Bartimeus : merci
Lunenoire : pas le choix, en effet.
Philippe Gryffondor : merci
Ryan : l'auteur est américain, mais je suis sûr qu'avec une bonne carte de Grande-Bretagne et quelques guides touristiques, il y a moyen de monter quelque chose de cohérent sans avoir mis les pieds de l'autre côté de la Manche.

Merci donc à toutes et à tous pour vos reviews, et bonne lecture maintenant pour la suite.

* * * * *

Le voyage jusqu'à Aberdeen prit un peu moins d'une heure, mais ils venaient de manquer le train assurant la liaison avec Édimbourg, et le suivant n'était pas avant presque une heure. Ils prirent encore de la nourriture dans le sac, chacun en retirant un sablé pour manger avec le thé sucré, qui commençait à ennuyer Harry.

Quand ils eurent fini leur thé, ils écrivirent un peu plus dans le journal, disant à Jedusor qu'ils étaient à Aberdeen. Il voulait en savoir plus sur le grand Seigneur Noir qu'il était devenu.

« Dis lui juste ce dont tu te souviens des choses qu'il a faites… Oh, et mentionne les cracmols disparaissant. Il aimera cela. » Draco acquiesça, sa langue entre ses dents pendant qu'il écrivait. Harry regarda par-dessus son épaule, pour s'assurer que Draco n'allait pas déjà perdre la tête et écrire quelque chose sur leurs intentions réelles, de changer le cours du temps. Jedusor fut convenablement impressionné avec lui-même, comme Harry s'en doutait, et ils refermèrent le carnet avant d'embarquer à bord du train pour Édimbourg. Ce serait minuit passé quand ils arriveraient à la ville, et la tension des vingt-quatre dernières heures rattrapait finalement Harry. Il appuya sa tête contre la fenêtre, tandis qu'à côté de lui, Draco avait déjà sa tête sur sa poitrine et qu'il ronflait déjà à nouveau. Harry sentait le train balancer comme ils filaient dans la nuit…

* * * * *

Harry n'avait jamais été seul dans une grande ville après minuit. Édimbourg semblait encore plus confondante que Londres si c'était possible. Les rues n'étaient pas très plates et venteuses, et beaucoup étaient pavées vers le centre, ce qui commençait à faire mal aux pieds de Harry. Ils avaient simplement demandé dans quelle direction se trouvait le sud avant de quitter la gare, et ils avaient commencé à marcher avec détermination dans la nuit. Harry n'était pas convaincu, après un moment, qu'ils continuaient à aller vers le sud, mais continuer à avancer semblait plus sûr que s'arrêter, et encore plus que parler à quelqu'un d'autre. A la longue, il regarda autour de lui et réalisa que quelque chose était familier. J'ai été ici avant.

« C'est le parlement de la ville » dit-il lentement, en le montrant du doigt. Il se tourna. « Et la cathédrale St Gilles. »

Draco s'appuya contre un mur, s'affaissant légèrement. « Alors ? On peut dormir dans l'un d'eux ? »

« Et ça, c'est Mercat Cross » continua Harry rêveusement, comme si Draco n'avait pas parlé. Puis il fit la tête. « Je me souviens avoir été ici. Quand j'avais neuf ans. Maman et papa nous ont pris en vacances, et nous étions ici… Nous avons fait une espèce de tour, dans des pièces souterraines près du Pont Sud… »

Il chercha dans les méandres de sa mémoire, essayant de retracer ses pas, essayant de se souvenir de petits détails du temps où ils étaient une famille, quand sa mère n'essayait pas de faire que le monde et Harry doutent de lui-même. Draco le suivit, comme il continuait à avancer, une expression de transe sur le visage.

« Harry, tu es sûr… »

« Chut ! »

Quand ils l'atteignirent finalement, Harry passa ses mains contre le mur. « C'est en fait tenu par des sorciers, mais ils laissent les moldus venir le voir. Ils payent, bien sûr, mais c'est l'entrée des sorciers. Voyons… » il continua à passer ses mains sur le mur, essayant de se souvenir… Puis il toucha une petite pierre qu'il put enfoncer comme un bouton. Le mur coulissa, ménageant une ouverture, et ils se retrouvèrent face à des escaliers descendant. Ils allumèrent leur baguette, ayant confiance dans le fait qu'Édimbourg était une ville assez grande pour que le ministère ne se soucie pas de deux sorciers ayant besoin de lumière.

