Habs : non, je suis pas québécois, et pour le restant de la question, j'ai du mal à comprendre de quoi tu parles...
RLA : Voldemort ne s'est jamais incarné en Ginny, mais il l'a faite agir sous influence.
Philippe Gryffondor : merci. pour ma part, cela demeure un des chapitres que j'aime le moins.
Lunenoire : c'est l'effet papillon, en somme.
popov : tu as raison, cette partie de l'histoire est particulièrement lente.
Link9 : He oui, tes reviews me font plaisir ! La fic a passé la barre des 500 reviews , c'est cool.

Donc merci à tous les reviewers qui ont permis à cette fic de dépasser les 500 reviews, et bonne lecture pour la suite du chapitre 16.

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Leur train quittait Manchester Picadilly à dix heures, et ils arrivèrent à la gare avec vingt minutes d'avance. Harry aurait souhaité avoir davantage de temps pour parler à Ruth et à son père, mais ce délai était très, très court, et Harry espérait que, ayant attiré l'attention sur eux à Manchester la veille, il n'y aurait pas d'auror du ministère traînant quelque part sur les quais, essayant de découvrir si le sort de désarmement avait été lancé par Harry Potter, condamné fugitif.

Quand le train arriva, Harry se tourna vers Ruth et lui dit doucement « Tu n'as aucune idée à quel point… Je veux dire… » Il ne trouvait pas ses mots. Elle avait été d'un réconfort incommensurable à cette période terrible, et par-dessus tout, elle avait eu la patience de lui apprendre le Kaddish…

« C'est une mitzvah » dit-elle, des larmes dans la voix. La même chose qu'elle avait dite à sa mère. « Ne t'inquiète pas pour cela. » Mais ses yeux brillaient. Harry lui sourit, et se pencha vers elle pour l'embrasser brièvement sur la joue.

« Merci. » Elle déglutit et acquiesça, puis il dut se détourner d'elle et suivre Draco dans le train. Quand il se retourna pour voir, Ruth et son père se tenaient encore sur le quai. Le bras de Jonathan Pelta était autour des épaules de sa fille, et il la regardait tendrement et, selon Harry, avec fierté aussi. Harry pensa à sa résignation en apprenant qu'elle n'irait pas à Poudlard après tout. C'était une autre raison pour rétablir le cours du temps. Tu es sensée être à Poudlard, pensa-t-il. Tu es sensée être l'amie de Ginny, tu es sensée apprendre tout ce dont tu as besoin de connaître pour être une sorcière bien éduquée. Comme le train commençait à partir, il lui fit un signe de la main et lui sourit, et Ruth et son père levèrent leur main en réponse. Quand il ne put plus les voir, il s'enfonça dans le siège à côté de Draco et ferma les yeux, se souvenant d'elle autour de la grande table dans le jardin de Hagrid, pour l'anniversaire précédent de Ginny dans son autre vie, et il lui tardait de la revoir à sa place à la table de Griffondor dans la grande salle de Poudlard…

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Ils descendirent à Stafford et attendirent juste quelques minutes le train faisant la liaison avec Nuneaton. Il était onze heures du soir passé. En moins d'une demi-heure, ils furent à Nuneaton et descendirent encore. Le train suivant arriva rapidement, moins de dix minutes plus tard, et il furent bientôt dans la dernière partie de leur voyage. Comme les lumières de la ville cédaient le terrain à la campagne obscure, les grands arbres et les champs tranquilles défilaient, et Harry se sentit bercé pour dormir. Il se l'autorisa, comme ils auraient probablement à marcher un peu pour trouver un endroit désert pour pouvoir décoller. Et il avait besoin d'assez de repos à la fois pour la marche et pour le vol. Il n'avait en fait plus volé depuis qu'il avait eu de la fièvre, et il n'imaginait pas qu'il serait capable d'aller très loin cette nuit.

De la gare, il se dirigèrent vers le sud-est. Ils avaient demandé à un vieil homme en dehors de la ville où se trouvaient les fermes les plus proches (Harry fit semblant d'être à la recherche de travail), et c'était la direction qui leur avait été donnée. Après avoir avancé pendant presque une heure, ils arrivèrent à un endroit appelé Stoneygate, mais cela ressemblait encore trop à une banlieue prospère, et il y avait trop de maisons au goût de Harry. Continuant, ils atteignirent Evington après une autre demie-heure, mais ce n'était pas encore bon. Quand un panneau au bord de la route annonça qu'ils avaient atteint Stoughton, Harry su qu'ils seraient bien. Il y avait plusieurs grandes fermes ou domaines de chaque côté de la route principale, et un bosquet au loin, à distance de l'une des grandes propriétés. Un terrain parfait pour s'envoler. Il était deux heures et demie du matin, et personne ne devait être alentour pour les voir.

