Harry Potter et le temps des bonnes intentions
(ou : La dernière tentation de Harry Potter)
Lunenoire :merci pour tes reviews, he oui, tu avais bien senti ce qui se passait. bravo
Philippe Gryffondor : le Dumbledore de ce monde n'est pas le même que celui de l'autre.
Bartiméus : bien, merci beaucoup !
et maintenant bonne lecture à toutes et à tous pour....
Chapitre quinze
Recherchés
« S'il-vous-plaît, aidez-moi. »
Dumbledore baissa gentiment les yeux vers lui. « Bien sûr, Harry. J'ai quelques objets qui vous seront très utiles, ainsi que quelques conseils. Premier conseil : faites aussi peu de magie que possible. Les objets magiques que je vais vous donner ne sont pas des choses que le ministère peut détecter, et tu n'as pas besoin de t'inquiéter qu'ils détectent ta transformation en animagus non plus. S'ils pouvaient faire cela, la plupart des Animagi ne seraient pas non enregistrés. »
« Ah bon ? »
Dumbledore soupira. « Il y a seulement huit animagi ce siècle, si l'on se fie au registre. Ton parrain était le huitième à s'enregistrer, mais Pettigrew ne l'a jamais fait. Cela aurait fait neuf. Je connais trois autres personnes en plus de toi, et il y en a probablement d'autres dont je n'ai pas connaissance… »
« En plus il y a Rita Skeeter. »
« Cette reporter ? »
Harry acquiesça. « C'est un scarabée. Elle a de bonnes histoires comme cela. Et il y avait mon père aussi, qui ne s'est jamais enregistré avant de mourir, aussi. »
« Ton père ? James Potter ? »
Harry acquiesça. « Il pouvait devenir un cerf. »
Ce fut au tour de Dumbledore de faire un signe de la tête maintenant. « Donc vous voyez ce que je veux dire. Le fait est que si vous utilisez vos baguettes, vous prenez le risque d'être découverts. Ne vous laissez pas tenter. »
Harry grimaça. « Je… J'ai fait un peu de magie sans baguette quand j'étais à Fraserburgh, et personne ne sembla avoir remarqué. »
Dumbledore fronça les sourcils et frotta son menton. « Bien, cela a une signature différente, plus comme de la magie accidentelle, et il n'y a habituellement pas de surveillance de cela, à moins qu'ils sachent qu'un né de moldu est à proximité. Fraserburgh est pratiquement au bout du monde en ce qui concerne le ministère, alors je doute qu'ils fassent très attention à ce qui se passe là-bas. Maintenant, ils le feront, bien sûr, mais il semble que tu aies réussi à passer entre les mailles du filet. »
Draco tourna brusquement la tête. « Les nés de moldus ! Harry ne sait pas ! »
Les lèvres de Dumbledore devinrent toutes fines. « Oui. Le conseil a réinstauré le bannissement. A cause de ton évasion. »
« Quoi ? »
Dumbledore montra l'entrée de la grotte. « Tu peux les voir autoriser des élèves nés de moldus venir à Poudlard avec des détraqueurs partout autour du château ? »
Harry prit sa tête dans ses mains. Cela ne pouvait pas arriver, cela n'était pas possible…
« Mais Harry, » dit Draco, resplendissant, « Nous pourrons aller les voir pour qu'ils nous aident. Ils auraient dû venir ici dans quelques semaines, mais maintenant, ce n'est plus le cas. »
« Et… Et pour les sorts de mémoire ? Est-ce que le ministère va leur enlever de leur souvenir qu'ils sont magiques ? » Sa voix tremblait. Comment pouvait-il se montrer à la porte de Ruth, d'Alicia ou d'Hermione si elles ne savaient pas qu'elles étaient magiques ?