« Viens » dit Harry à Draco, qui le suivait avec précaution. « Ils font visiter le matin, alors nous devrons être partis avant qu'ils ne commencent, mais nous devrions pouvoir dormir ici cette nuit sans être dérangés. »

Le mur se referma derrière eux, et ils descendirent les escaliers. « Ces pièces ont été découvertes seulement quelques années avant que nous venions en vacances. Elles étaient oubliées depuis une paire de siècles. »

Draco fronça les sourcils, regardant les stalactites qui indiquaient clairement une infiltration excessive de l'humidité. « Pour quoi étaient-elles faites ? »

« Toutes sortes de choses. Des ateliers, des celliers, et même des emplacements pour les commerces du Pont Sud, qui est maintenant au-dessus de nous. Je pense qu'elles ont été abandonnées à cause de l'humidité. » Ils avancèrent chambre après chambre, les hauts plafonds voûtés les faisant se sentir tout petits, les foyers froids et obscurs. De nombreuses stalactites les surplombaient. Harry se souvint avoir été convaincu quand il avait neuf ans qu'elles allaient tomber sur sa tête à n'importe quel moment. Il les désigna. « C'est à cause de l'humidité. » Draco acquiesça. Ils virent de nombreux objets laissés à la vue des touristes, les creusets pour faire fondre le métal, des os d'animaux de soupers d'il y a deux cent ans, des bouteilles de vin soufflées, des chaussures en cuir. Ils s'installèrent finalement dans un coin sombre d'une chambre voûtée. Harry leva les yeux, fronçant les sourcils, regardant une étrange pierre. Il augmenta l'intensité de la lumière de sa baguette et la regarda. Elle était longue et robuste, comme si elle avait été le linteau d'une porte dans une vie antérieure et qu'elle avait été réutilisée ici. Des mots étaient gravés dessus, les lettres étaient en fait plutôt en relief qu'en retrait. Draco vit où il regardait et lut le texte.

« Le Seigneur est mon refuge et mon sauveur. » Il y avait un petit blason, et les initiales A.C. « Je me demande ce que c'est ? »

Harry haussa les épaules. « Personne ne nous l'a faite remarquer quand nous étions en vacances. »

« Eh. Peut-être qu'ils ne l'ont même pas remarqué encore. Ceux qui font la visite. »

Harry acquiesça et aida Draco à monter la tente. Elle ressemblait à un jouet, pas haute de plus de trois pieds, mais quand ils rampèrent dedans, elle était spacieuse, et Harry dut juste un peu lutter pour grimper dans son couchage, marchant accidentellement sur la main de Draco en faisant cela.

« Aïe ! »

« Désolé ! » lui dit Harry. Ils éteignirent tous deux leur baguette, et maintenant, l'obscurité les entourait. Ils pouvaient entendre le petit floc, floc, de l'eau qui continuait à faire grandir les stalactites qu'ils avaient vues, mais le tourbillon d'activité de la cité était loin. Maintenant, Harry était content d'avoir trouvé refuge dans les vieilles salles de pierre sous le Pont Sud, et il devrait être son propre sauveur.

* * * * *

Ils se levèrent tôt, et quittèrent les salles de pierre et laissèrent Édimbourg dès qu'ils purent. Marchant rapidement, Harry portant la tente et la cape d'invisibilité, Draco la nourriture et la boisson, ils apprirent bientôt à éviter les routes et les jardins soignés, traversant plutôt à travers champs, comme de nombreuses personnes bien intentionnées essayaient de s'arrêter pour les prendre en stop. Après que cela soit arrivé pour la quatrième fois, Draco se rebella.

