Ankou : il est plus court que le premier en terme de chapitre, mais il fait quand même 100 pages de plus, ce qui n'est pas rien ! Pour le reste de la traduction, je viens de franchir la moitié des chapitres de la génération perdue, mais j'avance maintenant très lentement, faute de temps.
Bartimeus : c'est beau les coincidences, n'est-ce pas?
popov : cf. ci-dessus.
Philippe Gryffondor : merci, et voilà la suite !
Lunenoire : mais ce n'est pas le cas

maintenant, bonne lecture à toutes et à tous pour la suite

* * * * *

Il se réveilla à l'aube, au son de mouvements dans le lit. Oh non, pensa-t-il. Ne me dites pas qu'ils sont…

« Jamie… »

Mon dieu, pensa-t-il. Il l'appelle Jamie. Il se souvint de Ron et Parvati, et il se demanda combien de temps cela prendrait à Alicia pour les jeter dehors et les dénoncer aux autorités si Draco l'appelait Jamie pendant qu'ils faisaient l'amour.

« Jamie, je comprends, ta maman vient de mourir. Ne t'inquiète pas. Je t'aime. Je t'ai toujours aimée… »

Harry s'assit, soudain complètement éveillé, réalisant que Draco ne l'était pas. Harry se leva afin de pouvoir les voir tous les deux dans le lit. Ils s'étaient bien rapproché durant la nuit. Draco avait roulé sur son dos, et Alicia était arrivée près de lui. Elle avait sa main droite sur le torse de Draco, et il avait sa main gauche sur la taille d'Alicia. Mais ils étaient tous les deux complètement habillés et endormis. Jamie pensa à ce qu'il avait entendu. Est-ce que Draco a couché avec Jamie ou non ? se demanda-t-il. Il se leva, et après être passé par la salle de bain, il descendit silencieusement les escaliers, sachant qu'il ne pourrait plus se rendormir. Il pensa allumer la télévision, mais à la place, il alla à la chaîne, parcourant la collection de cassettes à la recherche de quelque chose d'intéressant. C'était tout de la pop music, à l'exception de quelque bande son de films. Il prit l'une d'elle et pressa le bouton de lecture, s'asseyant pour laisser les accords de la musique couler sur lui, pensant à Ginny, et à sa mère, son frère, sa sœur… Puis, il éteignit la musique et s'assit dans le silence, et fermant les yeux, il commença à chanter doucement le Kaddish que Ruth lui avait appris…

« Yis'ga'dal v'yis'kadash sh'may ra'bbo, b'olmo dee'vro chir'usay v'yamlich malchu'say... »

Il se souvint de sa sœur mettant sa tête sur ses cuisses quand Remus avait été amené…

« ...b'chayaychon uv'yomay'chon uv'chayay d'chol bais Yisroel, ba'agolo u'viz'man koriv; v'imru Omein... »

Il se souvint de ses petits frères faisant des farces, les sourires malicieux identiques, en partie de Severus Rogue et en partie de Lily Evans…

« ...Y'hay shmay rabbo m'vorach l'olam ul'olmay olmayo. Yisborach v'yishtabach v'yispoar v'yisromam v'yismasay... »

Il se souvint de sa rencontre avec Ginny à la Coupe du Monde de Quidditch, et de son baiser avec elle derrière la vieille cabane de Hagrid…

« ...v'yishador v'yis'aleh v'yisalal, shmay d'kudsho, brich hu, l'aylo min kl birchoso v'sheeroso, tush'bechoso v'nechemoso, da, ameeran b'olmo; vimru Omein... »

Il se souvint tenir sa mère comme elle pleurait, lui disant qu'il l'aimait, et puis voyant son corps allongé sans vie sur le sol de la grotte…

« ...Y'hay sloop rabbo min sh'may, v'chayim alaynu v'al kol Yisroel; v'imru Omein... »

Il se souvint porter le cercueil de son frère sur son épaule, et celui de Dudley, et rapporter le corps de Cédric à Poudlard…

« ...Oseh sholom bimromov, hu ya'aseh sholom olaynu, v'al kol yisroel; vimru Omein. »

Il répéta quelques mots quand il eut fini « Y'hay shlomo rabbo min sh'mayo, v'chayim... » Puissent la paix du ciel et la vie être en abondance parmi nous…

La paix. La vie.

