Harry Potter et le temps des bonnes intentions

(ou : La dernière tentation de Harry Potter)


Lunenoire : sacré jedusor ! il était quand meme sacrément doué pour arriver à pondre un carnet qui ait un tel pouvoir, pas vrai?
Philippe Gryffondor : je crois bien que c'est le carnet. Sacré tom !
Et maintenant, bonne lecture à toutes et à tous pour le...

Chapitre Seize

Les nomades

Harry se réveilla à la combinaison de sons qu'il n'avait pas entendu depuis qu'il vivait chez les Dursley dans son autre vie : des oiseaux gazouillant, le bruit du journal atterrissant sur le devant de la porte des Peltas, et le son paisible et tranquille du…

Hurlement hystérique de Draco. Attends, pensa-t-il, cela n'a jamais fait partie de la vie à Privet Drive…

« Aaaah ! Aaaah ! Sors-le de là, Harry ! Fais-le sortir ! »

Harry ouvrit ses yeux, groggy et regarda autour de lui. Que se passait-il donc ? Harry sauta du lit de dessus et se pencha sur son ami, et quand il le fit, il put voir Draco allongé au bout de son lit, sa couverture remontée jusqu'à son nez afin que ses yeux puissent voir par-dessus. Il y avait un gros chat gris assis sur sa poitrine, se lavant calmement, oublieux du hurlement terrifié. Harry essaya de ne pas rire, il essaya vraiment, mais il ne pouvait simplement pas retenir le rire qui montait en lui, et bientôt, il était plié en deux, se tenant l'estomac, absolument certain que s'il se voyait dans un miroir, son visage serait complètement rouge.

Draco le regarda. Harry ne pouvait voir que ses yeux, mais c'était des yeux très en colère. Oh, bien, pensa Harry. Je pense que c'est quelque chose qui est toujours pareil. Draco n'aimait pas non plus les chats de Mrs Figg. Il pensa que le chat ressemblait au chat gris que Ruth avait mis dehors, et il le prit, se préparant à sentir ses griffes sur sa peau, comme il était étranger à l'animal. Au lieu de cela, le chat commença à frotter le côté de sa tête contre la main de Harry en ronronnant fortement. Ensuite, il écha ses doigts un peu avec sa langue râpeuse. Harry sourit. Il s'était aperçu que les chats l'aimaient en général. Pattenrond aimait se mettre en boule sur Harry pour dormir, et les chatons de Ron et Ginny, Argent et MacKenzie l'aimaient et venaient spontanément à lui pour se faire caresser.

Harry prit la cape d'invisibilité et l'enfila, tenant encore le chat, qui ronronnait maintenant très fort. « C'est le chat de Ruth. Je vais juste le ramener à la porte de la cuisine. Peut-être que quelqu'un l'entendra et lui donnera à manger. »

Draco fit juste un signe de la main à son ami invisible, anxieux que la créature détestée quitte la tente. Harry s'avança sur l'herbe humide pieds nus, frissonnant dans la fraîcheur matinale, content que la chaude fourrure animale dans ses bras. Quand il arriva à la porte de la cuisine des Pelta, il posa le chat et recula. L'animal s'assit sur le paillasson, se lavant patiemment, confiant que ses maîtres s'occuperaient de lui. Assez sûrement, moins d'une minute plus tard, la porte s'ouvrit, et Ruth émergea, portant ses habits d'école. Harry sourit. Elle avait soudain l'air très jeune avec ses grandes chaussettes, sa jupe plissée noire, son chemisier immaculé, sa cravate, sa veste bordeaux foncée et son blouson sombre avec le blason de l'école sur la poche.

« Te voilà, Spazz ! Rentre donc. Bubbe a du thon pour toi… »

Le chat rentra dans la maison en trottant, sa queue dressée, digne, sachant qu'il allait recevoir son dû. Ruth portait un sac à dos qui débordait de livres, et une paire de chaussures de sport attachées ensemble par les lacets était passée dans une des sangles. Harry entendit une voix l'arrêter, parlant un langage qu'il ne connaissait pas. Ruth répondit dans la même langue, revenant brièvement vers le renfoncement de la cuisine, puis émergeant avec un sac en papier dans sa main. Harry fit un pas de côté afin qu'elle ne lui rentre pas dedans, et il découvrit qu'une autre fille de l'âge de Ruth avait ouvert la porte du jardin et venait vers la porte de la cuisine, habillée du même uniforme que Ruth. Ses lunettes sévères à monture noire étaient très carrées, ses cheveux courts, blonds et redressés avaient des stries noires dedans, et elle tenait un briquet dans ses mains.

