Link9 : merci pour tes très nombreuses reviews. allez courage, tu es presque à jour dans ta lecture !
Dumati : t'en fais pas, il est fort le Riton
Philippe Gryffondor : peut-être pas de guerre mondiale actuellement, mais quand même des guerres un peu partout dans le monde. Helas...
liou : bon, Draco est un bon gars dans ce monde. Faut juste espérer que Tom ne va pas trop prendre de pouvoir trop vite.
habs : ?!
Et maintenant, bonne lecture à toutes et à tous
Ils entendirent Ruth revenir à la maison à la fin de l'après-midi, appelant sa grand-mère et puis ils l'entendirent ressortir. Un moment plus tard, la porte de la cuisine s'ouvrait une seconde fois.
« Où vas-tu ? » la voix de sa mère porta jusqu'à la tente.
« Voir cet ami malade. Je reviens bientôt. »
« Ruthie ! Ce n'est pas le moment ! Nous allons bientôt commencer, et nos invités sont dans le salon, y compris Dee… »
« Maman, cela va juste prendre quelques minutes, parole ! Allez, c'est une mitzvah… »
Harry entendit sa mère soupirer. « D'accord, d'accord. Fais simplement attention sur la route… »
La porte de la cuisine se referma, et Harry entendit la voiture démarrer. Il réalisa trop tard que Ruth irait au parc, ne les trouverait pas et se ferait du souci…
Mais le temps qu'il tire la cape d'invisibilité pour courir jusqu'à la voiture pour l'arrêter, elle était partie. Il revint à la tente et enleva la cape, s'asseyant lourdement sur une des chaises. Draco faisait la sieste sur la couchette du bas. Harry pensait qu'il était un peu fatigué d'avoir écrit dans le journal. Harry se sentait lui-même fatigué d'avoir écrit. Il jeta timidement un coup d'œil au journal, se demandant en quelle forme il serait quand Tom Jedusor sortirait du carnet, à quel point il serait capable de gérer, de contrôler la situation. Il se souvint de sa confrontation avec Jedusor dans la Chambre des Secrets, et du voyage dans le journal qu'il avait fait, voyant le jeune Dumbledore et le directeur précédent, Dippet, qui n'avait aucune idée que Jedusor était responsable de la mort de Mimi parce qu'il avait libéré le basilik de la Chambre.Et Hagrid… Cela avait changé la vie de Hagrid…
A la longue, Harry entendit la portière de la voiture claquer, et la porte de derrière s'ouvrir. « Ruth ? Où étais-tu ? » fit la voix de sa mère. « Nous étions… »
« Oh, maman ! » pleura Ruth, des larmes dans sa voix. « Il est parti ! Il n'était pas l ! J'ai cherché partout. Oh, je suis si inquiète… »
« Ruth… » dit sa mère plus doucement cette fois. Harry entendit ses pas sur les pavés. Il enfila la cape et sortit dans le jardin, et près de la porte de la cuisine, il vit la mère et la fille se tenir dans les bras l'une de l'autre, les épaules de Ruth convulsant tandis que sa mère essayait de la rassurer d'une voix tremblante. « Je suis sûre… Je suis sûre qu'il ira bien, mon cœur… »
Ruth secoua sa tête, et Harry put voir les larmes couler sur son visage. Que doit-elle penser ? se demanda-t-il. Son estomac se contracta comme une nouvelle vague de culpabilité le submergeait. Super, pensa-t-il. Encore une chose que j'ai foutue en l'air.