Il devait faire ce qu'il pouvait pour assurer la paix. Pour limiter les pertes en vies. Il y avait tellement plus en jeu que sa petite vie, ou même les vies de ceux à qui il tenait. Ce n'était plus simplement à son sujet…

Il se renfrogna. Il y avait un bruit étrange venant d'en haut, de la chambre. Il remonta les escaliers, ne réalisant pas quel bruit c'était jusqu'à ce qu'il soit juste devant la porte légèrement entrouverte.

Des ressorts.

Malédiction, Draco ! pensa-t-il. Il ne pouvait même pas…

« Arrête, Alicia. S'il-te-plaît. »

Harry se figea. Est-ce que Draco Malfoy venait juste de demander à une fille d'arrêter de faire quelque chose ? Au lit ?

« Tu ne peux pas prétendre que cela ne te plaisait pas… »

« Alicia ! Je.. Je n'y peux rien si mon corps… si mon corps te répond naturellement. Je ne suis qu'un humain. Mais… Mais tout à quoi je peux penser, c'est Jamie… »

Harry vit par la fente qu'elle était agenouillée devant lui, et qu'elle avait enlevé sa chemise de nuit. Les draps étaient descendus jusqu'à sa taille. Au nom de 'Jamie', elle se rejeta sur le dos, une expression boudeuse sur le visage. Harry aperçut sa poitrine un instant, retenant son souffle, puis reculant coupablement, afin de ne plus pouvoir la voir.

Il l'entendit soupirer. « J'aurais du savoir. Tous ceux qui sont mignons le sont. Est-ce que cela veut dire que Harry l'est aussi ? Et qui est ce Jamie ? Un ex-petit ami ? »

« Non, non » dit hâtivement Draco. « une ex-petite amie. La sœur de Harry en fait. »

« Oooh » dit-elle en comprenant.

« En réalité… pas ex-petite amie, pas vraiment. Défunte petite amie. »

« Oh » dit-elle plus laconiquement cette fois. « Tu veux dire… »

« Oui. Il y a environ un mois. »

« Gah. Je suis désolée. Je n'en avais aucune idée… »

« Je sais. Je ne suis… simplement pas prêt à passer à autre chose, vraiment… »

Harry les entendit bouger, et quand il jeta un autre coup d'œil par la fente, elle avait bougé pour appuyer sa tête contre Draco, et elle avait les bras autour de lui. Elle ne portait cependant encore rien au-dessus de la taille.

« Je sais, je sais, l'amour… » dit-elle doucement. « Chut.. c'est ok… » Ils restèrent allongés quelques minutes, puis Alicia reparla. « Est-ce que vous deux avez, heu, tu sais… »

« Couché ensemble ? » Il soupira. « Nous allions le faire. Tout était planifié. Cela devait être le jour de son anniversaire. J'ai du la convaincre d'attendre. Elle m'aurait attaqué plus tôt si je l'avais laissée faire… »

Harry entendit Alicia glousser. « Je ne peux pas la blâmer… »

« Arrête cela ! Hey, surveille ta main… » Harry se souvint avec ironie de la scène derrière la cabane de Harry le jour du quinzième anniversaire de Ginny. Nous avons parlé des mains, Draco…

« En tous cas… » commença-t-elle pour lui.