« C'est la bonne nouvelle. Le ministère va seulement mettre des sorts de mémoire sur les moldus qui ont été témoins d'accidents magiques. Un petit progrès a été fait maintenant que le ministère voit la sagesse que toutes les sorcières et les sorciers sachent qu'ils sont magiques, sans distinction pour la naissance. Il y a déjà eu une baisse des incidents de magie accidentelle, parce que les nés de moldus sont maintenant conscients des conséquences de leur… agitation. Cela a rendu la travail du ministère bien plus facile. Bien sûr, cela a aussi libéré quelques employés du ministère pour qu'ils partent à ta recherche. Et bientôt, ils prendront conscience que tu n'es dans aucune des villes côtières, ni dans les Orkneys ou les Shetland. Tous les bateaux de pêche de la mer du Nord ont été complètement fouillés par les aurors se faisant passer pour les autorités moldues, cherchant ostensiblement de la drogue. Bientôt, ils vont aller vers l'intérieur des terres et le sud. Dès qu'il fera nuit, vous devrez tous les deux traverser la forêt sous la cape d'invisibilité et aller à Huntly… »
« Harry a presque cent livres en monnaie moldue » ajouta Draco obligeamment. Dumbledore eut l'air surpris.
« As-tu utilisé la magie pour les avoir ? » demanda-t-il sévèrement. Harry acquiesça timidement.
« Mais j'ai été payé, » ajouta-t-il à la hâte. « Je n'ai pas simplement utilisé la magie pour les faire voler depuis la poche de quelqu'un d'autre jusque dans la mienne. »
Draco avait l'air de supprimer un sourire en coin. « Bien, pas exactement… » Harry le frappa avec le dos de sa main.
« Néanmoins, » dit Dumbledore, « plus de cela. Vous aurez besoin de la plupart de cette somme pour aller à Édimbourg. Vous pourrez y aller en train et vous serez en avance sur le ministère, comme ils ne s'attendent pas à ce que tu sois allé si loin si vite. De là… bien, cela vous aidera à décider ce qui est le mieux… »
Il sortit un rouleau de sa poche et le tendit à Harry. Il le déroula et découvrit une carte de Grande-Bretagne avec de petits points bleus explosant dessus en permanence, mais généralement concentrés aux mêmes endroits. Presque aussi souvent, des points roses apparaissaient, rapidement suivis par des points bleus. Ce que Harry savait maintenant être la position de Poudlard (l'extrémité ouest de l'Aberdeenshire) avait un point bleu de taille moyenne qui restait plus ou moins constant au lieu de disparaître et réapparaître. Harry pensa savoir ce qu'il tenait dans ses mains, mais il regarda Dumbledore pour confirmation.
« Oui, Harry. Je l'ai chipée au ministère. Et alors que cela prend un peu de temps au ministère pour savoir exactement où de la magie accidentelle a eu lieu, les bureaux locaux du ministère ont des petites versions plus précises de cette carte, mais vous n'aurez pas à vous préoccuper des versions plus précises. Cela sera suffisant pour vous permettre d'éviter les secteurs où il y a une activité magique significative. Vous pouvez penser que beaucoup de bleu indique la présence d'aurors, ou d'une grosse concentration de sorciers et de sorcières qui risquent de vous reconnaître, toi ou Draco. Ce qui m'amène à un autre problème… »
Il sortit sa baguette et dit « Incisio », d'une manière très professionnelle. Puis il s'avança vers Draco, et soudain, il tendit son bras et lui prit les cheveux pendant lâchement sur le côté de son visage. Il les lui coupa avec les ciseaux qui avaient jailli du bout de sa baguette.
« Hey ! » cria Draco, se reculant.
« C'est nécessaire. Deux raisons. D'abord, j'ai besoin de tes cheveux pour prendre ta place au château. Je dois les mettre dans une potion… »
« Du Polynectar ? » demanda Harry. Dumbledore eut l'air étonné.