Elles rentrèrent, un rectangle de lumière éclairant le chemin un instant, et puis disparaissant. Harry se tourna vers Draco, et secoua son épaule pour l'éveiller. « Nous devons ranger. » dit-il quand les yeux gris s'ouvrirent finalement. « Et nous devons dire à Ruth que nous allons bien, et lui prendre les tickets. »
Draco se frotta les yeux et s'assit. « Comment allons nous faire cela ? »
« Bien… » hésita Harry. « Je suppose que je vais juste aller frapper à la porte et demander à lui parler. Le train ne part pas avant plus de deux heures, mais il partira sans nous si nous ne le faisons pas. »
Draco acquiesça et commença à avancer lentement. Harry l'effleura impatiemment, et Draco lui donna un regard qui le figea. Cela y était encore, un flash de lumière rouge, derrière les yeux gris, comme quelqu'un dont on a l'image prise avec un appareil photo moldu et qui regardait droit dans le flash. Une fois de plus, cela ne prit qu'un instant pour disparaître, et bientôt, les deux avaient réduits leurs effets portables à leur petite taille pratique habituelle. Harry fit attendre Draco sur l'allée tandis qu'il allait vers la porte. Il frappa doucement, mais il n'y eut aucune réponse. Il essaya encore. Rien.
Il se tourna vers Draco, qui haussa les épaules. « Peut-être qu'ils ne peuvent pas entendre. » suggéra-t-il. « Tu sais, s'ils ne sont pas dans la cuisine. Nous devrions essayer la pièce de devant. »
Harry acquiesça et ils sortirent par la porte du jardin et firent le tour de la maison, mais quand il vit la porte, Harry fut surpris. Il s'arrêta, confus. La porte de devant était ouverte. Il pouvait entendre des voix sortir, et sentir de merveilleuses odeurs qui firent bouger son estomac en lui, lui donnant envie de quelque chose d'autre que les sandwichs et le thé qu'ils prenaient. Il pouvait voir la lueur tremblante des bougies, et parfois une personne passer devant, trop rapidement pour qu'il puisse dire qui c'était. Les deux nomades se tenaient dans le cercle de lumière du réverbère, regardant avec envie à l'intérieur de la maison, et finalement, Harry décida que c'était stupide. Ils savaient qu'elle avait rendu visite à quelqu'un de malade. Il allait simplement frapper à la porte et dire que c'était lui…
Il prit une inspiration et s'avança vers la porte. Il pouvait voir par l'ouverture que le salon avait été transformé en une grande salle à manger, et Harry réalisa qu'il n'avait pas remarqué l'existence de la salle à manger dans la petite maison. Ils doivent normalement manger dans la cuisine. Mais cela avait l'air d'être une occasion spéciale. La table était dressée avec un nappe de lin blanc immaculée, de belles assiettes de porcelaine peinte, l'argent brillait à chaque place, et chaque couvert avait un verre en cristal pour le vin, et un pour l'eau.
Il entendit Jonathan Pelta parler comme il l'avait fait durant son sermon du vendredi soir, plutôt que comme quand il avait parlé avec sa femme dans le jardin. « Cette année, nous sommes ici, l'année prochaine, nous serons sur la terre d'Israël. Cette année nous sommes des esclaves, l'an prochain, nous serons libres… » Puis il dit quelque chose que Harry pensa être du yiddish. Peut-être traduisait-il pour la grand-mère de sa femme. Harry se souvint de sa femme parlant de pourquoi elle n'avait pas voulu déménager en Israël. Pensait-elle qu'Israël serait plus sûr maintenant que cette guerre avec l'Union Soviétique semblait imminente ?
Il entendit que le père de Ruth ait fini de parler, et il leva la main pour frapper quand il entendit la voix claire de Ruth dire « Pourquoi est-ce que cette nuit est différente de toutes les autres nuits ? »
Il se serait arrêté s'il avait pu, sa main allait déjà vers la porte, et il frappa avant d'avoir pu réaliser. Il vit un jeune homme aristocratique aux cheveux blonds comme le miel se tourner, choqué, les yeux bleus grand ouverts. Puis une très, très vieille femme ouvrit brusquement la porte, et en voyant Harry se tenir là, avec ses longs cheveux et sa barbe, l'air épuisé et fatigué par le voyage, et avec une tente sur le dos, elle se recula avec une main sur sa poitrine, et elle se serait effondrée si sa petite fille ne l'avait pas attrapée par la taille.
