lilou : Harry est vraiment intelligent dans cette histoire, oui, mais n'oublions pas que c'est un serpentard, et qu'en tant que tel, il est sensé être futé ! merci en tous cas pour ta review.
popov : voilà donc la suite, tant attendue...
Philippe Gryffondor : merci ! Je commence à maîtriser la traduction maintenant...
Et maintenant, bonne lecture à toutes et à tous pour la fin du chapitre 14
Dans la forte lueur du matin, Harry s'assit et reprit forme humaine. Il pouvait penser plus clairement ainsi. Draco pouvait arriver à n'importe quel moment, et il voulait avoir son apparence habituelle, même s'il était plus poilu que d'habitude. La barbe était inconfortable, et il lui tardait de s'en débarrasser, mais il n'osait pas. Quand son estomac commença à faire des bruits plaintifs, il souhaita avoir acheté quelque chose à manger au pub quand Menzies l'avait déposé, tentant la chance que Dumbledore ne le reconnaisse pas. Puis il pensa au fait qu'il s'agissait de Albus Dumbledore, et il réalisa qu'il avait fait la bonne chose en sortant rapidement. Juste parce que cela lui avait pris si longtemps pour réaliser que Dick était en fait Aberforth, et que Davy était vraiment Dumbledore ne signifiait pas que l'ancien directeur était aussi peu futé pour ne pas reconnaître Harry avec des cheveux longs et la barbe.
Les heures s'étirèrent et se fondirent. Harry lutta contre la tentation de sortir de la grotte pour voir ce que les détraqueurs allaient faire. Il n'osait pas sans la couverture de l'obscurité.
Finalement, il pensa entendre quelque chose. Un bruit de pas, puis après, le son de quelqu'un glissant, puis tombant et jurant. Il sourit. C'était la voix de Draco. Il entendit des frottements, qui venaient sans doute de Draco entrant à quatre pattes dans la grotte en portant la cape d'invisibilité. Puis il entendit une exclamation. Harry alluma sa baguette afin de pouvoir voir, et Draco enleva la cape d'invisibilité.
« Tu l'as fait ! Tu l'as vraiment fait ! » Harry acquiesça, tellement reconnaissant d'avoir un aussi bon ami. « Ton papa… Bien, il avait peur… »
« Quoi ? »
Draco eut l'air appréhensif, mais il y alla quand même. « Il avait peur qu'ils couvrent simplement les Mangemorts. En disant que tu t'étais échappé, afin que personne ne sache… »
« Qu'ils m'auraient tué. Oui, j'y ai pensé, après avoir été dehors pendant presque un jour. Quand j'ai vu Roger Davies. »
« Davies ? Comment tu t'en es tiré ? Où es-tu allé ? »
Harry lui raconta brièvement ses aventures depuis qu'il s'était échappé. Draco rit au-sujet du golf, souhaitant avoir vu la tête d'Urquhart quand ses tirs partaient en vrille. Il ne rit pas, cependant, quand il entendit parler des Londubat, ni quand il apprit que Dumbledore était dans le pub moldu de l'autre côté de la forêt.
« Mince ! Je ne peux pas croire que tu sois passé à travers tout cela et que tu aies réussi à arriver ici. Et tu as de l'argent moldu. »
« Bien, presque une centaine de livres. Cela peut sembler beaucoup, mais cela doit nous servir à aller jusqu'à Londres, et puis Douvres, et puis au pays de Galles. »
« Nous ? »
Harry le fixa. « Pourquoi… Pourquoi crois-tu que je t'ai demandé de faire cela ? »
Draco sortit le journal de sa robe. « Je pensais que tu voulais cela. Je ne sais pas pourquoi cependant. Ne m'as-tu pas dit que personne ne devait y écrire dedans ? »
« Oui, je sais. Mais c'est juste parce que… parce que cela peut être dangereux. Si quelqu'un ne te surveille pas et ne te guide pas… »
Draco fronça les sourcils. « Je ne comprends pas. Que vas tu faire avec ? » Harry le regarda. Soudain, il ne pouvait pas le faire. Il ne pouvait pas demander à son meilleur ami de se sacrifier de la sorte. Il devait y avoir une autre méthode, d'autres personnes… Draco continua à le regarder. « Qu'est-ce qui ne va pas, Harry ? »
« Un basilik. » dit-il faiblement. Draco se raidit.
