yaotzin83 : merci pour ta review. Pour en apprendre davantage sur la prophétie, il faut lire les tomes 0 et 3...
Dumati : éh oui, elle est émouvante cette fic par moment. moi aussi ca m'avait touché.
Philippe Gryffondor : merci beaucoup, mais moi, je me suis contenté de traduire, avec plus ou moins de bonheur
Lunenoire : dans les deux je suppose. N'oublie pas Dudley
Bartimeus : c'est la romance de paris... NON.
loleur : possible. Je n'ai pas trouvé de traduction à ce mot, dont je l'ai gardé tel quel. je prends note de ta remarque.

Et maintenant, bonne lecture à toutes et à tous pour la suite et la fin du chapitre 15

* * * * *

« Essaye encore cela. » dit avec patience Ruth. Harry répéta la phrase qu'elle avait chanté, mais elle l'arrêta après deux mots pour corriger sa prononciation, et il essaya encore. Cette fois, elle le laissa finir, et lui sourit chaudement.

« Que diable fais-tu, Harry ? » fit une voix venant du lit du bas. Harry se tourna vers son meilleur ami.

« Draco ! Tu vas bien ! »

Draco lutta pour s'asseoir, sa peau un peu terreuse, ses yeux gris injectés de sang. « J'irais bien si tu ne faisais pas cela. »

Ruth se rebiffa. « Harry a une très belle voix, et il se débrouille très bien. »

Draco frotta ses yeux et regarda derrière Harry. « Qui es-tu ? »

Harry déplaça sa chaise. « Draco, tu te souviens de Ruth Pelta, n'est-ce pas ? Au concert. Elle aurait dû commencer à Poudlard si le bannissement n'avait pas été réinstitué. »

Draco la regarda à travers la fente de ses yeux, puis acquiesça comme cela lui revenait. « Oui. Oui. J'ai été, heu… un peu à côté de la plaque. » Harry se souvint comment il l'avait appelé Jamie dans son délire.

« Oui, nous savons. Écoute, maintenant que tu te sens mieux, nous avons quelques bonnes nouvelles. Ruth nous a pris quelques tickets de train. Nous pouvons descendre jusqu'à Leicester. »

« Je n'avais pas beaucoup d'argent. Vous devrez changer de train deux fois. » dit Ruth en s'excusant. « Une fois à Stafford, et une fois à Nuneaton. » Elle regarda le tableau d'horaires qu'elle avait amené. »A Stafford, vous n'aurez à attendre que sept minutes le train suivant. A Nuneaton, l'attente est de trente-sept minutes. Mais c'est encore le voyage le plus rapide. Seulement deux-heures et demi d'un bout à l'autre. Vous auriez pu avoir des voyages avec juste un changement, soit à Loughborough, soit à Nottingham, mais passer par Loughborough prend presque trois heures, et passer par Nottingham en prend trois et demie. Alors le train supplémentaire semble être la meilleure marche à suivre. Spécialement comme vous n'avez pas à attendre une heure à Nottingham pour prendre le train de Leicester. »

« Et après cela, nous pourrons descendre jusqu'à Sywell pour voir Alicia. » ajouta Harry.

Draco fronçait les sourcils maintenant. « Je pensais que Dumbledore ne voulait pas que nous cherchions ces nés de moldus. Il pensait que c'était trop dangereux. »

Harry secoua sa tête. « Nous avions vraiment besoin de Ruth. Nous avons eu de la chance d'être malade près de l'endroit où elle vit. Et tu sais le temps que cela nous prendrait de marcher jusqu'à Leicester ? Cela nous fera économiser du temps et de l'énergie. Je ne pense pas que l'un de nous soit à nouveau prêt à marcher six heures par jour. »

Draco frotta sa main contre son visage. « Quand devons-nous partir ? »

« Pas avant lundi soir. Tu devrais être complètement rétabli alors. » lui dit Ruth. Il fronça les sourcils.

« Ce serait bien si je savais quel jour nous sommes. » dit-il avec irritation. Harry espérait qu'il ne commence pas encore à se plaindre.

« C'est dimanche. Tu peux venir chez moi aujourd'hui, si tu veux. Il n'y a que mon arrière-grand-mère. Mon père et ma mère enseignent à la yeshiva. Tu pourras prendre un bain. »

Maintenant, Draco semblait vouloir l'embrasser. « Un bain. » dit-il avec sentiment. « Ce serait absolu-foutue-ment brillant. » Harry rit. Draco doit délirer encore un peu pour parler comme cela, pensa-t-il. Il lui rappelait Ron.

