Philippe Gryffondor : merci beaucoup.
Lunenoire : bo, on va pas non plus les pleurer...
idefix61 : tu vas voir, l'auteur a tout prévu
Bartimeus : nous verrons bien ce qui va se passer
Et maintenant, bonne lecture à toutes et à tous.
Le retour vers Londres se déroula sans événement, sauf quand Harry et Draco reprirent leur forme normale à environ mi-chemin. Dès qu'il fut totalement lui-même, Draco commença à dire à Harry ce qu'il pensait de Charlie et de son papa le transformant en vieille femme…
Harry et Hermione écoutèrent, mais avaient des sourires secrets sur leurs visages, qu'ils ne laissèrent pas voir. Cela avait été drôle.
Quand ils se levèrent le jour suivant, après avoir pris le petit déjeuner, ils fourrèrent la tente, tous leurs vêtements, le sac en papier, la thermos et la cape d'invisibilité dans le petit coffre de la voiture d'Hermione. Harry sentit son estomac bondir en lui quand ils se mirent en route pour le pays de Galles. Cela arrive finalement, pensa-t-il. Nous allons le faire…
Cela sembla être un long voyage, même si c'était seulement un peu plus long que le voyage jusqu'à Douvres. Ils partirent à dix heures, et à midi, ils décidèrent que ce serait bien de s'arrêter pour manger. Ils réussirent à quitter la M4 et arrivèrent dans un petit village appelé Leigh Delamere. Ils se garèrent devant un pub superbe qui avait l'air d'espérer recevoir beaucoup de touristes américains comme clients. Ils se glissèrent à une petite table dans un coin et commandèrent des fish & chips, et de la bière au gingembre, tandis que le bar commençait à se remplir avec les locaux qui ne semblaient pas être impressionnés par le décor flambant neuf.
Ils prirent presque une heure pour déjeuner, étant très lassés d'être recroquevillé dans la petite voiture. Harry aurait souhaité savoir la transformer en Range Rover (et faire qu'en procédant ainsi, il n'attire pas le ministère ou les Mangemorts jusqu'à eux).
Après avoir mangé, Harry regarda Draco et dit soudain « Désolé pour ton père. » Ils n'en avaient pas du tout parlé. Charlie Weasley et Severus Rogue avaient tué Barty Croupton et Lucius Malfoy. Le père de Draco était mort.
Mais Draco haussa les épaules et regarda Harry avec des yeux durs et opaques. « Ce n'est rien qu'il n'ait pas mérité. Je ne le pleure pas, je te le dis. » Harry déglutit. Même s'il avait causé la mort de sa propre mère, et qu'elle avait été sur le point de faire une chose terrible, il l'avait quand même pleuré… et la pleurait encore. Il chercha de l'aide en regardant Hermione, mais elle haussa ses sourcils comme si elle n'avait aucune idée de quoi faire. Harry soupira.
« J'espère juste qu'ils n'ont pas pu remonter à papa et à Charlie. J'espère qu'ils ont pu sortir du pays… »
Draco acquiesça. « Nous ferions mieux d'y aller. » dit-il brusquement, comme s'il avait peur que quelqu'un s'attende à ce qu'il pleure son père. Ils payèrent la note et retournèrent à la voiture. Ils n'eurent pas à aller bien loin.
Une fois à Cardiff, ils trouvèrent rapidement un autre pub, et Hermione alla dedans demander la direction de Godric's Holow. Quand elle revint, elle était silencieuse, redémarrant la voiture sans regarder les garçons ou parler. Harry pensa qu'elle ne voulait pas que le voyage se termine. Ses yeux semblaient un peu humides.
Bientôt la ville céda sa place à la campagne verte et éclatante. Les collines vertes cédaient la place aux montagnes sévères au loin. C'était un parfait jour de printemps, avec un ciel bleu Provence tacheté de nuages filant. Harry respecta le besoin de silence d'Hermione, qui, à en juger par le torrent de conversation ne venant pas du siège de derrière, était aussi celui de Draco.
A la longue, ils descendirent une route cahoteuse et orniérée. Le vert du paysage était si vif qu'il ne semblait pas réel. Finalement, ils virent le cottage au loin, et Harry avait l'impression que son cœur allait exploser dans sa poitrine tellement il battait vite. Quand ils arrivèrent devant, Hermione éteignit le moteur, et les trois restèrent assis, fixant la petite maison pendant quelques minutes avant que quelqu'un n'ose parler.
« Combien de temps cela fait-il ? » demanda doucement Hermione. Harry fut surpris par le son de sa voix.
