Dumati : dsl j'ai vu ta review qu'aujourd'hui. Bon anniversaire quand même
Philippe Gryffondor : merci !
Ryan : merci pour ta review et bonnes vacances !
popov : les détours sont encore nombreux...

et maintenant, bonne lecture à toutes et à tous pour la suite.

*****

Dire que le bus se dirigeait 'droit' sur Banff avait tout d'un contresens. La route zigzaguait sur environ dix miles vers le sud de la côte avant de revenir au nord, où elle traversait MacDuff avant d'atteindre la ville plus grande de Banff. Dans la faible lueur des rues, Harry pouvait voir que les trottoirs étaient déserts, bien qu'il soit tôt. L'avant devrait acheter un cadeau d'anniversaire en retard pour sa mère.

Ils s'arrêtèrent à un pub pour manger (Harry remarqua que la plupart des joueurs 'mangeait' des pintes de bière brune pour dîner). Harry ne voulait pas dépenser trop d'argent, et ne prit que quelques chips avec du coke. Après que tout le monde soit allé aux toilettes, et soit remonté dans le bus, deux silhouettes avec de grands imperméables les arrêtèrent. C'étaient un homme et une femme. Un homme et une femme très familiers.

Les Londubat.

Malédiction ! pensa Harry. Ces deux là se montrent toujours quand ils sont les moins bienvenus. Puis il essaya d'imaginer un moment où il les accueillerait, et réalisa à quel point c'était ridicule. Il avait acheté un autre paquet de chips pour prendre avec lui, et quand il vit les aurors, il s'agrippa au cône de papier gras qui les contenait, la peur le paralysant. Il regarda furtivement par côté du gros avant tandis que Gemma Londubat parlait à Dirk Menzies.

« Qui êtes-vous tous ? » dit-elle en montrant l'équipe de la tête. Menzies la regarda avec truculence.

« Le club de football de Huntly. Et vous ? »

Elle sortit une carte à l'air très officiel « DI Londubat. »

Puis son mari sortit sa carte « Et DCI Londubat. Nous avons juste quelques questions à vous poser. »

Hmm. Elle prétendait être une Détective Inspecteur, et il prétendait être un Détective Chef Inspecteur. C'était un grade assez haut, Harry le savait. Puis il pensa que ce n'était pas très intelligent. Ce ne serait pas dur de vérifier auprès de la police locale pour savoir qui étaient tous les DCI. Mais, pour aussi offensé que semblait être Menzies d'être stoppé, il ne semblait pas être du genre à vérifier plus tard s'il avait été accosté par de vrais policiers, plutôt que par des imposteurs. Les cartes avaient été tendues très nonchalamment, et Menzies ne les avait pas regardé attentivement. Ils avaient l'air d'avoir fait cela des centaines de fois, comme si cela les ennuyait en fait.

« Nous cherchons un jeune homme qui était détenu dans un centre pour mineur. » dit la mère de Neville, lui tendant une photographie. Harry retint son souffle, mais Menzies haussa les épaules et la lui rendit. « Malgré la haute sécurité, » continua-t-elle, « il a réussi à s'échapper. Il est très dangereux. Il a tué sa propre mère, qui travaillait avec nous ici. »

Maintenant Menzies ouvrait de grands yeux et les fixait. « Sa mère était flic et il l'a tuée ? »

Gemma Londubat acquiesça. « Il s'appelle Harry Potter. Six pied un, treize stone, cheveux noirs et courts, rasé de près, des lunettes. »

Harry enleva rapidement ses lunettes et les glissa dans la poche de sa veste. « Potter, eh ? Bien, tout ce que nous avons ici est notre club de football. Oh, sauf pour ce gars… Mais c'est juste le caddie de mon beau-frère. Il est de Surrey. Il a pris le bus pour rendre visite à des parents à Huntly. Mais avec cette longue natte dans le dos, et cette grosse barbe broussailleuse… » il mima la taille de la barbe..

Frank Londubat secoua la tête. « Non, ce n'est pas lui. Désolé de vous avoir dérangé. » dit-il, en se tournant vers sa femme et en allant vers d'autres personnes sortant d'un autre pub de l'autre côté de la rue.

Harry se pressa de rentrer dans le bus avec les autres, essayant de ne pas montrer à quel point il était nerveux, voulant que les Londubat restent là où ils étaient, à questionner de jeunes gens de l'autre côté de la rue. Le bus redémarra, et Harry remit ses lunettes, afin de pouvoir voir les Londubat qui rétrécissaient de plus en plus.

