Mystikal : merci. Harry a l'art de se prendre les pieds dans le tapis !
ANkou : on se rapproche, mais ce n'est pas encore cela.
Lord Aragoth : merci pour tes reviews. courage, tu avances.
Link9 : sur que Hermione, elle bien sexy dans cette fic !
Philippe Gryffondor : merci, et voilà la suite
Lunenoire : je ne sais pas si les sorciers connaissent l'aspirine...
Et maintenant, bonne lecture à toutes et à tous pour la suite...

Ils travaillèrent tout le week-end à peindre l'appartement, finissant finalement tard le dimanche soir. Le lundi, les trois remirent les meubles en place et commencèrent à aider Hermione à empaqueter les tableaux et d'autres choses devant être expédiées en amérique. Quand ils eurent fini de dîner, Harry lui dit « Quelle est la meilleure route pour se rendre à Douvres ? Pour des gens qui marchent ? »

« En marchant ? » dit-elle, incrédule. « Tu réalises que c'est à environ quatre-vingt miles d'ici, j'espère ? »

« Oh », dit-il rapidement. C'était plus loin de Londres que ne l'était Sywell. Alicia les avait descendu en environ une heure et demi. Cela leur aurait probablement pris quatre ou cinq jours de marche et de vol, peut-être plus avec leurs blessures.

« Pourquoi veux-tu marcher ? Je peux vous conduire. Cela devrait prendre moins de deux heures. »

Il releva la tête. « Tu ferais cela ? »

Elle acquiesça, en mâchant. Quand elle eut avalé, elle dit « Considère que c'est le paiement pour m'avoir aider à peindre. Si cela n'avait pas été vous, j'aurais encore du travailler ici toute cette semaine. »

Harry lui sourit et résista à l'envie de l'embrasser. « C'est super ! Merci. Et puis après cela, je pense que nous aurons juste à trouver comment nous rendre au pays de Galles… »

Elle roula ses yeux. « Je peux saisir une allusion. D'accord, je pourrai vous amener au pays de Galles après cela. »

Il fut horrifié. « Non ! Je ne voulais pas dire… »

« C'est bon. Un petit peu moins de deux heures pour revenir ici, et puis entre deux et trois heures pour arriver en Galles, selon le trafic. Nous pourrions faire l'aller-retour pour Douvres en un jour, et puis aller jusqu'au pays de Galles après une bonne nuit de sommeil, comme cela ferait un aller-retour d'environ six heures en une journée, en plus des arrêts. »

Harry hésita un instant. Elle ne réalisait pas que pour lui et Draco, le voyage au pays de Galles était sans retour. Il acquiesça. « Cela me semble bien. »

Draco les regarda tous les deux, cette expression inquiétante que Harry n'aimait pas encore derrière ses yeux. Il alla dans sa chambre sans dire bonne nuit, laissant Harry et Hermione regarder la télévision dans le salon qui sentait encore la peinture. Ils n'allèrent pas dans leurs chambres avant qu'il soit près de minuit, et quand il allait tourner la poignée de la porte de sa chambre, Hermione se mit soudain sur la pointe de ses pieds et l'embrassa sur la joue.

« Bonne nuit Harry. »

Il ne lui rendit pas son bisou. « Bonne nuit Hermione. » dit-il doucement, et quand il fut dans sa chambre, il referma la porte et s'appuya dessus en poussant un soupir de soulagement.

« Nous y voilà ! » annonça Hermione, tournant à droite sur Park Street. Harry regarda autour de lui.

« Où ça ? »

« A Douvres ! » dit-elle en souriant.

« Heu, j'aurais probablement du le dire, mais… Je ne parlais pas de la ville de Douvres. Je voulais parler des Falaises. »

Elle acquiesça. « Oh, je vois. Bien, c'est à seulement un quart d'heure. Tu veux aller au nord-est, exact ? »

Il hésita. « En fait, je n'en ai aucune idée. Et toi Draco ? » il se tourna vers son meilleur ami, assis encore une fois sur le siège arrière. Il avait été très grognon durant ce voyage, car, contrairement à Alicia, Hermione n'avait pas une grosse voiture chère et confortable. Quand il avait d'abord vu sa vieille coccinelle Volkswagen jaune de 1972, il avait presque filé. Le capot avant avait clairement l'air de venir d'une autre voiture, et les pièces en métal recourbé au dessus des deux roues de devant étaient bleu turquoise côté conducteur et vert pâle côté passager.

