplement le transplanage. Le ministère avait fait la même chose avec lui que ce qu'ils avaient fait avec Sirius : il avait alerté les autorités moldues afin qu'il n'y ait pas que les sorciers qui soient à sa recherche. Super, pensa Harry. Il était content d'avoir décidé de laisser pousser ses cheveux et sa barbe, et d'avoir laissé sa robe d'Azkaban dans la caravane.
Quand ils furent finalement dans la voiture allant jusqu'au club de golf, Harry remarqua que MacRae le regardait encore avec suspicion, l'homme dit finalement « Pourquoi n'as-tu pas simplement appelé chez toi pour demander de l'argent ? Après t'être fait voler ? »
Harry grimaça. « Oui, bon, je me suis disputé avec papa avant de partir. Il ne voulait pas que je parte. Je travaille pour lui depuis que j'ai fini l'école, à seize ans. Mais cela fait maintenant deux ans et j'en ai marre. J'ai dix-huit ans maintenant » mentit-il encore, « et je veux faire ce que je veux, à la fin. Je ne veux plus être sous sa coupe. »
MacRae acquiesça. « Bon gars. Relève-toi. C'est ce que j'ai fait. J'ai quitté la maison à quinze ans, je suis allé en mer. Pêcheur en haute mer. Nous attrapions tout ce qui pouvait nager dans la mer. J'ai appris à faire le boulot d'une adulte, à m'occuper de moi. J'ai économisé mon argent, et j'ai monté ma propre affaire quand j'avais vingt-quatre ans. Partout dans le monde, on se moque de la frugalité des Écossais, mais je dois la vie à mon avarice. Si je n'avais pas été à une livre près pendant toutes ces années, je n'en serais pas là aujourd'hui. » Harry acquiesça, regardant la radio silencieuse de la voiture et espérant que MacRae la garderait éteinte pendant qu'ils roulaient.
En très peu de temps, il entrèrent dans un parking en dehors d'un bâtiment avec un panneau proclamant qu'ils étaient au club de golf de Fraserburgh. Alors, c'est ici que je suis, pensa-t-il, Fraserburgh. Il avait résisté à le demander à la mère de Donny et à MacRae, comme cela aurait semblé un peu bizarre. Quand il ouvrit la portière de la voiture, une rafale de vent le frappa et il frissonna. MacRae le vit. « Attends une seconde. Viens avec moi. » Se demandant ce qu'il voulait, Harry le suivit à l'arrière de la voiture. Dans le coffre se trouvaient plusieurs sacs avec de vieux habits qui sentaient la naphtaline « C'est pour la vente de charité à l'église. Je suis sensé les prendre plus tard. C'est ma femme qui s'en occupe. Mais tu prends cela » dit-il, sortant un lourd blouson en tweed brun de l'un des sacs. Harry l'enfila. Il lui allait parfaitement, était fabuleusement chaud et était comme neuf.
« Vous vous débarrassez de cela ? » demanda-t-il, étonné. Puis il eut envie de se mordre la langue en voyant la grosse bedaine de MacRae. Si cela avait jamais été son blouson, cela faisait des années qu'il n'avait pas pu le porter.
« Non, non. C'était au petit ami de ma fille, Lloyd. » ajouta-t-il avec dégoût. « Elle l'a rencontré à l'université. Il avait tellement le nez en l'air que s'il venait à sortir sous la pluie sans parapluie, il risquait de se noyer. » Il fit une pause et Harry rit avec appréciation, réalisant que c'était le signal.
« Mais… il ne veut pas la récupérer ? » dit Harry, confus.
« Peu importe. Il l'a laissé à la maison après qu'elle lui ait finalement dit de se casser… et c'était pas trop tôt. Elle aurait dû le lui dire six mois plus tôt, mais bon. Si c'était son papa qui lui avait dit cela, elle serait probablement encore avec lui. Une amie lui a dit qu'il avait eu une aventure avec lui, et elle a finalement vu la lumière. Bon débarras, je dis. Tu as besoin d'un blouson, tu peux prendre celui-ci avec ma bénédiction. Je pense qu'il vient d'un endroit à Londres… »
Harry regarda rapidement à l'intérieur du blouson, et en voyant le mot Sloane, il regarda à nouveau MacRae et acquiesça.