« En tous cas… malheureusement, le jour de son anniversaire était aussi celui où sa mère est morte. Nous nous sommes rencontrés comme nous l'avions prévu, tard le soir, et nous sommes montés dans la vieille salle de cours d'étude des moldus… »

« D'étude de quoi ? »

« Des moldus. »

« Oh, exact. Continue. »

« Mais même si nous étions…heu, nus et hue, bien… si nous faisions des choses, nous n'avons simplement pas pu… nous n'avons pas pu. »

« Je comprends. »

« Je veux dire, sa mère était morte, et son frère avait été pris en garde à vue au ministère de la magie. Cela ne semblait pas vraiment le meilleur moment pour faire l'amour, tu sais. Alors nous nous sommes rhabillés, et je l'ai juste tenue contre moi pendant qu'elle pleurait… »

« Alors vous n'avez jamais… »

« … et nous n'avons jamais eu vraiment d'autre opportunité après cela. Avant qu'elle ne meure. Avant qu'elle ne soit tuée, je devrais dire. Tu sais qu'elle est morte pour sauver son frère ? »

« Tu veux dire Harry ? »

« Non. Quand elle a été tuée, il était en prison. Son frère cadet. Elle s'est mise devant lui et a pris le sort… » sa voix hoqueta, et Harry sentit ses yeux se remplir de larmes, en pensant à la bravoure de sa sœur et à son sacrifice. C'était Jamie, pensa-t-il. Autant elle pouvait dire que les jumeaux étaient ennuyeux, autant elle avait chanté comme un ange aux funérailles de Stuart, et défendu la vie de Simon au prix de la sienne… C'était juste ce que tu as fait. Ce que Jamie a fait en tous cas. C'était une personne comme ça, pensa-t-il.

Il entendit les couvertures être rejetées sur le lit comme Draco se levait. « Je ferais mieux de me lever. Je ne peux pas rester au lit toute la journée avec une femme à moitié nue, aussi attirant que cela semble… »

Harry se glissa en bas des escaliers, et alla à la cuisine voir si Alicia avait ramené des céréales pour déjeuner. Il ne trouva rien dans le réfrigérateur, mais dans un grand placard, il y avait quelques boîtes de céréales. Il trouva un bol et se versa quelques corn flakes dedans, commençant à les manger au moment où Alicia et Draco entrèrent, Draco sur des béquilles.

« Je les ai trouvées dans la garde-robe en haut. J'avais oublié que Rodney les avait laissées ici après avoir recouvré de son opération du ménisque… » Harry se demanda momentanément à combien de petits amis remontait Rodney, mais il ne le demanda pas. Il aurait pu obtenir une réponse.

Alicia portait encore des jeans aujourd'hui, avec un petit T-shirt étroit bleu clair qui semblait être tout ce qu'elle portait en dessus de la taille. Harry détourna son regard d'elle, se souvenant l'avoir vu en haut. Je me demande comment je vais me débrouiller pour essayer de dormir dans le même lit qu'elle, se demanda-t-il, souhaitant qu'ils aient tous les deux été mal élevés et aient acceptés son idée originale de dormir dans la chambre pendant qu'elle serait sur le canapé.

Quand ils eurent fini le déjeuner, elle les invita à venir aux écuries avec elle. Ils retournèrent à son Range Rover, et elle conduisit dans la propriété, le long d'une route de terre qui coupait d'un trait brun le tapis de verdure. Harry vit une grande maison en pierre géorgienne au loin, mais elle semblait à des lieues, et il savait que c'était comme cela qu'Alicia préférait ses relations avec ses parents : avec de la distance.

Alicia les prit voir Granny's Ghost, une belle jument grise tachetée, avec des yeux plein d'esprit, et une bouche qui chatouillait quand Harry lui tendit quelques morceaux de sucre. Alicia sortit une brosse et commença à s'activer sur les flancs gris.

« Les palefreniers le feront aussi, mais j'aime ce rythme. » expliqua-t-elle, souriant comme elle brossait les flancs qui frissonnaient. Draco se tenait devant la porte de l'autre box.

« Voici une beaut » dit-il dans un souffle, et Harry leva les yeux pour voir un majestueux étalon noisette, avec un éclair blanc sur le front. Il fut momentanément secoué.