Bien, pensa-t-il. Jusqu'à présent cela fait un Mangemort et deux aurors. J'ai définitivement fait le bon choix de partir avec le club de foot. Ils étaient passés sur la A97, se dirigeant sud-sud-ouest dans le noir. Harry soupira, s'appuyant contre son siège et fermant les yeux. Est-ce que je vais être capable de faire cela ? se demanda-t-il.

Il lista dans sa tête ce qu'il avait à faire.

Un : atteindre la grotte dans les collines.

Deux : convaincre Draco de venir avec moi et d'écrire dans le journal, guidé par moi, afin que nous puissions désinformer Jedusor.

Trois : aller à Douvres. Récupérer la baguette de Voldemort.

Quatre : aller à Godric's Hollow, au pays de Galles.

Cinq : continuer à faire écrire Draco dans le journal jusqu'à ce que Tom Jedusor soit assez fort pour sortir de ses pages.

Six : convaincre Jedusor de faire le sort de Tempus Bonae Voluntatis.

Sept : convaincre le moi du premier septembre de ne pas changer le cours du temps.

Oh, et faire quelque chose pour empêcher Voldemort de le changer aussi. Il avait presque oublié cela. Voldemort s'était bien sûr tenu à côté de lui, et avait regardé Harry mettre sa mère sous Imperius parce que Harry faisait justement ce que Voldemort voulait qu'il fasse. Maintenant… maintenant il devrait aussi faire quelque chose pour l'empêcher d'interférer. Et cependant… Il devrait aussi ne pas être vu de Voldemort, afin qu'un simple coup d'œil de lui par une personne dans ce temps n'altère pas la manière dont les événements s'étaient déroulés la première fois, quand les deux parents de Harry avaient été tués.

Cette liste le déprima. C'était trop décourageant. Comment en viendrait-il à bout ? Il avait à peine une petite centaine de livres, et il avait pratiquement à faire de tour de la Grande Bretagne. Sûrement qu'il pourrait voler parfois. Il pourrait même porter Draco en tant que griffon, et il ne serait probablement pas trop ralenti. Mais cela aiderait beaucoup de connaître des gens parmi les moldus qui pourraient l'aider…

Et puis cela lui vint à l'idée : les nés de moldus ! Il savait où se trouvait Ruth, Hermione, Alicia et Maggie… Il ne savait pas où se trouvait la maison de Dean à Londres, mais Hermione et Maggie étaient à Londres, alors il n'aurait certainement pas besoin de trois personnes là-bas. Il savait que Justin était à Eton, mais la sécurité serait sans doute très resserrée à cause des princes. De plus, il avait le sentiment que Justin lui en voulait pour le coup de Liam.

D'accord. Ils auraient besoin de trouver Ruth, puis Alicia, puis…

Oh merde. Les nés de moldus auraient entendu les nouvelles sur son évasion aussi. Ils penseraient tous que c'était un tueur. Il déglutit. Hermione pense que je suis un meurtrier. Bien, pensa-t-il, d'une manière ou d'une autre, il devrait les convaincre que le procès était une mascarade. Je voyagerai avec Draco, pensa-t-il et les autres l'avaient rencontré. Peut-être qu'il pourrait leur expliquer ma situation avant qu'ils ne me voient et ne paniquent…

Cela rendait encore plus impératif que Draco soit d'accord pour venir avec lui. Il essaya d'imaginer Draco, voyageant comme un moldu, se cachant et avançant en cachette… Il se mettrait à râler en un rien de temps. Harry soupira et s'adossa à son fauteuil, comme le bus roulait dans la nuit, souhaitant avoir Ron pour compagnon de voyage. Le Ron de son ancienne vie. Même s'ils avaient atterri en eau trouble, cela avait été très amusant de voler en Ford Angelina jusqu'à l'école au début de la deuxième année. Ron lui manquait tellement… Il essaya de ne pas blâmer le Ron de cette vie pour ce qu'il avait dit au procès. Il essaya de ne pas penser à comment il se sentait probablement maintenant, avec Ginny vraiment morte… Puis il se trouva aussi à y penser lui-même, il n'y pouvait rien. Il se souvenait, du mieux qu'il pouvait, de chaque moment qu'ils avaient passé ensemble, même quand il la pourchassait encore et qu'elle le repoussait de façon répétée. Il se souvint d'elle mettant ses bras autour de lui quand elle s'excusait pour le pari, puis enlevant sa tenue dans la pénombre de l'infirmerie…

« Aberchirder ! Plein et pause pipi ! » cria le chauffeur. Les joueurs grognèrent et se levèrent, étirant et pliant leurs muscles douloureux. Le chauffeur était déjà descendu, parlant avec un homme avec un bleu graisseux du bon type d'essence pour le bus. Harry joignit la ligne des footballeurs fatigués attendant d'aller aux toilettes, frissonnant dans le noir, essayant de ne pas être paranoïaque à cause de l'énorme forme des pompes. Un homme pouvait se cacher facilement derrière l'une d'elle, se prit-il à penser. Il se sentait très nerveux.

