Philippe Griffondor : un tout petit bout pour se mettre en appétit.
Bartimeux : desole si cela te frustre, mais j'essaye de ménager un minimum de suspens.
popov : et pouf, le diable sort de sa boîte !
Lunenoire : Hermione est une artiste, elle a de belles capacités d'imagination.
Et maintenant, bonne lecture à toutes et à tous!
C'était une femme assez jeune, pas plus de vingt-cinq ans, grande et maigre avec un air légèrement pincé sur le visage, et un regard très suspicieux. Elle enleva son chapeau et le plaça sous son bras, révélant des cheveux noirs coupés très court. Son uniforme bleu était flambant neuf et pratiquement raide à cause de l'amidon.
« Vivez-vous ici ? » demanda-t-elle fraîchement à Hermione, en tirant un petit bloc de papier et un crayon.
Hermione était humble de manière appropriée « Oui madame. »
Elle leva les yeux de son bloc note. « Nom ? »
« Hermione Granger. » Le policier ne montra aucune connaissance du nom. « Avez-vous une pièce d'identité, »
Hermione alla jusqu'à un sac à main posé sur une table menant au salon, et enleva ce qui ressemblait à un passeport, qu'elle montra au policier, qui opina du chef et le lut attentivement, observant tour à tour Hermione et sa photo. Puis elle réussit à se faufiler dans le couloir et alla nonchalamment jusqu'au salon, remarquant les bâches, l'échelle et la peinture.
« Où sont vos parents ? »
« Au boulot » dit-elle, de toute évidence pas intéressée pour expliquer ses conditions de vie. « Ils sont dentistes. » Techniquement, elle disait la vérité. Ils étaient probablement au travail… à Greenwich.
« Alors, vous n'êtes pas à l'école ? »
Hermione hésita. « C'est temporaire. J'y reviens bientôt. » A ce que Harry savait, ce n'était pas vrai. Peut-être que Hermione était inquiète que le policier découvre qu'elle peignait l'appartement parce qu'elle prévoyait de partir dans un autre pays, et qu'elle alerte les autorités. La jeune femme continua à se promener, et plusieurs fois, Harry dut se pousser de son passage, essayant de marcher aussi lentement et silencieusement que possible, espérant qu'elle s'arrêterait bientôt de marcher.
« Alors » dit-elle, comme si elle savait qu'il lui suffisait de tendre le bras pour toucher un condamné évadé « On peint, eh ? »
Draco émergea de la cuisine, sans ses béquilles, boitant juste un peu sur son bon pied, et arriva derrière Hermione, mettant ses bras autour de sa taille et lui faisant un baiser retentissant sur la joue.
« J'ai bien peur que ce soit tout de ma faute, officier » dit Draco avec un étrange accent imitant le suédois, ses bras ses resserrant autour de Hermione, qui eut l'air choquée. « Je l'ai distraite quand elle allait utiliser le téléphone, et elle l'a tombé dans la peinture, qui a rendu la touche neuf collante… »
Hermione ne pouvait pas bouger tellement Draco la tenait serrée. Harry pensa qu'il se servait d'elle pour support comme il n'avait pas les béquilles. Hermione montra de la tête le téléphone collant sur la table, et le policier se pencha dessus pour l'examiner sans le toucher. Elle se redressa, acquiesçant et remit son bloc-note dans sa poche.
« Bien alors. Essayez de faire plus attention. Mettez le téléphone dans un endroit plus sûr quand vous peignez, entendu ? »
Mais Draco avait commencé à descendre ses lèvres sur le côté du cou de Hermione, puis remontait, mordillant légèrement le lobe de son oreille. Hermione avait le visage luisant, et ses yeux étaient mi-clos. Un des bras de Draco était juste en dessous de sa poitrine, et son autre main était pressée à plat contre son estomac. Son souffle n'avait pas l'air tout à fait normal. Le policier s'éclaircit la gorge fortement, faisant sursauter Hermione. Maintenant, l'officier avait un sourire au coin de ses lèvres.
« Bien, je peux voir comment vous avez probablement été 'distraite'. Essayez simplement de faire attention à ne pas composer le 999 la prochaine fois que vous êtes 'distraits'.