« Quoi ? »
« Depuis… Depuis que tes parents ont été tués. »
« Nuit d'Halloween 1981. »
« Oh. » chuchota-t-elle, tournant à nouveau sa tête vers les ruines. « Et personne n'a acheté cet endroit depuis ? »
Harry réfléchit à cela. « Je suppose que les gens ne sont pas trop enthousiastes pour acheter une propriété si on leur dit qu'un meurtre s'y est produit. Maman a peut-être eu des offres, je ne sais pas. Je suppose qu'elle n'a jamais voulu vendre. C'est abandonné comme cela dans mon autre vie aussi. Je suppose que je serais le propriétaire légal maintenant, dans cette vie et dans l'autre. Ma tante et mon oncle qui m'ont élevé peuvent l'avoir vendu, peut-être, et avoir gardé l'argent. Mais c'est possible qu'ils n'aient rien voulu faire avec quelque chose lié à mes parents. Ils pensaient que c'était déjà assez pénible de devoir me laisser vivre avec eux. »
Elle acquiesça. Harry regarda Draco, qui regardait aussi la maison. Son expression était indéchiffrable. Harry décida qu'ils avaient besoin de ne plus rester assis et de commencer à faire quelque chose. Il ouvrit la portière de la voiture avec sa main gauche, ne forçant toujours pas avec celle de droite, et dit, un pied en dehors de la voiture « Je vais enlever la tente et les habits du coffre. Tu peux prendre le reste, Draco ? »
« Hein ? » son meilleur ami tourna la tête pour regarder Harry, et il vit un bref flash rouge. Pas encore, Jedusor, pensa-t-il. Tu ne peux pas l'avoir encore. « Oh, d'accord. Oui. Je peux faire cela. »
Une fois qu'il eut récupéré la tente et le sac d'habits, Harry regarda la maison. D'abord, il avait pensé qu'ils pourraient installer la tente dans les murs sans toit, mais maintenant, il décida que ce ne serait pas vraiment intelligent. Si quelqu'un venait ici pour le chercher, être juste à l'intérieur de la maison rendrait la tâche simplement trop facile. Il regarda le bosquet qui débutait à environ cinq yards de la cheminée de la maison. « Nous installerons simplement la tente à l'intérieur de ces arbres. Peut-être à dix ou vingt pieds à l'intérieur. Comme cela, nous serons proches, mais à couvert. »
Draco acquiesça et suivit Harry dans les arbres. Hermione les suivit tous les deux, quelque peu privée de but, les regardant monter la tente pendant qu'elle se rongeait les ongles avec nervosité, ou enroulait parfois une mèche de cheveux autour de ses doigts. Quand la tente fut dressée, ils portèrent le matériel dedans. Hermione ne suivit pas. Harry émergea de la tente quelques minutes plus tard.
« Draco a dit qu'il voulait se reposer. Je te raccompagne à la voiture. » Elle acquiesça et traversa les arbres avec lui. Ils balançaient les bras en marchant, et quand leurs mains se cognèrent, elle prit celle de Harry, et il se souvint quand ils avaient fait la même chose sur le chemin de l'hôpital pour aller voir Ron quand il s'était cassé la jambe en cinquième année. Ils allèrent jusqu'à la voiture main dans la main.
Harry ouvrit la portière pour elle, et il allait l'aider à rentrer, mais elle se tourna vers lui, se tenant très proche, regardant son visage avec une étrange expression dans les yeux. « Harry, » dit-elle doucement, « es-tu sûr que tu ne veux pas que je reste ? »
Il la regarda, pensant à combien elle pourrait être réconfortante, à quel point ce serait bien qu'elle reste… et à quel point ce serait dangereux pour elle si Jedusor émergeait du journal et trouvait présente une 'Sang-de-Bourbe'. Cela avait été une chance pour elle que Lucius Malfoy l'ait simplement liée à son beau-père et à Charlie au lieu de la tuer sur place. C'était dangereux pour lui aussi, comme Tom Jedusor saurait qu'il avait menti beaucoup si elle était là.
« J'aimerais que tu restes, pour être honnête, » dit-il en mettant sa main sur son coude. « mais tu ne serais pas en sûreté. Tu dois te comporter comme si tout allait continuer comme avant. Tu dois préparer tes bagages, et t'envoler pour l'Amérique, et acheter une carte d'anniversaire pour ta mère, et prévoir un joli voyage sur quelque plage cet été… Nous ne savons pas si cela va marcher après tout. Il n'y a aucune garantie. Tu ne peux simplement pas faire comme si que cela allait marcher. »
Elle acquiesça, puis glissa ses bras autour de sa taille, le surprenant, et elle appuya sa tête sur son torse. « Au revoir Harry, » chuchota-t-elle dans sa chemise. « Je ne t'oublierai jamais. »
Il passa ses bras autour d'elle, souhaitant ne pas avoir à la laisser partir. Il était inquiet pour Draco, et nerveux pour Jedusor. Mais c'était exactement ce pour quoi il devait la faire partir. Elle devait être loin, là où elle serait en sécurité. Il se pencha et posa ses lèvres contre sa joue, mais elle tourna sa tête, et il sentit une peau bien plus douce. Un autre paire de lèvres. Il retira sa tête immédiatement.