Personne ne semblait le suivre à Aberchirder, mais bon, ils ne restaient pas longtemps. Harry se souvint de longue liste de villes côtières qui étaient sensées être vigilantes vis-à-vis de Harry Potter. Peut-être qu'ils ne cherchaient pas encore à l'intérieur des terres, pensa-t-il. Il se demanda brièvement si lui et Draco devaient revenir sur la côte et essayer de prendre un travail sur un bateau de pêche, mais il décida que si quelqu'un le poursuivant les découvrait là, ils seraient piégés. A moins qu'il ne se change à nouveau en griffon et s'envole, et s'il faisait cela, ils sauraient que c'est un animagus. De plus, il ne pensait pas pouvoir voler assez vite pour semer un sorcier pouvant transplaner.

Il s'endormit comme le bus quittait Aberchirder, et il avait l'impression qu'il ne s'était passé que quelques secondes quand quelqu'un lui secoua l'épaule en disant « Huntly ». Il ouvrit brusquement les yeux et regarda autour de lui. Le bus était garé au bord d'un grand square entouré par des bâtiments stoïques de pierres grises. Harry secoua la tête pour se l'éclaircir. « C'est là où tu allais, n'est-ce pas ? »

Harry acquiesça paresseusement et se leva, un bâillement le submergeant soudain. Comme il se tenait sur le trottoir, les autres hommes commencèrent à aller vers leurs voitures, se préparant à rentrer à la maison, bien que certains partent simplement à pied. Menzies resta jusqu'à ce que tout le monde soit descendu du bus, puis il paya le chauffeur. Quand le bus redémarra, l'entraîneur remarqua que Harry se tenait encore là, sans but, et il fronça les sourcils.

« Tu sais où tu vas ? »

Harry se frictionna pour se réchauffer. Il soupçonnait fortement qu'il fasse en-dessous de zéro maintenant. « Bien, mes parents n'habitent pas précisément à Huntly. C'est la ville à côté. J'aurais besoin de connaître la direction du village de Rhynie, près de la Clash. C'est le plus proche village d'ici qui est aussi près de la forêt, n'est-ce pas ? » Il se souvenait encore du faux témoignage de Ron.

« Bien, pas vraiment. Gartly est plus proche de la forêt… »

« Gartly ! » dit soudain Harry. « Bien sûr, à quoi je pensais ? Ils habitent à Gartly. » Il espérait que Menzies ne trouvait pas cela étrange. « Mais le problème c'est… que je ne sais pas comment me rendre à Gartly. »

Harry écouta attentivement tandis que Menzies lui disait de prendre telle et telle route, jusqu'à ce qu'il s'arrête, réalisant que Harry n'avait pas de voiture.

« Oh, flûte. Monte dans ma voiture. Je vais te conduire. »

Harry monta avec gratitude dans la voiture. Il se sentit malade soudain, comme s'il n'avait pas dû manger ces chips gras. Ils n'avaient probablement pas changé l'huile de la friteuse depuis cinq ans, pensa-t-il, comme il commençait à transpirer. Puis il réalisa que le centre de la douleur n'était pas son estomac. C'était son bras gauche. Son avant-bras avait commencé à le lancer doucement, et son souffle devenait de plus en plus inégal comme il réalisa que cela signifiait que Voldemort allait appeler tous ses Mangemorts.

Il n'avait pas encore été trouvé, alors on avait besoin de plus de gens. Harry se souvint comment ils avaient poursuivi Karkaroff, puis l'avaient mis sur un rocher…

Comme Menzies conduisait, Harry se sentit trembler de plus en plus. La douleur devenait de plus en plus intense. Finalement, une douleur à la fois aiguë et brûlante attaqua son bras et il cria, tenant son avant-bras recroquevillé contre lui, la sueur coulant de son nez.