Hermione rougissait furieusement. « Oui madame » marmonna-t-elle, l'accompagnant à la porte de l'appartement. Soudain, la policier pivota sur ses talons et fit face à Draco.
« Comment vous appelez-vous ? Et d'où venez-vous ? »
Draco paniqua un instant, puis il sembla avoir une lumière rouge dans ses yeux.
« Lars Bergen. Je suis suédois. » dit-il rapidement.
Elle sourit. « Oh, je pensais que vous étiez suédois ! Pouvez-vous écouter cela ? » Et elle laissa voler quelque chose qui n'était clairement pas de l'anglais. Cela dura quelques minutes. Draco se tint à écouter, attentivement, et Harry pensait 'Comment diable va-t-il se sortir de l ?'
Mais quand elle eut fini, souriant et fière d'elle-même, il lui sourit. « C'est superbe ! Pas mal. Pas du tout ! Vous avez du beaucoup vous entraîner ! »
Elle rougit un peu et eut l'air intimidée. « J'ai un correspondant à Stockholm, et je me prépare à lui rendre visite. »
« Oh, bien ! » dit-il. « Personne ne pourra dire que vous n'avez pas vécu là-bas toute votre vie ! » il mit sa main sur son dos et la dirigea vers la porte, boitant seulement un peu.
« Vous le pensez ? » dit-elle dans un souffle.
« Absolument. Vous ne devriez pas attendre plus longtemps. Vous devriez y aller dès que possible. » Oui, pensa Harry. Comme maintenant.
Elle avait l'air assez contente. « Oui. Oui ! Merci ! Je veux dire, tahch soh much-eh. »
« Oh, avec plaisir, avec plaisir ! Et merci de vous être fait tant de souci pour nous. »
« Vaw-SHOH-good » dit-elle sérieusement. Draco lui fit un signe de la tête.
« Vaw-SHOH-good » répéta-t-il, n'ayant clairement aucune idée de ce qu'il disait. Elle sourit et fit encore un signe de la tête, prenant le bouton de la porte. Une fois qu'elle fut dans le couloir, et que la porte de l'appartement fut soigneusement refermée et verrouillée, Hermione s'appuya contre le mur près de la cuisine, rassurée que l'épreuve soit passée. Draco boita vers elle depuis la porte.
« Alors » lui dit-il doucement. « Tu as trouvé cela… distrayant, n'est-ce pas ? »
Elle ne lui répondit pas, mais il semblait qu'elle ne pouvait pas détourner son regard de lui non plus. Il mit ses mains de chaque côté de sa tête, s'appuyant et la piégeant, approchant sa tête très près de la sienne. « Tu as aimé, je peux le dire… » dit-il dans un souffle, avant de se pencher et de presser encore ses lèvres contre son cou. Elle rejeta sa tête en arrière et fit un bruit incohérent dans sa gorge, et puis il déplaça ses lèvres jusqu'à celles d'Hermione, qui s'ouvrirent, et il commença à descendre une de ses mains le long de son corps, enroulant l'autre bras autour de sa taille, puis passant sa main en-dessous de la taille, tandis que le baiser continuait et que Hermione commençait à gémir doucement. Harry enleva la cape d'invisibilité, dégoûté.
« Ce n'est pas parce que je suis invisible avec cette chose là que cela signifie que je ne suis pas l ! » dit-il incapable de contenir l'irritation dans sa voix. Hermione sursauta et repoussa Draco, ayant de toute évidence oublié qu'ils n'étaient pas seuls. Harry trouva que Draco avait l'air bizarre autour des yeux encore, et l'expression de son visage était à la fois familière, et différente de celle de son meilleur ami. On aurait dit qu'il arborait une expression empruntée à quelqu'un d'autre, quelqu'un que Harry savait qu'il avait vu. Il y avait de la cruauté autour de la bouche, et quelque chose dans les yeux qui semblait dire 'je prends ce que je veux'. Harry frissonna et essaya de restaurer la normalité à la situation, leur rappelant qu'ils allaient prendre le déjeuner. Soudain, quelque chose sembla sortir de Draco. Il sembla immédiatement être plus relaxé et commença à dire à quel point il avait faim de manger quelque chose qui ne venait pas du sac en papier magique.