« Tu veux y aller maintenant ? » demanda-t-elle

« S'il te plaît. »

Ils plièrent la tente et aidèrent Draco à aller jusqu'à la voiture, dont ils avaient oublié de lui parler. Harry pensa que Draco allait pleurer de joie quand il la vit. Quand ils arrivèrent chez Ruth, son arrière-grand-mère partait. Harry s'écrasa dans son siège dans la voiture afin de ne pas être vu. La vieille femme portait un foulard sur ses cheveux et parla rapidement à Ruth dans ce qu'il pensa être du polonais. Quand elle fut partie, Ruth alla vers eux et ils sortirent de la voiture. Elle toucha de ses doigts ses lèvres, puis l'amulette sur le cadre de la porte, avant de rentrer. Quand ils furent dedans, Harry lui dit « Alors, tu parles polonais ? ».

« Hmm ? Oh non. C'était du yiddish. »

Il soupira. Il ne s'imaginait pas capable de parler une autre langue, à part deux ou trois mots. Il sentait que le latin pour les sorts ne comptait pas. Il avait toujours peiné en Latin à l'école du village.

Draco voulait juste aller dans le bain. Harry lui montra où c'était, et bientôt, il entendit l'eau couler et la buée commença à passer en dessous de la porte. Harry rejoignit Ruth dans la cuisine, où elle préparait des sandwichs. Il la regarda se déplacer, sortant la moutarde et la viande du frigo, coupant le pain, poussant ses cheveux derrière son oreille quand ils tombaient devant son visage. Elle leva soudain la tête et croisa son regard, ne regardant pas ailleurs pendant une bonne minute, puis, tout aussi soudainement, elle revint à ce qu'elle faisait. Son visage avait une teinte plus rosée maintenant.

Quand les sandwichs furent finis, elle mit quelques pickles sur les assiettes et les plaça sur la table. Elle tambourina des doigts, en attendant, et Harry observa la petite cuisine rangée. La nature simplement utilitaire des cuisines moldues typiques lui manquait. Il y avait quelque chose de réconfortant dedans, d'une manière ou d'une autre, et il s'imaginait l'arrière grand-mère de Ruth s'affairant dans la petite pièce, faisant de la soupe et encourageant Ruth à manger, manger…

Ils décidèrent de ne pas attendre Draco. Clairement, cela allait prendre un certain temps. Quand ils eurent fini leur repas silencieux, Draco émergea finalement de la salle de bain. Il était rosé et propre, ses yeux très brillants sur son visage. Sa barbe commençait en fait à être visible. Il avait un petit bouc pâle. Quand il vit l'assiette qui l'attendait, il plongea dessus, s'arrêtant à peine pour mâcher. Harry grimaça, quelque peu embarrassé par le manque de manières de son ami. Normalement, c'était Draco qui lui faisait des remarques sur ses manières, mais après sa maladie, c'était comme s'il avait besoin d'évoluer un petit peu pour revenir à ce qu'il était avant.

Il y avait un ancien petit téléviseur noir et blanc sur le comptoir, et, fasciné, Draco commença à tripoter les boutons à appuyer dessus jusqu'à ce que l'image d'une femme souriante montrant une bouteille de produit vaisselle apparaisse sur l'écran, parlant très fort.

« Allez, Draco ! Baisse cela ! » se plaignit Harry. Draco joua avec une molette, et le discours commercial de la femme doubla de volume.

« Baisse ! Ne monte pas. » cria-t-il, ses mains sur ses oreilles.

« Désolé. » marmonna-t-il.

Ruth se leva et rassembla les assiettes, les prenant à l'évier et se préparant à les laver. Harry alla l'aider, se souvenant avoir lavé la vaisselle avec Hermione, au quatre Privet Drive. Draco continua à fixer la télévision, qui diffusait un vieux film américain de cow-boy. Harry reconnut John Wayne, et il espérait sincèrement que Draco n'allait pas commencer à prendre modèle sur lui. Ruth ne fit aucun commentaire sur Harry l'aidant avec la vaisselle, mais elle accepta son aide comme s'il n'y avait rien de remarquable à cela. Quand ils eurent fini, ils quittèrent la pièce, Draco encore complètement absorbé par le film.