« Comment… » mais ensuite il s'arrêta. « Exact. Peu importe. La deuxième raison est que tu ne peux pas garder ton apparence habituelle. Si nous ne faisons pas cela et que tu disparais de Poudlard pour voyager avec Harry, vous serez tous deux localisés en un rien de temps. De cette façon, je peux t'incarner assez d'heures tous les jours pour que tu ne sois pas déclaré manquant, et avec tes cheveux aussi courts que possible, Harry sera encore moins suspect avec toi que s'il était seul. Les aurors ne recherchent pas deux personnes voyageant ensemble. »
Draco regarda les cheveux dans la main de Dumbledore. « Vous… vous n'allez pas tout couper ? »
Dumbledore fit signe que si. « Si tu arrêtes de te raser, auras-tu beaucoup de barbe ? »
Draco grimaça. « Lentement, oui. Elle est plutôt claire cependant. »
« Tiens toi tranquille. » Dumbledore fit un pas en avant et s'occupa de la tête de Draco sans pitié. Les cheveux tombaient sur le sol de la grotte par grosses mèches. Harry se rapprocha, tenant sa baguette allumée afin que le vieux sorcier voit ce qu'il faisait. Draco tint ses yeux hermétiquement fermés, ainsi que sa bouche, après que quelques cheveux soient rentrés dedans. Il postillonna pendant quelques minutes pour essayer de les faire sortir. Finalement, Dumbledore se recula et prit un sac avec un cordon de velours de sa poche. Il ouvrit le sac de tissu, et mettant fin au sort des ciseaux qu'il avait placés contre sa propre baguette, il dit « Accio ! ». Sur ce, tous les cheveux de Draco volèrent magiquement dans le sac, qu'il referma et remit dans sa poche. Il n'y avait pas un seul bout de cheveu sur le sol ou sur les habits de Draco. Harry regarda avec incrédulité son ami. Il avait l'air…
« Hé bien ? » dit-il impatiemment. « De quoi ai-je l'air ? » Harry le fixait, les yeux grand ouverts, puis son regard glissa sur Dumbledore, espérant qu'il répondrait d'abord, mais maintenant Draco le regardait, les sourcils levé. « Hé bien, Harry ? »
« Bien, tu ressembles… » Harry grimaça. Il ne voulait pas le dire.
« A qui ? »
« Bien… plutôt à un skinhead. C'est pas que tu puisses y faire grand chose. Non, attends, je ne voulais pas dire cela. Je veux dire… tu es si pâle et tu as les cheveux si clairs, et maintenant, ils sont si courts… C'est, hum, cela va probablement être un déguisement très efficace. Si je ne venais pas de te voir te faire couper les cheveux, je ne pense pas que je saurais que c'est toi. »
Draco serra les dents. « Tu n'as pas dit une bonne chose. J'ai l'air d'un dingue, n'est-ce pas ? N'est-ce pas ? » sa voix tremblait. Harry regarda Dumbledore.
« Cela repoussera, mon garçon. D'ici là, comme Harry l'a remarqué, tu ne ressemble plus à ton ancien toi. Et comme je serai ici au château pour te représenter comme tu étais avant, les autorités ne rechercheront personne avec cette apparence ou ton apparence précédente. Tu t'y habitueras. Arrête de faire des histoires pour ton look. Nous devons parler d'autres choses. »
Il fit apparaître de petites chaises en métamorphosant quelques pierres éparpillées dans la grotte. « Asseyez-vous. Laissez-moi vous faire voir ce que vous aurez d'autre pour votre voyage. Ces choses vous permettront d'éviter les moldus entre autre. Harry, je ne te recommande pas de rechercher ces sorciers et sorcières nés de moldus que tu connais. Le moins de contact tu as, le mieux c'est. Si vous avez besoin de quelqu'un en cas d'urgence, vous savez où ils sont, mais s'il-vous-plaît, ne faites cela que si c'est absolument nécessaire. »
Il sortit un sac en papier de sa poche, et le déplia, puis il mit sa main dedans, fit un signe de la tête, replia le dessus et le tendit à Harry. Il avait l'air d'être assez plein. Perplexe, Harry l'ouvrit et regarda dedans. Il vit plusieurs sandwichs, deux pommes, quelques œufs durs, et ce qui ressemblait à des sablés. Il regarda Dumbledore, souriant.