« C'est Magic Man, » dit-elle en souriant. « Mon ancien cheval. Marrant, n'est-ce pas ? Je l'ai nommé quand j'étais assez jeune. Il sert d'étalon d'élevage maintenant. » Pour quelque raison, Harry se sentit rougir. Draco lui caressa le museau et lui donna quelques morceaux de sucre. Il y avait d'autres chevaux dans les autres box, mais c'était Granny's Ghost qui prenait toute l'attention d'Alicia maintenant. Ils restèrent avec elle, parlant du monde de la sorcellerie tandis qu'elle s'occupait de son cheval et lui parlait tendrement. Ils la regardèrent s'exercer un peu avec la jument et après cela, ils retournèrent jusqu'au pavillon pour déjeuner, finissant la nourriture qu'elle avait chipée à ses parents la veille.

« Le cuisinier va commencer à remarquer bientôt s'il n'y a plus de restes dans le frigo. » les avertit Alicia. Harry fut surpris. Ses parents avaient des domestiques. Avec une maison de cette taille ? C'était évident ! « Je ferais mieux d'aller faire un tour à l'épicerie. Quelle sorte de cuisine aimez-vous ? » Harry et Draco se regardèrent. Après le repas de lundi, la décision fut unanime.

« Italienne. » dirent-ils ensemble.

« D'accord, cela ne devrait pas être trop dur. Je peux acheter quelques spaghetti, de la sauce tomate et quelques autres choses. Je reviens bientôt. »

Harry les surpris tous les deux en cuisinant le dîner ce soir-là. « Spaghetti et boules de viande… Elle avait dit à ses parents qu'elle sortait), et quand ce fut l'heure d'aller au lit, juste après avoir éteint les lumières, il sentit la main d'Alicia sur son épaule. Oh-oh, pensa-t-il. Problème.

Il essaya d'ignorer la main. Il essaya de ne pas penser à comment il l'avait vue dans le lit ce matin, avec Draco…

La main ne bougea pas, et après ce qui sembla être un long moment, elle la retira. Mais ensuite il entendit sa douce voix dire « Harry ? ». Il ne répondit pas. Laissons-la penser que je dors, pensa-t-il. Elle dit encore son nom, et comme il ne répondit encore pas, elle roula sur le côté et il essaya de pas pousser un trop fort soupir de soulagement. Le matin, il se leva encore avant les deux autres, se faisant couler un bain et se lavant avec précaution, pour garder son bandage au sec. Il trouva une chemise et des pantalons dans le musée des Ex, comme il avait mentalement nommé la garde-robe du couloir, et il descendit dans la cuisine pour le petit-déjeuner. Il découvrit qu'elle avait acheté quelques œufs et du bacon pour eux, et il fut touché. Il savait qu'elle ne pouvait rien manger de la sorte, alors c'était clairement à eux que c'était destiné. Il réveilla les autres avec l'odeur du bacon grillé, et Draco arriva dans la cuisine sur ses béquilles avec les yeux à moitié fermés, suivant l'arôme avec un sourire rêveur sur le visage.

« Où est Alicia ? »

« A la douche. Elle a dit que le bacon sentait bon, mais elle ne voulait pas risquer d'être tentée et nous a ordonné de tout manger avant qu'elle ne descende afin qu'elle n'ait pas la possibilité d'en avoir. »

Harry haussa les épaules. « Bien, c'est une manière de faire… »

Il servit le bacon et les œufs brouillés qu'il avait aussi préparés, et ils s'assirent tous les deux pour manger, enfournant leur nourriture avec appétit, n'ayant pas eu de petit déjeuner chaud depuis Poudlard. Quand ils eurent presque fini, Harry dit à Draco « Tu n'as jamais couché avec Jamie, n'est-ce pas ? »

Son ami releva brusquement la tête et le regarda dans les yeux. « Non, Harry. Mais pas parce que tu nous avais dit que nous ne pouvions pas. Parce que… »

« Elle pleurait notre maman. » dit-il doucement. Draco acquiesça.