« Bien, merci. J'ai plus chaud. »
« Bien sûr, avec ces cheveux et cette barbe, tu ressembles à l'un des ses professeurs d'université maintenant, celui qui fait la philosophie et pense que nous sommes encore en 1971. Il continue de parler de comment c'était de vivre dans une communauté en Californie. Évidemment, les femmes américaines de ces communautés sauteraient quiconque ayant un accent britannique dans les cinq minutes après l'avoir rencontré. Va comprendre ce qui peut faire perdre la tête aux femmes, eh ? Heureusement, ma Stella a plus de bon sens que cela. » Harry sourit faiblement et haussa les épaules. Je suis content de ne pas sortir avec la fille de MacRae, pensa-t-il.
Ils allèrent au clubhouse, et Harry fut content que l'une des différences entre les cellules du ministère et Azkaban, était qu'à Azkaban, ils pouvaient se doucher tous les jours. Sous le blouson de l'ex petit ami, il portait une chemise et des pantalons raisonnablement propres.
Ils entrèrent dans le club, et MacRae accosta immédiatement un grand homme aux cheveux blancs qui devait être son aîné de vingt ans, avec une grosse moustache tombante, et un large béret. Ses habits, en fort contraste avec ceux de MacRae, étaient complètement coordonnés et principalement de couleurs unies. Il portait le même tartan pour sa veste que pour son béret. Il avait l'air immaculé, et Harry se demanda soudain si ses ongles étaient clairs.
« Aah, Harvey ! » dit MacRae comme il approchait l'homme, qui avait l'air plus ennuyé qu'autre chose.
« MacRae » dit-il avec dédain, faisant un signe de la tête. Il regarda avec encore plus de désapprobation Harry. « Réduit à utiliser un de ces surfeurs américains qui n'est jamais rentré à la maison l'été dernier ? »
Harry se tourna vers MacRae, étonné. « Les gens font du surf ici ? »
« Nous sommes célèbres pour cela. Pendant la saison, bien sûr. Non, Harvey, voici Dudley Dursley. Il est en route pour Huntly pour rendre visite à sa famille, mais il a été d'accord pour me donner un coup de main aujourd'hui, comme mon caddie habituel est, heu, indisposé. »
Urquhart eut un rictus entendu. « Oui, MacRae. Nous savons tous comment ton caddie a tendance à être indisposé un bon peu. » Harry ne pensait pas que son accent pouvait exactement être décrit comme écossais. Urquhart était probablement allé dans un école privée snob, pensa-t-il. Il avait perdu son accent du nord.
« Bien, allons-y. » dit Urquhart en se frappant les mains puis en les frottant ensemble. « Nous allons prendre un bon petit déjeuner, puis nous filons sur le terrain. » Harry regarda par la fenêtre. Le soleil commençait finalement à se lever. Ils aimaient commencer à jouer au golf tôt.
Il se tourna vers MacRae, disant doucement, « En fait, sir… je n'ai pas mangé dernièrement… »
Son nouveau patron fit un signe de la tête, et lui indiqua une porte avec une petite fenêtre ronde dedans. « Va là dedans. C'est la cuisine. Dis-leur que tu es le caddie de MacRae, et tu auras tout ce que tu veux manger. Cela ira sur ma note. C'est bon ? »
Harry acquiesça et regarda les deux rivaux de golf se diriger vers la confortable salle à manger du club. Jusqu'ici, il avait réussi à retomber sur ses pattes. Il allait avoir un petit déjeuner gratuit, et l'opportunité de gagner au moins vingt livres, peut-être plus si MacRae jouait bien. Il trouva une équipe joviale de jeunes hommes et une jeune femme en habits blanc et au langage entier. Ils étaient contents de lui donner un énorme petit déjeuner avec plus d'œufs, de toasts, de saucisses et de café qu'il ne pouvait en souhaiter. (Il n'avait jamais essayé le café avant, et trouva qu'une fois qu'il lui avait brûlé la langue, il l'aimait bien, comme il ne pouvait plus en sentir le goût). Il avait l'impression d'avoir l'estomac plein pour la première fois depuis son dernier repas à Poudlard.