« Nous sommes sensés nous rendre à Douvres dans cette chose ? »

Hermione avait croisé ses bras et l'avait foudroyé du regard. « Tu préfèrerais faire l'aller-retour à cloche-pied ? »

Il n'utilisait plus les béquilles, mais il boitait encore de manière prononcée. Il lui avait rendu son regard.

« Je prends le siège arrière. Pour garder ma jambe en l'air. » lui avait-il grogné.

« D'accord » lui avait-elle répondu sur le même ton. Harry roula ses yeux. C'était comme s'ils avaient quelque chose à prouver, pensa-t-il, à la façon dont ils se disputaient. Ils lui rappelaient fortement Ron et Hermione de son autre vie… Et combien de fois dans cette vie Draco lui avait fait penser à Ron, et Ron à Draco. Il se souvint aussi de la manière dont elle avait immédiatement répondu à ses lèvres sur son cou…

Ils retournèrent à Maison Dieu Road pour attendre Castle Hill Road, et après un moment, ils virent un phare au loin, et plus que quelques voitures et bus de tourisme.

« Oh, je me souviens de cela ! » dit Hermione avec excitation comme ils rentraient sur le parking. « Le phare a quelque chose à voir avec Marconi… Nous sommes à South Foreland. »

« Y a-t-il toujours autant de touristes ? » demanda Harry avec irritation. Elle haussa les épaules. Il se tourna vers Draco.

« Je ne me souviens pas d'un phare, et toi ? »

Draco eut l'air pensif, et pour une fois, semblable à lui même. « Peut-être que les Mangemorts l'ont éteint quand nous étions ici. »

« C'est dangereux ! »

Draco le regarda comme si c'était le plus grand idiot au monde. « Et les Mangemorts s'en soucient parce que… ? »

« Oui, oui. » marmonna Harry. Bien sûr que Voldemort et ses partisans ne se souciaient pas qu'un bateau moldu s'échoue ou répande sa cargaison sur les rochers. Harry regarda la ligne ondulante du bord de la falaise, disparaissant au nord et au sud, apparemment sans limite. Il réalisa qu'ils allaient probablement devoir passer la côte au peigne fin sur des miles à la recherche de la configuration de rochers qu'il avait disposé pour ressembler à une souris avec une queue recourbée. Il n'avait pas vraiment idée de l'endroit où la réunion des Mangemorts s'était déroulée. « Douvres » était le mieux qu'il pouvait faire. Et comment allait-il voler sous sa forme de griffon d'or avec des tonnes de touristes s'attroupant autour de ce stupide phare.

Ils allèrent jusqu'au phare, puis évitèrent discrètement de passer par la porte avec les autres touristes, et continuèrent à avancer vers le bord des falaises. Hermione mit sa main sur le bras de Harry. « Ne t'approche pas trop. » l'avertit-elle. « C'est un à pic d'environ trois-cent pieds, et il n'y a pas de barrières. »

« Je sais, je sais. Je resterai à distance. » dit-il. Ils marchèrent sur l'herbe printanière, décorée de fleurs sauvages rouges et jaunes, scrutant le paysage autour d'eux à la recherche du type de rocher que Harry leur avait décrit. Il décida plutôt au hasard de commencer à chercher vers le sud. S'ils arrivaient à la ville avant d'avoir trouvé ce qu'il recherchait, ils retourneraient au phare, et commenceraient à chercher au nord. Ils restaient à environ quinze pieds du bord de la falaise. En peu de temps, le phare avait disparu derrière une élévation du terrain (ce doit être pourquoi je ne l'ai pas vu, pensa Harry). Plusieurs fois, il alla vers des formations rocheuses, seulement pour découvrir que leur arrangement était naturel, ou du moins qu'il n'était pas celui qu'il avait créé. Quand ils eurent marché le long des falaises pendant deux heures, allant et venant entre les rochers pendant plus de deux heures, Harry arriva à quelque chose qui lui sembla familier. Quelque chose sur l'apparence de la falaise à cet endroit…