« C'est merveilleux ! Je me souviens de papa nous lisant un conte de fée quand nous étions petits… c'était de Hans Christian Anderson ?… et dans l'histoire, il y avait un sac qui avait un approvisionnement perpétuel en nourriture. »
« Oui, bien, les sorciers et les sorcières ont fait cela pour les longs voyages depuis très longtemps. Mr Anderson était un sorcier, et il n'aurait probablement pas dû divulguer quelques unes de ces pratiques, mais comme la plupart des moldus ne les prennent pas au sérieux, cela n'a pas fait grand mal. Trois fois par jour, vous aurez un repas approprié grâce à ce sac, assez pour vous nourrir tous les deux. Et pour boire… » il sortit une bouteille thermos de quelque part à l'intérieur de sa robe. « …un peu de thé. Avec simplement du sucre. Le lait est dur à obtenir. Il y a toujours le risque qu'il caille. »
« Simplement du sucre ira très bien. » dit Harry en prenant la bouteille avec gratitude. Elle ressemblait à n'importe quelle thermos moldu, avec coupes en plastique logées sur le dessus du bouchon à vis. Harry l'ouvrit et sentit le parfum réconfortant de l'Earl Grey. Son papa préférait le Earl Grey. Il replaça le bouchon, se retenant de demander si le ministère ne froncerait pas les sourcils sur un objet moldu enchanté pour qu'il fournisse un approvisionnement perpétuel en thé sucré. Il pouvait poser la même question sur le sac en papier aussi, mais il ne le fit pas.
« Et finalement, » dit Dumbledore, enlevant encore d'une manière impossible un objet de l'intérieur de sa robe, « je vous ai amené une des tentes qui restait de la grève générale. On peut y dormir à deux, dans les couchettes, et il y a une table et deux chaises. Elle n'a pas l'air très grande quand elle est montée. Elle ne devrait pas être trop dure à cacher dans quelques buissons. J'y ai ajouté un sort repousse moldu. Cela aidera. Mais bien sûr, ce ne sera pas efficace sur les sorciers et les sorcières. »
« Vous pensez aux aurors. » dit Harry, se souvenant des Londubat et des titres de police moldu qu'ils utilisaient.
« Et aux Mangemorts. » ajouta Dumbledore. Exact, pensa Harry, sa tête tournant à l'idée de tous ces gens essayant de le tuer ou de le capturer.
Draco frappa ses mains ensemble. « Ce n'est pas aussi terrible que ce que je pensais. On dirait que nous allons voyager avec style. Heu… comment allons-nous voyager exactement ? »
« Par train jusqu'à Édimbourg. Après cela… à pied et à tire d'aile. » Il fit un clin d'œil à Harry. Draco eut l'air perplexe.
« A tire d'aile ? Vous voulez dire… »
Harry traîna des pieds. « Parfois… pas tout le temps, bien sûr… je volerai, et tu pourras... »
« Non. »
« Quoi ? »
« Non. Je … je ne t'enfourche pas et , et… »
Harry roula des yeux. « Reprends-toi Draco. Je ne suis même pas sûr de vouloir risquer beaucoup cela. Mais penses-y. Nous aurons aussi la cape d'invisibilité. Peut-être que nous pourrons réussir à avoir quelques voyages en bus gratuits comme cela. »
Dumbledore secoua sa tête. « Trop risqué. Les gens peuvent vous rentrer dedans très, très facilement, et puis que feriez vous ? Et même si un bus a l'air principalement vide, cela ne prend que quelques arrêts pour qu'il soit complètement bondé. Je ne le recommande pas. »
Harry se renfrogna. « Et le Magicobus ? »
Dumbledore leva ses sourcils. « Et comment prendriez-vous le Magicobus sans paraître suspects ? Si vous le hélez et qu'il vient et ne trouve personne parce que vous êtes sous la cape d'invisibilité, il partira simplement, sans ouvrir la porte. Si vous n'utilisez pas la cape, ou que l'un de vous seulement utilise la cape, vous avez encore le problème de vos papiers. »
« Nos papiers ? »
« Vous n'aviez pas à vous en inquiéter parce que vous êtes à l'école et encore mineurs. Mais tous ceux qui prennent le Magicobus doivent présenter leur carte d'identité de sorcier, qui ne peut pas être magiquement dupliquée ou créée. Et même si vous alliez au manoir Malfoy, et preniez d'une manière ou d'une autre les papiers de Draco sous le nez de son père, Draco voyagerait alors sous son propre nom, son âge et ses papiers. Il reviendrait immédiatement à Poudlard et les Malfoy sauraient que Draco n'est pas à l'école et que celui qui a assisté aux cours à sa place était un imposteur. Ce serait moi. Nous ne voulons pas cela. Je suis désolé, mais le Magicobus est hors de question. Vous devez autant que possible éviter les sorciers. »
Harry soupira, pensant au long voyage. Il regarda la carte, avec principalement des points bleus, et quelques points roses apparaissant et disparaissant dessus. Glasgow, Aberdeen et Édimbourg étaient marqués. Ainsi que Newcastle Upon Tyne, Middlesbrough, York, Manchester, Northampton, Liverpool, Birmingham, Greenwich, London, Oxford et Cardiff. Douvres n'était pas marqué, mais il avait à peu près l'idée de l'endroit où c'était. Et juste au sud de Londres… Il pensa un peu tristement à Little Whinging, Surrey, avec le clocher de St Bede et le petit cimetière sur la colline, et les rues propres avec leurs pelouses manucurées et leurs jardins ordonnés. Les jardins…
« Attendez ! » dit-il soudain. « Je viens juste de penser à quelque chose. Aberforth. Est-ce Aberforth pourrait nous aider ? »
Draco fronça les sourcils. « Qui est Aberforth ? » Mais Harry ne l'écoutait pas. Il vit la pire expression qu'il avait jamais vu sur le visage de Dumbledore, une expression d'extrême tristesse.