Le personnel de cuisine avait une petite télévision noir et blanc perchée sur une étagère au-dessus d'un plan de travail. Il y avait un journal du matin. Juste comme il se préparait à partir, il entendit son nom venir de la petite boîte, et il tourna sa tête pour voir une photo de lui de mauvaise qualité affichée sur le petit écran, tandis que la voix précise et coupante donnait la même description qu'il avait entendu à la radio plus tôt, et le fait qu'il avait tué sa mère. Tandis que la liste des villes côtières où il pouvait se cacher était donnée, il passa la porte, jetant un regard furtif à l'équipe. Ils ne semblaient pas faire attention à lui ou aux informations, comme ils coupaient des légumes, remplissaient des pots et plaisantaient les uns avec les autres. Puis il entendit un autre détail du reportage et il se figea.
« Potter a un tatouage distinctif sur l'avant-bras gauche : un crâne avec une langue ressemblant à un serpent… » Il déglutit et sortit rapidement, espérant que les gens qu'il rencontrerait ignoreraient le reportage autant que l'équipe en cuisine. Et en espérant certainement que personne ne voudrait regarder son avant-bras gauche. La situation ne s'était pas produite avant. Mais qui l'avait dit ? Un moment plus tard, il savait : Dumbledore. Dumbledore savait pour la Marque des Ténèbres.
Harry jeta un regard furtif aux personnes qui travaillaient au clubhouse. Les garçons portaient des plateaux de nourriture dans la salle à manger, un homme au bureau d'accueil inscrivait une heure pour une partie à quatre plus tard dans la journée… Il se sentit soudain énormément suspect, mais le fait était que le gens étaient occupés avec leur vie. Alors en fait, personne ne s'attendait à rencontrer un fugitif dont ils avaient entendu parler aux nouvelles. En espérant que personne ne penserait à le chercher sur un terrain de golf.
Ils furent dehors au premier tee à six heures trente. Harry se souvint de MacRae disant qu'il lui donnerait plus d'argent s'il gagnait, alors Harry fit discrètement partir les coups de Urquhart de travers. Il pensa qu'il valait mieux ne pas intervenir sur le jeu de MacRae, étant donné que ce serait plus suspect que MacRae ait une meilleure journée que d'habitude, plutôt que Urquhart ait une mauvaise journée. Le caddie de Urquhart était un jeune homme à l'air solide avec des cheveux blonds et un cou épais. Il avait un pouce ou deux de moins que Harry, mais faisait bien quatre stone de plus que lui [~25 kg], et était tout en muscles. Il soulevait les clubs d'Urquhart sur son épaule comme si c'étaient des plumes, tandis que Harry penchait en portant ceux de MacRae.
Quand ils eurent terminé les deux premiers trous, MacRae était déjà de bonne humeur. Urquhart avait dix coups de plus que lui. Il sourit à l'homme plus âgé, qui n'était clairement pas habitué à perdre.
« Alors, ça va, Harvey ? A Corbie Hill ? »
Urquhart grogna. Harry pensa que Corbie Hill était le nom de l'endroit du troisième tee. Mais Harry n'était pas préparé à la vue qui les attendait à Corbie hill. Toute la ville pouvait être vue, y compris le port, et par delà la mer du Nord, ce qui ressemblait à un autre village de pêcheur. Des ajoncs jaunes et d'autres fleurs sauvages commençaient à décorer le paysage. La colline était balayée par les vents, et Harry frissonna.