« Harry », chuchota-t-elle. « Cela ne doit pas signifier que tu ne pleures plus Ginny. C'est juste quelque chose que je voulais faire avant de dire au revoir pour la dernière fois. S'il-te-plaît. »
Il regarda ses yeux implorants. Elle semblait tellement plus vulnérable dans cette vie que dans l'autre. Elle n'avait pas été endurcie par des rencontres répétées avec la magie noire dans cette vie. Elle n'avait pas été kidnappée par des mages noirs en Bulgarie, et elle n'avait pas bâti autour d'elle un mur de protection. Il lui fit un petit sourire, et prit sa tête entre ses mains.
« D'accord. Juste un petit baiser. » Il se pencha et prit ses lèvres douces avec les siennes une fois de plus, et il eut le sentiment de voyager encore à travers le temps comme elle ouvrait lentement sa bouche, et il sentait son corps se liquéfier dans ses bras. Après une minute d'agonie, durant laquelle il avait le sentiment que chaque poil de son corps se dressait au garde à vous, il essaya de se reculer doucement, mais elle avait ses bras fermement verrouillés autour de son cou. Finalement, il dut prendre ses poignets avec ses mains et les enlever d'autour de lui.
Il recula et la regarda. « Peut-être… peut-être que si cela ne marche pas, j'irai en Amérique, à ta recherche. Après être passé en France, bien sûr. »
Elle sourit. « Ce serait bien. » Ce fut tout ce qu'elle dit. Elle entra dans la voiture et referma la porte, démarra la voiture et descendit la route sans un autre regard pour lui. Harry toucha ses lèvres avec ses doigts. Bien, se souvint-il, Hermione a toujours bien embrass
Il retourna vers le bosquet, et hésita avant d'entrer dans la tente. Le monde forestier autour de lui grouillait de vie. Des écureuils et des renards couraient dans les sous-bois, des oiseaux de toutes sortes sifflaient de branche en branche, portant des brindilles pour construire leurs nids. Il vit une grosse araignée sur sa toile, entre deux buissons épineux, les fins fils brillant d'humidité qui la transformait en un magnifique bijou. C'était un jour de printemps parfait, et il devait aller dans une tente et attendre que Draco soit prêt à écrire dans un journal. Il y avait quelque chose qui clochait vraiment l
Quand il entra, Draco était déjà assis à la table, écrivant. Harry pensa qu'il aurait dû attendre, mais ensuite, il réalisa à quel point il était épuisé et il s'allongea sur la couchette du bas, là où il pensait que Draco se reposait. Draco tourna sa tête pour le regarder.
« Tu ne veux pas voir ce que j'écris ? »
« C'est bon. » dit-il avec un geste las de la main. « Nous sommes arrivés maintenant. Et j'ai confiance en toi. »
Draco le regarda encore, puis haussa les épaules et revint au journal. Quand Harry se réveilla, bien plus tard, ils mangèrent un peu, et puis Draco passa le restant de l'après midi à écrire dans le journal. Après avoir mangé le dîner, il écrivit encore un peu, et quand ce fut trop sombre pour voir, ils allèrent au lit, pour économiser l'énergie (la torche n'était utilisée qu'en cas d'urgence).
Le jour suivant, ils trouvèrent un ruisseau à environ dix minutes de marche de là, qui semblait être dans un endroit où aucun autre humain ne venait. Ils décidèrent d'en faire leur salle de bain en plein air, et Harry fut content de pouvoir commencer chaque journée en étant propre. Maintenant que c'était mai, le temps n'était plus obstacle pour se laver dehors, à moins qu'il ne pleuve.
Pendant trois jours, ils se levaient, se baignaient, Draco écrivait dans le journal. Ils mangeaient petit déjeuner, déjeuner et dîner pour rompre les longues séances d'écriture, puis ils allaient au lit quand il faisait trop sombre pour voir. Chaque jour, Draco avait l'air de plus en plus faible. Finalement, Harry ne put plus le supporter. Il devait lui demander avant qu'il ne soit trop tard et que Draco soit trop faible pour répondre.
« Draco » chuchota-t-il dans l'obscurité de la quatrième nuit. « pourquoi n'essayes-tu pas d'utiliser la baguette de Voldemort pour faire le sort avec moi ? Puis quand le cours du temps sera changé, tu te souviendras de cette vie. Tu te souviendras de Jamie… »
Il entendit un bruit étouffé et pensa que son meilleur ami allait pleurer.