« Je voulais être là pour elle, pour la réconforter. Si elle m'avait demandé de faire cela pour la réconforter, je l'aurais fait. Bien, tu sais ce que je veux dire. J'aurais fait n'importe quoi pour elle. Étant donné qu'elle m'a juste demandé de la tenir, c'est ce que j'ai fait. C'était complètement à son bon vouloir. Mais une partie de moi… »

« Une partie de toi souhaite l'avoir fait, comme elle est partie… » dit doucement Harry, finissant pour lui. Draco acquiesça. « Et maintenant… » Draco fronça les sourcils.

« Maintenant quoi ? »

« Maintenant, tu n'es pas encore prêt à passer à autre chose. » Draco le fixait encore. « Avec Alicia. » Aucune réponse. « Hum, je vous ai vu tous les deux hier matin… »

« Oooh ! » répondit finalement Draco, se frappant le front. « Oui, oui… Bien, elle ne savait pas. De toute évidence, ta petite amie a laissé, heu, glisser quelque chose sur ma réputation quand nous étions à Londres pour le concert… »

Ce fut au tour de Harry maintenant. « Oh » dit-il simplement, comme si c'était lui qui l'avait dit. « Bien, elle semble comprendre maintenant. J'ai juste prétendu dormir la nuit dernière, et je me suis levé tôt ce matin. Je veux dire, elle est très jolie et tout, mais je ne suis simplement pas prêt pour quelque chose de nouveau non plus… »

Draco ricana. « Tu aurais pu me faire douter. La façon dont toi et Ruth étiez… »

« Elle m'enseignait une chanson ! » protesta-t-il, mais il se sentit rougir. Quand Alicia rentra dans la cuisine, leur conversation tomba à plat, et Harry fut content qu'elle ne soit pas entrée quelques minutes plus tôt.

Le mercredi, Harry fit repousser ses cheveux et sa barbe comme il allait quitter le cocon du domaine des Spinnet. Alicia voulait qu'ils viennent la voir monter Granny's Ghost, et Harry dut admettre qu'il semblait improbable qu'ils courent un risque en y assistant. Il y aurait une grande foule pour regarder les courses et parier, et la probabilité pour que l'un d'eux soit un Mangemort ou un Auror semblait faible.

Les parents d'Alicia déjeunaient à leur club, et étaient assis avec leurs amis pour regarder les courses. Harry, Draco et Alicia montèrent dans le Range Rover et suivirent le palefrenier qui conduisait la remorque du cheval sur la route principale vers Towcester. Comme la remorque était juste devant eux, ils ne pouvaient pas voir les yeux éveillés de Granny's Ghost pendant la route jusqu'à la course. Le trajet prit seulement une demie-heure. Draco s'assit dans le siège de derrière avec une jambe en l'air. Harry était content pour une fois que ce soit son poignet droit qui se soit tordu, car cela signifiait qu'il avait la main gauche libre pour se cramponner à la portière de la voiture comme Alicia roulait dangereusement à gauche sur la route de Park View depuis Overstone Lane. Cela le dérangea moins quand ils tournèrent à droite sur Wellington road depuis Raglan Street, comme son côté gauche tapait simplement dans la porte (il s'était assuré que la portière était bien verrouillée). Même s'il portait une ceinture, il avait l'impression qu'il allait voler sur les cuisses d'Alicia à chaque fois qu'elle tournait à gauche, et il avait peur qu'elle ne prenne pas cela de la bonne manière.

Finalement, ils arrivèrent à l'hippodrome de Towcester. On aurait dit que tout le Northamptonshire était là. Harry vit des gens frénétiquement compter leur argent et regarder les cotations des courses, essayant de deviner comment se rendre riche. Comme ils suivaient la remorque du cheval, Draco chuchota à Harry « Combien d'argent moldu… je veux dire d'argent… nous reste-t-il ? »

« Seize livres et onze pence. » Ils avaient été très économes. Draco regarda autour de lui le brouhaha du champs de course. « Nous devrions le parier. Tout. Ce ne serait pas risqué. Nous pourrions, tu sais, garantir que notre cheval gagnerait. Nous pourrions… »

« Non. » dit Harry, inflexible.