Harry commença cependant à fatiguer après seulement une demie-heure en l'air. Ne voulant pas spontanément se métamorphoser en plein air, il atterrit à un endroit appelé King's Norton. Il y avait beaucoup de grands champs, d'autres grandes fermes et propriétés. Ils dressèrent la tente dans un petit bosquet et s'y installèrent pour la nuit. Pour économiser les piles, ils n'allumèrent pas la lampe, ni n'écrivirent dans le journal, mais allèrent directement dormir.

Le matin suivant, ils reprirent la marche, gardant un pas régulier, mais ils avaient à peine atteint Welham après avoir marché quatre heures. Ils étaient en fait partis six heures plus tôt, mais ils s'étaient reposés deux heures au milieu. Et ils n'étaient pas partis avant midi, dormant assez tard.

Harry n'essaya pas de voler cette nuit-là, et le jour suivant, ils marchèrent encore quatre heures, se reposer pendant deux heures semblant encore nécessaire. Ils avaient réussi à partir plus tôt, cependant, à dix heures du matin. Ils atteignirent Rushton, Northamptonshire, après avoir marché quatre heures. La vie était paisible. Ils écrivaient tous les deux dans le journal, Draco un petit peu plus que Harry, cependant. Harry pensait à toutes les choses terribles qui pouvaient arriver s'ils ne pouvaient pas bientôt rétablir le cours du temps, et il souhaitait oser s'arrêter dans un village pour acheter un journal, et voir comment se passaient les choses. Est-ce que Washington avait répondu à l'ultimatum de Castro ? Est-ce que la Chine et le Viêt-Nam s'étaient vraiment impliqués ? Et pour l'espion britannique captur ?

Harry décida qu'ils avaient assez traîné, et il voulut accélérer les choses. Il allait essayer de voler cette nuit trois ou quatre heures, avec une pause de vingt minutes toutes les quarante minutes. Après un premier sommeil, il s'éveillèrent et emballèrent la tente sans parler. Harry se métamorphosa et étendit ses ailes, et Draco grimpa sur son dos, portant tout le matériel. Harry bondit dans le ciel, battant des ailes d'avant en arrière, souhaitant qu'ils aient osé apporter des balais. Il essaya de ne pas penser à sa fatigue et à sa lassitude, mais continua. Il pouvait le faire. Il l'avait fait avant. Tout ce repos suite à sa maladie l'avait ramolli.

Mais après seulement une demie-heure, Draco cria soudain au-dessus de lui. C'était une exclamation de douleur terrible, et Harry sentit ses doigts lâcher sa crinière. Que fait-il ? se demanda Harry. Il va tomber à coup sûr…

Il ne l'eut pas plus tôt pensé que cela arriva. Le corps de Draco se précipitait vers le sol, et Harry, paniqué, battit frénétiquement ses ailes contre l'air soudain très lourd, essayant de revenir sous lui. Il réussit pendant un instant, puis il se sentit bizarre, et commença à tomber lui-même. Il avait été tiré de sa forme d'animagus, et tombait, tombait…, et une douleur abominable irradiait tout son corps, venant de son avant-bras gauche. La Marque des Ténèbres. Les Mangemorts sont convoqués.

Il avait été tiré de sa forme d'animagus par l'activation de la Marque, voilà à quel point elle était puissante. Le sol se rapprochait à une vitesse alarmante. Harry tombait avec Draco au-dessus de lui, et il mit tous ses efforts et sa concentration pour se métamorphoser à nouveau, essayant d'ignorer la douleur, mais il étendit ses ailes trop tard et atterrit maladroitement, et Draco tomba sur lui, puis sur le sol, avec un bruit sourd et un craquement inquiétant. Harry reprit immédiatement forme humaine, et au moment où il le fit, la douleur provenant de son bras se diffusa dans tout son corps, maintenant jointe par la douleur provenant de son poignet droit, qui avait été plié en arrière d'une façon qui n'était pas prévue quand il avait atterri. Il jeta un coup d'œil à Draco, qui criait en se tenant la cheville gauche avec une main, et son bras avec l'autre.

Harry ne savait pas depuis combien de temps ils étaient au sol, à se rouler sur le sol à cause de la douleur, quand il pensa finalement à bloquer la douleur. Mais il entrevit son meilleur ami, le visage déformé par l'agonie, et il décida qu'il pouvait aussi la tolérer. Cela ne lui semblait pas juste de pouvoir échapper à la douleur de la Marque alors que Draco ne pouvait pas. Il portaient tous les deux la Marque.

A la longue, la douleur diminua, et il ne leur resta que celle de leur cheville et de leur poignet. Cela leur prit bien plus de temps que d'habitude pour monter la tente, et quand ils l'eurent fait, Harry ne pouvait pas supporter la pensée d'essayer de se hisser sur la couchette du haut, et il s'effondra sur le sol, tenant son poignet contre lui, espérant que le sommeil s'emparerait finalement de son esprit et lui donnerait un peu de répit par rapport à sa douleur.

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