Lunenoire : pas trop de hâte, cela va être long...
Bartimeus : tous les chapitres ne peuvent pas être aussi rapides
Philippe Gryffondor : merci.
et maintenant, bonne lecture à toutes et à tous

* * * * *

Même s'il étaient sous le couvert de la nuit, ils marchèrent vers la forêt sous la cape d'invisibilité. Avant d'avoir quitté la grotte, Harry avait métamorphosé la robe de Draco en un long manteau sombre afin qu'il puisse passer dans le monde moldu. Dumbledore avait utilisé la magie dans la grotte. Harry pensait qu'un dernier sort ne serait pas un problème particulier.

Une fois dans la forêt, Harry reprit sa forme d'animagus, et Draco garda la cape sur lui, portant le journal, la tente, le sac de nourriture et la thermos de thé. Il marchait au côté de Harry comme ses grosses pattes tombaient sur un tapis de feuilles mortes et de vieilles fougères qui recouvrait le sol de la forêt. Une fois ou deux, Harry vit des yeux briller dans l'obscurité, sentant probablement Draco, tout tendre, sans griffe et humain, mais Harry s'était tourné et avait émis un grognement sourd à quoique ce fut, et cela avait rapidement reculé de telle sorte qu'ils avaient marché en paix.

C'était presque le matin quand ils atteignirent le côté de la forêt de Gartly. Le soleil commençait juste à rendre le ciel nuageux un peu plus clair à l'est. Harry se métamorphosa à nouveau, et les deux émergèrent des arbres, puis s'assirent dans l'herbe froide et mouillée pour prendre leur petit déjeuner, se passant le thé l'un à l'autre d'une manière amicale. Harry leva les yeux vers le ciel chargé puis les baissa vers le petit village de Gartly comme il mâchait, se sentant étrangement satisfait. Il y avait de pires choses auxquelles il pouvait penser autres que voyager avec son meilleur ami. Mais ensuite, il se souvint du journal.

« Draco, » dit-il quand ils eurent fini de manger. « Nous devrions commencer à te faire écrire dans le journal. »

Draco replia le sac en papier et le remit dans sa poche. Il était assis sur son manteau, qui était sa robe de sorcier, l'utilisant comme une couverture pour les pique-nique. « Bien. Qu'est-ce que j'écris ? »

« Bien, nous allons commencer avec un bon morceau d'histoire de fond. Et nous devons lui faire savoir que nous savons qui il est. »

« OK… »

« Sort ta plume, le journal, et écris ce que je te dis. » lui dit Harry.

Draco se prépara. Avec le bout de la plume collé au papier, il dit « Ne parle simplement pas trop vite. »

« J'essaierai. Ok : 31 Mars 1997. Je m'appelle Draco Malfoy. Mon meilleur ami est Harry Potter. Nous sommes tous deux des Mangemorts loyaux, serviteurs de Lord Voldemort, qui n'est plus. Nous savons à qui était ce journal. Nous avons pour but de faire revenir notre maître à nous, et nous avons besoin de votre aide, Tom Jedusor. »

Sa langue entre ses dents, Draco écrivit soigneusement tout cela. Cela prit bien plus de temps que ce à quoi Harry s'était attendu. Ils attendirent, et bientôt, les mots que Draco avait écrit disparurent de la page où ils avaient été écrits. D'autres mots d'une main que Harry reconnaissait de son autre vie apparurent sur la page comme s'ils étaient écrits par une plume invisible.

Bonjour Draco Malfoy. Je suis gratifié d'apprendre que j'ai des serviteurs d'une telle loyauté. Comment ai-je été vaincu ?

Draco leva les yeux vers Harry, hésitant. « Qu'est-ce que j'écris maintenant ? »

« Prépare-toi » lui dit Harry. Prenant une profonde respiration, il continua. « Harry a grande honte de ses liens avec la personne qui en est responsable. C'était sa mère, une auror très puissante que Harry a tué en vengeance. Malheureusement, cela ne nous a pas ramené notre maître. Harry a été envoyé à Azkaban pour avoir tué sa mère, mais il a réussi à s'échapper et à revenir à Poudlard, où nous étions élèves en sixième année. Je vais l'aider à vous faire revenir. »

Quand Draco eut fini, il regarda Harry, les yeux rétrécis. « Pourquoi tu lui dis tout cela ? »

Harry le regarda très sérieusement. « J'en ai besoin, pour la crédibilité. Beaucoup de cela est vrai, comme moi envoyé à Azkaban pour avoir tué ma mère, et puis m'être échappé, et ma mère avoir été une auror. Et c'est vrai dans mon autre vie, elle était responsable de sa chute. Le moins de mensonges nous disons, même à Tom Jedusor, le moins nous avons à nous en souvenir. Bien sûr, nous déformons la vérité pour nos buts, mais cela reste en partie vrai. »

Les mots que Draco avait écrit s'effacèrent comme les autres, et un nouveau message apparut.