Menzies fut étonné et partit sur la droite momentanément. Harry leva les yeux alarmés, voyant des lumières venant droit sur eux, et juste derrière les phares, un gros camion blanc. Menzies vira à gauche à la hâte, revenant du bon côté, comme le poids lourd les croisait, un fort vent frappant les fenêtres de la voiture juste après, et le chauffeur appuya sur son klaxon avec colère. Il a probablement pensé qu'il allait nous tuer, pensa Harry. Il respirait encore irrégulièrement, à cause de la douleur dans son bras, et de la presque collision. Menzies lui cria dessus.

« C'est quoi ton problème ? » cria-t-il, avec un mélange de colère et de souci dans sa voix.

« Ca… Ca va maintenant. Je suis désolé. Ca… Ca m'a pris par surprise. J'ai… J'ai eu une crise. Dans mon bras. »

« Une crise ? Tu veux dire comme de l'épilepsie ? C'est pourquoi tu ne conduis pas ? »

« Hum, pas exactement. Bien en quelque sorte. D'accord. C'est probablement la meilleure façon de voir la chose. »

« Je croyais que les gens qui faisaient des crises devenaient tout blancs autour de la bouche et se roulaient sur le sol. »

« Il y a toute sorte de crise. » Harry avait en fait entendu dire cela par tante Petunia plus d'une fois. Elle se moquait d'une voisine qui avait dit que sa fille n'était pas épileptique. Ce terme n'était plus utilisé. Elle avait une 'crise de désordre'. Tante Petunia n'était pas tendre avec. Elle avait laissé entendre que la fille de la femme ne devait pas s'approcher de Dudley afin qu'il ne l'attrape pas.

« On ne dit plus épilepsie, » dit-il en se souvenant, « On dit 'crise de désordre'. »

Menzies grogna et garda studieusement ses yeux sur la route. Il se moquait évidemment de comment on l'appelait aussi longtemps que cela ne le faisait pas envoyer sa voiture dans la calandre d'un camion. Harry lutta au besoin de retrousser sa manche et de regarder la Marque des Ténèbres. Il ne voulait pas que Menzies la voit. Harry se demanda où Voldemort les rassemblait. A Douvres encore, peut-être ? Ou peut-être quelque part en Écosse, étant donné que c'était là où les gens le cherchaient. Peut-être à un endroit pas très loin d'ici…

Il paniquait encore. Il essaya de respirer calmement, tenant son bras et regardant le petit bout de route éclairé par les phares de Menzies. C'était légèrement désorientant pour Harry de ne voir qu'à dix yards devant. A la longue, ils arrivèrent devant une petite maison. Cela prit un moment à Harry pour voir qu'elle avait un panneau dehors qui disait 'The Clash'. Un nom approprié pour un pub ici, pensa Harry. Il y avait un petit parking, et Menzies rentra dedans.

La respiration de Harry se calmait maintenant, mais il ne pouvait pas croire ce qu'il avait traversé cette dernière journée. Voler jusqu'à Fraserburgh en partant d'Azkaban, déclencher l'alarme d'un musée, travailler comme caddie et tricher pour son patron, en se camouflant et en espérant que personne ne ferait le lien avec la description de Harry Potter au journal, voir Roger Davies à un match de foot et les Londubat devant un pub à Banff. Maintenant, la Marque des Ténèbres l'assaillant avec une douleur aussi profonde que la première fois qu'elle avait été brûlée dans sa chair. Il se sentait épuisé jusqu'à la moelle, et ne pouvait cependant pas encore se reposer. Pas jusqu'à ce qu'il ait atteint la grotte…

Il se tourna vers Menzies. « Je ne sais pas comment vous remercier. » dit-il, signifiant chaque mot. « Je vais aller bien maintenant, c'est sûr. Le panneau dit qu'ils ont aussi des chambres, alors je vais simplement rester ici ce soir et aller voir mes parents demain. Vous avez été d'une grande aide. » Il lui serra la main et Menzies acquiesça. Harry remarqua qu'alors qu'il se tenait sur le gravier du parking, Menzies ne repartait pas. Il semblait attendre que Harry fasse quelque chose. Prétendant ne pas faire attention, Harry alla à grands pas vers le pub, les mains au fond des poches du blouson en tweed. Oh, bien, pensa-t-il. Je peux prendre quelque chose dans le pub, et puis ressortir et trouver la forêt… Dommage qu'ils n'aient probablement pas de Bièraubeurre ici…

Mais au moment où il rentra dans le pub, il vit qu'il avait à nouveau des problèmes.