Il s'avança lentement vers le bord, ignorant le cri terrifié de Hermione. Il regarda en bas. Même s'il avait fait noir, il savait que c'était cela. C'était l'endroit où il avait jeté le corps de l'héritier dans la mer. Il se tourna, ayant une vague idée de l'endroit où se trouvait le cercle des Mangemorts. Il pensa à l'endroit où il s'était tenu, et commença à s'éloigner à dessein des falaises, puis s'arrêta. Il parcourut le paysage. Il n'y avait pas d'autre humain visible sur la vaste étendue d'herbe peignée par le vent, et ils étaient assez loin de la route. Il se concentra fort, sentant la métamorphose se répandre dans son corps, et quand ses pattes atteignirent le sol, il entendit Hermione s'exclamer, mais il ne pouvait pas se concentrer sur cela. Il étendit ses ailes et bondit dans les airs, les agitant lentement, fixant le paysage en-dessous, et bientôt, il fut sûr qu'il l'avait trouvé.

Il descendit en spirale, vaguement conscient de Draco et Hermione courant à travers les hautes herbes pour le rattraper. Il reprit immédiatement forme humaine et passa ses mains sur une grosse pierre et six pierres plus petites, pressées dans la terre la nuit du solstice d'hiver. C'était presque l'été maintenant, et elles s'étaient fermement ancrées, fouettées par le vent marin d'un seul côté, comme si elles avaient toujours été là. Avec quelques difficultés, il enleva le troisième rocher du sol au moment ou Draco et Hermione le rejoignaient. Il pouvait voir le bout noir de la baguette. Il essaya de la tirer, mais elle ne voulut pas venir.

« Aidez-moi ! » dit-il aux deux autres, et bientôt, les trois grattaient la terre avec leurs doigts, enlevant de plus en plus de terre autour du bois, jusqu'à ce que finalement, Harry tire dessus et tombe à la renverse, la baguette de Voldemort dans sa main, de la terre encore accrochée dessus.

Il resta assis en la fixant avec étonnement. Je l'ai, pensa-t-il. Et puis, 'Peut-être que cela va vraiment réussir'.

Soudain, il entendit quelqu'un, pas Draco ou Hermione, crier son nom.

« Harry ! »

Il leva brusquement la tête. Avait-il été suivi ?

Mais il vit quelqu'un qu'il n'aurait jamais pensé revoir, et quelqu'un dont la vue était complètement bienvenue. Il se mit debout, ayant envie de rire, puis courut rencontrer le grand homme maigre aux cheveux noirs et au nez crochu.

« Papa ! Que fais-tu ici ? » Puis il vit que Charlie était derrière son beau-père. « Et Charlie ! Comment… Comment diable saviez-vous ? »

Son papa prit Harry par le poignet et le levant, élevant ainsi la baguette de Voldemort. « Voici comment je savais. Albus m'a dit que tu avais volé la baguette. C'était plus facile pour nous d'éviter les poursuites, étant donné que nous pouvons transplaner… bien que cela puisse être détecté, et que nous devions courir très vite après être arrivé quelque part… »

Harry paniqua. « Avez-vous transplané ici ? »

« Non, » il sourit. « Nous avons transplané à Douvres il y a quelques temps, et nous sommes venus ici tous les jours pour voir si vous aviez réussi. Parfois, nous restions la nuit en bas, dans le magasin. »

« Le quoi ? »

« Nous ne sommes pas très loin de Fan Bay ici. » expliqua Charlie. « Il y a de nombreux tunnels souterrains construits à quelques centaines de yards du bord de la falaise durant la deuxième guerre mondiale. Les magasins abandonnés et la batterie sont encore là. Ce n'est pas aussi mauvais que pour des tunnels abandonnés. Ils sont carrés et ont plein de place, et nous avons nettoyé quelques débris. »