« Bon sang, Harry, tu veux peut-être aller jusqu'à Londres à pieds, mais certainement pas moi ! »

Harry s'arrêta, ce qui lui demanda une espèce d'effort, car après la marche qu'ils avaient fait la veille, il avait l'impression que ses jambes étaient en pilotage automatique. « Draco, nous ne pouvons pas nous permettre cela. D'abord, quiconque nous prend va vouloir connaître notre histoire, qui serait pleine de mensonges, et s'ils le découvre, ils vont immédiatement nous suspecter et dire à la police de nous rechercher. Deuxièmement, n'importe qui peut être un auror ou un Mangemort. Nous ne pouvons pas prendre de risque. Troisièmement, même si nous recevons de l'aide de quelqu'un qui n'est pas un sorcier et qui ne veut pas l'histoire de notre vie, si des Mangemorts nous attrapent alors que nous sommes avec un moldu innocent, nous sommes responsables de la vie de quelqu'un d'autre. Pas de stop. » dit-il fermement. « Nous rattraperons cela la nuit, pendant que je pourrais voler un peu. C'est le planning que nous suivrons : nous marchons de midi à six heures du soir. Nous nous reposons jusqu'à minuit. Nous volons entre minuit et six heures, avec une pause toutes les heures afin que je ne sois pas totalement explosé, puis nous nous reposons encore de six heures à midi. Et quand nous nous reposons, tu passes un peu de temps à écrire dans le journal. »

Draco grimaça, dévissant le bouchon de la thermos et se versa un peu de thé dans l'une des tasses en plastique. Il la tendit à Harry puis s'en servit une. « Oui, oui. Je sais. C'est juste que cela semble carrément honteux de refuser toutes ces offres que nous avons. La dernière fille semblait m'apprécier pas mal… »

Harry roula ses yeux, finissant sa tasse et la rendant à Draco. « Nous ne sommes pas en mission pour te trouver une nouvelle petite amie, Draco, au cas où tu aurais oublié. »

Draco jeta le reste de sa tasse de thé dans un buisson épineux et remit la thermos sur son dos après avoir remis le bouchon. « Je sais. C'est dommage… »

Harry faillit presque mentionner Jamie pendant un moment, mais en y pensa à deux fois. Draco s'en sortait à sa manière. Il se tourna et continua à avancer, et était déjà plusieurs yards devant Draco quand il se retourna et revint vers lui. « Allez ! Nous n'avons pas tout le temps du monde ! »

Draco grommela mais reprit la marche.

« Que disais-tu ? » dit Harry, les sourcils levés. « Ai-je entendu le mot 'branleur' ? »

« Je te traitais de tous les noms. »

« J'avais saisi. Tu te sens mieux ? »

« Non. Assis dans une belle voiture moldue filant sur la route me ferait me sentir bien mieux. »

Harry regarda son ami avec compassion. « Nous commençons à peine. Nous prendrons un rythme. Ca ira bien, tu verras. Nous avons à manger, à boire, et notre propre demeure portable. Nous n'avons besoin de personne. Ne pense simplement pas aux voitures et tu iras mieux. »

Ils s'arrêtaient à l'occasion pour écrire dans le journal, afin qu'ils puissent tenir Tom Jedusor au courant de leurs progrès vers Douvres. Harry réfléchissait à chaque parcelle d'information qu'ils pouvaient donner, qui soit factuelle et qui puisse accroître sa confiance en eux. Ainsi, lorsqu'ils traversèrent Duddington et puis Niddrie, environ une demie-heure plus tard, ils entrèrent ces noms, suivis de Old Craighall et Eskban (évitant la ville plus importante de Dalkeith). Ils étaient déjà loin d'Édimbourg à travers une partie du Lothian de l'Est, et étaient maintenant dans le Lothian du Centre. Après être passé dans le South Esk, il n'y avait pas d'autre ville jusqu'à Carrington. Ils essayaient cependant d'éviter les zones les plus peuplées, et cela leur avait pris cinq heures pour parcourir environ quinze miles. Ils continuaient en direction de Temple, ce qui prit une autre demi-heure, et ils passèrent une autre demi-heure à se traîner dans le South Esk vers Rosebery.