« Hey, Ruthie ! Tu es prête ? »

« Oui. »

Ruth attrapa son amie par le pan du manteau et la tira derrière la maison. Harry eut peur qu'elles voient toutes deux la tente, mais elles restèrent de l'autre côté de l'abri de jardin.

« Donnes m'en simplement une » dit Ruth dans un souffle, un air désespéré sur le visage. Son amie sortit un paquet de cigarettes de la poche de son blazer, et Ruth en enleva vivement une du paquet et tripota le briquet, allumant finalement le bout du cylindre de papier, puis inhalant la fumée et l'exhalant dans un nuage argenté, une expression de soulagement sur le visage. Elle prit une autre bouffée et la tendit à son amie, appuyant son dos contre l'abri et recrachant davantage de fumée, ses yeux fermés. La fumée chatouilla le nez de Harry, et il pressa son doigt au dessus de sa lèvre supérieure pour essayer de ne pas éternuer.

« Oh, Dee, j'ai crevé d'envie de fumer une clope pendant tout le week-end. » dit-elle avec soulagement.

Son amie sourit, faisant ressortir la fumée par ses narines, et tomber quelques cendres sur le sol. « Vraiment ? Je pensais que tu étais trop occupée pour me rencontrer ce week-end. Tu aurais pu… »

Ruth se raidit soudain. « Vrai. Bien, j'ai… j'ai du aller voir un ami malade. Il avait besoin d'un peu de bouillon de poule et… et de compagnie. Donne-moi cela. » dit-elle, arrachant la cigarette de la main de son amie, et tirant encore dessus. Son amie ricanait maintenant.

« Il avait besoin de bouillon de poule, n'est-ce pas ? Qui c'est alors ? Pourquoi n'en ai-je pas entendu parler ? »

Ruth se colora, et tira encore un peu plus sur sa cigarette qui diminuait rapidement. « Juste quelqu'un que j'ai rencontré pendant les vacances, à Londres. » Dit-elle avec négligence forcée.

« Ho, ho » dit Dee et prenant une dernière aspiration sur la cigarette, puis l'écrasant avec ses grosses chaussures noires. « C'est pour cela que tu as l'air… »

« Écoute, » protesta Ruth, « Il était malade et avait besoin d'aide. Et… Et sa petite amie vient de mourir. Ainsi que sa mère, sa sœur et son frère. Je veux dire… C'est tout simplement horrible. Ok ? Je ne poursuis pas quelqu'un qui est en deuil, spécialement pour sa petite amie. Je veux dire… Il m'a demandé de lui enseigner le Kaddish, pour l'amour de Dieu. On sait que cela à conduit à de très nombreuses romances, je sais… » souligna-t-elle sarcastiquement.

« Oui, bien, ta dernière romance a grandi sur des débuts encore moins propices, si je me souviens… »

Ruth fit la tête. « Tu veux parler de Bruce ? » Ruth soupira. « C'était ma chance. Un petit ami parfaitement bien dont les parents décident de revenir en Australie, comme si c'était plus sûr là-bas. Je t'écrirais toutes les semaines, qu'il disait. Je ne t'oublierai jamais qu'il disait. Combien de lettres penses-tu que j'ai reçues d'Australie ces sept derniers mois ? Une. C'était un mois après. Depuis,… rien. File moi une autre de ces choses… » dit-elle, tendant encore la main pour une cigarette.

« Et qu'est-ce qui est donc arrivé à ton autre école où tu devais aller ? Celle en Écosse ? » Ruth se figea quand Dee dit cela. « C'était pour quoi déj ? »

« Heu… la musique. J'allais y être en pension complète. Mais, heu, un des membres du conseil a détourné de l'argent. Gros scandale autour. Je préfèrerais ne pas en parler. » Dee passa la main dans le dos de son amie, compatissant.