« Je les ai trouvé par accident quand j'étais plus jeune » expliqua son beau-père « quand je suis devenu un Mangemort et suis venu ici pour… bien, tu sais. »

Charlie mit sa main sur l'épaule de Harry. « Comment est-ce allé, Harry ? »

Harry lui sourit. « Je vais mieux maintenant. Je n'ai pas été aussi bien depuis un long, long moment. Mon poignet est guéri, pour une chose. » Il le fit tourner. La veille seulement, il avait arrêté de porter le bandage et l'écharpe. « Je me le suis foulé dans le Northamptonshire. »

« Oh, c'est donc là où vous étiez après Manchester ? » fit une voix supérieure et traînante derrière lui.

Harry se retourna. Il n'avait pas entendu le bruit de gens arrivant en transplanant, comme le bruit de la mer était assez fort. Son cœur bondit dans sa gorge. Non, pensa-t-il. Ce ne peut pas être…

« Papa ! » cria Draco, et Harry put voir qu'il tremblait. Hermione lui tendit instinctivement la main et il la prit. Se tenant à côté de Lucius Malfoy, se trouvait Barty Croupton Jr.

« Mon homme est allé à ce parc… comment s'appelait-il ? Birchfields ?… Mais il a dit qu'il n'y avait personne là-bas. C'était la première piste solide depuis que vous aviez envoyé les Londubat dans une joyeuse poursuite à Inverness, et avant cela, se promener autour d'une partie de golf à Fraserburgh. Mon homme a suivi l'un des golfeurs à un match de football, pensant que tu pourrais être là, mais il ne t'a pas localisé. » Harry resta bouche bée. C'est pour cela que Roger Davies avait été là-bas ! « Oui, nous avons découvert les signatures de la magie sans baguette que tu as faite, bien que jusqu'à présent, je n'avais pas compris comment tu avais fait pour t'échapper d'Azkaban. Alors. Tu es un animagus griffon d'or… »

« Vous avez vu ? » Il ne put pas se retenir. Puis Mr Malfoy montra ce qui était clairement une cape d'invisibilité. Peut-être qu'ils n'avaient pas transplané après tout. C'était pour cela qu'il n'avait vu personne d'autre alentour quand il avait décidé de se métamorphoser. Lucius Malfoy avait été sous la cape. Peut-être Barty Croupton aussi.

« Nous vous avons pisté » il montra Charlie et son papa « il y a des semaines, et découvert que vous veniez régulièrement ici simplement pour vous asseoir et attendre. Nous avons compris que vous deviez vous attendre à ce que Harry passe par ici à un moment ou un autre. Alors nous avons décidé que nous pourrions en faire autant aussi. Sauf que vous n'avez jamais su que nous attendions ici avec une cape d'invisibilité. » Harry fixa son papa et Charlie, qui avaient l'air chagrinés d'avoir conduit Lucius Malfoy jusqu'à lui. Mr Malfoy s'adressa maintenant à lui.

« Maintenant, normalement, je dirais que c'est dommage de gaspiller quelque chose comme le talent d'être un animagus. Spécialement comme tu es au service du Seigneur des Ténèbres… »

« Je ne le suis pas. » dit-il, la haine bouillant dans tous son corps.

« Oh si, tu l'es. Tu vois, ce que tu ne sais pas est que lorsque tu étais un bébé, le Seigneur des Ténèbres t'a lancé un sort d'Obéissance dessus. Ce que cela signifie… »

« Je suis au courant pour le sort, et je sais ce qu'il signifie ! » dit-il avec impatience.

Mr Malfoy lui fit un sourire de côté. « Oh, vraiment ? Bien, si tu dis que tu ne veux pas d'autre information, d'accord, je ne t'ennuierais pas avec… »

Draco sortit sa baguette et la pointa sur son père.