« Juste comme cela ? Non, sans discussion ou… »

« Non, nous ne pouvons pas influer sur une course. » Harry regarda le palefrenier. Il pensait qu'il pouvait avoir entendu les mots 'influer sur une course', et Harry réalisa que c'était la dernière chose qu'on devait les entendre dire sur un champ de course. « Nous ne parions pas le reste de notre argent. » dit-il doucement, mais fermement.

« Oh, tu as le droit de tricher au golf, mais je ne peux pas suggérer… »

« Ce n'était pas illégal ! » lui siffla Harry. « Ce que tu suggères l'est. C'était juste une partie privée entre deux personnes. Ceci est réglementé. Il y a toute sorte de garde fou contre la triche. Tu as idée de ce qui est en jeu ici ? Combien les gens peuvent parier sur les courses ? »

« Et combien ils gagnent ? »

« Et combien ils perdent ? » lui rappela Harry. « Nous sommes juste ici pour Alicia et pour avoir la possibilité de nous relaxer devant les courses avant qu'elle ne nous conduise à Londres après demain. Pas de pari. Et pas de… cette autre chose que tu as suggérée. Un point c'est tout. » Harry regarda le palefrenier nerveusement, mais il semblait occupé à préparer Granny's Ghost. Alicia était allée se changer. Quand elle revint, elle était resplendissante en rouge vif avec un motif arlequin noir et jaune sur la moitié gauche de sa tenue, et sur la jambe opposée de son pantalon qui arrivait aux genoux, et qui disparaissait dans de hautes bottes noires et brillantes. Ses cheveux étaient tirés en arrière en une petite queue de cheval, et elle portait une bombe, l'air ravie. Elle avait déjà été pesée, et elle allait vers la jument grise, lui parlant doucement et lui laissant sentir sa paume, puis caressant affectueusement ses flancs. Harry lui sourit.

« Quelle est la cote pour Granny's Ghost ? » demanda-t-il. Elle regarda autour d'elle.

« Je ne suis pas sûre… Vous là. Puis-je voir votre bon ? » Elle accosta un jeune qui passait et qui la regarda avec appréciation. Il lui tendit son bon de course sans autre forme de question. Alicia parcourut la liste imprimée en tout petit, marmonnant Granny's Ghost, Granny's Ghost… Ah, la voilà. Granny's Ghost dans la quatrième… dix-neuf contre un. »

Elle sembla un peu désespérée quand elle lut cela. Harry lui prit le papier. « C'est… C'est pas si mal. Regarde cela. Plein de chevaux ont des côtes pire que celle-là. Amanda Lou est à trente-cinq contre un, et Spencerian est à cinquante contre un, dans la même course. » Cette information n'eut pas l'air de remonter le moral d'Alicia. Le favori de la quatrième course était Alpha Omega. Juste comme il lisait cela, Harry leva les yeux et vit une remorque déchargeant un bel étalon noir, avec du blanc autour de ses sabots et une bande blanche de son museau à sa crinière. Le palefrenier caressant le flanc brillant du cheval disait « Voilà, Alphie. C'est mon garçon. Tu vas leur montrer comment faire, n'est-ce pas… »

Harry se hérissa. Il regarda encore Granny's Ghost, les yeux nerveux cerclés de blanc et le manteau gris tacheté, les sabots frottant anxieusement. Pendant un instant, il eut une grosse envie d'intervenir sur la course pour mettre Alpha Omega à sa place… la dernière place. Mais l'instant passa, et lui et Draco souhaitèrent bonne chance  Alicia et montèrent dans les gradins avec les autres spectateurs. Harry faisait attention de mettre fréquemment sa main dans la poche pour vérifier que les seize livres étaient bien là. Cela aurait de toute façon été un pari pitoyable, pensa-t-il, quand il lui vint momentanément à l'esprit de parier sur un des favoris (mais pas Alpha Omega).