Il y avait assez à manger dans le frigo pour les nourrir tous les trois (des restes de cuisine indienne et grecque), et ils se mirent au travail après avoir mangé dans la petite cuisine propre en inox (dont les murs étaient déjà peints en blanc). Ils passèrent l'après-midi à peindre. Harry décida de raccourcir ses cheveux et sa barbe, comme il faisait très chaud dans l'appartement. Hermione fut fascinée par le process comme Ruth l'avait été. Il remarqua que Hermione et Draco semblaient faire de larges écarts l'un autour de l'autre durant le reste de la journée.
Après que l'obscurité ait commencé à tomber, Hermione essaya de rappeler Alicia et Ruth, cette fois avec succès. Quand elle eut fini de parler aux deux, elle regarda Harry et Draco.
« Vous passez. Ruth voulait savoir si vous mangez bien tous les deux, et Alicia m'a dit que vous partagiez tour à tour son lit pour dormir, et que vous étiez tous deux de parfaits gentlemen. » Elle ricana. « Bien sûr, cela dépend du sens que vous donnez à la phrase. Quelque chose comme cela pourrait briser l'ego d'une fille… »
Harry grimaça. « Arrête. Nous venons juste chacun de perdre une petite amie. Après cela, tu n'as pas… tu sais. Pas après un mois en tous cas. » Harry se demanda si elle allait discuter de cela, considérant l'attention que Draco avait porté à son cou plus tôt.
Elle sourit, puis gloussa. « Et je pensais que tu étais celui qui avait de l'humour. » Draco la foudroya du regard, elle répondit comme s'il était un chien qui venait d'uriner sur un tapis. « Ne me regarde pas comme cela ! Bien sûr, l'autre explication est que vous êtes un couple, mais alors, je suppose que vous l'auriez laissé dormir sur le canapé et que vous auriez gardé le lit pour vous… »
« Nous ne sommes pas un couple » grogna Draco, faisant éclater Hermione de rire. Elle s'amusait clairement à l'aiguillonner.
« Tu devrais voir ta tête… »
Ils nettoyèrent pour le dîner. Hermione suggéra qu'ils sortent pour manger, mais Harry lui expliqua qu'ils n'avaient que seize livres. L'idée de payer pour tous les trois ne semblait pas trop lui plaire, alors ils mangèrent la nourriture du sac en papier, qu'elle trouva nouvelle et intéressante, comme elle n'en avait pas mangé pendant tout un mois. Ils peignirent encore un peu le soir, mais à neuf heures, et Harry et Draco avaient du mal à garder les yeux ouverts. Hermione les embêta avec cela.
« Alors, on veut sauver le monde, mais on ne peut pas rester éveillé passée l'heure de mettre les enfants au lit… »
« Casse-toi » répliqua automatiquement Draco, comme s'il n'avait pas attaqué le cou d'Hermione avec ses lèvres, plus tôt dans la journée. Harry le foudroya du regard. « Heu, désolé. Je veux dire… nous sommes un peu déphasés. On a voyagé la nuit, et cette sorte de chose. »
Elle acquiesça. « Exact. Vos rythmes circadiens sont complètement affolés. Je plaisantais de toutes façons. Vous n'avez aucun sens de l'humour. »
Draco se redressa. « J'ai un sens de l'humour parfaitement affûté, merci beaucoup. Tu aurais dû entendre quelques unes des insultes que j'ai utilisées pour Ron Weasley au fil des ans. »
Elle rit. « Cela semble amusant… » commença-t-elle, mais Harry l'interrompit.