« Bien, nous ferions mieux d'y aller, ou nous allons être en retard. » avertit Dee, mais elle sortit une cigarette et la tendit à Ruth quand même. Ruth l'alluma et soupira. Dee montra le sac en papier. « Dernier jour de liberté, n'est-ce pas ? »

Ruth baissa les yeux vers le sac comme si elle allait le balancer par dessus la haie dans l'autre jardin. « Dernier jour de la challal [NDT : pain tressé, habituellement sous la forme de tranches, traditionnellement mangé par les juifs pour célébrer le Shabbat]. Du poisson blanc je pense. La pain va être rassis. Bientôt, il sera tout juste bon pour servir à caler une porte. Je n'ai pas pu convaincre maman d'aller en acheter du frais hier matin chez Klein, parce qu'elle a dit nous mangerions quand même les restes aujourd'hui. » Elle fit tomber les cendres du bout de la cigarette. « Maintenant, c'est une semaine de matzos [NDT : pain sans levain]. »

Son amie gloussa avec sympathie. « Bien, je pensais devenir folle pendant le carême. J'ai dû me résoudre à aller en cachette au fast-food. »

« Tu vois ? C'est pour cela que tu fais toujours des régimes et pas moi. La nourriture kasher est naturellement saine. » Elle tira encore sur la cigarette. Ouais, pensa Harry, ça c'est vraiment sain.

« Oui, c'est pas génial, mais au moins, c'est de la viande. Maman a fait une telle crise religieuse ces derniers temps. Elle pense impressionner le Père Mike en lui disant que personne chez nous n'a pris de viande jusqu'à Pâque. Bah ! »

« Ta mère attend encore d'entendre des voix ? »

Dee roula des yeux. « Je suis si fatiguée de vivre cette foutue Jeanne d'Arc. Maintenant qu'elle a entendu que la Princesse Di pensait à devenir catholique, elle est pire que jamais. Je te jure, Ruthie, je suis proche de devenir anglicane ou simplement une foutue athéiste. Ou peut-être que je vais faire comme ton frère. Qu'est-ce qu'il est maintenant ? Un Sikh ? »

Ruth renifla. « Un bouddhiste. Papa et maman essayent d'être philosophes à ce sujet. Il est à l'université, il expérimente… »

« Comment cela a commenc ? »

« Oh, il étudiait le karaté, il a regardé son histoire et a découvert qu'elle a commencé avec les moines bouddhistes d'Okinawa, et qu'il s'est répandu de là. Mais lui et Sarah vont quand même au Seder à Hillel House, sur le campus. Papa et maman le tueraient s'il ne le faisait pas. Papa est allé à la yeshiva avec le rabbin qui est l'aumônier juif à Durham. Il découvrirait si Joël n'y allait pas, même si Sarah mentait pour lui, ce qu'elle ferait. »

« Personne d'autre dans ce foutu pays n'est religieux, pourquoi est-ce que nos familles sont si folles ? Au moins, il y a un point pour lequel c'est plus facile pour moi. Le Père Mike n'est pas mon père. Et franchement, si je ne vais pas à la messe, il est plus souple avec moi que ma mère. Je lui ai confessé que je mentais à maman en lui disant que j'allais à la messe, il m'a donné quelques Je vous salue… J'ai de la chance que maman ne vérifie pas et demande au Père Mike si j'y étais. Cela fait plus de trois mois. Bientôt, bien sûr, il va remarquer que je confesse toujours la même chose, et il va me dire qu'il ne peut pas me donner l'absolution parce que je n'ai clairement pas de remords… »

« Que feras-tu alors ? »

Dee haussa les épaules. « Peu importe. Je vais à confesse seulement parce que maman y va et me traîne avec elle. Elle y passe des plombes. Elle a élevé sa voix une fois, après s'être confessée pendant un moment. Je crois qu'il s'était endormi ! » Elle rit, et Ruth aussi. « Tu penserais qu'elle a besoin de tant de temps pour confesser être impliquée dans un trafic de drogue ou quelque chose d'illégal. J'aimerais qu'elle le soit. Au moins ma vie pourrait devenir intéressante. » Au mot 'illégal', Ruth commença à tousser et à se taper le haut de sa poitrine, ne riant plus. Harry grimaça. Ruth semblait penser que Dee était trop proche de la réalité.