A six heures précises (Harry avait remarqué que Draco avait regardé sa montre toutes les minutes, ou peu s'en faut, pendant la dernière heure), Draco s'assit promptement par terre et annonça. « Là ! Nous l'avons fait ! Nous avons marché pendant six heures, sans compter les pauses. Je le noterai dans le carnet. Où penses-tu que nous sommes ? »

Harry aurait voulu aller jusqu'à Rosebery, mais il savait que Draco n'allait pas bouger. « A peu près à mi-chemin entre Temple et Rosebery. »

Draco acquiesça et sortit le journal, disant « Re bonjour, mon petit Tom. » et il l'ouvrit sur une page blanche, se préparant à écrire. Harry se renfrogna. Il ne pouvait pas exactement dire pourquoi il se sentait inquiet de l'attitude de Draco envers le journal. L'histoire qu'ils racontaient à Tom Jedusor semblait être crue. Il s'inquiétait que Draco commence à le considérer comme un ami. Il avait échangé des blagues avec le jeune Jedusor les deux dernières fois où il avait écrit les noms des endroits qu'ils passaient), et qu'il se sente obligé à un moment de lui dire la vérité. Harry avait vu la manière dont Jedusor avait contrôlé Ginny, et bien qu'il y ait une différence entre une fille de onze ans, et un Draco Malfoy de presque dix-sept ans, … Il s'inquiétait un peu de savoir à quel point Jedusor pourrait bientôt contrôler Draco.

Ils montèrent la tente dans un petit bosquet. Ce fut un soulagement d'être à l'intérieur après une journée de marche. Les jambes et les pieds de Harry étaient maintenant très, très douloureux. Il enleva ses chaussures et ses chaussettes avec un énorme soulagement, agitant ses orteils et soupirant. Après les sandwichs et le thé, ils montèrent chacun dans une couchette, Harry choisissant encore celle de dessus.

« Bonne nuit, Draco. »

« Bonne nuit Harry. »

Harry contempla la tente de toile au-dessus de lui pendant un moment, se demandant s'ils pourraient vraiment faire cela, se demandant si Jedusor croirait tout ce que Draco écrirait… mais bientôt, il ne pensa plus à rien du tout, et quand ses yeux s'ouvrirent à nouveau, il faisait très sombre. Il pensa à allumer sa baguette, mais il décida que c'était trop risqué. Ce n'était pas un coin aussi peuplé que Édimbourg. Il souhaitait que Dumbledore leur ait donné une lampe électrique, ou au moins une lanterne de camping à essence. Il descendit sur le sol. D'une manière ou d'une autre, il avait le sentiment que c'était environ minuit. Il appela Draco dans le noir, et il entendit finalement un grommellement.

« Ferme-la Harry, j'essaye de dormir… »

« C'est l'heure de se lever. Tu es celui qui l'a facile cette nuit. Tout ce que tu as à faire est de t'accrocher pendant que je fais tout le travail. »

« Ouais, ouais, comme si s'accrocher, n'était pas du boulot… »

Harry s'était déjà transformé en griffon. Il trouvait plus facile de voir dans le noir avec ses yeux de griffon. Il vit Draco s'asseoir et se frotter ses yeux endormis. Puis apparemment, ses yeux s'habituèrent à l'obscurité, et il hurla. Harry redevint immédiatement humain.

« Draco ! Que diable penses-tu faire ? » lui demanda-t-il avec un chuchotement furieux.

« Ce que je pense que je fais ? Et toi donc, assis avec l'apparence d'un lion alors que je suis encore à moitié endormi ? Tu essayes de me faire mourir de peur ? Parce que cela a presque marché. »

Harry haussa les épaules. « Tu t'y habitueras. Allez. Ramassons tout. » Bientôt, tente, sac de nourriture et thermos étaient jetés sur le dos de Draco, et Harry se prépara à se métamorphoser à nouveau. « Quelle heure est-il ? »

Draco regarda sa montre. « Minuit vingt. »

« D'accord. Nous avons déjà perdu vingt minutes. J'ai regardé où était le sud quand nous avons planté la tente, alors je vais filer droit vers le sud, en changeant de direction si nous avons l'air de nous diriger vers un endroit trop peuplé. Dis-moi quand ce sera une heure. »

« D'accord. »

Harry se métamorphosa, et ils marchèrent vers la limite des arbres, puis il étendit ses ailes. Ils eurent de la chance cette nuit là. Ils volèrent au-dessus des collines de Moorfoot, alors ils n'eurent pas à s'inquiéter de villes très lumineuses. Harry fit une pause à une heure, très content de se poser. Dès qu'il eut repris sa forme humaine, il fit dégager Draco de sur lui.