La mère de Ruth regarda aussi Harry, choquée, tandis qu'elle tenait sa grand-mère contre elle et lui répétait « Bubbe, Bubbe… »
Ruth avait arrêté sa récitation, et fit le tour de la table en courant, depuis l'endroit où elle était assise, jetant ses bras autour de lui. « Oh ! Tu vas bien ! » cria-t-elle. Puis elle se déconnecta brusquement, se colorant profondément et regardant furtivement ses parents. Son amie du matin, Dee, les regardait tous les deux avec un sourcil levé, un sourire jouant sur ses lèvres. Ruth eut la présence d'esprit de se précipiter vers son arrière-grand-mère pour voir comment elle allait. Harry entendit un échange rapide en yiddish, puis Ruth revint vers lui et lui dit dans un murmure précipité « Que fais-tu ici ? Tu n'étais pas dans le parc quand j'y suis allée… »
« Je suis désolé. Nous avons du partir. Quelqu'un du ministère de la magie est venu… » dit-il aussi doucement que possible, regardant les réactions des autres invités au chaos qu'il avait causé.
« Oui, bien… maintenant Bubbe pense que tu es Elijah. Félicitations. » dit-elle du même murmure frénétique.
« Elle pense que je suis… quoi ? » sa voix s'était légèrement élevée. L'arrière-grand-mère de Ruth le montrait du doigt, d'une horreur silencieuse, ses yeux affolés. Ruth se retourna vers elle, et elle et sa mère essayèrent simultanément de rassurer la vieille femme, dans une rafale de yiddish.
Harry avait eu la possibilité, dans le même moment, de regarder les autres invités, et de sourire faiblement une excuse muette. En plus de Dee, l'amie de Ruth, qui portait un cardigan pourpre et des jeans au lieu de son uniforme d'école, et du jeune homme à l'air aisé que Harry avait déjà remarqué, il y avait une femme aux cheveux noirs très posée d'environ trente ans, qui regardait plutôt le jeune homme blond avec un air de possession. Harry devina qu'il s'agissait de Rose, la collègue de l'université dont la mère de Ruth avait parlé, et le garçon blond devait être son fiancé de la classe supérieure, dont le père de Ruth avait parlé avec des termes distinctement peu flatteurs. Cela laissait donc au petit homme nerveux à lunettes qui semblait au milieu de la vingtaine (malgré son front très avancé) remplir le rôle de Ruben, alias Curtis, alias Ruben Curtis, l'assistant de recherche américain d'Abby Pelta.
Quand ils eurent réinstallé la vieille femme dans sa chaise avec un verre d'eau, et qu'il lui eurent expliqué que Harry était l'ami malade à qui Ruth avait rendu visite, Ruth put lui expliquer qu'ils célébraient la première nuit de la Pâques juive avec un Seder, comme ils le feraient pour la deuxième nuit (ce serait au centre d'étude du peuple juif de l'université, où Abby Pelta était connue sous le nom de professeur Pelta). Elle expliqua aussi qu'à chaque Seder, une place supplémentaire était mise à table pour le prophète Elijah, et la porte était laissée ouverte pour lui, juste au cas où il se décide à se joindre à la famille pour leur repas. Harry grimaça en réalisant qu'il était si chevelu et usé par le voyage que la vieille femme l'avait confondu avec un prophète vieux de cinq mille ans. Il saisit dans l'agencement de la table qu'il y avait une chaise vide, réalisant que c'était la place d'Elijah.
Puis le chaos se prolongea quand Draco frappa soudain sur le cadre de la porte, disant « Pourquoi c'est si long ? », puis se pétrifiant quand la vieille femme recommença à crier, et Ruth se dépêcha de lui expliquer à elle et à ses parents qu'il était l'ami de son ami malade.