« Une autre fois peut-être. Ne pourrions-nous pas juste voir comment nous dormons ? »
Hermione haussa les épaules. « Il n'y a pas grand chose à voir. Je dors dans ma chambre, et vous deux pourrez décider qui prend la chambre d'Edith et qui prend la chambre d'ami. »
« Vous avez trois chambres ? »
« Bien, nous devions choisir entre utiliser nos économies communes pour un appartement décent ou pour une voiture décente. Alors nous avons une voiture minable que nous partageons (j'ai eu mon permis en octobre dernier), et un bel appartement. Nous avons beaucoup d'invités. Principalement des musiciens qui nous rendent visite. Je suppose que si nous avions une belle voiture, nous pourrions laisser les visiteurs dormir dedans, mais je doute qu'ils reviendraient. Tout le monde se moque qu'un musicien arrive dans un carton à chapeaux ou à skate, aussi longtemps qu'il arrive. Et techniquement, il y a quatre chambres dans l'appartement. La quatrième nous sert de salle de répétition. Nous avons installé des dalles acoustiques sur les murs et le plafond, et nous allons devoir les arracher maintenant. Nous pourrons nous attaquer à ce problème demain. C'est tellement fantastique d'avoir l'aide de quelqu'un… » soudain Draco laissa s'échapper un fort ronflement. Hermione se hérissa. « Y m'énerve… ! »
« Hermione… nous sommes tous les deux épuisés. Lâche-le un peu. Tiens. Aide-moi à le réveiller afin qu'il puisse boiter jusqu'au lit… »
Harry prit la chambre d'ami et donna à Draco quelques uns des habits qu'Alicia leur avait donné afin qu'ils puissent se changer dans les parties suivantes de leur voyage. C'était absolument luxueux de dormir dans un vrai lit avec personne d'autre. Harry n'avait pas envie de se lever le matin, mais à huit heures, Hermione bondit sur son lit, portant un autre short tâché de peinture que celui de la veille, et un T-shirt rouge sans manche. Il mit ses lunettes, la rendant claire. La voyant clairement maintenant, il vint soudain à l'esprit de Harry que la vue de ses bras pâles était décidément étrange ?
« Qu'est-il arrivé à tes tatouages ? »
« Bonjour à toi, aussi. » Elle baissa les yeux vers ses bras. Elle était agenouillée près du bout du lit. Harry pensa qu'il devrait y avoir des lois pour que les gens ne soient pas si alertes avant midi. Spécialement le samedi. « Je n'ai en fait jamais eu de tatouages. Ces trucs étaient peints au henné. Cela dure longtemps, mais ce n'est pas permanent. C'est un ami qui l'a fait. Tu crois que je suis idiote ou quoi ? Les tatouages sont dangereux.
« Et tes piercings ? »
Elle porta sa main à ses oreilles. Tous les trous étaient vides aujourd'hui, mais ils étaient quand même visibles. Il pensa qu'elle ne voulait pas avoir de peinture sur ses bijoux. « Je te ferai savoir que chacun de ces trous a été fait dans un environnement stérile approprié par une infirmière. Et tu remarqueras qu'il s'agit seulement de mes oreilles. Je n'en ferais jamais à mes sourcils, mon nez, ma langue ou mes lèvres… trop risqué. »
Il lui sourit et s'assit, les draps glissant. « Bien, je suis content que tu n'aies pas couvert de manière permanente cette collection de grains de beauté sur l'arrière de ton bras gauche qui ressemble à un visage souriant. J'ai toujours bien aimé ce… »
Elle se raidit. « Et quand au juste aurais-tu vu cela ? »
Il se figea. Oh, je n'aurais pas dû dire cela.
Elle n'allait pas lâcher prise. « Qu'est-ce que ce crétin voulait dire hier soir quand il a dit que j'étais 'un bon coup' ? »
Il se sentit soudain un peu irrité. « Tu ne pensais pas que c'était un tel crétin quand sa langue était dans ta bouche… »
Elle rougit. « Peu importe cela. Et il a dit quelque chose sur un 'changement de temps'. »
Harry la fixa. Comment pouvait-il lui parler de sa relation avec elle dans son autre vie ? Elle réagirait d'une façon encore pire que lorsqu'il avait enlevé la cape d'invisibilité.
« Le temps… » dit-il pensivement, essayant de trouver ce qu'il pouvait lui dire, s'il y avait quelque chose à dire. « Tu prévoies d'aller en Amérique, n'est-ce pas ? A cause du risque de guerre. Bien… nous prévoyons de retourner dans le temps, changer quelque chose afin que tout cela n'arrive jamais. Nous devons aller chercher quelque chose à Douvres pour nous aider à faire cela. »
Elle le fixa, incrédule. « Changer le temps. Tu peux faire cela ? Combien de temps en arrière ? »
« Quinze ans et demi. »
« Quoi ? Tu es fou ? Pense à tout ce que tu changerais ! »
« Oui, c'est cela le problème. Il y a huit mois… je l'ai changé. Et maintenant, ce monde horrible existe. Ce que j'essaye de faire, c'est de le remettre en état. »
Elle s'assit sur ses talons. « Oh » dit-elle simplement, pas vraiment préparée à cela. « Pourquoi l'as-tu changé en tous cas ? » chuchota-t-elle. Il la regarda, désespéré.