Dee enleva la cigarette de la bouche de Ruth, comme si c'était la cause de sa quinte de toux, et tira une dernière bouffée avant de l'écraser sous sa semelle. « Nous devrions y aller. Nous allons être en retard. La Dominatrix va avoir notre peau si elle nous attrape encore à traîner. Et est-ce que tes parents ne vont pas bientôt partir ? »

Ruth avait récupéré. Elle semblait contente que son amie ne parle plus d'activités illégales. « Oui. Maman prend les restes de nourriture impure à la soupe populaire de St Alban. C'est près de son bureau au centre. Comme cela, elle peut se sentir très vertueuse en jetant la nourriture. »

« Je t'en aurais pris si maman m'avait laissé faire, mais tu sais comment elle est… »

« Comment l'as-tu convaincue de te laisser venir ce soir ? »

Comme elles s'avançaient vers la porte du jardin, Harry entendit Dee admettre à Ruth « Bien… pour parler franchement, elle pense juste que je vais faire des révisions pour les GCSE avec toi… Si j'avais assez de cran, je lui dirai que je me convertis au judaïsme, juste pour voir quelle couleur elle prend… »

« Dit chutzpah. Ce sera plus convaincant… »

« Au moins, cela me donnera quelque chose de différent à dire en confession la prochaine fois… »

Leurs voix s'éloignèrent comme elles descendaient la rue le long du trottoir. Harry allait revenir à la tente quand la porte de la cuisine s'ouvrit à nouveau, et une femme que Harry pensa être la mère de Ruth sortit, portant un carton contre elle. Harry ne pouvait pas voir ce que c'était. Elle avait des cheveux noirs courts avec une touche de gris autour du visage, de petites lunettes ovales avec une monture en métal noir, et une version plus âgée du visage de Ruth. Les lignes profondes de son sourire autour de sa bouche et de ses yeux donnaient l'impression d'une mère très sévère, mais aussi très compréhensive. Un moment plus tard, son mari sortit, ayant le même air que lorsque Harry l'avait vu, le vendredi précédent, mais vêtu d'un jogging et portant un carton encore plus gros fermé par du scotch.

« Abby ! Combien en amènes-tu ce soir ? Bubbe dit que tu ne lui as toujours pas dit. »

Abby Pelta s'arrêta, et elle fronça un sourcil comme elle considérait la question. « Bien, il y a Rose. C'est la nouvelle. Et elle a dit qu'elle veut amener son fiancé, Winthrop, Winslow ou quelque chose comme cela. Très classe supérieure. Ne lui en veux pas s'il se comporte un peu comme s'il était au théâtre. Il n'y a jamais été avant. »

Son époux s'éclaircit la gorge. « Probablement un marquis de ci ou de la, dont le père ou le grand-père était un sympathisant nazi. C'est pas cela ? »

« Allons, Jon, arrête cela. Qu'est-ce que tu peux être anti-élitiste. Non. Il y avait quelqu'un d'autre… Laisse-moi réfléchir… Ah oui. Ruben a dit qu'il pouvait venir. Alors cela fait trois. »

« Ruben? »

Elle roula ses yeux. « Mon assistant de recherche. »

« Je pensais qu'il s'appelait Curtis. »

« C'est le cas. Ruben Curtis. Je l'ai appelé Curtis pendant plus de sept mois. Puis, l'autre jour, il m'a finalement dit qu'il faisait une exception, alors j'essaye de me souvenir de l'appeler par son prénom. Il s'est avéré que c'est pour cela qu'il était si grognon tout ce temps. Ces Américains. Ils sont si hargneux. Que fais-tu ? »

« J'amène juste quelques plats de plus à l'abri avant d'aller courir. C'est le dernier lot. »

Harry paniqua. Et s'il remarquait la tente ? Mais Jonathan Pelta posa le carton avec un grognement. C'était clairement très lourd. Il posa ses mains dans le creux de ses reins et grimaça. Il ne lève pas avec ses jambes pensa Harry.

« Pour finir » dit sa femme avec un soupir « Je suppose que Bubbe… »

« Oui. Elle nettoie tout dans la cuisine jusqu'au moindre détail. Ne t'inquiète pas, Abby. Elle va bien. Elle est vieille, mais elle aime le faire. Cela l'occupe. »

La mère de Ruth leva des yeux humides vers son mari. « Cela l'occupe assez pour qu'elle n'entende pas les nouvelles ? »

Il acquiesça. « Tu sais comment elle est. Si la nouvelle n'est pas en yiddish, elle n'existe pas. »

« Si seulement… » sa femme s'assit sur les marches de la cuisine avec son carton sur les cuisses, et il s'assit à côté d'elle, son bras sur ses épaules. « Qu'allons-nous faire, Jon ? Cela arrive, cela arrive finalement… »

Il acquiesça et posa sa joue contre ses cheveux. « Nous savions que c'était possible… »