Quand tout se fut un peu calmé, Harry et Draco furent tous deux invités à rester, et une autre place fut mise pour Draco, si bien qu'ils étaient maintenant dix à table. Ruth les présenta comme étant 'Hal' et 'Drake', ne leur laissant aucune chance de donner leurs pseudonymes de Dudley et Piers, qu'ils ne lui avaient pas dit. Dee n'arrêta pas d'avoir un sourire entendu avec Ruth, qui avait rendu visite à non pas un, mais deux jeunes hommes sans en parler à sa meilleure amie. Puis Dee se tourna vers Jonathan Pelta et dit « Est-ce que nous ne devrions pas rajouter une place supplémentaire ? Maintenant que celle prévue est utilisée ? »
Le père de Ruth regarda pensivement Harry et Draco, et Harry décida qu'il l'aimait bien comme un sourire s'affichait lentement sur son visage. « Je ne pense pas. Je peux reconnaître des visiteurs prophétiques quand je les vois. » Il leur fit un petit clin d'œil, et Harry ne put s'empêcher de lui sourire, et de se sentir accueilli.
Le repas et le rituel continuèrent finalement. Harry était à côté de Ruth et Draco à côté de Dee, qui le regardait avec beaucoup d'appréciation. Draco n'était pas aussi admiratif pour elle, mais il remarqua Rose, la collègue de l'université, et en fait, il semblait bien décidé à mémoriser le motif de sa robe tandis que Ruth reprenait le petit livre sur son assiette et recommençait la récitation que Harry avait interrompue quand il avait frappé à la porte.
« Pourquoi est-ce que cette nuit est différente de toutes les autres nuits ? » lut-elle de la même voix claire. « Car toutes les autres nuits, nous ne trempons pas nos légumes une seule fois, et cette nuit, nous les trempons deux fois. Car toutes les autres nuits, nous mangeons du pain et du matza, et cette nuit, nous mangeons seulement du matza. Car toutes les autres nuits, nous mangeons de toutes les autres herbes, et cette nuit, nous mangeons des herbes amères. Car toutes les autres nuits nous mangeons assis ou couchés, et cette nuit, nous mangeons tous couchés… » Harry regarda son profil à la lueur tremblante des chandelles, ayant presque l'impression qu'il était en dehors de son corps, comme quand il bloquait la douleur. Cela aurait pu être n'importe quand ou n'importe où à travers les siècles, quand les gens s'étaient rassemblés chez eux avec leurs amis et leur famille, et avaient accompli ce rituel…
Quand on leur donna une bonne cuillerée de quelque chose qui ressemblait à des pâtes dans de petites assiettes, il en mit timidement un peu sur sa fourchette, hésitant avant de le mettre en bouche. « Pourquoi n'y-a-t-il pas de pommes dans l'haroset. » dit Rose-la-collègue avec un gémissement. Son intervention soudaine ramena brusquement Harry au présent, et il essaya de voir ce dont elle parlait.
La mère de Ruth sourit froidement à sa collègue (ou était-elle en fait plus comme son élève ? se demanda-t-il) et dit « C'est de l'haroset à l'italienne. Cette année, nous faisons un Seder italien et sépharade, avec la nourriture et les traditions du côté de mon mari. Ils sont d'Italie et d'Espagne. L'an dernier, nous avons fait un Seder ashkénaze en l'honneur de mes traditions familiales. Nous faisons à tour de rôle. L'haroset à l'italienne est une pâte avec des dates, des oranges, des raisins et des figues. C'est vraiment un changement agréable par rapport au charoset à base de pommes. Essaye donc. »
Maintenant que Harry savait ce qu'il avait devant lui, il essaya. C'était gras et presque trop sucré, mais c'était aussi un soulagement d'avoir un peu de variété dans les fruits après des semaines à se nourrir de ce qui venait du sac en papier. Rose avait l'air moins qu'enthousiaste de ne pas avoir la sorte de Seder à laquelle elle était habituée.
Harry, cependant, était au paradis de la gastronomie. Il n'avait pas mangé aussi bien depuis que Hermione avait préparé le dîner grec au quatre Privet Drive, et cela incluait quelques fabuleux festins à Poudlard, dans ses deux vies. Les lectures étaient faites entre les plats, mais une fois qu'il eut commencé, Harry remarqua principalement la nourriture. Ensuite, ils eurent un carciofi alla romana, un simple plat d'artichauts préparé avec du persil haché, de l'ail émincé, de l'huile d'olive, du sel et du poivre. Harry fermait ses yeux en mangeant, mâchant lentement, et il pensa que Draco embrasserait Dee si elle lui disait de le faire pour avoir un peu plus de ces délicieux artichauts.