« Part d'ici et jure que tu ne diras à personne que nous étions ici. »

Son père regarda son fils sans aucune passion, pendant quelques secondes, avant d'éclater d'un rire ravi. « Ou quoi ? » dit-il à son fils. « Je suis ici pour faire plusieurs choses. Premièrement, je dois retourner Harry Potter au ministère de la magie. Le fait qu'il soit devenu connaissance publique que Barty est un Mangemort, bien que personne ne puisse faire remonter un crime jusqu'à lui, et le fait que je ramène Harry pourrait très bien signifier que je serai le prochain ministre. Quand je le serai, j'aurais le pouvoir de vraiment servir mon maître, qui sera le vrai ministre de la magie. Le pauvre vieux Croupton est en disgrâce, entre les révélations au sujet de son fils, avoir lancé les détraqueurs sur Harry devant la cour, et puis ensuite être incapable de l'appréhender après son évasion. La seule chose qui empêche tout le monde de montrer la porte à Croupton est le manque de remplaçant décent. » Il tendit ses bras, comme pour se présenter à l'inspection d'un acheteur. « Voici le remplaçant. »

« Toi ? » dit son fils incrédule. « Le ministre de la magie ? Plutôt le ministre du chaos… »

« Silence ! » cria-t-il soudain, sa baguette pointée sur Draco, et l'instant d'après, Draco se tenait la bouche. Ses lèvres étaient apparemment scellées. Il grogna quelque chose à travers elles à son père, et Harry avait le sentiment que s'il pouvait parler, il utiliserait jusqu'au dernier des jurons qu'il connaissait. Mais tout restait derrière les lèvres scellées.

« Bien sûr, » continua-t-il, sa baguette maintenant pointée sur Harry. « Une fois que tu seras à Azkaban, ce sera assez facile de te remplacer avec un pantin, et de te faire servir le Seigneur des Ténèbres. Souviens-toi cependant… refuse ses ordres, et tu mouras… De plus, je me présenterai devant mon maître avec sa baguette volée. Je serai honoré au-dessus de tous ses serviteurs… »

Il se tourna et fit un signe de la tête à Barty Croupton Jr. Ils pointèrent leurs baguettes sur Severus Rogue, Hermione et Charlie. D'épaisses cordes jaillirent de leurs baguettes, et les trois se retrouvèrent attachés ensemble, leurs bras prisonniers des gros câbles qui les reliaient. Leurs chevilles étaient aussi liées. Puis et Malfoy et Croupton crièrent « Crucio ! » et pointèrent encore leur baguette, Croupton sur Draco, et Lucius Malfoy sur Harry. Harry fut vaguement conscient du cri angoissé de Draco quand il tomba à genoux, la douleur se répandant visiblement le long de sa colonne vertébrale, atteignant toutes les extrémités nerveuses de son corps. La bouche de Draco était encore fermée, mais Harry entendit un cri résonner dans sa gorge…

Il essaya de se concentrer pour se séparer, mais il avait perdu son entraînement, et il n'eut pas la possibilité de séparer son esprit de son corps avant que le sort ne l'ait frappé. Finalement, avec un soubresaut et un cri final d'agonie, il s'éleva hors de son corps, et regarda fasciné la scène, voyant une fois encore au ralenti cet éclair de lumière bondissant entre les baguettes et son corps et celui de Draco. Draco se tortillait au sol, et Hermione, prise au piège avec son beau-père et Charlie Weasley, avait des larmes de terreur coulant le long de ses joues, ne comprenant pas ce qui se passait. Puis il vit que son visage devenait de plus en plus rouge, et il réalisa maintenant qu'elle était en colère, et pas apeurée ou triste. Elle était pratiquement pourpre de rage maintenant, et soudain, les liens qui les retenaient tous les trois explosèrent et volèrent lentement dans toutes les directions (bien que Harry réalisa que cela devait probablement aller très vite).