Sa femme tourna la tête. « Bien sûr que nous savions ! Mais est-ce l'on nous a écout ? Non, cela semblait merveilleux pour tout le monde que l'âge du permis soit baissé à seize ans. Les parents n'auraient pas à conduire leurs enfants partout… des enfants qui étaient assez âgés pour quitter l'école, mais pas assez pour conduire. Cela semblait être une évolution parfaitement logique et pratique. Dieu sait combien j'ai trouvé pratique que Ruth puisse conduire. Bien sûr, en même temps, ils ont glissé un nouvel âge de conscription, et le fait qu'elle soit obligatoire pour les jeunes hommes et femmes. Depuis combien de temps tu penses qu'ils prévoyaient cette guerre, Jon ? Depuis combien de temps penses-tu qu'ils veulent sacrifier nos fils et nos filles sur quelque autel politique ? Je veux dire, regarde la situation avec les appareils non essentiels, comme les sèche-linge. Il y a une pénurie mystérieuse depuis plus de dix ans, et tout ce que dit le gouvernement, c'est 'Pas de commentaires'. Qu'ont-ils fait ? Ils ont utilisé le métal pour construire plus de machines de guerre ? Pendant combien de temps penses-tu qu'ils aient fait des réserves ? »

« Allons, allons… nous ne savons pas s'il va vraiment y avoir une guerre … »

« S'il va y avoir une guerre ! Tu as entendu les nouvelles ce matin ! Les soviétiques ont capturé un espion britannique à Helsinki. Il avait une valise pleine de devises américaines. C'est ce qui est utilisé pour les ventes d'armes. Bien, pour cela et le commerce de la drogue. Et ils disent qu'ils ont des preuves que l'argent faisait partie d'une vente d'arme aux rebelles. Avec les soviets d'un côté de la guerre civile finlandaise, et nous de l'autre… »

« Ce n'est pas simplement nous et tu le sais. Les américains ont eu cette 'force de maintien de la paix' là depuis un an. »

« Exact. Tu parles d'une foutue paix qu'elle a acheté. Mais ils ont tant de monde en Amérique. Ils n'ont pas eu conscription obligatoire en temps de guerre depuis le Viêt-Nam. Ils peuvent simplement utiliser les réservistes. Ils ont tant de monde. Nous n'avons pas ce luxe ici… »

« Je sais que ce n'est simplement pas nous. C'est toute l'OTAN. Et s'il y a la guerre, ce sera avec tout le monde. Nous et eux. Tu as entendu le journal. Castro a adressé un ultimatum à Washington : quittez la Finlande, ou sinon… Et les chinois et les Vietnamiens sont impliqués maintenant aussi. Cela va être tout le monde communiste contre les non-communistes. Cela va être un foutu désastre, et Helsinki ne va pas être le seul front. »

Le père de Ruth soupira. « Et maintenant que notre gouvernement, dans sa sagesse infinie, a acté la conscription obligatoire pour quiconque de plus de seize ans n'étant pas à l'école… »

« Joël. » chuchota-t-elle doucement, levant les yeux vers lui, suppliante. Il secoua la tête.

« Je ne sais pas ce qu'il y a avec lui. Ses notes au bac étaient fantastiques, et puis, dès qu'il a commencé à Durham, tout est parti de travers… »

« C'était il y a deux ans. Et il a commencé une semaine après qu'ils aient baissé l'âge du permis de conduire et passé la nouvelle loi de conscription… »

« Sarah a de bonnes notes… »

« Oui, mais tu sais ce qui arrivera si Joel doit quitter l'université et aller à l'armée. Elle le suivra. Ils sont jumeaux. Même si c'est une fille et que c'est un garçon… Elle trouvera toujours un moyen d'être auprès de lui. Je n'ai jamais voulu que ma fille aille à l'armée, Jon. Je sais que cela n'a pas l'air très féministe… Mais c'est pour cela que je n'ai pas voulu déménager à Haïfa quand les jumeaux étaient petits, même si cet appartement sur Einstein était parfait, et si près du marché… Et cela nous fait maintenant un grand bien de ne pas être parti en Israël. Nous devons encore nous soucier du terrorisme, nous devons encore nous inquiéter que nos filles fassent la guerre, et à un âge plus bas que dans n'importe quel autre nation industrialisée. Et maintenant, un de nos espions est à deux doigts de causer la troisième guerre mondiale. »

Harry sentit ses genoux céder sous lui, et il lutta pour rester debout. La situation politique moldue était bien pire qu'il ne l'avait réalisé, juste en regardant le bout de journal qu'il avait ramené à Poudlard de l'appartement de Maggie. Et maintenant, il sut pourquoi il s'était senti obligé de demander son âge à Ruth quand ils étaient partis pour le parc… D'une manière ou d'une autre, l'âge légal de la conduite dans son autre vie était devenu assez brumeux dans son cerveau. Maintenant il s'en souvenait : il était à dix-sept ans. Il n'avait eu aucune attente d'apprendre à conduire une voiture dans cette vie (sincèrement, il n'y avait pas beaucoup pensé dans son autre vie non plus), et ce n'était simplement pas important pour lui.