« Mais je ne veux pas m'en souvenir… »
« Draco, » dit-il encore, implorant, « Pourquoi fais-tu cela ? »
Il ne répondit pas de suite. « Fais quoi ? » dit-il finalement. Sa voix semblait très forte dans le noir, d'une manière ou d'une autre.
« Pourquoi tu écris dans le journal ? Pourquoi tu te sacrifies ? »
« Tu sais pourquoi, Harry. Pour que tu puisses rétablir le cours du temps. »
« Mais… ce que je veux dire c'est… » bégaya-t-il « Tu as dit que tu n'étais pas un ami. Que tu avais fait quelque chose d'affreux. Et j'ai pensé et repensé à cela, et je ne peux absolument pas saisir ce qui a pu être si terrible. »
Draco se taisait. « Tu me haïras si je te le dis. » dit-il finalement.
« Non. Et même si c'est aussi terrible que ce que tu dis… tu essayes de toute évidence de te rattraper. »
« Peu importe ce que je fais, Harry, même cela. Il n'y a rien que je puisse faire pour me rattraper. Tu ne comprends pas… »
« Alors essaye de me faire comprendre. De quoi parles-tu ? »
Encore du silence. Puis la voix de Draco, basse et lente. « Mon père avait peur que quelqu'un prenne ma mère pour cible. Ce qui s'est avéré exact. Il voulait s'assurer que si Ginny n'écrivait pas dans le journal, il y aurait encore un moyen de l'atteindre et de me laisser innocent. Alors il m'a envoyé cet œuf… »
« Un œuf ? »
« Oui. C'était sensé être un œuf de basilik. Je n'étais pas vraiment enthousiaste à ce sujet. Je veux dire, et si j'étais celui qui était là au moment où il éclosait ? Un regard, et je serais mort. Alors j'ai demandé à mon père comment m'assurer qu'il attaquerait une personne particulière au lieu de moi, pensant qu'il n'y avait pas vraiment de moyen. Mais il est revenu et m'a dit qu'il y avait un moyen. Il a dit que je devais prendre quelques cheveux, creuser un petit trou dans la coquille, et mettre les cheveux dedans. Les cheveux serviraient de système de visée, et la créature fondrait sur cette personne quand elle passerait à proximité. Bien sûr, cela ne l'empêcherait quand même pas d'attaquer d'autres personnes… » Harry se souvint du peuple du lac, combattant la créature. « … mais si la personne dont les cheveux étaient dans l'œuf était alentour, il en aurait définitivement après elle. Bien, j'ai mis de ses cheveux dans l'œuf, mais dès que je l'ai fait, j'ai eu des remords, et j'ai essayé de les ressortir. Je n'ai pas pu. J'avais peur de casser l'œuf pour sortir les cheveux, au cas où la chose serait vraiment proche d'éclore, alors j'ai décidé de le lancer le lac et de dire à mon père que je l'avais cassé, ou qu'il avait été découvert et jeté ou quelque chose comme cela. J'étais tellement rassuré de me débarrasser de cette stupide chose… »
Harry retint son souffle. « Alors tu… »
Draco avait l'air à deux doigts de pleurer. « J'essayais de m'en débarrasser ! Honnêtement ! Je n'ai jamais voulu que Ginny soit blessée. Comme je disais, dès que j'ai mis ses cheveux dedans, j'ai décidé de m'en défaire. Je pensais, qu'est-ce que je suis en train de faire ? J'essaye de faire tuer la copine de mon meilleur ami ? Je ne savais pas que ce stupide truc aurait… je ne sais pas… quelque chose dedans une fois qu'il serait sous l'eau qui le changerait en cette étrange créature que tu as décrite dans le lac. Je pense que c'est arrivé à cause du trou que j'avais déjà creusé dans la coquille… »
Harry essaya de garder sa voix calme, sans succès. « Bien » dit-il, sa voix tremblante, « normalement un œuf de basilik est couvé par un coq. Qui sait quelle sorte de créature a décidé de prendre l'œuf une fois que tu l'as jeté dans le lac ? Peut-être le poulpe a eu un instinct maternel et a décidé de le couver jusqu'à ce qu'il soit prêt à éclore. »
Draco ne répondit pas.
« Draco ? »
« Je suis désolé, Harry. Vraiment. Je n'ai jamais voulu que Ginny soit attaquée comme cela… Je ne savais pas que cette chose deviendrait quand même un monstre… »
« Chut… » dit Harry doucement, comprenant maintenant. « C'est fini maintenant. Nous allons tout réparer. Ne t'inquiète pas. Simplement… merci de faire cela. Merci pour ton aide. »
Harry attendit. Finalement il entendit un léger « Je t'en prie. »
Ils ne dirent rien d'autre cette nuit.