« Pour sauver la vie de ma mère. Et donner à ma sœur la chance de naître. Ma mère était enceinte quand elle est morte. »
« Et maintenant, elles sont toutes les deux parties. » dit-elle doucement.
« Cela ne m'est jamais venu à l'idée que ce ne serait pas une bonne chose de sauver la vie de quelqu'un. Mais maintenant, je sais. Quelques morts sont nécessaires. Elle a choisi de faire un sacrifice, et beaucoup de bien en a résulté. Voldemort a perdu son pouvoir, et il y a eu treize années de paix dans le monde de la sorcellerie grâce à cela. Et maintenant, ce Voldemort, qui n'a jamais perdu son pouvoir, et ses partisans amène le monde moldu au bord de la guerre. Et c'est tout de ma faute. Je dois rétablir le cours de temps avant que cela n'empire. Ce monde ne peut simplement pas continuer. Il n'aurait jamais dû être. »
Elle regarda dans le vide, fronçant les sourcils. « Comment est le monde alors, dans la vie dans laquelle tu vivais ? »
Il haussa les épaules. « Par où commencer ? L'Union Soviétique s'est effondrée il y a quelques années. Quand le mur de Berlin a été démantelé, il y a eu une grande fête qui a été diffusée tout autour du monde. Cela a duré un bon moment. Les gens vendaient des morceaux du mur en guise de souvenir, mais j'ai plutôt l'impression que le prix s'est vite effondré sur le marché. Trop de gens vendaient des faux, je pense. Maintenant, il y a une Allemagne unie, et c'est une partie de l'EU… »
« De quoi ? »
« De l'Union Européenne. Oh, et il y a le tunnel sous la manche. Et, heu… quelques choses assez horribles aussi. Mais elles sont juste causées par l'entêtement humain, de ce que je sais, pas par les sorciers. Comme la guerre en Bosnie… »
« N'est-ce pas une partie de la Yougoslavie ? »
Il sourit. « J'aurais dû savoir que tu savais cela. La plupart des gens n'en ont jamais entendu parler avant le début de la guerre. Et ce n'est plus une partie de la Yougoslavie. »
« Hmm. J'ai joué à un festival à Sarajevo. Cela m'a semblé assez paisible. »
« Dans ce monde, oui. Il y a du bon et du mauvais dans tous les temps, bien sûr, mais la différence ici est que ce monde n'aurait jamais dû exister. Il doit être corrigé. »
« Hmm » dit-elle encore, jouant de ses doigts sur la couverture. « Tu as mentionné les grains de beauté sur mon bras, et ton ami a mentionné a dit que j'étais un bon coup. Dans cette autre vie, qu'étions nous l'un pour l'autre ? »
Harry retint son souffle. « Tu… tu étais ma petite amie » admit-il finalement. « La sorcière née de moldus la plus brillante que Poudlard ait vu depuis longtemps. La sorcière la plus brillante de la promotion, en fait, née de moldus ou pas. »
« Et nous… » dit-elle, regardant les yeux et haussant ses sourcils. Harry grimaça et acquiesça, rougissant. « Je vois. »
Harry ferma ses yeux et grogna. « Je craignais ceci. Maintenant, tu te sens étrange. Je ne pensais pas que c'était une bonne idée que tu saches. Je veux dire, dans ce temps, je suis pratiquement un étranger pour toi. Maintenant, tu dois penser à toutes les choses que je dois savoir de toi, et ce que j'ai vu, et ce que nous avons fait ensemble… »
Il ouvrit les yeux pour la voir s'asseoir, ramenant ses genoux contre sa poitrine. « Bien, non, ce n'était pas le cas, mais maintenant, si. Merci beaucoup. »
« Heu…désolé. Tu vois ? Je n'arrête pas de mettre les pieds dans le plat. »
« Oh, ne t'excuse pas. » Elle souriait maintenant, un peu tristement. « C'est assez mignon. Tu es tellement maladroit avec cela. » Il y eut un silence entre eux. Finalement, elle dit « Bien. Tu sais à quoi je ressemble sans mes habits, mais je ne peux pas dire la même chose. Et maintenant, je ne peux voir que la moitié de toi. » Harry baissa les yeux. Il avait dormi sans haut. « Ne le prends pas mal, c'est une très jolie moiti »
« Ginny » dit-il doucement, comme une note. Maintenant, elle rougissait et baissait les yeux.