« Veux-tu apprendre la suite du Kaddish ? » demanda-t-elle à Harry quand ils furent dans le salon. Elle s'assit au piano qui était encerclé de bibliothèques remplies de livres, et Harry la rejoignit. Il remarqua qu'il n'y avait pas de télévision dans cette pièce.

« Est-ce que… Est-ce que je peux me débarrasser de cela encore ? Juste pour un moment ? Si personne ne doit venir. » Il indiqua ses cheveux et sa barbe. Elle acquiesça, et, après s'être concentré très fort, il avait des cheveux courts et plus de barbe ou de moustache.

« Waou » souffla-t-elle. « C'était comme… comme regarder un film à l'envers. C'est si étrange… Est-ce que tous les sorciers savent faire cela ? »

« Non, pas tous. » Il passa sa main sur son visage. « C'est un soulagement d'être débarrassé de cela. Je pense que lorsque j'aurais le choix, je ne me laisserai jamais repousser la barbe. » Elle lui sourit, commençant à tendre sa main pour lui toucher la joue, puis la retirant coupablement.

« Tu as un joli visage. » dit-elle doucement. « Les gens devraient avoir la possibilité de le voir. » Il la regarda, surpris, mais elle se tourna vers le piano, ouvrant une partition. Elle se comportait comme si elle n'avait rien dit d'inhabituel. Harry regarda son profil et ne répondit pas.

Ils passèrent l'après-midi ensemble, sur le piano, et maintenant, il avait l'impression de vraiment connaître le Kaddish, bien qu'il ne puisse que rêver de dire qu'il le chantait aussi bien qu'elle. Il lui demanda de le lui chanter encore, et elle le fit. Il s'appuya contre le dossier du canapé et ferma ses yeux, écoutant, pensant à sa mère, sa sœur, son petit frère… pensant à Ginny…

Quand elle eut fini, elle s'assit à côté de lui sur le canapé et il ouvrit ses yeux. Pourquoi était-ce si dur de ne pas la regarder ? Elle n'avait pas une apparence spécialement remarquable. Elle était, en fait, très moyenne quand on prenait tous ses traits séparément. Ses yeux noisette perpétuellement changeant était la chose la plus remarquable en elle. Des cheveux châtains et lisses communs, un nez commun avec des tâches de rousseur, un joli sourire, mais avec une paire de dents tordues… Mais d'une manière ou d'une autre, la combinaison était quelque chose qu'il trouvait très dur d'ignorer.

Il se tourna soudain vers elle. « Pourquoi m'as-tu fait confiance tout de suite ? Vendredi soir ? Je veux dire, tu avais entendu que j'avais tué ma mère et que je m'étais échappé de prison, et tu n'as pas commencé à hurler et à me montrer du doigt. »

Elle eut l'air pensive. « Bien, je suppose que c'est parce que m'as fait un tel cadeau. Le cadeau de comprendre moi-même les choses que je peux faire. Il n'y avait rien en cela pour ton intérêt personnel, tu sentais simplement que c'était la chose juste à faire. D'une manière ou d'une autre, je ne pensais pas que quelqu'un qui ait fait cela, ait pu… faire ce dont tu étais accusé. »

« Merci » dit-il sincèrement.

« A mon tour de te poser une question. Tu as dit que tu avais beaucoup personnes à pleurer. » dit-elle doucement. « Qui ? »

Il baissa les yeux vers ses mains. « Ma maman. Ma sœur, Jamie. Mon frère Stu. Et… et ma petite amie, Ginny. Et d'une certaine façon… »

« Quoi ? »

« Bien, » dit-il en hésitant « pendant un moment, nous pensions qu'elle était… enceinte. Il s'est avéré qu'elle ne l'était pas. Cependant… »

« Cela se ressent comme une perte. » dit-elle doucement. Il acquiesça.. « Tu l'aurais aimée. Si tu étais allée à Poudlard quand tu étais supposée y aller, tu aurais été dans la même année. Probablement dans la même maison, et vous auriez donc été camarades de chambre. »

Ruth sourit. « Parle-moi d'elle. »