« Qu'est-ce que c'est ? » demanda-t-il à MacRae, et montrant l'autre village.
« Inverallochy. Et à l'intérieur des terres… » montra-t-il, « … c'est la plaine du Buchan. »
« Le Buchan ? »
« Cela veut dire le pays du bétail. Je pensais que tu vivais en Écosse ? »
Harry sourit. « J'ai dit que j'étais de Surrey. C'est vous qui insistiez en disant que j'étais écossais. »
Urquhart se retourna et les foudroya du regard. Il n'avait pas encore joué. « Quand vous aurez fini… » entonna-t-il, une menace à peine masquée dans la voix. L'autre caddie avait l'air assez menaçant aussi, et Harry et MacRae arrêtèrent leur conversation, bien qu'une fois que les deux autres ne les regardaient plus, ils se regardèrent, essayant de ne pas éclater de rire.
Puis Harry chuchota à MacRae « Dans quelle direction est le trou ? » MacRae la lui indiqua et Harry acquiesça. Puis il recula, afin de se mettre derrière MacRae, et quand Urquhart balança son club, une fraction de seconde avant qu'il ne rentre en contact avec la balle, Harry envoya la balle voler dans la direction opposée au trou. Urquhart n'en revenait pas. Et en plus, la balle n'avait fait qu'une vingtaine de pieds. L'homme plus âgé avait pratiquement de la vapeur lui sortant par les oreilles.
« Je devrais la rejouer ! » ragea-t-il en direction de MacRae, qui fronça les sourcils.
« Pourquoi donc ? »
« Maudit vent venant de la mer… »
« Allons, allons, Harvey. » lui dit joyeusement MacRae, ses joues rougies par le vent très rondes. « Je suis confronté à la même chose. Joue la où elle se trouve. » dit-il en se préparant en envoyer sa balle. Elle décrivit une longue parabole dans la direction générale du trou, et il se tourna vers Urquhart, rayonnant et béat.
Grommelant, Urquhart s'avança vers sa balle. Quand la même chose lui arriva pour le deuxième coup comme pour le premier, Harry dut essayer très fort de ne pas éclater de rire à l'expression de son visage. Je n'aurais jamais cru que le golf puisse être si amusant, pensa-t-il. Cela était si étrange d'avoir à nouveau des pensées joyeuses de n'importe quelle espèce, après avoir passé le plus gros du mois avec des détraqueurs. Il venait juste de réaliser qu'il n'avait pas ri depuis que les détraqueurs l'avaient pris en garde à vue. (Bien qu'en y pensant, cela devait remonter à plus loin que cela. Même avant que sa mère n'ai proposé d'emmener Ron dans la grotte, il y avait eu peu de choses dans sa vie pour le faire rire.) Et pourtant, il devait encore remettre son rire à plus tard. MacRae jubilait aussi clairement, et lui et Harry échangeaient des regards de conspirateurs. Si seulement il savait à quel point c'est une conspiration en vrai, pensa Harry.
Pour se réchauffer de l'intérieur, et Urquhart et MacRae avaient des thermos de café chaud, que Harry et l'autre caddie devaient porter en plus des sacs, mais ils pouvaient aussi les partager. Harry n'avait pas fait attention à ce qu'il buvait tant que c'était chaud. Puis il cracha presque sa première gorgée quand il réalisa que MacRae avait mis du whisky dans le café. Du Scotch en fait, je parie, pensa Harry. Maintenant qu'il savait, il prit une autre gorgée. Sa langue était déjà passablement brûlée par le café qu'il avait pris pour le petit déjeuner, alors le goût ne le dérangeait pas (bien qu'il en soit vaguement conscient), et il pensa que c'était possible que la quantité de whisky dans le café soit encore plus petite que celle que Rogue lui avait donné dans son bureau, avec son whisky dilué.