« Qu'as tu dis ? »
« Un basilik. Il y a un basilik dans le château. Tu te souviens de ce que je t'ai dit… »
« Oh » souffla-t-il avec soulagement. « Exact. Je m'en souviens maintenant. »
« Oui. En écrivant dans le journal… quand tu fais cela, Tom Jedusor devient plus fort. »
« Tom Jedusor ? C'est donc cet T.E. Jedusor alors ? Et qu'est-ce qui arrive quand il devient plus fort ? »
« Finalement… il peut quitter le journal. Reprendre une forme solide. Faire des choses. »
« Faire des choses ? »
« Oui. Mais avant cela, il peut aussi contrôler la personne qui écrit dans le journal. Lui faire faire des choses comme tuer tous les coqs, ouvrir la Chambre des Secrets, lâcher le basilik… »
Draco ouvrit de grands yeux, comprenant enfin. « Tu veux dire qu'on est en quelque sorte hypnotisé en écrivant dedans, et contrôlé à distance par ce Tom Jedusor… »
« Pas à distance. Le vrai Jedusor n'a aucune idée de ce qui se passe. Jedusor est un souvenir, vivant magiquement dans les pages de ce carnet. Quand on écrit quelque chose sur une page, la page l'absorbe, et Jedusor écrit une réponse qui reste un peu avant de disparaître. C'est pour cela que toutes les pages ont l'air vierges. »
Draco n'avait pas l'air satisfait. « Ok. Alors je comprends comment marche le journal maintenant, mais ce que je ne comprends pas est qui est Jedusor, et pourquoi tu veux le rendre assez fort pour qu'il sorte du carnet. Et qu'est-ce qui t'arrive quand tu lui donnes toute ta force ? »
Harry prit une grande inspiration. « Tom Jedusor est Voldemort. Quand il avait seize ans. C'était son nom. Il était préfet de Serpentard. Il est devenu préfet en chef. Quand il était à l'école, il a ouvert la Chambre des Secrets et laissé sortir le basilik, et quelqu'un d'autre a été expulsé pour cela. Mais à travers le journal, tout peut arriver à nouveau. Et ce qui arrive à la personne qui écrit dans ce carnet…bien, elle devient une coquille. Finalement, elle peut mourir, je ne sais pas. Si le carnet est détruit, elle retrouve ses forces. »
« Et tu voulais faire cela pourquoi ? »
Harry bégaya. « Pas moi. Toi. J'allais te demander de le faire. Afin que je puisse faire un sort avec Jedusor. C'est pour cela que j'ai caché la baguette de Voldemort. C'est pour cela que nous devons aller à Douvres, pour la retrouver afin que Jedusor puisse utiliser sa propre baguette. Seulement… seulement je ne peux pas maintenant. Je ne peux pas te demander de faire cela. Ce n'est pas bien… » Il regarda son ami, désespéré. Draco s'assit sur le sol de la grotte avec un bruit sourd, sa bouche ouverte.
« Mais… mais… tu ne m'as toujours pas dit pourquoi ? Quel est ce sort que tu veux faire avec Voldemort ? Je veux dire Jedusor ? » Draco avait l'air étonné que Harry veuille faire quoique que ce soit avec quelqu'un lié à Voldemort.