« Le frère de Dumbledore. » dit-il doucement à Draco, n'ôtant pas ses yeux du vieil homme. Puis, prenant le risque, il demanda doucement « Que lui est-il arrivé ? »
Dumbledore soupira, et Harry eut le sentiment qu'il n'était plus le même depuis quoique ce soit qu'il était arrivé à son frère. Peut-être que c'est pour cela qu'il semblait si différent dans ce monde…
« Il a été tué. Il y a cinq ans. Des Mangemorts. Il essayait de protéger quelques amis moldus. Ils ont pu s'en sortir. Il a réussi. Les Mangemorts en question faisaient juste les idiots, ils tourmentaient les moldus, vont savez à quel point ils sont immatures. Ils n'avaient aucune idée qu'un sorcier était dans le groupe. »
Harry acquiesça et dit doucement « Il était mon ami. Est mon ami, dans mon autre vie. J'ai travaillé pour lui, et Draco aussi. On le connaissait comme Dick Abernathy, dirigeant Abernathy Landscaping. »
Dumbledore acquiesça. « Il a commencé cela il y a des années. Les hommes qu'il protégeait étaient ses ouvriers. Ils étaient dans un pub à la fin de la journée, prenant quelques pintes. Le ministère a du rechercher toutes les personnes qui étaient là pour leur lancer des sorts de mémoire. Une sale affaire. J'ai du superviser la liquidation des biens. J'ai tout divisé équitablement entre ses employés afin qu'ils aient de quoi vivre jusqu'à ce qu'ils aient trouvé un autre travail. Cela a été une dure période pour eux. Beaucoup de gens dans le monde moldu étaient au chômage. » Il soupira. « Et dire qu'ici, dans le monde des sorciers, nous avons une pénurie de main d'œuvre… » Il secoua la tête.
Puis Harry se souvint de la lettre de son beau-père. « S'il-vous-plaît, sir… quand Ginny, Jamie et Simon ont été attaqués par Binns… que s'est-il passé ? » Il avait à moitié peur de ne pas vouloir savoir, mais d'un autre côté…
Dumbledore secoua encore la tête, regardant avec tristesse Harry. « Ton petit frère était très rebelle à l'idée d'être confiné avec sa sœur et Ginny. Quand je suis arrivé, Binns avait tué les filles et lançait le Cruciatus sur Simon, mais Simon n'était pas encore 'parti'. J'ai assommé Binns, et quand quelques minutes se sont passées, il était légèrement plus calme, et j'ai pu demander à Simon ce qui s'était passé. Il m'a dit qu'il avait tenté de partir par le passage que Ron Weasley avait utilisé avant. Quand il était rentré dans la salle de classe, le professeur Binns attendait, et il a pris le contrôle de Simon, et l'a ramené jusqu'à la cachette. Quand Ginny les a vu entrer dans l'espace qui leur servait de pièce commune, elle a essayé d'atteindre Binns, mais il a tiré Simon devant lui comme un bouclier. Il a tué Ginny très rapidement après cela, comme elle ne voulait pas risquer de frapper Simon. Puis, quand il a tenté de lancer le Cruciatus sur Jamie, Simon s'est éloigné de Binns et a pris le sort de plein fouet. Pauvre garçon. »
« Il a seulement douze ans » dit Harry dans un souffle, essayant de ne pas penser à son petit frère vivant l'agonie qu'il avait subie dans le cimetière, au-dessus de la tombe du père moldu de Voldemort. Il l'avait fait pour protéger sa sœur, leur sœur. Harry sentit une fierté s'épanouir en lui. Combien de garçons de douze ans prendraient le sort de Cruciatus pour quelqu'un d'autre ? Et cependant, pour Jamie, c'était ce qu'il avait fait…