Harry était très surpris. Parle-moi d'elle. Par où commencer ? Mais ensuite, soudainement, il ne pouvait pas croire qu'il ne savait pas où commencer. Un flot d'informations sur Ginny se précipita hors de lui, et il se trouva à lui raconter chaque épisode absurde de sa traque, et puis quand ils se cachaient ensemble… leur rencontre à la coupe du monde de Quidditch… expliquer ce qu'est le Quidditch… Ginny l'embrassant après avoir perdu son pari… Ruth rit fréquemment, et finalement, il rit aussi, bien qu'elle fut horrifiée quand il lui dit qu'elle avait été tirée dans le lac, et puis qu'elle avait été prise dans la tempête de neige…

« Bien, vous me semblez à l'aise ? » Harry tourna brusquement sa tête et vit Draco se tenir dans le cadre de la porte. Il avait l'air visiblement hostile.

« Je… Je parlais de Ginny à Ruth. » dit-il faiblement, se levant soudain, réalisant que lui et Ruth étaient assis très proche l'un de l'autre.

« Nous devrions retourner au parc. » dit brusquement Draco. « A quand remonte la dernière fois que l'un de nous a écrit dans le tu-sais-quoi ? » Draco regarda suspicieusement Ruth, comme s'il se demandait si Harry lui avait parlé du journal.

« Bon point. » dit Harry, espérant qu'en étant agréable, il effacerait la méchante expression du visage de Draco. « Nous devrions y aller. Nous pourrons nous reposer un peu encore demain, pendant la journée, avant de prendre le train. »

Draco grogna pour toute réponse, puis retourna dans la cuisine. Ruth regarda Harry avec une expression intriguée. Il haussa les épaules. Ils furent tous très silencieux sur le chemin du retour au parc. Ruth fit au revoir en silence et revint à la voiture tandis qu'ils montaient à nouveau la tente.

Quand elle fut prête, ils entrèrent et Harry alluma la lampe électrique que Ruth lui avait donné, s'asseyant à la table avec Draco pour superviser ce qu'il allait écrire.

« Que lui disons nous ? » demanda abruptement Draco.

« La vérité. En fait, c'est lui qui a suggéré que je recherche de l'aide. » Draco fut surpris de cela, mais il ouvrit le journal et commença à écrire ce que Harry lui récitait. Après quelques minutes, Harry l'arrêta. « C'est assez. Tu viens juste de retrouver quelques forces. A partir de maintenant, nous allons écrire à tour de rôle, afin que tu ne sois plus si faible et vulnérable à la maladie. »

Draco se rebiffa. « Je dois te rappeler que tu es tombé malade en premier. »

« Oui, mais tu as été malade deux fois plus longtemps. »

« Mais… »

« Draco ! » l'interrompit Harry. « Ce n'est pas une compétition. Et ce n'est pas sujet à discussion. Je vais écrire dedans aussi. »

« Oh, ce n'est pas sujet à discussion. Qui est mort et t'a fait roi ? »

Harry se leva et sortit sa baguette, sentant tout son corps vibrer de colère. « Qui est mort ? Qui est mort ? Et presque toute ma famille ? Ce n'est pas assez pour toi ? Et Ginny aussi. Et être coincé dans cette foutue vie avec toi pour meilleur ami. »

Maintenant, Draco se leva et sortit sa propre baguette. « Ta sœur était aussi ma petite amie. Tu n'es pas le seul à avoir perdu quelqu'un. Et tu sembles très bien te passer de Ginny. Je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer que toi et Ruth étiez… »

« Ne t'aventures pas là, Draco. » l'avertit Harry, un ton très dangereux dans sa voix. « Et il y a encore le petit problème de Jamie. Tu as dit quelques choses pendant que tu étais malade, qui me font penser que c'est possible que tu aies couché avec ma sœur. Alors, tu l'as fait ? As-tu couché avec Jamie ? »

Draco le regarda, son visage complètement fermé. « Ce sont mes affaires. Mais continue, demande-moi le encore. Ajoute quelques cheveux roux et tu seras l'image crachée de Weasley. » ironisa-t-il.

Harry tendit le bras portant sa baguette. « Bon sang, Malfoy, tu l'as fait ou pas ? »

« Oh, c'est comme cela, Potter ? Et enlève ta foutue baguette de sur moi ! » l'avertit Draco.

« Répond-moi ! » Harry tremblait. Il ne pouvait pas tenir sa baguette immobile.