Son papa et Charlie ne perdirent pas de temps. Même si, pour Harry, ils bougeait lentement, il sembla qu'ils réussirent à sortir leur baguette de leurs habits moldus assez rapidement, et ils visèrent immédiatement, son père vers Croupton, Charlie vers Mr Malfoy. Dans son étrange état en dehors de son corps, Harry vit leurs lèvres bouger. Puis il vit les baguettes voler dans les airs jusqu'aux mains de son papa et de Charlie, et que Draco était à nouveau allongé sur le sol, haletant, sa bouche ouverte, visiblement libéré de la douleur. Comme il revenait dans son corps, il eut conscience de Croupton et Mr Malfoy volant en arrière, et il sut ce qui allait arriver, mais il était totalement impuissant pour l'arrêter.

Revenu dans son corps, le temps accéléra à nouveau, et soudain, Croupton et Mr Malfoy volaient par-delà le bord de la falaise, hurlant, leurs visages déformés par la terreur. Harry savait que, comme ils bougeaient, ils ne pouvaient pas transplaner. Il savait que c'était une chute de plusieurs centaines de pieds jusqu'à une plage qui était simplement une bande de galets. Il savait qu'ils ne pouvaient pas survivre à la chute.

Harry sursauta quand il entendit l'impact. Il se tint très calme, fixant le vide au-dessus de la falaise où ils s'étaient trouvés un moment avant. Draco et Hermione vinrent à sa gauche. Son papa et Charlie à sa droite. Évidemment, aucun d'eux ne se sentit obligé de regarder les corps en contrebas. Harry se tourna soudain et dit doucement « Merci Charlie. »

Charlie avait l'air un peu choqué, mais il haussa les épaules. « Tu as sauvé la vie de Ron. Et tu es mon ami. C'est le moins que je pouvais faire. »

Draco se tourna maintenant, ayant l'air, selon Harry, d'un garçon de neuf ans. « M... Merci professeur Rogue. » dit-il nerveusement. Le beau-père de Harry lui sourit.

« Un bon fils mérite un bon père » répondit-il, regardant le garçon blond avec sérieux. « Tu n'en avais pas un. »

Draco acquiesça, ne le niant pas. Hermione frissonnait, même si c'était une chaude journée de printemps, et Draco passa son bras autour de ses épaules. Elle ne fit pas d'objection. Son visage était encore humide, et elle l'avait encore bien trop coloré par rapport à d'habitude. Harry se tourna vers elle. « Et merci d'avoir un très mauvais contrôle sur tes capacités magiques. Et un tempérament terrible. » dit-il, souriant, et finalement, elle lui sourit aussi.

Charlie siffla entre ses dents. « Si c'est ce qu'elle peut faire sans baguette, je n'aimerais pas voir ce qu'elle peut faire avec. »

Harry rit. « Une terreur. Une terreur complète et totale. » Il lui sourit un peu plus, et maintenant, elle ne rougissait pas à cause de sa rage contre Lucius Malfoy.

« Bien, » son papa dit, frappant des mains. « Albus m'a dit que vous alliez tous deux aller au pays de Galles. Puis-je demander pourquoi ? »

Harry regarda nerveusement Draco et Hermione. « Heu… nous devons faire quelque chose… »

« Êtes-vous sûr que vous devez le faire ? Parce que nous vous avons trouvé un faux passeport moldu pour vous deux. Nous allons en France. Charlie a déjà envoyé Ron là-bas. Il n'était plus en sécurité ici. Il est avec son frère Percy. »

Harry hésita. C'était tentant. Peut-être qu'il pouvait simplement se construire une nouvelle vie là-bas, essayer de faire de meilleures choses… Mais ensuite, il repensa à la guerre, et sut qu'il ne pouvait pas.