Harry regarda son meilleur ami. « Draco. Tu dois me croire quand je te dis que je ne suis pas fou. Est-ce que tu me crois ? »
Draco eut l'air étonné. « Bien… Je pense. »
Harry prit une grande inspiration, et lui parla de la mort de ses deux parents la nuit d'Halloween 1981. Il lui parla de Voldemort perdant ses pouvoirs et disparaissant en essayant de tuer Harry, de sa vie chez les Dursley. Il lui parla de Hagrid lui apportant sa lettre de Poudlard et allant au Chemin de Traverse. Il lui parla du Tournoi des Trois Sorciers, et de ce qui était arrivé quand Cédric et lui avaient touché la coupe qui s'avérait être un portauloin. Il dit à Draco qu'il avait aidé à mettre son propre père en prison, et que lui et Harry devenaient amis, bien qu'ils ne se soient pas beaucoup aimés avant. Il lui parla de son été chez Mrs Figg, où ils avaient jardiné, couru, et découvert qu'ils avaient joué ensemble quand ils étaient petits.
Puis il lui parla du premier septembre. « Je n'aurais pas dû le faire. Je sais cela maintenant. Mais… mais je ne pouvais pas supporter de la regarder mourir. Et sachant que si elle avait vécu, j'aurais une sœur… »
« Jamie » souffla doucement Draco. Harry acquiesça.
« Dans l'autre temps, Jamie n'est jamais née. Mais… mais tu as une petite amie. Et… » il bégayait maintenant. « vous vous aimez très fort. » Sa voix était très douce, en pensant à Ginny, se souvenant de la dernière fois où il l'avait tenue, lui donnant un baiser d'au revoir dans le bureau du concierge… Draco était encore assis, fixant le mur de la cave. « Draco ? » dit Harry timidement. Draco tourna brusquement sa tête.
« Oui. » dit-il, l'air distrait. Il semblait penser, considérer quelque chose. « Alors, » dit-il finalement, « tu veux lancer le même sort avec Jedusor que celui que tu as lancé avec Voldemort, pour revenir à cette nuit… »
« Et empêcher mon autre moi d'ensorceler ma mère et de la sauver. »
« Mais… mais tu … tu as déjà tué ta mère » chuchota-t-il. « Je veux dire… c'était un accident, oui, mais bon… »
Harry déglutit. « Je sais. » dit-il à peine capable de parler. « Tu ne penses pas… tu ne penses pas que j'y ai déjà pensé ? Mais… mais ce monde n'aurait jamais dû être. Il doit être réparé. Je l'ai dit à Dumbledore… »
« Dumbledore sait ? »
Harry acquiesça. « Je suis sûr que c'est pour cela qu'il a fait mentir Ron lors du procès. Il m'a dit que je ne devais plus déranger le cours du temps. Et je sais que c'est une bonne politique à suivre en général, et j'aurais aimé le refuser à Voldemort, mais je ne l'ai pas fait, et maintenant que tout s'est transformé en enfer… » Il se tut, essayant de ne pas craquer, se sentant complètement désespéré et inutile. Puis il remarqua que Draco avait un regard lointain dans ses yeux.
« C'est comme cela que tu as tout fait. » dit-il soudain.
« Quoi ? »
« Ton autre vie. Tu as dit que tu avais gagné le Tournoi des Trois Sorciers alors que tu étais en quatrième année. Tu as appris à être animagus. Tu connaissais tous ces nés de moldus de ton autre vie, n'est-ce pas ? Les sorts, les gens… tout ce temps, quand Ginny, Jamie ou moi disions 'Comment tu sais ?' et que tu répondais 'Je ne peux pas vous le dire.', c'était parce que cela venait de l'autre temps, n'est pas ? C'est exact ? »
Harry acquiesça. Draco se tut à nouveau. « Alors, » dit-il finalement, « si j'écris dans ce journal, avec toi qui me dis ce que je dois écrire et qui garde un œil sur moi afin que je ne fasse pas de chose comme tuer des coqs et libérer un basilik, je peux donner assez de forces à Jedusor pour qu'il sorte de son carnet et fasse ce sort avec toi, exact ? »
« Bien… mais j'ai dit que j'avais changé d'avis. Je… Je trouverai un autre moyen de le faire. Quelque chose qui ne requière pas que tu te sacrifies… »
« Non. » La voix de Draco était soudain très ferme.