Quand était-ce ? pensa-t-il comme ils allaient à un autre trou. Puis il se souvint. C'était après être revenu au château, après avoir écouté la cassette de Queudver. Rogue. Cela lui semblait remonter à des siècles depuis qu'il avait pensé à lui en tant que Rogue. Harry essaya de ne pas penser à l'état dans lequel il devait être maintenant. Pleurant sa femme, son fils, sa belle-fille. Rendant visite à son autre fils à Ste Mangouste, et entendant que son beau-fils était un fugitif. Se préparant à fuir lui-même. Harry avait pensé que Severus Rogue semblait être un homme plus heureux dans ce temps-ci. Il était marié, avait des enfants, une vie privée. Il n'avait jamais été exposé en tant que Mangemort ou qu'espion, alors il ne courrait pas autant de risques que dans l'autre vie de Harry. Harry l'avait entendu rire, et pas aux dépends de quelqu'un d'autre (il avait entendu cela avant). Et pourtant… C'était une vie bâtie sur le sort de Harry. Le sort qu'il avait mis sur sa mère pour la contrôler…
Il leva soudain les yeux, juste à temps pour dévier la balle d'Urquhart de sa trajectoire en plein vol. Il avait presque oublié que ce qu'il essayait de contrôler maintenant était l'issue de cette partie de golf. Urquhart laissa s'envoler quelques explétifs de choix quand il vit sa balle dévier. Il pense probablement que c'est encore le vent, pensa Harry, essayant de ne pas sourire. Il se força à ne pas penser à son beau-père pour l'instant. Il n'était pas bon de ressasser tout cela maintenant.
Trou après trou, la balle d'Urquhart volait dans la direction opposée. Elle allait infailliblement dans les bunkers et les pièces d'eau, ou elle refusait de rentrer dans le trou à plusieurs reprises, même quand il semblait qu'il devrait pouvoir la mettre droit devant. Harry était de plus en plus frustré, et de moins en moins amusé avec le temps. MacRae était si mauvais que Harry devait vraiment rallonger la partie et ajouter partout entre trois et six coups par trou pour Urquhart.
Au dix-septième trou, Urquhart avait neuf coups de plus que MacRae. Il était progressivement devenu de plus en plus rouge comme il essayait d'obtenir de manière répétée de ses balles de golf ce qu'il savait qu'elles devaient faire. Harry essaya de ne pas se sentir coupable de saboter la partie d'Urquhart. Après tout, c'était seulement du golf.
Quand Urquhart rentra sa dernière balle dans le trou, la différence s'était élevée à onze coups. MacRae essayait de rentrer son putt final, mais la balle déviait et continuait à aller au delà du trou. Harry regarda les autres, s'assurant qu'ils l'ignoraient. Comme MacRae essayait encore, Harry tendit subtilement sa main et se concentra fort sur la balle. Cette fois, on aurait dit que la balle allait encore passer à côté du trou, mais elle fit soudain un virage, un angle droit parfait, et elle tomba dans le trou.
MacRae était plus content que quiconque que Harry ait jamais vu. Harry souhaita avoir été plus subtil en l'aidant à la fin, mais il avait peur que si MacRae ait à essayer de rentrer la balle trop de fois, il fasse fondre l'avance qu'il avait sur Urquhart. Ce dernier avait l'air grognon envers MacRae et son visage rayonnant.
« Voyons cette balle. Cela avait l'air bizarre. »
Harry était content d'avoir ajouter des coups à Urquhart plutôt que d'avoir aidé MacRae. C'était très dur d'aider quelqu'un d'aussi incompétent que Andy MacRae. Le caddie de Urquhart n'avait pas l'air de bonne humeur. Harry devina qu'on lui avait aussi promis un bonus en cas de victoire de son patron.
La balle fut examinée, trouvée anodine, et Urquhart renifla, la tendant à Harry. Harry rangea la balle dans le sac de MacRae, ainsi que son putter, proprement couvert par une chaussette avec un motif en diamant. Puis il vit qu'Urquhart avait enlevé une grosse liasse de billet de sa poche, et qu'il en comptait un bon nombre pour MacRae. Il tendit la liasse au patron de Harry, renfrogné.