« Nous… nous pourrions faire cela. Mais nous devons d'abord aller au pays de Galles, nous devons au moins essayer de… de faire cette chose… »

Son beau-père mit sa main sur son épaule. « D'accord. Mais s'il-te-plaît, faites attention. Et là… » Il sortit une enveloppe de la poche de son blouson. « Voici de l'argent pour vos billets d'avion. Nous vous attendrons tous les jours. »

Charlie eut soudain l'air très pressé. « Mais maintenant… » dit-il, « nous devons finir le polynectar. Avant que les aurors n'arrivent et ne trouvent les corps. Ils trouveront à coup sûr les sorts de Cruciatus et de désarmement… »

« Le polynectar est… »

« Je sais papa. Tu n'as pas à expliquer. »

« Bien… d'accord alors. Nous l'utilisons tellement souvent. Nous avons quelques petits bouts de cheveux, ici et là, de personnes anonymes. » Il enleva plusieurs enveloppes de ses poches, et Charlie prit une grosse thermos du sac jeté sur son épaule. Il versa un peu de liquide visqueux dans une tasse, et son beau-père ajouta un cheveu d'une des enveloppes, la tendant à Harry.

« Tu vas boire quelque chose avec un cheveu de quelqu'un dedans ? » s'exclama Hermione horrifiée.

« C'est nécessaire, jeune fille. » lui dit son papa, très strict. Puis il fronça ses sourcils. « Et vous êtes… »

« Hermione Granger, » dit-elle en relevant son menton. « sorcière née de moldus. » Ajouta-t-elle avec fierté. Il lui sourit.

« Bien. » dit-il, sortant des ciseaux de sa poche. « Coupez quelques cheveux à Harry pour moi. »

« Quoi ? »

« Fais-le simplement. » lui dit gentiment Harry. Elle le fit avec sa langue entre les dents, tendant au papa de Harry la petite mèche qu'elle venait d'enlever.

« Bien. Maintenant, Charlie et moi pourrons nous déguiser en toi. Deux Harry Potter se promenant… et qui savent transplaner… cela devrait les rendre confus un moment. »

Harry sourit et but la potion. Charlie avait entre-temps versé une autre tasse, mettant un cheveu d'une autre enveloppe dans la tasse et la tendant à Draco. Harry commença à se sentir étrange et à avoir mal au cœur comme Draco buvait. Le monde avait l'air étrange, et il réalisa que c'était parce qu'il était devenu quelqu'un qui n'avait pas besoin de lunettes, alors il les enleva et les mit dans sa poche. Il baissa les yeux. Il ne semblait pas tellement différent. Les poils sur le dessus de ses mains étaient très pâles, et il pensa voir une mèche blonde pendre devant son front.

Draco, cependant, changeait d'une manière plus drastique. Il rétrécit de plusieurs pouces, et ses cheveux devenaient gris, mais ayant l'air d'avoir été autrefois noirs. Son dos se voûta, et ses épaules et ses hanches s'élargirent, tout comme ses jambes. Il était maintenant compressé dans ses habits. Finalement, il lui poussa une poitrine qui pendit jusqu'à sa taille, et Harry dut lutter pour ne pas rire à la vue de son visage ratatiné. Draco s'était transformé en une vieille femme.

Il baissa les yeux horrifiés, et dit d'une voix qui n'était plus la sienne. « Qu'avez-vous fait ? Je suis une vieille peau ! »

Hermione mit sa main devant la bouche, mais ses yeux étaient amusés. « Allez, Nana » dit-elle finalement en riant. « Nous allons te ramener à la voiture. »

Entre-temps, le papa de Harry et Charlie avaient mis ses cheveux dans la potion, et maintenant, il y avait deux Harry Potter se tenant devant eux, identiques jusqu'au dernier cil, sauf qu'ils n'avaient pas de lunettes. Ils louchaient un peu tous les deux.

« J'ai oublié la vision. » dit son beau-père (selon Harry), avec la voix de Harry.

« Nous n'avons pas besoin d'une vision parfaite pour transplaner. » dit l'autre Harry.

Harry leur sourit. « Comment pourrai-je jamais vous remercier ? »

« Montre-toi simplement sain et sauf en France. » dit le premier Harry, lui donnant une ferme accolade. Une seconde plus tard, les deux Harry avaient disparu, et Hermione, un jeune homme blond et ce qui semblait être sa grand-mère âgée (un femme très grincheuse, aussi) commencèrent à revenir sur l'herbe vers le phare de South Foreland.