C'était très excitant de regarder les courses. En dépit du fait qu'ils ne pariaient pas, ils récupérèrent quelques fiches de course abandonnées, et choisirent leurs favoris pour chaque course. Dans la troisième course, le cheval que Harry avait choisi arriva en fait second, alors il fut très content de lui. Puis Alicia s'avança vers le départ sur Granny's Ghost, et Harry croisa les doigts pour elle. La course commença et les chevaux s'élancèrent tous par la porte, étirant leur cou et frappant le sol avec leurs sabots terriblement durs, les jockeys penchés en avant, donnant un petit coup ou une caresse imperceptible à leur animal, tirant sur les mords, chuchotant quelque encouragement dans une oreille alerte…

Harry regarda Alicia s'exciter de plus en plus. Elle semblait ne plus faire qu'un avec la jument, laissant quelque chose de sa magie, peut-être, couler dans l'animal. Il vit que Alicia laissait Granny courir et qu'elle suivait simplement, et elle passait les chevaux les uns après les autres, jusqu'à ce que finalement, le cheval gris fut cou à cou avec Alpha Omega, et que Harry et Draco soient tous les deux à hurler comme des fous, malgré eux. A la dernière seconde, Granny's Ghost sembla grandir de deux pouces, et comme les chevaux franchissaient la ligne d'arrivée, on annonça une photo finish. Avait-elle métamorphosé le cheval, même légèrement ? se demanda-t-il. Est-ce que cela apparaîtrait comme de la magie accidentelle ? Il se souvint d'Hermione jouant du violoncelle, sa main s'étirant. Cela n'avait pas fait accourir les troupes du ministère, mais bon, c'était plus comme une transformation d'animagus, et comme Dumbledore l'avait fait remarquer, si le ministère pouvait détecter cela, il n'y aurait plus d'animagus clandestin.

En quelques minutes, le verdict tomba : Granny's Ghost l'avait emporté et Alpha Omega arrivait second. Un cheval appelé Kitchen Kapers arriva en troisième position. Harry pouvait voir que Alicia exultait, fendant l'air avec son poing, et quand le palefrenier l'aida à descendre de la selle, elle jeta ses bras autour de lui. Harry et Draco allèrent jusqu'à elle (ce n'était pas facile pour Draco avec les béquilles), et elle dit à un garde de la sécurité de les laisser passer. Ils la prirent dans leurs bras, et Harry avait mal à la figure à force de sourire. C'était agréable de savoir qu'il pouvait encore sourire autant. Il n'avait jamais rien vu d'aussi excitant.

Puis soudain, au milieu des flashes enregistrant la victoire étonnante de Granny's Ghost, le monde se remplit d'un battement d'aile et de plumes, et la jument se cabra sur ses jambes de derrière, hennissant comme une folle. Le palefrenier faisait tout ce qu'il pouvait pour la calmer. Un hibou grand duc venait de se poser sur l'épaule de Draco, un parchemin attaché à sa patte. Harry essaya de le défaire avec juste une main, sans y arriver, tandis que Draco essayait de tenir sur ses béquilles. Alicia se précipita pour les aider après s'être assurée que la jument était sous contrôle du palefrenier.

« Que se passe-t-il ? Pourquoi cette chouette est sur ton épaule ? »

« Bien, » hésita Harry. « Je ne sais pas si l'on a parlé de cela après le concert, mais nous utilisons des chouettes pour délivrer notre courrier et autre… »

« Nous ? » Elle eut l'air hébétée, puis elle saisit. « Oh ! Nous. Exact. Je pense que Hermione en a parlé. Avez-vous besoin d'aide ? » Harry acquiesça.