Comment puis-je aider ?

Harry regarda les mots, puis leva les yeux vers Draco, un sourire en coin apparaissant sur son visage.

« Il a acheté. »

Harry dicta ensuite à Draco :

« Vous êtes tombé à Douvres. Harry a caché votre baguette quand c'est arrivé. Nous devons y retourner pour la retrouver, afin que lorsque nous vous aurons rendu assez fort pour que vous puissiez émerger de ce journal, vous puissiez vous servir de votre propre baguette. Nous sommes à Gartly maintenant, nous essayons de nous rendre à Huntly pour prendre le train pour Aberdeen, puis Édimbourg. Nous écrirons davantage plus tard.

Draco referma le livre et regarda Harry. Il prit une grande inspiration. « Bien, je ne me sens pas beaucoup plus faible ou quoique ce soit. Je me sens bien. Et puisqu'il sait que nous ne sommes pas à Poudlard, il ne va probablement pas essayer de me faire ouvrir la Chambre des Secrets.

« Tu vois ? C'est pour cela que je voulais lui dire toutes ces choses sur moi et ma mère. Pour ce qu'il sait, nous sommes ses serviteurs loyaux venant l'aider. Assurons-nous juste qu'il n'arrive rien à ce livre. Donne-le moi. Ce blouson a d'énormes poches à l'intérieur. Je le porterai. »

Draco acquiesça et le lui tendit avec la plume. Ils avancèrent à travers les champs le long de la route de Gartly à Huntly, s'arrêtant pour manger à peu près à mi-journée, et atteignant finalement Huntly au coucher de soleil. Ils avaient marché toute la journée, ralentissant au fur et à mesure que le temps passait et que la fatigue prenait ses droits. Harry aurait voulu aller plus vite, mais il découvrit que Draco n'était pas habitué à marcher, et en plus de marcher toute la journée et de s'arrêter occasionnellement pour se reposer, ils avaient marché toute la nuit dans la forêt. Ils s'étaient arrêtés pour manger encore, mais ils étaient tous deux épuisés. Ce ne fut pas difficile de trouver la gare, et de voir quand le prochain train partait pour Aberdeen. Leurs tickets les amèneraient jusqu'à Édimbourg, mais ils devaient changer de train à Aberdeen. Les tickets coûtèrent la plus grande partie de l'argent de Harry. Il avait moins de vingt livres de reste comme il en avait aussi dépensé un peu pour manger entre Fraserburgh et Huntly. Draco avait l'air très soucieux à ce sujet.

« Combien as-tu maintenant ? »

« Dix huit balles, soixante p. »

« Des balles ? Je croyais que les moldus utilisaient des livres. »

« C'est la même chose. En argot. »

« Oh. » il se tut un moment. « Que sont les 'p' ? »

« Pence. Quarante pence de plus, et nous aurions dix-neuf balles. Je veux dire dix-neuf livres. »

« Oh. Combien cela fait en Gallions. ? »

« Moins de quatre. Et n'utilise pas ce mot. Pas de termes de sorciers. Nous sommes dans le monde moldu. » Il fit la tête. « Pour cette raison, aucun de nous devrait utiliser le mot 'M' non plus. »

Il était sept heures du soir, et Harry et Draco étaient affalés sur un banc de la gare. Ils avaient une attente de plus d'une heure avant que leur train ne parte. Harry combattait le sommeil qu'il sentait gagner en lui. Il pourraient dormir dans le train, avait-il dit à Draco. Cela ne le ferait pas de s'endormir sur le quai et de rater le train. Ou de baisser leur garde et de se faire surprendre par des aurors ou des Mangemorts.

Quand il fut près de sept heures trente, Harry releva soudain la tête. Il avait encore commencé à dormir. Il regarda Draco à son côté. Le menton de Draco était contre sa poitrine, et il ronflait fort. Harry lui donna un coup de coude dans les côtes, et lui aussi releva brusquement la tête.

« Je ne dormais pas ! » s'exclama-t-il d'une voix étranglée. Harry rit.