Quand on leur présenta des cubes de poisson blanc frits avec une vinaigrette aux herbes et des oignons caramélisés, Harry pensa entendre Rose marmonner quelque chose sur le poisson, quoique ce fut, mais si c'était une autre aberration dans l'esprit de la collègue, ses objections furent vite balayées par les « Mmmm » et les 'Oh, c'est bon' prononcés presque simultanément tout autour de la table. Harry fut surpris que la soupe aux œufs n'ait pas de boules de Matzoh, comme il y en avait eu dans la soupe de poulet que Ruth leur avait amenée, mais ensuite, il se souvint que c'était la soupe de son arrière-grand-mère, et ceci était un plat du côté de son père.
Il reçut un petit choc quand le plat principal fut des… lasagnes. Il s'avéra que c'était un tortino di azzie, des lasagnes matzoh qui contenaient des légumes et l'agneau. Jonathan Pelta fit aussi passer quelque chose qu'il appelait insalata alla sefardita, qui était une salade romaine, avec de l'oignon vert, de l'aneth et du vinaigre de vin rouge. Juste quand il pensait ne rien pouvoir avaler de plus, Ruth amena des ricciarelli di Siena de la cuisine, qui étaient des biscuits très, très riches à la pâte d'amande roulés dans du sucre glace.
Draco se pencha au-dessus de la table pendant que l'on mangeait le dessert et fit signe à Harry. Harry se pencha pour entendre ce que Draco disait. « Es-tu sûr que nous ne pourrions pas aller en Italie, plutôt qu'à Dou… »
« Chut ! » dit soudain Harry, puis il se figea quand il réalisa qu'ils le regardaient tous. Il avait fait taire Draco assez fort, mais il craignait que quiconque ait entendu le mot « Douvres ». Il sourit encore faiblement, et la conversation continua, bien que Harry remarqua que Dee avait l'air très intéressée par ce que lui et Draco avaient dit, et il se demanda s'il elle pourrait comprendre ce dont il s'agissait.
Puis Ruth expliqua à ses parents que 'Hal' et 'Drake' devaient prendre un train, et qu'elle voulait les conduire à la gare. Sa mère regarda son mari avec une expression de doute.
« Ton père ira aussi, Ruth. »
« Mais, maman… »
« Il est tard. Ce n'est pas négociable. » lui dit sa mère avec fermeté, et Ruth referma brusquement sa bouche, mais Harry pouvait encore voir la révolte sur son visage. Se souvenant qu'elle fumait en cachette près de l'abri de jardin ce matin, il réalisa plus qu'un peu de rébellion en elle.
« Je dois aller chercher quelque chose d'abord » dit-elle indistinctement, courant vers les escaliers. Harry pensa qu'elle allait chercher les billets de train. Quand elle revint, elle portait son manteau. Harry et Draco remercièrent les Pelta pour les avoir laissé rester, et ils suivirent Ruth et son père à la voiture.
Harry et Draco s'assirent sur le siège derrière après que le père de Ruth les ait aidé à ranger leurs affaires dans le coffre. Il démarra la voiture, mais n'avança pas, se tournant à la place vers Harry et Draco.
« Vous êtes comme Ruth, n'est-ce pas ? » dit-il soudain, et Harry eut une envie soudaine de s'enfuir, mais se retrouva gelé sur place. Est-ce que Ruth avait parlé d'eux à son père ? Il était bouche bée, et il regarda Ruth, qui était de même et regardait son père avec étonnement.