« Quoi ? »
« J'ai dit 'Non'. Je le ferai. J'écrirai dans le journal. Ne te sens pas coupable pour moi, Harry… »
« Mais… mais je veux pas que tu fasses cela. Tu es mon meilleur ami… »
« Harry ! » cria Draco, l'air en colère maintenant. « Ecoute-moi. Je ne suis pas un ami. J'ai fait quelque chose de terrible, quelque chose d'impardonnable. Et parce que je l'ai fait, toutes ces choses sont arrivées. C'est tout de ma faute, tout. Et je pensais que perdre Jamie était ma punition… » sa voix était prise, et Harry vit une larme rouler sur sa joue. « Je… Je n'ai pas pu dormir depuis que cela est arrivé. Je me serais jeté de la tour Ouest la nuit dernière, mais il aurait fallu que je passe devant les détraqueurs pour le faire, et ils avaient vraiment l'air de vouloir embrasser quelqu'un. Je voulais être mort, pas sans âme… »
« De quoi parles-tu ? C'est Ron Weasley qui est sorti de sa cachette et … »
« Non, c'était avant cela. J'ai fait quelque chose… Weasley n'aurait pas fait ce qu'il a fait si ce n'était moi… »
Harry fronça les sourcils. « De quoi parles-tu ? »
Draco secoua sa tête. « Je ne peux pas te dire. J'ai trop honte. Laisse-moi simplement faire cela, Harry. Pour te rembourser. Laisse-moi compenser que ce j'ai fait. »
Harry était muet. Il ne s'était pas attendu à cela. Qu'avait fait Draco ? Mais il ne demanda pas. Il savait que Draco n'était pas prêt à le lui dire. « Tu… Tu voulais te suicider ? »
Draco acquiesça, les yeux baissés vers ses mains. « Jamie était… elle était… sans elle… » Il ne pouvait pas parler, et puis il craqua finalement, et Harry pensa à nouveau à Ginny, et soudain, les deux amis se tenaient l'un l'autre, pleurant les filles qu'ils aimaient, les pleurant sans honte, jusqu'à ce qu'ils soient vidés et arrivés à une sorte de catharsis. A la longue, ils se rassirent tous les deux, essuyant leurs yeux avec leurs manches. Harry fixa Draco, qui semblait soudain plus vieux, et en possession d'une ferme résolution. Il voulait mourir plutôt que rester en vie sans Jamie, et en donnant ses forces à Jedusor, il pouvait aider Harry à rétablir le cours du temps, et vivre une vie où il n'aurait jamais connu Jamie ou la déchirure de sa perte. Harry ne pouvait pas parler.
Soudain, ses cheveux se redressèrent sur sa nuque, et il se leva instinctivement, sortant sa baguette de sa poche et regardant vers l'entrée de la grotte. Draco se tourna et se leva aussi, sortant sa propre baguette. Harry entendit un son de gémissement aigu, se rapprochant de plus en plus, puis le bruit immanquable d'un chien aboyant.
Le mastiff qu'il avait vu au 'Clash' entra dans la grotte, nez contre le sol. Harry se prépara. Il avait été retrouvé ? Le chien était à Dumbledore. Il devait l'avoir utilisé pour traquer Harry. Le gros chien s'assit confortablement, les regardant tous les deux, tendus avec leur baguette sortie, avec une expression de détachement sur son museau dodu. Ils attendirent. Et attendirent. Où était Dumbledore ? se demanda Harry. Que se passait-il ?