« C'était pas un bon jour. » marmonna-t-il, puis il se tourna et partit avec son caddie vers le clubhouse. Harry épaula le sac de MacRae et suivit son patron. MacRae sautait pratiquement. Avant de rentrer, il s'arrêta et lui tendit cinq billets de vingt livres.
« Tiens, Dudley. Je t'avais dit que tu aurais plus si je gagnais. Tu es sûr que tu as besoin d'aller à Huntly ? Tu pourrais être mon nouveau porte-bonheur. »
« Non, merci en tous cas. J'ai vraiment besoin d'aller à Huntly. »
Soudain, les yeux de MacRae s'éclairèrent. « Dudley ! » s'exclama-t-il. « Je sais comment tu peux aller à Huntly et encore avoir ces cent billets en poche quand tu seras là-bas ! »
Harry fronça les sourcils. « Comment ? »
« Viens. Nous en parlerons en déjeunant. Tu viens t'asseoir avec moi dans la salle à manger ce coup-ci. Il faut fêter cela ! »
Harry décida qu'il n'allait pas laisser passer un déjeuner et un voyage pour Huntly gratuits, et il suivit MacRae dans la salle à manger du club, où les garçons regardèrent de travers sa barbe et ses cheveux, mais s'occupèrent de lui avec autant de décorum qu'avec n'importe qui d'autre.
Comme ils mangeaient, Harry appris que le club de football de Huntly jouait contre 'the Broch' cet après-midi, comme on appelait l'équipe de Fraserburgh. L'entraîneur de l'équipe de Huntly était marié à une sœur de MacRae. Il dit qu'il s'arrangerait pour que Harry revienne jusqu'à l'autre ville avec l'équipe. Cela tardait à Harry, car cela serait plus sûr, se doutait-il, que errer sur les routes ou prendre le bus ou le train où n'importe qui pouvait monter ou descendre n'importe où. Et des gens jouant au football toute la journée seraient sans doute trop occupés pour écouter la radio et faire le lien entre l'histoire de Harry Potter, dangereux meurtrier en fuite, avec Dudley Dursley, caddie 'impromptu' [NDT : en français dans le texte].
MacRae le conduisit à Bellslea Park, où la partie avait déjà commencé. Bientôt Harry était sûr que 'the Broch' portait les maillots rayés blanc et noir, les shorts noirs et les chaussettes rouges, tandis que Huntly était tout en blanc avec un écusson noir. C'était un match disputé, et il écouta MacRae parler des autres parties de la ligue avec quelques amis se tenant là.
« Fort William a fait un nul avec les Cove Rangers, tu le crois ? Ils peuvent marcher la tête basse. Ne pas battre Fort William… »
« Tu as entendu pour Ayr United ? Banff les a balayé… »
« J'avais parié dessus Fergus, Clachnacuddin gagnant Deverondale, vingt livres. »
« Tu es fou ? Tu jettes ton argent par les fenêtres maintenant ? »
« Oh merde vieux. Clachnacuddin ? pourquoi ne lui donnes-tu pas simplement ton argent maintenant. Et pour ce qui est de lancer ton argent par les fenêtres, que deviennent les dix billets que tu me dois … ? »
Harry se promena autour du terrain, les mains au fond des poches, regardant distraitement la partie. Il n'avait aucune raison de vouloir en modifier l'issue. Le football n'était pas pareil que le golf. C'était un jeu de professionnels conduisant à un championnat. Il ne se sentirait pas à l'aise d'intervenir là-dessus. Il n'y avait aucune raison de le faire en tous cas, mais il ne pensa pas qu'il le ferait même s'il y en avait.