« Casse-toi… Combien tu pèses ? »

« Environ douze stone… »

« Argh. » fut la seule réponse de Harry. Il n'avait pas compté que se serait aussi dur de porter son meilleur ami. Hermione était comme une plume, il se souvint. Elle ne pesait probablement pas huit stone. Malgré cela, elle avait paniqué et s'était accrochée à sa crinière bien trop fort quand ils s'étaient échappés de la salle de classe de sortilège…

« Bien, » dit-il en pataugeant, « perds du poids. Dans les cinq prochaines minutes, de préférence. ». Il grogna en s'asseyant, et tendant sa main, il dit « Et passe le thé. »

Draco le lui passa, grommelant encore des jurons, que Harry ignora en prenant la thermos. Puis il commença à parler un peu plus fort, et Harry put entendre ce qu'il disait maintenant. « C'est toujours fais ceci, fais cela… Dis même pas s'il te plaît ou merci… »

Harry prit une gorgée de thé. « Nous sommes en mission, » dit-il d'un ton bourru. « On ne peut pas s'embêter avec des gentillesses. Qu'est-ce qui va pas avec toi d'un coup ? »

« Rien » marmonna Draco, se relevant après s'être soulagé dans quelques buissons. Harry se demanda encore si ce serait bientôt un deux contre un, Draco et Jedusor contre lui. Puis il se secoua. C'était ridicule. Nous irons bien. Nous devons juste faire attention que Jedusor ne rentre pas dans sa tête…

Après la pause, ils s'envolèrent à nouveau, et après une autre pause et une autre heure de vol, ils avaient atteint un endroit appelé Innerleithen. Ils marchèrent un peu plus loin et atteignirent la rivière Tweed et une forêt, où ils montèrent la tente. Harry avait décidé que trois heures de vol était tout ce qu'il pouvait supporter pour la première nuit. Peut-être qu'il pourrait en faire plus quand il aurait davantage l'habitude.

« Je pensai que nous devions voler six heures ? » grommela Draco.

« Ouais. Tu essayes de te porter pendant six heures, vas-y… »

Draco ne répondit pas. Harry pensa à plusieurs reprises à dire quelque chose pour s'excuser, pour se réconcilier avec lui, mais d'une manière ou d'une autre, le 'Je suis désolé' et le 'Pardonne-moi' ne dépassèrent pas ses lèvres. Ils se couchèrent sans plus de discussion. Harry écouta Draco ronfler dans le noir, se posant des questions et s'inquiétant. Il est mon meilleur ami, Jedusor. Pas le tien, pensa-t-il férocement. Mais comment il pouvait continuer à garantir cela, il n'en avait aucune idée.

* * * * *

Après avoir volé seulement trois heures la nuit suivante, Harry arriva à la conclusion qu'il ne pouvait voler qu'une nuit sur deux. Cela convenait à Draco, comme cela voulait dire qu'il pouvait dormir davantage. Harry n'avait pas compté à quel point le voyage serait épuisant, et combien il prendrait. Ils n'avaient vu aucun poursuivant depuis que les Londubat avaient été dupés en prenant le train d'Inverness.