« Tu l'aimais beaucoup, n'est-ce pas ? » il acquiesça. « Étions-nous… » dit-elle en hésitant. « étions-nous amoureux ? »
Il ouvrit sa bouche pour répondre, puis la referma. Comment pouvait-il lui expliquer ce qu'elle représentait pour lui ? Il aurait aimé pouvoir dire Oui, nous étions follement amoureux, mais il aurait menti en le faisant. « Je… Je t'aimais beaucoup. Tu es un de mes deux meilleurs amis au monde, brillante et pleine de principes… et c'était merveilleux d'expérimenter, hum, certaines des choses que nous avons expérimenté ensemble pour la première fois avec quelqu'un qui me faisait me sentir en sécurité et accepté. Cela semblait si naturel de passer d'être amis à être amis avec une relation physique. Le problème était que… »
« Alors nous n'étions pas amoureux. » dit-elle doucement. Il secoua sa tête.
« J'ai bien peur que non. »
Elle acquiesça. « Je suppose que c'est pour cela que tu étais avec Ginny dans cette vie. » Il se mordit les lèvres.
« Elle était la seule qui t'aies jamais fait t'inquiéter pour nous dans mon autre vie. Je pense que tu suspectais déjà que j'avais des sentiments pour elle… »
Elle haussa les épaules. « Alors pourquoi n'étais-tu pas avec elle à la place ? »
Il soupira. « J'aurais du l'être, je suppose, si je n'avais pas été un tel crétin… Si je l'avais vu pour ce qu'elle était avant que quelqu'un d'autre ne le fasse. Mais je ne l'ai pas fait. Et puis la personne avec laquelle elle était a fait quelque chose. Elle a beaucoup sacrifié afin de se rendre acceptable auprès de la famille de Ginny, afin qu'ils ne soient pas trop énervés qu'ils soient ensemble. Il y avait beaucoup de mauvaises histoires entre les deux familles. Cela aurait été plus qu'un petit peu maladroit pour moi de m'incruster et de dire 'Oh, Ginny, je suis prêt à te rendre ce petit coup de foudre que tu as eu pour moi lorsque tu avais dix ans, et oh, au fait, Draco, je prévoie de me mettre avec ta petite amie maintenant, après que tu aies mis ton père en prison pour prouver à sa famille que tu la méritais, ce qui t'a fait déshériter par ta mère, et qui est la raison pour laquelle tu es maintenant contraint de vivre grâce à une bourse… »
« Draco ? C'était le petit ami de Ginny ? Mais je pensais que c'était ta sœur sa petite amie. »
Harry parla très doucement. « Ma sœur n'existait pas dans l'autre temps, tu te souviens ? »
« Oh » dit elle simplement. Et après une minute, elle demanda « Le sait-il ? »
« Sait-il quoi ? »
« Que Ginny était sa petite amie ? »
« Aucune idée. Je n'ai pas été exactement empressé de le lui dire. »
Elle acquiesça, le visage grave. « Je peux voir cela » Elle eut l'air pensive. « Et si tu rétablis le cours du temps, que tu retrouves ton vieux monde, et que tu découvres que Ginny est encore avec lui, et que tu es encore avec, heu, 'l'autre' moi. Que feras-tu ? Vas-tu essayer de l'éloigner de lui ? Vas-tu rompre avec moi ? Je veux dire… »
« … l'autre toi. Je comprends. » Il baissa les yeux vers ses mains. « Je ne sais pas ce que je ferais pour Ginny. Principalement, je veux juste la revoir vivante. Savoir qu'elle est en sécurité. Et pour nous… » Il hésita. « C'est assez complexe. Tu vois, il y a le Ron qui rentre en jeu dans tout cela… »
« Ron Weasley ? Qu'a-t-il à voir avec cela ? »
« Oh, Ron ? Seulement qu'il est notre autre meilleur ami. Nous sommes très proches tous les trois. Et il est complètement amoureux de toi. C'est tout. »
« Ron Weasley ? Cet idiot ? »
Il sourit. « Oui. Cet idiot. Cet idiot que tu as pratiquement attaqué quand tu as découvert qu'il n'était pas mort dans une explosion terroriste dans le village près de notre école… »
Elle haussa les sourcils. « J'ai fait cela ? »
Il acquiesça. « Et tu n'étais pas très joyeuse quand lui et sa petite amie, hum, quand ils… »
Elle se mordit les lèvres. « J'ai saisi, j'ai saisi. »
Il laissa donc tomber cela avant de continuer. « Et » dit-il ensuite « je savais quels étaient ses sentiments pour toi avant que je… avant que nous… ayons fait quoique ce soit, mais j'ai oublié ma loyauté envers mon ami par convenance personnelle, et… »
« … et tu t'es comporté comme l'adolescent typique. » finit-elle pour lui. Il rougit.