Alicia approcha timidement le hibou et détacha le parchemin. Dès qu'il fut libéré de son fardeau, l'oiseau enfonça douloureusement ses serres dans l'épaule de Draco et décolla, de nombreuses personnes dans la foule le montrant du doigt en le voyant voler à une heure du jour inhabituelle. Alicia regarda Draco. « Cela a ton nom dessus. » dit-elle, en lui tendant le message. Draco le déroula d'une main, et Harry tint le bord avec sa main gauche, et lut avec lui en silence. Draco ne protesta pas.

Draco,

Pourquoi as-tu négligé ta correspondance avec moi ces quatre dernières semaines ? J'ai du apprendre par Zabini ce que tu as fait. Alors qu'il semble que tes performances académiques sont adéquates, il dit que tu ne dors plus dans le dortoir des Serpentards la nuit. Explique cela s'il-te-plaît. Je comprends que tu es encore sans responsable de maison comme le professeur Rogue a pris un congé exceptionnel. Ce n'est pas une excuse pour ignorer les règles. Tu dois être dans ton lit tous les soirs. Zabini m'a aussi dit que Sirius Black enseigne les Forces du Mal et que la directrice a repris les cours de métamorphose.

Il est vrai que Severus Rogue a souffert de récentes tragédies personnelles, mais qu'est-ce que cette directrice a fait pour le remplacer, lui ou sa défunte femme ? Rien. Et cependant, tu ne m'écris pas pour me dire ce qui se passe, même si tu as moins de cours qu'avant. Je ne peux pas croire qu'elle ait laissé l'enseignement des Forces du Mal à Black ? Est-elle folle ? C'est un ignorant et un imbécile. Zabini m'a dit que les potions et l'histoire de la magie ont été annulés depuis un mois, avec aucune excuse donnée pour l'absence du professeur Binns, et que le professeur de soins aux créatures magiques est aussi en congé exceptionnel. Congé exceptionnel ! Je déclare que la directrice a pris congé de son bon sens ! Cette école s'effondre. Et ils veulent admettre les nés de moldus !

Je vais te sortir de cette école dès que possible. Je suis ami avec le directeur de Durmstrang. Il m'a assuré qu'il serait content de te prendre pour les deux derniers mois du trimestre, et que de nombreux autres parents d'élèves de Poudlard l'avaient contacté, et pas tous de Serpentard, alors tu auras de la compagnie d'anciens élèves de Poudlard, et d'autres jeunes sorciers et sorcières de Grande-Bretagne.

Je vais demander à l'administrateur de convoquer une réunion exceptionnelle du conseil demain au sujet de cette comédie, et je vais probablement démissionner. Je viendrai à l'école vendredi pour officiellement te retirer en tant qu'élève. Nous pourrons aller jusqu'à Durmstrang pendant le week-end, et tu seras officiellement intégré, afin que tu puisses commencer de vrais cours lundi.

Avec considération,

Père.

Draco regarda Harry, horrifié. « J'ai oublié de dire à Dumbledore d'écrire à mon père en prétendant être moi. Il n'a pas eu une seule lettre en un mois. » Sa voix était douce et terrorisée.

« Et comment ton père pourra te prendre à Durmstrang si ce n'est pas vraiment toi, que c'est Dumbledore ? » dit Harry sur le même ton.

Draco leva les yeux au ciel. « Ce foutu oiseau est parti, n'est-ce pas ? Merde ! Nous devons envoyer cela à Dumbledore afin qu'il sache que mon père viens ! Nous avons besoin d'une chouette postale ! »

Harry secoua la tête. « Nous n'avons pas de chouette posta… » commença-t-il à dire. Puis il pensa à Sebastian. Il se tourna frénétiquement vers Alicia, qui avait l'air de ne rien comprendre à l'affaire. « Alicia, as-tu le numéro de téléphone d'Hermione ? »

« Oui. Elle me l'a donné quand elle m'a contacté pour le concert qu'elle a donné à Londres. Pourquoi ? »

Harry se sentait très grave, après la jubilation d'Alicia et la victoire de Granny. « Nous avons besoin qu'elle nous envoie sa chouette. »

« Sa quoi ? »

« C'est une longue histoire… »

* * * * *