Il y avait des places pour un peu moins de cinq cent personnes, calcula-t-il. Bien que la température soit à peine au-dessus de zéro, il y avait de nombreuses personnes dans le public en ce dimanche de mars ensoleillé, même des supporters de l'équipe extérieure. Harry regarda les visages brillants des spectateurs, se réjouissant d'être dehors un beau jour de printemps, chacun supportant son club de foot favori, leur vie ne comportant pas de détraqueurs, d'espions, de mages noirs ou d'initiation de Mangemorts. C'était un village de pêcheurs. Les gens avaient une vie simple, égayée par un match de foot, ou en allant rencontrer le dernier bateau de pêche récemment rentré, accueillant chez eux les fils, les pères, les époux. Harry fut soudain conscient d'une envie qu'il n'avait jamais ressentie en lui. Oh, être normal. Ne pas être extraordinaire. Être un moldu oublieux, ne suspectant jamais l'existence du monde de la sorcellerie, ni les horreurs qu'il contenait. Il lui était souvent arrivé de vouloir être un sorcier ordinaire dans son ancienne vie, comme Ron, plutôt que le célèbre Harry Potter. Et dans cette vie, il avait eu cela pendant un moment. Mais maintenant… maintenant, il était abominable. Il regarda autour de lui les gens regardant le match. En toute probabilité, peu de choses ont changé pour eux depuis que j'ai modifié le cours du temps. Les vies qu'ils mènent sont probablement virtuellement identiques.
Il n'avait aucun moyen de prouver cela, bien sûr, et sachant qu'il y avait de nombreux changements dans le monde moldu, comme les guerres dans lesquelles Voldemort et son héritier étaient intervenus, c'était possible que cela ne soit pas vrai. Je dois corriger cela d'une manière ou d'une autre, pensa-t-il. En espérant que Draco viendra à la grotte…
Soudain, il vit un visage familier de l'autre côté du terrain.
C'était Roger Davies.
Son cœur bondit dans sa gorge. Que faisait Davies ici ? Il se souvint avoir découvert que Cédric Diggory et Niamh Quirke étaient les jeunes opérationnels qui étaient à l'initiation. Il avait réalisé que cela signifiait que le pauvre enfant de Katie avait un Mangemort pour père. Davies portait un long manteau sombre, les mains enfouies dans les poches, ses yeux parcourant la foule. Harry essaya de ne pas paniquer. Il se mit derrière un homme qui criait et agitait un panneau qui disait 'THE BROCH' en grosses lettres bâclées. De temps en temps, il regardait rapidement parmi les supporteurs déchaînés et gesticulant de Fraserburgh. Davies ne l'avait pas vu. Super, pensa Harry. Je dois m'inquiéter du ministère, des opérationnels de Dumbledore, et des Mangemorts. Et de trois. Le groupe qui l'inquiétait le plus était les Mangemorts, alors naturellement, la première personne qu'il voyait à sa poursuite était Roger Davies…
Harry n'avait pas vraiment fait attention au match. Soudain, la foule envahit le terrain, et tout le monde semblait crier à tout le monde. Dans la confusion qui suivit, un joueur de The Broch reçut un carton jaune, et un de Huntly un carton rouge, et quand la poussière fut retombée et que Harry regarda à nouveau, Davies était parti.
Il fit avec précaution le tour de terrain quand le match fut fini et alla jusqu'à la BMW de MacRae sur le parking, jetant des coups d'œil furtifs autour de lui tout le temps, se préparant à répondre en une fraction de seconde si Roger Davies devait lui tomber dessus entre les voitures garées. Mais la seule personne qui l'accosta fut MacRae, s'avançant vers lui à grands pas avec son beau-frère à ses côtés. The Broch avait gagné par trois contre deux. MacRae était donc d'une humeur bien plus joyeuse que le mari de sa sœur, dont le nom était Dirk Menzies. Harry lui serra la main et confirma qu'il avait besoin d'un taxi pour Huntly, et l'instant d'après, il disait au revoir à MacRae et à Fraserburgh et embarquait dans le bus de l'équipe, soulagé d'avoir évité le seul autre sorcier de Fraserburgh.