« Bien, tu ne ronfles jamais si fort quand tu es éveillé. »

Draco grogna et passa sa main contre son visage. « En considérant que nous n'avons pas à nous présenter à des examens ou à faire des devoirs, on pourrait penser que nous pourrions plus dormir. »

« Nous le ferons, quand nous serons à l'abri loin d'ici. Nous avons beaucoup marché ces vingt-quatre dernières heures. Nous aurons la possibilité de nous reposer. »

Draco acquiesça, bien qu'il n'ait pas l'air convaincu. Puis Harry les vit, ils avançaient à grands pas sur le quai, marchant à dessein vers les gens, sortant leurs cartes et parlant sérieusement, puis sortant une photographie et attendant que chaque personne la regardant dise si elle avait vu le jeune homme représenté.

Harry se détourna d'eux et chuchota avec frénésie à Draco. « Où se trouvent les horaires ? » Draco les enleva de sa poche et les lui tendit. Harry jeta un œil. Le train pour Inverness devait arriver dans dix minutes. Bien. S'il n'était pas frappé par un sort ou un maléfice, cela pouvait marcher, et les aurors ne feraient probablement pas cela dans un train peuplé, même s'ils pouvaient lancer des sorts de mémoire après…

« Quoi ? » lui dit Draco. « Tu as cette expression sur le visage, comme quand tu réfléchis à quelque chose. J'ai appris à haïr cet air. Cela veut dire que je vais devoir faire quelque chose que je ne veux pas faire. »

Harry lui sourit. « Non, ce n'est pas le cas. Ce coup-ci va ne concerner que moi. Passe-moi la cape. » Draco l'enleva de sa poche et la tendit à Harry. « Maintenant, donne-moi ton manteau, et enfile mon blouson. Très lentement, n'attirons pas l'attention. » Ils firent l'échange aussi discrètement que possible. Les Londubat étaient à environ trente pieds d'eux. Il y avait une grosse vingtaine de passagers entre eux et les aurors.

« Pourquoi fais-tu cela, Har.. »

« Chut ! Tu es fou ? Tu ne peux pas m'appeler comme cela » chuchota-t-il furieusement. Draco eut l'air décontenancé. Harry se calma. « Je suis Dudley Dursley. Et tu es… Piers Polkiss. Compris ? »

« Je suis quoi ? »

« C'est ton pseudonyme. En tous cas, n'as-tu pas vu qui est là-bas ? » Harry se pencha sur le côté pour que Draco puisse voir derrière lui. Les yeux de Draco s'élargirent quand il vit qui c'était.

« Malédiction ! Que vas-tu faire ? »

« Regarde. »

Harry se leva et alla nonchalamment jusqu'aux escaliers qui menaient de l'autre côté du quai, pour les trains allant d'Elgin à Inverness. Il trouva les WC du côté nord et bondit dedans. Il y avait deux toilettes, chacun nécessitant de l'argent pour leur usage. Cela importait peu. Il s'appuya contre la porte et métamorphosa rapidement le manteau de Draco en robe de sorcier, et il se concentra très fort sur ses cheveux et sa barbe, les faisant rétrécir, afin de ressembler à la photo que les Londubat montraient aux gens. Quand il entendit le train d'Inverness rentrer en gare, il ouvrit la porte. Il fut visible pendant quelques secondes avant que le train ne le cache à leur vue, et durant ce temps, il essaya d'attirer l'attention des Londubat de l'autre côté des rails.

« Salut vous ! On me cherche ? » cria-t-il crânement, en leur faisant un signe de la main et en souriant. Il vit leurs visages choqués pendant seulement un instant avant que le train ne passe devant lui, et quand il s'arrêta complètement, il attendit que les portes s'ouvrent et il poussa les gens attendant en tête de queue, courant le long de l'allée centrale du wagon vide, puis il s'arrêta au milieu, se penchant pour regarder par une fenêtre, attendant, attendant…

Ils étaient là, haletant légèrement d'avoir couru depuis l'autre quai. Il leur fit encore signe, et puis il vit Frank Londubat pousser les autres gens de la queue comme il l'avait fait. Les passagers attendant étaient bien moins tolérants avec cela maintenant. Ils avaient déjà dû composer avec un jeune homme culotté, mais le fait que celui-ci crie être « DCI Londubat » ne comptait pas pour eux. Il était quand même effronté. Harry s'accroupit et enfila la cape d'invisibilité, puis traversa l'allée, invisible. Frank Londubat arriva en courant le long de l'allée, et Harry vit qu'il avait quelque chose dans sa main. Quand il était monté dans le train, il avait sorti sa baguette. Il était à seulement trois pieds de Harry qui aurait pu tendre le bras et toucher le pied de l'auror.