Puis Harry rit, brisant la tension. « Je cours depuis le coucher du soleil de vendredi. D'accord, techniquement, j'ai volé à ce moment là. Mais je suis devenu très nerveux. Je ne peux pas croire que ce chien me fasse agir comme cela… »
Draco soupira avec soulagement et marcha timidement vers le chien, lui tendant la main pour qu'il la sente. Après que le chien l'ait approuvé, il laissa Draco le caresser derrière les oreilles et le flan. « Il est gentil. Il me rappelle l'un des chiens que papa garde. Un chien de chasse. »
Harry acquiesça. « J'ai juste paniqué parce que ce chien ressemblait à celui que j'ai vu hier soir dans le pub avec Dumbledore. »
Draco leva les yeux vers Harry. « Alors. Tu as dit que nous devions aller à Londres. Pensons d'abord à cela. Comment faisons-nous ? »
Harry grimaça. « Bien, je veux voir combien cela va coûter pour que nous prenions tous deux le train depuis Huntly. Peut-être que nous pourrons aller jusqu'à Édimbourg. Nous devons aller aussi loin que possible le plus vite possible. Quitter l'Écosse dès que nous pouvons est notre première priorité. Nous ferons des arrêts en route, bien sûr. Ruth Pelta habite à Manchester, et si nous pouvons la convaincre de ne pas paniquer et de ne pas appeler la police moldue, elle pourrait nous aider. Et Alicia Spinnet est à Sywell, près de Northampton. Et nous pouvons aller chez Hermione à Londres. Tu pourras rester avec elle pendant que je vais à Douvres et que je reviens. Après cela, nous irons au pays de Galles. Pendant que j'irais à Douvres, toi et Hermione pourrez chercher la localisation exacte de Godric's Hollow. Je pense que c'est assez près de Cardiff, à cause de choses qu'a dites ma mère, mais je veux vraiment savoir où je vais. »
« Normal » acquiesça-t-il.
« Et nous aurons besoin d'équipement de camping. Pour Godric's Hollow. »
« Des équipements de camping ? »
« Nous devrons nous y installer pendant un moment, jusqu'à ce que Jedusor soit assez fort. Je ne sais pas combien de temps cela va prendre. »
« Oh. » Draco avait l'air de ne pas avoir compté sur du camping en avril. Quand le matin se lèverait, ce serait le dernier jour de mars, puis avril commencerait mardi. L'anniversaire de Ginny. Si elle était en vie, cela aurait été son seizième anniversaire…
Non, pensa-t-il. Elle est en vie. Dans l'autre temps. Elle doit l'être. Elle doit simplement l'être…
Mais cette pensée fut abruptement évincée de son esprit par un choc. Il fixait l'espace à côté du chien. L'air tremblait étrangement, et quand il s'arrêta, Albus Dumbledore se tenait là, sous l'apparence de Davy White. Contrairement au soir précédent, quand il l'avait vu dans le pub, il portait une robe de sorcier. Harry resta bouche bée. Il se souvint de Dumbledore disant une fois qu'il n'avait pas besoin de cape pour être invisible. Non ! pensa-t-il encore, pour une raison différente. Cela ne peut pas être !
« Bonjour, Harry » dit-il placidement, en souriant. Harry avait l'impression de ne plus pouvoir respirer.
« Non ! » cria-t-il à haute voix maintenant, incapable de faire chose que de fixer le vieux sorcier. Draco, cependant, n'était pas aussi paralysé.