« Puis il a essayé de tuer Simon, de colère, et Jamie s'est jetée entre lui et le sort. Elle est morte instantanément. Binns a décidé de torturer un peu plus Simon, et il avait sa baguette pointée sur lui quand je suis entré. J'ai immédiatement assommé Binns et demandé à Simon de me dire ce qui s'était passé. Quand Simon a fini de tout m'expliquer, j'ai ranimé Binns afin de pouvoir le questionner. » sa voix devint plus faible et il passa sa main sur son visage. « Ce fut mon erreur. Il a ressorti sa baguette et lancé le Cruciatus sur Simon une fois de plus. Cela a marché… et n'a pas marché. Simon agonisait clairement, mais d'une manière ou d'une autre, le sort a aussi rebondi sur Binns, et je pouvais voir qu'il subissait aussi le sort. Ce fut cette dernière fois qui… qui a détruit l'esprit de Simon. » Il déglutit et baissa la tête. Harry ne l'avait jamais vu comme cela.
« J'ai utilisé le sort ultime pour rompre le lien entre Binns et Simon. » Sa voix se brisa. « J'ai fait cela seulement dans des cas extrêmes, et j'ai le sentiment que le fait qu'il ait tué deux jeunes filles et torturé un garçon de douze ans est une défense adéquate pour mes actions. » Cependant, Harry ne pouvait s'empêcher de penser que Dumbledore n'avait pas l'air justifié. Il voulait penser qu'il ne ferait pas cela, qu'il ne coulerait pas au niveau des Mangemorts, ou même de Barty Croupton. Harry pensa encore à sa description de la mort d'Aberforth. Il était devenu paralysé pendant ces quinze années supplémentaires de terreur de Voldemort. C'était définitivement un Albus Dumbledore différent. Harry pensa à Ginny essayant de protéger Jamie et Simon, et Jamie et Simon essayant de se protéger l'un l'autre. Sa gorge était serrée.
« Je vais à nouveau me rendre invisible et retourner au château. Souvenez-vous… attendez l'obscurité. Et souvenez-vous de quelque chose d'autre : l'équinoxe était il y a une semaine. Les jours deviennent plus long maintenant. Cela signifie qu'il ne va pas faire aussi froid que pendant la grève générale, mais cela signifie aussi que si vous voulez voyager en volant parfois, vous aurez moins d'heures d'obscurité pour le faire. Le meilleur moment est sans doute après une ou deux heures du matin, quand presque tout le monde est endormi. Évitez de voler près des villes. Dans les villes, il y a toujours quelqu'un d'éveillé. Les chauffeurs de taxi, par exemple. La police. Il vaut mieux ne pas prendre de risque. »
Les garçons acquiescèrent, et Dumbledore regarda tendrement Harry et Draco. « Ne prenez pas cela mal, les garçons, mais je n'aurais jamais pensé aider deux Serpentards. J'ai toujours essayé d'être impartial quand j'étais directeur… »
« Vous avez été très bon avec mon papa, » dit rapidement Harry. « Mon beau-père, je veux dire. Quand les autres élèves lui causaient des problèmes… »
Dumbledore sourit et acquiesça. « Ah, oui. Je me souviens. Bien, cela fait heureusement de nombreuses années qu'il n'a plus à supporter cela, bien que j'entende encore ici et là des élèves qui se demandent s'il est un vampire… En tous cas, j'ai complètement confiance en vous. Ne faites simplement rien qui soit risqué plus que le nécessaire, et vous devriez vous en tirer. »
Exact, pensa Harry. Ne restez pas vivant. C'est risqué plus que le nécessaire. Mais il sourit faiblement au vieux sorcier comme il disparaissait dans une lumière dorée et argentée.
Ils étaient seuls.