« Exactement. De plus, la dernière fois que je l'ai vu, j'étais très en colère à cause de lui parce que il m'a dit que je devrais rompre avec toi. En fait, ce n'était pas tant cela que les raisons qu'il m'a données pour le fait que nous soyons ensemble. Je ne vais pas t'ennuyer avec cela, mais basiquement, comme il pensait que c'étaient de mauvaises raisons, nous ne devions pas être ensemble. Cela et le fait que nous n'étions pas techniquement amoureux, bien que nous nous aimions »
Elle acquiesça. « Mais… comme tu étais avec Ginny, il semble que tu penses aussi que nous ne devions pas être ensemble… » dit-elle doucement.
« Bien… en fait… c'est vrai. C'est une autre raison pour laquelle j'étais si en colère après lui. Quand il a tout décortiqué, il avait raison. Et il n'y a rien de plus ennuyeux. Bien que je n'ai pas été d'accord avec tout son raisonnement, à la fin, je suppose que nous sommes quand même arrivés à la même conclusion… »
« Alors, » dit-elle, l'air très curieuse. « Quel est donc ton raisonnement ? »
« Quoi ? »
« Pour quelle raison étais-tu avec moi. Je veux dire l'autre moi. »
Il déglutit et la regarda avec sérieux, essayant d'imaginer qu'elle était la Hermione de son autre vie, essayant d'imaginer comment il pourrait finalement lui dire cela. « Nous… Nous avions grand besoin l'un de l'autre. Nous avions besoin de nous raccrocher à une autre personne, pour parler de la manière la plus intime… Et je pense que nous avions besoin que ce soit une personne dont nous n'étions pas amoureux, parce que sinon, tout compte tellement plus, n'est-ce pas ? Tandis qu'avec des amis… Nous pouvions être si à l'aise ensemble, si libres. Je me suis senti seul toute ma vie, et soudain, je ne l'étais plus, de la plus concrète des manières. Je ne suis pas sûr que je puisse vraiment regretter quoique ce soit qui est arrivé entre nous, bien que parfois je sente un peu regrettable de ne pas pouvoir dire… »
« … que tu m'aimais. » chuchota-t-elle. Il acquiesça.
« Et puis il y avait le fait que je trompais Ron. J'ai haïs cela. Le pire de tout a été quand il a su, quand il a eu ce regard, ce regard qui semblait dire 'Oh, bien, à quoi aurais-je dû m'attendre, Harry a toujours tout et je n'ai jamais rien.' Je me suis senti terrible, et comme le pire ami au monde… »
Ils se turent, puis finalement, Hermione se leva et alla à la porte. « Bien, je vais aller voir ce qu'il y a pour le petit déjeuner. Qu'est-ce que tu aimes ? » Elle semblait déterminée à ébranler l'humeur mélancolique, mais son entrain semblait un peu forcé.
Il haussa les épaules. « Je mangerai n'importe quoi. »
Elle le regarda tristement, et il pensa qu'il était simplement possible qu'elle n'ai pas parlé de nourriture quand elle lui avait demandé ce qu'il aimait. Elle acquiesça et sortit.