« Tu veux une réponse ? La voilà ta réponse. Expelliarmus ! »

La baguette de Harry alla voler dans la main de Draco, et Harry se sentit propulsé en arrière, s'écrasant dans les couchettes, se cognant douloureusement la tête sur celle du haut. Il fut simplement momentanément sonné, cependant, et il se jeta immédiatement en avant, plaquant Draco au sol et enlevant les deux baguettes de ses mains, les jetant sous la table. Il plaqua rapidement les deux épaules du garçon plus maigre au sol et le regarda, la colère bouillant encore en lui. Draco leva le bras et le frappa à la mâchoire, faisant se mordre sa langue à Harry. Il sentit le goût du sang. Rapidement, avant qu'il puisse le frapper à nouveau, Harry lui agrippa les deux poignets et les lui tint fermement.

« Arrête ! Arrête ! »

Harry regarda Draco, qui était soudain abattu. Harry lui lâcha les poignets et se leva lentement, ramassant sa baguette et tendant à Draco la sienne. Ils remirent tous deux leur baguette en poche, respirant lourdement et se foudroyant tous deux du regard. C'était simplement une détente. La guerre n'était pas finie.

« Nous devons partir d'ici maintenant, tu le réalises, imbécile ? » dit Harry, le regard noir. « Maintenant que tu as été assez stupide pour faire de la magie. »

Draco acquiesça, et ils firent vite, ramassant le sac, la thermos, le journal, la cape d'invisibilité, ainsi que les chandelles et la lampe avant de quitter la tente et de commencer à la démonter. Ils jetèrent la cape par-dessus eux, et commencèrent à marcher vers la sortie du parc. Juste à ce moment, quelqu'un apparut devant eux. C'était un auror, Harry en était sûr, à la façon dont il était habillait et tenait sa baguette, mais il ne le reconnaissait pas. Ce doit être quelqu'un qui travaille au bureau local. Il se demanda combien de temps les Londubat étaient restés à Inverness avant de réaliser qu'il n'était plus dans cette partie de l'Écosse.

Ils se tinrent immobiles sous la cape, regardant l'auror passer devant eux sur le chemin de gravier. Ils avaient évité de marcher sur ce chemin pour ne pas laisser de traces de pas et faire beaucoup de bruit à cause du gravier sous leurs pieds. L'auror continua à marcher vers les arbres où ils avaient campé, et ils commencèrent lentement à se remettre en route vers la rue. Harry ne pouvait pas croire à quel point l'auror était vite arrivé. S'ils avaient pris un instant de plus pour enfiler la cape, soit ils auraient été découverts, soit ils auraient du s'engager dans un duel avec un auror dont ils ne connaissaient pas les capacités. Bien qu'il se soit senti un peu fier de lui d'avoir trompé les Londubat en les envoyant dans le mauvais train, il n'était maintenant pas sûr qu'il prendrait le dessus sur un auror en situation de duel, et même si avoir Draco avec lui signifiait que ce serait un deux contre un, dans son état d'esprit actuel, Harry n'était pas complètement sûr que Draco ne se retournerait pas contre lui pour prendre le parti de l'auror.

Ils ne parlèrent pas en parcourant les rues calmes. Harry donnait des coups de coude dans les côtes de Draco pour lui indiquer s'ils devaient tourner à gauche ou à droite. Il avait gardé en mémoire le chemin que Ruth avait pris entre chez elle et le parc, et après presque une heure, ils arrivèrent finalement. Harry ouvrit avec précaution le portail du jardin, qui grinça, le faisant grimacer. Ils le refermèrent et s'avancèrent discrètement dans le jardin, puis enlevèrent la cape quand ils furent à l'abri de la cabane de jardin, afin qu'elle soit entre eux et la fenêtre de derrière de la maison. Ils avaient besoin d'un autre endroit pour planter la tente, et Harry avait remarqué la haute haie autour du jardin des Pelta, qui les protégerait des voisins. Encore en silence, à part quelques jurons occasionnels de Draco, ils remontèrent la tente, grimpant finalement dans leurs couchettes dans l'obscurité.

Que lui as-tu fait, Jedusor ? se demanda Harry. Mais il n'osait pas le demander à son ami. Et il n'osait pas lui demander pour Jamie, pas encore. Ils avaient encore beaucoup de chemin à faire. En espérant qu'aucun d'eux ne tuerait l'autre avant d'avoir atteint leur destination finale.

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