Mais la guerre ? Ce gouvernement avait conduit le pays au bord de la guerre ? Harry repensa à l'héritier, à la litanie de ses crimes… Harry essaya de se souvenir s'il avait mentionné une guerre civile en Finlande. C'était son œuvre. Celle de l'héritier. Mais techniquement, c'était la faute de quelqu'un d'autre.

C'était tout de sa faute.

S'il n'avait pas changé le cours du temps…

Il regarda hébété les Pelta s'embrasser et se dire au revoir. « Tu ferais mieux d'y aller » dit le père de Ruth à sa femme « avant que Oxford Road ne se transforme en parking. » Il regarda sa femme porter le carton à la voiture, puis il reprit son propre carton, le portant à l'abri pour le ranger. Harry le vit regarder directement la tente, puis ailleurs, ouvrant la porte de l'abri, puis la refermant quand il eut fini. Après cela, il regarda à nouveau la tenant, fronçant les sourcils, mais ensuite, la porte de la cuisine s'ouvrit et Harry vit une très vieille femme se tenant là, parlant très vite, probablement en yiddish.

« J'arrive, Bubbe, j'arrive… » dit-il, sa voix fatiguée, comme il revenait à la maison. Tant pis pour la course matinale, pensa Harry, ce rituel matinal lui manquait. Il revint à la tente et enleva la cape. Draco était assis à la table, mâchant et regardant étrangement Harry.

« Cela t'a pris bien du temps, » dit-il la bouche pleine. Il avala. « tout ce que tu étais sensé faire était de mettre le chat dehors. »

« Je sais, mais les choses vont très très mal. » Harry lui expliqua la situation politique, mais il n'eut pas l'air concerné. « Tu ne comprends pas » dit Harry avec plus qu'un peu de frustration dans sa voix « C'est tout de ma faute. Ce n'est pas comme étaient les choses avant. Nous devons rechanger le cours du temps aussitôt que possible… »

Draco n'avait cependant pas l'air de prendre la situation aussi sérieusement que Harry le voulait. Draco avait toujours été complètement dans le monde des sorciers. Il n'avait jamais pensé à la politique moldue. « Bien. Nous prendrons le train pour Leicester ce soir. Bientôt nous serons à Londres, puis nous irons à Douvres. Nous progressons. Si tout est changé, rien de cela ne sera arrivé, exact ? Alors quel est le problème si nous ne nous précipitons pas ? »

Les lèvres de Harry se transformèrent en deux minces filets de chair. « Les gens souffriront encore. Et cette souffrance est réelle. »

Draco soupira, comme si c'était lui qui avait abandonné de faire voir le bon sens à une personne entêtée. « Alors. Comment prenons-nous les billets de train ? »

Harry fronça les sourcils. « Ruth est simplement partie pour l'école. Je suppose que nous allons devoir attendre jusqu'à ce qu'elle revienne à la maison. »

« Pourquoi n'écrivons-nous pas un peu dans le journal ? »

Harry rumina là-dessus. Comment savait-il que Draco n'avait pas écrit dans le journal pendant qu'il était dehors à écouter les Pelta et Ruth et son amie ? Le livre était au milieu de la table, la plume posée dessus. Harry scruta le visage de son ami à la recherche de quelques signes, mais ce matin, Draco avait l'air amical et candide.

« Je suppose que tu as raison. Je commence. »

Comme Harry prenait la plume, il regarda encore Draco. Pendant une seconde, Harry pensa qu'il avait une étrange lumière rouge derrière ses yeux. Harry jeta un coup d'œil à nouveau, mais maintenant cela avait disparu. Il secoua la tête et ouvrit le livre. Est-ce qu'il avait vraiment vu cela, ou l'avait-il simplement imagin ?

Harry posa la plume sur le papier et commença à écrire…

* * * * *