« Espèce de vieux bâtard ! » cria-t-il, ses larmes pour Jamie maintenant séchées, comme il sortit sa baguette et la pointa vers Dumbledore. « Vous avez piégé Harry ! »
« J'ai protégé de nombreuses personnes en faisant ainsi, » dit-il, toujours très calme, ignorant la baguette de Draco, « mais j'ai aussi protégé Harry. J'étais conscient que plusieurs Mangemorts avaient reçu l'ordre de le tuer s'il était acquitté. Même maintenant, ils le recherchent avec diligence, comme les aurors du ministère de la magie. »
« Et vous, » dit finalement Harry, en colère, « vous avez utilisé ce chien pour me traquer. »
Dumbledore haussa les épaules. « Parfois les méthodes moldues simples sont celles qui marchent le mieux. Pas que cela ait été très facile de suivre un griffon d'or spécialement en vol, mais j'avais aussi dans l'idée que tu reviendrais ici… »
Harry haleta, puis se souvint de la fois où il s'était transformé, puis avait levé les yeux pour voir le concierge se tenir dans le cadre de la porte de derrière de la vieille cabane de Hagrid. Il s'était demandé si Dumbledore l'avait vu se changer, et maintenant, il savait…
Il s'assit avec lassitude, défait. « Je sais que vous pensez que je ne devrais pas changer le cours du temps… »
« Au contraire, Harry. Je voulais être sûr que tu en étais vraiment sûr. Tu avais besoin que quelqu'un te fasse voir l'autre côté, joue l'avocat du diable. Tu avais besoin de raffermir ta résolution. Tu as vécu dans cette vie en étant conscient de ton autre vie depuis sept mois maintenant. Je pensais que si tu voulais vraiment le changer, tu l'aurais déjà fait. Je suppose que je n'étais pas vraiment convaincu que tu voulais faire cela. »
« Et maintenant ? »
« Et maintenant, je le suis. Tu as changé, Harry. Tu as grandi. »
« Oui, c'est ce qui arrive quand on est envoyé à Azkaban à seize ans. » dit-il amèrement, ne voulant pas donner au vieil homme le respect dont il bénéficiait autrefois. « C'est ce qui arrive quand la personne en qui vous croyez le plus vous poignarde dans le dos… »
Dumbledore secoua la tête. « J'ai fait ce que je devais faire, Harry. Et tu as fait ce que je suspectais que tu pourrais faire quand tu t'es échappé. Sais-tu que personne n'avait réussi cela avant ? »
Harry balaya cela. « Je sais, je sais. Cela ne veut quand même… je veux dire, vous auriez pu me dire cela… »
« Non », dit-il fermement. « Je ne pouvais pas. J'ai essayé de te convaincre de t'échapper de ta cellule du ministère. J'étais sérieux avec cela. Mais tu as refusé. Alors l'alternative était d'aider Croupton à te condamner, afin que tu sois en sécurité à Azkaban jusqu'à ce que tu aies décidé de rétablir le cours du temps… »
« Rétablir… alors vous allez vraiment ne pas m'arrêter ? Je pensais que vous aviez dit… »
« L'avocat du diable, Harry. L'avocat du diable. » Harry le fixa.
« Alors vous voulez que je le fasse ? »
« Oui, Harry. Comme tu as dit, ce monde n'aurait jamais dû être. Et quand tu auras fait cela… »
« Oui ? »
« Promets-moi que tu ne toucheras plus jamais au temps en cachette ? »
Harry pensa au retourneur de temps et au sort de Tempus Fugit qui lui avait permis de cacher la baguette de Voldemort et de sauver la vie de Ginny. « Bien, je promets de ne plus jamais faire ce sort. »
Dumbledore sourit tristement. « Au moins, tu es honnête. »
« Je ne pourrais pas le faire en tous cas… Il en marche bien qu'avec des baguettes sœurs, et dans mon autre vie, j'aurais encore besoin de le faire avec Voldemort, ce qui est quelque chose que je ne veux pas refaire… »
« Alors, » dit Dumbledore d'un air amusé, « tu as planqué la baguette de Voldemort à Douvres ? »
« Heu, oui, exact. »
« Je vois. Tu réalises, bien sûr, qu'il a découvert qu'il n'avait plus sa propre baguette, et que ce n'était pas Barty Croupton Jr qui l'avait prise, n'est-ce pas ? »
Harry déglutit. « Oh. C'est vrai ? »
Dumbledore acquiesça. « Pourquoi penses-tu que les Mangemorts en ont après toi ? »
Harry trembla. Oh mon Dieu. Serait-il capable d'aller jusqu'à la baguette ? Ou y aurait-il des Mangemorts partout à Douvres ?
Il leva les yeux vers le vieil homme qu'il avait maudit de nombreuses fois depuis qu'il avait été envoyé en prison, le vieux sorcier pour lequel il n'avait plus de pensées positives ou bonnes, parce que les détraqueurs les lui avaient toutes prises.
« S'il-vous-plaît, » lui dit-il doucement, le regardant dans les yeux en suppliant. « S'il-vous-plaît, aidez-moi. »