Après une autre semaine, Harry commença à remarquer quelque chose d'étrange au sujet de Draco. Il avait en fait commencé à le remarquer quand ils étaient dans les Scottish Borders, mais cela n'avait pas commencé à devenir vraiment inquiétant avant qu'ils ne soient en Cumbria. La nuit du six, ils avaient survolé le parc national de Yorkshire Dales, au cœur du Langstrothdale Chase, et quand ils s'étaient posés, il avait presque aussitôt commencé à pleuvoir. Draco avait juré sans discontinuer en aidant Harry à monter la tente, et ils étaient allé au lit sans se souhaiter bonne nuit. Harry était resté éveillé un long moment après cela, se demandant s'il devait insister pour que Draco arrête d'écrire dans le journal. Il ne semblait simplement pas être lui-même. Harry se faisait de plus en plus de souci. Il s'assurait qu'il était toujours au-dessus de l'épaule de Draco et qu'il lui disait toujours quoi écrire dans le journal. Mais une fois où il revenait de se soulager, il avait vu Draco remettre rapidement le journal dans la poche de son blouson en tweed, que Harry avait enlevé en mangeant le déjeuner. Cela avait été une journée à la chaleur inhabituelle, et le blouson était très lourd. Harry ouvrit la bouche pour demander à Draco s'il avait écrit quoique ce soit sans supervision, mais il se retint. Je dois avoir confiance en lui, se dit-il. S'il pense que je ne lui fais pas confiance, cela ne marchera jamais.

Maintenant, ils marchaient dans la pluie depuis trois jours. Quand Draco s'arrêtait pour écrire dans le journal, il devait d'abord trouver un abri pour que l'encre ne coule pas. Harry s'inquiétait pour Draco, et il le fit s'arrêter plus souvent que d'habitude. Harry était tellement inquiet pour son ami qu'il ne remarqua pas qu'il avait une fièvre galopante jusqu'à ce qu'il s'effondre à Rusholme, Greater Manchester. Quand il se réveilla, il était allongé dans le couchage du bas de la tente, que Draco avait évidemment montée tout seul. Draco était assis à la petite table, écrivant dans le journal. Harry grogna et tendit sa main vers lui.

« Thé » réussit-il à articuler entre ses lèvres sèches. Draco bondit, mais Harry remarqua qu'il n'était pas aussi vif que par le passé. Il attrapa la thermos, et aida Harry à boire un peu de thé d'une des tasses en plastique. Harry avait la tête qui tournait, et il se sentait brûlant.

« Ne.. » croassa-t-il, puis il passa sa langue sur ses lèvres arides et essaya encore. « N'écris pas dans le journal sans moi. » réussit-il finalement à dire. Draco acquiesça. Du moins Harry le pensa. Tout ce qui était devant ses yeux semblait trembler. Draco avait sûrement acquiescé…

« Ne t'inquiète pas. » lui dit son meilleur ami. Harry repartit à nouveau. Ses souvenirs des jours suivants étaient au mieux brumeux, parsemés de vagues souvenirs de course vers la porte de la tente pour vomir le thé qu'il venait de boire, et qui était tout ce qu'il essayait d'avaler. Puis, un matin, quand il se réveilla, il entendit les oiseaux gazouiller et réalisa qu'il ne se sentait plus malade et couvert de sueur. La fièvre avait cessé. Il regarda vers la table. Draco s'était endormi là, sa tête appuyée sur ses bras, une main sur le journal fermé. Au moins, pensa Harry, il dormait. Il regarda autour de lui. Il n'y avait encore aucun signe de Jedusor ayant émergé du journal. Cela semblait terriblement tôt pour cela, cependant. Combien de temps avait-il été malade, se demanda-t-il. Il avait perdu le compte du temps.

Puis il remarqua que Draco avait plutôt une couleur de malade, et il mit sa main sur son front couvert de sueur. Draco était brûlant. C'était à son tour d'être malade.

« Draco ! » cria-t-il, se sentant soudain alerte et galvanisé. « Allez. » grogna-t-il, traînant son ami vers la couchette du bas où il était resté allongé durant sa propre maladie. Draco s'affaissa sur le matelas avec mollesse que Harry trouva alarmante. Combien de temps avait-il passé à écrire sur le carnet ? Combien de ses forces avait-il donné à Jedusor ? Ils avaient encore besoin d'aller à Douvres, puis au pays de Galles. Cela ne serait pas bon que Jedusor soit trop fort trop tôt.