Londubat regarda négligemment chaque siège de la voiture, puis alla à la fenêtre et l'ouvrit légèrement. « Il n'est pas là ! » cria-t-il à sa femme.

« Il doit y être ! » cria-t-elle. « J'ai regardé, et il n'est pas descendu ! Cherche le reste du train… N'oublie pas les WC ! »

« Tu continues à surveiller au cas où il descende ! »

Il referma la fenêtre. L'allée se remplissait maintenant avec les gens embarquant dans le train. Une jeune mère avec une petite fille tourna soudain et essaya de s'asseoir à l'endroit où se trouvait Harry. Il les poussa en disant « Désolé. », doucement, et il eut besoin d'une fraction de seconde pour remarquer l'air choqué sur le visage de la mère comme elle avait senti la personne invisible la pousser et s'excuser. Londubat ne regardait pas dans cette direction, et Harry descendit rapidement l'allée dans la direction opposée, à la recherche d'une sortie. Jetant un coup d'œil derrière lui, il vit que Frank Londubat avait rangé sa baguette quand les moldus avaient commencé à monter, mais il scrutait encore le wagon avec un air perplexe sur le visage. Harry ouvrit la porte au bout de la voiture, et vit Londubat tourner sa tête, puis la détourner quand il vit le chef de train. Harry se figea. Le chef de train occupait tout le passage. C'était un gros homme barbu avec des cheveux roux, surveillant son royaume avec un air qui signifiait que vous aviez intérêt à avoir votre billet au foutu moment où il le voulait, et pas une seconde plus tard.

Harry commençait à désespérer de pouvoir quitter le train, mais ensuite, le chef de train rentra dans un petit compartiment sur le côté, oublieux du fait qu'il y avait un fugitif sorcier invisible qui essayait de le contourner, et quand la porte du compartiment avec le panonceau chef de train fut refermée, Harry s'avança entre les voitures, et en un clin d'œil, il fut de retour sur le quai. Gemma Londubat se tourna et sembla regarder droit sur lui, mais quand il se tourna aussi, il vit qu'elle regardait une jeune femme avec des lunettes et des cheveux noirs et courts qui était légèrement ressemblante à Harry (elle portait même un long manteau noir), si l'on ne la regardait pas de plus près pour voir sa stature plus légère et sa taille plus basse. C'était une ressemblance superficielle. Il vit que 'D.I. Londubat' avait réalisé son erreur immédiatement, et elle continua à surveiller les autres entrées du train. A la longue son mari apparut à la porte où il était monté et l'appela. « Monte ! Nous pourrions avoir besoin de tout le voyage pour le trouver ! J'alerterai le chef de train que c'est une affaire officielle, mais nous achèterons les billets à bord si nous le devons. »

Elle acquiesça et le suivit dans le train. Harry n'eut pas un soupir de soulagement avant que les portes ne se soient complètement refermées et que le train ait quitté la gare. Il retourna aux W.C. Il enleva la cape, fit repousser ses cheveux et sa barbe, et métamorphosa la robe en manteau long. Quiconque surveillant l'activité magique dans la gare de Huntly apprendrait bientôt que Harry y avait été vu, et que les Londubat y étaient aussi, et qu'ils étaient montés dans le même train que Harry, alors cela expliquerait la signature magique.

Enfouissant la cape dans sa poche, il retourna à l'autre quai où Draco attendait, l'air anxieux. Il fut étonné quand Harry se rassit à côté de lui, souriant comme le chat du Cheshire.

« Comment diable.. ? Que crois-tu faire ? »

« Les mettre sur une fausse piste, c'est tout. »

« C'est pourquoi tu as repris ton apparence habituelle ? »

« Je ne pouvais pas me faire voir d'eux comme cela, n'est-ce pas ? Ils pensent qu'ils cherchent quelqu'un qui ressemble à la photo. Ils doivent y avoir fait quelque chose pour que je ne bouge plus. En tous cas, ils vont être coincés dans ce train pendant un moment, comme ils ne peuvent pas transplaner depuis un véhicule en mouvement. »

Draco siffla avec appréciation et regarda le train disparaître, loin sur les rails maintenant. « Où les as-tu envoyé ? »

« Inverness. Pas exactement près d'Aberdeen ou d'Édimbourg. » Il avait des difficultés à ne pas sourire, et maintenant Draco était dans le même cas.

« Comment ont-ils exactement pu faire pour devenir aurors ? »

Harry haussa les épaules. « Cela me dépasse… »

Quand leur train rentra en gare, ils embarquèrent calmement, trouvèrent des places et s'installèrent pour un voyage confortable et sans poursuivant vers Aberdeen…

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