Sous l'apparence de Davy White, mais portant de vieux habits usés de moldu, Albus Dumbledore était assis au bout du bar, écoutant un jeune homme lui parlant sérieusement d'un programme d'investissement. Un gros mastiff marron était allongé sous leurs pieds sur le sol, sa tête entre ses pattes, une expression endormie dans ses yeux. Harry tourna sur ses talons, espérant que Dumbledore ne l'avait pas vu, et jaillit dehors. Harry craignait de devoir expliquer cela à Menzies, mais il pour voir sa voiture repartir le long de la route de Huntly, et Harry poussa un soupir de soulagement. Il fit le tour du pub, trouvant qu'il était reculé très près de la forêt, et Harry y entra. Attendant d'avoir parcouru au moins une dizaine de yards à l'intérieur des arbres, il se transforma en griffon et continua à marcher dans la forêt, avec maintenant la démarche d'un lion. Quand il se retrouva dans une clairière, il étendit finalement ses ailes et décolla, montant en spirale jusqu'à ce qu'il soit au-dessus des arbres, volant vers…

Le château de Poudlard.

Il pouvait le voir à distance, juste comme quand il avait traversé la forêt la dernière fois, et qu'il était arrivé de l'autre côté, au village moldu (probablement Gartly, il réalisa maintenant). Il avait l'air merveilleux et accueillant. Cela avait l'air d'être la maison. Il ne savait pas si les griffons pleuraient jamais, mais il avait envie de pleurer en volant vers les tours lumineuses, les tourelles, et les parapets…

Mais comme il se rapprochait de plus en plus, il s'arrêta presque et faillit se transformer en l'air tellement il fut choqué. Il tomba pendant une seconde avant de se souvenir de battre des ailes. Il se souvint qu'il n'était pas en fait sensé voler vers le château, et il vira en direction des collines. Quand il atterrit en dehors de la grotte, il reprit forme humaine et regarda avec horreur Poudlard.

Des détraqueurs. Il y avait des détraqueurs partout. Dans la lueur des torches sur les murs de pierre, il pouvait voir qu'ils encerclaient le château. Ils suivaient la lisière de la forêt. Il pouvait voir leurs silhouettes derrière les parapets, éclairés de façon inquiétante par d'autres torches. Cela signifiait qu'il y en avait même dans le château, quelque chose que Dumbledore n'avait jamais autorisé quand il était directeur. Il avait dit qu'il pensait que MacGonagall était une administratrice capable, mais était-il d'accord avec elle pour cela ? Haïssait-il Harry à ce point ? Même quand il pensait encore que Sirius était celui qui avait trahi les parents de Harry et tué une rue pleine de moldus, il n'était pas allé aussi loin.

Harry plongea dans la grotte et alla à quatre pattes jusqu'au bout de son long tunnel, trouvant à tâtons le petit cairn de pierre sous lequel il avait enfoui sa baguette. Il creusa frénétiquement pour les enlever, et quand ses doigts se courbèrent autour du bois familier et usé de sa propre baguette, il avait envie de pleurer. Là, c'est mieux. Vous pouvez venir les détraqueurs, pensa-t-il. Je peux conjurer un patronus maintenant…

Il s'appuya contre le mur de la grotte dans le noir, n'osant pas allumer sa baguette de peur que la lueur ne soit un peu visible à l'entrée de la grotte, et que quelqu'un ne puisse la voir à distance. Maintenant, il n'avait plus qu'à attendre Draco. Peut-être demain, pensa-t-il. Il n'y a pas cours. Ce sera dimanche. S'il-te-plaît, Draco, s'il-te-plaît, fais ce que je t'ai demandé…

Mais ensuite il se souvint des détraqueurs. Il se souvint que quand il avait voulu aller à Pré-au-Lard, il avait du utiliser le tunnel qui allait chez Honeydukes parce que les détraqueurs pouvaient sentir quelqu'un même sous une cape d'invisibilité. Harry espérait que Draco le savait, et qu'il utiliserait la carte pour trouver le meilleur tunnel pour le mener à Pré-au-Lard, puis qu'il irait vers les collines pour rejoindre la grotte. Le collines n'étaient pas sur le domaine de Poudlard, alors les détraqueurs ne lui bloqueraient pas le passage s'il venait du village.

Harry mit sa baguette dans sa poche, et se changea encore en griffon, se mettant en boule pour dormir, se souvenant de ses proches rencontres avec Davies, les Londubat et Dumbledore, et puis pensant la même chose encore et encore…

S'il-te-plaît, Draco, S'il-te-plaît, Draco…

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