« Ruthie ne me l'a pas dit. J'ai deviné. Quand elle a été contactée par des étrangers ces quatre derniers mois, nous avons découvert qu'il y avait d'autres… personnes comme elle. Comme cette fille qui joue du violoncelle… »
« Hermione Granger, papa. » dit Ruth, roulant des yeux. « Elle est seulement un peu célèbre. »
« Oui, bien, au moins elle s'est souvenue qu'elle pouvait t'appeler par téléphone. » Il se tourna vers le siège de derrière. « Savez-vous qu'elle a envoyé une lettre à Ruth en utilisant une chouette ? La sale bête m'a presque filé une attaque cardiaque, et je suis bien plus costaud que la grand-mère de ma femme. » Harry essaya de ne pas rire. Il n'était pas sûr, maintenant, qu'il aurait dû aider Hermione à acheter Sebastian. « En tous cas… nous avons toujours su que Ruth était… spéciale. Mais parfois c'était un peu plus dur de se souvenir pourquoi… »
Les sorts de mémoire, pensa Harry. Bien qu'ils n'aient pas été la règle jusqu'à ce que Ruth ait six ou sept ans. Ils avaient probablement des souvenirs de ce temps là, s'ils en avaient, quand elle avait fait de la magie accidentelle.
« Alors elle vous a parlé du concert à Londres pendant les vacances… » dit lentement Harry. Son père acquiesça. « Et de l'école… »
« Oui. Et maintenant, cela ne va pas arriver, bien sûr. Un homme étrange est venu nous voir il y a quelques semaines, pour nous dire cela. Mais il a aussi dit que Ruth et sa famille ne seraient plus 'oblivié', quoique cela veule dire, quand elle ferait accidentellement… des choses. Bien qu'ils s'assureraient encore que les boldus n'en verraient rien. »
« Les moldus » dit automatiquement Harry.
« Oh, oui, les moldus. » il se tourna pour sourire à Ruth. « Je pense que c'est moi, eh ? »
« Oui, papa, normalement, mais il veut parler de tout le monde en dehors de la famille » dit Ruth, et même à la faible lumière, Harry puis la voir rougir. Harry trouvait cela étrange, que ce rabbin moldu avec sa fille sorcière sachent qu'ils étaient des sorciers.
« Alors, » dit-il en se tournant pour leur parler encore. « Je sais que vous êtes… ce que vous êtes. Je sais que vous allez prendre un train et que vous étiez malades. Ce que je ne sais pas est pourquoi vous voyagez, et pourquoi vous le faites à pied. Je pensais que vous auriez d'autres méthodes pour le faire. »
Harry et Draco se regardèrent, et Harry ouvrit sa bouche pour parler, mais Draco le fit en premier. « Nous essayons d'éviter d'autres sorciers. Nous sommes des espions, et nous essayons d'éviter une guerre. La guerre civile en Finlande a largement été fomentée par des mages noirs, et nous essayons de les arrêter. Nous ne pouvons pas nous permettre d'être vus par quiconque pouvant nous reconnaître. C'est très risqué, mais c'est aussi contre nos lois d'interférer avec la politique moldue comme ils ont fait. » D'où cela sort-il ? se demanda Harry. La voix de Draco semblait très bizarre, pas vraiment la sienne.
Le père de Ruth ouvrit de grands yeux. Harry réalisa qu'ils n'avaient en fait donné à Ruth aucune raison à leur voyage, autre que l'évasion de prison de Harry, et elle se tourna et leur donna à tous les deux un regard tellement rempli d'admiration et d'espoir, que Harry espéra sincèrement qu'il pourrait rétablir le cours du temps, et empêcher la guerre avant que d'autres vies ne soient perdues.
Jonathan Pelta se tourna vers le volant, mettant la voiture en mouvement. « Bien ! Allons-y alors ! Nous avons quelque chose à faire pour nous assurer que la paix arrivera ! » Il leur sourit par-dessus son épaule, et Harry le lui rendit, souhaitant que Draco l'ait laissé parler, mais admettant lui-même que c'était une très bonne histoire, et partiellement vrai, après tout. S'ils réussissaient, ils éviteraient une guerre.
Ou arriveraient en plein milieu d'une autre…