Harry déchira un bout de la couverture du lit de dessus et sortit de la tente, louchant dans la lumière du soleil matinal. Draco avait monté la tente dans un petit bouquet d'arbres dans un parc. Harry trouva une fontaine, et humidifia le bout de couverture, le ramenant dans la tente. Il était étonné que personne ne les ai dérangé tout le temps qu'ils étaient là, mais il se souvint du sort repousse-moldu que Dumbledore avait lancé sur la tente. Tout moldu pensant à s'approcher, réaliserait soudain avant qu'il ne soit trop proche qu'il avait une carte d'anniversaire à envoyer à leur mère, ou des fleurs à acheter pour un ami à l'hôpital, et après cela, il oublierait tout de la tente…

Il s'assit auprès de Draco, posant le tissu humide sur son front, tandis que le garçon blond divaguait et marmonnait des mots sans queue ni tête. Harry entendit le nom de Jamie plus d'une fois, et il entendit Draco marmonner « C'est pourquoi tu n'auras pas de bébé, Jamie… Je ne serai jamais papa… »

Est-ce que Draco et Jamie avaient couché ensemble ? se demanda-t-il, essayant d'étouffer la colère qu'il sentait monter en lui. Quand était-ce ? Quand j'étais à Azkaban ? C'est tout simplement formidable…

Il essaya d'oublier ceci. Il le demanderait à Draco quand il irait bien. Ce n'était pas le moment. Harry continua sa vigile pendant une semaine, donnant à Draco des gorgées de thé, le regardant courir vers la porte pour le vomir, comme il avait fait, mettant des tissus froids sur son front, et prenant la relève pour écrire dans le journal, avec beaucoup de soin. Draco ne récupérait pas aussi rapidement que lui, réfléchit-il, parce qu'il avait été affaibli par le journal. Harry ne voulait pas prendre le risque de ne pas pouvoir continuer parce que Jedusor avait pris trop de sa force. Peut-être que nous devrions partager cela dans le futur, pensa-t-il. Afin qu'aucun de nous ne soit désastreusement affaibli ou complètement contrôlé par Jedusor…

Il écrivit dans le journal :

Je suis très inquiet pour Draco. Il est malade depuis deux fois plus de temps que moi. Je suppose que nous étions juste tous les deux habitués à aller à l'aile de l'hôpital prendre de la pimentine ou ce dont nous avions besoin pour aller bien. Je n'ose pas essayer de trouver un sorcier cependant. Je ne sais plus que faire.

Harry regarda les mots disparaître dans le papier. Il y avait toujours un délai, mais cette fois, il sembla plus long. Finalement, les mots de Jedusor apparurent.

Obtiens de l'aide. Même si c'est de moldus. Je ne peux pas me permettre que vous mourriez avant d'avoir réussi à atteindre Douvres, n'est-ce pas. Tu dois faire ce qui est nécessaire.

Harry fut surpris. Mais ensuite, il se rappela que Tom Jedusor avait été élevé dans un orphelinat moldu. Il savait qu'il y avait des fois où les moldus avaient leur utilité. C'était juste du pragmatisme, pur et simple.

En fait, écrivit Harry, je connais quelqu'un qui vit par ici. Peut-être que je pourrai la retrouver et obtenir son aide. Elle a rencontré Draco aussi. Je vais juste devoir passer outre le petit problème qu'elle a probablement entendu que j'avais tué ma mère et m'étais échappé de prison.

Jedusor répondit :

Je pense que tu arriveras à avoir sa confiance. Tu es plein de ressources.

Harry se renfrogna. C'était tellement étrange de se faire encourager par Tom Jedusor. Mais bon, Jedusor pensait qu'ils étaient du même côté. Harry écrivit qu'il allait essayer et referma le carnet. Il se tourna pour regarder Draco, allongé sur la couchette avec des gouttes de sueur sur le visage, ses yeux fermés. Il devait faire quelque chose. Il ne pouvait pas laisser Draco continuer à cuire. Avoir de la fièvre si longtemps était dangereux. Il n'avait pas dit à Jedusor qu'il pensait que c'était sa faute, qu'il avait tiré trop de forces à Draco. A la place, il cacha le journal dans la housse d'oreiller du lit de dessus, laissa la thermos de thé à côté de Draco, et partit à la recherche de Ruth Pelta.

* * * * *