Un avant balourd s'avança et prit immédiatement place de l'autre côté de l'allée par rapport à Harry, jurant à profusion et vidant une grande bouteille d'eau en plastique d'une seule traite. Il ne se présenta pas avant de demander brusquement « Pourquoi Huntly ? »
« Je, heu, vais voir quelques parents » bégaya Harry.
Il acquiesça, puis soudain, il se tourna vers le chauffeur juste devant lui, et aussi brusquement qu'il avait parlé à Harry, il lui dit « Quand nous passerons à Banff, je veux qu'on s'arrête à la boutique de bonbons pour acheter un cadeau d'anniversaire à ma mère. J'ai oublié avant. »
Le chauffeur grommela. « On s'arrête seulement pour pisser et vomir. » dit-il mécaniquement. « Peut-être aussi pour vidanger. Ca dépend de combien. De plus, la boutique sera fermée quand nous serons à Banff. »
L'avant connaissait des jurons hauts en couleur, puis il devint enjôlant. « Ho, Gordon, allez… »
Le cœur de Harry battait à cent à l'heure dans sa poitrine. « Banff ? Vous avez dit Banff ? Je ne peux pas aller à Banff… » dit-il sans penser, puis il réalisa que cela devait avoir l'air très étrange. L'auror avec l'accent gallois avait dit que quelque chose comme la moitié de la population de Banff était magique. Harry trouvait dur de croire que l'autre moitié moldue ne suspecte rien. Banff devait grouiller d'aurors, pensa-t-il. « Ne peut-on pas passer par un autre chemin ? » demanda-t-il maintenant au chauffeur, bien qu'il connaisse déjà la réponse probable. Le chauffeur n'était pas du genre accommodant.
Puis un autre joueur dans le siège derrière lui bondit. « Oui, Gordon ! Prenons la A981 par Strichen. Cela passe à environ un mile de Carmichael. Ce serait facile de rejoindre la A981 après s'être arrêté là-bas. »
Le chauffeur regarda le second joueur avec un œil jaune. « Et puis-je savoir ce qu'il y a à Carmichael ? » demanda-t-il d'une voix traînante.
« Ma mère. Je l'ai pas vue depuis des lustres. Allez, Gordon… »
« Nous prendrons la même route que d'habitude. » dit-il d'une voix haute et ferme. Il proclama « nous prenons la A98 jusqu'à Banff, puis la A97 de Aberchirder à Huntly. Ceux qui ont un problème avec cela peuvent marcher derrière, entendu ? »
Il y eut un murmure d'assentiment et Harry s'effondra dans son siège. Il devrait faire très attention lorsqu'ils traverseraient banff. Et si la police moldue bloquait les routes et vérifiait les véhicules ? Et en retournant dans la grotte, il retournait littéralement sur la scène du crime. Et s'il faisait tout ce chemin pour trouver des aurors l'attendant là-bas ?
Il essaya d'écarter ces pensées de lui comme le voyage commençait. Le soleil se couchait maintenant, et Harry fixa le ciel occidental à travers la fenêtre de devant du bus. Vingt-quatre heures plus tôt, il décollait d'Azkaban. Cela faisait exactement un jour qu'il était libre, et il avait déjà vu un Mangemort qui était de toute évidence après lui. Soudain, il était content de s'être échappé pour une autre raison : il aurait été très vulnérable s'il était resté à Azkaban. Un Mangemort aurait pu venir n'importe quand pour lui, et aucun doute que les détraqueurs n'auraient pas empêché l'assassinat d'un serviteur désobéissant de Lord Voldemort. Et même s'il n'avait pas été tué sur place, ils l'auraient assez facilement apporté à Voldemort qui aurait été content de le faire lui-même…
Sur la poêle à frire, et sur le feu. Voilà où il se trouvait maintenant, dans un bus qui allait droit vers une ville à moitié peuplée de sorciers. Très intelligent, Potter, pensa-t-il. Mais cela signifiait être de retour à Poudlard le lendemain, et sans rien débourser, alors il essaya de sortir ces soucis de sa tête.
Le bus rugissait sur la route de Banff.
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